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  • L’apprivoisement du coucou

    L’apprivoisement du coucou

    En Forêt Noire, les coucous sont difficiles à capturer
    Et l’on confie aux petits anges le soin de les apprivoiser,
    Ce qui fonctionne à tous les coups et qui n’est pas trop facturé
    Mais en revanche, en échange, tous les poids sont ratiboisés.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • Le jour des rois

    Le jour des rois

    Tout le monde voulu être Roi ; les pions, les fous et les évêques
    Même les tours, les cavaliers et les reines, quelle absurdité !
    Les rois qui n’ sont pas maladroits réussirent à leur clouer le bec
    En montrant à ces fous à lier que c’était prématurité.

    Tableau d’Ernesto Arrisueno.

  • Zen Ô ma zénitude !

    Zen Ô ma zénitude !

    Pour être zen, il faut trois mains pour donner, prendre et espérer.
    Comme trois yeux pour percevoir les dimensions qui sont cachées.
    Que faire alors s’il vient demain une solution désespérée ?
    Faut-il croire qu’on va recevoir la zénitude
    … et tout gâcher ?
    … et nous fâcher ?

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Pomme Ô ma pomme !

    Pomme Ô ma pomme !

    Enfin, la vérité éclate car nous ne sommes plus des pommes !
    Si on nous a manipulés c’est que nous sommes manipulables.
    Et alors ? Ça vous épate que parmi les femmes et les hommes
    Ces dieux aient tant gesticulé qu’ils nous voient comme contribuables ?

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Loup Ô mon loup ! 2

    Loup Ô mon loup ! 2

    Le coup de montrer patte blanche, ce n’est que de la comédie !
    Les loups n’ont plus besoin de peau d’ailleurs ils n’ont plus de boutons.
    Ils arrivent beaux comme un dimanche puis ensuite, ils vous congédient ;
    Votre retraite passe aux impôts, vous à la broche, comme un mouton.

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Loup Ô mon loup ! 1

    Loup Ô mon loup ! 1

    On nous a trompé sur les contes, notamment le chaperon rouge
    Qui s’était vite amourachée du loup et de sa longue queue.
    Ne croyez pas ce qu’on raconte, ce sont des légendes qui bougent
    Les vrais faits qui sont recrachés par trop de mensonges visqueux.

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Les illusions du passé

    Les illusions du passé

    Quand je revois dans mon passé le reflet de mes illusions,
    Elles sont restées exactement comme j’aurais aimé les voir.
    Mon corps actuel compassé d’y avoir trop fait allusion
    Se voit lui, éternellement, enfermé dans sa tour d’ivoire.

    Tableau de Guy Billout sur http:www.margarethe-illustration.comguy-billout.html .

  • L’ambition

    L’ambition

    Tous ces objets de tous les jours, tout cet ensemble d’habitudes,
    Formatent l’esprit aux couleurs d’une vie qui a tout prévu.
    L’enfance à travers le séjour d’une école de certitudes
    Par un enseignement sans douleur me gardera de l’imprévu.

    Dans dix ans, je ferai l’amour dans ma vie de béatitudes
    Avec le bonus des valeurs j’amasserai à perte de vue
    Toutes ces richesses que je savoure qui récompensent mes aptitudes
    À me préserver du malheur dont je me suis bien dépourvu.

    Tous ces objets de tous les jours, toujours les mêmes habitudes,
    M’oppressent de mille douleurs et je n’ai plus de goût à rien.
    Je m’ennuie, là, dans mon séjour au milieu de ma solitude
    Je ne vois plus que la couleur d’un épicurien stoïcien.

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • Un trou dans ma bibliothèque

    Un trou dans ma bibliothèque

    Le trou dans ma bibliothèque finalement restera ouvert
    Car j’apprends plus entre l’espace entre les livres qu’en leurs volumes.
    J’ai un voté un peu métèque, un peu sauvage, un peu pervers
    Et je vois tout ce qui se passe là où s’ sont envolées les plumes.

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • Cuvée 62

    Cuvée 62

    Au bout de soixante-deux années, tout bascula dans l’organisme
    Qui se sentit empoisonné par sa manière de regarder.
    Son voisinage basané, la perte de son humanisme,
    Les uns, les autres cloisonnés et chacun de s’en brocarder.

    « Comment vas-tu ? » Dis-je au voisin « As-tu le temps de prendre un verre ? »
    « Je vais venir ! » Répond-il donc mais en fait, il ne vient jamais.
    On se verra au magasin ? Mais il est fermé, quel calvaire !
    Tant pis, j’en demande pardon, qu’ont-ils donc tous à me blâmer ?

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • L’infini déformé

    L’infini déformé

    Il regardait par la fenêtre qui avançait tant qu’il ramait
    Et regardait pendant ses pauses pour s’arrêter lorsqu’il dormait.
    Mais c’est lorsqu’il se vit renaître dans l’infinité à jamais
    Qu’il comprit que sa vie repose sur cette vision déformée.

    Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .

  • Ils avaient pris ce pli

    Ils avaient pris ce pli

    Leurs regards avaient pris ce pli avec des yeux exorbités
    Pour avoir l’air de regarder partout ailleurs s’ils n’y sont pas.
    Et devant ce fait accompli, tous les voisins de la cité
    Firent de même sans tarder et chacun fit son premier pas.

    Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .

  • Les animaux antivirus

    Les animaux antivirus

    Lorsque le coronavirus aura jeté l’ masque aux orties,
    L’état nous couvera de quoi nous prémunir, on sera peinards.
    Les animaux antivirus seront désormais assortis
    À faire un couvre-chef de choix et que diriez-vous d’un canard ?

    Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .

  • L’arche d’Alice

    L’arche d’Alice

    Alice est tombée par hasard, sa jolie jupe déchirée.
    Madame Noé lui a proposé de lui recoudre en arrière plan.
    Monsieur Noé, d’un air hagard, l’aurait comptée dans sa virée
    Et comme mâle, il a osé lui adjoindre un chaud lapin blanc.

    Tableau d’Igor Lazarev.

  • Danse avec la mort

    Danse avec la mort

    Pour ce qu’il a servi, je lègue mon cerveau à la mort comme ordi ;
    Pour ce qu’ils ont servi, je lègue mes deux bras aux fantômes du coin ;
    Pour ce qu’elles ont servi, je lègue mes deux jambes aux spectres de la nuit ;
    Pour ce qu’il a servi, je lègue mon pénis aux putes du cimetière.

    On mettra la musique, une marche des morts afin de lancer l’ambiance ;
    On chantera à tue-tête le chant des revenants quand ils n’étaient une six ;
    On dansera à la fête, une danse macabre de Camille Saint-Saëns ;
    Et on mourra d’amour puis, les putes à l’aube, crieront : « Debout les morts ! »

    Tableau de Mark Bryan.

  • Danse avec les anges

    Danse avec les anges

    Une fois les singes couchés, passons aux affaires sérieuses !
    On abandonne ses habits et ses espoirs de délivrance.
    Une fois qu’les femmes ont accouché de bébés d’étoiles rieuses,
    On les nourrira au débit du lait de la Banque de France.

    Tableau de Mark Bryan.

  • Danse avec les singes

    Danse avec les singes

    Plus les étoiles dansent nues et plus les singes applaudissent.
    Ça leur dépasse la raison mais ils s’en fichent, ils sont plus forts.
    Que sont les singes devenus d’ les avoir suivies en coulisses ?
    On ne sait pas mais la maison a reçu de nouveaux renforts.

    Tableau de Mark Bryan.

  • Danse avec les étoiles

    Danse avec les étoiles

    Sorti de l’école des fous qui s’envolent lorsqu’ils sont nus,
    Diplômé pour déshabiller les plus jolies danseuses étoiles,
    Avec mention « plus archifou que vous vous voilà prévenus ! »
    Et sous vos yeux écarquillés, toutes les comètes sont à poil.

    Tableau de Mark Bryan.

  • Danse avec les comètes

    Danse avec les comètes

    Il tape sur la pleine lune comme un tambour à la crever
    Et pourtant toutes les étoiles le considèrent comme leur frère.
    De quelle famille opportune est-il issu pour en rêver ?
    Que le ciel nous lève le voile sur cette question arbitraire !

    Tableau de Mark Bryan.

  • Alerte au coronavirus – 2

    Alerte au coronavirus - 2

    Il a été créé par l’homme pour lutter contr’ la grippe aviaire
    Mais, dès le début, ça a foiré quand les martiens ont débarqué.
    D’abord, on crût à un myélome mais on s’aperçut qu’en Bavière
    Les vaches qui s’étaient enfoirées avaient mordu ces détraqués.

    Toute information complotiste est authentiquement et rigoureusement fausse.

  • Alerte au coronavirus – 1

    Alerte au coronavirus - 1

    On nous avait bien avertis qu’il y aurait un’ deuxième vague
    Mais ce qu’on n’avait pas compris c’est qu’elle arriverait sur les plages.
    Les vénusiens extravertis et les martiens fous qui divaguent
    Ont décidé, pour le même prix, de nous envahir les rivages.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le marchand de masques

    Le marchand de masques

    Au bout de ma rue des lentilles, un petit cabanon se dresse
    Et propose aux passants des masques pour changer leur photo d’ profil.
    Tout pour les garçons et les filles qui souhaiteraient afficher sans stress
    Une bobine un peu fantasque et même, pourquoi pas, homophile.

    Quant à la boutique, elle existe vraiment mais on y vend des confitures, des légumes du jardin et des chichi-belli.

    Tableau de Mark Bryan.

  • La pose bleue et blonde

    La pose bleue et blonde

    La pause clope, bien détendue, est un grand luxe qui s’ignore.
    J’ai moi-même tété le cigare puis, arrêté par lassitude.
    Du tabac blond, bien entendu, pour snober comme un Monsignore
    Et du bleu mais sans crier gare et sans en prendre l’habitude.

    Photo de Dapperlou.

  • Juste une ombrelle

    Juste une ombrelle

    Là, juste une ombrelle l’habille comme un tout petit paravent
    Qu’elle maintient en protection pour jouer de sa nudité.
    Il couvre à peine ses gambilles, n’était pas là auparavant
    Mais il apporte en projection l’empreinte de sa crudité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • De cœurs et de fleurs

    De cœurs et de fleurs

    Je croyais avoir raconté toutes les filles de mon cœur
    Mais celle-ci s’était raccrochée dans les replis de sa texture.
    Alors je vous l’ai remontée de mes souvenirs et mes fleurs
    Et si vous vous en rapprochez vous sentirez sa chevelure.

    Illustration d’Olga Gouskova.

  • La folie en cuisine

    La folie en cuisine

    Dès le matin, je fais du sport avec les œufs du frigidaire.
    J’en sors deux pour le déjeuner pour trois minutes de vie réduite.
    Après trois mètres de transport, je prends les deux œufs solidaires ;
    C’est là que vous intervenez : toi le marteau et eux la fuite.

    Tableau de Stephen Gibb.

  • La cuisine en folie

    La cuisine en folie

    Le crâne en forme de casserole, mes pensées tournent comme une horloge
    Et je n’ai plus qu’à rajouter la pincée du sel de l’humour.
    Je lis, j’écris et je rigole selon l’article que je déloge
    Et je me dépêche d’y goûter de tout mon cœur avec amour.

    Tableau de Stephen Gibb.

  • Reproduction

    Le problème avec la Joconde – et d’autres tableaux du musée –
    C’est que les femmes rivalisent en imitant la même pose.
    C’est alors qu’on voit tout le monde prendre en photo, l’air médusé,
    Ces filles qui revitalisent les tableaux le temps d’une pause.

    Poursuivons la comparaison et observons l’imitatrice
    Qui ne cessera de lorgner sur celle prétendue « sa rivale ».
    « Alors n’avais-je pas raison ? » Dit-elle à cette usurpatrice
    Jalouse, aigrie, l’air renfrogné devant les pensées qu’elle ravale.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La tartomancienne

    La tartomancienne

    Elle lisait mon avenir avec les cartes entre les seins ;
    Je devais y plonger ma main et tirer une seule carte.
    Je ne pouvais pas m’y tenir, je caressais et le bassin
    Et ses mamelles pour l’examen et je me prenais une tarte.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • À cœur plongé

    À cœur plongé

    Hier, j’aimais les jolies filles le cœur perdu dans un bouquin
    Qui laissait échapper un sein dans le feu d’un amour intense.
    Aujourd’hui, celles-ci sourcillent sur leur téléphone coquin
    Avec un regard assassin si j’les gêne avec insistance.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Chacun sur son monde perçu – 2

    Chacun sur son monde perçu - 2

    Par mes yeux d’homme, je vois le monde ; un’ femme le verra autrement ;
    Mon chat le voit de la toiture et les oiseaux depuis l’azur.
    Toutes ces visions vagabondes, chacune prise séparément,
    Donneraient au cercle sa quadrature si elles fusionnaient d’aventure.

    Illustration de Kyle T. Webster.

  • Ma forêt intérieure – 2

    Ma forêt intérieure - 2

    Je passe d’une année à l’autre comme dans la pièce d’à côté
    Avec toujours le même décor, les mêmes noëls brillantés.
    Je ne pourrais faire l’apôtre d’une vie tarabiscotée
    Car c’est la même qui encore revient m’apprendre à patienter.

    Photo de Suzanne Moxhay.

  • Les femmes qui marchent – 3

    Les femmes qui marchent - 3

    Moi qui suis le dernier représentant qui marche
    De l’espèce des mâles en train de disparaître,
    Je n’ peux pas le nier j’aimerais être patriarche
    Auprès des animales qui me voudraient pour maître.

    Illustration de Renn Qin.

  • Les colères de Cherche-Midi

    Les colères de Cherche-Midi

    Je n’sais pourquoi, quelle misère, Cherche-Midi est en colère
    Depuis que je l’ai emmené consulter la vétérinaire.
    Depuis il souffle, il vocifère d’une mine patibulaire
    Dès qu’il me voit pointer mon nez malgré mon aspect débonnaire.

    Il a le blues évidemment et je le verrais bien clamer
    Ses griefs, la guitare à la patte, pour les chanter dans le quartier.
    Si par hasard, ses miaulements étaient, dès demain, acclamés,
    J’espère que la critique ingrate décriera le matou altier.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • L’amour stroboscopique

    L’amour stroboscopique

    Au-delà de l’espace-temps dans lequel existe un sourire,
    Au-delà de la dimension de la matière qui le compose,
    L’amour outrepassera d’autant toutes ces lois jusqu’à en rire
    Car je n’ai pas de prétention lorsque mes lèvres s’y déposent.

    Tableau d’Alvaro Tapia Hidalgo.

  • Séparation

    Voilà, je quitte mes années passées ; voilà, je rejoins mon futur.
    Je dis adieu au train de vie qui nous sépare comme deux montagnes.
    Je ne pourrais outrepasser ce fait mais ce dont je suis sûr ;
    Mon côté masculin survit car son féminin l’accompagne.

    Tableau de Shelby McQuilkin.

  • La tête d’anniversaire

    La tête d’anniversaire

    Le jour de son anniversaire, l’extérieur ne modifie rien
    Mais l’intérieur se met en fête de toutes les cellules unies.
    Les neurones font le nécessaire avec un goût épicurien
    Pour animer toute la tête jusqu’à en avoir le tournis.

    Tableau d’Autumn Skye.

  • Le jour du 12 juillet

    Le jour du 12 juillet

    Le jour du quatorze juillet, les fanfares hissent les couleurs
    Mais le jour du douze juillet, Facebook clame haut ses valeurs.
    Tous mes amis les plus précieux me souhaitent un bon anniversaire
    Et mes amies de leurs plus beaux yeux m’embrassent d’une amitié sincère.

    Tableau de Josef Kote.

  • Le jour de la comète

    Là, au-dessus des Monts d’Arrée, tandis que notre Terre tourne,
    La Comète Neowise passe dans les premières lueurs du jour.
    Comme deux dieux qui, sans arrêt, manient le monde qui se retourne
    Sur ses peuples qui outrepassent leurs territoires à leurs tours.

    Photo de la Comète Neowise par Mathieu Rivrin sur https:www.mathieurivrin.com .

  • Les femmes qui marchent – 2

    Les individuelles portent un vanity-case,
    Les jolies secrétaires, un nouveau sac à main.
    Les intellectuelles arborent l’attaché-case
    Et les femmes artistes leurs dessins en sous-main.

    Les sportives ne marchent déjà plus, elles roulent
    À vélo, en Roller ou en planche à roulette.
    Il faut aller plus vite, il faut qu’elles déboulent ;
    L’avenir est en marche, faut pas faire de boulette.

    L’appétit vient souvent tout à coup en marchant
    On s’arrête au drugstore ou bien au restaurant.
    Tout dépend si elles sont dans un centre marchand
    Ou dans les petits villages à l’air revigorant.

    Il faut boire surtout des boissons énergétiques,
    Bien surveiller sa ligne mais se faire plaisir ;
    Et toute la semaine, des menus diététiques
    Le week-end on verra, c’est selon les désirs.

    Illustrations de Renn Qin.

  • Les femmes qui marchent – 1

    Depuis longtemps déjà plus personne ne marche ;
    Quelques femmes encore en perpétuent l’usage.
    Pour comprendre il faudrait observer leurs démarches,
    Pour l’entendre il faudrait un radio-balisage.

    Il en est déjà passé des femmes de toutes sortes,
    En jupe, en pantalon, ou en drôles de robes.
    On les voit apparaître soudain devant la porte
    Puis soudain disparaître, une ombre les dérobe.

    Soit chaussées de bottines, soit droites dans leur bottes,
    Avec talon aiguille ou talon compensé.
    À petits pas chassés, on les voit qui barbotent
    Sous les gouttes de pluie puis, se mettent à danser.

    Elles paraissent affairées, elles font mille choses
    Soit un enfant au bras ou soit un téléphone.
    Puis au coin de la rue, elles se métamorphosent
    Devant une vitrine ou un bel anglophone.

    Illustrations de Renn Qin.

  • La dame et la licorne

    La dame et la licorne

    Penchons-nous sur la parenté entre la dame et la licorne ;
    La licorne étant télépathe, la dame possédant l’intuition.
    Or les antennes patentées, l’une ses seins, l’autre sa corne
    Seraient peut-être le stigmate qui ouvrent leur prémonition.

    Panneau de coussin, fin de l’époque médiévale musée d’histoire de Bâle.

  • À contrejour

    Je me souviens de nos premières vacances où nous nous sommes épris
    Dans le dénuement d’une chambre qui préservait l’intimité.
    J’aimais la voir dans la lumière, lorsque le soleil s’approprie
    Son corps qui ressemble à de l’ambre, bronzé en clandestinité.

    Tableau de Frederick Carl Frieseke.

  • Le kimono rose

    Le kimono rose

    Juste après avoir fait l’amour, juste après avoir pris sa douche,
    Elle enveloppe comme un cadeau son corps dans un kimono rose.
    Jamais fermé, toujours glamour, dévoilant un sein qui débouche
    Dans l’échancrure comme un badaud qui jette son téton morose.

    Tableau de Frederick Carl Frieseke.

  • Prémonition

    Prémonition

    Elle possède l’oreille fine, bien affûtée au cours du temps,
    Qui reconnaissait la portière de celui qui fut son soleil.
    L’ouïe tendrement féminine, tellement aiguisée qu’elle entend
    Quand l’enfant joue sous la verrière, quand il remue dans son sommeil.

    Tableau de Frederick Carl Frieseke.

  • Fantasme

    Fantasme

    Vous qui reposez nue, sans même vous douter
    Que l’œil qui vous regarde est en train de rêver ;
    Car je suis dans les nues, dans mes songes floutés
    Et je monte la garde à mon cœur entravé.

    Tableau de Frederick Carl Frieseke.

  • La conteuse orientée

    La conteuse orientée

    Toujours floue dans mes souvenirs lorsqu’au matin je me réveille,
    Elle n’en a pas moins raconté quelques pages de son grimoire.
    Et je constate que l’avenir révèle souvent des merveilles
    Les mêmes qui m’ont été contées et enfouies dans ma mémoire.

    Tableau de Catherine Chauloux.

  • Les éléphants bleus

    Les éléphants bleus

    Quand je m’enivre d’écritures, quand je me noie dans mes reflets,
    Je vois le bleu de l’éléphant dominer sur un monde glauque.
    Parfois le cerveau me triture et mes neurones sont essoufflés
    D’avoir couru leur cœur d’enfant dans les visions les plus loufoques.

    Tableau de Catherine Chauloux.

  • L’empreinte des jours

    L’empreinte des jours

    Lorsque je raconte mes jours dans mes poèmes verts et roses,
    Je prends la photo du moment, je la commente puis, je la range.
    Or, en relisant mon parcours, j’aperçois une ombre morose
    Qui imprégnait l’évènement d’une substance bleu-orange.

    Tableau de Catherine Chauloux.

  • La mort rieuse

    La mort rieuse

    Mourir de rire, la belle mort ; mieux que pleurer toute sa vie !
    Mourir d’ennui, la pire mort ; mieux vaut mourir dans un délire.
    Si elle me mariait à tort, je voudrais qu’elle en soit ravie
    Et qu’elle rit de plus en plus fort, jusqu’à ce que moi-même en rire.

    Tableau de Dave McKean.