En Forêt Noire, les coucous sont difficiles à capturer Et l’on confie aux petits anges le soin de les apprivoiser, Ce qui fonctionne à tous les coups et qui n’est pas trop facturé Mais en revanche, en échange, tous les poids sont ratiboisés.
Tout le monde voulu être Roi ; les pions, les fous et les évêques Même les tours, les cavaliers et les reines, quelle absurdité ! Les rois qui n’ sont pas maladroits réussirent à leur clouer le bec En montrant à ces fous à lier que c’était prématurité.
Pour être zen, il faut trois mains pour donner, prendre et espérer. Comme trois yeux pour percevoir les dimensions qui sont cachées. Que faire alors s’il vient demain une solution désespérée ? Faut-il croire qu’on va recevoir la zénitude … et tout gâcher ? … et nous fâcher ?
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Enfin, la vérité éclate car nous ne sommes plus des pommes ! Si on nous a manipulés c’est que nous sommes manipulables. Et alors ? Ça vous épate que parmi les femmes et les hommes Ces dieux aient tant gesticulé qu’ils nous voient comme contribuables ?
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Le coup de montrer patte blanche, ce n’est que de la comédie ! Les loups n’ont plus besoin de peau d’ailleurs ils n’ont plus de boutons. Ils arrivent beaux comme un dimanche puis ensuite, ils vous congédient ; Votre retraite passe aux impôts, vous à la broche, comme un mouton.
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
On nous a trompé sur les contes, notamment le chaperon rouge Qui s’était vite amourachée du loup et de sa longue queue. Ne croyez pas ce qu’on raconte, ce sont des légendes qui bougent Les vrais faits qui sont recrachés par trop de mensonges visqueux.
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Quand je revois dans mon passé le reflet de mes illusions, Elles sont restées exactement comme j’aurais aimé les voir. Mon corps actuel compassé d’y avoir trop fait allusion Se voit lui, éternellement, enfermé dans sa tour d’ivoire.
Tableau de Guy Billout sur http:www.margarethe-illustration.comguy-billout.html .
Tous ces objets de tous les jours, tout cet ensemble d’habitudes, Formatent l’esprit aux couleurs d’une vie qui a tout prévu. L’enfance à travers le séjour d’une école de certitudes Par un enseignement sans douleur me gardera de l’imprévu.
Dans dix ans, je ferai l’amour dans ma vie de béatitudes Avec le bonus des valeurs j’amasserai à perte de vue Toutes ces richesses que je savoure qui récompensent mes aptitudes À me préserver du malheur dont je me suis bien dépourvu.
Tous ces objets de tous les jours, toujours les mêmes habitudes, M’oppressent de mille douleurs et je n’ai plus de goût à rien. Je m’ennuie, là, dans mon séjour au milieu de ma solitude Je ne vois plus que la couleur d’un épicurien stoïcien.
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Le trou dans ma bibliothèque finalement restera ouvert Car j’apprends plus entre l’espace entre les livres qu’en leurs volumes. J’ai un voté un peu métèque, un peu sauvage, un peu pervers Et je vois tout ce qui se passe là où s’ sont envolées les plumes.
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Au bout de soixante-deux années, tout bascula dans l’organisme Qui se sentit empoisonné par sa manière de regarder. Son voisinage basané, la perte de son humanisme, Les uns, les autres cloisonnés et chacun de s’en brocarder.
« Comment vas-tu ? » Dis-je au voisin « As-tu le temps de prendre un verre ? » « Je vais venir ! » Répond-il donc mais en fait, il ne vient jamais. On se verra au magasin ? Mais il est fermé, quel calvaire ! Tant pis, j’en demande pardon, qu’ont-ils donc tous à me blâmer ?
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Il regardait par la fenêtre qui avançait tant qu’il ramait Et regardait pendant ses pauses pour s’arrêter lorsqu’il dormait. Mais c’est lorsqu’il se vit renaître dans l’infinité à jamais Qu’il comprit que sa vie repose sur cette vision déformée.
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Leurs regards avaient pris ce pli avec des yeux exorbités Pour avoir l’air de regarder partout ailleurs s’ils n’y sont pas. Et devant ce fait accompli, tous les voisins de la cité Firent de même sans tarder et chacun fit son premier pas.
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Lorsque le coronavirus aura jeté l’ masque aux orties, L’état nous couvera de quoi nous prémunir, on sera peinards. Les animaux antivirus seront désormais assortis À faire un couvre-chef de choix et que diriez-vous d’un canard ?
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Alice est tombée par hasard, sa jolie jupe déchirée. Madame Noé lui a proposé de lui recoudre en arrière plan. Monsieur Noé, d’un air hagard, l’aurait comptée dans sa virée Et comme mâle, il a osé lui adjoindre un chaud lapin blanc.
Pour ce qu’il a servi, je lègue mon cerveau à la mort comme ordi ; Pour ce qu’ils ont servi, je lègue mes deux bras aux fantômes du coin ; Pour ce qu’elles ont servi, je lègue mes deux jambes aux spectres de la nuit ; Pour ce qu’il a servi, je lègue mon pénis aux putes du cimetière.
On mettra la musique, une marche des morts afin de lancer l’ambiance ; On chantera à tue-tête le chant des revenants quand ils n’étaient une six ; On dansera à la fête, une danse macabre de Camille Saint-Saëns ; Et on mourra d’amour puis, les putes à l’aube, crieront : « Debout les morts ! »
Une fois les singes couchés, passons aux affaires sérieuses ! On abandonne ses habits et ses espoirs de délivrance. Une fois qu’les femmes ont accouché de bébés d’étoiles rieuses, On les nourrira au débit du lait de la Banque de France.
Plus les étoiles dansent nues et plus les singes applaudissent. Ça leur dépasse la raison mais ils s’en fichent, ils sont plus forts. Que sont les singes devenus d’ les avoir suivies en coulisses ? On ne sait pas mais la maison a reçu de nouveaux renforts.
Sorti de l’école des fous qui s’envolent lorsqu’ils sont nus, Diplômé pour déshabiller les plus jolies danseuses étoiles, Avec mention « plus archifou que vous vous voilà prévenus ! » Et sous vos yeux écarquillés, toutes les comètes sont à poil.
Il tape sur la pleine lune comme un tambour à la crever Et pourtant toutes les étoiles le considèrent comme leur frère. De quelle famille opportune est-il issu pour en rêver ? Que le ciel nous lève le voile sur cette question arbitraire !
Il a été créé par l’homme pour lutter contr’ la grippe aviaire Mais, dès le début, ça a foiré quand les martiens ont débarqué. D’abord, on crût à un myélome mais on s’aperçut qu’en Bavière Les vaches qui s’étaient enfoirées avaient mordu ces détraqués.
Toute information complotiste est authentiquement et rigoureusement fausse.
On nous avait bien avertis qu’il y aurait un’ deuxième vague Mais ce qu’on n’avait pas compris c’est qu’elle arriverait sur les plages. Les vénusiens extravertis et les martiens fous qui divaguent Ont décidé, pour le même prix, de nous envahir les rivages.
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Au bout de ma rue des lentilles, un petit cabanon se dresse Et propose aux passants des masques pour changer leur photo d’ profil. Tout pour les garçons et les filles qui souhaiteraient afficher sans stress Une bobine un peu fantasque et même, pourquoi pas, homophile.
Quant à la boutique, elle existe vraiment mais on y vend des confitures, des légumes du jardin et des chichi-belli.
La pause clope, bien détendue, est un grand luxe qui s’ignore. J’ai moi-même tété le cigare puis, arrêté par lassitude. Du tabac blond, bien entendu, pour snober comme un Monsignore Et du bleu mais sans crier gare et sans en prendre l’habitude.
Là, juste une ombrelle l’habille comme un tout petit paravent Qu’elle maintient en protection pour jouer de sa nudité. Il couvre à peine ses gambilles, n’était pas là auparavant Mais il apporte en projection l’empreinte de sa crudité.
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Je croyais avoir raconté toutes les filles de mon cœur Mais celle-ci s’était raccrochée dans les replis de sa texture. Alors je vous l’ai remontée de mes souvenirs et mes fleurs Et si vous vous en rapprochez vous sentirez sa chevelure.
Dès le matin, je fais du sport avec les œufs du frigidaire. J’en sors deux pour le déjeuner pour trois minutes de vie réduite. Après trois mètres de transport, je prends les deux œufs solidaires ; C’est là que vous intervenez : toi le marteau et eux la fuite.
Le crâne en forme de casserole, mes pensées tournent comme une horloge Et je n’ai plus qu’à rajouter la pincée du sel de l’humour. Je lis, j’écris et je rigole selon l’article que je déloge Et je me dépêche d’y goûter de tout mon cœur avec amour.
Le problème avec la Joconde – et d’autres tableaux du musée – C’est que les femmes rivalisent en imitant la même pose. C’est alors qu’on voit tout le monde prendre en photo, l’air médusé, Ces filles qui revitalisent les tableaux le temps d’une pause.
Poursuivons la comparaison et observons l’imitatrice Qui ne cessera de lorgner sur celle prétendue « sa rivale ». « Alors n’avais-je pas raison ? » Dit-elle à cette usurpatrice Jalouse, aigrie, l’air renfrogné devant les pensées qu’elle ravale.
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Elle lisait mon avenir avec les cartes entre les seins ; Je devais y plonger ma main et tirer une seule carte. Je ne pouvais pas m’y tenir, je caressais et le bassin Et ses mamelles pour l’examen et je me prenais une tarte.
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Hier, j’aimais les jolies filles le cœur perdu dans un bouquin Qui laissait échapper un sein dans le feu d’un amour intense. Aujourd’hui, celles-ci sourcillent sur leur téléphone coquin Avec un regard assassin si j’les gêne avec insistance.
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Par mes yeux d’homme, je vois le monde ; un’ femme le verra autrement ; Mon chat le voit de la toiture et les oiseaux depuis l’azur. Toutes ces visions vagabondes, chacune prise séparément, Donneraient au cercle sa quadrature si elles fusionnaient d’aventure.
Je passe d’une année à l’autre comme dans la pièce d’à côté Avec toujours le même décor, les mêmes noëls brillantés. Je ne pourrais faire l’apôtre d’une vie tarabiscotée Car c’est la même qui encore revient m’apprendre à patienter.
Moi qui suis le dernier représentant qui marche De l’espèce des mâles en train de disparaître, Je n’ peux pas le nier j’aimerais être patriarche Auprès des animales qui me voudraient pour maître.
Je n’sais pourquoi, quelle misère, Cherche-Midi est en colère Depuis que je l’ai emmené consulter la vétérinaire. Depuis il souffle, il vocifère d’une mine patibulaire Dès qu’il me voit pointer mon nez malgré mon aspect débonnaire.
Il a le blues évidemment et je le verrais bien clamer Ses griefs, la guitare à la patte, pour les chanter dans le quartier. Si par hasard, ses miaulements étaient, dès demain, acclamés, J’espère que la critique ingrate décriera le matou altier.
Au-delà de l’espace-temps dans lequel existe un sourire, Au-delà de la dimension de la matière qui le compose, L’amour outrepassera d’autant toutes ces lois jusqu’à en rire Car je n’ai pas de prétention lorsque mes lèvres s’y déposent.
Voilà, je quitte mes années passées ; voilà, je rejoins mon futur. Je dis adieu au train de vie qui nous sépare comme deux montagnes. Je ne pourrais outrepasser ce fait mais ce dont je suis sûr ; Mon côté masculin survit car son féminin l’accompagne.
Le jour de son anniversaire, l’extérieur ne modifie rien Mais l’intérieur se met en fête de toutes les cellules unies. Les neurones font le nécessaire avec un goût épicurien Pour animer toute la tête jusqu’à en avoir le tournis.
Le jour du quatorze juillet, les fanfares hissent les couleurs Mais le jour du douze juillet, Facebook clame haut ses valeurs. Tous mes amis les plus précieux me souhaitent un bon anniversaire Et mes amies de leurs plus beaux yeux m’embrassent d’une amitié sincère.
Là, au-dessus des Monts d’Arrée, tandis que notre Terre tourne, La Comète Neowise passe dans les premières lueurs du jour. Comme deux dieux qui, sans arrêt, manient le monde qui se retourne Sur ses peuples qui outrepassent leurs territoires à leurs tours.
Photo de la Comète Neowise par Mathieu Rivrin sur https:www.mathieurivrin.com .
Les individuelles portent un vanity-case, Les jolies secrétaires, un nouveau sac à main. Les intellectuelles arborent l’attaché-case Et les femmes artistes leurs dessins en sous-main.
Les sportives ne marchent déjà plus, elles roulent À vélo, en Roller ou en planche à roulette. Il faut aller plus vite, il faut qu’elles déboulent ; L’avenir est en marche, faut pas faire de boulette.
L’appétit vient souvent tout à coup en marchant On s’arrête au drugstore ou bien au restaurant. Tout dépend si elles sont dans un centre marchand Ou dans les petits villages à l’air revigorant.
Il faut boire surtout des boissons énergétiques, Bien surveiller sa ligne mais se faire plaisir ; Et toute la semaine, des menus diététiques Le week-end on verra, c’est selon les désirs.
Depuis longtemps déjà plus personne ne marche ; Quelques femmes encore en perpétuent l’usage. Pour comprendre il faudrait observer leurs démarches, Pour l’entendre il faudrait un radio-balisage.
Il en est déjà passé des femmes de toutes sortes, En jupe, en pantalon, ou en drôles de robes. On les voit apparaître soudain devant la porte Puis soudain disparaître, une ombre les dérobe.
Soit chaussées de bottines, soit droites dans leur bottes, Avec talon aiguille ou talon compensé. À petits pas chassés, on les voit qui barbotent Sous les gouttes de pluie puis, se mettent à danser.
Elles paraissent affairées, elles font mille choses Soit un enfant au bras ou soit un téléphone. Puis au coin de la rue, elles se métamorphosent Devant une vitrine ou un bel anglophone.
Penchons-nous sur la parenté entre la dame et la licorne ; La licorne étant télépathe, la dame possédant l’intuition. Or les antennes patentées, l’une ses seins, l’autre sa corne Seraient peut-être le stigmate qui ouvrent leur prémonition.
Panneau de coussin, fin de l’époque médiévale musée d’histoire de Bâle.
Je me souviens de nos premières vacances où nous nous sommes épris Dans le dénuement d’une chambre qui préservait l’intimité. J’aimais la voir dans la lumière, lorsque le soleil s’approprie Son corps qui ressemble à de l’ambre, bronzé en clandestinité.
Juste après avoir fait l’amour, juste après avoir pris sa douche, Elle enveloppe comme un cadeau son corps dans un kimono rose. Jamais fermé, toujours glamour, dévoilant un sein qui débouche Dans l’échancrure comme un badaud qui jette son téton morose.
Elle possède l’oreille fine, bien affûtée au cours du temps, Qui reconnaissait la portière de celui qui fut son soleil. L’ouïe tendrement féminine, tellement aiguisée qu’elle entend Quand l’enfant joue sous la verrière, quand il remue dans son sommeil.
Vous qui reposez nue, sans même vous douter Que l’œil qui vous regarde est en train de rêver ; Car je suis dans les nues, dans mes songes floutés Et je monte la garde à mon cœur entravé.
Toujours floue dans mes souvenirs lorsqu’au matin je me réveille, Elle n’en a pas moins raconté quelques pages de son grimoire. Et je constate que l’avenir révèle souvent des merveilles Les mêmes qui m’ont été contées et enfouies dans ma mémoire.
Quand je m’enivre d’écritures, quand je me noie dans mes reflets, Je vois le bleu de l’éléphant dominer sur un monde glauque. Parfois le cerveau me triture et mes neurones sont essoufflés D’avoir couru leur cœur d’enfant dans les visions les plus loufoques.
Lorsque je raconte mes jours dans mes poèmes verts et roses, Je prends la photo du moment, je la commente puis, je la range. Or, en relisant mon parcours, j’aperçois une ombre morose Qui imprégnait l’évènement d’une substance bleu-orange.
Mourir de rire, la belle mort ; mieux que pleurer toute sa vie ! Mourir d’ennui, la pire mort ; mieux vaut mourir dans un délire. Si elle me mariait à tort, je voudrais qu’elle en soit ravie Et qu’elle rit de plus en plus fort, jusqu’à ce que moi-même en rire.