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  • Tricoteuse de mer

    Tricoteuse de mer

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Avec un peu d’écume et de brume marine,
    Un joli pull-over à remettre à son roi
    Sa Majesté Neptune aux écailles azurine.

    Une vague tressée, une vague en crochet
    Les aiguilles tricotent sous les mains qui tremblotent.
    Il faudrait se presser, il faudrait s’accrocher !
    Elle en a les chochottes et fait dans sa culotte.

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Elle est professionnelle, tout ira bien pour elle.
    Ce Neptune pervers, certes un peu maladroit,
    Laissa l’exceptionnelle marge à la demoiselle.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Le loup est mort ce soir

    Le loup est mort ce soir

    Dans la jungle toute en plastique, le loup est mort, vive le loup !
    Fou de rage de ce carnage, le loup est mort, vive le loup !
    Parmi les arbres synthétiques, le loup est mort, vive le loup !
    Il a perdu son apanage, le loup est mort, vive le loup !

    Les beaux dégâts chez les bergers avaient mis sa tête à l’affiche.
    Les coups fourrés dans les fourrés ne seront plus la loi du plus fort.
    L’homme humilié a gambergé et coupé la forêt en friche,
    Remplacée d’une échauffourée de nylon et de photophores.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • Bienvenue aux générations futures

    Bienvenue aux générations futures

    Lorsque l’hiver a enseveli, toute trace de civilisation,
    Lors, ls génération suivante fut assez prise au dépourvu.
    Tous ces morceaux de dégueulis, plastiques en putréfactions.
    Comment une race pensante a pu polluer à perte de vue ?

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • L’angelle décriée

    L’angelle décriée

    Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
    Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
    Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
    Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.

    Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.

  • Service de nuit – 2

    Service de nuit - 2

    Si le service est réussi et les fleurettes aphrodisiaques,
    Je replonge dans le dernier rêve avec un cachet d’aspirine.
    Sur une musique de Debussy, une berceuse paradisiaque,
    Je fais dans le songe une trêve sous la nuit d’été bleu-marine.

    Tableau de Mark Ryden.

  • Service de nuit – 1

    Service de nuit - 1

    Quand je me réveille à quatre heures, j’appelle le service de nuit
    Et je commande un bouquet d’ fleurs pour le manger en solitaire.
    On raconte que Jack l’Éventreur, lorsqu’il avait des insomnies,
    S’en allait bouffer, à Honfleur, ses fleuristes affinitaires.

    Tableau d’Alexandra Levasseur.

  • On est tous là pour défiler !

    On est tous là pour défiler !

    Boris Vian n’est pas très content ; il n’a pas vu le défilé.
    L’état n’est pas trop mécontent, il n’aperçoit plus les gilets.
    Comment peut-on manifester sans gêner le gouvernement
    Quand on veut lui admonester tout notre mécontentement ?

    Marcher masqués ? La bonne idée ! Avec casques et boucliers
    Personne ne pourrait décider qui est flic ou fou à lier !
    Même en burqa ! Et pourquoi pas ? Hommes et femmes tous pareils
    Ou bien tous nus et sans tracas et dans le plus simple appareil !

    Collage de Johanna Goodman.

  • Bon voyage !

    Bon voyage !

    Hésitez-vous entre la mer et la montagne ?
    Souhaiteriez-vous une évasion dans la campagne ?
    Prenez l’avion, prenez le train, nous on s’en fout !
    Vous êtes ailleurs, si bien qu’ici, on fait les fous !

    N’hésitez pas à goûter à la quarantaine
    Si le virus vous tombe dessus dans la quinzaine.
    Profitez bien des hôpitaux sous équipés ;
    Vous aurez droit à une mort anticipée.

    Collage de Johanna Goodman.

  • L’œil magique

    L’œil magique

    Afin d’augmenter la lumière autour de l’œil gauche du cœur,
    Elle avait, autour de l’orbite, dessiné un cercle magique.
    L’œil droit gardera la première version d’un soleil sans rancœur
    Afin d’en voir sa mort subite lors de son coucher léthargique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Partie en fumée

    Partie en fumée

    On m’a dit « S’il fallait fumer, Dieu aurait placé sur la tête
    Une sorte de cheminée avec un foyer dans le cœur ! »
    On a trop vite résumé et un peu trop sabré l’enquête
    Car notre planète est minée et se consume à contrecœur.

    Tableau de Johanna Goodman.

  • Le cadeau

    Le cadeau

    Si ça s’trouve, je suis un cadeau ou juste un dessert commandé
    Et tout l’univers avec moi ferait partie d’une surprise.
    Au restaurant Eldorado, Dieu aurait simplement demandé :
    « Servez-moi un café viennois afin qu’ je m’en métaphorise ! »

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La femme-lune

    La femme-lune

    Quand votre femme devient lune, nul n’en voit sa fesse cachée
    Car elle ne montre que son visage penché vers son propre quartier.
    Saisissez la chance opportune de lui parler, l’air détaché,
    Les yeux dans les yeux puis, courage, elle ne va pas vous châtier.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Con qui marche ?

    Con qui marche ?

    N’est pas forcément « con qui marche » celle qui va dans la nature
    Pour y retrouver ses racines et ses cousins de la forêt.
    Sauf si le téléphone en marche la transforme en caricature
    D’une contenance assassine envers la Terre toute éplorée.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Con qui roule ?

    Con qui roule ?

    N’est pas forcément « con qui roule » celui qui fonce en solitaire
    Dans une abstraction intégrale de ce qui vit autour de lui
    Même si ses pensées s’enroulent comme un besoin parasitaire
    D’un cercle vicieux cérébral pour se libérer de l’ennui.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Sexchanges

    Sexchanges

    Avoir les mêmes avantages lui serait assez réducteur
    Car la femme en a davantage que son homologue abducteur.
    Bien sûr, la beauté de la force demeure bien vite en avant
    Sauf si le mâle ne s’efforce de n’en faire qu’un muscle savant.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • L’émancipation

    L’émancipation

    Avec l’histoire de la pomme de connaissance et du progrès,
    Le serpent enferma la femme dans le foyer de sa maison.
    Elle y éleva tous ses hommes au quotidien, bon gré mal gré,
    Jusqu’à ce qu’elle trouve infâme que le mâle ait toujours raison ?

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • La femme dans la tête de l’homme

    La femme dans la tête de l’homme

    La femme serait-elle égarée parmi les fantasmes de l’homme ?
    Peut-être connaît-elle le chemin pour arriver à le semer ?
    Parmi les rêves bigarrés qu’il déploiera durant un somme,
    Madame pourrait mettre la main là où se cache le verbe aimer.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • La Nuit Renarde

    La Nuit Renarde

    Un’ fois par an, la Nuit Renarde attire les belles rouquines
    Qui se transforment pour l’occasion en lycanthropes aux grandes robes.
    Les malheureux qui s’y hasardent seront violés par ces coquines
    Dont la queue avec précision leur injectera plein de microbes.

    Tableau de Sarah Young.

  • Méfions-nous du loup !

    Méfions-nous du loup !

    On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées
    Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser.
    Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer
    Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.

    Illustration de Sarah Young.

  • Le goût du sexe

    Le goût du sexe

    Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions
    Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions.
    Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères
    Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Les Parques beaux

    Les Parques beaux

    Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ?
    Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ?
    L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau.
    Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La vallée de charme – 2

    La vallée de charme - 2

    L’autre chemin n’est pas sur Terre, seulement son portail fermé
    Qui ne s’ouvrira sous vos pieds que si vous êtes déshabillés.
    Plongez dans l’eau élémentaire de la rivière transformée
    En cascade faisant marchepied entre deux arbres entortillés.

    Le retour paraît impossible car la route empruntée s’efface,
    Gommée au fur et à mesure que vous montez au paradis.
    De grâce, restez impassibles, surtout ne perdez pas la face ;
    Tôt ou tard s’ouvre une embrasure ; n’en faites pas une maladie.

    Bienvenue dans l’hypothétique – où les morts sont encore en vie –
    Île de l’univers invisible dans une bulle imaginaire.
    J’y ai vécu de pathétiques jours avec les âmes ravies
    Jusqu’au retour imprévisible mais qui demeure secondaire.

    Tableau de Neil Simone.

  • La vallée de charme – 1

    La vallée de charme - 1

    Il existe encore des chemins qui s’évanouissent à la frontière
    De ces mondes au-delà des rêves que personne ne peut découvrir.
    Absents de tous les parchemins, inconnus des cartes routières,
    Parfois dans une minute brève, une porte pourrait s’ouvrir.

    J’en connais deux ou trois peut-être dans ces sentiers vers nulle-part
    Que j’ai ouvert par accident ou qui se sont entrouverts pour moi.
    Entre deux chênes ou deux hêtres, les ronces forment un rempart
    Qui s’écarte sans incident pourvu qu’un de mes yeux larmoient.

    La lumière à travers les larmes me fournit la clef pour entrer
    Ou plutôt m’annonce à l’oracle que je désire consulter.
    Au-delà la vallée de charme, sur la montagne excentrée,
    J’y ai découvert par miracle la reine sans difficulté.

    Tableau de Neil Simone.

  • La mère de Percevan

    La mère de Percevan

    En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte.
    C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents.
    Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte
    Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.

    Tableau de Lisa Wright.

  • Poupée mécanique

    Poupée mécanique

    J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique
    En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure.
    Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique
    Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.

    Photo de Matthieu Miller.

  • Tête brûlée

    Tête brûlée

    Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir
    Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire.
    Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir
    Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.

    « cérulé » : bleu azur.

    Photo « Red hot » de Nick Levesque.

  • Les rouleaux

    Les rouleaux

    « S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! »
    Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux.
    Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur
    Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La loi de l’embrasure

    La loi de l’embrasure

    Liberté de darder un œil sur un crépuscule fragrant,
    Égalité du bleu d’azur et de l’océan abyssal,
    Fraternité mêlée d’orgueil des petits poissons et des grands,
    Telle est la loi de l’embrasure et son regard paradoxal.

    Photo de Jason Fenmore.

  • Le chat bleu

    Le chat bleu

    La queue lovée autour d’une patte et l’autre posée sur son trône,
    Sa Majesté Chat Bleu Persan s’amuse à nous intimider.
    Mais ne soyez pas psychopathe, il n’a pas peur qu’on le détrône
    Mais inféode un œil perçant, ainsi règnent les félidés.

    Tableau d’Amedeo Modigliani.

  • Le syndrome de Magritte

    J’ai le syndrome de Magritte ; je n’ sais plus si ce que j’écris
    Est plus vrai qu’ la réalité ou plus faux que tous les mensonges.
    Pareil au serpent hypocrite qui se mord la queue sans un cri
    De peur que sa virtualité devienne une histoire à rallonge.

    Quand je relis, un an après, deux ou trois ans ou davantage,
    Mes petites circonlocutions, je pourrais presque m’y tromper.
    Mais si je regarde de près, je n’y vois point d’escamotage ;
    L’eau trouble reste sans solution et je n’ai plus qu’à la pomper.

    Tableaux de Neil Simone.

  • Son quota d’histoires

    Derrière le rideau de nuit, le paysage paradoxal
    D’un ciel d’azur au bleu de rose pour des rêves contradictoires
    Afin de pomper de l’ennui les oreillettes abyssales
    De mon cœur qui devient morose s’il n’a pas son quota d’histoires.

    Alors laissons notre théâtre s’ouvrir sur un monde meilleur
    La tête dans les nuages épars sur un océan de quiétude.
    L’esprit, grandiose et bellâtre, regardera sans doute ailleurs ;
    Le cœur, déjà sur le départ, saura goûter sa complétude.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Les quatre chemins

    Les quatre chemins

    Je n’irai pas par quatre chemins mais toutes les éventualités
    Qui se présentent dans ma vie jamais ne se recouperont.
    Pourtant il y a des lendemains où je revois ces dualités
    D’une manière qui me ravit mais jamais ne se renoueront.

    Tableau de Neil Simone.

  • L’évasion

    L’évasion

    Par les rimes de mes poèmes, je me bâtis un escalier
    Qui me permet de m’évader et d’y construire le bonheur.
    Peu m’importe s’il est bohème ou s’il n’est pas très cavalier ;
    Nul besoin de jérémiader, j’ai juste un esprit ronchonneur.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le cadeau ébouriffant

    Le cadeau ébouriffant

    J’la prends ! Pouvez-vous l’emballer dans un joli papier de soie ?
    Vous comprenez, c’est pour offrir comm’ cadeau à mon cœur d’enfant.
    Ce soir j’ vais la lui déballer et il en restera sans voix,
    De, finalement, découvrir ce beau visage ébouriffant.

    Photo d’Angie Lopez.

  • Madame Reflets Vert et Prose

    Madame Reflets Vert et Prose

    Je ne vous ai jamais présenté Madame Reflets Vert et Prose ?
    La voici en déshabillé tout comme elle aime le porter.
    Elle paraît un peu absentée car elle cherche la rime morose
    Qui pourrait lui remaquiller la touche de bleu rapportée.

    Photo de Kate Blainey.

  • L’œil de la nature

    Si la lumière me regardait, son œil serait couleur forêt,
    L’iris teinté de mille fleurs et le blanc comme un ciel laiteux.
    Si la lumière se fardait, d’émeraude et de mordoré,
    J’aurais le coup de foudre au cœur puissant, en même traps velouteux.

    Si la Terre-Mère me regardait, son œil serait couleur rubis,
    Turquoise, diamant et topaze de toutes ses pierres précieuses.
    Et si le ciel se rencardait comme il en a tant la lubie
    Leur couleurs mêleraient d’extase …

    … toute une harmonie audacieuse.
    … toute une symphonie gracieuse.
    … toute une flore délicieuse.

    Photo de Ben Dauré.

  • Les petits grains de bonheur

    Les petits grains de bonheur

    Toutes les poussières d’étoiles qui s’accumulent dans mon cœur
    Forment un trésor à dépenser, pas un magot à conserver.
    Rien ne sert de mettre sous le voile tous les petits grains de bonheur
    Qui peuvent à leur tour compenser les amitiés à préserver.

    Illustration d’Alex Nabaum.

  • Tortue-Taxi

    Une fois le lièvre parti pour de rapides aventures,
    La tortue s’est mise à son compte et fait le taxi au marais.
    On lui paie en contrepartie, salade ou un peu de verdure,
    Et, en échange, elle vous raconte comment elle a pu se marrer.

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

  • Cherche-Midi braconnier

    Cherche-Midi braconnier

    Tandis que j’écrivais ces lignes, Cherche-Midi est repassé
    Plusieurs fois avec ses échasses, un filet, une cage dorée.
    Je crois que la bête maligne a décidé d’outrepasser
    La fin de la saison de chasse et va braconner en forêt.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • Fin de partie

    Le Roi reste roi, vive le roi ! Mais qu’advient-il des autres pièces ?
    La reine est vite répudiée et remplacée par sa rivale ;
    Les pions demeurent pions, je crois, s’ils ne sont pas morts de vieillesse ;
    Le fou qui a étudié devient historien médiéval.

    L’autre fou de Dieu, ce gros évêque, prend la place du roi déchu
    Et fait repartir en croisade les tours qui sont restées fidèles.
    Après quelques prises de bec, on s’aperçoit que c’est fichu ;
    En effet, c’est Shéhérazade, la maîtresse de la citadelle.

    Tableaux de Paul Jonkers.

  • La rose parabolique

    La rose parabolique

    Cette rose parabolique, j’en désirais mon cœur nanti ;
    Ensorcelée par la fleuriste mais achetée à un prix d’ami.
    « Enchantée mais pas diabolique » justifiait la garantie
    Si j’en crois l’air ésotériste pour capter le cœur de ma mie.

    En amour, mon cœur bucolique aime la vie à l’eau de rose.
    Que voulez-vous ? C’est l’héritage que mes ancêtres m’ont légué.
    Un flacon d’amour alcoolique dont les ivresses sont la cause
    De cet attrait aux décryptages pour les amours trop intriguées.

    Évidemment je dois apprendre à mon cœur un nouveau langage
    Car seul le cœur peut percevoir ce qui échappe à la pensée.
    Le plus difficile à comprendre, c’est qu’il faut aimer davantage
    Que ce qu’on voudrait recevoir mais sans compter ni dépenser.

    Elle m’a permis de capter l’amour au-delà des frontières
    Depuis la Suisse alémanique jusqu’à ma cité phocéenne.
    J’ai réussi à m’adapter à cette nation tout entière
    À part la langue germanique malgré mon âme européenne.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les pompes en verre

    Les pompes en verre

    Le truc qui coince, dans Cendrillon, ce sont les « pantoufles de verre ».
    « La citrouille changée en carrosse » ne me paraît pas très compliqué
    Pas plus qu’un « chien en portillon », ce n’est vraiment pas un calvaire !
    Mais le coup qui me paraît rosse, ce sont ces pompes inexpliquées.

    Tableau de Michael Cheval.

  • L’horloge de mes envies

    L’horloge de mes envies

    Chacun voit midi à sa porte à l’horloge de ses envies.
    La mienne, pourtant, n’a ni aiguille ni mécanisme compliqué.
    Seul le fil de l’histoire apporte son eau dans le cours de ma vie
    Et l’avenir fait la béquille avec un foi inexpliquée.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Chiqué !

    Chiqué !

    Trop facile, le coup des cartes qui se transforment en colombes,
    On apprend ça dès le berceau avec des rats mélancoliques !
    Plus difficile, lorsque s’écartent les jolies jambes qui surplombent
    Pour faire sauter dans son cerceau l’éléphant et toute sa clique.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Et voguent les caravelles

    Et voguent les caravelles

    Beaucoup d’enfants font apparaître des arcs-en-ciels dans les jets d’eau.
    Moi je rêvais des caravelles qui surgissaient du fond des mers.
    Même si cela peut vous paraître idiot, c’était l’Eldorado
    Qui m’apportait dans la cervelle des aventures d’outremer.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La voix de sa mère

    La voix de sa mère

    La conque provenait sans doute de la soute du Nautilus
    Et faisait partie du trésor de Barberousse, roi des sept mers.
    Quoi qu’il en soit, elle y écoute dans un silence d’angélus
    Une voix plus précieuse que l’or, le doux gazouillis de sa mère.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • Chasseur-lapin

    Chasseur-lapin

    Parmi les corps d’armées alpestres, chaque année le lapin sylvestre
    Nous fait l’honneur d’un défilé à fond la caisse dans les vallées.
    Tous ses plus grands exploits pédestres, inscrits sur les parois rupestres,
    Forment la fierté profilée que le chasseur a dévalée.

    Tableau de Rudi Huzlmeier.

  • M’as-tu vu nu ?

    M’as-tu vu nu ?

    Chose promise, chose due,
    Voici un’ photo de moi nu.
    Les mains croisées derrière la tête
    Vous en admir’rez le squelette.

    Si vous n’ voyez pas le zizi
    Ce n’est pas qu’il est trop petit
    C’est pour n’ pas donner de complexe
    À tous les obsédés du sexe.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Nostalgie en Si mineur

    Nostalgie en Si mineur

    Au son des notes en trémolos, elle dirige son bateau ;
    On l’appelle la nue-capitaine car c’est sa nue-propriété.
    Elle compose au fil de l’eau en jouant piano, staccato,
    Des mélodies napolitaines dont sa péniche a hérité.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • Les moulins paravents

    Les moulins paravents

    Elle aimait bien se baigner nue sous l’approbation des moulins
    Qui montraient beaucoup de respect sans brasser pourtant trop de vent.
    Mais l’un eut l’idée saugrenue de souffler comme un margoulin.
    C’était le meunier circonspect qui se rinçait l’œil, émouvant.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.