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  • L’amour atomique

    Tu m’offriras ton corps de lune, je t’ouvrirai mon cœur d’étoile
    Nous connaîtrons notre première lune de miel astronomique.
    À l’aune du trident de Neptune, quand Vénus et Mars se dévoilent,
    Nous fusionnerons nos lumières dans une éruption atomique.

    Et quand le temps sera venu de procréer notre extension,
    Nous nous interpénètrerons de nos atomes en énergie.
    Alors s’ouvrira l’inconnu d’une nouvelle dimension
    Où nos enfants célèbreront nos feux d’amour en synergie.

    Illustrations de Riccardo Guasco sur https:it.paperblog.compura-poesia-le-illustrazioni-di-riccardo-guasco-1998863amp .

  • Rien n’est simple, tout se complique

    Rien n’est simple et tout se complique dès qu’on essaie de raisonner.
    Surtout si chacun souhaite aller là où l’herbe paraît plus grasse.
    Or, même si chacun s’explique à quelle sauce nous assaisonner,
    Chacun s’apprête à s’emballer au premier mot qui embarrasse.

    Christophe Colomb l’avait compris avec son problème de l’œuf
    Qu’il put maintenir par la pointe en l’écrasant d’un coup ad hoc.
    Même Gulliver, d’un trait d’esprit, résolut par un coup de bluff
    La guerre entre tribus disjointes à propos de l’œuf à la coque.

    Bizarrement, il faut fermer les restaurants tandis que les métros restent bondés ;
    Curieusement, une personne peut en contaminer 50 autres dans un bar mais pas dans les transports en commun…
    En Suisse, le conseil fédéral tient bon tandis que les médecins voudraient imposer confinement, restrictions et fermetures totales. Si les médecins obéissaient rigoureusement aux industries pharmaceutiques et aux laboratoires, peut-être comprendrions-nous mieux…

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • La cour des grands

    Les bouffons du gouvernement comptent plus d’un tour dans leurs sacs ;
    Des décrets qui se contredisent ou qui protègent les copains.
    Une main dit « oui », l’autre nous ment ; l’une nous flatte, l’autre nous saque
    Tout en poussant la vantardise à se conduire en galopins.

    Le roi nous fait ses tours de cartes avec le ministre du plan ;
    La reine en robe marocaine s’amuse avec ses courtisans ;
    Le fou du roi, une tête-à-tarte, aussi malin que Rantanplan
    Et la garde républicaine qui fonce sur nos partisans.

    Quand le spermatozoïde vainqueur pénètre l’ovule, les autres manifestent-ils de la colère ? Non.
    Quand un homme parvient à gagner la plus haute instance, les autres contestent-ils ? Oui.
    Dès la naissance, la course à la puissance est lancée avec des chances inéquitables accordées aux plus nantis par rapport aux autres qui ont le choix entre la résignation ou la contrattaque par la fourberie, la ruse et la malice au petit bonheur la chance.
    Sommes-nous trop nombreux ou sommes-nous poussés à la course aux étoiles ?
    Toutes ces questions sont contenues dans un seul mot : le pragmatisme.

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • Le grand voyage depuis le mésozoïque

    Le lundi au mésozoïque, les dinosaures vont travailler ;
    Le mardi au cénozoïque, les dinosaures ont disparu.
    Le mercredi au quaternaire, l’homme vient de se réveiller ;
    Le jeudi, d’un coup de tonnerre, l’impact est déjà apparu.

    Vendredi la pollution souille les mers et tous les océans ;
    Samedi les virus soumettent les familles au confinement ;
    Dimanche l’être humain dérouille et disparaît dans le néant ;
    Dieu et tous ses anges promettent de faire mieux prochainement.

    J’avais un ami qui me disait tout le temps : « l’homme moderne, c’est Cro-Magnon avec internet ». Il avait sans doute raison puisque, malgré notre civilisation et toutes les guerres traversées, l’humanité refait toujours les mêmes erreurs.
    Mais je n’ai pas honte d’avouer que, moi-même, je nécessite une éternité à recommencer la même chose au quotidien pour découvrir 3 ou 4 ans plus tard comment améliorer un truc qui paraissait aussi simple que l’œuf de Christophe Colomb…
    Quoi qu’il en soit, l’humanité n’est qu’un éternel recommencement et d’ailleurs… qui sait si nous ne serions pas nous-mêmes la énième civilisation à tout péter pour ensuite tous mourir joyeusement ?

    Collages de Michael Waraksa.

  • Disparition / Apparition

    Disparition / Apparition

    Lorsque la Reine de la Lune porta sa sphère à bout de bras,
    Elle prononça l’incantation qui fit s’éteindre les étoiles.
    Ensuite, dans la nuit opportune, elle scanda « Abracadabra ! »
    Et soudain sa disparition survint lorsque tomba le voile.

    J’ai un tuyau pour la trouver ; je patiente au prochain orage
    Qui vient lorsque la pleine lune troue la voûte caoutchoutière.
    La première fois j’ai éprouvé, avec une pointe de courage,
    Une allégresse, tout opportune, en regardant par la gouttière.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La reine pas sereine

    La reine vit des semaines épiques qu’elle doit aborder de bon cœur
    Quand elle astique ses carreaux, quand elle affûte ses couteaux
    C’est là son quotidien typique qu’elle accomplit à contrecœur
    À la cour du roi, un bourreau des cœurs qui la mène en bateau.

    Quand vient dimanche, jour de relâche, la reine fière de ses nichons
    Profite, nue, de l’occasion pour faire lessive et repassage.
    Bizarrement elle s’attache à cette vie de patachon
    Et ne rêve ni d’évasion ni de divorce davantage.

    Qu’offririons-nous
    à la reine de pique sinon une aventure piquante ?
    à la reine de carreau sinon un avenir étincelant ?
    à la reine de trèfle sinon la promesse de noces d’or ?
    à la reine de cœur sinon un petit chant d’amour en chœur ?
    Comme j’ai eu la chance d’avoir les quatre reines réunies en une seule, je lui réserve de bons petits plats, des petits poèmes, de la bonne humeur et de l’attention tous les jours.

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • Histoire de faux cerfs

    Les animaux vont disparaître et pas qu’à cause des chasseurs.
    Les forêts cèdent du terrain à toute l’urbanisation.
    Tant pis pour le côté champêtre qui fait place aux investisseurs
    Pour loger tous les pèlerins de l’actuelle migration.

    J’ai vu les cerfs dans une cage dans notre parc animalier ;
    J’en ai vu derrière les grillages dans l’élevage juste à côté.
    Les parents mènent les enfants sages dans des jardins festivaliers
    Et puis, les mangent en grillades pour Noël en communauté.

    Les animaux en Liberté, Égalité, Fraternité,
    Voilà le prix qu’il faut payer pour notre progrès nécessaire.
    Or, les vrais cerfs m’ont alerté que l’ère de la modernité,
    Malgré l’aspect émerveillé, n’est qu’une histoire de faussaires.

    Tableaux de Gordon Cheung.

  • Jolis masques

    Toi, joli masque, tu m’as fait peur avec tes risques et tes pleurs
    Sous une protection bâchée où je me sens tout attaché !
    Toi, joli masque, quelle erreur de vivre ainsi sous la terreur ;
    Derrière tes sourires cachés, ma liberté semble arrachée !

    Désormais nous vivrons ensemble même si rien ne nous assemble,
    Nous sortirons toujours couverts, nous ne serons jamais ouverts.
    Désormais tout le monde se ressemble mais plus personne ne se rassemble,
    Le temps nous a pris à revers notre libre arbitre à l’envers.

    Demain ne nous démasquerons ni même nous remarquerons ;
    La messagerie anonyme deviendra théâtre de mime.
    Après-demain nous casqueront et nos enfants s’adapteront
    À ce nouveau Dieu magnanime qui offre la santé unanime.

    Tableaux de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

  • Comment se soigner demain ?

    Aujourd’hui le virus attaque comme un ennemi embusqué
    Qui surgit dès qu’on se déplace sans autorisation valable.
    Demain les vaccins contrattaquent tous les malades offusqués
    Qui, hier, ne tenaient plus en place devant un sort épouvantable.

    Heureusement, grâce au progrès, les virus gagnent en qualité
    Et les vaccins plus onéreux sont d’une honteuse ignominie.
    Évidemment, bon gré mal gré, toute la Terre est alitée
    Mais grâce aux patients généreux, tout va bien pour l’économie.

    En Suisse, les médecins conseillent le port du masques et toutes les restrictions à la française voire davantage. Comme les groupes pharmaceutiques sont très puissants chez nous et imposent leurs lois au corps médical, on comprend pourquoi l’ensemble des médecins sans exception prenne parti pour un confinement à outrance.
    En revanche le conseil fédéral a dit non ; Ok pour le masque dans les espaces publics mais on n’en reste là. Il y a fort heureusement une intelligence qui s’oppose aux trusts et aux lobbies. Pour l’instant…

    Collages de Michael Waraksa.

  • La liberté en marche

    Jouer au bord de la falaise les yeux bandés, c’est amusant !
    C’est comme croire que le futur ira toujours en progression.
    La liberté n’est pas à l’aise ; être confinés, c’est même usant
    Et c’est mauvais pour la culture mais plutôt bon pour l’oppression.

    L’état, au bord du précipice, a fait un grand pas en avant
    En nous brandissant la carotte de la richesse et la retraite.
    Hélas nous sommes les complices du fossé qui va s’aggravant
    Et grandit tant que l’on poireaute devant tous ceux qui nous maltraitent.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Que manger et offrir pour Noël ?

    Mangerons-nous cuisine grasse ou bien végétarien et maigre ?
    Et les canards ? Seront-ils gré de partager notre repas ?
    Mais si cela les embarrasse de jouer les pisse-vinaigres,
    Délaissons alors leurs magrets pour leur éviter le trépas.

    Offrirons-nous à nos enfants la technologie du futur
    Ou celle plus traditionnelle mais qui protège la planète ?
    Si vous vous croyez triomphants en gâtant votre progéniture,
    Vous risquez l’inconditionnelle revente en ligne sur internet.

    Aujourd’hui le 4 décembre, cela fait exactement 7 ans que j’ai débarqué en Suisse, ma valise à la main, ingénu et candide.
    7 ans après je m’y suis plus ou moins adapté. La langue mise à part qui reste pour moi incompréhensible tant le dialecte suisse-allemand reste rocailleux à mes oreilles.
    Bien qu’il y ait beaucoup de canards entre les lacs et les rivières, les suisses consomment peu de canard et l’on ne trouve qu’aux enseignes Migros des magrets français et surgelés. Les centaines de canards sur la Töss que je vois de ma fenêtre sont protégés. En revanche, il y a beaucoup d’élevages de cerfs et de biche et les sapinières sont très nombreuses. Pas de Père-Noël mais Saint-Nicolas. Autre pays, autres mœurs.

    Collages de Michael Waraksa.

  • L’orange et le vert

    Sur le grand canal d’émeraude, elle se promène la tête nue ;
    Elle aime y calmer ses douleurs et y trouver un air de fête.
    Et lorsqu’un amour la taraude ou lui entrouvre l’inconnu,
    Elle vient délayer les couleurs qui lui remontent à la tête.

    Larmes d’amour, larmes salées, larmes de joie, larmes sucrées ;
    Mêlé de pensées colorées, le cœur meurtri reste entrouvert.
    Le teint cuivré, le teint hâlé mais oint de lumière sacrée ;
    Des souvenirs décolorés, resteront l’orange et le vert.

    Quelle est la couleur de décembre ?
    Blanc comme la neige, bleu glacé, rouge de Noël, vert sapin, orange et mandarine, joujoux pour les plus jaunes, noir comme l’espoir d’une année nouvelle violée ?
    Je préfère lui attribuer des couleurs qui n’existent pas ou n’existeront plus : couleur de joie, teinte d’espérance, nuance d’amour, tonalité d’optimisme, éclat de sérénité…
    Et pour aujourd’hui, une rose 12 !

    Tableau « Quai à Venise » de Kees van Dongen.

  • Le système féminin

    L’espèce humaine est imbriquée dans chacune de ses créatures ;
    De mère en fille, de père en fils, depuis la première pierre posée.
    Chaque cellule est fabriquée à partir de deux signatures
    Partagées lors de l’artifice d’un feu de deux sexes opposés.

    Au centre, ce puits de ténèbres, attire l’attention des mâles
    Qui gravitent autour du noyau et de l’origine du monde.
    Car ce féminin qu’ils célèbrent, l’esprit lié à l’animal,
    Incarne le plus précieux joyau dont l’enchantement les inonde.

    Tableaux de Diego Fernandez.

  • La rose bleue et la main verte

    La rose bleue et la main verte évoquent l’amour de la Terre
    Et l’amour devient jardinier quand la passion creuse les sens.
    D’abord on fait la découverte du terrain de son partenaire
    Ensuite, on ne peut le nier, on en récolte la quintessence.

    Selon les phases de la Lune, les couples sèment passionnément
    L’ensemble des graines fécondes cueillies dans les fruits défendus.
    À en croire la bonne fortune du bilan proportionnément,
    On peut conclure que le monde croît selon l’amour répandu.

    À propos de rose bleue et de main verte, n’oubliez pas de célébrer la Sainte-Barbe du 4 décembre qui consiste à placer des petites graines de blé, de lentille, de haricot, de pois où tout ce que vous voulez dans une coupelle sur un peu de coton ou de terre et que vous arroserez plusieurs fois par jour afin d’obtenir une jolie décoration pour Noël.
    L’été, lorsque je me promène parmi les champs cultivés, je pense toujours à récolter les gerbes échouées sur les bords des chemins d’épis de blé, de pois où tout ce que je peux trouver que je conserve précieusement jusqu’à la fin de l’année.

    Tableaux de Yuroz sur http:www.shafferfineart.comThe_Art_of_Yuroz.htm .

  • L’arbre qui marche

    L’arbre qui marche

    Hybridé aux plantes grimpante, Issu de la branche des lierres,
    L’arbre qui marche a décidé de se dégourdir les racines ;
    D’abord de manière rampante puis, en démarche irrégulière.
    Lui-même n’a point élucidé cette mutation qui le fascine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La guitare à quatre mains

    Savoir jouer de la guitare à quatre mains est un exploit
    Qui réunit les amoureux du manche et de l’introduction.
    Un peu d’avance ou de retard sur les cordes tendues qui ploient
    Sur un rythme assez langoureux avec droits de reproduction.

    Souvent la femme reste en attente après l’ultime accord plaqué ;
    Elle imagine alors pensive comment amorcer la reprise.
    Alors d’une main haletante, elle commence à attaquer
    Par une caresse intensive la petite corde surprise.

    Aujourd’hui il neige. Un froid sibérien régnait cette nuit et, silencieusement, l’aube s’est révélée dans un blanc immaculé. Quel rapport avec la guitare ? Eh bien… le silence entre les notes, les notes blanches, les accords en avalanche, les crescendo et decrescendo le long du manche et tout ce que l’on peut imaginer. Et puis, qui dit neige dit petites soirées au coin du feu, rencontres, lieu idéal pour sortir sa guitare et jouer à 4 mains.

    Tableaux de Yuroz sur http:www.shafferfineart.comThe_Art_of_Yuroz.htm .

  • La croix et le croissant

    De la Grande Muraille de Chine au rideau de fer soviétique,
    Beaucoup de civilisations ont barricadé leurs frontières.
    Puis, nous ont fait courber l’échine en religions hypothétiques
    Qui, au moyen de privations, imposent notre vie entière.

    On nous apprend l’humilité pour ne pas offenser les riches ;
    On fait porter le voile aux femmes qui pourraient séduire les hommes ;
    Des règles d’imbécilités alors que nos dirigeants trichent
    Et une répression infâme envers les exclus du royaume.

    Tableaux de Jennifer Yoswa et Noor Sabah.

  • La dernière nuit de novembre – 2

    Si la nuit, tous les chats sont gris, cette nuit, ils seront tous noirs.
    Pourquoi ? Parce que nous sommes fin novembre et qu’il vont partir au service.
    Félix, Doudou et Mistigris – ils resteront dans nos mémoires –
    Partent en classes de décembre au grade des Chats-sœurs novices.

    Minuit pétante, ils sont partis afin d’accomplir leur devoir
    Auprès des chats du septième ciel, de vieux matous de Mandchourie.
    Des rôles leur seront répartis avec quelques super-pouvoirs
    Afin de fêter l’officiel Noël des rats et des souris.

    Illustrations d’Irina Zenyuk.

  • La dernière nuit de novembre – 1

    Mon chat dort le tour du cadran, de l’aube jusqu’au crépuscule,
    En prenant soin de n’occuper que nos canapés préférés
    Ou nos genoux en s’effondrant de tout son poids qui nous bouscule
    Sans jamais s’en préoccuper sauf l’envie de vociférer.

    Passé deux heures après minuit, il veut aller au restaurant,
    Demande la carte en miaulant et manifeste son impatience.
    Je fais le service de nuit et sert ce monstre dévorant
    Quatre ou cinq fois, c’est désolant et ça taraude ma conscience.

    Illustrations de Jozef Wilkon.

  • Comme la Lune

    Comme la Lune, elle ne se montre qu’un peu, beaucoup ou pas du tout
    Et ses effets suivent ses phases : mini, maxi ou toute nue.
    Lors de la première rencontre, pour jouer son premier atout,
    Elle s’habille sans emphase, sobrement mais sans retenue.

    Quand elle veut se mettre en lumière, juste un string et une brassière
    Vous révéleront tous ses charmes et puis, je vous en fais l’aveu,
    Quand elle regagne sa chaumière, sa tenue devient outrancière
    Car elle ne porte qu’une larme d’eau de parfum dans les cheveux.

    Pleine Lune. Tout comme une femme, elle apparaît, se met en lumière puis, disparaît, c’est la règle.
    La Terre, tout comme les hommes, elle tourne en rond, fait sa révolution et rêve aux étoiles.
    Le Soleil, tout comme un Dieu, nous a créés, représente la source de la vie, nous illumine et nous révèle sa lumière.
    Et moi, tout comme un poète, j’écris un mot au clair de la Lune sinon je vais voir chez la voisine car je crois qu’elle y est…

    Tableaux de Natalia Leonova.

  • L’œil animal

    Or elle adapte sa vision selon l’atmosphère du jour
    Et les couleurs de la semaine d’un regard caméléonien
    Car dans le monde en collision, où tout se trame à contrejour,
    Elle cherche la chaleur humaine à travers l’amour platonien.

    Selon les soirs de pleine lune, elle ressemble à la grande ourse
    Qui observe d’un œil glouton tout ce qui passe à sa portée.
    Selon la couleur opportune de ce que contiendront leurs bourses
    Elle tondra quelques moutons d’après les ragots colportés.

    Je ne sais pas si j’ai l’œil animal mais j’ai déjà le pied car il m’est arrivé plusieurs fois de surprendre des renards et des chevreuils lorsque je me promène dans ma forêt d’Eschenberg ; preuve que j’ai la patte agile. J’ai même surpris un chevreuil qui est sorti un jour de la forêt sans me voir jusqu’au dernier moment où nous nous sommes retrouvés nez à nez. Le pauvre était tellement effrayé qu’il en est tombé les quatre fers en l’air !
    Pour l’œil, je suis myope comme une taupe ; j’ai le nez et l’odorat d’un chien ; je fais patte de velours et j’aime reprendre du poil de la bête ; c’est presque bon !

    Tableaux de Natalia Leonova.

  • Quickly Strip-Tease

    D’abord elle arrive sur scène entièrement nue mais en chaussures
    Qu’elle commence sensuellement à enlever l’une après l’autre.
    Ni ridicule ni obscène mais acceptée par la censure
    Car tout est fait élégamment et très amicalement vôtre.

    Après elle déclame un poème juste assise, décontractée.
    Raimbaud, Verlaine ou Beaudelaire toujours selon son bon plaisir.
    On dit qu’elle est un peu bohème, que son strip-tease est compacté
    Mais elle ne manque pas d’air en s’exhibant comme à loisir.

    Puis à la fin, elle se lève, on l’applaudit, elle remercie
    Montrant comment sa mère l’a faite nonobstant le moindre accessoire.
    De quelle école fut-elle l’élève ? Ça n’a jamais été éclairci
    Mais elle en a atteint le faîte d’ailleurs j’y retourne ce soir.

    Tableaux de Jonas Kunickas.

  • Le film de ma vie

    Pour mon dernier déménagement – celui prévu en fin de vie –
    Je vais devoir rembobiner mes films courts et longs métrages,
    Mes tableaux dans l’encadrement, jeter ceux qui n’ont pas servi
    Et, au moment inopiné, assumer de Dieu l’arbitrage.

    J’aurai la honte de ma vie devant les moments ridicules
    Où tous les Anges poufferont là où Dieu aura rigolé.
    Quand je verrai Satan ravi de dérouler la pellicule,
    Tous mes esprits s’étoufferont sur un destin troufignolé.

    Finalement je serai admis avec ma place au Paradis ;
    J’aurai droit à la plus haute branche pour bâtir ma nouvelle vie.
    Je croyais mon sort compromis mais j’aurai la chance, pardi,
    De m’en payer une bonne tranche, moi, le poète inassouvi !

    Tableaux de Julie Heffernan.

  • La détente

    Elle préfère se reposer en dégustant quelques grenades
    Le corps presqu’entièrement nu excepté un bas fantaisie.
    Comme on pourrait le supposer, un thé vert ou une limonade
    Et un parfum plus soutenu de patchouli et d’ambroisie.

    Si le soir, elle se détend en se laissant choir en arrière,
    Les cheveux pendus vers le sol selon l’antique médecine,
    Elle aime ça, elle prétend exécuter une prière
    La tête comme une boussole orientée vers ses racines.

    Qui sait si après le coronavirus on ne nous obligera pas non seulement à porter le masque mais à couvrir toutes les parties du corps exposées ? J’ai l’impression d’assister à l’islamisation de la tenue de l’homme et la femme moderne du vingt-et-unième siècle !
    Peut-être devrons-nous pratiquer des fêtes clandestines et privées pour nous retrouver ensemble illégalement et à poil ?
    Après tout, nous assistons bien à une sorte de basculement des pôles sociaux et moraux…

    Tableaux de Natalia Leonova.

  • L’œil de l’Utah

    La Terre entrouvre ses oreilles dans ses cavernes qui résonnent
    Et ouvre un œil sur les montagnes et les campagnes jusqu’à la mer.
    Ses échos n’ont pas leurs pareilles à parler quand elle raisonne
    Et son regard nous accompagne avec tout l’amour d’une mère.

    Les grandes plaines d’Amérique ont longtemps veillé ses enfants
    Par leurs yeux colorés d’azur de l’Utah au Colorado
    Qui voient les rêves chimériques des premiers pionniers triomphants
    S’étendre au fur et à mesure sur la route de l’Eldorado.

    Et si la Terre nous voyait ; et si la Terre nous écoutait ; et si la Terre nous humait ; et si la Terre nous goûtait ; et si la Terre nous touchait ?
    Ah ! Au temps pour moi, c’est exactement ce qu’elle fait si j’en croit mon petit doigt.
    Du coup, je trouve cela plus rassurant car j’entends souvent : « Si Dieu existait, il n’y aurait pas de guerre, il n’y aurait pas de misère, il n’y aurait pas toutes ces horreurs ! ».
    Donc si je remplace « Dieu » par la « Terre », ça met un terme au problème de son existence ou non et la question devient : « Est-ce que la Terre a envie de voir continuer notre espèce ? »
    Hum ! Mais ce n’est là qu’une supposition hasardeuse, bien entendu…

    Photos de Zach Cooley et Paige Tingey.

  • Tisseuses de mondes

    Au début, elles n’étaient que cinq à tisser les mondes antiques ;
    Ainsi filait la vie des dieux qui régentaient la Terre entière.
    Afin que l’amour s’en convainque et scelle un monde romantique,
    À sept, elles ont tissé les cieux et un univers sans frontière.

    Et chaque année un nouveau nœud vient compléter leur écheveau
    Qui confère un nouveau pouvoir à celui qui s’y apparente.
    Le réseau devient lumineux et déjà le prochain niveau
    S’esquisse afin de se mouvoir vers d’autres expériences aspirantes.

    Il y a celles et ceux qui tissent le monde de bonnes intentions mais, comme l’enfer en est pavé, le monde obtenu se révèle assez chaotique.
    Prenons l’exemple du Black Friday ; tous les magasins « non essentiels » sont fermés mais tous les sites de vente par correspondance multiplient les annonces pour casser les prix. Amazon règne en maître sur les livres. Les marchés de Noël sont annulés.
    Je ne sais pas de quoi sera tissée la vie de chacun de nous en 2021 mais la qualité et l’abondance ne seront pas au rendez-vous.

    Tableaux de Jeanie Tomanek.

  • Le Roy Gérôme

    Le Roy Gérôme

    Il naquit pion et sagittaire car son chemin était tracé
    Pour traverser son échiquier jusqu’au choix de sa destinée.
    À vingt ans, toujours solitaire – personne ne l’avait embrassé –
    Il rejoignit ses équipiers parmi les soldats mâtinés.

    En sortira-t-il chevalier ? Tout dépend s’il écrit l’histoire
    Soit comme un fou, tout de travers, soit comme la tour, toujours tout droit.
    Mais s’il a l’esprit cavalier, il accumulera ses victoires
    Durant ses six mois de calvaire s’il ne se montre pas maladroit.

    Rendez-vous à l’année prochaine, il sera métamorphosé ;
    Le cœur vaillant, l’esprit ravi dans le corps d’un prince charmant.
    Il aura découvert sa reine, son âme-sœur prédisposée
    À l’accompagner dans la vie et prête à lui prêter serment.

    Que tous les jours soient des dimanches, toutes les nuits, des nuits d’amour !
    Quand on est Roy, que peut-on craindre mis à part la révolution ?
    De case noire en case blanche, avec du tact et de l’humour,
    Il n’a point le temps de se plaindre constamment en évolution.

    Souhaitons-nous de nous retrouver au moins deux ou trois fois par an
    Pour raconter les souvenirs d’un sagittaire apprivoisé.
    Comment la vie l’a éprouvée, comment est-ce d’être parent ?
    Comment se porte l’avenir et pourrons-nous en pavoiser ?

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Toujours plus haut !

    Les petites filles sautent à la corde, montent à l’échelle, toujours plus haut ;
    C’est leur manière de prouver qu’autrefois elles étaient des anges.
    Plus tard, lorsqu’elles vous accordent de vous mettre ensemble en duo,
    Vous ne pouvez plus qu’approuver d’avoir les plus divins échanges.

    Tout est prétexte de voler, tout est prétexte de planer
    Elles iront jusqu’à surfer dessus leur planche à repasser.
    Donc je vous souhaite de convoler – et d’ici la fin de l’année –
    En justes noces assoiffées d’un septième ciel à dépasser.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Vive la télé !

    La télé me vide la tête et mes pensées sont minimales
    À grands coups de publicité et d’informations mensongères.
    Même le chat est à la fête grâce aux émissions animales
    Et j’atteins la simplicité de la parfaite ménagère.

    Dès le matin j’ai mes séries toujours faciles à comprendre
    Après viennent les magazines pour être au plus près de la mode.
    Et j’y repère pour mon chéri un bon plat facile à apprendre
    Et puis je fonce à la cuisine, je le prépare et l’accommode.

    Photos de Helmut Newton.

  • Les feux des forêts

    Paradoxalement novembre étincelle de feux dorés
    Et prépare les décorations de Noël sur tous les sapins.
    Ainsi les troncs se teintent d’ambre profondément dans la forêt
    Avec la collaboration des farfadets et des lutins.

    J’en ai vu qui portaient des glands et d’autres chargés de pignons
    Aidés par quelques écureuils qui en grignotaient la moitié.
    Et sous les rayons aveuglants du soleil sur les champignons,
    Les fées hissaient avec des treuils des boules en bois de noisetier.

    En automne, non seulement les couleurs sont belles mais les éclairages aussi.
    Entre un soleil interminablement très bas dans le ciel et des crépuscules qui tirent la lumière comme un élastique, plus une touche de brouillard, la Nature se fait photographe en jouant avec les teintes dégradées, les ombres satinées et la profondeur.
    Avec le calme des forêts comme dans une église, la voûte des arbres comme cathédrale et les feuillages comme vitraux, je redeviens prophète de la plus belle des religions.
    Ah non, j’ai déjà dit que j’étais antireligieux… alors de la plus belle spiritualité.

    Le soleil de novembre très bas reste très longtemps dans le ciel et offre des jeux de lumière dans ma forêt d’Eschenberg.

  • Danse avec les requins

    Danse avec les requins

    Tous les matins je m’en allais me promener sous l’océan
    Avec mon requin poisson-chien pour lui distraire les mâchoires.
    Je l’emmenais se régaler de quelques nageurs bienséants
    Pour son plaisir œsophagien et lui dérouiller les nageoires.

    Mais non, je plaisante et d’ailleurs mon requin n’aime pas les hommes ;
    En revanche il aime les femmes surtout celles au corps de sirène.
    Bien que les squales soient railleurs, ils apprécient dans leur royaume
    Les jolies nageuses qu’affame leur attrait pour les œstrogènes.

    Photo de Peter de Mulder et l’australienne Hannah Fraser photographiée par Shawn Heinrichs sur http:www.regardsurlemonde.frblogfemme-sirene-danse-requins .

  • Les souches d’Eschenberg

    Dans notre forêt d’Eschenberg, les souches officient de maisons
    Pour les farfadets champignons ou les lutins de toutes races
    Qui gravent au pied en tant qu’exergue leurs devises comme une oraison
    Parmi les glands et les pignons qui pavent le sol des terrasses.

    « Joli Bolet et Feux Follets », « Chauds Lapins et Chiens de Faïence »
    Tels sont les titres des maximes qui résonnent aux coins des cités.
    Certaines tentent d’affoler l’intrus montrant trop de vaillance
    Mais d’autres sont sublimissimes et invitent à les visiter.

    Je suis plutôt antireligieux (ce qui n’empêche pas l’idée de Dieu).
    Cependant lorsque je marche dans la forêt, j’ai toujours une impression de pénétrer dans la cathédrale de la Nature avec les vitraux que le Soleil dessine à travers le feuillage. Avec les fées-fleurs, les champignons-lutins et les anges-animaux, la crèche est complète.
    Dommage que l’homme ait inventé un Dieu guerrier, jaloux et punitif !
    Moi, je continue de pratiquer le culte de la nature sans chasse ni pêche ni tradition.

    Jolies souches décorées par la nature ou les promeneurs dans ma forêt d’Eschenberg.

  • Face à l’étoile

    Après avoir couru le monde à la recherche de l’étoile
    Qui brille dans le cœur et l’âme et illumine le visage,
    Comme une comète vagabonde dont l’éclat a percé le voile,
    S’est dévisagée une femme enrichie d’un doux paysage.

    Après avoir parcouru 30 ans à travers le monde, le photographe belge Serge Anton a vu beaucoup de visages et en a fait un livre de captures faciales insolites « Faces ».

  • Les baladines

    Accompagnées de tambourin, de luth et de chansons d’amour,
    Les baladines éveillaient l’attrait des mâles mélomanes.
    Voiles azurins et purpurins dansaient au rythme des tambours
    Et dévoilaient, émerveillés, leurs jolis corps érotomanes.

    Shéhérazade sans aucun doute figurait le clou du spectacle
    Lorsqu’elle chantait a capella l’histoire des mille-et-une nuits.
    Tout l’auditoire à son écoute était saisi par le miracle
    De cette voix qui excella à le tirer de son ennui.

    Tableau de Kees Van Dongen sur http:pasperdus.canalblog.comarchives200710216561016.html .

  • Au pas de la Lune

    Lorsque la lune se renouvelle et se réfugie dans la nuit,
    Les étoiles se mettent à danser au grand bal des constellations.
    Puis, lorsque son pas se révèle et que sin premier croissant luit,
    Une lune pâle vient cadencer l’ouverture de l’orchestration.

    Lorsque la lune s’épanouit et resplendit dans sa lumière,
    Les étoiles viennent défiler aux ordres de leur supérieure.
    Même le soleil évanouit semble connaître une première
    Éruption qui va s’effiler en queues de comètes ultérieures.

    Puisque nous sommes lundi, honneur au jour de la Lune qui est gibbeuse et croissante à 62%. Il faudra attendre lundi prochain pour la pleine lune ce qui me donne une semaine pour trouver de belles images.
    Sinon, Google m’apprend que le 23 novembre symbolise « le mois de l’économie sociale et solidaire » et vu la crise économique due au confinement, aux fermetures, aux restrictions et à l’impossibilité pour plusieurs millions de personnes à travailler pour gagner leurs vies, ce lundi 23 novembre me semble assez significatif.

    Tableaux de Jeanie Tomanek.

  • Le loup-garou d’amour – 2

    À la pleine lune suivante, il a quitté sa louve-garelle
    Dont il avait plein les godasses de lui effeuiller les marguerites.
    La maladie récidivante de sa mutation corporelle
    Plut à une lapine chaudasse qui en devint sa favorite.

    Mais voilà ! Une fois passée la métamorphose du loup,
    Celui-ci trouve la lapine d’un autre appétit qui s’ensuit.
    Elle devra se surpasser à raconter à son loulou
    Une histoire qui le turlupine pour durer mille-et-une nuits.

    Tableaux de Jozef Wilkon.

  • Comme on s’unit, on s’attache

    Quand on s’unit et qu’on s’attache, en motifs unis ou à taches,
    Peu nous importe la couleur, la fusion se fait sans douleur.
    L’amour nous met en appétit, on s’aime et on fait des petits
    Qui ont tous une part de nous, unis de taches jusqu’aux genoux.

    Avec ce charme qui nous habille, tous les dimanches en famille,
    Nous allons danser au soleil ou sous la lune tout pareil
    En montrant nos belles tenues – même si au fond on vit tout nu –
    Tous les goûts sont dans la nature et dans notre progéniture.

    Et si les vagues d’émigration et d’immigration étaient une tentative de la nature pour transformer l’homo-sapiens en une nouvelle race plus adaptée ?
    On dit toujours que les métis et les bâtards sont les plus beaux et les plus forts.
    Peut-être que le mélange des gènes nous améliorera et rendra le côté « pragmatique » de l’homme plus enclin à évoluer avec raison plutôt que saccager à tout prix sa planète.
    D’ailleurs, moi qui suis d’origine méditerranéenne, je suis de sang français, italien et certainement maure ou même asiatique paraît-il…

    Tableaux de Jozef Wilkon.

  • L’intrigue

    Aux échecs, éternel absent qui subit plus qu’il ne comprend,
    Le roi, celui qui est au centre, est mené par le bout du nez.
    La reine noire, à son accent russe ou anglais, on s’y méprend,
    Abrite un enfant dans son ventre qui n’est pas de l’infortuné.

    C’est le roi blanc évidemment qui joue le rôle de l’amant,
    Qui trompe sa reine légitime pour la souveraine ennemie.
    Ainsi ils s’aiment avidement ; bientôt papa, bientôt maman
    Jusqu’au moment le plus ultime où tous les coups seront permis.

    Quant à la « pauvre reine blanche » perdue dans son corps de souffrance,
    Elle fulmine, elle est en rage, n’oublie pas plus qu’elle ne pardonne.
    Alors elle crée une avalanche de petits conflits à outrance
    Jusqu’à déclencher un orage puis, dans la folie, s’abandonne.

    Tableaux d’Agnès Boulloche.

  • Aux couleurs de l’âme

    Andy Warhol serait ravi de voir son œuvre prospérer
    Avec ces femmes maquillées par leurs émotions artistiques.
    Troubles aux couleurs de la vie, émois et amours espérés,
    Dévoilés et déshabillés d’une mise à nu fantastique.

    Imaginez la vie entière qui se répandrait au visage
    Par les larmes douces-amères des ébranlements refoulés.
    Sentez sur la peau la matière comme fleurit un paysage
    Selon la saison éphémère d’art sans cesse renouvelé.

    Chaque femme aurait ses couleurs et, à chaque couleur, son âme
    Trahirait ses secrets intimes d’une petite voix fluette.
    Chaque bonheur, chaque douleur brillerait comme une oriflamme
    Mais cette sensation ultime appartient déjà aux poètes.

    Photos de Lindsay Adler.

  • Le loup-garou d’amour – 1

    Sous la nuit de la pleine lune, le loup-garou est amoureux
    Car c’est la maladie d’amour qui lui donne la rage de mordre
    Les fleurs aux dents et les callunes qu’il cueille d’un air langoureux
    Pour offrir un bouquet glamour assez fleuri mais en désordre.

    Sa louve-garelle, la coquine, l’envoie siffler sur la colline
    Pour y cueillir des marguerites plutôt qu’une gerbe de bruyères.
    Le loup, bien sûr , ça l’enquiquine et, la queue basse qui dodeline,
    Repart dans sa quête émérite faire un bouquet dans la clairière.

    Tableaux de Jozef Wilkon.

  • La clef du cœur

    Un cœur fermé à double tour réclame une clef ajustée
    Qui écoutera ses problèmes et tout ce qu’il a mal compris,
    Qui épousera les contours son corps avec chasteté
    Et qui résoudra les dilemmes entre son âme et son esprit.

    Une clef du cœur correspond à toute serrure complexe ;
    Le tout est de savoir tourner sept fois sa clef dans le bon sens.
    Mais si nous nous préoccupons à solutionner par le sexe,
    Nous ne pourrons plus contourner l’amour et le plaisir des sens.

    Un coup de cœur, ça fait toujours plaisir et même plusieurs fois par jour.
    Une belle image, un bon livre, une bonne BD, un bon film, un bon texte, une bonne musique, un bon plat, un bon vin, un bel échange, un beau câlin … la liste est tellement longue que nos cinq sens ne pourront peut-être pas les connaître tous mais si chacun ouvre et communique son petit musée personnel, que d’éclats de coups de cœur à partager !

    Tableaux de Vladimir Kush.

  • Les présages

    Tous ceux qui, au siècle dernier, ont tenté de voir l’avenir
    Auraient dû être contaminés par les virus en gestation,
    Être effrayés par les charniers qui ont tôt fait de survenir
    Et voir les peuples disséminés par les vagues d’émigration.

    Eh non, personne n’a su prévoir tous ces fourbis et ces machins,
    Ni éviter la pollution … à part prédire la faim du monde.
    Voici pourquoi tous nos espoirs de survivre au siècle prochain
    Sont le fruit d’une évolution vers une fin nauséabonde.

    D’après une information lue sur « Un nouveau paradigme », Facebook censurerait tout message qui contesterait la campagne vaccinatrice ; c’est donc pourquoi je ne dirai rien à ce sujet bien que je n’en pense pas moins… si tant est qu’on ait toujours la liberté de penser, droit qui sera sans doute bientôt aboli.
    Donc si vous voulez contester, faites-le mais ne le dites pas.
    Ça me rappelle le film « Apocalypse now » où les vietnamiens coupaient le bras aux enfants vaccinés par les américains…

    http:www.2012un-nouveau-paradigme.com202011nouvelle-censure-facebook-va-interdire-tout-message-anti-vaccins.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • Ainsi va la vie !

    Qu’elle est jolie la tendre enfance qui ne connaît que l’innocence
    Jusqu’au jour où l’enfant choisit entre l’action ou la défense.
    Car tout se joue à chaque instance de sa personne mise en présence
    De la plus grande courtoisie ou la réponse à une offense.

    Nous nous faisons damer le pion par des coups à devenir fou
    De la vie qui nous joue des tours avec des pièges cavaliers ;
    Parfois on tombe sur un lion que la moralité bafoue,
    Parfois l’amour vaut le détour et l’on remonte l’escalier.

    Dans ce grand jeu d’échecs qui est l’Europe avec ses pièces maîtresses (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas etc.) et les pauvres pions que nous sommes, je me demande quelle est la règle du jeu ? Et surtout à quoi sert le conseil européen ?
    Face au coronavirus, chaque pays fait n’importe quoi, comme il veut et sans la moindre cohésion avec les autres états membres.
    Il me semble que l’Europe aurait dû spontanément organiser la partie sinon… échec et mat ?

    Tableaux de Hanna Silivonchyk.

  • Les chevaux mécaniques

    Quand il n’y aura plus ni pétrole, ni gaz ni électricité,
    Il nous faudra recommencer à dompter les chevaux-vapeur.
    Avec chariots et carrioles tractés avec motricité
    Par le caractère romancé de beaux étalons galopeurs.

    Sur leurs sabots dotés de roues, ils patineront sur les routes ;
    Avec des flotteurs adaptés, ils deviendront chevaux-marins.
    Adieu à nos anciens gourous qui auront tous fait banqueroute
    Ou qui se seront réadaptés à mettre le pied dans le purin.

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • Petite musique de confinement

    Ouverture
    Pour m’exprimer, une ouverture est nécessaire sur mon mur ;
    Ensuite, je me hisse au plus haut pour épater la galerie.
    Après, si jamais d’aventure je suis perçu comme un murmure,
    J’exécuterai « le grand assaut » en sonnant la cavalerie.

    Final
    Si l’on ne m’entend toujours pas, je vous jouerai « Satisfaction » ;
    Dans l’accord que vous attendez puisque vous êtes enfermés.
    Je vous ferai du Frank Zappa au temps des « Mothers of Invention »
    Interprété les yeux bandés pour jouer à guichets fermés.

    Ce n’est plus le peuple qui gronde mais l’orchestre qui réagit !
    Puisque vous êtes confinés, ouvrez bien en grand vos fenêtres ;
    Faites une musique enchantée ou endiablée si vous voulez ;
    Et chantez fort votre détresse de ne plus vivre l’allégresse.

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • L’animal sur l’épaule

    Je porte la fidélité comme un chien noir sur mon épaule,
    Tu portes ta féminité comme un chat roux sur ton épaule,
    Il porte son espièglerie comme un renard sur son épaule,
    Elle porte sa lucidité comme un grand lynx sur son épaule.

    À chaque trait de caractère, je m’associe un animal
    Comme on transporte par devers-soi un vieux compagnon de fortune.
    Le mien, ce n’est pas un mystère, ressemble au bien, ressemble au mal
    Selon si ce que je reçois me satisfait ou m’importune.

    Dans la trilogie « Les Royaumes du Nord » de Philip Pullman, les humains étaient accompagnés d’un « daemon », une sorte de petit animal qui extériorisait leurs caractères.
    J’aimais bien cette idée et je verrais bien des loups noirs ou gris accompagner nos hommes politiques, des requins accompagner les financiers, des chiens pour les chasseurs – mais ça, c’est déjà fait – , des chats pour les pêcheurs et des animaux fabuleux pour les artistes… je prendrais bien une licorne.

    Tableaux de Mary Alayne Thomas.

  • Visions d’ailleurs

    Même si j’observe de loin pour rester en sécurité,
    Je participe malgré moi à ce dont je reste extérieur.
    Et si j’avance plus ou moins avec force et témérité
    J’authentifie au fil des mois ce qui bâtit mon intérieur.

    Je suis marqué par mes erreurs, tu es marquée par tes succès,
    Il est marqué par ses échecs, elle est marquée par ses victoires.
    Ainsi, nous portons la terreur inscrite en nous comme un abcès ;
    Ainsi que les marques extrinsèques des sourires aux belles histoires.

    Tableaux de Juliette Belmonte.

  • Les nouveaux oracles

    Aujourd’hui, les nouveaux oracles qu’incarne la télévision
    Nous font rêver à la fortune et l’illusion technologique.
    L’argent accomplit des miracles que l’on entasse en prévision
    Du couac des bourses inopportunes et ses crises psychologiques.

    Depuis que je l’ai débranchée et l’ai reléguée à la cave,
    Ma vie a repris sa couleur qui n’est pas celle de l’argent.
    Mais je ne suis plus retranché dans une planète d’esclaves
    Dont je subissais la douleur des médias se la partageant.

    Je suis a priori mal placé pour parler de la télévision puisque je l’ai reléguée à la cave depuis les dernières élections européennes pendant lesquelles les informations diffusées étaient fausses, les discours politiques menteurs et les journalistes traîtres à leur étique.
    Pour ainsi dire, depuis l’institution du quinquennat, le président et ses députés élus pour cinq ans possèdent les clefs de la république et le pouvoir total puisque l’opposition n’existe plus et qu’il n’y a plus aucun contre-pouvoir.
    Alors les oracles et les médias varient ? Bien fol qui s’y fie !

    Tableaux de Jake Baddeley.

  • La pie lunatique

    La pie voleuse écrit la nuit ses vols les plus rocambolesques
    Que, le jour, elle déchiquète pour ne pas se faire repérer.
    Dès passée l’heure de minuit quelques souris sherlockholmesques
    Tentent de mettre une étiquette sur les lambeaux récupérés.

    Elle aurait pris à Léonard son faux sourire à la Joconde ;
    Elle aurait fauché à Pierrot sa plume, hélas fort émoussée ;
    Elle aurait volé au renard un fromage à l’odeur immonde ;
    Elle aurait chipé à Perrault les miettes du Petit Poucet.

    La pie voleuse nous a volé tout ce que nous avions de plus précieux :
    La liberté est enfermée dans une cage dorée de confinement.
    La vérité est polluée par les mêmes personnes du gouvernement qui affirment un jour ce qu’ils infirment un autre jour.
    La santé devient une monnaie d’échange et d’asservissement.
    Même l’argent risque de disparaître en tant qu’espèces qui ont trop sonné et trébuché.

    Tableaux d’Agnès Boulloche.

  • Culbuté

    Culbuté

    Quels sont les chemins inconnus qui me restent à parcourir
    Sans avoir l’esprit mal tourné ni tomber cul par-dessus tête ?
    Mais de peur d’être reconnu comme machine à discourir,
    Laissez-moi donc me retourner et reprendre du poil de la bête.

    Moco Museum – Amsterdam.