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  • Photo de groupe

    Photo de groupe

    Fantastiques, ces appareils aux nouvelles technologies
    Qui mettent en quatre dimensions toutes les photos collectées.
    Superbes, à nulle autre pareilles, les couleurs en analogie
    Avec toutes les dissensions des portraits interconnectés

    Tableau de Laurent Folco.

  • Un petit bonheur rieur

    Un petit bonheur rieur

    J’aime emporter, d’une balade, juste une ramille de fleur
    Que je choisis un peu surprise mais en attente du cueilleur
    Ou qui mérite une escalade, là où ciel et terre s’affleurent.
    Enfin, je l’offre à ma promise comme un petit bonheur rieur.

    Tableau de Françoise Collandre.

  • Du crépuscule à l’aurore

    Au crépuscule, les flamants roses se rassemblent pour un ballet.
    Ils s’agitent en faisant des signes aux autre groupes sémaphores.
    Le soleil se couche, morose, la nuit met un coup de balai
    Et puis, la tête haute, la tête digne, les oiseaux attendent l’aurore.

    Photo de Dominic Liam.

  • La vie sur les toits

    Tôt le matin, déjà à leur poste, deux chats sont juchés sur les toits.
    Ils surveillent les environs, capables de tenir des heures.
    Attendent-ils une riposte d’une minette à l’air matois
    Qui les jugerait trop gironds ou peut-être un peu trop poseurs ?

    Tard dans la nuit, sont revenus les deux matous aux mêmes places
    Matant la chatte à sa fenêtre qui les fascine et les rassemble.
    Que seront-ils demain devenus ? Auront-ils pu rompre la glace ?
    Tout dépendra si l’on voit naître une portée qui leur ressemble.

    Tableaux de Colette Brunelière.

  • Lutine furtive

    Lutine furtive

    C’était un petit vent idiot qui me chuchotait à l’oreille
    Une petite voix fluette issue de l’étang aux étoiles.
    J’entendis jouer du flûtiau derrière les salsepareilles
    Je n’ai vu qu’une silhouette s’enfuir nue et mettre les voiles.

    Illustration de Larry MacDougall.

  • Lutine mutine

    Lutine mutine

    J’avance à pas de loup, je surprends les renards,
    Les biches et les chevreuils, même les écureuils.
    Je ne suis ni jaloux, ni à peine goguenard,
    Mais les fées dans les feuilles s’enfuient quoi que je veuille.

    Trop rapides pour moi, elles vivent hors du temps ;
    Je ne vois que le vent, juste un souffle de fuite.
    Un jour, avec émoi, j’ai vu un habitant
    Petit être vivant, de forme très réduite.

    Je n’ai pas eu le temps de prendre une photo
    Mais je l’ai dessinée du fond de ma rétine
    Très vite en haletant juste avant qu’aussitôt
    Ne se soit débinée l’image de la lutine.

    Illustration de Larry MacDougall.

  • Les belles couleurs

    Désirable était son sourire pour la couleur de ses baisers,
    Admirable était son regard pour l’éclat qui étincelait,
    Et mes yeux qui vont se nourrir de ses nuances apaisées,
    Et ma bouche qui s’égare sur cette peau teintée de lait.

    Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

  • Les vaisseaux de lumière

    Les vaisseaux de lumière

    Presque des vaisseaux de lumière qui navigueraient dans le lointain
    Selon une aube frémissante, selon un crépuscule houleux,
    Selon un soleil de poussière quand son zénith sera atteint
    Ou sous la lune gémissante sous un ciel sombre et nébuleux.

    Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

  • Incessamment sous peu

    Incessamment sous peu

    On est en train d’éliminer ces fichus effets secondaires ;
    Sinon, incessamment sous peu, on vaincra ce virus immonde.
    D’abord on va l’inséminer uniquement aux volontaires
    Et puis après, sauve-qui-peut, on vaccinera tout le monde !

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Attention, chat peureux !

    Attention, chat peureux !

    Nous sommes toujours très surpris quand quelqu’un sonne à notre porte.
    Hier, Chanelle fuyait dans l’armoire, aujourd’hui c’est Cherche-Midi.
    Alors, contre ce parti pris qui nous fâche et nous insupporte,
    J’ai écrit en aide-mémoire « Chat peureux ! » sur notre huis maudit.

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • L’Alter Ego

    L’Alter Ego

    Cet autre moi-même qui s’écoule entre conscient et inconscient
    M’effraie la nuit lorsque bascule le rôle de l’Alter Ego.
    Je suis un autre et je bouscule ce que je crois à bon escient
    Pour d’autres actes ridicules qui, paraît-il, seraient égaux.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Le grimoire de mon ange-gardien

    Le grimoire de mon ange-gardien

    Depuis que mon ange-gardien annote les péripéties
    Que je rencontre dans ma vie, je vois augmenter son grimoire.
    À chaque cycle circadien, il note lorsqu’il apprécie
    Que j’ai vraiment passé l’envie de choir dans un trou de mémoire.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • La danse de lune

    La danse de lune

    La danse de la pleine lune ressemble à nos bains de minuit ;
    La lumière se prête au charme et à la grâce du mouvement.
    À température opportune, on se glisse nu dans la nuit
    Et puis on rit à chaudes larmes pour célébrer l’événement.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Histoire de hauts-de-chausses

    Histoire de hauts-de-chausses

    D’autres se mettraient en pantalon mais pour la voisine pas question.
    L’occasion lui paraît trop belle pour soulever ses hauts-de-chausses.
    Elle porte des bottes à haut talon et montre en autosuggestion
    Une culotte de flanelle qui, bien entendu, se défausse.

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Le sort des sirènes

    Le sort des sirènes

    On parle beaucoup de pollution et on actionne les sirènes
    Mais personne n’a évalué le sort de ces pauvres créatures.
    Je ne vois qu’une solution pour rendre la tâche sereine ;
    Qu’on puisse les évacuer dans des baignoires à leurs pointures.

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Veux-tu m’épouser ?

    Veux-tu m’épouser ?

    Si tu n’ veux pas que je sois veuve, décide-toi, décide bien !
    Si tu ne m’aimes pas, je t’aime et j’en ai plein mon pistolet.
    Alors chéri, donn’ moi la preuve, que tu imagines combien
    Ta vie deviendra un poème aussitôt que j’t’aurai violé !

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Les vêtements de l’âme

    L’âme s’habille de l’esprit ; plus elle en a, plus elle est chic.
    Elle se pare d’intelligence et se vêt de spirituel.
    Personne n’aime être surpris par un faux pli de son psychique
    Et cherche toujours l’élégance d’un bon mot intellectuel.

    Mais attention aux hypocrites qui ne disent pas ce qu’ils pensent !
    Ce sont des donneurs de leçons qui seront, en touche, bottés.
    Cette erreur de mode est proscrite et n’obtient nulle récompense.
    En revanche, un rien polisson donne une touche de beauté.

    Tableaux d’Igor Samsonov.

  • Le chronophone métaphysique

    Le chronophone métaphysique

    Le temps des instruments à cordes, le temps des instruments à vents
    Suit le tempo systématique du langage de la musique
    Mais le temps, lui aussi s’accorde, soit en arrière, soit en avant,
    Grâce à la clef mathématique du chronophone métaphysique.

    Tableau d’Igor Samsonov.

  • Peinture fraîche

    Peinture fraîche

    Tout l’ monde connaît cette idiotie de peindre son plancher céans
    Puis, se retrouver notamment forcé d’ s’agripper aux rideaux.
    L’histoire inverse existe aussi, cett’ fille a peint un océan
    Et puis, bien précipitamment, a dû s’ajouter un radeau.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • Lubrification

    Lubrification

    Parti avec l’argent du beurre, il leur a laissé la plaquette
    Mais il a pris tout leur argent et même tous leurs vêtements.
    De tout le fruit de leur labeur il ne leur reste que leurs quéquettes
    Et une femme partageant le lubrifiant à glissements.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • Dévêtez-vous et puis entrez !

    À la fois nue et habillée avec désordre, déconcentrée,
    Elle tenait ses vêtements devant son ventre et sa poitrine.
    Elle avait lu sur son billet « dévêtez-vous et puis entrez ! »
    Et se retrouvait bêtement le cul nu devant la vitrine.

    Mais pas si bête, finalement, elle a même ouvert sa boutique ;
    Toujours à poil et dévêtue car c’est ainsi qu’elle est connue.
    Elle vous taille élégamment des orifices authentiques
    Mais qui respectent la vertu ; le ridicule est abstenu.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • De la couleur de la nature

    De la couleur de la nature

    Lorsque je retrouve la forme de mon visage dans la nature,
    Quand je reconnais la couleur de mes yeux au fond de la mer,
    Quand les nuages se transforment et prennent toutes mes statures,
    Je me rend compte avec bonheur que je ne suis pas éphémère.

    Tableau de Autumn Skye Morrison.

  • Les atouts du bon sens

    Les atouts du bon sens

    Puisqu’il te faut de bons atouts pour réussir une carrière
    Avec autant de bonnes cartes et de voyantes extralucides,
    Tu connaîtras des touche-à-tout qui te sortiront par derrière
    Que le bon sens selon Descartes c’est ce que toi-même décide.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • L’autre moi-même

    L’autre moi-même

    Comment peut-elle m’apparaître à la fois ange ou bien démon
    En déployant ses ailes blanches où les serpents de sa coiffure ?
    Je ne veux pas le compromettre mais je crois qu’il s’agit de Raymond
    L’autre moi-même quand je m’épanche dans mes récits d’ébouriffure.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • La transparence du bruit

    La transparence du bruit

    Le son domine nos résidences comme un orchestre qui s’accorde
    Mais dont l’ensemble des instruments ne joue que personnellement.
    Les murs deviennent transparents et la quiétude se désaccorde
    Selon les cris, les arguments qui montent proportionnellement.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • Le jeu de la vie – 2

    Le jeu de la vie - 2

    Parmi les combats échangés entre les deux corbeaux champions,
    La période antique regorge d’échecs, de mat et d’abandons.
    Parmi les parties mélangées, on vit César, Napoléon
    Et d’autres se prendre à la gorge pour régner au pyramidion.

    Tableau de Моисеева Лиана.

  • Le jeu de la vie – 1

    Le jeu de la vie - 1

    On m’a raconté que la vie n’était autre qu’un jeu d’échec
    Dont la partie est commencée depuis, je crois, la nuit des temps.
    Deux corbeaux virent, sans préavis, des rois, des chevaux, des évêques
    Qui doivent tout recommencer tant qu’il reste des combattants.

    Tableau de Моисеева Лиана.

  • Jour de relâche

    Colombine tarde à s’apprêter en ce matin ensoleillé
    Le chat est venu quatre fois ronronner mais rien n’y a fait.
    Cela dit, rien n’est arrêté ; elle est encore ensommeillée
    Et le chat se dit que, ma foi, dormir pour elle reste un bienfait.

    Tandis qu’Arlequin s’interroge sur le retard de Colombine,
    Il prie son pigeon voyageur d’aller quérir quelques nouvelles.
    « Aujourd’hui Madame déroge à répéter votre comptine !
    Hier soir, un duo tapageur a épuisé la jouvencelle ! »

    Tableaux de Damião Martins.

  • Météo du matin

    Météo du matin

    Demain matin, soleil timide caché sous un nuage noir,
    La lune se montrera furtive, elle attendra le crépuscule.
    Un front d’air froid et très humide transformera en patinoire
    Les routes par pluies consécutives, prenez garde dans vos véhicules.

    Photo de Valentin Perrin.

  • L’amante du vent

    L’amante du vent

    Sur les plateaux des hautes terres, elle aime quand le vent s’engouffre
    Et lui fait voler ses jupons et lui caresse son giron.
    Comme un vieux plaisir solitaire qui l’apaise lorsqu’elle souffre
    De n’avoir pu mettre son harpon sur un bel amant bien girond.

    Tableau d’Olga Klimova.

  • La Lune et ses comètes

    La Lune et ses comètes

    Lune ronde ou Lune gironde, Lune pleine ou Lune vilaine ?
    La Lune masque son visage et surtout sa fesse cachée ;
    La Lune courtise à la ronde les comètes, fils de Silène,
    Dont les queues forment un balisage par leurs idylles panachées.

    (Tableau de Casimir Lee sur https:supersonicart.compost188547289992casimir-lee-recent-work-recent-incredibleamp
    Silène était un Satyre, père adoptif et précepteur du dieu Dionysos et ancêtre des silènes.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Météo du soir

    Météo du soir

    Un peu de ciel bleu à prévoir, du soleil en fin de soirée
    Au-dessus des nuages en masse mais dont s’amoindrira le voile.
    Attention, il pourrait pleuvoir selon si la voûte est moirée
    Mais si la Lune fait sa grimace alors perceront les étoiles.

    Tableau de Valentin Perrin.

  • Le bouquet de fleurs d’intention

    Le bouquet de fleurs d’intention

    Moi, qui suis passé sans la voir, j’ai honte de mon inattention !
    Comment n’ai pu-je apercevoir ce bouquet de fleurs d’intention ?
    Il s’était personnifié en une déesse fruitée
    Qui m’a le cœur bonifié d’une seconde de perpétuité.

    Tableau de Mira Fujita.

  • Fragmentations

    Fragmentations

    Dans mes rêves en demi-sommeil, j’entends et vois brièvement
    Ce qu’entend et voit l’inconscient mais par fragments intermittents.
    Puis, l’écho se perd dans l’oreille, la vision meurt d’aveuglement
    Et je supplie mon subconscient de m’en révéler le mitan.

    Tableau de Jaroslaw Jasnikowski.

  • L’ange annonciateur

    L’ange annonciateur

    J’entends le soir, dans le lointain, sonner des cloches moribondes
    Or, j’ai appris que le sonneur se nomme l’ange annonciateur.
    Il s’entraîne en jouant d’instinct la mélodie de fin du monde
    En attendant d’être à l’honneur quand reviendra le médiateur.

    Tableau de Kira Panina.

  • La panthère de papier

    La panthère de papier

    Dans la vie, les pires panthères sont celles qui n’ont pas réussi.
    Leur griffe hautaine se dresse piquée au plus vif d’elles-mêmes.
    Elles veulent oublier la misère qui leur a le cœur endurci
    Et se vengent d’une voix qui agresse pour apaiser tous leurs dilemmes.

    Tableau de Jean-Claude Desplanque.

  • La parque et son flamant

    La parque et son flamant

    Afin de filer et tisser des existences épistolaires,
    Une parque s’aidait d’un flamant pour publier ses vies moroses
    D’histoires courtes rapetissées ou de sagas tentaculaires
    Qu’elle coupait quand le roman était écrit à l’eau-de-rose.

    Tableau de Claudia Giraudo.

  • Vivre avec les poissons – 2

    Vivre avec les poissons - 2

    Bien sûr, il y a poisson et poissonne ; pas la sirène mais la femelle
    Qui se déshabille souvent pour plonger au lit du torrent.
    Elle aime jouer sa polissonne en dodelinant des mamelles,
    Animée d’un charme éprouvant et de baisers revigorants.

    Tableau de Casimir Lee.

  • La belle favorite

    La belle favorite

    Une fois élue la favorite, sa carrière s’en trouve assurée.
    Palais de marbre aux poignées d’or et la cuisine raffinée.
    En effet, l’amour se mérite, on est un peu courbaturé,
    Mais toutes les nuits on s’endort dans des lits aux draps satinés.

    Tableau d’Olga Simonova.

  • La belle Odalisque

    La belle Odalisque

    On racontait dans les harems la vénusté des odalisques
    Et l’esprit de compétition pour devenir la favorite.
    Je ne sais quel était le barème qu’exigeait le membre phallique
    Je pose juste la question car mon épouse est émérite.

    Tableau d’Olga Simonova.

  • La drague floutée

    La drague floutée

    Quand la pluie floute les vitrines, je ne vois que des silhouettes
    Nébuleuses et pourtant réelles qui me permettent d’imaginer
    Une fille à la jolie poitrine qui tourne comme girouette
    Pour éviter les gouttes cruelles qui tentent de la mariner.

    Comme l’aurait fait l’ami Georges, je lui propose un peu d’abri
    Sur le coin de mon parapluie, histoire de l’embabouiner.
    Soit elle me saute à la gorge, soit remontée comme un cabri,
    Elle me demande sous la pluie d’arrêter de la chafouiner.

    Tableau de Jimmy Law.

  • La reine blanche est à l’ouest

    La reine blanche est à l’ouest

    Ce matin en gare de Noirville, s’est égarée la reine blanche
    Toute nue sous son manteau d’hermine et en couronne de velours.
    Échappée d’une guerre civile, elle avait fui dans l’avalanche
    Des pions tombés sous la vermine dirigée par un roi balourd.

    Photo de Richard Bush.

  • Fin de partie

    Une fois la partie terminée, on range tout dans l’échiquier.
    C’est une erreur, évidemment ; la véritable histoire commence.
    Le roi est mort, éliminé mais, du coup, tous les équipiers
    Et chacun cherche avidement à s’emparer de la régence.

    Le roi vainqueur, embarrassé, le cul sur deux trônes à la fois,
    A gagné sa prise de guerre qui gêne son épouse loyale.
    Soit elles vont se tabasser, soit elles vont se manger le foie
    Ou, bien qu’elles ne s’aiment guère, partager la couche royale.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Les chefs de guerre

    Les souveraines ne sont pas seules et dans leurs lits et à la guerre.
    Chacune possède son héros, son chevalier entretenu.
    Les vieux fantômes dans leur linceul ne se prétendent pas vulgaires ;
    Ceux qui les traitent de zéros n’en sont toujours pas revenus.

    Quelques fous, la tête dans la lune ou complètement dans la citrouille,
    Remontent le moral des troupes et dopent aussi les chevaux.
    Enfin quelques nobles sans fortune rêvent au cours d’une patrouille
    De se faire distinguer du groupe et grimper sur les écheveaux.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Début de partie

    Lorsque ces Dames partent en guerre, le roi, lui, reste à la maison.
    Mais toute la troupe s’embarque accompagner leur souveraine.
    Les chevaux, les tours qui naguère ont gagné toutes les saisons,
    Et les fidèles à leurs monarques prêts à se tuer pour leur reine.

    Des deux armées, chacun s’apprête à asséner le premier coup
    Qui fera trembler l’adversaire et surtout le fera gamberger.
    Les évêques se font l’interprète et tiennent les hommes par le licou
    Par la prophétie nécessaire du psaume du coup du berger.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Greifensee et le sain colorant

    De Saint-Siméon au Greifensee, la Suisse devient canadienne
    Les latitudes se chevauchent au grand dam des géographiques.
    C’est moi qui l’ai pérennisé, d’une helvético-acadienne
    Association, pour une ébauche de mes amours biographiques.

    De Bagotville au Greifensee, tout se ressemble et tout s’assemble
    Par le canal du Saint-Laurent ou celui de Glatt, la rivière.
    Je les ainsi perfusés, court-circuités dans un ensemble
    Qui unit leurs sains colorants jusques aux grands lacs de Bavière.

    Tableau de Marc-Aurèle Fortin.

  • Le téléphone rose

    Le téléphone rose

    Au temps du téléphone rose, on pouvait remonter le fil
    Depuis le client langoureux jusqu’à la femme en discutaille
    Qui dans sa cuisine morose prenait l’accent germanophile
    Pour que l’abonné amoureux fantasme avec la Lorelei.

    Tableau de Serguey Kropovinski.

  • Tous des marionnettes

    Tous des marionnettes

    Pourquoi personne ne regarde ceux qui dirigent les manettes ?
    Pourquoi tout le monde se tourne plutôt vers ceux qui les harcèlent ?
    Moi-même, n’y prenant pas garde, suis devenu marionnette
    Jusqu’à ce que je me retourne et coupe toutes mes ficelles.

    Tableau de Luiz de Souza sur http:galeriadigitaldearte.blogspot.com201402luiz-de-souza-artista-plastico.html?m=1 .

  • La poitrine de mer

    La poitrine de mer

    La poitrine de mer aux tétons coralliens
    Se soulève et s’affaisse comme tôle ondulée.
    Pourtant téter ma mère fut pour moi cornélien
    Bien que, je le confesse, les atolls ont du lait.

    Illustration de Victor Ngai.

  • Dans le lit de la rivière

    Dans le lit de la rivière

    Une sirène dans le lit d’une rivière bleu outremer
    Écoutait attentivement les ondes courtes diffusées
    Par gouttes de mélancolie, qu’un courant ramenait vers la mer,
    Que trop de pluies hâtivement avaient pleurées, désabusées.

    Tableau de Greame Stevenson.