L’ivresse des couleurs paraît à la vie aussi naturelle Que le vin de ses océans et l’alcool de ses crépuscules. Lorsque la saveur disparaît sous la nuitée conjoncturelle Que le temps m’impose céans, j’en blâme l’addiction ridicule.
Pour amuser Cherche-Midi, les poissons que ma femme achète Ne sont heureusement que jouets, pas la peine de la dénoncer. Pour attiser sa perfidie, elle les pêche à l’épuisette Et dès son petit air enjoué, le spectacle peut commencer.
Personne n’aperçoit son ombre, entre les arbres, s’avancer. L’automne cherche une messagère, une feuille qui connaît le code. Elle va lui confier le nombre de ce qu’il faudra agencer En lots de fleurs paysagères pour le printemps aux antipodes.
Comme le disait si bien Montaigne, pionnier de l’art de voyager : « Le voyage est une pratique qui est l’école de la vie. » Et de peur que je me contraigne à cesser d’être apanagé, Je choisis une sympathique façon d’aller qui me ravit.
D’abord je voyage dans les limbes, première classe et tout confort En m’abandonnant à mes rêves vers des mondes émerveillés. J’y vois les dieux du Mont Olympe m’apporter tout le réconfort Au fil des nuits blanches sans trêve car j’y vis des songes éveillés.
Saluer le soleil à l’aube la replonge en catalepsie Comme si l’astre hypnotiseur la soumettait à sa puissance. Elle dégage alors les globes de ses seins en synergie Pour capter l’or magnétiseur du flamboiement de jouissance.
J’ai adopté un crocodile qui vit dans la salle de bains Dont le style assez rococo le laisse tout indifférent. J’éprouve vraiment une idylle avec mon petit chérubin Et maintenant mon vieux croco, tu descends bouffer mes parents !
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Par une chatière adaptée aux dimensions de mon minet, Celui-ci, sans peine, entre et sort quand je l’accueille le dimanche. Tout le voisinage a capté que depuis, dans mon jardinet, On rencontrait le mauvais sort si l’on ne montrait patte blanche.
Photo de Tipi Herden et de son animal de compagnie.
Non pas déculotté mais débotté, paraît le chat comme un pacha. Ses affaires ont pris de l’ampleur, associé à une virago Qui fut, d’un procès, déboutée – elle s’appelait Natacha. On dit qu’ils sont des imposteurs mais ils ignorent les ragots.
Quant à la virago, sachez que son histoire est compliquée. Aristocrate d’Odessa, elle pratiquait la magie noire. Mais il ne faut pas vous fâcher si elle vous a impliqués Dans les affaires qu’elle confessa, elle vit recluse en son manoir.
Sous sa cape couleur du jour, danse nue la chamanibou Escortée de deux acolytes vêtus de dominos nacrés. Évidemment, comme toujours, elle interroge les hiboux Qui ont révélé l’insolite mystère de la nuit sacrée.
Les sœurs Zo aiment les oiseaux, on les appelle les trois Zo. Elles organisent des rituels pour les clients habituels Qui viennent observer sereins la chorégraphie des serins Que les sœurs ont apprivoisés afin de les faire pavoiser.
Au moment où le masque tombe, l’âme se trouve dénudée Car le visage ne cache plus l’intimité de ses contours. Alors les paupières succombent et couvrent les yeux éludés Qui sentent la pudeur qui reflue de découvrir tous ses atours.
Nue, sous une lumière noire, un peu de rouge sur les épaules ; Les mamelons apparaissant comme deux poignards bleu-de-nuit. Aucun oubli dans ma mémoire, même la couleur de son étole Ainsi que ses seins turgescents me reviennent encore aujourd’hui.
Selon la couleur du plumage qu’il transmet au destinataire, Les nouvelles brilleront d’or, d’argent et le lapis-lazuli. Pour les mauvaises, il est dommage qu’elles soient aussi terre-à-terre, L’oiseau ressemble à un condor de la couleur du patchouli.
N’ dérangez pas la fée des fleurs lorsqu’elle fait ses ablutions ! Elle se montre de mauvaise humeur lorsqu’on lui trouble sa boisson. Une fois je l’ai vue en pleurs après une bête interruption Qu’avait provoquée un frimeur qu’elle a transformé en poisson.
Quel plaisir de croquer la pomme la première fois secrètement Et, bien sûr, de recommencer pour varier les positions ! Car la femme mélangée à l’homme offre une liqueur extrêmement Fertile pour ensemencer selon leurs prédispositions.
Une fois la pomme croquée et que l’enfant est arrivé, Goûter encore au fruit secret n’a plus vraiment la même portée. D’abord le temps est escroqué au rejeton suractivé ; Sans compter le risque concret d’en voir d’autres téléportés.
Quand le cœur est morose, poussent-il une rose ? Quand le corps est meurtri, l’est-il n symétrie ? Quand l’esprit est ailleurs, lui faut-il un tailleur ? Et à l’âme bien née, combien faut-il d’années ?
Selon l’aura énergétique qui circule dans notre corps, Celui-ci pourrait exprimer différentes émanations. Vers un rouge signalétique iront les stress et désaccords Et vers un bleu ciel sublimé, les plus intimes inflammations.
Selon si le cœur est heureux, de longues volutes amoureuses Remonteront par les dorsales et descendront par les lombaires. Selon si l’esprit est peureux, des ondes courtes et langoureuses Secoueront les tripes abyssales et le second cerveau bulbaire.
Nous, les moutons, noirs, jaunes ou blancs, on nous roule trop facilement. On nous tond la laine sur le dos pour nous la revendre aussitôt. On nous fait regarder en l’air pour mieux détourner nos affaires Et le pompon de l’escroquerie c’est le loup dans la bergerie.
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Selon l’éclairage des regards braqués sous les feux de la rampe, Vous serez nus ou habillés d’une seconde vérité. Votre cœur restera hagard, mais vous serez d’une autre trempe Qui accepte à coup de billets ce dont vous croyiez mériter.
Selon comment on est scanné par les appareils détecteurs, On apparaît le corps paré de vraies ou de fausses couleurs. Un sein bleu ou bien safrané, un sein vert plutôt protecteur Et tous les rêves bigarrés un peu comme souffre-douleur.
Toute une brassière en perles fines comme un soutien-gorge nacré, Fallait oser, j’en ai rêvé, elle l’a fait, j’en suis comblé. En deux, trois rangs, elle raffine l’éclat des mamelles sacrées Sur lesquelles ne pas me priver d’y poser une main d’emblée.
On dit les arbres silencieux mais ils parlent toute l’année Par le langage des couleurs qu’ils usent comme sémaphores. Au fil des saisons sous des cieux, ils offrent une miscellanée De teintes selon les douleurs des fleurs aux fruits qui s’élaborent.
Elle savoure les dandelions qu’elle appelle « pompons du bonheur » Car elle sait que chaque spore est une prière exaucée. Elle veut que nous nous consolions de nos peines et de nos malheurs Alors elle observe le score que le vent aide à exhausser.
Toujours en est-il de Lapis, j’en rencontre souvent en forêt, Sur les plateaux vers les collines dans ma région alémanique. Le matin serait plus propice à cause des rayons arborés De l’aube de couleur violine des paysages germaniques.
Toujours de bleu sombre vêtues, elles suivent la piste d’étoiles Que Lapis sillonne désormais dans le cœur de ces cavalières. Parfois juste assez dévêtues, juste sur leurs seins nus, un voile Qui flotte au vent à tout jamais dans les légendes festivalières.
Lapis serait réincarnée en une très belle amazone Dont le père a ressuscité le fameux cheval Azuli. On dit qu’ils se sont acharnés à perpétuer leur icône En brisant la caducité du précieux lapis-lazuli.
Voici pourquoi, quand vous portez le bijou à l’éclat d’azur, L’envie vous prend de chevaucher seins nus une nuit étoilée. Mais quelle qu’en soit la portée du temps, au fur et à mesure, La jolie légende ébauchée un jour nous sera dévoilée.
Lapis était reine d’Égypte et possédait un cheval bleu Qui répondait au nom d’Azuli, un nom qui sonnait dans le vent. Quant au Pharaon, lui, dans sa crypte, se consacrait au fabuleux Culte du lapis-lazuli qui jaillit du soleil levant.
Personne n’a trouvé son tombeau, on prétend qu’il n’est que légende Pourtant la pierre du bleu profond existe toujours aujourd’hui. Alors qui reprendra le flambeau du cristal de couleur lavande Et ressortira des tréfonds le nouveau culte réintroduit ?
D’abord l’odeur de sa peau ferme qui sonne quand on la tapote ; Après le jet cru dans la bouche quand on l’embrasse tendrement ; Puis, le goût que le suc renferme quand on enlève la capote ; Enfin, le plaisir de la couche qui va accueillir les amants.
Rouge cerise sont ses lèvres au goût sucré pareillement. Rouge cerise, ses mamelons quand on les tète tendrement. Et quand son sexe, pareil au lièvre, donne du bec à son amant, Il a la saveur du melon quand ses reins font un cambrement.
La femme et le chat sont liés par cet étrange attachement Qui unit leurs deux intuitions qui se renforcent l’une, l’autre. Elle aime bien se replier sur son corps par le truchement D’une caresse et l’affection dont chacun d’eux se fait l’apôtre.
Soumise à l’œuf par vocation et parce que son corps lui rappelle Par ses rondeurs, par sa poitrine et par son ventre l’attachement À cette Sainte Ovulation, dont son corps bâtit la chapelle Pour en respecter les racines et le rite de l’accouchement.
Cela lui est arrivé hier tandis qu’il rentrait de la pêche ; Une étoile, jaillie de la mer, lui souleva l’embarcation. Après cette entrée en matière, il se hâte et il se dépêche À la rencontre de la chimère qui l’emporte en expectation.
Cette énergie qui vient du cœur et monte du canal de l’âme Se répand autour des mains vertes en synergie de guérison. Plutôt qu’un désir de vainqueur, un plaisir d’émettre la flamme Pour partager les découvertes et les porter à l’horizon.
Bien sûr, le système reptilien renferme les informations Accumulées depuis que Dieu a déclenché le processus. Pourtant il reste un autre lien qui peut, par imagination, Faire remonter vers d’autres lieux comme un magique consensus.
Ces lieux n’existent pas encore, ils le seront si nous vivons Pour leur transmettre la planète par le biais de nos descendants. Ceux-là qui produiront l’accord – auquel aujourd’hui souscrivons – Et qui tireront la sonnette qui sauvera leurs ascendants.
Au début, elle marche à quatre pattes ; c’est pour mieux étudier le sol. Après elle tient sur ses deux jambes ; c’est pour mieux courir les garçons. Plus tard, elle se carapate ; ses propres enfants la consolent. Ce soir, elle est encore ingambe à sauter le cheval d’arçon.
Mais lorsqu’elle devient amoureuse, se produit la métamorphose. Bras et jambes sont à la fête pour la plus belle séduction. Elle prend des poses langoureuses, par moments devient toute chose Mais elle nous fait tourner la tête et ça devient une addiction.
Être une femme, quel boulot de tout recommencer à zéro. Renaître fille, devenir mère, être grand-mère et repartir. Beau matériau, bois de bouleau, je te contemple comme un héros Qui naît pour une vie éphémère et sera traitée en martyr.
Une héroïne enracinée à l’existence qu’elle préserve Par ce long lien ombilical qui remonte à la création. Comment peut-on l’assassiner alors que l’avenir lui réserve Le rôle sacré pontifical de la sainte procréation ?
Cette danseuse, née d’une étoile, juste sortie de son cocon Grâce à ses pointes qu’elle étire pour prendre conscience du sol. Encore maintenue par le voile des limbes qui tombent en flocons Et la corolle qui se retire, la maintient comme un parasol.
Je suis un papillon de jour qui bat ses ailes au réveil Pour retrouver la fleur qu’il aime à l’heure du petit déjeuner. Puis, selon l’humeur du séjour, j’irai saluer le soleil Et les nuages de dilemmes que les humains ont égrenés.
Je suis un papillon du soir qui bat ses ailes au crépuscule Pour voleter chez la voisine et les balcons de mon immeuble. Selon la tension du pressoir qu’on feuillette dans les fascicules J’entends trinquer dans les cuisines ou pleurer entre quatre meubles.
Rien n’a changé sinon la pluie mais son minet n’en a que faire Car il trottine entre les gouttes tenant sa ligne de flottaison. Pour Madame sous son parapluie, ça paraît être une autre affaire Car dès qu’il pleut, elle s’en dégoûte et rentre vite à la maison.
Le miroir se montrait morose et devait sept fois réfléchir Lorsqu’il annonçait la beauté qu’on lui réclamait d’afficher. Par une image à l’eau-de-rose, il tentait de faire fléchir Celle qui rivalisait, butée, avec le tain de sa psyché.
Frisant le scandale aux bonnes mœurs, une serveuse était seins-nus, Arborant sa fière poitrine comme ornement sans importance. Il régnait une bonne humeur dans le bar sis sur l’avenue Qui exposait, par sa vitrine, une barmaid de circonstance.
Derrière un rideau vert foncé, dans la lumière tamisée, On peut s’asseoir dans un salon dans l’atmosphère satineuse. Dans un fauteuil, bien enfoncé, whisky ou boisson anisée Apportée par des hauts talons et les seins nus de l’entraîneuse.
Dans la chambre à côté, la porte était ouverte Alors je suis entré pour braver l’inconnu. Une femme de toute beauté, se tenait, découverte, Et m’a déconcentré ; elle était toute nue.
Elle ne parle pas – peut-être est-elle muette – M’observe de ses yeux noirs et son regard profond. Je fais le premier pas et, d’une voix fluette, Je lui ai dit : « Bonsoir. Tout seul, je me morfonds ! »
Elle m’a laissé asseoir, m’a longtemps écouté Les deux mains sur les cuisses, le regard un peu lourd. Enfin j’ai dû surseoir à l’instant redouté ; Je suis rentré en Suisse mais j’y pense toujours.
La chambre était spacieuse, mobilier assez strict, Mais le balcon donnait une douce lumière. Dans l’ombre silencieuse, la chaleur sans verdict Tombait abandonnée d’une pluie de poussière.
J’étais à Barcelone aux quartiers du palais Ne sortant que la nuit pour un peu de fraîcheur. J’y ai vu des madones et des sénégalais Qui trainaient devant l’huis des maisons de pêcheurs.
Puis je suis remonté par les ruelles sombres Ponctuées de restaurants et de bar à musique. Des filles bien montées, belles dans la pénombre, Fumaient en instaurant un climat pathétique.
Le vol du Phénix me surprend quand le soleil au crépuscule Veut montrer qu’il est le plus fort à sa cour de nuages sombres. Alors les plus grands s’empourprant de la clarté qu’ils véhiculent Rendent gloire en prenant l’essor de l’oiseau de feu, tous en nombre.
Les grands mimosas du Japon, toute la journée portent l’ombre Sans laisser le moindre rayon percer leurs rameaux de minuit. J’étais assis sous son jupon, les yeux fixés sur la pénombre, Guettant où placer un clayon par lequel s’égoutterait la nuit.
Elle était assise à l’entrée dans une position insolite ; Je suis resté quelques secondes intimidé par sa quiétude. Et puis je fus déconcentré par l’arrivée d’un acolyte Qui, dans une laconique faconde, m’a confirmé mon hébétude :
« La gardienne triangulaire médite depuis très longtemps Et ne doit pas être dérangée même si elle bloque le chemin. » L’information préambulaire m’a laissé coi un certain temps Puis, laissant ces moines étrangers, j’optai pour revenir demain.
Mon chat se venge à sa façon quand je l’emmène chez le véto. Depuis la veille, il a compris que j’allais le mettre dans le panier. Alors, il joue au polisson dès qu’il me voit me lever tôt Et le lendemain ce malappris ne cesse de me calomnier.
Au pied du mur, on voit le maçon ; au bout du fil, on voit le son Qui se dandine au gré du vent, qui se baisse en se soulevant. Il peut aussi raccommoder les conversations démodées Et les remettre au goût du jour en le cousant avec amour.
Un air de musique en couleurs ? Jouez-moi Fa Si La Do Ré Et je vous peindrai sans douleur l’ouïe en notes colorées. Rajoutez-y quelques paroles avec du blues à l’eau de rose Ou encore une barcarolle et le cœur se métamorphose.
Belle à croquer… c’est vite dit si vous avez de l’appétit ! Juste glissée entre deux tranches comme entre deux literies blanches. Plutôt œuf à la coquemouillette ? Trempez-y votre zigounette ! Mais d’abord en bien tout honneur, consacrez-lui une bonne heure.
Bientôt les minéraux reconquerront la surface de notre planète Quand les végétaux disparus auront laissé la Terre vierge. Nous verrons devant nos perrons surgir leurs arêtes bien nettes Et dès qu’ils seront apparus nous pourrons allumer un cierge…
Car
Nos os se cristalliseront et notre sang sera d’albâtre ; Nos yeux vireront émeraude et nos dents seront en diamant. Quand nous le réaliserons, notre peau deviendra blanchâtre ; Tâtez si votre crâne s’érode car ça commence dès maintenant.