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  • Le prêt-à-penser

    Le prêt-à-penser

    Le prêt-à-porter a permis de vous forger un caractère
    En s’habillant de jeans troués, Fashion et vêtements de marques.
    Le prêt-à-penser affermit cette démarche militaire (autoritaire)
    Jusqu’à des robots rabroués qui courent après les démarques.

    Tableau de Hinke Schreuders.

  • Les poètes ont mauvaise ligne

    Les poètes ont mauvaise ligne

    On reconnaît les bons poètes jusqu’au bout de la rime riche
    Dont les vers poussent au printemps et fleurissent en fin de saison.
    Les amateurs aux plumes fluettes, après les avoir mis en friche,
    Font pousser en les appointant leurs plus belles démangeaisons.

    Tableau der Pawel Kuczynski.

  • La transmission féminine

    La transmission féminine

    De mère à fille, le même son se transmet dans chaque cellule
    Comme si les mitochondries possédaient leur propre entité ;
    Un message en colimaçon dans la double hélice circule
    Comme antagonisme amoindri, la féminine identité.

    Tableau de Tulio Reyes.

  • La voyageuse

    La voyageuse

    Elle avait perdu la mémoire, on l’appelait « la voyageuse »
    Car elle évoquait des images venues d’un peu tous les pays.
    Elle parlait comme un grimoire ouvert aux pages aguicheuses
    Qui nous invitaient aux voyages comme enfants aux yeux ébahis.

    Impression sur papier d’archivage de la peinture par Christine Peloquin.

  • Nativité

    Nativité

    Lorsque l’infini des racines rejoint l’infini des possibles,
    L’amour converge vers le foyer où tout s’apprête à commencer
    Ce nœud au pouvoir qui fascine depuis l’échange transmissible
    Du message sans cesse renvoyé d’une intimité romancée.

    Tableau de Marlina Vera.

  • Indiscontinûment blues

    Indiscontinûment blues

    Les notes bleues chauffent le cœur, pareilles au cœur bleu d’une flamme.
    Ainsi le blues souffle le corps et le corps devient instrument.
    Alors chantez cellules en chœur, chantez jusqu’aux tréfonds de l’âme
    Et faites redescendre encore l’amour indiscontinûment.

    Tableau d’Agudelo-Botero Orlando.

  • Le labyrinthe de vie

    Le labyrinthe de vie

    À priori fort compliqué car je n’en distingue le bout ;
    Je ne sait où est-ce qu’il commence, j’ignore même s’il finit.
    Après qu’on m’ait tout expliqué, j’en comprends juste les tabous
    Qui impliquent que tout recommence quand la vie tend vers l’infini.

    Gravure d’Artemy Lebedev.

  • Les mots pour le dire

    Les mots pour le dire

    Maquillage-écran intégré, c’est bête mais fallait y penser !
    Les joues, le front offrent un support pour exprimer ses sentiments.
    Ainsi vous pourrez dénigrer – et sans parole dépensée –
    Votre entourage ou, sans effort, glisser un petit compliment.

    Tableau de Vincenzo Rizzo.

  • Photomatoises

    Nouveaux passeports du futur, nouvelles photos d’identité !
    Photos en quatre dimensions, longueur, largeur, hauteur et temps.
    Ainsi au fur et à mesure que vieillira votre entité,
    Tout paraîtra avec mention « jeune et jolie depuis longtemps ».

    L’Iris à sa reconnaissance remplace à lui seul une empreinte
    Et le visage enregistré vous fait ressortir de la foule.
    Authentifié dès la naissance, l’état exerce son étreinte
    Homologuée, administrée, on n’a pas peur, on se défoule !

    Photos de Brno Del Zou sur http:brnodelzou.ouvaton.orgv227-2portraits-en-photosculpture .

  • Maman, ma chatte et moi

    Maman, ma chatte et moi

    Chez nous, maman, ma chatte et moi vivons sans homme ni garçon ;
    Ils sont partis depuis des mois pour livrer des chevaux d’arçon.
    Pour s’occuper car on s’ennuie on joue alors à saute-mouton
    Avec le chat toutes les nuits à l’appel de son croupeton.

    Tableau de Juan Ramón Lainez.

  • Des roses et des bleus

    Des roses et des bleus

    Dans une pose à la Joconde mais en changeant le clair-obscur,
    Par un mélange bleu et rose, elle manifeste qu’elle est jalouse.
    Sa voix d’une belle faconde, ici, le peintre n’en a cure
    Car il traduit son air morose en le peignant d’un coup de blues.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • À quoi rêve ?

    À quoi rêve ?

    À quoi rêve une femme nue étendue au-dessus des draps ?
    Rejointe par un inconnu qui la serrera dans ses bras.
    Et que demande-t-elle en prime à part l’argent et la maison ?
    Que le bel amant lui exprime qu’elle obtiendra toujours raison.

    Aquarelle de Hester Berry sur https:www.accessart.org.uklife-drawing-understanding-foreshortening-by-hester-berry .

  • Prêt-à-bodypeinturer – 3

    Le bodypainting fait fureur au bureau comme au cinéma
    Et les actrices peinturlurées grimpent à la une des magazines.
    Du coup, terminée la terreur du réchauffement du climat ;
    Vers un succès, ces délurés définitivement s’avoisinent.

    Tableau de Yossi Kotler.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 2

    Prêt-à-bodypeinturer - 2

    Au début, il y eut quelques couacs et les cheveux dégoulinaient
    Par la peinture indélébile trop difficile à savonner.
    Mais finalement on se dit « Quoique ! Bien qu’un peu glauque, c’est choupinet ! »
    Et cette pratique débile fut même contrefaçonnée.

    Tableau de Pascale Pratte.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 1

    Prêt-à-bodypeinturer - 1

    Le bodypainting s’achètera bientôt en prêt-à-peinturer.
    Vous entrerez dans la cabine et presserez juste un bouton.
    L’ordinateur s’exécutera pour une tenue longue durée
    Qui vous séchera la bobine, des pieds aux fesses et aux tétons.

    Tableau d’Agnès Cécile.

  • Petite tenue du soir – 2

    Après un consommé de sexe, il est temps de prendre des forces
    Avec champagne à volonté à boire sans modération.
    Pour ceux qui n’ont plus de réflexes, on se relève et on s’efforce
    De rentrer désorienté chez soi pour récupération.

    Pour les autres, l’amour continue sur la grande piste de danse
    Ou dans des salons très intimes où les partenaires sont masqués.
    Et si vous voulez vivre nu, vous pouvez prendre résidence
    Pour y vivre d’amour ultime et sans avoir trop à casquer.

    Tableau de Slawa Prischedko.

  • Petite tenue du soir – 1

    Quand les restaurants naturistes ouvriront, ils feront scandale
    Mais comme on s’habitue à tout, les gens n’auront plus de complexes.
    Venez-y en amateuriste, simplement vêtus et sandales,
    On aura un vestiaire mixte ou, délimités selon les sexes.

    Après, c’est comme à la piscine, tout nu, on se douche, on se sèche
    Puis vers sa table réservée, on découvre sa partenaire.
    On apprécie, on hallucine au-devant de cette chair fraîche
    Pour commencer, vous vous servez quelques subtils préliminaires.

    Tableau de Viktoria Prischedko.

  • Love song

    Dans les chambres ultra modernes, l’amour hyper organisé
    Y programmera les rencontres et selon vos affinités.
    Pour éviter les balivernes et propos déshumanisés,
    Tout ce qui irait à l’encontre devra être délimité.

    Ce sera comme au restaurant où l’on choisira à la carte
    Une belle chambre comme entrée, un homme comme plat de résistance
    Avec du sexe revigorant, bien pimenté mais pas trop tarte
    Et un dessert bien pénétré à apprécier en jouissance.

    Illustration de Tishk Barzanji.

  • Marche avec moi

    Marche avec moi

    Depuis le commencement des temps, plus précisément ma naissance,
    Ma moitié féminine marche en même temps à mes côtés.
    Ma moitié masculine attend d’unir la nuit nos connaissances
    À remonter aux patriarches et matriarches en loyauté.

    Tableau de Timothy M. Parker.

  • À quoi rêvent les paréos

    À quoi rêvent les paréos

    Elle s’apparentait aux fruits mûrs qui, d’une salade exotique,
    Donnaient ce goût acidulé à l’appétit qui se réveille
    D’avoir baigné dans la saumure ses parties les plus érotiques
    Juste aujourd’hui dissimulé derrière un paréo groseille.

    Tableau de Talantbek Chekirov.

  • L’essentiel

    L’essentiel

    Les décisions les plus cruciales, inversement au temps ultime,
    Prises à la dernière secondes sont aussi les plus décisives ;
    Naître d’une façon spéciale, vivre une adolescence intime,
    Suivre une carrière vagabonde, mourir de manière évasive.

    Ne prendre qu’une chose essentielle ; de quoi lire et de quoi écrire
    Un « Aller-simple » simplement pour ne plus jamais revenir.
    Suivre l’étoile existentielle, seul moyen d’aimer et sourire,
    Et embarquer au sifflement du train vers un autre avenir.

    Photo de Tejal Patni.

  • La gitane de bonne aventure

    La gitane de bonne aventure

    Dans le vieux quartier du panier, lorsque j’habitais à Marseille,
    Je me souviens d’une voyante qui m’avait prédit l’avenir.
    Son air gitan-caravanier m’a laissé un précieux conseil
    Que la visionnaire prévoyante m’a concédé en souvenir.

    Elle m’a exhorté à aimer les petits bonheurs de la vie
    Que l’on découvre sur les chemins de bonne aventure et d’amour.
    Alors je suis parti semer mes petites graines d’envie
    Presque du jour au lendemain en prenant le train de l’humour.

    Tableau de Ramzi Taskiran.

  • Interconnectivité

    Interconnectivité

    Maladie d’amour se transmet par le cœur et ses grandes ondes
    Qui se rallongent jusqu’à l’autre et entrent en interférences
    Avec les désirs fantasmés par le Valentin et sa blonde
    Tant et tant qu’il faut qu’ils se vautrent l’un dans l’autre avec espérance.

    Tableau de Rob Woodcox.

  • Margotton et ses minets

    Margotton et ses minets

    Margotton la jeune bergère qui avait perdu son chaton
    S’est dit en prenant un mari qu’il lui fallait une maison
    Très grande car ils hébergèrent, nourris de tous leurs rogatons,
    Tous les chats et toutes les souris qui passaient au fil des saisons.

    Tableau de Randal Spangler.

  • La mutation

    La mutation

    L’adaptation à la chaleur produira maintes mutations,
    À commencer par les couleurs sur un long cou en extension.
    Par une action de la lumière, la peau pourra éliminer,
    Par une sorte de mentonnière, toute l’étuve incriminée.

    Tableau de Rahaf DK Albab.

  • Neurasthénie en blues – 2

    Neurasthénie en blues - 2

    Les blés d’or ressemblent au soleil, les bleuets ressemblent à l’azur,
    Comme des enfants de la Terre fière de sa progéniture.
    La nuit, le champ, dans son sommeil, rêve aux étoiles en démesure
    Qui ne font aucun commentaire mais leur présence le rassure.

    Tableau de Paul Ledent ou Iris Scott.

  • Ni oui ni non

    Ni oui ni non

    Un visage pour lui dire oui, un visage pour lui dire non,
    Elle est ici, elle est ailleurs, elle pense à l’autre, elle pense à lui.
    On ne sait pas quand elle jouit, parfois elle se trompe de nom
    Lui, ne dit rien, un peu railleur, parfois il n’en dort pas la nuit.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Les réseaux

    Ah, ne le répète à personne
    Et surtout pas au téléphone
    Ce qui se dit dans réseaux
    Les gens sont pris pour des zozos
    Le gouvernement ne sert à rien
    On l’a élu, on n’y peut rien
    Le virus et la pandémie
    Sont produits par nos ennemis
    Sur internet on voit de tout
    Des gens, des matous, des toutous
    Avant, c’était quand même mieux
    On était bien moins calomnieux.

    Illustration de Norman Rockwell.

  • La vie quotidienne

    La vie quotidienne

    Tous les matins, devoir chausser ses bottes pour aller courir
    Dix fois sept lieues si ce n’est plus et pour gagner des clopinettes !
    Le Chat Botté s’en va bosser afin d’avoir de quoi nourrir
    Toutes les portées d’angélus que lui enfante sa minette.

    Tableau de Nicholas Kalmakoff.

  • Fabienne chez les monstres

    Fabienne chez les monstres

    Fabienne fut à bonne école dans la famille des Grands Ducs
    Dont les enfants criaient famine matin, midi, goûter et soir.
    Aujourd’hui, on vit à la colle mais sa dextérité caduque
    Ne lui sert que de dopamine quand elle évoque l’oppressoir.

    Illustration de Suwi.

  • La pomme et le poisson

    Bon, le problème de la pomme, à l’origine alimentaire,
    Était pourtant la bonne idée pour devenir végétariens.
    La femme aurait nourri son homme avec tous les fruits de la terre,
    Ainsi Ève nous aurait guidés vers un paradis plus terrien.

    Alors Adam est arrivé avec son poisson à la main
    Car il a pris la connaissance carrément au pied de la lettre.
    Depuis les humains sont rivés à produire en un tournemain
    Tellement, tellement plus de naissances que l’on ne sait plus où se mettre.

    Tableaux de Marlina Vera.

  • Mon petit paradis privé – F4

    Mon petit paradis privé – F4

    Dieu m’ayant fait à son image, j’ai récupéré le projet
    Et j’ai créé un paradis mais entièrement verrouillé.
    Pas de péché et c’est dommage car le projet s’est abrogé
    Pas une pomme, pas un radis ; finalement tout a rouillé.

    Tableau de Martin la Spina.

  • Jour versus Nuit

    Aussitôt que le jour s’annonce, le monde tourne depuis longtemps
    Tout ce qui vit et se prononce circule et tourne en même temps.
    Comme une chaîne interminable qui vit, qui meurt et qui renaît
    Pour un but indéterminable même si Dieu intervenait.

    Puis vient la nuit et tout s’arrête mais pas vraiment finalement.
    Toujours pareil, chacun s’apprête à circuler également.
    On vit la nuit, on dort le jour, on vit l’été, on meurt l’hiver
    Et ça continuera ainsi toujours car c’est la règle de l’univers.

    Tableau de Leonora Carrington.

  • Sur fond de vagues

    Sur fond de vagues

    Le regard vague d’une femme en kimono bariolé
    Pourrait vous paraître insipide sans une touche pimentée.
    Avec un fond de ciel en flammes et une vague bleu-violet,
    Le tableau – déjà plus limpide – mérite d’être complimenté.

    Tableau de Lauren Brevner.

  • De ma fenêtre

    De ma fenêtre

    Mon écran en Technicolor m’offre un spectacle toutes les heures
    Avec le son et l’image authentiques de nature en métamorphose.
    Et malgré le temps incolore qui m’use l’économiseur
    Du cœur, ce muscle romantique y trouve toujours quelque chose.

    Tableau de Karen Mathison Schmidt.

  • Lapin sapiens

    Lapin sapiens

    Grâce à ses belles oreilles d’âne, le lapin devint plus malin
    Et remplaça l’humanité au jeu de « qui est le plus bête ? ».
    Sous le clair de Lune titane, se dresse le roi des câlins
    Car il a de l’affinité pour les lapines sans maux de tête.

    Tableau de Karen Davis.

  • La nef sémillante

    La nef sémillante

    Depuis que s’échauffe la Terre, la Lune aussi évidemment
    Deviendra tellement brillante qu’elle poussera les bateaux
    Qui deviendront tous volontaires pour voguer sous le firmament
    Dans de belles nefs sémillantes « rapido ma moderato ».

    Tableau de Justyna Kopania.

  • Il y a le ciel, le soleil et la mer

    Il y a le ciel, le soleil et la mer

    Le cercle estival des vacances – avant de passer hivernal –
    Nous fait pirouetter le monde et concourt à le réchauffer.
    Au foyer de l’extravagance, le tourisme devient infernal ;
    Chez moi, je goûte la paix profonde des rues désertes et surchauffées.

    Tableau de Justin Gaffrey.

  • Idylle aux roses

    Idylle aux roses

    Lydie, idéalement rose, avec un regard de bleuet,
    Représenterait bien la femme qui serait notre présidente.
    Trois taches rouges en couperose ornant son visage fluet
    Voilà qui redorerait la flamme de façon claire et évidente.

    Tableau de Juliette Belmonte sur https:www.artfinder.comartistjuliette-belmonteme-at-work#https:www.artfinder.comartistjuliette-belmonteme-at-work# .

  • Préservation

    Préservation

    Le mariage tombe en quenouille ? Préservons-le pour l’avenir !
    Il suffit d’un échantillon d’Adam et Ève prototypés
    Logés à l’hôtel Niquedouille dans la chambre du souvenir
    Mais tous les genres au portillon n’y pourront plus participer.

    Photo de Geof Kern.

  • À l’alcool de mes Reflets Vers

    À l’alcool de mes Reflets Vers

    La vie devient une habitude dans chaque jour de solitude
    Alors je me permets de transgresser, alors je me permets de m’agresser.
    Je prends quelque chose à fumer, le cerveau prêt à être allumé
    Et je m’envole dans un verre à l’alcool de mes Reflets-Vers.

    Illustration d’Adrian Borda.

  • Bienvenue chez « Reflets Vers & Prose »

    Bienvenue chez « Reflets Vers & Prose »

    L’entrée, dans le style classique, comporte plusieurs escaliers
    En quatrième dimension vers les galeries de tableaux.
    L’humour et le genre érotique sont accrochés sous le palier,
    L’absurde, soustrait aux conventions, est caché derrière un hublot.

    Le spirituel est au sous-sol avec la cave aux spiritueux ;
    Le fantastique est au grenier sous une poussière d’étoiles ;
    Les interdits sous la console avec les nus voluptueux ;
    L’ordre, je ne peux le renier, prend les gens à rebrousse-poil.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

  • Les comédiennes

    Sonnant comme un troupeau de vaches, je m’attendais à des génisses
    Mais je rencontrai leur bergère au tablier de clochetons.
    Elle me semblait fière et bravache et me dit : « Que Dieu vous bénisse !
    Nous cherchons une main étrangère qui peint les corps à croupetons ! »

    En effet, derrière un bosquet une femme nue, tatouée
    Semblait en pleines dévotions envers un esprit défloré.
    Elle m’a regardée offusquée, j’étais – je peux vous l’avouer –
    Surpris que de telles émotions puissent exister dans la forêt.

    « Tout va bien ! » me dit la grand-mère avec des oiseaux dans la poche.
    « Nous répétons un numéro au carnaval des animaux !
    Si vous voulez faire le compère et si ça vous paraît fantoche,
    Nous cherchons un nouvel héros qui s’appellerait Geronimo ! »

    Tableaux d’Anne Siems sur https:www.annesiems.com .

  • Blanche-Neige, ma môme

    Une fuite au cours de l’histoire de Blanche-Neige et des sept nains
    Révèle qu’il était un plombier qui répara cette avarie.
    Ils rentrèrent en train, rue Victoire, dans un palais assez bénin :
    Une H.L.M. de rombier dans une banlieue de Paris.

    La Blanche-Neige de mon histoire s’appelait Madame Leprince.
    Elle eut deux p’tits princes jumeaux qui lui ont tant tiré son lait
    Qu’elle s’ennuya, c’était notoire, dans cet appartement qui grince
    Mais étant du signe des gémeaux, elle s’en est bien consolée.

    Quant au mari, quelle avanie ! Il développa sa clientèle
    Pour déboucher les robinets de toutes les princesses du pays.
    Peau d’âne, Raiponce et Mélanie furent ses clientes fidèles ;
    Il put ouvrir un cabinet de toilette aux femmes ébahies.

    Illustrations de Quentin Gréban.

  • Mon Amérique à moi

    Mon Amérique à moi

    J’ pensais jamais y arriver mais j’ai atteint mon Amérique
    À force de creuser des vers de dix-mille pieds sous l’océan.
    Au début, j’en ai salivé à poursuivre mon rêve chimérique ;
    À présent je lève mon verre à celle qui m’a sorti du néant.

    Tableau d’Isaac Maimon sur http:www.artistsandart.orgsearchlabelIsraeli%20artists .

  • Le joueur de mikado

    Le joueur de mikado

    Juste un petit coup de fatigue car il joue comme un forcené
    Notre champion de mikado dans la catégorie « Géants » !
    Il étudie, il s’investigue quitte à un peu de surmener
    Pour gagner l’illustre cadeau sinon rien, le cas échéant.

    Tableau de Jonas Burgert.

  • Le cocktail Boris Vian

    Le cocktail Boris Vian

    J’en ai rêvé, Jonas l’a peint le fameux piano à cocktails !
    Boris Vian serait trop content, il en sortirait de sa tombe.
    Et je propose, mes lapins, d’en confectionner un mortel,
    Un formidable remontant qui fera l’effet d’une bombe !

    Tableau de Jonas Burgert.

  • Le confiseur surprise

    Le confiseur surprise

    Je fus, bien sûr, petit garçon qui aimait manger des bonbons.
    En ce temps-là mon fournisseur régnait en véritable artiste.
    Il m’en refilait un pacson – il n’était pas casse-pompon –
    Plus tard, il fut mon pourrisseur car son frangin était dentiste.

    Illustration de Julia Sardá.

  • Un magicien dans ma cuisine

    Un magicien dans ma cuisine

    Tout est magie dans ma cuisine, tout n’est que forces alchimiques !
    Mon secret réside dans la sauce et les astuces de ma grand-mère.
    Malgré vos ingrédients d’usines issus de l’industrie chimique,
    Je reste Maître qui exhausse les légumes et les fruits de mer.

    Illustration de Julia Sardá.

  • Saint-Thomas ridicule

    Saint-Thomas ridicule

    Elle croyait au spiritisme et savait faire tourner les tables.
    Lui, ne croyait pas aux esprits, sceptique doublé d’un incrédule.
    Mais bon, pas de favoritisme ! Il eut droit à une respectable
    Démonstration qui nous surprit … sauf ce Saint-Thomas ridicule.

    Illustration de Julia Sardá.