Tous les cœurs à prendre au printemps, comme jeunesses de vingt ans, Vont commencer à végéter puis, mûriront pendant l’été À condition d’entretenir beaucoup d’amour à contenir Et offrir ses belles faveurs aux cœurs des jeunes filles en fleurs.
Pour la récolte, il faut attendre car l’amour est dur à comprendre Envers les femmes, et renâcler car chaque serrure a sa clef. Mais après l’été vient l’automne et, sous sa langueur monotone, S’ouvriront les fruits défendus et leurs effets inattendus.
Tableaux de Christian Schloe et Catrin Welz-Stein.
La déesse de l’amour physique s’est revêtue de beaux atours Sous forme d’un voile pudique pour faire barrage aux désirs. Elle n’en est que plus érotique par le mystère de l’amour Dont l’attirance véridique entraîne fantasmes et plaisirs.
Aux premiers jours du mois de mars, j’invoque la « Dame du ciel » Afin qu’aussi bien hommes et femmes soient l’alchimie de la passion Pour qu’ils soient complices et comparses, unis d’un amour essentiel Qui lèvera le voile infâme qui transgresse l’émancipation.
C’est pour bientôt ; le QR-code va s’imprimer sur le visage Et facilitera la tâche de la reconnaissance faciale. Ce sera comme un digicode simplifiant le marchandisage À condition qu’on n’y attache pas trop de morale impartiale.
Trop tard ! Vous étiez prévenus maintenant vous serez pistés ; L’état saura où vous allez, qui est l’élu(e) de vos pensées. Votre esprit sera détenu par une conduite assistée Selon ce que vous prévalez et ce que vous aurez dépensé.
Photos d’Alexander Khokhlov et maquillages de Valeriya Kutsan sur https:buzzly.frde-magnifiques-portraits-en-noir-et-blanc-de-visages-peints-en-noir-et-blanc.html .
Les écrivains et les poètes vouent à leur animal un culte Car il les transporte au-delà des murs de l’imagination. Même certains anachorètes donnent à leur chat un lien occulte Qui les relient au Walhalla, loin de toute abomination.
Le mien me réveille la nuit en plein milieu d’un rêve ultime Qui, en restant inachevé, m’oblige à écrire la suite. Loin de vous dire qu’il m’ennuie, il me sert de journal intime Qui me permet de parachever mes vers en une course-poursuite.
Si l’enfant tapi dans son ventre avait la possibilité De regarder vers l’extérieur ce qui l’attend à sa naissance, Peut-être resterait-il entre la protectrice stabilité De sa forteresse intérieure où il paresse avec aisance.
Mais s’il était aventureux, téméraire ainsi qu’intrépide, Ardent en réciprocité de quitter son monde éphémère, Peut-être ce fruit vigoureux souhaiterait un moyen rapide De naître avec précocité et l’on verrait courir sa mère.
Ingénue, décontenancée, elle me guettait dans la ruelle ; Je m’en allais philosopher en marchant vers l’observatoire. Dans une tenue ordonnancée et de sa petite voix cruelle, Elle jouait à m’apostropher d’une manière ostentatoire :
« Eh bonjour Monsieur le poète ! Vous me semblez bien excentrique ! À tant marcher la tête en l’air, vous atterrirez sur la lune ! » Puis, après l’acerbe pirouette, d’un petit rire égocentrique, Elle ponctuait d’un « tralalère » son petit pamphlet, sans rancune.
Ce point sensible entre les pattes que le félin offre à ma vue Afin qu’une intime caresse le fasse rugir de plaisir, Pourrait me rendre ou psychopathe ou bien me prendre au dépourvu Mais comme je connais la tigresse, je me soumets à son désir.
Photo de Graeme & Julie Aker sur https:www.flickr.comphotosbig_graeme .
Selon que vous seriez taureau, cancer, capricorne ou verseau, Une partie de votre corps pense avec ou sans votre accord. Selon que vous seriez lion, bélier, sagittaire ou scorpion, Le cœur et l’esprit sont liés carrément de la tête aux pieds.
Le sexe me laisse un peu perplexe car il me conduit sans complexe ; Les jambes, les genoux et les pieds me gouvernent comme il leur sied ; Du cou au sommet de la tête, je ne pense qu’à faire la fête ; Les bras m’en tombent, j’en ai bien peur, je suis orienté par le cœur.
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la vie continue tout de même ; Il faut chasser sa nourriture et recommencer chaque fois. Notre aigle a compris le manège et pour nourrir celle qu’il aime Ainsi que sa progéniture, il va vous dévorer le foie.
Mais oui ! Vous l’avez reconnu. C’est lui, l’aigle de Prométhée Qui déroba le feu sacré pour en faire don aux humains. La suite ? Elle est archiconnue ! Les Dieux l’ont tellement appâté, Qu’il le déguste salé-sucré, avec une sauce au cumin.
Pygargue à tête blanche photographié par Anthony Bucci à Vancouver.
Chez Michel, jamais il ne pleut, c’est le temps qui pleure de joie ; Chez lui, chaque goutte de pluie n’est qu’une larme de colibri. Chez Michel, les rêves sont bleus même lorsque le temps rougeoie ; S’il se balade en parapluie, c’est pour mettre ses ailes à l’abri.
La nuit, toutes ses ailes brillent comme une kyrielle d’étoiles Et quand le temps est à l’orage, ses ailes font des croissants d’or. Si, toute la nuit, il quadrille le cosmos à rebrousse-poil, C’est pour se donner du courage et un air de conquistador.
Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .
Les enfants de Dame Nature s’inspirent des beaux paysages Et se nourrissent d’air du temps dont l’azur contient le tanin. Beaucoup s’adonnent à la peinture, dessinent et brossent des visages, Portraits de leur mère au printemps et son Éternel féminin.
Peintres aux belles aquarelles, peintres de musiques et de mots, Peintres-poètes aux belles proses, peintres d’arômes étourdissants. Leur nature est surnaturelle, leurs rythmes infinitésimaux, Et leurs vers d’une couleur rose issue d’un filon nourrissant.
Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .
Une tête en forme d’arène qui s’enroule jusqu’au sommet, La reine s’est couronnée d’office pour masquer son infirmité. De sa mère en queue de sirène aux atours de chant renommés, Son crâne prit la forme d’une vis pour marquer sa divinité.
Tableau de Matteo Arfanotti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201112matteo-arfanotti-1974-italy.html .
La vie serait née de l’espace brassée dans le coeur des étoiles ; La lumière serait la divine créatrice de notre univers. Je ne sais pas ce qui se passe derrière la science et son voile Mais mon petit doigt en devine tous les secrets les plus divers.
« Fiat lux ! Que la lumière soit ! » Ces mots ont surgi du néant Comme une explosion d’énergie d’où se déversa la matière. Puis, s’étendît par-devers soi l’espace-temps comme un géant Qui se réveille en synergie avec un monde à part entière.
Tandis qu’il répand la semence composée de poudre d’étoiles, Le créateur transmet la vie à la planète nourricière. Il attend que tout recommence pour que l’avenir lui dévoile La maintenance et le suivi de la part des bénéficiaires.
Aussitôt qu’elle reçoit l’onde génératrice de la vie, La génitrice alors arrose la terre promise à l’essor. Elle déverse l’eau féconde qui assurera la survie Des filles aux pétales de rose, des garçons aux choux … et consort.
Regard sévère, regard amer voilà le prix de la souffrance Quand l’amour n’a pas eu son dû ou n’en a pas eu son content. Regard bleu-vert presque outremer ou fluorescent à outrance Pour marquer sans sous-entendu un litige qui se paie comptant.
Regard de face en face-à-face voilà le prix de l’amertume Quand la tromperie se dilue dans l’eau de rose polluée. Regard tordu, plein de grimaces, saumâtre et d’un zeste d’agrume Pour mesurer l’huluberlu d’un sentiment dévalué.
Regard qui s’en va de travers voilà le prix d’indifférence Quand elle veut taire les mots qu’elle n’ose pas prononcer. Regard qui renvoie à l’envers les fallacieuses déférences Qui écriront, chargé de maux, un chagrin d’amour romancé.
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À peine franchi la frontière, je croyais maîtriser les langues – Puisqu’elles sont universelles en ce qui concerne l’argent – Pour naviguer ma vie rentière sur les eaux d’un euro qui tangue Entre les monnaies qui excellent et un franc suisse, départageant.
Au début, leur langue curieuse ressemblait assez à la mienne ; Un peu plus lente entre les phrases avec un patois des alpages. J’eus alors une envie furieuse pour plaire à mes concitoyennes De parler la langue genevoise afin de paraître à la page.
Mais à la frontière des langues, l’affront que j’essuie salement Me donne le pire des maux avec une langue imbuvable. Bien que ce pays me harangue de parler le suisse-allemand, Je n’en comprends pas un seul mot sinon un dialecte improbable.
Dans l’obscurité de la nuit, mes yeux ont pu se dessiller Et distinguer à l’aveuglette une chevelure invisible. Au douzième coup de minuit, mes yeux à peine écarquillés Perçoivent une forme incomplète et aux contours imprévisibles.
Mais lorsque je sens sur ma bouche la saveur d’une ombre sucrée, Mon troisième œil révèle enfin que la nuit n’est autre que femme. Et son empreinte sur ma couche, scellée du féminin sacré, Me laisse au matin sur ma faim tandis que s’envole mon âme.
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Pandora 19″X 27.5 Oil on gesso panel. Complete March 25, 2018Completed high resolution scan of Midsummer Night for Tor Books. 18″ X 24″ 10/18/2009
J’aime le jour comme une femme qui me ranime doucement Dans une robe en rayons d’or et la chevelure fleurie. À regret, je laisse mon âme repartir vers le firmament Tandis que l’esprit et le corps s’éveillent au son des guilleris.
J’aime la nuit comme une femme qui m’ouvre ses rêves secrets Dans l’intimité de sa couche et ses draps moirés de satin. Dans l’obscurité qui m’affame de mes désirs et mes regrets, L’âme s’éveille et s’effarouche à l’aveuglette jusqu’au matin.
Quand la gravité du malheur alourdit l’espace et le temps, J’en épouse le mouvement et utilise son attraction. L’antigravité, pile à l’heure, entre en action et me détend Dans un joyeux trémoussement et une saine décontraction.
Plus l’atmosphère devient lourde et plus j’ai la tête légère ; Plus la température monte et plus je garde la tête froide. Et sous la cacophonie sourde des joyeux drilles et leurs mégères, Je sens le moral qui remonte malgré leurs paroles brèves et roides.
Dame Nature en robe à pois, tenant un énorme pinceau, Est venue colorer les champs dans les fleurs d’un rêve au printemps. Alors pour faire contrepoids, Van Gogh, Monet et Picasso Ont brossé un soleil couchant impressionniste en un instant.
Les couleurs du temps, naturelles, délayées dans l’eau de rosée Chantent la pluie et le beau temps selon les écarts d’éclairage. Enfin, ces tendres aquarelles deviendront métamorphosées Par la brise et le vent d’autan qui circonviendront les orages.
Par la lune en guise de voile, le navigateur solitaire Sur l’océan du firmament dans les dimensions fractionnaires. Les îles deviennent des étoiles qui forment des atolls stellaires Et le temps suspend un moment son vol dans l’espace stationnaire.
Adam, là peint en chaud lapin et Ève, sa chaude lapine, N’ont pas tenu une journée sans croquer le fruit défendu. Le serpent leur mit le grappin et séduisit la galopine Dès que Dieu eut le dos tourné de son jardin condescendu.
Mais la carotte est un légume qui n’apporte point connaissance Mais qui fait pousser les oreilles et les dents pour faire bombance. Alors Dieu, comme de coutume, vit que cela était tendance Et créa la salsepareille puis, la luzerne en abondance.
Depuis un an, le port du masque a redessiné les visages Et les créateurs se demandent s’ils en seront contaminés. Gageons qu’une mode fantasque va transformer le paysage Malgré certaines réprimandes de la part des non-vaccinés.
Masque à la con pour les garçons, joli masque à ras pour les filles, La mode ne sait où elle va dans l’atmosphère pathogène. Mais retiendrons-nous la leçon de cette vogue de pacotille ? Virons de bord et à Dieu vat ! …avant que ce racolage gêne.
Bien serrés comme des sardines dans leurs modernes appartements, Les hommes nouveaux se rassemblent en tous foyers agglomérés. Même si l’un d’eux souhaite en sourdine modifier son comportement, Il s’apercevra qu’il ressemble à ce pourquoi Dieu l’a créé.
Car « croissez et multipliez » répété aux générations Implique exponentiellement la future surpopulation. Et l’homme devra se plier, soumis à l’accélération, À se détruire cruellement ou mourir en copulation.
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Les terres sèches se craquellent quand elles s’éveillent à l’aurore Et le ciel s’embrase de rose aux premiers rayons du soleil. Saint-Michel montre les séquelles d’une aridité qui dévore Sa nature aux couleurs moroses mais qu’un pinceau d’azur balaye.
Photo de Mathieu Rivrin sur https://www.mathieurivrin.com
La géolocalisation par satellite est périmée Depuis l’insolite invention de la lecture de voyage. Par la miniaturisation de tous les atlas imprimés Et surtout par l’intervention d’un ingénieux appareillage.
Tous les pays ainsi reliés par un astucieux engrenage Entraînent autant de roues dentées qu’il existe d’itinéraires. Donc plus besoin de replier des cartes de dix-mille pages Grâce aux chapitres indentés à leur glossaire littéraire.
Bien que ces vaches de séchages m’aient essoré bien des regrets, Je dois sans cesse faire lessive pour essuyer tous mes échecs. Mes réussites sont au lavage, heureusement grâce au progrès Et sa vitesse dépressive, j’aspire au nettoyage à sec.
Même si je devais repasser toute ma vie à ressasser, Je passerais au savon noir mes tâches les plus difficiles. Mais à force d’outrepasser trop de lavages entrelacés, J’aurais des trous dans ma mémoire et des traces indélébiles.
Monter l’allée de La Valette, dévaler les rues parcourues, Descendre chaussées et venelles, dégringoler les escaliers… Par le Moulin de La Galette et ses artistes disparus, J’appose ma touche personnelle avec mes rimes folles à lier.
Monter la gamme à Montparnasse, descendre d’un ton albacore, Grimper jusqu’au septième ciel ou tomber de plus en plus haut… Et qu’enfin je décadenasse tous mes os encore et encore À parcourir ce démentiel monde de cahots en chaos !
Photo des Balcons de La Vallette à Malte par Ournextflight
Tandis que la justice aveugle fait semblant de sauver le peuple, Celui-ci en fait est conduit par un mensonge qui le séduit. Mais à force de fermer les yeux sur les complots les plus odieux, Il se prépare pour une errance dans un chemin plein de souffrances.
Car la justice triche un peu ; elle ne fait pas ce qu’elle peut Mais ce que veulent les puissants qui exigent le prix du sang. Alors lorsque l’on me propose un faux vaccin que je suppose Être un poison dissimulé, je refuse d’être manipulé.
Tableaux de José Parra sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2012/10/Jose-Parra.html
Avec ses lunettes de salope qui ne trompent que Monsieur Fallope, La ministre de la santé encore une fois s’est plantée. D’abord, elle prétend que les masques ne sont qu’une protection fantasque Puis, elle en impose l’usage dans les lieux de marchandisages.
Après avoir fermé les bars à propos des pires bobards, Elle ferme les bibliothèques pour nous garder comme des métèques. Elle nous entasse dans les trains, les autobus avec entrain, Mais nous interdit réunions, fêtes chrétiennes et communions.
Sur le terrain de l’échiquier, la reine devient folle à lier ; Elle entreprend dans son palais un crime à grand coup de balai ; Elle s’associe à des sorcières pour nous tendre une souricière En répandant un faux virus sorti de son propre utérus.
Une fois la terreur répandue, elle annonce que seront pendus Tous ceux qui crachent le morceau en nous révélant au verso Que tout était prémédité pour saper notre hérédité Et rendre nos enfants esclaves d’un nouvel ordre qui les enclave.
Tableaux de José Parra sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2012/10/Jose-Parra.html
À tour de bras, les jeux de jambes font toujours tourner la planète Comme une folle course éperdue pour actionner l’économie. Ça me fatigue l’entrejambe et ça me fait tourner la tête ; Si ça s’arrête, j’aurai perdu mon ticket à l’autonomie.
Bien que le Soleil soit le Maître et la Lune juste un satellite, Ils ont le même diamètre et nul ne trouve ça insolite. Le soleil règne sur le monde mais a besoin de sa compagne Pour refléter, la nuit profonde, son souvenir sur nos campagnes.
Entre le Soleil et la Lune, l’histoire d’amour est éternelle ; La complicité des deux astres a semé la vie sur la Terre. Le mâle bâtit sa fortune à l’aide de sa force charnelle Mais ne se préserve du désastre qu’avec sa femme paritaire.
La plupart du temps, le soleil surpasse l’éclat de la lune Qui ne peut donner sa lumière qu’aux heures calmes d’obscurité. Eh bien, la femme, c’est pareil ! Elle attend son heure opportune Pour que ses qualités premières révèlent ses capacités.
C’est ainsi, la loi du plus fort domine dans tout l’univers ; Les grands occultent les petits et l’homme domine la femme. On fait peut-être de gros efforts mais, tous les jours, les faits divers Démontrent hélas les appétits de cette dictature infâme.
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Heureux comme un poisson dans l’eau… mais limité à son bocal Qui paraît tellement fragile qu’il pourrait voler en éclats. La pollution va à vau-l’eau, et le gouvernement bancal N’est qu’un colosse aux pieds d’argile pour qui, déjà, sonne le glas.
Et nos petites vies tranquilles que nous pensions inébranlables Se fissurent sur les frontières et à l’intérieur de nos villes. Nous pensions nos règles utiles mais les voici incontrôlables Aux mains d’autorités altières sur des groupuscules serviles.
À vue d’œil derrière un écran, je vois mes propres opinions ; Je me vois, l’esprit mis à cran, privé de toutes réunions. À vue de nez derrière un masque, je sens mes propres excrétions ; Je me sens, une âme fantasque, asphyxiée sous l’oppression.
À vue d’oreille derrière un casque, j’entends mes propres cris du cœur ; J’entends s’élever la bourrasque d’un peuple qui crie sa rancœur. À vue de goût, c’est le dégoût d’avaler ma propre nausée Envers ceux qui frappent des coups sur une foule ecchymosée.
Un rêve qui ne manque pas d’air serait d’attendre un dirigeable Directement sur ma terrasse contiguë à l’embarcadère. Pour un voyage hebdomadaire avec billets interchangeables Afin que je me débarrasse des tracasseries légendaires.
Puis, selon la boussole folle qui tournicote au gré des vents, Je m’embarquerais sans valise juste mes chaussures à la main. Et dans l’azur dont je raffole, je m’élancerais aux devants De l’aventure sans balise, sans destination pour demain.
Et puis, à l’intérieur du rêve, s’entrouvrirait un autre monde Où disparaîtraient les frontières pour ne laisser que l’inconnu. Les heures, d’ordinaire si brèves, dans une course vagabonde, D’allongeraient la vie entière pour l’honneur d’un cœur ingénu.
Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html
Quand le cœur appelle, Quand il interpelle, L’invitation au voyage, Le corps lui répond « Partons au Japon, Courrons à l’appareillage ! » La raison s’efface Sans perdre la face Dans un simple lâcher prise Et l’âme s’éveille Devant les merveilles Issues de cette entreprise.
Là, tout le sel de la Terre Charme le voyage en solitaire.
Au hasard des rues, La peur disparue, J’irai à la découverte De nouveaux regards Aux yeux pleins d’égards Pour mes intentions ouvertes. Je rencontrerai, Je recouvrerai Cette âme-sœur en attente Qui m’attend là-bas Peut-être à Cuba Sur la plage miroitante.
Là, le voyage solitaire Goûte le sel de la Terre.
Quand je reviendrai, Quand je rejoindrai Mes amis et ma famille, Je leur offrirai Ces vers inspirés De l’odeur de la vanille. Je repartirai, Sans aucun regret, Vers de nouveaux paysages, Pour voir triomphants Grandir mes enfants De tout ce qu’ils envisagent.
Là, le voyage reprend, Tout le monde se comprend.
Au soir de ma vie, Mon âme ravie Connaît sa dernière étape, Elle largue les voiles, Va vers les étoiles, Personne ne la rattrape. Ce dernier voyage N’est qu’un nettoyage De l’essence tout entière Qui renaît demain Qui me tend la main Pour une vie sans frontière.
Là, le voyage sans fin Trouve son plaisir enfin.
Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html
Qui ose braver la tempête quand les éléments se déchaînent ? Qui ose affronter la puissance des événements d’oppression ? Qui prend le risque de tenir tête aux répercutions qui s’enchaînent Quand on oppose la résistance d’une population sous pression ?
Nous sommes tous des colibris qui tentent d’apaiser le feu De l’incendie qui nous ravage et nous condamne à l’extinction. Les nantis et les sans-abris, tous unis, feraient de bons contre-feux Mais chacun subit l’esclavage des régimes en extension.
Il y a l’heure entre chien et loup et l’heure entre chiens, chats et rats Qui se rencontrent çà et là sans pour autant être adversaires. Les hiboux sont un peu jaloux d’observer ce conglomérat Et les serpents sifflent au-delà un cri jailli de leurs viscères.
Que font-ils donc, ces animaux, à agir comme complotistes ? Nul n’en sait l’authenticité ; on se méfie de cette entente Car il se dit à demi-mot des propos indépendantistes Entre la domesticité et ceux qui vivent en dilettante.
Les femmes me paraissent complexes a priori dans leurs discours Car je tâtonne entre leurs yeux, et leurs mamelles, je le confesse. J’entends aussi en multiplex ma langue qui leur fait la cour, Tandis que mon cœur cafouilleux ne pense qu’à leurs jolies fesses.
Seulement voilà ; si je dis ça ça va pourrir ma renommée, Mes vers seront mis à l’index, bannis à l’unanimité. Aussi je demande fissa auprès de ma femme bien-aimée De plaider que j’ai le cortex sublimé de féminité.
La communication muette d’un baiser longtemps soutenu Part du profond de la luette jusqu’au bout des lèvres charnues. J’aime cet échange discret qui en dit plus que mille phrases Et dont l’amour a le secret jusqu’à connaître l’épectase.
Et le baiser se fait voyage dans la mer salée des deux bouches Avec le tendre paysage des regards qui presque se touchent Derrière les paupières fermées sur le bonheur inconsistant De deux cœurs en train de germer dans l’intervalle d’un instant.
Rapellons-nous que l’Épectase désigne au choix « le Progrès de l’homme vers Dieu » ou « le fait de mourir lors de l’orgasme »
Elle me suivait de son regard dans l’embrasure de la porte Juste entrouverte sur la ruelle dans un vieux quartier de Strasbourg. Je voyais son visage hagard qui attendait que lui apporte Un courant de bonnes nouvelles par un vent messager d’amour.
D’une inquiétude un peu fugace, dans l’instant bref d’une seconde, Elle pointait ses yeux sondeurs à chaque pas à peine entendu. Un beau jour, son esprit sagace trouvera sa source féconde En explorant en profondeur l’âme de son prince attendu.
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Quand la sirène a le cœur gros et l’esprit comme un courant d’air, Elle remonte à la surface pour crever l’abcès de la mer. Certes, dans les textes intégraux des aventures légendaires, Les marins croient qu’elle s’interface entre les monstres et les chimères.
Seuls les dauphins savent écouter ses plaintes et ses lamentations Car enfants naturels, ils sont de ses folles amours marinières. Alors ils viennent égoutter ses larmes avec ostentation En la consolant de chansons avec la gente poissonnière.
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Si je traduisais en couleurs vos pensées intimes et secrètes, J’en obtiendrais une œuvre d’art qui vous rendrait expressionnistes. J’y exprimerais vos douleurs dans des nuances plus discrètes Et vos joies jailliraient dare-dare sur l’écran du projectionniste.
Si j’extériorisais vos goûts, vos désirs et vos ambitions, J’illuminerais les obscurité ténèbres dans un plasma électronique. Vos sens pulseraient par à-coups des rayons à répétitions D’un cœur dont la maturité battrait d’un rythme supersonique.
Puisqu’on nous prend pour des moutons et qu’on veut imposer le « Pass », Pourquoi ne pas pousser plus loin le droit à notre étiquetage ? Nos oreilles cousues en bouton nous serviraient de mot de passe Et un masque posé sur le groin pour nous espionner davantage.
Pour finir en queue de poisson, nous, moutons sots et ridicules, Nous, à qui l’on tond la toison, nous verrons pousser des nageoires. Quant à ceux qui font leur moisson des vaccins qu’ils nous inoculent, Versons-leur leur contrepoison directement dans leurs mangeoires.
Dites-moi où sont les hippies dont l’amour bannissait la guerre. Dites-moi où sont les tipis où l’on fraternisait naguère. Ils restent vraisemblablement de l’autre côté de la Terre Là où irrémédiablement les ont chassés les militaires.
Dites-moi où sont les pionniers qui se sont battus pour leurs terres. Sans doute quelque part prisonniers isolés dans un monastère. Dites-moi où sont les héros qui préféraient mourir debout Plutôt que d’être un numéro et vivre couchés dans la boue.
Comme un prélude insaisissable, juste un coup avant la tempête, Comme une ouverture rapide, juste le choc des percussions, Le temps est inassouvissable et clame à grand coup de trompette Ses folles envies intrépides de jouer son exécution.
Alors l’orchestre symphonique de tous ses instruments à vent Fait vibrer les cordes des arbres sous l’action des coups de tabac Et tous les cuivres polyphoniques, en rafales qui vont s’aggravant, Soulèvent les socles de marbre et les tombeaux des mastabas.
En rassemblant les souvenirs des plus beaux rêves érotiques J’ai reconstitué le visage de mon Éternel Féminin. Elle a les yeux de l’avenir, les lèvres les plus impudiques Et une bouche qui envisage de m’inoculer son venin.
Venin d’amour qui donne au cœur l’ivresse du vin merveilleux Qui donne au corps son coup de fouet et ouvre l’esprit enfermé. Venin d’amour, chaude liqueur qui coule des yeux camaïeux Dont le regard vient m’avouer qu’elle sent notre enfant germer.
Si je rassemblais les fragments du puzzle laissé en déroute Quand mes rêves crèvent à l’aube par un ardent vaporisage, En rassemblant tous les segments de droites, de cercles et de routes Je reconstituerais un lobe, un nez, une bouche, un visage.
Pièce après pièce, patiemment, je reverrais toutes les belles, Belles de jour, belles de nuit, belles d’amour, belles d’envies, Que je rencontre galamment quand mon âme se faut rebelle Et échappe à son corps d’ennui pour des passions inassouvies.