Aujourd’hui pas de mot.
Ce matin, je suis parti dans la forêt.
J’ai entendu le silence et je l’ai écouté.
L’automne m’a répondu.
Ce matin dans la forêt d’Eschenberg.
Aujourd’hui pas de mot.
Ce matin, je suis parti dans la forêt.
J’ai entendu le silence et je l’ai écouté.
L’automne m’a répondu.
Ce matin dans la forêt d’Eschenberg.
Enfin, Miss Joli-Cœur arrive pour s’installer trente-et-un jours
Dans le grand palais de l’automne pour une nouvelle saison.
Adieu Septembre à la dérive, bonjour Octobre au bon séjour
Et que les teintes monotones s’envolent loin de nos maisons.
Illustration de Janice Sung.
Mademoiselle de Septembre n’aime pas trop céder la place
À cette pimbêche d’Octobre qui lui ravit sa primauté.
Mais elle doit quitter la chambre et laisser les clefs du palace
Avant midi malgré l’opprobre de son masque de cruauté.
Illustration de Janice Sung.
Naviguer entre ciel et Terre, entre ces deux mondes parallèles
Et parvenir à l’infini pour échapper à l’attraction
Comme un voyage en solitaire où l’aventure donne des ailes
Et nous ouvre en catimini l’issue de secours vers l’abstraction.
Photo de Phil Koch.
Le mercredi, première plage ; pour le mousse, premier volume.
Au pied du livre de la mer, des milliards de vagues racontent
Tous les bateaux, les équipages, les uniformes et les costumes,
Sur fond du décor outremer d’où s’écoulent les plus beaux contes.
Tableau de Pawel Kuczynski.
Sous le poids d’une introduction ou d’une préface élogieuse
La partie réelle d’un livre échappe au poids de l’attraction.
Alors je lis ce que délivre son résumé en contraction
Pour échapper à l’addiction d’une habitude prétentieuse.
Illustration de Pawel Kuczynski.
Dans toutes ces feuilles volantes, l’automne écrit ses beaux romans
Que je lis en suivant le vent comme un feuilleton de saison.
J’en dévore les belles amantes, nues sur leurs limbes en slalomant
Entre les souffles se poursuivant depuis le seuil de ma maison.
Tableau de Sandro Del-Prete.
Vue du dessous, la grande horloge impressionne nos petits instants
Qui durent le temps d’un soupir et nos vies, juste un battement.
Parfois en rêve, je déroge à la mécanique du temps
Quand l’ange passe s’assoupir dans ma main, délicatement.
Plafond de la salle de musique de la Villa Stuck à Munich peint par Franz von Stuck.
Quelle vitesse l’imagination doit-elle atteindre pour parvenir
À enjamber le mur du sexe sans toutefois le pulvériser ?
Combien de soin et d’attention faut-il doser son avenir
Pour que, d’aventure sans complexe, s’ouvre un amour favorisé ?
Tableau de Julien Pacaud.
Quand la vie joue contre la mort, la partie joue sur deux terrains
Le vivant voit le côté blanc ; personne ne revient du côté noir.
On perd une pièce avec remords, on perd un œil, on perd un rein ;
On gagne sa vie mais en tremblant jusqu’au mat, tel un assommoir.
Tableau de Sandro Del-Prete.
Je prends ma tête entre les mains et je la perds dans la tourmente ;
Plus le temps passe et plus les gens agissent comme des fous à lier.
Mais j’ai compris sur le chemin en cette époque désarmante
Que je suis trop intransigeant dans un monde inhospitalier.
Lorsque la Terre tourne trop vite, je m’affole et deviens nerveux ;
Je suis comme cette grenouille qu’on plonge dans de l’eau bouillante.
Je préfère ainsi car j’évite de me faire cuire à petit feu,
Agonisant, mourant de trouille sous une oppression malveillante.
Tableau de Maggie Taylor.
Sur la frontière du sommeil entre conscience et inconscience,
Les rêves portent loin sur l’eau de cette hypnotique quiétude.
Et dans ces moments sans soleil mes intuitions donnent naissance
À des images dans un halo d’une inconcevable mansuétude.
Tableau de Christian Schloe.


Pissenlit dent-de-lion de jaune inflorescence,
Tu es la fleur véritable, l’égale du soleil.
Sous le signe du lion, tu dardes d’effervescence
Tes spores charitables qu’un coup de vent balaye.
Là, Pissenlit gracile aux couleurs brun-rougeâtre,
Tu sèmes de tes graines toute ta descendance.
Ton envolée facile sous l’automne douceâtre
Annonce l’année prochaine des fils en abondance.
Tableaux d’Alla Tsank.



Depuis que j’ai prêté ma plume à ma voisine de palier,
Je vois la Lune s’inverser à moins que ce ne soit mon cœur.
Car il a pris tant de volume qu’il déborde dans l’escalier
De tout l’amour qu’il a versé en lisant ses mots chroniqueurs.
Dès le premier quartier de lune, elle m’écrit ses mots d’amour
Autour de son croissant d’argent à l’encre noire de la nuit.
Je lis ses rimes opportunes dès mon réveil, au petit jour
Et je m’en vais les partageant avec l’auditoire qui me suit.
Au dernier quartier de la Lune, elle s’envole quelques jours
Pour s’en aller broyer du noir aux sources de son encrier.
Et je tempère mon infortune tout le temps que dure son séjour
En surveillant de mon manoir la date du calendrier.
Tableaux de Duy Huynh sur https:www.liveinternet.ruusers4237948post287544410 .




Premier quartier, Minet s’éveille et son environnement surveille
Si les souris dans les nuages croient que la lune est un fromage.
Quand monte le premier croissant, tranche de Gouda grimaçant,
Paraît le leurre scélérat et le matou chasser les rats.
Dernier Quartier, Minet s’endort sous la lune au beau croissant d’or.
Mais les souris ont tout mangé du fromage à croûte orangée.
La peste soit de ces voleuses qui ne sont que des enjôleuses !
Alors dans la nuit, il s’éclipse et fait ses adieux d’une ellipse.
À chaque quartier savoureux, notre Minet est amoureux ;
C’est arrivé, c’est très récent, d’une chatte aux yeux phosphorescents.
Leurs queues se sont entrelacées, leurs museaux se sont embrassés
Et demain, sous la pleine lune, ils s’aimeront dans les callunes.
Tableaux de Raphaël Vavasseur.
Lorsque le papillon, d’une aile, brasse l’air de son vague à l’âme,
La planète en transmet les ondes qui deviendront fronts de tempêtes.
Ma contribution personnelle en accueille le retour de flamme
Comm’ cinquième élément d’un monde où chacun n’en fait qu’à sa tête.
Tableau d’Alice Wellinger.
Derrière la fonte des glaces, s’ouvre la porte de l’exode
Et l’ours hésite sur le seuil à abandonner sa banquise.
Tous les curieux qui se déplacent pour regarder chaque épisode
N’en porteront jamais le deuil puisque la planète est conquise.
Tableau d’Akira Kusaka.
Une sirène avec deux jambes et une tête de poisson-chat…
La réciproque est-elle admise dans les échos référendaires ?
La créature, bien plus ingambe, ferait bien mieux ses entrechats
Mais l’incertitude est permise quant à son charme légendaire
Tableau de Maggie Taylor.
Le vendredi, jour du poisson, la reine devient la sirène,
les requins-marteaux épouvantent les hippocampes à fond la caisse
Autour des tours colimaçons où s’acheminent les murènes,
Jusqu’à la cuisson émouvante du roi des mers en bouillabaisse.
Tableau de Maggie Taylor.
Soudain la Vierge de l’été devient Balance de l’automne
Et la nature s’harmonise à sa nouvelle garde-robe.
La rouille vient se refléter dans les ramures monotones
Des arbres qui se synchronisent et dont les feuilles se dérobent.
Tableau de Alla Tsank.
Comme le soleil en apparence qui tourne autour de la planète,
Ce petit oiseau, qu’est mon âme, s’oriente en opposition.
Mais il m’atteste l’assurance que ma progression reste nette
Tandis que j’écoute la flamme que me chuchote l’intuition.
Tableau de Christian Schloe.
Comme un blason de liberté taillé d’une hache de guerre
Qui lui divise le visage des quatre vertus cardinales :
Deux yeux de force et de fierté, un goût de justice à la lèvre,
Les larmes au prix de la prudence mêlées d’un sang de tempérance.
Photo d’Irina Darina.
J’avais rêvé d’un phénix bleu que ne renaîtrait pas du feu
Mais d’une source d’ondes pures et féminine par nature.
Au berceau bordé de nuages, juste revêtue d’un plumage
Et dont le cri résonne encore quand j’entends battre son cœur d’or.
Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .
Mes yeux avaient envie de boire le parfum d’un bouquet d’encens,
Rouge comme une idée récurrente, rouge comme un ciel de soir d’été.
Et voici qu’à force d’y croire, m’est venu un chemin dansant
M’ouvrant la vision rassurante d’un ravissement répété.
Photo de Khánh Phan.
À l’origine, elle était « pour » puis, s’est révélée « antilope » ;
L’amour a produit ses ravages dans les eaux bleutées de ses yeux.
Et la vie a repris son cours mais son cœur, dans son enveloppe,
S’est refermé sur le rivage d’une mer de désirs périlleux.
Tableau d’Andrey Remnev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201707Andrey-Remnev.html .
Sous le halo fantomatique de la nuit profonde et lunaire,
La jeune vierge prudemment pénètre dans l’eau des marais.
Dans le silence symptomatique d’une rencontre apollinaire,
Elle se risque incidemment à frissonner des deux jarrets.
Tableau de Jana Brike.
Depuis que nous sommes entrés en vierge, quartier salubre astrologique,
Mes plaisirs de l’amour convergent vers des rapports physiologiques.
Les émissions de particules soumises aux lois de l’attraction
Éjaculées des testicules en subissent la décontraction.
Après quelques révolutions autour des fesses en orbite,
Je trouve enfin la solution mais je ne sais plus où j’habite.
Mais grâce au signe de la vierge, je me repère et m’oriente
Puis, achemine ainsi ma verge vers une bouche souriante.
Tableau de Mathieu Seddas.
Si le petit soldat de bois n’a point de trou au côté droit,
Il arbore la fleur au fusil devant la petite Suzie.
N’ayez pas peur, il n’est pas mort ; il fait semblant, le matamore !
Car il attend le doux baiser qui pourra son cœur apaiser.
Tableau de Nicoletta Ceccoli.
Elle avait pris cette habitude d’aller se baigner toute nue,
Juste vêtue, fallait l’oser, de pétales de roses illimités.
Elle n’avait aucune inquiétude à rencontrer des inconnus
Car des épines étaient posées pour garder son intimité.
Tableau de Jana Brike.
Les vers n’exhalent une fragrance qu’entre les lignes de bonne grâce ;
Parfum sauvage, odeur musquée, aux rimes riches et salutaires ;
Essence à forte pénétrance quand elles se croisent et qu’elles s’embrassent ;
Parfois l’onguent reste embusqué pour surprendre un vers solitaire.
Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .
La fleur, glissée entre les pages, m’a raconté son aventure.
Comment une petite graine peut croître en sa mère la Terre,
Comment un subtil arrosage lui développe sa verdure,
Comment la chaleur souveraine du soleil l’honore d’un père.
Texte d’après un poème de Dianne Cikusa et un tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .



…Elles étaient six le lendemain, effet de parthénogenèse,
Et moi, hôte de trois jumelles bien difficiles à distinguer.
D’abord ce fut un jeu de mains pour tâter leur morphogenèse
Entre douze cuisses et mamelles par mes caresses prodiguées.
Quand elles se tenaient deux par deux, bizarrement mon cœur battait
Doublement, de plus en plus fort car j’en tremblais de tous mes membres.
Il aurait été hasardeux d’en rire et point me débattais
Lorsqu’elles prirent sans effort possession des murs de ma chambre.
À mon réveil, elles ornaient les murs de la tapisserie
Parmi les fleurs de la saison de cet été d’Apollinaire.
Depuis, sans trop me flagorner, mais sans trop de jacasserie,
Je fais visiter ma maison à des femmes extraordinaires.
Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .



Parmi la montagne de fleurs reçues à mon anniversaire,
Certaines, qui n’étaient qu’en bouton, ont eu l’honneur d’un joli vase.
Bien arrosées de tous mes pleurs et larmes d’une joie sincère,
Posées sous le regard glouton d’un matou qui guettait l’occase.
Dans la nuit j’entendis un bruit… suivi de la fuite éperdue
Du chat qui aurait vu Satan et qui en craignait pour sa vie.
Mon joli vase était détruit, les jolies fleurs étaient perdues
Mais les fruits mûris juste à temps, là, découverts sur le parvis.
Trois jolies filles étaient écloses, parées de fleurs aux mamelons,
Des seins joliment couronnés, des feuilles partout sur le corps.
Moi-même, redoutais qu’explosent mes envies dans mon pantalon
Alors, je leur ai boutonné mes chemises et mes justaucorps…
Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .
Comme je n’avais plus confiance en la météo nationale,
J’ai acquis par correspondance des nuages à élever soi-même.
J’ai acheté sans méfiance un climat multirégional
Que le marchand, sans impudence, m’a aménagé sans problème.
Mais les nuages étaient anglais avec des moissons de saison ;
Le soleil bradé des tropiques, les vents des tonnerres brestois.
Depuis que les pluies ont cinglé aux quatre coins de ma maison,
Le temps devient misanthropique et moi, j’émigre sur mon toit.
Tableau de Marcin Kolpanowicz.
Les petites souris s’en vont recommander
De l’aide au chat gourmand qui paraît bon apôtre ;
Celui qui leur sourit pour les réprimander
Mettra fin au tourment en croquant l’une et l’autre.
Illustration de Pawel Kuczynski.


Une fois que j’aurai rassemblé tous les fragments éparpillés
Dans tous les poèmes écrits à l’encre des rêves amers,
Mon dénouement va ressembler devant mes yeux écarquillés
À la sirène dont le cri m’avait fait tomber à la mer.
Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .
Elle me présenta cinq cartes, cinq possibilités de naître ;
Homme, femme ou un animal : un chat, un chien, un éléphant.
Je lui demandai qu’elle écarte celles dont je devais me démettre ;
Il resta la carte du mâle dans le corps d’un petit enfant.
Tableau de Chie Yoshii sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160610chie-yoshii .
Ainsi l’amour s’épanouit quand vient la cinquième saison ;
Comme une rose sur le cœur qui vit pour ne jamais mourir.
Mais si le jour s’évanouit et la nuit tombe sans raison,
Vient l’oiseau bleu, merle moqueur, pour la charmer et la nourrir.
Tableau de Chie Yoshii sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160610chie-yoshii .
Rien ne sert de voler et crever les nuages
Si je n’ sais atterrir sans casse et sans dommage.
La poésie m’entraîne sur des vols inconnus
Mais ce que j’y découvre m’est alors reconnu.
Quand vous lisez mes vers, la casquette en arrière,
Je ne rime jamais plus haut que mon derrière.
Et le plus difficile d’un vol en solitaire
Reste bien de finir les deux pieds sur la Terre.
Photo par West Michigan Aviation Enthusiasts.
Lorsque le roi donne un banquet, la reine se tient à carreau ;
Mais aussitôt qu’il part en guerre, elle retrouve son amant.
S’il les surprend, c’est le bouquet ! Ils iront derrière les barreaux
Mais comme cela n’arrive guère, ils en profitent évidemment.
Tableau de Michael Cheval.
Boum ! Quand l’inspiration s’éteint et que le courant s’est perdu,
Tous les morceaux éparpillés semblent impossibles à réunir.
Alors je laisse le destin dériver ma course éperdue
Avec les yeux écarquillés sur les surprises d’avenir.
Photo de Natacha Einat.
La reine de cœur donne la réplique à tous ses problèmes d’amour ;
Elle découvre sa poitrine en ouvrant sa combinaison.
Le roi – quelle mouche le pique ? – envoie ses chevaux et ses tours
Que ses deux évêques endoctrinent, pour rester seuls à la maison.
Tableau de Michael Cheval.
Quand la messagère des prières me semble gaspiller son temps
Et prendre tout à la légère, délaissant le plus important,
D’une minutie d’horlogère, elle doit agir à contretemps
Pour réaliser la carrière qui m’offrira tout mon content.
Tableau de Michael Cheval.
Savoir manipuler les gens revient à jouer aux échecs
En faisant s’affronter les pions à ceux qui voudraient être roi.
En mise en jeu, beaucoup d’argent, des titres et des carnets de chèques,
Et pour finir, juste un champion à qui l’on accorde l’octroi.
Tableau de Michael Cheval et les échecs dans l’art sont sur http:systemecolle.free.frtextesLa%20peintureLa%20peinture.htm .
Ne confondez pas « Piperade » – d’omelette, poivrons et tomates –
Et la pipe à ma camarade qu’elle met en bouche quand on la mate.
C’est sa manière d’affirmer qu’elle n’est point une femmelette
Et qu’elle préfère la fermer que passer pour une pipelette.
Tableau de Michael Cheval.
Dans une autre dimension, hors du temps et de l’espace,
Hors du réseau de matière qui représente mon corps,
J’échappe à la détention, mon âme retrouve sa place
Vers l’étoile tout entière d’où sonne le divin accord.
Tableau de Catrin Welz-Stein.
Contrairement à la marelle qui vous emmène au paradis,
Aux échecs, fatidiquement, un roi se retrouve en enfer.
Grâce au recours d’une passerelle qui ne lui coûte pas un radis,
Sa reine saura logiquement comment opérer son transfert.
Tableau de Michael Cheval.
Aussitôt que je m’endors, ou quand le divin m’enivre,
L’esprit s’échappe un moment et le cœur rejoint mon âme.
J’y vois comme un ballon d’or qui s’ouvrirait comme un livre
Qui transcrirait le roman de l’ad vitam æternam.
Tableau de Naoto Hattori.


M’as-tu vu dans mon carton, m’as-tu vu dans ma maison ?
Je ne sais ce qui m’attire, je ne sais ce qui m’inspire !
J’y plonge mes ripatons, sans motif et sans raison,
Au risque de compatir à l’épître d’un chat qui expire.
M’as-tu vu quand je t’observe dans ma cabane à l’affût ?
M’as-tu vu quand je m’y cache pour me soustraire à tes yeux ?
Plus je sors de ma réserve et plus je fais du raffut,
Plus, au carton, je m’attache à ses quatre coins moelleux !
Tableaux de Natalia Leonova et Ruskin Spear.



Aurions-nous du sang sur les mains comme on voudrait nous faire croire ?
Comme on voudrait nous le faire entendre, comme un péché originel ?
Faut-il encore que demain les tensions continuent à croître
Et même aller jusqu’à prétendre que nous sommes tous des criminels ?
L’homme a mis l’homme en esclavage et s’est enrichi de sa chair ;
Ainsi, depuis l’antiquité, le pauvre donne sa vie au riche.
La guerre poursuit ses ravages au prix du sang de plus en plus cher ;
Le pouvoir et l’iniquité ont mis l’humanité en friche.
Aujourd’hui, on dit « place aux jeunes », on dit aussi « plus jamais ça ! »
Mais dès demain ça recommence ; la haine grandit tous les jours.
Je dirais bien « faisons le jeûne de nos querelles d’ici-bas… »
Mais on ne se fait plus confiance, on préfère la guerre à l’amour…
Tableaux de Pier Toffoletti.