Blog

  • La reine des mers

    La reine des mers

    Dans une mer d’huile d’olive, issue des fruits de la Provence,
    La reine, détail accablant, lorsque personne ne l’observe
    Nage et regagne dans l’onde vive d’un océan d’eau de jouvence
    Son palais bâti en fer blanc des belles boîtes de conserve.

    Si vous voulez la visiter, n’utilisez pas d’ouvre-boîte
    Mais juste une clef à sardines, elle en appréciera le geste.
    Offrez-lui l’exclusivité de votre présence adéquate
    Et mettez l’iPhone en sourdine puis, simplement, tombez la veste.

    Si elle vous propose son lit, bordé d’herbes aromatiques,
    Elle vous en sera tout ouïe jusqu’à presqu’en perdre la tête.
    Lors, aimez-la à la folie avec du vinaigre balsamique
    Ensuite, si elle s’en réjouit, avec du piment d’Espelette.

    Tableau de Gabriel Pacheco.

  • Au cœur de l’œuvre

    Où faut-il puiser l’origine du tableau avant sa naissance ?
    Dans l’impalpable ou l’invisible des réseaux de la noosphère
    Ou la mémoire qui se pagine dans ses feuillets de connaissance
    Ou le canal imprévisible que seul le cœur sait satisfaire ?

    Entre deux rêves, entre deux songes souvent les muses me racontent
    Une histoire à dormir debout sur un écran surréaliste
    Teint de vérités et mensonges selon la nature du conte
    Mais dont j’ouvrage jusqu’au bout la peinture immatérialiste.

    (Tableaux de José Roosevelt sur http:www.juanalberto.ch19831984.html .
    La noosphère représente l’espace composé de l’ensemble des consciences et des pensées humaines.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’homme sans tête

    L’homme sans tête

    Je vins à vous, la tête vide, un corps tout neuf et l’esprit vierge
    Pour que vous pussiez m’initier aux quatre vertus cardinales.
    Toute mon âme était avide d’humanité qui la submerge
    Par des solides amitiés et des amours phénoménales.

    J’ai découvert que la justice devait jouer de tempérance
    Par une épée à double lame mais aussi à double tranchant
    Entre droiture et injustice à employer avec prudence
    Selon que la force de l’âme assouvisse ou non ses penchants.

    Photo Le Cirque Du Soleil.

  • Loufoqueries avec des chiffres et des lettres

    De stalactites en stalagmites, entre girafes et girofars,
    Les mots s’emboîtent dans ma tête comme une Fermeture Éclair.
    J’ai outrepassé les limites du dictionnaire qui m’effare
    De substantifs en épithètes qui me contraignent à y voir clair.

    J’ai aussi compté les lapins dans la suite de Fibonacci
    Mais les nombres ont interféré entre chiffres pairs et impairs.
    Alors sur mon petit lopin, ils se sont, avec anarchie,
    Multipliés et transférés au rythme d’une cadence hors pair.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le Maître du Soleil

    Le Maître du Soleil

    Sous le soleil incandescent, la Terre apprête ses cultures,
    Sous le chapeau condescendant, la tête accommode un chef-d’œuvre.
    L’artiste, sans doute reconnaissant de le trouver dans la Nature,
    Éprouve un pouvoir transcendant qu’il suffit de mettre à l’épreuve

    Toutes les vagues de chaleur qui mouvementent l’atmosphère,
    L’air échauffé et miroitant qui occasionne les mirages,
    Matérialisent la valeur du Grand Maître et son savoir-faire
    Car patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

    Tableau d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Comme un éléphant…

    Quel est le poids de la mémoire d’un pauvre éléphant qui observe
    Son monde devant sa fenêtre au fil des nuits et des journées ?
    Combien de pages fait le grimoire des évènements qu’il conserve
    Depuis le jour qui l’a vu naître jusqu’à sa dernière tournée ?

    Tous les souvenirs consignés dans le réseau de l’existence
    Sont enregistrés dans l’espace d’un éther non incorporé.
    Et le contrat qu’il a signé lui garantit la persistance
    Jusqu’à ce que, quoi qu’il se passe, son destin soit corroboré.

    Tableaux de Lars Van De Goor.

  • Un 51, sinon rien !

    Un 51, sinon rien !

    Une dégustation en aveugle du millésime de l’année
    Nous remet l’émotion en bouche des jours et des mois distillés.
    D’abord, que demande le peuple sinon sa vie enrubannée
    De réussites en plusieurs couches et de victoires compilées ?

    Goûte alors du meilleur tonneau la vinification des jours
    Et reprends-en de la bouteille toutefois sans craindre l’ivresse !
    Goûte les sucs méridionaux des meilleurs crus que tu savoures
    Nous t’en offrons une corbeille, nous les déesses de l’allégresse.

    Réjouis-toi, prend donc un verre de l’élixir de la jeunesse
    Qui grise la première fois mais que l’on aime reconduire.
    Après une année de calvaire mais réussie tout en finesse
    Reconnaissons-le toutefois, tu n’as cessé de nous séduire.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les voyages en Escalator

    Les voyages en Escalator

    Fi des voyages en avion, des journées à l’aéroport !
    Vivent les Malls et les Drugstores et leurs lignes d’Escalator !
    C’était écrit, nous le savions, sans recours au moindre passeport,
    Dans les snacks où l’on se restaure d’un Tiramisu Salvatore.

    Assis aux degrés gigantesques, naturellement à contresens
    Quelle sera la destination et les meilleures offres de prix ?
    Boutiques de mode pittoresques pour l’effervescence des sens
    Avec une jubilation pour un Gadget du dernier cri

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La femme est une île

    La femme est une île

    Que mon cœur se plaise à choisir celle qui surgira des eaux
    Pour se révéler l’île vierge où bâtir notre paradis.
    Où il fera bon à loisir faire l’amour dans les roseaux
    Afin que le bonheur converge vers les légendes de jadis.

    J’en ai croisé d’inaccessibles avec barrières de corail
    Qui font fuir les aventuriers et les amours illégitimes
    Et d’autres trop insubmersibles, isolées derrière leurs murailles,
    Que contournent les long-courriers de peur d’en être les victimes.

    Pour la mienne, j’ai inventorié toutes les cartes maritimes
    Jusqu’à trouver la perle rare dans les océans helvétiques.
    Une ile non répertoriée excepté dans mon journal intime
    Marquée d’une pierre de Carrare, blanche, immaculée, prophétique.

    Photo de Laima Kavaliauskaité.

  • Sous surveillance

    Sous surveillance

    Grâce à nos nouveaux téléphones, on nous écoute où que nous sommes ;
    Grâce aux cameras embarquées, nous nous faisons tous remarquer.
    Grâce à nos cartes de crédit, nos comportements sont prédits ;
    Grâce à nos courses sur le net, nous sommes fichés sur la planète.

    Grâce aux vaccins obligatoires, les labos sont jubilatoires ;
    Grâce aux voyages organisés, le tourismes est mécanisé ;
    Grâce à notre télévision, nous baignons dans une illusion
    À laquelle nous sommes attachés, il est trop tard pour s’en cacher.

    Tableau de Robert Giusti.

  • L’Amante attirante

    L'Amante attirante

    Ta démarche m’a plu, sortant soudain des nues ;
    Ton parfum m’a ému, chère et tendre ingénue.
    Je t’ai tendu les mains, déposées sur un sein
    Puis, autour de tes reins caressant ton bassin.

    Comme une vraie sirène, ton doux chant m’hypnotise ;
    Je ne sais pas comment mais, ton charme m’attise.
    Et c’est plus fort que moi, ma nature profonde,
    Si je suis attiré comme une âme seconde.

    Tu te moques de moi et souvent m’humilie.
    Tu ne m’appelle jamais et me laisse avili.
    Tu fais semblant de dire que tu ne penses qu’à moi,
    Mais tu me laisses seul et sans le moindre émoi !

    Enfin un jour tu prends un futile prétexte
    Qui m’envoie promener d’un grotesque contexte.
    Tu me laisses tomber, disant que j’ai la rage ;
    Moi, je reste sonné sans force et sans courage.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Mon atelier

    Dans l’atelier, tout mon désordre subit l’ordre de mes pensées
    Et mes pensées en confusion troublent la suite de mes idées ;
    Idées qui donnent du grain à mordre et du talent à dépenser
    Que je remets en perfusion dans mon sang neuf suroxydé.

    Puis, la nuit vient accommoder tout ce qui reste à décanter
    Et le lendemain, le chaos n’en est que plus incohérent.
    Je n’en suis point incommodé ; l’inverse me ferait déchanter
    Car le désordre crée des cahots qui me rendent proliférant.

    Tableau de Remedios Varo.

  • La bulle de rêves

    La bulle de rêves

    Le grand pouvoir de la rêveuse réside en sa bulle de silence
    Qui l’isole d’une part du monde dans un royaume inaccessible.
    L’ensemble des fibres nerveuses abandonnent toute vigilance
    Pour une liaison vagabonde avec des limbes impossibles.

    Bien sûr, ce n’est qu’une utopie pour s’échapper du matériel
    Où le cerveau se prédispose à puiser dans l’imaginaire.
    Un pays vierge de l’entropie de ce désordre caractériel
    Qui l’agite et qui l’indispose en réduisant son ordinaire.

    Tableau d’Armando Barrios https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201511Armando-Barrios.html .

  • Le coup du parapluie

    Le coup du parapluie

    Ce petit coin de paradis sous l’abri de mon parapluie,
    Je le travaille, comme il se doit, les jours d’orage, évidemment.
    Ainsi je vais, d’un pas hardi, proposer mon abri fortuit
    À la première que je coudoie, en l’invitant élégamment.

    À partir de la quatrième, je suis suffisamment rodé
    Et je commence à négocier mon abri au le prix d’un baiser.
    Le croiriez-vous ? Pas de dilemme ! Toutes s’y sont accommodées ;
    Beaucoup l’ont très apprécié et pas une seule n’a refusé.

    Illustration de Claudia Lucia McKinney.

  • Transmission de pensées

    Transmission de pensées

    Dans la musique du silence de l’ombre bleue d’un jour d’été
    Je paressais dans la fraîcheur d’une ruelle ensommeillée.
    Oubliant toute vigilance, dans une quiétude hébétée
    Un chat s’allongea, l’air bêcheur, sur le côté ensoleillé.

    Que pouvait donc penser ce chat avec ses allures de pacha ?
    J’en fus soudain récompensée par la transmission de pensées :
    « Plutôt que jouer comme un pied sur les marches de l’escalier,
    J’y joue plutôt de mon séant ; le style est beaucoup plus seyant. »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mélancolie d’un jour de pluie

    Que faire quand il n’y a rien à faire ? Voilà le but de l’existence !
    Que dire quand il n’y a rien à dire ? Telle est la question de la vie !
    Ressasser n’est pas mon affaire, je dois me rendre à l’évidence
    À défaut de ne me prédire que réflexions d’un même avis.

    Lire pourrait tromper l’ennui, écrire pourrait me fair frémir,
    Chanter ferait tomber la pluie et ça suffit pour aujourd’hui !
    Il ne fait pas encore nuit, il est trop tôt pour s’endormir
    Et mon esprit, en court-circuit, ne rêverait que parapluies…

    Tableaux d’Armando Barrios https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201511Armando-Barrios.html .

  • Le principe d’Archimour

    Le principe d’Archimour

    Deux corps qui entrent en contact subissent une poussée des sens
    Selon le principe écoulé des cœurs plongés en compassion.
    Rien ne ressortira intact des âmes en reconnaissance
    Et l’esprit, loin de dessaouler, connaît l’ivresse de la passion.

    J’ai vu ces témoins du désir, s’évaporer en feux follets
    Quand l’amour fait des étincelles après un violent coup de foudre.
    J’ai perçu l’écho du plaisir retentir d’un cri affolé
    Quand le puceau et la pucelle voient leurs émotions se dissoudre.

    Tableau d’Anna & Elena Balbusso sur https:www.cuded.compaintings-by-anna-elena-balbusso .

  • Les fantômes du Louvre

    Les pensées des anciens modèles s’échappent la nuit de leurs cadres
    En des couleurs fantomatiques qui réfléchissent les bleus de l’âme.
    Parfums de lys et d’asphodèles se répandent autour de l’escadre
    Dans des volutes aromatiques qu’exhalent d’ultimes petites flammes.

    Toutes ensemble forment des flambeaux, ces témoins de l’impressionnisme
    Rallient les écoles modernes aux sources de l’antiquité.
    Depuis Carthage et Salammbô, en hommage au perceptionnisme,
    Flammeroles follettes et lanternes en raniment l’authenticité.

    Tableaux d’Enki Bilal sur http:www.belle-etoile.frgalleriesenki-bilal-les-fanto%CC%82mes-du-louvre .

  • Ça pousse comme des champignons !

    Ça pousse comme des champignons !

    Pour rompre avec les traditions, il naîtra dans les champignons
    Notre prochaine génération de rejetons plutôt trognons.
    Mais gare aux garçons vénéneux et aux filles empoisonnées
    Avec visages boutonneux, mal chapeautés, mal façonnés.

    Afin de mieux les reconnaître au sein des nombreuses familles
    On choisira, au pifomètre, séparément garçons et filles.
    Un vrai retour à la nature grâce à la mycétologie
    Qui rendra nos progénitures plus végétatives aux logis.

    On se dira : « C’est malheureux cette drôle d’évolution
    Qu’a dû subir l’humanité à cause d’apprentis sorciers
    Qui, par leurs discours chaleureux et leurs vaccins en solution
    Injectable pour l’immunité, ont fait de nous des sacrificiés.

    Photo de Riitta Ikonen & Annie Collinge.

  • Une vie de roman

    Une vie de roman

    Le cliquetis de la machine rythmé à mon pas cadencé,
    La feuille de papier qui monte comme l’aurore à l’horizon,
    L’original qui se pagine en fonction de mon avancée,
    La page blanche que je surmonte pour me sortir de ma prison.

    De mon clavier aux mille clefs qui m’ouvrent la route du tendre,
    Des lettres en noir qui la jalonnent, du rouge auquel je n’ai recours,
    Du manuscrit enfin bouclé dont la fin se faisait attendre,
    Et de l’article en deux colonnes qui me vaudra le prix Goncourt.

    Tableau de Jim Tsinganos.

  • Le manoir de l’ombre et de la lumière

    Le manoir de l’ombre et de la lumière

    Dans mes nuits trouées d’insomnies, s’ouvrent des portes anonymes
    Que rien ne distingue du noir, excepté une réminiscence
    Parasomnies et sexsomnies, comme deux rêves synonymes,
    Me sollicitent en leur manoir de l’obscure luminescence.

    J’y redécouvre toutes les scènes qui ont jalonné mon enfance,
    Les acteurs et les seconds rôles dans des films pas très orthodoxes.
    Quelques situations obscènes dans lesquelles j’étais sans défense
    Et pour terminer, le plus drôle, absurdités et paradoxes.

    Tableau d’Anna & Elena Balbusso.

  • Le virus de l’improbable

    Rien ne sert de s’imaginer l’invraisemblable perfection,
    Il faut appréhender à point l’imprévisible instantané.
    Le créateur, contaminé par le virus de l’exception,
    Cherche l’agréable contrepoint de l’immaculée spontanée.

    Aussitôt qu’il trouve sa proie, il fait semblant de dessiner
    Mais en réalité transmet son obsession pathologique.
    Et tandis que le dessin croît, guidé d’une main fascinée,
    Son modèle subit, fantasmé, la contagion graphologique.

    Sitôt rentrée, elle griffonne, elle dessine trait pour trait,
    Se met nue devant le miroir pour satisfaire à son caprice.
    Elle prend des poses bouffonnes, elle fait son autoportrait
    Et amoncèle dans ses tiroirs toute sa folie dévastatrice.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat.

  • Le cahier bleu

    Belle, sans ornements, dans le simple appareil
    D’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil,
    Elle s’habilla vite et courut se cacher
    Dans le fauteuil crapaud de velours soutaché.

    Dans l’ombre de l’attente qui oppresse le temps,
    Son âme se connecte à son cœur chuchotant.
    Puis, le regard hagard, elle arrête de penser
    Et toute sa beauté en est récompensée.

    Sous les feux du soleil, sa beauté se confond
    Dans l’ombre et la lumière qui forment un puits sans fond
    Où s’engouffrent ses formes, divine silhouette
    Élancée dans envol de la frêle alouette.

    (Illustrations d’André Juillard.
    Les deux premiers vers sont de Jean Racine.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Une fille à la barre

    Une fille à la barre

    Une fois larguées les amarres d’un amour perdu à jamais,
    Le cœur s’en va à la dérive sur le canal de la tristesse.
    La fille blessée en a marre et se laisse aller désormais
    N’importe où et, quoi qu’il arrive, en fonçant à toute vitesse.

    Mais la vie d’un fleuve tranquille connaît le calme et la tempête
    Et ce n’est plus le gouvernail mais le courant qui l’éconduit.
    La fille, comme une presqu’île sur l’océan de l’escampette,
    Refleurira, vaille que vaille… néanmoins c’est elle qui conduit.

    Illustration de Jean-Pierre Gibrat.

  • La complexité de l’être

    La complexité de l’être

    Compliqué de s’imaginer quelle est ma vie d’avant la vie !
    Vivais-je dans les chromosomes de mes parents, coupé en deux ?
    Comment l’un s’est invaginé et comment l’autre l’a suivi ?
    Suis-je un démon ou un fantôme né d’un mariage hasardeux ?

    Je découvrirai la réponse certainement après la mort ;
    Hors de ma vie et hors du temps de l’univers indéfini.
    Car toutes mes pensées absconses ne représentent que l’oxymore
    D’un être qui fait le battant entre le zéro et l’infini.

    Tableau de Tank Art.

  • Racines mammalogiques

    Racines mammalogiques

    Explorant la souche ancestrale de l’arbre généalogique
    Passant par la branche discrète des escales obstétricales,
    J’ai retrouvé la magistrale hérédité mammalogique
    De la féminité secrète via son cordon ombilical.

    Tout en remontant du présent jusqu’aux origines de l’homme,
    Je suis entré en connexion avec notre Ève originelle.
    Son féminin omniprésent a vibré dans mes chromosomes
    M’accordant cette réflexion et cette image émotionnelle.

    Tableau d’Yseult Digan alias YZ sur https:create78d4.myportfolio.comyz .

  • Pyramide

    J’aime quand l’artiste rejoint la pyramide des besoins
    Et quand les acrobates ensemble miment le monde qui nous ressemble
    Par une simple observation de leurs propres motivations.

    Au sol, les hommes physiologiques s’assurent des lois de la logique ;
    Debout, les hommes sécuritaires se révèlent surtout solidaires ;
    Assis, les hommes de l’affection ne montrent aucune défection ;
    L’homme de l’estime de soi est apprécié quoi qu’il en soit ;
    Quant à l’homme d’accomplissement il voit son resplendissement…

    Si la crise de la quarantaine sape le moral du capitaine,
    Il n’aura qu’à recommencer d’autres pyramides romancées.

    Le Cirque Trois-Rivières sur https:quebec.huffingtonpost.ca20150203cirque-du-soleil-hommage-beau-dommage-trois-rivieres_n_6605906.html .

  • Entre les lignes

    Entre les lignes

    Entre les lignes de mes reflets, entre les lignes de ma prose,
    Le véritable messager se cache derrière le rideau.
    Parfois il me glisse un pamphlet selon une pointe d’humeur morose,
    Parfois un trouble passager selon l’heur de sa libido.

    Parfois rusé et astucieux, il commence à me laisser faire
    Puis, brusquement après deux vers, d’un sourire au coin de la bouche,
    Dévie mon texte minutieux pour une tout autre atmosphère
    Et prévient que, d’un seul revers, à la fin de l’envoi, il touche.

    Tableau de Simona Fedele sur http:jennhales.comshop .

  • La petite idée derrière la tête

    La petite idée derrière la tête

    Juste une idée derrière la tête qui naît d’une nuit de récolte
    Que tous les beaux rêves ont semée et les étoiles ont fait mûrir.
    Je la recueille l’air en fête taisant mes chagrins révoltés
    Qui, hier encore, ont parsemé ma vie en vue de l’ahurir.

    Je ne sais si Dieu l’a voulue ou bien si je l’ai attisée
    Mais l’idée neuve s’épanouit chaque matin fidèlement.
    Mais je ne suis point trop goulu à prétendre être divinisé
    Sinon l’idée s’évanouit et moi… déçu cruellement.

    Tableau de Jenn Hales sur http:jennhales.comshop .

  • Héros de papier

    Héros de papier

    Drogué à l’encre du plaisir de m’identifier aux héros
    Des aventures de papier aux confins des pages brochées,
    J’aimais cultiver le désir de suivre chaque numéro
    Depuis l’école, rentrant à pied et faisant maints et maints crochets.

    Depuis la Grande Pyramide, quarante siècles d’aventures
    Ont sonné l’écho des histoires, en plusieurs tomes déclinées.
    Garçons et filles, bien timides, sortaient de leurs mésaventures
    Par chaque pas vers la victoire des héros de bandes dessinées.

    Illustration de Jean Pierre Gibrat.

  • Les Louis Lumières

    Les Rois Louis sur leurs lampions remontent encore sur le trône
    Lorsque sonne l’anniversaire de leurs mémoires transcendantes.
    Et plus on compte de champions de l’art de porter la couronne,
    Plus brilleront dans les ténèbres leurs montgolfières ascendantes.

    Le Roi est mort, vive le Roi ! Les Louis sont en république
    Mais on les sacre pour l’honneur d’un souvenir valorisant.
    Et moi qui en ai deux ou trois dans l’arbre généalogique
    J’expédie au petit bonheur ces quelques petits vers luisants.

    Tableaux de Joze Shimazaki.

  • Les châteaux ronds

    Les châteaux ronds

    Ils ont des châteaux ronds, vive la Bourgogne !
    Ils ont des châteaux ronds, vivent les bourguignons !

    Avec ses derniers habitants, soldats de l’armée allemande
    Qui l’ont quitté pour la débâcle malgré leur culpabilité,
    Ç’aurait été discréditant que la France le réprimande
    Et que la société renâcle à nous le réhabiliter.

    Château médiéval de Meauce sur https:www.bourgognemagazine.compost20170611château-de-meauce-résurrection-annoncée-53 .

  • Au bon lait !

    Sans doute, les vaches ont du lait dont maintes mamelles s’épanchent
    Grâce à des déesses en jupons qu’on entend le soir dévaler.
    Sur les toits du monde ondulés, ces nymphes versent la neige blanche
    D’où s’écouleront sous les ponts les eaux fertiles de nos vallées.

    Un peu plus haut, dans les alpages, trônent des génies colossaux,
    Des dieux solides et gaillards, des spécialistes du sorbet.
    Après un hiver de trempage, ils en déversent à grands seaux
    Glaces et nappes de brouillard d’un épanchement résorbé.

    Collages de Ben Lewis Giles.

  • La famille Dubois

    La famille Dubois

    Abélard de la Contrebasse et Bérénice du Violoncelle
    Tombèrent ensemble en pâmoison, s’aimèrent et eurent beaucoup d’enfants.
    Monsieur jouait surtout des basses et Madame de la chanterelle ;
    Ils se marièrent au diapason d’un prêtre jouant de l’olifant.

    Avec les cuivres et les bois, les trois aînés violoncellistes
    Furent acceptés comme membres des Amis du Piano Forte.
    En duo avec un hautbois, la cadette, d’abord soliste,
    Rejoignit l’orchestre de chambre plus favorable à sa portée.

    La famille avec ses cachets étendit sa prédominance
    À toute la congrégation des instruments d’orchestration.
    Chacun proposant son archet à sa caisse de résonance,
    On ouït mille interprétations de l’art de l’improvisation.

    Tableau de Thor Lindeneg sur http:sociedadedospoetasamigos.blogspot.com201207thor-lindeneg-pintor-dinamarques.html .

  • Belle-de-jour, belle-de-nuit

    Dès l’aube elle s’épanouit comme une jeune fleur des champs
    Qui assimile la rosée, le vent, le soleil et la Terre.
    Et quand le soir évanouit ses couleurs dans l’astre couchant,
    La voici métamorphosée dans une robe de mystère.

    La nuit, sa beauté se dérobe entre les ombres et la pénombre
    À la recherche d’une étoile de la Voie Lactée soutachée.
    Soudain le halo qui l’enrobe triomphe de son côté sombre
    Et la pleine lune dévoile toute sa vénusté cachée.

    Créations de Julie Nutting.

  • Le vieil homme et la mer

    Le vieil homme et la mer

    Je suis en quête d’impossible comme le vieil homme et la mer
    Qui poursuit longtemps sa chimère jusqu’à son ultime victoire
    Puis, observera impassible sa conquête prendre un goût amer
    De voir son bonheur éphémère prendre une fin contradictoire.

    L’histoire mêle le courage, la dignité et le respect
    Avec la condition humaine face au pouvoir de la nature.
    Malgré ses échecs, ses naufrages, l’homme restera circonspect
    Envers ce qui au fil des semaines lui confère une âme mature.

    Sculpture de Joe Lawrence.

  • Coucher sur mer orange

    Coucher sur mer orange

    L’heure entre chien et loup-de-mer dépose un filtre daltonien
    Qui transforme le paysage entre le pourpre et l’orangé.
    Et dans ces couleurs douces-amères, aux camaïeux hamiltoniens,
    J’aime sentir sur mon visage mes cheveux, au vent, effrangés.

    J’aime la brume qui étouffe les cris des mouettes rieuses,
    J’aime le fondu-enchaîné sur l’écran d’embruns saturé,
    J’aime les dernières esbroufes d’ultimes lueurs resquilleuses
    Et, sous le soleil rengainé, un rayon vert s’aventurer.

    Illustration de Pascal Campion.

  • Parfum d’orange

    Parfum d’orange

    De roses oranges en rêves oranges, tu remues cent-soixante-dix-sept fois
    Tes mélanges spirituels, de mal au coeur en vague à l’âme,
    De l’actualité qui dérange tout ce qui renforçait ta foi
    En l’apogée éventuel d’un paradis pour hommes et femmes.

    De ciels d’Afrique en pastels blancs, du fusain noir à la sanguine,
    Tu as peint de lavis en rose les paysages de Bretagne.
    De portraits toujours ressemblants, de ballerines en colombines,
    Tu as coulé tes eaux moroses dans les vallées de tes montagnes.

    Mais le voyage continue à cent-soixante-dix-sept degrés
    En direction de l’authentique valeur de toute l’existence.
    Malgré le mal qui s’insinue dans les valeurs désintégrées
    D’une culture transatlantique qui se livre à l’omnipotence.

    La chevillette sera tirée, la bobinette cherra dare-dare
    Cependant le grand méchant loup n’a pas encore pointé son nez.
    Dans ton petit coin retiré, tu élabores ton œuvre d’art
    Et sous le poids du temps jaloux, j’entends ton âge d’or sonner.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’âme saoule

    L’âme saoule

    Force d’averses, force de pluies ont saoulé mon âme trempée
    Et, par vases communicants, inondé mon cœur de ses eaux.
    Mais le corps sous mon parapluie qui, lui, ne s’est jamais trompé
    Se montre plutôt claudiquant par les courbatures des os.

    Porteurs de messages au secours, bouteilles à la mer dérisoires,
    Je vois des bateaux de papiers s’enfuir dans les rues submergées.
    Tandis que tout le monde accourt chercher un abri provisoire
    Moi, je commence à perdre pied dans un vague à l’âme immergé.

    Tableau de Kovács Anna Brigitta.

  • La Saint-Médard

    La Saint-Médard

    Si par hasard, la Saint-Médard voit arriver à grosses gouttes
    Toute la pluie tombée du ciel écrite en lettres décolorées,
    Ce sont les anges, qui dare-dare, pour que les humains les écoutent,
    Changent leur ton confidentiel pour une ondée de logorrhée.

    Recueillez voyelles et consonnes, séparez gras et italiques,
    Choisissez la bonne police en majuscules et minuscules.
    Vous entendrez le glas qui sonne dans les inversions vocaliques
    Avec une pointe de malice entre les lignes qui se bousculent.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Les inédits de Perrault et La Fontaine – 2

    Les inédits de Perrault et La Fontaine - 2

    Rien n’est pire qu’un sourd qui ne veut rien entendre
    Et Monsieur du Corbeau en fait sa gaudriole ;
    La nuit tarde à tomber, n’en pouvant plus d’attendre
    Il s’est bandé les yeux et guette les lucioles.

    « Espérons », pense-t-il, « qu’on prendra mes cerises
    Pour deux lampions de fête qui invitent à danser.
    Les insectes crédules devant cette surprise
    Se rueront tête bêche en bande condensée ! »

    Les vers luisants ont ri tellement aux éclats
    Que le corbeau honteux jura mais un peu tard.
    La Fontaine et Perrault en ont fait tout un plat
    Afin que l’un et l’autre le citent sans retard.

    Tableau de Paul David Bond sur https:webneel.comwebneelbloginspired-paintings-paul-david-bond?m=1 .

  • Les inédits de Perrault et La Fontaine – 1

    Les inédits de Perrault et La Fontaine - 1

    Rien ne sert de courir, il faut chasser à point
    Et le chat costumé en est le témoignage ;
    Se prétendant oiseau, bombant son embonpoint,
    D’un bec improvisé en prétend le lignage.

    « Gageons », dit celui-ci, « qu’à l’aide d’une pomme
    J’attraperai céans quelques oiselles gourmandes.
    Lorsque ces volatiles tomberont sous ma paume
    J’en ferai table rase presto à la demande ! »

    Tous les oiseaux se moquent du chat azimuté
    Qui s’est fait trop de films ou a lu trop de livres.
    La Fontaine et Perrault se le sont disputés ;
    L’un a fait une fable, l’autre une histoire à suivre.

    Tableau de Paul David Bond sur https:webneel.comwebneelbloginspired-paintings-paul-david-bond?m=1 .

  • Le renard bleu

    Le renard bleu

    Un renard bleu reste à l’affût des éléments collectionnés
    Dont je nourris l’insatiable appétit de mes souvenirs.
    Ce prédateur fait un raffut parmi mes rêves émotionnés
    A priori indissociables mais qui se laissent entretenir.

    Or je constate des dégâts dans les nombreux trous de mémoire
    Où l’animal m’a dévoré les émotions les plus subtiles.
    Au fil des ans, ce renégat me laisse comme une écumoire
    Où mes pensées détériorées se considèrent presqu’inutiles.

    Tableau par ELK64.

  • Dialogue en rose

    Dialogue en rose

    Le premier descend du bateau, l’autre descend de sa gouttière ;
    Le premier fait claquer ses bottes, l’autre fait patte de velours
    Mais chacun s’est pris un râteau tantôt avec sa gargotière
    Ainsi donc tous les deux barbotent, déconcertés et l’air balourd.

    Lorsque la ville devint rose à l’heure où les chats virent au gris,
    Les deux frustrés en mal d’amour se confortèrent du regard.
    Dans le crépuscule morose qui noyait les ruelles aigries,
    L’image ne manquait pas d’humour entre les deux compères hagards.

    Illustration de Hugo Pratt.

  • L’homo-papillon

    Femme-fleur, pour que tu jouisses, attire l’homme-papillon
    Qui te butinera le cœur, qui t’ensemencera le corps.
    Afin que tu t’épanouisses de vertiges et de tourbillons,
    Enivre-le de la liqueur qui perle de tes boutons d’or.

    Les hommes-papillons ensemble se trouvent décontenancés ;
    Pas de pistil aphrodisiaque, pas de pétale de velours.
    Même si certains se rassemblent hors des usages ordonnancés
    Loin de la fleur paradisiaque, ils se retrouvent un peu balourds.

    Femme-fleur toujours procréera, homme-papillon sèmera ;
    Fruits de l’amour s’en nourriront tout au long des générations.
    Femme-fleur toujours s’ouvrira, homme-papillon t’aimera
    Et tous leurs enfants mûriront pour autant sans modération.

    Tableaux d’Igor Morski.

  • L’arbre aux quatre saisons

    Je suis né un jour de printemps par une journée éphémère,
    Aussitôt gobé par l’oiseau qui m’invita à sa becquée.
    Je n’atteindrai pas mes vingt ans mais je renaîtrai primevère
    Et fleurirai dans les roseaux de peur d’être encore attaqué.

    Je suis né un matin d’été plutôt robuste d’expérience,
    Prêt à défendre mon logis, ma vie et celle des enfants.
    Vie qui m’a souvent répété dans les tréfonds de ma conscience
    De penser à l’analogie entre vaincu et triomphant.

    Je suis né un matin d’automne je fus tué l’été dernier,
    Invité par un prédateur à prendre part à son repas.
    Mes résurrections monotones et tous mes décès saisonniers
    Me maintiennent appréciateur à naître et passer à trépas.

    Pour cet hiver, je fais relâche ; je passe ma mort en vacances ;
    Je laisse un peu mon tour à d’autres et leurs issues sempiternelles.
    Et si vous me pensez trop lâche à m’y préparer à l’avance
    Sachez que je serai l’apôtre qui prédit la vie éternelle.

    Tableaux d’Igor Morski.

  • Un jour à la fenêtre

    Un jour à la fenêtre

    Passer un jour à la fenêtre à observer le temps qui passe
    Comme si j’absorbais le décor de l’extérieur vers l’intérieur,
    Passer mon temps à reconnaître le moindre détail qui dépasse
    De mon présent en désaccord avec mon passé antérieur.

    Je le pratique cent fois par jour quand je travaille à mon bureau,
    Selon ce que je manigance et que je crée dans ma cuisine.
    Ainsi j’agrémente mon séjour de poèmes caricaturaux
    Qui content les extravagances sentimentales qui m’avoisinent.

    Illustration de Jean Pierre Gibrat.

  • L’empreinte du masque

    L’empreinte du masque

    Quand nous aurons abandonné ces fichus masques imbéciles
    Qui n’ont jamais que défendu l’économie protectionniste,
    La tessiture amidonnée laissera des traces indélébiles
    Marquant les visages morfondus par leurs cicatrices bien tristes.

    Et malheureusement pour moi qui ne l’ai presque pas porté,
    J’afficherai ma tête intacte et me ferai vite repérer.
    J’attendrai donc au fil des mois que ces marques soient emportées
    Dans l’oubli du zéro-contact que je n’ai plus qu’à espérer.

    Illustration d’Enki Bilal.

  • À l’ombre du cœur de ma fleur

    À l’ombre du cœur de ma fleur

    Lorsque ma fleur s’épanouit, elle qui, hier, n’était que bouton,
    J’assiste alors à la naissance de tout un monde sensuel.
    Toute pudeur s’évanouit car jamais nous ne redoutons
    De voir brandir avec aisance tous ces organes sexuels.

    Pourtant cet arôme subtil s’apparente à des phéromones
    Pour attirer des invités à venir goûter son nectar.
    Alors se dresse le pistil avec une envie de démone
    Offrant sa belle intimité pour ressemer ses avatars.

    Ainsi dansent les étamines bercées sous les notes du vent
    Qui soutiendront les papillons, les abeilles et les faux-bourdons.
    Ainsi la vie se contamine du septentrion au levant ;
    Ne soyons pas si tatillons sinon ça file le bourdon.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le chemin de vie

    Le chemin de vie

    Si je pouvais relier les points des endroits où j’ai habité,
    Si je pouvais représenter tous les trajets que j’ai suivis,
    Je pourrais voir alors de loin se tracer la réalité
    De mes passages incrémentés sur mes envies inassouvies.

    Partout où je n’ai pu aller serait l’« Océan Chimérique »
    Partout où j’ai trop séjourné, le « Pic-de-la-Témérité » ;
    Tous les coins qui m’ont emballé seraient des sites touristiques
    Et tous mes voyages ajournés creuseraient le « Puits-de-Vérité ».

    Tableau de Kylli Sparre.