Les femmes aux cervelles d’oiseaux nous trompent depuis le début ; Elles jouent les filles innocentes, pimbêches et superficielles. Elles nous prennent pour des zozos dotés des pires attributs Par la conscience abêtissante volatile et obédientielle.
« C’est mon p’tit doigt qui me l’a dit ! » lancent-elles à brûle-pourpoint Avec l’intuition féminine et les mots qui s’y apparient. Entre les dits et les non-dits ou les « Va ! Je ne te hais point ! », Derrière ces phrases sibyllines se cache un vilain canari.
Les petits pois sont bien revêches comme de subtils ennemis Et les pois cassés racornis sont les pires belligérants Car les princesses, ces pimbêches, ne supportent pas l’infamie Après une nuit d’insomnie causée par ce mal ulcérant.
Les petits poissons rouge et or peuplent les rêves polissons Du chat botté qui en profite lorsque la princesse est partie. Quand ces souris sont au-dehors, queue lovée en colimaçon, Minet, la mine déconfite, se repose en contrepartie.
Les petits pois sont confortables, surtout l’intérieur de leur cosse, À condition d’avoir poussé suffisamment sur l’échalas. Et la princesse insupportable préfère un légume précoce À ce lit qui l’a courroucée malgré ses douze matelas.
Merle noir ou rossignolet, qui fait le meilleur professeur ? Les filles-merles, dans la nuit, en ont retenu la leçon. Les deux oiseaux croquignolets restent les plus grands connaisseurs Des chants qui tirent de l’ennui filles chipies et polissons.
Quand elles ont le cœur galopin qui révèle une âme friponne, Elles viennent travailler leur voix avec éclat et apparat. Sur les Impromptus de Chopin, elles s’entraînent, elles chantonnent ; Les oiseaux leur ouvrent la voie qui les conduit à l’opéra.
Quand vient le temps de la maîtrise, décorées d’une grive blanche, Les filles en jupes et chemisiers donnent un gala de circonstance. Sous le vertige de leur emprise, un saisissement se déclenche Que même les paradisiers n’ont jamais vu dans l’assistance.
Une fois le voile levé sur le mystère féminin, L’attention est focalisée là où il n’y a rien à cacher. La petite culotte enlevée offre un instant fort peu bénin Dont rien ne peut rivaliser car on ne peut s’en détacher.
Couverture du National Lampoon « High School Yearbook Parody 1974 ».
Au-delà des trois dimensions, au-delà de l’espace-temps, Au-delà d’une brève pensée, au-delà de l’univers connu, S’ouvre le pouvoir de l’intention, la dimension des sentiments, La dimension récompensée par l’ouverture à l’inconnu.
Avant que l’amour soit lumière, avant que l’amour soit matière, Avant qu’il entrouvre le temps, avant qu’il entrouvre l’espace, L’origine, la source première, l’objectif de la Terre entière N’est rien d’autre de plus important qu’une impulsion d’amour qui passe.
Souvent, pour m’amuser, j’écoute avec hommage La voix de ma voisine, femme au charme subtil Qui se pâme indolente, expose son ramage À l’oreille attentive de mon cœur versatile.
À peine a-t-elle ouvert la bouche à la fenêtre, Que moi, prince charmant, j’en deviens amoureux Et lorsqu’elle se penche, je sens une envie naître À me l’approprier d’un baiser langoureux.
La fille de mes désirs, comme elle est fascinante ! Elle, naguère petite, comme elle est grande et belle ! Elle aguiche mon cœur d’envies avoisinantes Et je redeviens mâle qui traque sa femelle.
Ma drôlesse, si semblable à Vénus authentique, Pourrait bien me tuer d’une flèche d’humour ; Elle ressemble aux sirènes dont le chant romantique Captivait les marins pour les noyer d’amour.
As-tu déjà diagnostiqué une envie profonde de vert ? Une folle envie d’espérance comme un remède à tes douleurs ; Sentir ton corps gymnastiqué, goûter le cœur à découvert L’éther comme une délivrance vers un espoir tout en couleurs.
J’écris ancré à ton regard d’où coule l’encre sympathique Qui scintille de reflets verts aux commissures de tes lèvres. J’y trace quelques vers hagards inspirés du ton hypnotique De ta voix aux mots entrouverts qui parlent d’amour avec fièvre.
Puis, lorsque ton regard s’attriste, je reviens puiser dans ton cœur Tout le feu rouge comme sang qui effacera ta pâleur. J’aime jouer l’équilibriste sur le fil de ton air moqueur Qui m’invite, compatissant, à t’embrasser avec chaleur.
Après avoir porté le masque quelle en sera l’évolution ? Peut-être la burqa intégrale ou bien le scaphandre autonome. Porterons-nous bientôt des casques qui feraient la révolution Par une tenue arbitrale qui confonde les femmes et les hommes ?
Voudriez-vous une carapace avec téléphone intégré Reliée en sécurité dans les réseaux autorisés ? Ainsi chaque fois qu’il se passe un évènement dénigré Un système de sévérité n’aurait qu’à vous vaporiser.
La vie occasionne la mort, la mort détermine la vie. Le nombre de disparitions et le nombre de sacrifices Sont cumulés dans les remords qui ont créé jusqu’à l’envi À coups de multiplication l’humanité en bénéfice.
Mort et Vie sont inséparables l’une de l’autre dans la Nature Et la nouvelle floraison prend appui sur les feuilles mortes. La mort n’est pas irréparable mais source de progéniture. Finalement qui a raison ? Je crois bien que la vie l’emporte.
Mensonge et dissimulation ont leurs vertus en politique ; Escamoter n’est pas médire, on peut tromper par omission. Salades et affabulations font les meilleures polémiques ; Toute vérité, pas bonne à dire, n’est que forme de compromission.
Les marins sont bons à tromper et leurs femmes sont bonnes à terre ; Parfois, à l’autre bout du monde, les conventions sont inversées. La règle peut être estompée surtout s’il est bon de se taire ; La vérité n’est plus immonde mais simplement controversée.
Femme-enfant, ta folle jeunesse rugit dans ton corps de tigresse ; Femme-mère, le feu de ton sein enflamme ton cœur de lionne ; Femme-éternelle intemporelle, tu te transformes en phénix Pour renaître encore demain comme un oiseau de paradis.
Femme-enfant, jamais la vieillesse ne ternira ton allégresse ; Femme-mère, tu vis à dessein de tout l’amour dont tu rayonnes ; Femme-éternelle et corporelle, l’arôme antique de l’onyx Donne à la chaleur de tes mains la douceur que tu irradies.
Tableau d’Alexander Maskaev sur https://000cosm.livejournal.com/761992.html
Tout l’univers me fut conté durant les siècles de mon enfance Et tous les mystères étirés aux confins de l’éternité. Puis, le temps s’est mis à compter chaque seconde d’innocence Jusqu’à finir par expirer pour cause de modernité.
Enfermé dans les temps modernes qui ne jurent que par la science, Mon univers est devenu tout un bric-à-brac démodé, Accueilli comme balivernes avec un geste d’impatience Par tous ceux qui sont parvenus aux certitudes accommodées.
Tableaux d’Anna Berezovskaya sur https://tanjand.livejournal.com/1035982.html#cutid1
Ce matin-là sur ma terrasse dans la jeune fraîcheur de la neige, Une grenouille en zénitude plongée en pleine méditation. Afin que rien ne l’embarrasse, j’ai juste noté son manège Et sa circonspecte attitude au rang de l’illumination.
Le temps passa et ma grenouille se hissa sur la balustrade Pour mieux savourer les flocons qui oignaient son recueillement. De peur que la neige la mouille sur le faîte de son estrade, Je fis brûler sur mon balcon un cierge d’ensoleillement.
Le jeu doit plaire à l’ingénue et à la neige également ; Car le gros temps s’intensifie le temps d’une contemplation. Et la quiétude s’insinue dans le silence Suisse-allemand Que l’univers me bonifie de quelques vers d’ostentation.
Photo du jour sans trucage à Sennhof de mon balcon
Les grandes amours tracent leurs voies à l’infini, à travers bois ; Elles jouissent à pleines voix, elles passent et les chiens aboient. Les grandes amours soufflent leurs vents, à travers les murs des maisons Qui vantent les duels émouvants entre le cœur et la raison.
Les femmes subissent l’étreinte, les hommes impriment leurs empreintes Parfois sur des amours contraintes, parfois sur des amours enfreintes. S’alternent des amours violentes avec des amours partagées Et des amours affriolantes sur des amours apanagées.
J’ai dormi toute mon enfance, dormi toute l’adolescence Dormi durant ma vie d’adulte tout en rêvant ma destinée. Évidemment pour ma défense, j’ai vécu en convalescence Une maladie qui résulte de trop de grasses matinées.
J’ai dormi à la belle étoile, dormi dans des draps de satin, Sommeillé dans des wagons-lits et dans des bateaux de croisière. Aujourd’hui je lève le voile et, si je meurs demain matin Enterré dans les pissenlits, je dormirai ma mort entière.
Tableaux d’Anna Berezovskaya sur https://tanjand.livejournal.com/1035982.html#cutid1
Une fois par an dans l’hémisphère des forêts septentrionales, L’astre vit son plus petit règne dans la cour du jour le plus court. Et ses soldats, fiers conifères, brandir leurs branches nationales Sur le soleil comme une araigne afin de lui porter secours.
Une fois par an, l’autre hémisphère tourné vers les régions australes Voit l’astre dans l’apothéose de son règne prédominant. En orientant son planisphère d’après sa course sidérale, Notre planète est virtuose et le soleil est culminant.
Une araigne est une sorte de filet utilisé pour attraper les petits oiseaux.
Quels sont ces moutons qui serpentent dans mes nuits blanches comme neige Dont je dénombre les têtes noires, les cornes et la laine fraîche ? Ce sont les idées que j’invente et qui tournent dans le manège De mes pensées qui font la foire et qui, la nuit, battent en brèche.
Je m’y vois, mouton confiné, suivre aveuglément mon berger Qui m’entraîne en garantissant de l’herbe verte en abondance. Mais c’est pour mieux déterminer à quel point je peux diverger Hors de l’ordre assujettissant des « honni soit qui mal y pense » †.
† Devise anglo-normande qui signifie « Honte à celui qui y voit du mal »
Photo de Fer Burak à Van, une ville de l’est de la Turquie
Mes insomnies lavent mes rêves dans le bassin de mes nuits blanches Et décolorent ma mémoire qui déteint dans mes souvenirs. Toutes ces images trop brèves qui m’arrivent en avalanche Sont imprégnées dans la baignoire où coulent des eaux d’avenir.
Douces rêveries érotiques dessinent sur la porcelaine Des femmes nues énigmatiques qui ne me laissent qu’un murmure Dont tous mes réveils sporadiques traduisent en bleu de méthylène La rémanence aromatique comme une buée sur les murs.
Salle de bains créée par Saul Steinberg et photographiée par Robert Doisneau
Si plusieurs dieux ont mis la main pour créer la faune terrestre, Chacun posa sa signature selon ses goûts et ses caprices. Les dieux grecs et les dieux romains ont équipés leurs clubs équestres D’animaux de toutes natures qui en portent les cicatrices.
Ces cornes en tire-bouchon pour droitiers comme pour gauchers Me laissent à penser que Bacchus signa sa participation. Installé à califourchon sur l’antilope chevauchée, Il a rechargé ses accus en faisant bonne libation.
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Je voudrais le contact des femmes sans la moindre distanciation, Renouer le contact des hommes pour se retrouver tous ensemble. Cesser ces mesures infâmes laissées à l’appréciation D’un confinement économe de tout l’amour qui nous rassemble.
Je veux pouvoir boire en terrasse et regarder passer les gens ; M’enfermer dans les restaurants avec des milliers de convives. Ces précautions qui nous harassent de la part de nos dirigeants Ne sont qu’un remède instaurant la stagnation sur le qui-vive.
Le taureau aime les voyages et leurs étapes gastronomiques Qui lui révèlent en abondance la bonne chère des terroirs ; Une entreprise de convoyage très sûre et très économique Qui permet de faire bombance et de remplir tous ses tiroirs.
Quand revient la belle saison, il organise des banquets Sur des bateaux à ciel ouvert, Pianos-Cocktail et cabarets. Et vous le verrez sans raison se mettre à poil, les pieds tanqués Et, les génitoires découverts, chanter l’ curé de Camaret.
Avez-vous le cœur voyageur qui ne reste jamais en place ? Si oui, vous êtes sagittaire ou un butineur d’aventures ; Globe-trotter, déménageur, dont l’esprit sans cesse se déplace Constamment autour de la Terre à pied, à cheval, en voiture.
J’ai croisé ces oiseaux bizarres lors de leurs rares retour à terre Qui m’ont raconté l’Orénoque, le Pérou et la Mongolie ; Ils auraient croisé Balthazar dans un vieux château d’Angleterre ; Ainsi leurs âmes, sans équivoque, ont vaincu la mélancolie.
Selon les phases de la Lune, mon château change de saison. Il nettoie ses tours au printemps au premier quartier de sa dame Et ses murailles fort opportunes quand elles sont en pleine floraison Puis, son donjon désappointant du dernier quartier bas de gamme.
En hiver, je ferme ses portes et tout s’endort jusqu’au printemps ; On fait l’amour dans les tourelles pour se réchauffer tour à tour. Le froid, que le diable l’emporte, reste l’ennemi fort inquiétant Dont les neiges intemporelles annoncent l’éternel retour.
J’ai connu des printemps voraces d’une jeunesse insatiable Baignée dans un temps d’insouciance presque arrêté sur mes treize ans, Où nulle inquiétude n’embarrasse ni dieu, ni maître, ni le diable Et où la vie n’est qu’impatience à boire le moment présent.
J’ai connu des étés de rêves comme un paradis avant l’heure, Avant que ne démarre l’horloge du temps stupide des adultes. L’hiver où tu marches ou tu crèves afin d’entretenir le leurre D’une vie qui ferait l’éloge des vanités qui en résultent.
D’abord pour commencer, il y va pas à pas Au hasard des rencontres qu’il sait anticiper. Un début romancé car il ne faudrait pas Trop aller à l’encontre d’une femme émancipée.
Une fois qu’elle a ri, il passe à l’offensive En flattant son physique mais aussi son sourire. Si elle ne s’apparie pas à la défensive, Son audace magique saura la conquérir.
Quand la femme est conquise, son vainqueur magnanime Pénétrera le Saint Graal de sa forteresse. Et sa chair tout exquise dans un cri unanime Accueillera en son sein la sève enchanteresse.
Tandis que je rêve au printemps, la Terre s’habille de fleurs, De pissenlits, de marguerites, myosotis et pâquerettes. Adieu jours au froid éreintant peuplés de larmes et de pleurs Bonjour la douceur émérite des dahlias en collerette.
Tandis que je rêve à l’été, la Terre s’habille de fruits ; Pommes d’amour au goût sucré s’invitent à faire bombance. Hier, la nature a haleté à se réveiller à grands bruits Mais aujourd’hui s’est consacrée à nous nourrir en abondance.
Tandis que je rêve à l’automne, la Terre s’habille de rouille ; Tapisseries aux feuilles d’or, forêts dorées et arbres d’ambre. Dans cette douceur monotone valsent potirons et citrouilles Qui entrent par le corridor de septembre, octobre et novembre.
Tandis que je rêve à l’hiver, la Terre s’habille de blanc ; Premières gelées matinales, chutes de neige sur le parvis. Ainsi le cycle de l’univers refroidit la Terre en tremblant Comme une horloge machinale qui règle les lois de la vie.
La femme, assise dans l’ombre de son mari et ses amants, S’est envolée par la fenêtre par un vent d’émancipation. Aujourd’hui, elle montre en nombre qu’en plus de n’être que maman, Elle a su faire reconnaître l’atout de sa participation.
La femme, cloîtrée mais promise à un mariage arrangé, S’est échappée comme la flamme d’une essence rare et sauvagine. Aujourd’hui, la faute commise est reproduite à l’étranger Dans des circonstances infâmes de spiritualités misogynes.
La femme, conditionnée servante sous un joug de phallocratie S’est déversée dans l’océan dont les eaux montent inexorables. Aujourd’hui, la lutte fervente assure sa suprématie Envers des hommes bienséants malgré quelques impondérables.
Que revienne le temps du taureau avec travail en abondance, Bien ancrés, les deux pieds sur Terre et les mains tournées vers le ciel ! De l’air frais dans les pectoraux et si possible, en redondance, Tout nos besoins alimentaires pour des plaisirs non essentiels !
La vieille tour d’ivoire, tout arrosée des pleurs De la dame captive, se remit à pousser. Et la Terre sut boire et produire des fleurs Qu’on dit admiratives de charme éclaboussées.
Puis le vilain dragon muta et s’allongea Et d’un dur caractère, devint fou à lier. Un prince d’Aragon que cela arrangea Grimpa sa salutaire queue comme un escalier.
La belle avait grossi avec tout le château Et ne pouvait passer les portes et les fenêtres. Le prince, assez concis, reprenant du gâteau, Lui dit, l’air compassé, ne pas la reconnaître.
Au cœur du froid et de l’hiver, les antipodes vivent en été Alors je creuse la planète à travers le manteau terrestre Et j’en appelle à l’univers de me permettre de capter La chaleur d’une midinette durant au moins tout un trimestre.
L’hiver avait bien commencé avec fêtes et décorations Mais voici le mois de janvier et la froidure de février. Tandis que l’été romancé est parti en dérogation Vers les antipodes enviés par ceux de l’hiver décrié.
Pure héritière des sirènes, ambassadrice des poissons, Elle a su devenir leur reine et favoriser leur moisson. Elle est aussi un peu cruelle à sacrifier les meilleurs Pour les revendre dans les ruelles des villages d’ici et d’ailleurs.
Voilà, je range le sapin ; voici, je démonte la crèche ; La paysanne et ses lapins puis, la poissonnière et sa pêche. Tous les santons vont dans leur boîte hiberner durant trois saisons Jusqu’à la période adéquate où ils rejoindront ma maison.
Tout l’univers, là, dans ma tête aurait tendance à déborder Et jamais je ne trouverai de chapeau suffisamment grand. Toutes mes idées font la fête dans un boucan désaccordé Comme une folle éprouverait un mal d’amour désespérant.
J’y couds des patchworks de pensées, j’y tricote mes idées noires, J’y raccommode mes regrets et nettoie toutes mes offenses. J’aère ensuite pour compenser toutes mes pertes de mémoires Que je rembourre par des secrets collectionnés dans mon enfance.
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Se sentir nu à l’extérieur ou fortuné à l’intérieur, Pour les autres insignifiant mais pour moi riche d’inventions. Je ne me sens ni supérieur, ni spécialement inférieur, Mais fertile et vivifiant pavé des plus belles intentions.
Intentions qui pavent l’enfer si j’essaie de les imposer À ceux qui n’ont pas demandé à vivre comme je le sens. Tant mieux ! Si c’était à refaire, j’essaierais de me composer Un esprit à recommander s’il se révèle intéressant.
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Soudain la mort frappe à la porte de notre civilisation Et tous les pays qui s’ignorent s’unir dans le confinement. Covid, que le diable t’emporte, fruit de la mondialisation ! Tu n’es qu’un leurre qui déshonore nos élus unanimement.
Et sous des chiffres détournés, tu fais croire à l’épidémie D’une mortalité pareille aux grippes déjà exprimées Au moyen de lois contournées de soi-disantes pandémies. Entends monter à tes oreilles la révolte des opprimés !
Il ne leur manque ni la parole, ni ce qui fait le propre de l’homme Car ils s’expriment par l’amour plutôt que par l’intelligence. Chez eux, l’action est bénévole ; ils n’ont point besoin de diplôme Pour se nourrir au jour le jour et répondre à leurs exigences.
Ils craignent l’homme spontanément puis, se laissent apprivoiser Car ils aiment bien partager et leur chaleur et leurs caresses. Ils les suivent fidèlement au risque de s’embourgeoiser À surveiller le potager et défendre la forteresse.
Femme qui pense avec le cœur, j’aime pénétrer ton esprit Afin d’y refléter mon âme dans le creuset de ton amour. Femme qui goûte l’air moqueur ce que ta mère t’a appris, J’aime réunir nos deux flammes avec un baiser de velours.
Femme qui cultive son corps et qui le nourrit de beauté, J’aime sentir entre tes mamelles l’arôme de ton cœur mûri. Femme qui vit bien plus encore depuis l’enfance emmaillotée Jusqu’à sa jeunesse éternelle, j’ai l’honneur d’être ton mari.
Enterrés dans l’obscurité, douchés par la marée montante, Le regard vide et passionnel meurt sous d’invisibles paupières. Ils ont choisi l’éternité pour personnifier l’attente De l’amour inconditionnel imprimé dans leurs cœurs de pierre.
Pauvres léviathans du passé aux faits maintes fois publiés, Vous faisiez partie des géants qui faisaient trembler les mortels. Aujourd’hui statues compassées sur leurs légendes oubliées, Vos corps retournés au néant sont redevenus immortels.
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Selon les lois de l’attraction et le principe d’Archimède, Deux corps, plongés dans un amour et dans sa force d’attirance, Subiront une contraction qui agira comme un remède Entre une gaine de velours et une forte protubérance.
Il existe une arithmétique qui additionne les valeurs Féminines et masculines et qui en multiplie les sens. L’amour est aux mathématiques la loi qui donne sa chaleur Comme un vecteur d’adrénaline d’une exponentielle puissance.
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Alchimie du soir au solstice quand la nuit domine le jour Et que les ténèbres sont reines au cœur des bois et des forêts. Le lumignon dans l’interstice meurt dans l’instant aveugle et sourd Où seule une lune sereine apparaît d’un halo doré.
Alchimie du premier matin où le jour domine la nuit Et que la lumière rayonne sous l’aune d’un soleil royal. Dès l’instant de l’aurore atteint, son feu persiste jusqu’à minuit Avec la lune qui carillonne son chant d’amour matrimonial.
Toutes mes leçons bien apprises m’ont enseigné à m’exprimer Comme Guillaume Apollinaire, Victor Hugo ou Mallarmé. Mais quant à moi, pas de surprise, mon esprit se trouve déprimé Par ce fondement doctrinaire et, contre lequel, bien mal armé.
Rapportant tout à la maison, je reproduis ma propre école Où sept et trois pourraient faire onze ou bien n’importe quoi sauf dix. Mon cœur ignore la raison pour s’extraire du protocole Qui me condamne comme un bonze à croire tout ce qu’on me dit.
Au jeu du chat et la souris, je suis plutôt souris que chat ; Je suis naïf et innocent qui ne pense jamais à mal. La société m’a tant nourri à force de prêchi-prêcha Que j’en suis tout agonissant et craintif comme un animal.
Quand les chats m’ont laissé tomber dans un grand récipient le lait, J’ai voulu me laisser couler tant la mort me semblait un leurre. Mais loin de vouloir succomber, je me débâtis sans délai Et après un temps écoulé je parvins à sortir du beurre.
Je suis né dans le bouillon des années 50 et je n’ai jamais cessé de me débattre. J’ai connu la France défigurée des années 70, les constructions hideuses sur le littoral des années 80, les grands travaux qui transformaient les quartiers des villes en enfer des années 90, les sécurités excessives qui nous ont pourri la vie des années 2000, les grandes migrations des années 2010, les pandémies des années 2020… Et je me débats, et tu te débats, il ou elle se débat et nous nous débattons tandis qu’on nous met des bâtons dans les roues. Je ne sais pas si j’ai transformé ma vie en beurre mais dans mon petit village où rien ne se passe – à part les promeneurs à pied, à cheval et en voiture qui passent à ma fenêtre – je suis aujourd’hui un peu en dehors de tout cela. Même si ça n’arrange rien pour le monde qui continue à se débattre. Ainsi va et ainsi bat la vie…
Tableaux de Alexander Maskaev sur https://000cosm.livejournal.com/761992.html
Selon la couleur du matin, la Terre montre ses humeurs ; En robe blanche de satin, d’arbre aux senteurs du parfumeur. S’il a gelé, elle paraît triste ; s’il a neigé, elle s’endimanche ; S’il fait beau, d’un ciel naturiste et s’il pleut, ses ruisseaux s’épanchent.
Selon la teinte au crépuscule, la Terre prépare l’avenir Et les nuages se bousculent selon l’échéance à tenir. Ciel rouge et soleil mordoré pour déblayer tous ses malheurs, Ciel bleu et lune phosphorée pour nous redorer nos valeurs.
Si l’amour est une couleur, ce sera un rouge baiser ; Avec une ivresse des sens que boira mon cœur en douceur, Avec un soupçon de douleur pour pimenter et embraser Mon esprit en effervescence en vue de trouver l’âme-sœur.
Si je devais mourir d’amour, alors ma couleur dominante Prendrait la teinte du désir diluée d’une eau de bien-être. Rouge comme le premier jour où, d’une fièvre contaminante, Mon cœur a battu de plaisir envers mon propre enfant à naître.
Au dernier quartier de la lune, elle extrait le jus du croissant Qui a poussé durant sept nuits et a mûri durant sept autres. Si la révolte est opportune, elle obtiendra en le pressant Un vin qui aurait réjoui, dit-on, Jésus et ses apôtres.
Mis dans un calice argenté en forme de croissant de lune, Son arôme se développe durant toute une année lunaire. Il devient un vin charpenté, un vin qui coûte une fortune ; Des superstitions interlopes disent un vin extraordinaire.
Mais qui donc est à l’origine de cette étrange préparation ? Certains prétendent qu’Andromède apparaîtrait à chaque fois Et même qu’une fée androgyne en aurait fait la narration ; Quoiqu’il en soit, c’est un remède qui guérit ceux qui ont la foi.
Tableaux de Matteo Arfanotti sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/12/matteo-arfanotti-1974-italy.html
Jamais femmes n’ont été sculptées aussi finement pour la danse Par un squelette approprié et des muscles en parfait accord. Elles n’ont aucune difficulté à entretenir la cadence, Durant des heures à tortiller l’harmonie du cœur et du corps.
Les boubous aux jolis motifs pour exprimer les traditions ; Les dashikis très colorés qui volent au vent comme tuniques ; Les pagnes et les jolis soutifs, merveilleuses apparitions ; Les kangas vifs et mordorés dessinant leur maxime unique.
Elles expriment leurs émotions et le corps entier participe À dépenser une énergie infiniment développée. Elles ne souffrent ni commotion, ni stress, ni autre stéréotype, Les africaines en synergie aux rituelles mélopées.
Je sais que je ne suis pas fou parce que je sais que j’en suis un Tandis que les fous véritables croient justement qu’ils n’en sont pas. Ce paradoxe, voyez-vous, montre qu’il est inopportun De demander à nos notables de faire leurs mea culpa.
Il m’est déjà arrivé de devenir fou quand j’étais à l’hôpital et que j’avais contracté le staphylocoque doré lors de mes opérations de fracture du bassin. La nuit la fièvre me provoquait des crises de folies et je faisais des rêves mégalomanes au cours desquels je me croyais le maître du monde et je me débattais contre les infirmières, persuadé qu’elles étaient folles et me voulaient du mal et que j’étais le seul à conserver toute ma raison. Au matin, je me retrouvais tout honteux avec la peur que cela recommence les prochaines nuits. La véritable peur, c’était que je ne me rendais pas du tout compte de mon état durant ces crises et surtout que je ne le sentais pas du tout venir. La seule chose dont je me souvienne, c’est cette sensation euphorique, de penser être le seul à avoir toute sa raison et que les autres étaient fous. J’en conclus que, tant que je doute, tant que je m’interroge et tant que je me demande si ce n’est pas moi qui suis fou… c’est que tout va bien !
Passés les douze coups de minuit, l’enchantement s’est terminé ; Cendrillon s’est retrouvée nue, désemparée en pleine rue. Elle alla cogner à mon huis qui jouxtait un estaminet Pensant qu’il était malvenu de provoquer les hommes en rut.
N’étant ni le prince charmant, ni Don Juan, évidemment, Je lui proposai de rester à discuter autour d’un verre. Là, elle me trouva désarmant et décida pertinemment De s’asseoir sans manifester le moindre trouble mais l’œil sévère.
Elle est partie au petit jour, enrobée dans ma gabardine, Promettant de la ramener sans chemise et sans pantalon. Elle revint me dire bonjour revêtue de ma brigandine Qu’elle ôta pour se pavaner entièrement nue dans mon salon.
Sur l’île de la tentation, les femmes nues sont souveraines ; Les hommes sont leurs chevaliers qui s’affrontent pour devenir roi. Du rocher des lamentations se jettent les anciennes reines Et les vieux rois, fous à lier, détrônés en plein désarroi.
Sur l’île de la tentation, les rois élisent leur Vénus Qui règnera, reine suprême, au nom du pouvoir de l’amour. Elle porte la fornication jusqu’à l’ultime terminus Où l’amant, dans l’étreinte extrême, est emporté au petit jour.
Tableaux de Vladimir Karnachev et de Graciela Genovés.
La nuit, les enfants du taureau se rassemblent autour de leur père Pour répandre une pluie d’étoiles sur la mer en ondulations. Et les villages littoraux voient leurs habitants qui prospèrent Grâce au matin qui leur dévoile les fruits de la constellation.
Le croiriez-vous ? Des tourbillons en vagues douces s’amoncellent Par les rues qui mènent au rivage comme par capillarité. Et tous ces petits tortillons parlent aux cœurs des jouvencelles En leur promettant l’arrivage d’enfants en régularité.