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  • Controvirus

    Dès le matin, je mets le masque et toutes mes incertitudes
    Que je vais noyer dans la foule et dans le troupeau de moutons.
    Pour obéir à ces fantasques présomptueuses sollicitudes
    D’un état qui me rend maboule et qui me donne des boutons.

    Êtes-vous pour, êtes-vous contre ? Est-ce que ça dépend du moment ?
    Avez-vous peur des complotistes envers notre gouvernement ?
    Oseriez-vous aller à l’encontre de ce qu’on lit dans les romans
    Parlant de conspirationnistes tous punis d’emprisonnement ?

    Quand vient le soir, tombent les masques qui s’entassent dans les caniveaux ;
    Marque de solidarité envers la pollution du monde.
    Mais à la première bourrasque tout sera remis à niveau
    Donnant à la précarité une accélération immonde.

    Êtes-vous pour, êtes-vous contre ? Est-ce que ça dépend du moment ?
    Avez-vous peur des complotistes envers notre gouvernement ?
    Oseriez-vous aller à l’encontre de ce qu’on lit dans les romans
    Parlant de conspirationnistes tous punis d’emprisonnement ?

    Tableau de Grzdyl Ksiezycowy

  • Le Pont-des-Arches

    Rendez-vous sous le Pont-des-Arches mercredi soir, à minuit pile.
    Je t’envoie par carte postale mon invitation sans pareille.
    Sans l’accord de mon patriarche dont l’autorité m’horripile
    Mais dont l’écho serait brutal si ça lui venait à l’oreille.

    Beaucoup d’amants s’y sont noyés pour s’aimer pour l’éternité
    Mais nous, nous n’allons pas mourir ; notre amour est force et pouvoir.
    Mon père a trop fait tournoyer ses excès de paternité
    Mais il pourra toujours courir pour nous empêcher de nous voir.

    Tableau de Larisa Aukon

  • La reine rouge

    Bien que les reines sans histoires aient enfanté dans la douleur,
    On ne connaît pas leurs victoires, on n’a pas hissé leurs couleurs.
    Sauf pour Brigitte, la souveraine qui a épousé un enfant
    Et ainsi est devenue reine auprès de son roi triomphant.

    Bien que, dans les contes de fées, les vilaines reines soient des sorcières,
    On sait par quelle cause à effet elles finissent dans la souricière.
    Sauf pour Birgitt, la reine rouge couronnée aux Champs Élysées
    Qui souhaiterait que rien ne bouge du palais caramélisé.

    Tableau d’Ayami Kojima

  • La reine (ou)verte

    Les deux yeux pointés en avant dans l’embrasure de sa robe,
    Dissimulés derrière les pans comme de plongeantes paupières,
    La reine verte dorénavant à ses locuteurs se dérobe
    Afin de laisser en suspens toute réponse à leurs prières.

    Elle préfère détourner les yeux qui ne voient rien que le mensonge
    Afin de laisser l’œil du cœur libéré de toute contrainte.
    Quand l’amour devient litigieux et que le conflit se prolonge,
    Ses seins désignent le vainqueur au prix d’une mortelle étreinte.

    Photo de Sebastian Palacio

  • Les folles couleurs

    Fermez les yeux, ouvrez le cœur, écoutez les folles couleurs
    Que l’organe des sentiments perçoit au-delà du visible.
    Ignorez le regard moqueur, occultez toutes les douleurs,
    Oubliez les ressentiments envers ce qui n’est pas plausible.

    Aussitôt que la raison cède au cœur qui voit l’inconcevable,
    Alors l’aura vous illumine de toute la beauté de l’âme.
    Ainsi, celle-ci intercède auprès des lois irrécusables
    De l’amour qui vous enlumine l’existence avec une femme.

    Tableaux de Larisa Aukon

  • Les greffons de la Saint-Valentin

    Qui, après la Saint-Valentin, n’a pas aperçu les boutures
    Qui poussent le long des immeubles pour joindre les cœurs aux balcons ?
    Au premier, Mireille et Quentin ; au second, Morgane et Arthur ;
    Au troisième on pousse les meubles pour aménager son cocon.

    Avant que le printemps s’éveille, tous les greffons sont réunis
    Et les boîtes aux lettres regorgent à craquer du courrier du cœur.
    La nuit, on ne dort plus, on veille les fruits défendus, impunis
    Afin qu’ils libèrent dans la gorge tout l’arôme de leurs liqueurs.

    Illustrations de Pascal Campion

  • La pêche à l’espagnolette

    La pêche à pied, en pantalons, ça mouille et c’est irresponsable ;
    La pêche avec de hauts talons, ça s’enfonce trop dans le sable.
    Venez pêcher sur la Croisette dans notre belle principauté,
    Pour la pêche à l’espagnolette, la culotte en principe ôtée.

    Tableau de Ramón Gutiérrez

  • Carnaval nocturne

    À l’aube de la pleine lune, quand le disque d’argent paraît,
    Voici Pierrot et Colombine, revêtus de beaux habits neufs,
    Ouvrir un carnaval nocturne durant l’instant où apparaît
    Un halo blanc qui se combine avec la lune en œil-de-bœuf.

    Tableau de Henri Rousseau

  • Bleu et or

    J’ai quitté les tons rouge-et-or pour des tons lapis-lazuli
    Avec des vagues bleu-marine pour atténuer mes douleurs,
    Expédié comme un météore les moindres petits stimuli
    Qui provoque un jet d’azurine et fait ressortir ses couleurs.

    Et puis, le rêve disparaît dans un halo fantomatique
    Et le bleu quitte, comme à regret, la couleur dorée dominante.
    Alors peu à peu, m’apparaît, parmi les limbes chromatiques,
    Une âme que mon cœur agrée et qui deviendra mon amante.

    Tableaux d’Angela Betta Casale sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/10/angela-betta-casale-1954-torino-italy.html

  • Les ondes valentines

    Toutes les femmes me rappellent mes souvenirs d’avant la vie,
    Avant que je devienne un homme, avant de prendre un corps de chair.
    Et si les femmes m’interpellent, si leur présence me ravit,
    Je n’y vois là que le symptôme de mes principes les plus chers.

    Sans cesse leurs courbes m’évoquent des rayonnements magnétiques,
    Des interférences d’amour entre les plis de ma mémoire.
    La raison la plus équivoque qui guide mes rimes érotiques,
    Apparaît clair comme le jour parmi mes reflets vers qui moirent.

    Tableaux d’Egor Ostrov ; Facebook a censuré le deuxième tableau a sa parution.

  • La pomme de discorde

    Steve Jobs et les Beatles, déçus de n’avoir point été conviés,
    Désapprouvèrent le partage de la pomme de la discorde.
    Adam et Ève, bien fessus, n’avaient rien à leur envier ;
    Ils en subirent le boycottage par l’ange de miséricorde.

    Blanche neige et Guillaume Tell, trouvant la pomme empoisonnée,
    Jetèrent, sur Issac Newton, ce fruit sans trop de gravité.
    Bill Gates la mit sur Minitel et força tous ses abonnés
    À lui payer des kilotonnes de royalties accréditées.

    J’appelle tous les amoureux qui croquent la pomme à belles dents,
    À se souvenir de l’histoire de Blanche-Neige et de son prince
    Dont l’itinéraire langoureux s’apparente à Ève et Adam
    Qui pour une transgression notoire ont dû fuir leur jardin à pinces.

    Illustration de Marco De Angelis

  • En effeuillant la marguerite

    En effeuillant la marguerite, j’ai connu le bien et le mal ;
    En mesurant selon ses rites, j’ai jugé l’homme et l’animal ;
    En détachant chaque pétale, j’ai pesé, péché et vertu ;
    En dépouillant le végétal, j’ai vu le mâle qui s’évertue.

    À force de dire « je t’aime » de ma naissance jusqu’à ma mort,
    J’ai vu que le cœur du problème vit à travers tous mes remords.
    « Un peu, beaucoup et pas du tout », comme justice et injustice
    Peut-être je ne comprends pas tout mais tout est dans cet interstice.

    C’est à travers joies et douleurs que j’ai vu le ciel et l’enfer ;
    Je suis de toutes les couleurs, je suis le tout dans l’univers.
    C’est ainsi que j’ai pu apprendre que ce que je juge me juge ;
    C’est ainsi que j’ai su comprendre que je suis mon propre refuge.

    Inspiré d’un poème de Hazrat Inayat Khan, fondateur du « soufisme universel », un mouvement spirituel basé sur l’unité de tous les peuples et de toutes les religions.

  • Les quatre sens en question

    Sens-tu l’éternelle jeunesse battre chaque jour dans ton cœur ?
    Sens-tu sa douce flamme ardente brûler ton esprit de désirs ?
    Sens-tu la suprême finesse de l’âme et de son air moqueur
    Lorsque l’humeur pétaradante te fait explorer de plaisir ?

    Vois-tu l’éternelle lumière briller au plus profond de ton regard ?
    Vois-tu la couleur de l’amour lorsque tu joues à la poupée ?
    Vois-tu la vérité première qui sort de ton sourire hagard
    Lorsque ta bouche avec humour me dit « je t’aime » à mots coupés ?

    Entends-tu le son de ta voix lorsque tu me donnes ta bouche ?
    Entends-tu l’écho de ton cœur qui s’emballe tout feu tout flamme ?
    Attends-tu la fin de l’envoi pour répliquer qu’enfin tu couches
    Avec ton amant, ce vainqueur qui a su découvrir ton âme ?

    Goûtes-tu la saveur du jour lorsque vient la Saint-Valentin ?
    Goûtes-tu le bouquet du temps qui rythme le cœur des amants ?
    Écoute le son de l’amour résonnant au petit matin
    Réveiller en les affûtant le cœur et le corps, ardemment.

    Tableaux d’Edward Vardanian

  • La couleur des saisons

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de printemps
    Et de ses teintes pionnières qui envahissent la nature,
    De ses premières floraisons qui portent un bonheur chantant
    À nos abeilles ouvrières et aux papillons en pâture.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’été
    Et de l’or en abondance qui se répand sur les terres.
    Arômes et exhalaisons que les vents ont haletés
    S’exhalent en récompense de la manne alimentaire.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’automne
    Par la rouille qui convertit les feuilles de nos forêts
    D’une foi qui aurait raison de la terre monotone,
    Lasse d’avoir trop verdit et de s’être trop dorée.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’hiver
    Et la neige en avalanche jour de la Saint-Valentin,
    Qui isole les maisons de la froidure qui diffère
    La Terre d’une nuit blanche comme un manteau de satin.

    Tableaux de Anna Ewa Miarczynska

  • Saint-Valentin et chauds lapins

    Saint-Valentin, un chaud lapin, et sa voisine, chaude lapine,
    Se sont rencontrés curieusement en période de confinement.
    Ainsi se sont mis le grappin mutuellement, copain-copine,
    Et se proposent furieusement de s’aimer intensivement.

    Ils vont repeupler la planète par une maladie d’amour
    Qui produira maints lapereaux et bien plus si affinités.
    Madame et son mari honnête feront bombance et bonne bourre
    Lui, en brandissant son poireau et elle, sa féminité.

    Tableaux de Hannah Silivonchyk

  • Saint-Valentintin

    Valentintin serait homo et son Paddock, un Roméo ;
    C’est ce qu’on lit dans leurs albums entre les lignes, parmi les hommes.
    Très peu de femmes entre les pages mais plutôt virils équipages
    Et des compagnons plutôt gais et toujours prêts à naviguer.

    Un coup de foudre, un coup de bôme, entre deux héros en binôme,
    Les ont réunis pour la vie et rassemblés au même avis.
    Alors pour la Saint-Valentin, Paddock et son Valentintin
    Vivront des amours masculines avec beaucoup de vaseline.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Saintes glaces

    Anticipant les saints de glace, Saint-Michel se couvre de blanc
    Et adopte un air de banquise sous un petit vent d’est glacial.
    Là-bas, on ne tient plus en place. Il paraît même, détail troublant,
    Que les prophylaxies requises gèlent sous le masque facial.

    Photo de Mathieu Rivrin sur https://www.mathieurivrin.com

  • Illusion d’optique

    Un promeneur en sac-à-dos qui s’enfonce dans la forêt ;
    Un chien qui court decrescendo et qui descend dans les fourrés ;
    Selon l’humeur de mes tourments, je sens l’énergie s’élever
    Tandis que mon tempérament sent ses ressources prélevées.

    Photo de Terri Babers

  • Dépistage occulte

    Bonne nouvelle ! Le port du masque sera bientôt abandonné
    Au profit d’un bouchon anal qu’on devra porter constamment.
    La faciale protection fantasque des voies nasales contaminées
    Est détournée, c’est pas banal, du postérieur au fondement.

    Vu sur https://clipartguy.com/design/clip-art-of-a-white-male-patient-getting-shot-in-the-butt-by-a-nurse-with-a-syringe-by-djart-222

  • Sur le toit du monde

    Assis, les cornes en gratte-ciel, bien à plat sur la cheminée,
    Le bouquetin rend son hommage à la chèvre de Monsieur Seguin
    Sous le regard circonstanciel des éminences ravinées
    Qui ouvrent sur les pâturages un appel, le temps d’un regain.

    Là-haut s’ennuie le loup lubrique qui envoie une onde hypnotique
    Pour attirer toutes les proies qui passeraient à sa portée.
    Mais le bouquetin nostalgique reste sourd au charme exotique
    Et le loup peut faire une croix sur l’envoûtement avorté.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sinusoïdes

    Cette ondulation qui moutonne comme une rivière tremblante
    Et franchit l’océan de neige sous la garde des chiens de mer,
    Produit l’écume qui s’encotonne parmi la blancheur aveuglante
    Du flot qui suit comme un manège la houache du navire-mère.

    Toutes épuisées, elles ondulent en espérant la bergerie
    Au bout de ce méli-mélo où elles trouveront du repos.
    Certaines complotistes fabulent qu’elles vont droit à la boucherie
    Mais lorsque tout va à vau-l’eau, personne n’écoute leurs propos.

    Photos de Fer Burak à Van, une ville de l’est de la Turquie

  • La nuit, tous les chats sont phares

    Sous l’influence des étoiles et de toutes les lunes rondes,
    Les chats, depuis belle lurette, ont le regard phosphorescent.
    Quelle que soit la couleur des poils et la longueurs des queues d’aronde,
    Les matous allument leurs mirettes pour se rendre plus attendrissants.

    Illustration de Dorota Sroka

  • Riboulet le débrouillard

    Comme il est écrit dans les livres, mon caractère est astucieux
    Mais ce crédit reste entaché ; on se méfie des débrouillards.
    Afin qu’un jour je m’en délivre, il me paraît plus judicieux
    Pour vivre heureux, d’être caché sous mille couches de brouillard.

    Roman « Loulet le débrouillard » de Jehan de Seneval dont j’ai falsifié le titre, illustré par René Hausman

  • Escapades sous la lune – 2

    Lorsque vint la dernière neige, après trois mois d’un rude hiver,
    Les animaux prirent l’habitude d’ouvrir le bal en pleine lune.
    Qu’il est charmant, le doux manège de ces enfants de l’univers
    Qui expriment leur gratitude et dansent à la bonne fortune.

    Le lièvre avec sa descendance, le cerf et sa progéniture,
    Dansent un quadrille endiablé pour fêter la fin de l’hiver.
    Mais au printemps, sous l’abondance du rendement de la nature,
    Tout le monde vient s’attabler encore au bal de l’univers.

    Tableaux de Catherine Hyde sur https://fossfineart.com/artists/25-catherine-hyde/works

  • Escapades sous la lune – 1

    Il a tant neigé sous la lune en ces derniers jours de l’hiver
    Que la poudre de fées opère sur les animaux des forêts.
    Admirez la danse opportune des partenaires à ciel ouvert ;
    Le lièvre et le cerf, son compère, courir un ballet guilleret.

    Le lièvre invite sa levrette, le cerf invite sa bibiche.
    Si la hase n’est point vexée que son mâle l’ait confondue,
    La biche, plutôt guillerette, n’écoute pas, elle s’en fiche
    Et personne n’est complexé par ces joyeux malentendus.

    Tableaux de Catherine Hyde sur https://fossfineart.com/artists/25-catherine-hyde/works

  • Chers petits monstres

    Chers petits monstres

    Tous mes petits défauts, tous mes petits démons
    Qui composent l’esprit et me font délirer,
    Pèsent en porte-à-faux comme un mât d’artimon
    Qui penche avec mépris et me fait chavirer.

    Illustration de Mateo Dineen.

  • Les cervelles d’oiseaux

    Les cervelles d’oiseaux

    Après avoir ouvert la cage à toutes les désillusions,
    Voilà les mémoires envolées avec les oiseaux de passage.
    Quand « délivrance » et « déblocage » sont les mamelles de l’évasion,
    L’âme et l’oubli vont convoler sans le moindre train d’atterrissage.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’œil turquoise

    L’œil turquoise

    Quand l’amour nécessite un phare pour naviguer en profondeur
    Sur l’océan de séduction sous une nuit d’indifférence,
    L’œil turquoise émet sous le fard de la paupière, tout en rondeur,
    Une lumière par induction qui perce un rayon d’attirance.

    Illustration de Moribayassa.

  • S’ouvrir et s’enfermer

    S’ouvrir et s’enfermer

    Le cœur s’offre aux pages ouvertes sans ressentir la moindre fatigue
    Et l’âme, jusqu’à épuisement, continue de faire sa moisson
    Puis, s’enfonce à la découverte en suivant le fil de l’intrigue
    Pour arriver au dénouement où tout finit en queue de poisson…

    Photo de Kerem © Keremcgrc sur https:hitek.fr42artiste-reves-photos-surrealistes_7763 .

  • Désobéissance

    J’ai toujours eu cette impression que les règles que l’on m’impose
    Ne servent qu’à sauvegarder les avantages d’une élite
    Qui établit une oppression envers ceux que ça indispose
    Et qui auraient souhaité garder une équité cosmopolite.

    Photo du National Geographic

  • Madame météo

    Quel temps fait-il, Madame Subtile ? Fait-il beau temps, Miss Météo ?
    Beau temps au réveil, je l’espère, selon les caprices des vents ;
    L’année n’étant pas bissextile, février verra Roméo
    Et sa Valentine prospère dormir vingt-huit jours en rêvant.

    De gros nuages à l’horizon pourtant il fera beau demain ;
    Ce sera le temps des amours quarante jours, quarante nuits.
    Le temps n’a pas toujours raison, variant du jour au lendemain,
    Car il ne manque pas d’humour pour vous détremper de l’ennui.

    Maquillages de Marian Santos

  • La distribution

    À la distribution des corps, je me suis fondue dans le décor ;
    Pour la distribution des cœurs, j’ai pris le mien à contrecœur ;
    À la distribution des âmes, j’étais nue tout comme une femme ;
    Pour la remise des cerveaux, j’ai été remise à niveau.

    Tableau de Felice Casorati

  • Une femme à sa fenêtre

    Parfois au sortir de la douche, elle se met à la fenêtre
    En plaquant son corps de sirène contre la vitre tout embuée.
    Ensuite, elle y colle sa bouche à la recherche d’un bien-être
    Pour sentir cette joie sereine à laquelle j’ai contribué.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Astérisques et arobas

    L’arobas fait des arabesques et les astérisques, des étoiles
    Sur les parures couleur du temps, des temps modernes, évidemment.
    Bien que le goût du romanesque prenne la femme à rebrousse-poil,
    Elle ne trouve pas rebutant d’y renouer incidemment.

    Or, l’astérisque devient sexy quand, posée sur le mamelon,
    Elle en souligne sans cacher l’affriolante rotondité.
    Et je tombe en apoplexie quand l’arobas glisse selon
    Comment l’étoffe reste attachée en dévoilant l’intimité.

    Vêtue de poussière d’étoiles ou d’arobas ou d’astérisques
    Tout ça c’est cousu de fil blanc, c’est blanc bonnet et bonnet blanc !
    Mais jamais elle ne se dévoile, la fille ne prend aucun risque,
    Car elle se protège en tremblant contre mensonges et faux-semblants.

    Tableaux de Csaba Markus

  • Ces murs qui ont du nez

    Si les murs avaient des oreilles, dorénavant ils ont du nez !
    C’est dû à l’effet combiné de l’internet et la 5G.
    L’humanité n’est plus pareille maintenant qu’elle est condamnée
    À se retrouver confinée sous une protection singée.

    Grâce à nos appareils modernes, le futur nous suit à la trace
    Grâce à nos cartes de crédit qui s’usent graduellement.
    Le téléphone nous materne avec tous ses forfaits voraces
    Dont l’abonnement nous prédit son tacite renouvellement.

    Vous aurez plus que la lumière ! Demain on vous rase gratis !
    Tout est promis, tout est prévu dans notre offre de comédie !
    Depuis l’échéance première, au fil des mois, on vous ratisse
    Jusqu’à la mort, sauf imprévu, mais là, cochon qui s’en dédit !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La fonte

    Lorsque je peux déconnecter toutes les pensées qui m’animent
    Et que je connecte mon âme ouverte sur le canal du cœur,
    Toutes les peines affectées s’écoulent dans un flot unanime
    Comme percées du brise-lames d’un esprit libre à contrecœur.

    Par le renouveau d’un printemps d’inspiration indépendante,
    Je me relie aux origines du sang qui coule dans mes veines.
    L’âme nue retrouve, en suintant de ses folies condescendantes
    Vers ses authentiques racines, toute son âme-sœur écrivaine.

    Tableau « Mon âme se reposera dans ton étreinte » d’Elena Kraft

  • Cherche-Midi est un lion

    Lorsqu’il entend des animaux ou qu’il aperçoit ses amis,
    Cherche-Midi lève le nez et lorgne sur la vidéo.
    Puis, il accourt prestissimo entre l’écran et le tapis
    En observant, tout étonné, l’image de ses idéaux.

    Le cri d’un lion réveille en lui son cœur de matou conquérant,
    L’oiseau paradisier stimule l’œil de lynx toujours à l’affût,
    Le fauve qui déchire la nuit d’un feulement vitupérant
    Ravive l’instinct que formule l’empire de ses sens diffus.

    Cherche-Midi sait se montrer très bon public

  • Pliée en quatre

    Quand elle rit, elle se plie en quatre même si ce n’est pas tout à fait vrai ;
    Quand elle rigole, elle s’esquinte par tous ses membres et jusqu’au cou ;
    Après, je la vois se débattre bien même plus qu’elle ne devrait
    Et tout ça finit par une quinte de rire que tous ses os secouent.

    Elle fait toutes les positions du yoga au Kâmasûtra
    Quand elle fait l’amour dans son lit, sur le sol et le tatamis.
    Elle jouit sans opposition et, quand bien même que pourra,
    Elle se replie à la folie surtout s’il y a beaucoup d’amis.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Masturbation cérébrale

    Où s’établissent les fantasmes, le plaisir et la jouissance
    Dans les volutes du cerveau et la volupté du cortex ?
    Quel est l’origine des orgasmes qui détonent à toute puissance
    Depuis les plis en écheveau jusqu’auvertiges du vortex ?

    Tableau d’Ilya Filatov

  • Renversant !

    Renverser l’objet du désir pour découvrir son caractère
    C’est comme passer au scanner chaque parcelle de son corps.
    Cela permet, tout à loisir, sans avoir d’avis réfractaire,
    De goûter le plaisir charnel en pensées et bien plus encore.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’oiseau complémentaire

    Voici l’oiseau complémentaire, le rouge-gorge à gorge orange,
    Vêtu de plumes bleu-cerise, coiffé d’une houppette discrète.
    C’est notoire, c’est élémentaire, il possède un pouvoir étrange
    Dont les autres espèces éprises ont l’envie qui monte à la crête.

    Le Pinson des arbres de grève, le Bouvreuil pivoine lui-même,
    Le Traquet pâtre morfondu et la Linotte mélodieuse,
    Tous ces piafs poursuivent leur rêve évoquant l’oiseau de bohème
    Et voudraient être confondus à leur idole radieuse.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Recyclages

    Qu’arrivera-t-il à mon âme, une fois l’éternité passée ?
    Que restera-t-il de mon corps, une fois sorti les pieds devants ?
    Qu’arrivera-t-il à mon cœur, une fois ses amours compassées ?
    Qu’adviendra-t-il de mon esprit, une fois emporté par le vent ?

    Ici, de la poussière d’ange pour souffler d’autres créations ;
    Là, de la poussière d’étoile pour ensemencer l’univers ;
    Là, des passions évanescentes pour aimer en procréation ;
    Ici, des pensées vagabondes pour inspirer rimes et vers.

    Tableaux d’Alicia Ross

  • Les dessous d’une œuvre

    Si j’explorais aux rayons X les célèbres toiles de maîtres,
    J’y découvrirais sûrement leurs secrets entre parenthèses.
    Léonard par ses idées fixes et ses folies au kilomètre,
    Vermeer et ses goûts mûrement axés sur les belles hollandaises.

    Je gratterais sous la peinture, leurs pense-bêtes olé-olé :
    Pourquoi ce sourire de merle que Mona Lisa affichait ?
    Quelle a pu être l’aventure avec Perrette-au-pot-au-lait
    Et la jeune fille à la perle au regard de biche aguiché ?

    Collages de Carme Magem

  • L’amour équitable

    Je ne suis pas très à cheval sur mon idéal féminin
    Et l’imagine pas trop bonniche mais, tant soit peu, hospitalière.
    Si, entre nous, l’amour cavale, j’aimerais cracher mon venin
    Entre les reins de ma pouliche lors d’une érection cavalière.

    Tableau de Costa Dvorezki

  • L’amour au toucher

    C’est vrai, l’amour ne se voit pas ; c’est vrai, l’amour ne s’entend pas ;
    C’est vrai, l’amour ne se sent pas; c’est vrai, l’amour ne se goûte pas.
    Mais je le vois en te touchant, mais je l’entends en te palpant,
    Mais je le sens en te tâtant, mais je le goûte en t’embrassant.

    Et je te mange avec mes yeux, et je te tâte avec mes mains,
    Et je t’embrasse avec mes lèvres, et je te goûte avec mon sexe,
    Et je te palpe les seins soyeux, et je pénètre ton vagin,
    Et nous jouissons avec fièvre d’un plaisir concave et convexe.

    Tableaux de Marlina Vera

  • La loi de l’attraction

    Selon la relativité, l’espace-temps est déformé
    Et la lumière déportée par les attractions magnétiques.
    Impossible alors d’éviter de sentir ma vie transformée
    Par le sex-appeal apporté par des créatures érotiques.

    Tableau de Konstantin Razumov

  • Ceci n’est pas un trou noir

    Plus noir que vous ne le pensiez au petit bout de la lorgnette,
    Gravitation universelle et relativité s’affrontent.
    Les frais d’un Dieu trop dépensier font des trous noirs bien malhonnêtes
    Dans l’univers où s’amoncellent de vieux démons qui s’y confrontent.

    Image d’un trou noir supermassif divulguée le 10.04.2019 par un réseau de huit télescopes répartis à travers le globe

  • Ève-Académie

    Plusieurs femmes ont concouru au concours d’Ève-Académie
    De races noires, jaunes et blanches, aux tresses brunes, rousses et blondes.
    Si l’une d’entre-elles mourut à cause d’une épidémie,
    Les autres tinrent jusqu’au dimanche pour briguer le titre Miss Monde.

    Adam fit partie du jury et ordonna l’épreuve ultime
    Avec un test de connaissances à propos des fruits défendus.
    Se détacha de l’écurie, lui croquant ses parties intimes,
    Une femme dont la naissance d’une côte aurait dépendu.

    Tableau « le jardin des délices » de Jérôme Bosch

  • Péché de genèse

    Dans la genèse alternative, Ève aurait fait la connaissance
    D’oiseaux de paradis en nombre et appris leurs danses nuptiales.
    L’âme séduite, admirative, Ève, d’amoureuse effervescence,
    Se serait vêtue de pénombre dans un registre bien spécial.

    Adam, lui, se serait paumé dans le labyrinthe d’Éden
    Et aurait croisé sa maîtresse, une charmeuse de serpent.
    Puis, Ève n’aurait pas chômé à le chasser, non sans dédain,
    Et, pour compenser sa détresse, aurait fui avec Peter Pan.

    Tableaux de Julie Heffernan

  • Pendant ce temps…

    Tandis que les humains voyagent pour mieux réchauffer la planète,
    Tous ceux qui vivent des grands froids devront s’adapter ou mourir.
    Quant aux ours blancs, le bousillage de leur banquise fait place nette
    À une lutte avec effroi pour trouver de quoi se nourrir.

    Adieu compagnons plantigrades qui montraient toujours patte blanche,
    Vous resterez dans nos mémoires rangés avec les dinosaures !
    Vous étiez juste rétrogrades à la croissance en avalanche
    Des humains et de leurs déboires à coups de Nabuchodonosor.

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