Heureux comme un poisson dans l’eau… mais limité à son bocal Qui paraît tellement fragile qu’il pourrait voler en éclats. La pollution va à vau-l’eau, et le gouvernement bancal N’est qu’un colosse aux pieds d’argile pour qui, déjà, sonne le glas.
Et nos petites vies tranquilles que nous pensions inébranlables Se fissurent sur les frontières et à l’intérieur de nos villes. Nous pensions nos règles utiles mais les voici incontrôlables Aux mains d’autorités altières sur des groupuscules serviles.
À vue d’œil derrière un écran, je vois mes propres opinions ; Je me vois, l’esprit mis à cran, privé de toutes réunions. À vue de nez derrière un masque, je sens mes propres excrétions ; Je me sens, une âme fantasque, asphyxiée sous l’oppression.
À vue d’oreille derrière un casque, j’entends mes propres cris du cœur ; J’entends s’élever la bourrasque d’un peuple qui crie sa rancœur. À vue de goût, c’est le dégoût d’avaler ma propre nausée Envers ceux qui frappent des coups sur une foule ecchymosée.
Un rêve qui ne manque pas d’air serait d’attendre un dirigeable Directement sur ma terrasse contiguë à l’embarcadère. Pour un voyage hebdomadaire avec billets interchangeables Afin que je me débarrasse des tracasseries légendaires.
Puis, selon la boussole folle qui tournicote au gré des vents, Je m’embarquerais sans valise juste mes chaussures à la main. Et dans l’azur dont je raffole, je m’élancerais aux devants De l’aventure sans balise, sans destination pour demain.
Et puis, à l’intérieur du rêve, s’entrouvrirait un autre monde Où disparaîtraient les frontières pour ne laisser que l’inconnu. Les heures, d’ordinaire si brèves, dans une course vagabonde, D’allongeraient la vie entière pour l’honneur d’un cœur ingénu.
Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html
Quand le cœur appelle, Quand il interpelle, L’invitation au voyage, Le corps lui répond « Partons au Japon, Courrons à l’appareillage ! » La raison s’efface Sans perdre la face Dans un simple lâcher prise Et l’âme s’éveille Devant les merveilles Issues de cette entreprise.
Là, tout le sel de la Terre Charme le voyage en solitaire.
Au hasard des rues, La peur disparue, J’irai à la découverte De nouveaux regards Aux yeux pleins d’égards Pour mes intentions ouvertes. Je rencontrerai, Je recouvrerai Cette âme-sœur en attente Qui m’attend là-bas Peut-être à Cuba Sur la plage miroitante.
Là, le voyage solitaire Goûte le sel de la Terre.
Quand je reviendrai, Quand je rejoindrai Mes amis et ma famille, Je leur offrirai Ces vers inspirés De l’odeur de la vanille. Je repartirai, Sans aucun regret, Vers de nouveaux paysages, Pour voir triomphants Grandir mes enfants De tout ce qu’ils envisagent.
Là, le voyage reprend, Tout le monde se comprend.
Au soir de ma vie, Mon âme ravie Connaît sa dernière étape, Elle largue les voiles, Va vers les étoiles, Personne ne la rattrape. Ce dernier voyage N’est qu’un nettoyage De l’essence tout entière Qui renaît demain Qui me tend la main Pour une vie sans frontière.
Là, le voyage sans fin Trouve son plaisir enfin.
Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html
Qui ose braver la tempête quand les éléments se déchaînent ? Qui ose affronter la puissance des événements d’oppression ? Qui prend le risque de tenir tête aux répercutions qui s’enchaînent Quand on oppose la résistance d’une population sous pression ?
Nous sommes tous des colibris qui tentent d’apaiser le feu De l’incendie qui nous ravage et nous condamne à l’extinction. Les nantis et les sans-abris, tous unis, feraient de bons contre-feux Mais chacun subit l’esclavage des régimes en extension.
Il y a l’heure entre chien et loup et l’heure entre chiens, chats et rats Qui se rencontrent çà et là sans pour autant être adversaires. Les hiboux sont un peu jaloux d’observer ce conglomérat Et les serpents sifflent au-delà un cri jailli de leurs viscères.
Que font-ils donc, ces animaux, à agir comme complotistes ? Nul n’en sait l’authenticité ; on se méfie de cette entente Car il se dit à demi-mot des propos indépendantistes Entre la domesticité et ceux qui vivent en dilettante.
Les femmes me paraissent complexes a priori dans leurs discours Car je tâtonne entre leurs yeux, et leurs mamelles, je le confesse. J’entends aussi en multiplex ma langue qui leur fait la cour, Tandis que mon cœur cafouilleux ne pense qu’à leurs jolies fesses.
Seulement voilà ; si je dis ça ça va pourrir ma renommée, Mes vers seront mis à l’index, bannis à l’unanimité. Aussi je demande fissa auprès de ma femme bien-aimée De plaider que j’ai le cortex sublimé de féminité.
La communication muette d’un baiser longtemps soutenu Part du profond de la luette jusqu’au bout des lèvres charnues. J’aime cet échange discret qui en dit plus que mille phrases Et dont l’amour a le secret jusqu’à connaître l’épectase.
Et le baiser se fait voyage dans la mer salée des deux bouches Avec le tendre paysage des regards qui presque se touchent Derrière les paupières fermées sur le bonheur inconsistant De deux cœurs en train de germer dans l’intervalle d’un instant.
Rapellons-nous que l’Épectase désigne au choix « le Progrès de l’homme vers Dieu » ou « le fait de mourir lors de l’orgasme »
Elle me suivait de son regard dans l’embrasure de la porte Juste entrouverte sur la ruelle dans un vieux quartier de Strasbourg. Je voyais son visage hagard qui attendait que lui apporte Un courant de bonnes nouvelles par un vent messager d’amour.
D’une inquiétude un peu fugace, dans l’instant bref d’une seconde, Elle pointait ses yeux sondeurs à chaque pas à peine entendu. Un beau jour, son esprit sagace trouvera sa source féconde En explorant en profondeur l’âme de son prince attendu.
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Quand la sirène a le cœur gros et l’esprit comme un courant d’air, Elle remonte à la surface pour crever l’abcès de la mer. Certes, dans les textes intégraux des aventures légendaires, Les marins croient qu’elle s’interface entre les monstres et les chimères.
Seuls les dauphins savent écouter ses plaintes et ses lamentations Car enfants naturels, ils sont de ses folles amours marinières. Alors ils viennent égoutter ses larmes avec ostentation En la consolant de chansons avec la gente poissonnière.
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Si je traduisais en couleurs vos pensées intimes et secrètes, J’en obtiendrais une œuvre d’art qui vous rendrait expressionnistes. J’y exprimerais vos douleurs dans des nuances plus discrètes Et vos joies jailliraient dare-dare sur l’écran du projectionniste.
Si j’extériorisais vos goûts, vos désirs et vos ambitions, J’illuminerais les obscurité ténèbres dans un plasma électronique. Vos sens pulseraient par à-coups des rayons à répétitions D’un cœur dont la maturité battrait d’un rythme supersonique.
Puisqu’on nous prend pour des moutons et qu’on veut imposer le « Pass », Pourquoi ne pas pousser plus loin le droit à notre étiquetage ? Nos oreilles cousues en bouton nous serviraient de mot de passe Et un masque posé sur le groin pour nous espionner davantage.
Pour finir en queue de poisson, nous, moutons sots et ridicules, Nous, à qui l’on tond la toison, nous verrons pousser des nageoires. Quant à ceux qui font leur moisson des vaccins qu’ils nous inoculent, Versons-leur leur contrepoison directement dans leurs mangeoires.
Dites-moi où sont les hippies dont l’amour bannissait la guerre. Dites-moi où sont les tipis où l’on fraternisait naguère. Ils restent vraisemblablement de l’autre côté de la Terre Là où irrémédiablement les ont chassés les militaires.
Dites-moi où sont les pionniers qui se sont battus pour leurs terres. Sans doute quelque part prisonniers isolés dans un monastère. Dites-moi où sont les héros qui préféraient mourir debout Plutôt que d’être un numéro et vivre couchés dans la boue.
Comme un prélude insaisissable, juste un coup avant la tempête, Comme une ouverture rapide, juste le choc des percussions, Le temps est inassouvissable et clame à grand coup de trompette Ses folles envies intrépides de jouer son exécution.
Alors l’orchestre symphonique de tous ses instruments à vent Fait vibrer les cordes des arbres sous l’action des coups de tabac Et tous les cuivres polyphoniques, en rafales qui vont s’aggravant, Soulèvent les socles de marbre et les tombeaux des mastabas.
En rassemblant les souvenirs des plus beaux rêves érotiques J’ai reconstitué le visage de mon Éternel Féminin. Elle a les yeux de l’avenir, les lèvres les plus impudiques Et une bouche qui envisage de m’inoculer son venin.
Venin d’amour qui donne au cœur l’ivresse du vin merveilleux Qui donne au corps son coup de fouet et ouvre l’esprit enfermé. Venin d’amour, chaude liqueur qui coule des yeux camaïeux Dont le regard vient m’avouer qu’elle sent notre enfant germer.
Si je rassemblais les fragments du puzzle laissé en déroute Quand mes rêves crèvent à l’aube par un ardent vaporisage, En rassemblant tous les segments de droites, de cercles et de routes Je reconstituerais un lobe, un nez, une bouche, un visage.
Pièce après pièce, patiemment, je reverrais toutes les belles, Belles de jour, belles de nuit, belles d’amour, belles d’envies, Que je rencontre galamment quand mon âme se faut rebelle Et échappe à son corps d’ennui pour des passions inassouvies.
Après l’attente, la bonne entente scelle le cœur des amoureux Dont l’amour distille la colle et son envoûtante attraction. La vie sur un nuage enfante des garçons aux bras vigoureux Et des filles dont le protocole serait d’être une distraction.
Que feront-elles, ces pucelles sinon qu’attendre leurs beaux princes Qui vivent au-delà des frontières d’un machisme inconsidéré ? Mais aujourd’hui, ces demoiselles préfèrent leur serrer la pince Et vivre l’existence entière leur vie de femme libérée.
Les jambes repliées et les bras nonchalants Pour tromper l’impatience de celle qui attend. Le regard éperdu, un air ambivalent Pour troubler l’espérance et son désir latent.
Dans sa robe légère et ses souliers vernis Elle pose en princesse et le temps disparaît. La crainte passagère d’un rendez-vous terni S’efface dans l’allégresse de l’amant qui paraît.
Que le rouge le plus intense qui a coulé dans mes douleurs S’amenuise autour de l’orange tandis que je reprends mon souffle ! Que ma peur jaune, sans importance, qui me ternissait les couleurs Reverdisse d’un ton étrange tous mes maux qui s’y emmitouflent !
Enfin je sortirai du blues, ce spleen à tire-larigot Qui voile mon ciel bleu d’azur et se dissipe à la volette. Et mes vieilles rancœurs jalouses mourront dans le puits indigo De l’âme au fur et à mesure, tout comme un bouquet de violettes.
Parfois une couleur indélébile qui a pourtant été lavée Et relavée parmi mes rêves à la lessive de la nuit, Revient comme une tache immobile que rien ne pourrait délaver Malgré une aurore sans trêve qui veut l’effacer de l’ennui.
Dans ce clair-obscur camaïeu des belles dames du temps passé, L’or de cette robe éternelle jamais ne se dissipera. Dans mes souvenirs broussailleux et mes mémoires espacées, Cette couleur sempiternelle jamais ne s’éliminera.
Gardien du temple, gardien des morts, méfiez-vous du chat qui dort. Gardien des rêves, gardien des limbes, en tous les cas, le chat regimbe. Il ne vous laisse pas entrer, nul ne peut le déconcentrer ; Il ne vous laisse pas sortir, nul ne saurait le pervertir.
Il surveille les cimetières pendant ses neuf vies tout entières ; Il protège le secret des tombes et s’il faillit, il y succombe Il garde l’oubli des caveaux par l’opium des fleurs de pavots Confiez-lui votre mausolée, vous n’en serez point désolé.
Hier, la montagne tremblait par tous ses pores et ses chemins ; L’hiver usait son privilège sur les glaciers et les moraines. Hier, la forêt ressemblait à une peau de parchemin Aux feuilles brûlées par la neige et ses troncs noirs comme l’ébène.
Ce matin, changement de cap ; la mode est à la renaissance Et les ruisseaux drainent les terres comme porteurs de bonnes nouvelles. L’hiver n’est plus un handicap ; le printemps apporte l’essence Qui accentue le caractère de Gaïa qui se renouvelle.
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Quand chaque jour, la sirène requiert son bain de couleurs, Je l’imagine toute nue, exposée tel un joyau. Mais la quiétude sereine, m’impose dans la douleur Sa nudité soutenue par un pudique maillot,
Quand les jours se rallongent, les après-midis se distendent, Heures et minutes s’étirent jusqu’à la rupture du temps. Je vous l’avoue, mon regard plonge vers les poitrines qui se tendent Sous les chemisiers qui m’attirent d’un magnétisme transmutant.
Plus la matière est transparente et plus mon regard semble lourd Plus la consistance est fragile et plus l’envie se consolide. Et sous la lumière apparente entre les ombres de velours, Je rêve d’un petit vent agile pour découvrir ces chrysalides.
J’aimais ses cumulonimbus sous son manteau en peau de nuit Qui épousait les dépressions et les sommets de sa poitrine. Mais au moindre cunnilingus, qui lapait doucement son huis, Sa bouche s’ouvrait d’une expression semblable à un lèche-vitrine.
Quand l’amour parsème à tout vent, les corps subissent la tempête Dans les folles précipitations de l’effervescence des sens. On y revient le plus souvent dès que l’orage monte à la tête Aussitôt que l’excitation met les cœurs en incandescence.
En ce temps-là, nonchalamment, perchés au sommet de la piste, Nous dénombrions les météores, pluies, grêles, ouragans et tempêtes. J’y accompagnais galamment ma belle météorologiste Comme deux anges égrégores assis sans tambour ni trompette.
La nuit venue, secrètement, juchés sur un esquif fragile Nous naviguions sous le prétexte d’améliorer nos connaissances. Mais pour parler concrètement nous nous échappions des vigiles Pour nous aimer dans un contexte plus en rapport avec nos sens.
L’amour fait chavirer le cœur et en aveugle la raison Par interférences avec moires dans les souvenirs partagés. J’en veux pour preuve avec rancœur les errances en toutes saisons Dont j’ai gravé dans ma mémoire les mésaventures outragées.
Ève voyait flou, Adam myope, ils n’ont pas reconnu la pomme, Ont croqué le fruit défendu dans un paradis de brouillard. S’ils avaient été nyctalopes ou bien consulté les Prud’hommes, Ils auraient été entendus par un avocat débrouillard.
Voilà pourquoi l’amour est flou voici pourquoi l’amour voit double. Dieu nous a brouillé l’œil du cœur en nous privant de connaissance. C’est ainsi, l’homme devient fou ; c’est ainsi, sa femme le trouble Mais peu importe la liqueur pourvu que l’ivresse des sens.
Au matin la reine s’éveille encore éperdue dans les songes Dont les souvenirs disparaissent de sa mémoire vaporeuse. Il suffit d’un peu de soleil pour faire traiter de mensonge La nuit aux ténèbres épaisses fors d’une attente langoureuse.
À midi, la reine s’habille encore baignée de rosée Avec des pétales de rose et leurs arômes inégalés. Juste un éclat sur les pupilles sur une joue couperosée Qui lui efface l’air morose de rester seule en son palais.
Le soir, la reine au crépuscule encore en attente du roi Dont le retour imprévisible deviendrait presque indispensable. Sans un seul mot, son cœur bascule, affolé, en plein désarroi D’une émotion intraduisible et d’une envie imprononçable.
Février s’enfuit, février de glace, les champs sous la neige, les prés chamboulés ; Février se meurt, février s’endort après quatre semaines, vingt-huit jours de froid. Février s’ennuie de laisser la place au mois du printemps et des giboulées ; Et Mars s’emparer de la toison d’or et février fuir sans aucun effroi !
Février de glace descend l’escalier et s’en va rejoindre les années passées. Des années de joie, des années d’effort où l’on vit le fruit de l’amour s’ouvrir. Février descend, atteint le palier d’une humeur maussade, un peu compassée ; Elle est à l’honneur des mois les plus forts où tout l’or du monde reste à découvrir.
Qu’il est tortueux le parcours, celui de la carte du tendre Entre les monts et les mamelles, entre les gorges du bassin ! La vallée où le ruisseau court, la plaine où l’on aime s’étendre, Le lait au goût de caramel qui suinte à la pointe d’un sein.
Qu’il est chaud le microclimat entre les touffes et les fougères Où l’on va se déshabiller pour profiter de la chaleur. Les cuisses fraîches au minima, les fausses couleurs mensongères Et les arômes vanillés d’une vulve mise en valeur.
Sur tes épaules, dessinées les excursions de nos amours ; Sur la colonne, descendues nos émotions les plus profondes ; Sur tes deux hanches, hallucinées les caresses de chaque jour ; Et sur tes fesses, distendues nos étreintes les plus fécondes.
J’ai tracé la carte du tendre sur la surface de ton dos En marquant toutes les étapes de nos voyages amoureux. J’ai toujours plaisir à entendre les échos de notre libido En passant ma main sur tes grappes de grains de beauté langoureux.
Il était une fois un virus niché dans les monts de Vénus Qui fit un couac assez succinct avec l’appui d’un faux vaccin. Ensemble ils montèrent un complot pour secouer le peuple de sanglots Mais surtout pour assujettir tous les moutons à convertir.
Ceux qui vivaient la vie de château les menèrent longtemps en bateau Par des paroles et des promesses, bien sûr, aux frais de la princesse. Ceux qui avaient brandi la rose se retrouvaient tous l’air morose Et les vagues d’opposition en très mauvaise position.
On parla de révolution dans le peuple en évolution, Provinciaux aux gilets jaunis qui chantaient en polyphonie. Finalement ce sont les femmes – jugées créatures infâmes – Qui firent comprendre à leurs hommes que Dieu les prenait pour des pommes.
La porte paraît si fragile qu’il en tombe des giboulées, Pluies abondantes aux Saints de Glace, frimas et gelées au printemps. Le froid, sur les terres d’argile et les fissures craquelées, Laisse l’empreinte qui verglace les chemins les plus éreintants.
De temps à autre, s’ouvre le seuil d’où ruissellent des eaux du ciel Qui viennent goûter les sols gelés et saliver les dieux gourmands. Et l’on voit renaître les feuilles et les bourgeons providentiels Qui font les fleurs écervelées et les rameaux, pinces sarments.
« Être en avance sur son temps » ne doit pas être pris à la lettre Sinon nous verrions les machines tenter d’elles-mêmes se dépasser. Le téléphone, hier rebutant, a réussi à nous soumettre Et les humains courbent l’échine car ils appartiennent au passé.
Les avions joignent déjà chaque xxx de la planète Et communiquent le virus du voyage comme un Eldorado. Plus besoin de x un « oui-ja » puisque aujourd’hui il y a internet Les réseaux sociaux se font chorus pour mieux nous mener en radeau.
Locomotive folle à l’Union Station, Los Angeles, 1948.
Bien qu’il ait été plusieurs fois en plusieurs lieues, en plusieurs temps Beaucoup d’amour entre les princes, les rois, les reines et les princesses, Il s’avèrerait toutefois que leurs enfants, représentant Toute leur descendance, grincent des dents car ils s’ennuient sans cesse.
Évidemment, Ils ont tout fait ; combattu sorcières et dragons Gardé contre vents et marées leur royaume à chaque victoire. Et leurs enfants insatisfaits de ruminer dans leur jargon Qu’il serait temps de démarrer une autre page de l’Histoire.
Presque sorti de février sur le seuil de l’intersaison Quand les beaux jours font l’alternance avec la froidure navrée. Les odeurs des genévriers plantés aux enclos des maisons Délivrent au matin leurs fragrances de fusions boisées et poivrées.
Soudain un rayon de soleil qui prolonge au loin la vision Comme un chemin qui mène au seuil entre l’hiver et le beau temps. Les senteurs que le vent balaye comme un oracle en prévision De la sève qui monte aux feuilles et nous annonce le printemps.
Aujourd’hui à chaque printemps, traversent comme un météore Des vagues d’oiseaux migrateurs, fiers volatiles musiciens Car ce mouvement à six temps, qui nécessite un sextuor, Compose l’élan initiateur du renouveau acousticien,
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J’ai un esprit en escalier qui descend tout droit de mon père Qui faisait des tours et des tours dans son clos en colimaçon. Un caractère fou à lier véritable nœud de vipères Qui font des tours et des retours et galipettes sans façon.
Heureusement, j’ai des paliers et des portes sur le côté Qui me permettent d’échapper au cycle infernal des descentes Et remontées pour pallier une mauvaise foi chicotée Pour ne pas me faire attraper par une ascension oppressante.
La nuit, Morphée m’ouvre ses portes et mon lit devient un bateau Qui accueille les naufragées de tous mes rêves récurrents. Je prends ce que les flots m’apportent souvent, cerise sur le gâteau, Je vois venir la Fée-Dragée, de tout son charme aventurant.
Sur un air de Casse-Noisette et ses notes en pizzicato Jouées sur un vieux Célesta qui flotte au gré d’un courant doux, Quelques sirènes en nuisette dansent un passage en staccato Et moi, sur mon aérostat, je chante, vêtu comme un hindou.
Sous une mer de moutons verts, agitée d’une tempête démone, Le vaisseau s’était retourné et ressemblait à une maison. Puis, sous les flots de ciel couvert, les marguerites en anémone Semblaient attendre une fournée de poissons clowns en déraison.
Quand le tonnerre eut éclaté d’innombrables coups de canon, La pluie inverse sortit des larmes qui coulaient des pistils en peur. Alors la maison frégatée trembla comme un vieux cabanon Tandis que résonnait l’alarme issue des cœurs de mille fleurs.
« Mammatus Cloud » au Dakota photographié par Aaron J. Groen
D’abord, son regard bleu me glace et son air triste m’interpelle Comme une frontière invisible qui la défend pudiquement. Après, je ne sais pas ce qui se passe mais tout ce dont je me rappelle M’évoque un lien indivisible qui s’établit subitement.
D’abord, d’un geste un peu timide, elle n’ose se montrer toute nue Comme une ultime pruderie qu’elle m’oppose imparfaitement. Après, ne sais-je qui m’intimide mais, d’une intention soutenue, Elle s’extrait de sa bouderie et arrache ses vêtements.
Tandis qu’on joue à quatre mains tant de partitions pour piano, Nous dévorons à quatre-z-yeux tous les chapitres de nos livres, Tenons les mêmes parchemins, les vieux bouquins artisanaux Et dans ce moment silencieux nos deux voix du temps nous délivrent.
Parfois nous croisons nos lectures comme des rimes embrassées ; Souvent nous lisons autre chose et parfois le même bouquin. Quand on s’en va dans la nature on en profite pour potasser De vieux romans à l’eau de rose ou des fascicules coquins.
Du grand ruisseau du paradis, débordaient les immenses pommes Que les filles d’Ève précipitaient sur les fils d’Adam de passage. Les anges étaient en maladie, les démons confinés at home Tandis que Dieu sollicitait Lucifer d’être un peu plus sage.
Le serpent avait échoué et le fruit s’était répandu Puis, avait démesurément poussé comme des champignons. Les femmes s’étaient dévouées, les hommes leur avaient répondu Et le bordel assurément régna parmi ces compagnons.
On ne sait comment débuta la guerre de la pomme de discorde; Il dut y avoir un pépin dans la création en foutoir. Finalement Dieu s’en dégoûta mais, pour que l’histoire concorde, Il en tira un papier-peint dont il tapissa son boudoir.
Quand elle s’est déshabillée tout l’univers s’est entrouvert ; Le puceau devint étalon et la pucelle devint chatte. Après l’avoir estampillée, à cœur perdu, à cœur ouvert, Il enfila son pantalon puis, il renoua sa cravate.
Mais elle ne put se rhabiller car il avait, dans les orties, Jeté sa jupe et sa culotte pour garder l’œil sur le minou. Elle laissa s’éparpiller toute sa pudeur assortie À l’exhibition rigolote du mâle se mettant à genoux.
Bien que ce ne soit pas Venise, ici, le soleil nous gondole Toutes les images, peuchère, trois cent soixante-cinq jours par an. Autant la chaleur galvanise, autant le pastis nous console, À l’ombre des portes cochères, à la santé de nos parents.
La dame sortit de l’auto arborant une tête en fleur ; Fleurs magnifiques de surcroît qui lui camouflaient le visage Comme ornements sacerdotaux qui dissimuleraient les pleurs D’une déesse de qui l’on croit obtenir un tendre présage.
Elle fit quelques pas à droite et s’agenouilla sur la berge De la rivière dont les eaux transportaient les neiges fondues. Dans une action souple et adroite la dame dégaina sa flamberge Solennellement de son fourreau dans le silence répandu.
Manifestement alarmistes sur les dangers qui les menacent, Les oiseaux commencent à crier comme les Oies du Capitole. Assez craintifs et pessimistes, ils ne s’en affichent pas moins tenaces Dans le milieu approprié des domaines arboricoles.
Manifestement trop nombreux sur la planète fragilisée, Les oiseaux commencent à pleurer avec les mouettes rieuses. Qu’ils soient blancs ou bien ténébreux, ils se sont tous coalisés Avec les poissons apeurés par la pollution injurieuse.
Manifestement trop à dire, trop à se plaindre et protester, Les oiseaux commencent à maudire les cargos et les pétroliers À qui on devrait interdire d’impunément se délester Du pétrole dont on peut prédire la mort de la Terre spoliée.
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J’ai cru que la Terre était plate, j’ai cru que j’habitais au centre, J’ai cru que régnait le néant après le mur de l’horizon. Mais quand la vérité éclate – et même si cela fait mal au ventre Et me retourne sur mon séant – je dois me faire une raison.
Alors il faut bien que j’admette, alors il faut bien que j’accepte Que tout ce que l’on m’a fait croire n’était qu’un monde d’illusion Avec ses plans sur la comète et ses vérités qu’on excepte Et ses dogmes contradictoires qui m’ont contraint par collusion.
Aujourd’hui je lève le voile des doctrines d’obscurité Qui me maintiennent dans l’ignorance pour mieux m’auto-suggestionner. Je vois au-delà des étoiles mon futur de maturité Qui m’engage à la tolérance afin de me perfectionner.
La vie, c’est comme un jeu de cartes ; vous choisissez votre couleur, Vous validez les numéros de chaque étape jusqu’au château. Vous vous méfiez des pancartes qui dissimulent cris et douleurs Afin de devenir héros et toucher la part du gâteau.
Seulement voilà, tout est caché, tout votre horizon est voilé Par un funeste labyrinthe où vous appellerez au secours. Autant l’amour est entaché de coups bas à peine dévoilés Et l’argent marque son empreinte en pervertissant le parcours.
La vie, c’est comme au jeu d’échecs, il faut trouver sa direction. Damer le pion à la pimbêche qui joue dans la partie adverse ; Battre le roi, l’émir, le cheik ou quelle que soit sa distinction ; Mettre l’adversaire tête-bêche par quelques chemins de traverses.
Seulement voilà, tout est tordu ! Dès le début, tout est truqué ! Les pions veulent devenir roi et faire partie des rupins. Alors la tâche devient ardue et la progression compliquée Tout ça pour finir à l’étroit dans un costume de sapin.
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