À la différence de l’homme qui disperse au gré sa semence Et tous ses petits chromosomes dans un orgasme de démence, Madame la Rousse préfère éparpiller les pissenlits Par la racine et laisser faire à l’homme l’amour dans son lit.
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Les jours se ressemblent comme un livre qui se ferme et s’ouvre sans fin Sur la nouvelle page vierge qui ressemble à celle de demain. Fors qu’une vision m’en délivre, entrouverte sur les confins, Comme une porte d’où émerge un espoir à portée de main.
Et sur cette toile d’azur qui revient comme d’habitude, Je change la réalité pour une autre éventualité. Je jette un pont sur l’embrasure d’un rayon de béatitude Qui transforme en sensualité les troubles de l’actualité.
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Depuis que les clebs grimpent aux arbres, on y a construit nos maisons Dont ils en assurent la garde sur les chiens-assis aux aguets Mais toute la journée ils palabrent quand sonne l’heure sans raison À moins qu’un coucou, par mégarde, ne soit en train de zigzaguer.
Quand vient le printemps, ils s’endorment ; sans doute le rhume des foins Qui agace leur flair légendaire et atténue leurs aboiements. Alors le renouveau transforme les terres jusqu’au mois de juin Où l’été, saison solidaire, les réveillera vaillamment.
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Si tu vois son vélo fantôme, le Docteur Watson n’est pas loin ; Il continue après sa mort à enquêter sur Baker Street Avec son ami Sherlock Holmes et prennent les marchands à témoin Afin que tous se remémorent toutes leurs affaires instruites.
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À peine sortie de sa cage, la reine d’un jour sans mémoire Dès lors organise sa prison avec son environnement. Tout est jouet, plus ou moins sage, jugé à travers l’écumoire De l’œil fixé sur l’horizon en vue de son couronnement.
Mais d’autres cages la contemplent ; d’autres reines d’hier et demain Qui, à leur tour, pourront régner une journée à satiété. Toutes ces cages forment un temple où l’on y prie à mille mains Pour une utopie imprégnée des rôles de la société.
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Le temps, suspendu à leurs vols, passe en silence sur la campagne Et l’ensemence de printemps à l’aide d’oiseaux de passage. Que j’aime ces oies bénévoles venant des pays de cocagne Et qui en rapportent tout autant les fruits de leurs apprentissages.
Qu’ont-elles vu sur l’océan ? Que rapportent-elles d’Afrique ? Qu’ont-elles appris aux antipodes ? Qu’ont-elles enfanté pour nos Pâques ? Moi, tout en bas sur mon séant, j’apprécie la façon lyrique Dont le printemps lance la mode en éclairant mon ciel opaque.
Pendant l’obscurité d’une profonde nuit, Je marie l’oxymore avec le pléonasme. Si le songe tourmente et le rêve me nuit, J’en demande à Vénus un ultime fantasme.
Quand le silence lourd se fait assourdissant, Elle m’apparaît nue et extraordinaire. Alors le cauchemar, d’abord étourdissant, Devient un paradis d’amour imaginaire.
Toutes mes questions de l’hiver trouveront réponses au printemps Comme le souci d’une nuit par l’aube est métamorphosé. Tous les mystères de l’univers les plus ardus vont s’épointant Lorsqu’une fleur s’épanouit sous une goutte de rosée.
J’aime quand mon cœur s’abandonne et admet la simplicité D’une nature qui prévient comme une mère à son enfant. J’aime lorsque se désordonne ma raison en complicité Avec un printemps qui revient chaque année, toujours triomphant.
Adieu l’hiver, je t’aimais bien devant tes feux de cheminée ; Hier encore, je cheminais parmi tes forêts enneigées Malgré tes souffles microbiens qui m’auront gardé confiné Et les vents qui contaminaient mes inquiétudes propagées.
Aux antipodes, pourtant l’inverse arrive sur les plages chaudes Qui disent adieu à l’été et ses voyages organisés. Malgré l’effroi qui tombe à verse, et qui effraie et qui échaude Et qui m’auront fait haleter de tous mes sens tétanisés.
Adieu l’automne et les saisons et tous mes souvenirs d’antan Où je vivais libre et heureux même si ce n’était qu’utopie. Le monde m’impose sa raison pour que je devienne consentant De gré ou de force, rigoureux envers l’ordre qui m’estropie.
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La force et la longueur de temps font plus que force ni que rage. Cette année, le Bœuf de métal, au caractère déterminé, Prépare un tournant important par son sang-froid et son courage Pour un mouvement sociétal qui change notre destinée.
Ainsi nous serons confrontés à un changement radical Qui bouscule nos habitudes, nos acquis et nos connaissances. Ainsi nous allons affronter par un traitement médical Le contrôle de notre aptitude d’obéir aux grandes puissances.
Mais par ces bouleversements, peut-être ainsi parviendrons-nous À sortir de notre prison et sauvegarder l’avenir ; Sinon notre gouvernement nous fera plier les genoux Et fermera notre horizon sur un malheureux souvenir.
(Photos de Marina Cano. Selon l’horoscope chinois, le bœuf, à manches retroussées, travaillerait d’arrache-pied à bâtir l’avenir. Il apprendrait à aborder la réalité, avec lucidité et sang-froid, dans l’espoir d’ouvrir des horizons différents, lumineux et plus grands. Reste à savoir comment l’humanité va réagir, confrontée à l’une de ses craintes principales : le changement.)
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Bien sûr je n’aime qu’une femme ; bien sûr je ne vis qu’une vie Et ne connais de mon royaume que ce que j’ai vu de mes yeux. Bien sûr je sais qu’il est infâme d’être toujours du même avis Et croire que ce qui fait l’homme sont ses triomphes orgueilleux.
Pourtant si j’observe le monde avec les yeux de ma moitié, Pourtant si j’écoute la Terre d’après ce qu’en disent mes enfants, J’apercevrais à la seconde les mille éclats d’un miroitier, J’entendrais la clef des mystères d’un dieu qui va philosophant.
Chocolat, vanille des îles ou fromage blanc du terroir, Ébène, essences exotiques ou bois des forêts domaniales, Chaque couleur chante l’idylle et tous les secrets du tiroir Qui renferment mille érotiques perspectives matrimoniales.
Que j’aimerais être couleur qui épouserait les contours, Courbes, surfaces et volumes de toutes les filles du monde ! Je serais rayon roucouleur sur femmes aux plus beaux atours Que l’encre de mon stylo plume rendrait mille fois plus fécondes.
Puisqu’on nous ferme les frontières et qu’on nous traite comme des veaux, Regroupons nos dépossessions en villages errants, sans attaches. Soyons humains à part entière, échappons à l’Ordre Nouveau En faisant céans sécession contre l’état qui nous cravache.
Nous irons où portent les vents suivant le cours des alizés, Nous remonterons vers le nord lorsqu’auront fondu les calottes. Nous suivrons les routes en rêvant aux bars sur les Champs-Élysées Et attendrons que nous honorent les futuristes sans-culottes.
Illustration de « La croisière des oubliés » par Enki Bilal.
À contre-mots, à contretemps, sur des rimes faibles appuyées, Les Reflets-Vers chantent le blues et la Prose déchante son spleen En alexandrins trompétant en douze pieds bien essuyés Mais en laissant sur la pelouse deux ou trois rimes orphelines.
La poésie-jazz s’incorpore dans les exclamations des cuivres Qui hachent ses rimes en notes et ses poèmes en trémolos. Alors les vers sortent des pores des musiciens qui osent suivre Cette partition qui dénote un style assez méli-mélo.
Qui es-tu, Femme-papillon qui te camoufle le visage Derrière une aile en trompe-l’œil pour masquer ton intimité ? Suivant les taches et les sillons de ton délicat maquillage, Je lis les pages du recueil de toute ta féminité.
Hier encore, tu étais chrysalide, juste vêtue de ton cocon Mais à l’aube te voilà sortie et tu as déployé tes ailes Qu’un soleil doux te consolide et fasse qu’un rayon abscons Imprégnera l’ombre assortie aux pensées de la demoiselle.
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Est-ce en Islande, est-ce en Finlande ou est-ce en Nouvelle-Zélande Qu’au milieu d’un champ de printemps, je fis l’amour pour mes vingt ans ? C’était au temps où j’emmêlais les Maliens avec les Malais, Les Hindous avec les Indiens, les Canadiens, les Acadiens.
J’étais plus porté sur l’amour, dans les jardins du Luxembourg, Que les cours de géographie, l’Atlas et sa cartographie. Le seul auquel j’ai su prétendre s’appelle « la carte du tendre » Car je ne garde de paysages que les filles aux jolis visages.
Photo de Linda Ólafsdóttir sur https:www.flickr.comphotoslindaola .
Tous les cœurs à prendre au printemps, comme jeunesses de vingt ans, Vont commencer à végéter puis, mûriront pendant l’été À condition d’entretenir beaucoup d’amour à contenir Et offrir ses belles faveurs aux cœurs des jeunes filles en fleurs.
Pour la récolte, il faut attendre car l’amour est dur à comprendre Envers les femmes, et renâcler car chaque serrure a sa clef. Mais après l’été vient l’automne et, sous sa langueur monotone, S’ouvriront les fruits défendus et leurs effets inattendus.
Tableaux de Christian Schloe et Catrin Welz-Stein.
La déesse de l’amour physique s’est revêtue de beaux atours Sous forme d’un voile pudique pour faire barrage aux désirs. Elle n’en est que plus érotique par le mystère de l’amour Dont l’attirance véridique entraîne fantasmes et plaisirs.
Aux premiers jours du mois de mars, j’invoque la « Dame du ciel » Afin qu’aussi bien hommes et femmes soient l’alchimie de la passion Pour qu’ils soient complices et comparses, unis d’un amour essentiel Qui lèvera le voile infâme qui transgresse l’émancipation.
C’est pour bientôt ; le QR-code va s’imprimer sur le visage Et facilitera la tâche de la reconnaissance faciale. Ce sera comme un digicode simplifiant le marchandisage À condition qu’on n’y attache pas trop de morale impartiale.
Trop tard ! Vous étiez prévenus maintenant vous serez pistés ; L’état saura où vous allez, qui est l’élu(e) de vos pensées. Votre esprit sera détenu par une conduite assistée Selon ce que vous prévalez et ce que vous aurez dépensé.
Photos d’Alexander Khokhlov et maquillages de Valeriya Kutsan sur https:buzzly.frde-magnifiques-portraits-en-noir-et-blanc-de-visages-peints-en-noir-et-blanc.html .
Les écrivains et les poètes vouent à leur animal un culte Car il les transporte au-delà des murs de l’imagination. Même certains anachorètes donnent à leur chat un lien occulte Qui les relient au Walhalla, loin de toute abomination.
Le mien me réveille la nuit en plein milieu d’un rêve ultime Qui, en restant inachevé, m’oblige à écrire la suite. Loin de vous dire qu’il m’ennuie, il me sert de journal intime Qui me permet de parachever mes vers en une course-poursuite.
Si l’enfant tapi dans son ventre avait la possibilité De regarder vers l’extérieur ce qui l’attend à sa naissance, Peut-être resterait-il entre la protectrice stabilité De sa forteresse intérieure où il paresse avec aisance.
Mais s’il était aventureux, téméraire ainsi qu’intrépide, Ardent en réciprocité de quitter son monde éphémère, Peut-être ce fruit vigoureux souhaiterait un moyen rapide De naître avec précocité et l’on verrait courir sa mère.
Ingénue, décontenancée, elle me guettait dans la ruelle ; Je m’en allais philosopher en marchant vers l’observatoire. Dans une tenue ordonnancée et de sa petite voix cruelle, Elle jouait à m’apostropher d’une manière ostentatoire :
« Eh bonjour Monsieur le poète ! Vous me semblez bien excentrique ! À tant marcher la tête en l’air, vous atterrirez sur la lune ! » Puis, après l’acerbe pirouette, d’un petit rire égocentrique, Elle ponctuait d’un « tralalère » son petit pamphlet, sans rancune.
Ce point sensible entre les pattes que le félin offre à ma vue Afin qu’une intime caresse le fasse rugir de plaisir, Pourrait me rendre ou psychopathe ou bien me prendre au dépourvu Mais comme je connais la tigresse, je me soumets à son désir.
Photo de Graeme & Julie Aker sur https:www.flickr.comphotosbig_graeme .
Selon que vous seriez taureau, cancer, capricorne ou verseau, Une partie de votre corps pense avec ou sans votre accord. Selon que vous seriez lion, bélier, sagittaire ou scorpion, Le cœur et l’esprit sont liés carrément de la tête aux pieds.
Le sexe me laisse un peu perplexe car il me conduit sans complexe ; Les jambes, les genoux et les pieds me gouvernent comme il leur sied ; Du cou au sommet de la tête, je ne pense qu’à faire la fête ; Les bras m’en tombent, j’en ai bien peur, je suis orienté par le cœur.
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la vie continue tout de même ; Il faut chasser sa nourriture et recommencer chaque fois. Notre aigle a compris le manège et pour nourrir celle qu’il aime Ainsi que sa progéniture, il va vous dévorer le foie.
Mais oui ! Vous l’avez reconnu. C’est lui, l’aigle de Prométhée Qui déroba le feu sacré pour en faire don aux humains. La suite ? Elle est archiconnue ! Les Dieux l’ont tellement appâté, Qu’il le déguste salé-sucré, avec une sauce au cumin.
Pygargue à tête blanche photographié par Anthony Bucci à Vancouver.
Chez Michel, jamais il ne pleut, c’est le temps qui pleure de joie ; Chez lui, chaque goutte de pluie n’est qu’une larme de colibri. Chez Michel, les rêves sont bleus même lorsque le temps rougeoie ; S’il se balade en parapluie, c’est pour mettre ses ailes à l’abri.
La nuit, toutes ses ailes brillent comme une kyrielle d’étoiles Et quand le temps est à l’orage, ses ailes font des croissants d’or. Si, toute la nuit, il quadrille le cosmos à rebrousse-poil, C’est pour se donner du courage et un air de conquistador.
Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .
Les enfants de Dame Nature s’inspirent des beaux paysages Et se nourrissent d’air du temps dont l’azur contient le tanin. Beaucoup s’adonnent à la peinture, dessinent et brossent des visages, Portraits de leur mère au printemps et son Éternel féminin.
Peintres aux belles aquarelles, peintres de musiques et de mots, Peintres-poètes aux belles proses, peintres d’arômes étourdissants. Leur nature est surnaturelle, leurs rythmes infinitésimaux, Et leurs vers d’une couleur rose issue d’un filon nourrissant.
Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .
Une tête en forme d’arène qui s’enroule jusqu’au sommet, La reine s’est couronnée d’office pour masquer son infirmité. De sa mère en queue de sirène aux atours de chant renommés, Son crâne prit la forme d’une vis pour marquer sa divinité.
Tableau de Matteo Arfanotti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201112matteo-arfanotti-1974-italy.html .
La vie serait née de l’espace brassée dans le coeur des étoiles ; La lumière serait la divine créatrice de notre univers. Je ne sais pas ce qui se passe derrière la science et son voile Mais mon petit doigt en devine tous les secrets les plus divers.
« Fiat lux ! Que la lumière soit ! » Ces mots ont surgi du néant Comme une explosion d’énergie d’où se déversa la matière. Puis, s’étendît par-devers soi l’espace-temps comme un géant Qui se réveille en synergie avec un monde à part entière.
Tandis qu’il répand la semence composée de poudre d’étoiles, Le créateur transmet la vie à la planète nourricière. Il attend que tout recommence pour que l’avenir lui dévoile La maintenance et le suivi de la part des bénéficiaires.
Aussitôt qu’elle reçoit l’onde génératrice de la vie, La génitrice alors arrose la terre promise à l’essor. Elle déverse l’eau féconde qui assurera la survie Des filles aux pétales de rose, des garçons aux choux … et consort.
Regard sévère, regard amer voilà le prix de la souffrance Quand l’amour n’a pas eu son dû ou n’en a pas eu son content. Regard bleu-vert presque outremer ou fluorescent à outrance Pour marquer sans sous-entendu un litige qui se paie comptant.
Regard de face en face-à-face voilà le prix de l’amertume Quand la tromperie se dilue dans l’eau de rose polluée. Regard tordu, plein de grimaces, saumâtre et d’un zeste d’agrume Pour mesurer l’huluberlu d’un sentiment dévalué.
Regard qui s’en va de travers voilà le prix d’indifférence Quand elle veut taire les mots qu’elle n’ose pas prononcer. Regard qui renvoie à l’envers les fallacieuses déférences Qui écriront, chargé de maux, un chagrin d’amour romancé.
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À peine franchi la frontière, je croyais maîtriser les langues – Puisqu’elles sont universelles en ce qui concerne l’argent – Pour naviguer ma vie rentière sur les eaux d’un euro qui tangue Entre les monnaies qui excellent et un franc suisse, départageant.
Au début, leur langue curieuse ressemblait assez à la mienne ; Un peu plus lente entre les phrases avec un patois des alpages. J’eus alors une envie furieuse pour plaire à mes concitoyennes De parler la langue genevoise afin de paraître à la page.
Mais à la frontière des langues, l’affront que j’essuie salement Me donne le pire des maux avec une langue imbuvable. Bien que ce pays me harangue de parler le suisse-allemand, Je n’en comprends pas un seul mot sinon un dialecte improbable.
Dans l’obscurité de la nuit, mes yeux ont pu se dessiller Et distinguer à l’aveuglette une chevelure invisible. Au douzième coup de minuit, mes yeux à peine écarquillés Perçoivent une forme incomplète et aux contours imprévisibles.
Mais lorsque je sens sur ma bouche la saveur d’une ombre sucrée, Mon troisième œil révèle enfin que la nuit n’est autre que femme. Et son empreinte sur ma couche, scellée du féminin sacré, Me laisse au matin sur ma faim tandis que s’envole mon âme.
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Pandora 19″X 27.5 Oil on gesso panel. Complete March 25, 2018Completed high resolution scan of Midsummer Night for Tor Books. 18″ X 24″ 10/18/2009
J’aime le jour comme une femme qui me ranime doucement Dans une robe en rayons d’or et la chevelure fleurie. À regret, je laisse mon âme repartir vers le firmament Tandis que l’esprit et le corps s’éveillent au son des guilleris.
J’aime la nuit comme une femme qui m’ouvre ses rêves secrets Dans l’intimité de sa couche et ses draps moirés de satin. Dans l’obscurité qui m’affame de mes désirs et mes regrets, L’âme s’éveille et s’effarouche à l’aveuglette jusqu’au matin.
Quand la gravité du malheur alourdit l’espace et le temps, J’en épouse le mouvement et utilise son attraction. L’antigravité, pile à l’heure, entre en action et me détend Dans un joyeux trémoussement et une saine décontraction.
Plus l’atmosphère devient lourde et plus j’ai la tête légère ; Plus la température monte et plus je garde la tête froide. Et sous la cacophonie sourde des joyeux drilles et leurs mégères, Je sens le moral qui remonte malgré leurs paroles brèves et roides.
Dame Nature en robe à pois, tenant un énorme pinceau, Est venue colorer les champs dans les fleurs d’un rêve au printemps. Alors pour faire contrepoids, Van Gogh, Monet et Picasso Ont brossé un soleil couchant impressionniste en un instant.
Les couleurs du temps, naturelles, délayées dans l’eau de rosée Chantent la pluie et le beau temps selon les écarts d’éclairage. Enfin, ces tendres aquarelles deviendront métamorphosées Par la brise et le vent d’autan qui circonviendront les orages.
Par la lune en guise de voile, le navigateur solitaire Sur l’océan du firmament dans les dimensions fractionnaires. Les îles deviennent des étoiles qui forment des atolls stellaires Et le temps suspend un moment son vol dans l’espace stationnaire.
Adam, là peint en chaud lapin et Ève, sa chaude lapine, N’ont pas tenu une journée sans croquer le fruit défendu. Le serpent leur mit le grappin et séduisit la galopine Dès que Dieu eut le dos tourné de son jardin condescendu.
Mais la carotte est un légume qui n’apporte point connaissance Mais qui fait pousser les oreilles et les dents pour faire bombance. Alors Dieu, comme de coutume, vit que cela était tendance Et créa la salsepareille puis, la luzerne en abondance.
Depuis un an, le port du masque a redessiné les visages Et les créateurs se demandent s’ils en seront contaminés. Gageons qu’une mode fantasque va transformer le paysage Malgré certaines réprimandes de la part des non-vaccinés.
Masque à la con pour les garçons, joli masque à ras pour les filles, La mode ne sait où elle va dans l’atmosphère pathogène. Mais retiendrons-nous la leçon de cette vogue de pacotille ? Virons de bord et à Dieu vat ! …avant que ce racolage gêne.
Bien serrés comme des sardines dans leurs modernes appartements, Les hommes nouveaux se rassemblent en tous foyers agglomérés. Même si l’un d’eux souhaite en sourdine modifier son comportement, Il s’apercevra qu’il ressemble à ce pourquoi Dieu l’a créé.
Car « croissez et multipliez » répété aux générations Implique exponentiellement la future surpopulation. Et l’homme devra se plier, soumis à l’accélération, À se détruire cruellement ou mourir en copulation.
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Les terres sèches se craquellent quand elles s’éveillent à l’aurore Et le ciel s’embrase de rose aux premiers rayons du soleil. Saint-Michel montre les séquelles d’une aridité qui dévore Sa nature aux couleurs moroses mais qu’un pinceau d’azur balaye.
Photo de Mathieu Rivrin sur https://www.mathieurivrin.com
La géolocalisation par satellite est périmée Depuis l’insolite invention de la lecture de voyage. Par la miniaturisation de tous les atlas imprimés Et surtout par l’intervention d’un ingénieux appareillage.
Tous les pays ainsi reliés par un astucieux engrenage Entraînent autant de roues dentées qu’il existe d’itinéraires. Donc plus besoin de replier des cartes de dix-mille pages Grâce aux chapitres indentés à leur glossaire littéraire.
Bien que ces vaches de séchages m’aient essoré bien des regrets, Je dois sans cesse faire lessive pour essuyer tous mes échecs. Mes réussites sont au lavage, heureusement grâce au progrès Et sa vitesse dépressive, j’aspire au nettoyage à sec.
Même si je devais repasser toute ma vie à ressasser, Je passerais au savon noir mes tâches les plus difficiles. Mais à force d’outrepasser trop de lavages entrelacés, J’aurais des trous dans ma mémoire et des traces indélébiles.
Monter l’allée de La Valette, dévaler les rues parcourues, Descendre chaussées et venelles, dégringoler les escaliers… Par le Moulin de La Galette et ses artistes disparus, J’appose ma touche personnelle avec mes rimes folles à lier.
Monter la gamme à Montparnasse, descendre d’un ton albacore, Grimper jusqu’au septième ciel ou tomber de plus en plus haut… Et qu’enfin je décadenasse tous mes os encore et encore À parcourir ce démentiel monde de cahots en chaos !
Photo des Balcons de La Vallette à Malte par Ournextflight
Tandis que la justice aveugle fait semblant de sauver le peuple, Celui-ci en fait est conduit par un mensonge qui le séduit. Mais à force de fermer les yeux sur les complots les plus odieux, Il se prépare pour une errance dans un chemin plein de souffrances.
Car la justice triche un peu ; elle ne fait pas ce qu’elle peut Mais ce que veulent les puissants qui exigent le prix du sang. Alors lorsque l’on me propose un faux vaccin que je suppose Être un poison dissimulé, je refuse d’être manipulé.
Tableaux de José Parra sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2012/10/Jose-Parra.html
Avec ses lunettes de salope qui ne trompent que Monsieur Fallope, La ministre de la santé encore une fois s’est plantée. D’abord, elle prétend que les masques ne sont qu’une protection fantasque Puis, elle en impose l’usage dans les lieux de marchandisages.
Après avoir fermé les bars à propos des pires bobards, Elle ferme les bibliothèques pour nous garder comme des métèques. Elle nous entasse dans les trains, les autobus avec entrain, Mais nous interdit réunions, fêtes chrétiennes et communions.
Sur le terrain de l’échiquier, la reine devient folle à lier ; Elle entreprend dans son palais un crime à grand coup de balai ; Elle s’associe à des sorcières pour nous tendre une souricière En répandant un faux virus sorti de son propre utérus.
Une fois la terreur répandue, elle annonce que seront pendus Tous ceux qui crachent le morceau en nous révélant au verso Que tout était prémédité pour saper notre hérédité Et rendre nos enfants esclaves d’un nouvel ordre qui les enclave.
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À tour de bras, les jeux de jambes font toujours tourner la planète Comme une folle course éperdue pour actionner l’économie. Ça me fatigue l’entrejambe et ça me fait tourner la tête ; Si ça s’arrête, j’aurai perdu mon ticket à l’autonomie.
Bien que le Soleil soit le Maître et la Lune juste un satellite, Ils ont le même diamètre et nul ne trouve ça insolite. Le soleil règne sur le monde mais a besoin de sa compagne Pour refléter, la nuit profonde, son souvenir sur nos campagnes.
Entre le Soleil et la Lune, l’histoire d’amour est éternelle ; La complicité des deux astres a semé la vie sur la Terre. Le mâle bâtit sa fortune à l’aide de sa force charnelle Mais ne se préserve du désastre qu’avec sa femme paritaire.
La plupart du temps, le soleil surpasse l’éclat de la lune Qui ne peut donner sa lumière qu’aux heures calmes d’obscurité. Eh bien, la femme, c’est pareil ! Elle attend son heure opportune Pour que ses qualités premières révèlent ses capacités.
C’est ainsi, la loi du plus fort domine dans tout l’univers ; Les grands occultent les petits et l’homme domine la femme. On fait peut-être de gros efforts mais, tous les jours, les faits divers Démontrent hélas les appétits de cette dictature infâme.
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