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  • Voyages aux îles de la Désolation – 3

    Voyages aux îles de la Désolation - 3

    Communautés de l’océan qui régnez dans les eaux australes
    Comme des chevaliers des mers qui en confirment ses frontières ;
    Baleines à bosse, Léviathan, Reines, Impératrices magistrales,
    Émissaires de la Terre-Mère aux pouvoirs plénipotentiaires.

    L’homme a pourtant volé votre or, votre huile et votre descendance
    Jusqu’à se satisfaire ailleurs, faute d’énergie en puissance.
    Méditez dans l’australe aurore avec fiel et condescendance
    L’irrespect du pêcheur railleur maudit par sa concupiscence.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 2

    Voyages aux îles de la Désolation - 2

    Crozet, ou l’île des manchots, paradis des ornithologues,
    Les seuls humains autorisés à se montrer les plus discrets.
    De tous les oiseaux à sang chaud, seul l’Empereur climatologue
    Trône au palais valorisé par ses mystères et ses secrets.

    Est-ce le lieu ou ses monarques qui galvanisent leurs richesses ?
    Sont-ce leurs chants polyphoniques qui rivalisent de lyrisme ?
    Seuls, les passionnés les remarquent parmi la faune sauvagesse
    Dans des accords cacophoniques entre onirisme et empirisme.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 1

    Voyages aux îles de la Désolation - 1

    Peut-être un jour, j’aborderai les Îles de la Désolation,
    Embarqué sur le « Marion Dufresne », navire des terres australes.
    Peut-être un jour, je rêverai dans un écrin de sensations,
    Très loin de mes forêts de frênes mais proche des légendes ancestrales…

    Crozet, Amsterdam et Saint-Paul ; Kerguelen, proche de l’Antarctique ;
    Égarées entre les quarantièmes et cinquantièmes parallèles.
    Tant battues par les vents des pôles géographiques et magnétiques
    Et aux négatives tantièmes températures annuelles…

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Quand tout va mal

    Quand tout va mal sur la planète des hommes, cul par-dessus tête ;
    Quand les fléaux, les hécatombes, sèment la mort, creusent les tombes ;
    Quand toute l’humanité gronde, les pauvres animent la fronde ;
    Quand les gouvernements confinent et pire encore nous vaccinent ;

    Comme je reste solidaire, je me repens en solitaire ;
    De tout mon être, je me demande qui détient vraiment les commandes ;
    Je me mets la tête à l’envers, je m’interroge en quelques vers
    Sur ma responsabilité envers cette débilité.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • Sablier d’amour

    Le temps, c’est de l’argent ; le temps, c’est de l’amour.
    Peu importe le corps pourvu qu’on ait l’ivresse.
    Le temps c’est du bonheur qui s’écoule chaque jour
    Et colore la vie d’une touche d’allégresse.

    Le temps est un pervers qui ne manque pas d’humour
    Qui vieillit le physique mais bonifie le cœur.
    Le temps va à l’envers quand, coloré d’amour,
    Il repousse la mort de son rire moqueur.

    Il ravive l’espoir qui nous rendra vainqueur.
    Il transcende la vie en repoussant la peur.

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  • Le goût du risque

    Le goût du risque

    Si tu souhaites me visiter, viens par le château de Kyburg.
    Là, descente en route en lacets, virages en épingle à cheveu.
    La vue en exclusivité décompte l’effroi à rebours
    Qui met Dieu dans ton cœur glacé pour l’appeler de tous tes vœux.

    Tu ménageras ta monture, boîte-à-vitesses et freins à disques ;
    Tu pirouetteras du volant, mains sûres et le pied au plancher.
    Tu pressentiras l’aventure te transmettre le goût du risque
    Par quatre roues batifolant dans un dérapage enclenché.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les dessous de la Joconde

    Les dessous de la Joconde

    Sous la Joconde, le mystère de son sourire s’éclaircit
    Quand on observe sous sa jupe ses envies en cage d’amour.
    Ce petit démon qui se terre dans son cœur qui le remercie
    Et dont l’esprit, qui n’est pas dupe, rêve sous le jupon de velours.

    Dès qu’elle voit le pinceau du peintre, on entend les palpitations
    Du cœur qui se cogne aux barreaux de l’érotique crinoline.
    Alors sous la voûte en plein cintre escalade une excitation
    Qui remonte jusqu’au garrot puis, à ses lèvres sibyllines.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Dernières nouvelles des étoiles

    Mathématiquement parlant, le néant, cet ensemble vide,
    Engendre les nombres entiers du zéro jusqu’à l’infini.
    Mais seul un fou, un vert galant, amoureux des chiffres et avide
    Saura emprunter le sentier de tout cet embrouillamini.

    Alors il compta les étoiles, des nébuleuses aux galaxies,
    Que mesurait la Tempérance et ce depuis belle lurette.
    Comme la fille était à poil, il tomba en apoplexie
    Et arrêta là son errance mais, cette fois, pour conter fleurette.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • La carte du tendre recto-verso

    Retournons la carte du tendre pour examiner son verso
    Et explorons là, le bassin, ici, les côtes, enfin, l’épaule.
    Qu’il est agréable de tendre la main aux côtés transversaux
    Opposant la courbe des seins comme la calotte des pôles.

    Côté recto, la grand plaine recouvre le reste du monde.
    Au nord, deux montagnes célèbres pour leurs charmantes sensations ;
    Au sud, une végétation pleine de moiteur où les sources abondent
    Pour abreuver dans leurs ténèbres vos plaisirs et vos tentations.

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  • La mauvaise clef

    La mauvaise clef

    On nous avait bien expliqué de bien nous fier au serrurier
    Dont la clef était attestée guérir les âmes les plus rétives.
    Sous des contraintes appliquées par un devoir procédurier,
    Nous allions nous faire tester, ténus dans la foule captive.

    Seulement la clef était truquée car elle crochetait les serrures
    Que la police pouvait ouvrir afin de mieux nous accuser.
    Nous fûmes alors rééduqués et sentîmes alors sa ferrure
    Tout honteux de le découvrir, mais trop tard pour nous récuser.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • L’ange des Halles

    L’ange des Halles

    Personne n’a vu Cupidon de tout l’hiver jusqu’au printemps ;
    Toutes les amours confinées se dessèchent et se dénaturent.
    Mais après une année bidon dans un isolement éreintant,
    Les temps sont durs pour combiner amourettes avec aventures !

    Il s’est occupé d’élevage de petits cœurs dans les clapiers
    En accouplant des chauds lapins avec les meilleures pondeuses.
    Ce matin, guettez l’arrivage des œufs emballés de papier
    Sur des palettes de sapin que vous proposent ses vendeuses.

    Au matin, elles ont déchargé les œufs aux couleurs chamarrées
    Qui contiennent un certain poison dans le chocolat trafiqué.
    En ces temps de vache enragée, les amis, on va se marrer
    Quand vont tomber en pâmoison hommes et femmes paniqués.

    Œuvre originale « Cupidon » de William-Adolphe Bouguereau par Alexey Kondakov.

  • Les masques de Shéhérazade

    La mort masquée parmi les contes qu’elle répétait chaque nuit,
    Tout en étirant le suspense au bout du fil le plus ténu.
    Tant et si bien que chaque acompte haussait l’envie, baissait l’ennui
    Et l’auditeur, entre ses pinces, surseoir la mort de l’ingénue.

    Quand au matin tombait le masque, Shéhérazade toute nue
    De la folle imagination dont elle avait tant maquillé,
    D’une manière assez fantasque et une intrigue soutenue,
    Les muses de l’inspiration, en restait toute déshabillée.

    Tableau de Cordovelian.

  • Salut les cloches !

    Lorsque les cloches voleront à Pâques où à la Trinité,
    Quand les élus imprévoyants seront nommés chefs d’escadrille,
    Alors les gongs convoleront dans toute leur virginité
    Et naîtront, des œufs chatoyants, des lapins chaussés d’espadrilles.

    Cachez ces œufs dans le jardin, dans les arbres et dans les buissons
    Et laissez les incompétents chercher midi à quatorze heures !
    Là, vous verrez les plus radins rafler les œufs pour la cuisson
    D’une omelette en omettant, bien à propos, l’argent du beurre.

    Dessin d’André Franquin.

  • Joyeuses Pâques

    Tous les chemins mènent à Rome, surtout pour les cloches d’airain
    Qui firent le voyage retour chargées des œufs en chocolat.
    À chaque gong, tout cet arôme gagna peu à peu du terrain
    Avec la Reine aux alentours qui aussitôt caracola.

    C’était la plus belle des cloches, tout en or et tout en canons
    Qui lancèrent des coups de tonnerre qui ébranlèrent les maisons.
    Et ce fut à coup de taloches que les frelons et faux-bourdons
    Fredonnèrent et puis, bourdonnèrent jusqu’à en perdre la raison.

    Tableaux de James Christensen.

  • Météo Pascale

    Lundi, le temps paraît maussade et suggestionne son visage
    Comme si les nuages l’ombrageaient et lui ternissaient le regard.
    Mardi, le temps d’une embrassade éclaircira son paysage
    Comme si le soleil s’engageait à briller de tous ses égards.

    Mercredi, le temps s’améliore et resplendit sur sa coiffure
    Comme si le fond de l’air frais faisait reluire ses cheveux.
    Jeudi, le beau temps dure encore mais perturbe une ébouriffure
    Comme un petit vent qui l’effraie et ne fait pas ce qu’elle veut.

    Vendredi, pluies mêlée de vents qui fouettent et mouillent ses paupières
    Comme si ruisselaient les larmes des eaux d’un ciel qui prête à rire.
    Samedi, au soleil levant, un soleil doux chauffe les pierres ;
    Dimanche, nous sommes sous le charme de Pâques et du temps de sourire.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • Les masques inversés

    Derrière un masque… d’autres masques ; c’est l’arbre qui cache la forêt.
    Derrière la crainte de la mort, c’est la solution de la fuite.
    Mes propos ne sont pas fantasques ; j’ai moi-même longtemps abhorré
    La peur qui sème des remords dans de grands voyages sans suite.

    Derrière le masque, le visage, derrière le visage, les pensées
    Qui parfois laissent échapper un regard plein de chatoiements.
    De doux reflets, plus ou moins sages, raison sereine ou offensée,
    Un sentiment handicapé derrière un cœur de larmoiements.

    Derrière la pensée, l’amour et puis, derrière l’amour, la haine ;
    Sorte de tour de passe-passe dont vie et mort ont hérité.
    Peut-être tomberont un jour les faux masques de porcelaine
    Qui se briseront dans l’espace ténu du temps de vérité.

    Tableaux de Cordovelian.

  • Auto-support

    Auto-support

    Si quelques maisons solidaires se serraient coudes et balcons,
    Cela érigerait un pont pour enjamber les précipices.
    Il aiderait les solitaires qui cherchent âme-sœur et hameçon
    Pour faire valser les jupons autour des plus beaux édifices.

    En pratiquant des ouvertures par les terrasses et les greniers,
    L’amour pourrait aménager des cocons en les étoffant.
    Et par le faîte des toitures et des échelles de meunier,
    Des couples iraient emménager et procréer beaucoup d’enfants.

    Montage d’Erik Johansson.

  • Tempête rose

    Tempête rose

    N’en déplaise au diable du peintre, d’une palette au ciel d’azur
    Mouillé d’une mer outre-mer et d’un soleil rouge et morose,
    La voûte céleste en plein cintre d’une profonde démesure
    Trouble le père, séduit la mère qui enfante une tempête rose.

    L’éternelle logique absente, clamée par mon esprit vainqueur,
    Concède à l’appétit de l’âme la priorité du moment.
    Ainsi, ma conscience exigeante se nourrit par le canal du cœur
    De cette substance éphémère contenue dans le firmament.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’infortune

    L’infortune

    On dit que l’on n’emporte rien de ses richesses après sa mort…
    Peut-être sont-elles décomptées comme handicap remanié ?
    Ainsi l’argent coronarien qui coule sans le moindre remords
    Ne serait qu’aisance escomptée pour vivre au-dessus du panier.

    Lorsque la porte de la mort ouvre un passage dissimulé,
    L’âme se doit d’être légère et délestée de toute attache
    Tandis que d’autres se remémorent tout le fardeau accumulé
    Par les fortunes éphémères dans leur cœur avare et bravache.

    Tableau d’Igor Morski.

  • Des astres vus d’en haut

    Derrière le mur de lumière, hors des coulisses de la matière
    Le Soleil a crevé l’espace lorsqu’une voix cria « Fiat Lux ! »
    L’aube s’est levée la première pour féconder la Terre entière
    Depuis, le char de feu repasse, salué par Castor et Pollux.

    Dans le royaume des ténèbres où les morts remontent en silence,
    Règne la Lune qui attire l’âme des hommes éperdus.
    Suivant le cortège funèbre, Elle décompte avec vigilance,
    Tous ceux qui ensemble bâtirent le paradis des pas perdus.

    Cartes du tarot de… de qui au fait ?

  • Des astres vus d’en bas

    Le Soleil ne me fait pas peur car il revient tous les matins ;
    Vainqueur de la nuit et du froid, il revient toujours flamboyant.
    L’aube me sort de ma torpeur et quand le crépuscule l’éteint,
    Je le supporte avec effroi et je l’attends en aboyant.

    Je suis le chien, l’ami fidèle qui clame les phases lunaires ;
    Du premier quartier au dernier et notamment en pleine Lune ;
    C’est moi qui vous tient la chandelle et ce, depuis des millénaires,
    Afin que vous nous retourniez dans votre quiétude nocturne.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • La maquette

    La maquette

    D’abord, Dieu fit une maquette pour montrer aux anges ébahis
    Son projet d’une Terre moderne sans guerre et sans désolation.
    Après, Lucifer malhonnête instaura dans tous les pays
    L’argent afin qu’ils s’y prosternent par le culte de l’inflation.

    Apparemment Dieu n’a rien vu ou bien il n’a rien laissé voir
    Et il a bâtit notre monde conformément à sa maquette.
    Lucifer avait tout prévu : il a imprimé son pouvoir
    Sur le papier monnaie immonde des billets pour sa propre quête.

    Tableau de Michel Cheval.

  • Spot-en-ciel

    Spot-en-ciel

    Potentiellement dans le ciel, j’observerais des « Spot-en-ciel »
    Une sorte de message étrange de la messagerie des anges.
    Virtuellement dans l’espace, j’apercevrais l’ange qui passe
    En suivant la courbe du temps qui fait la pluie et le beau temps.

    Spotentiellement essentiel, presque quasiment démentiel,
    Si j’arrivais à le comprendre, saurais-je alors comment m’y prendre ?
    Même si j’apprenais leur langue, je craindrais l’effet boomerang
    Qui me ferait réaliser mon futur spiritualisé.

    Photo de Robert Rohr.

  • Le lotus violé

    Le lotus violé

    Le Radjaïdjah m’a rendu fou au pays du soleil levant ;
    Ainsi, le coronavirus est arrivé jusqu’au ponant.
    Devrais-je apprendre le Kung-Fu, devrais-je prendre les devants
    Et jouer à la roulette russe avec un vaccin détonnant ?

    Heureusement il y a Tintin dont les aventures notoires
    Ont vaincu l’abomination dans tous les pays de la Terre.
    J’entends sa voix dans le lointain qui dit que toutes ces histoires
    Relèvent de l’affabulation et de pratiques délétères.

    Illustration de Hergé.

  • Le visa santé

    Les passeports pour l’avenir comportent un visa de santé
    Et l’on ne pourra voyager que si l’on montre patte blanche.
    Fini le temps des souvenirs ; demain vous devrez présenter
    Votre statut d’esclavagé pour accéder aux villes franches.

    Il se peut même qu’on applique un QR-code sur votre front
    Afin que flics et douaniers numérisent vos déplacements.
    Et de ce fait, pas de réplique ! Les armes à scanner recevront
    Votre identité remaniée pour vous nuire efficacement.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’étiquette pour tous

    L’étiquette pour tous

    Le test PCR est obsolète, le test anal est périmé
    Pour chercher la petite bête, vous devrez bien vous arrimer :
    Désormais des pieds à la tête en passant par le périnée,
    On vous enfonce une pipette, rassurez-vous, glycérinée.

    Puis on vous colle l’étiquette sur laquelle seront imprimés
    Vos goûts, croyances et religion et même le compte bancaire.
    Partout des mouchards contre-enquêtent peuvent même vous supprimer
    Selon le taux de contagion de votre existence précaire.

    Tableau de Leonora Carrington.

  • Les banquets suisses

    Les banquets suisses

    Mettez de l’or dans la fondue et de l’oseille dans la raclette ;
    Fourrez vos saucisses de Ricola et, de tout votre blé, les spätzli.
    Évaluez les fruits défendus mais sans rabais sur la galette ;
    Mangez vos pièces en chocolat et assaisonnez vos rösti.

    Les banquets suisses anonymes savent accommoder leurs valeurs
    Aux spécialités du terroir, numérotées et décomptées.
    Liquide et blé sont synonymes avec pots de vin racoleurs
    Et les recettes de fond de tiroir s’enrichissent avec du comté (… du Jura).

    Tableau de Leonora Carrington sur https:www.wikiart.orgenleonora-carrington .

  • Mars se relooke

    Mars se relooke

    Tout le monde se précipite, toujours à la dernière minute,
    Pour quitter la principauté de Mars et franchir sa banlieue.
    Voyez Mars, le cœur qui palpite, au point de changer d’azimut,
    S’en aller chez le Chat-Botté chausser ses bottes de sept lieues.

    Afin de finir en beauté, Mars est allée se relooker
    Chez Vénus, sa muse érotique qui tient la boutique esthétique.
    Avec une charibotée d’onguents et de fleurs en bouquets,
    Elle changera d’humeur névrotique par des vacances helvétiques.

    Tableau de Remedios Varo.

  • Le requiem de mars

    Avec des pluies de giboulées et un rayon de pleine lune,
    L’ange interprète devant nous le requiem du chant de Mars.
    Ainsi, ce soir, dans la foulée, une grande fête opportune
    Marque le mois qui se dénoue avec ses innombrables farces.

    Mars nous aura bien étonnés de ses mélanges pluies-et-neiges
    Qui ont mis nos projets à l’eau sans barbecue ni pique-nique.
    Chaque jour aura détoné selon le temps et le manège
    D’un Soleil qui brille à vau-l’eau derrière des vents de panique.

    Tableau de Remedios Varo.

  • Histoires de voiles

    Histoires de voiles

    Toutes ces histoires de voiles et d’attentats à la pudeur
    Sont tous entièrement issus de la pomme de connaissance.
    De peur que la femme ne dévoile un avenir de cheerleader,
    Rajoutons un peu de tissus pour une poignée de décence.

    S’il faut remettre la calotte en plus du masque qui fait « tilt »,
    Je rejoindrai les naturistes pour dire ce qui me préoccupe ;
    Je rejoindrai les sans-culotte, les parties libres sous mon kilt,
    Et je prierai les féministes d’en faire autant dessous leurs jupes.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’arbre sourit

    L’arbre sourit

    Quand le ciel pleure, l’arbre rit de sa nature à contretemps ;
    Quand le vent souffle, l’arbre plie, le roseau le lui a appris.
    Dis-moi par quelle diablerie te moques-tu du mauvais temps ?
    A-t-il fallu que tu supplies l’Univers et quel en est le prix ?

    Alors je suivrai ton exemple, je rirai des calamités ;
    Quand un cyclone soufflera, je pirouetterai une danse.
    Comme toi, je bâtirai mon temple en suivant la conformité
    De ta Nature qui portera les plus beaux fruits en abondance.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La lune captive

    L’élevage lunaire commence par une nouvelle lune chétive
    Dont le croissant se développe nuit après nuit assidûment.
    L’ange évalue sa performance sinon sa croissance rétive
    Selon le halo qui enveloppe ses curvilignes téguments.

    La pleine lune prend la tête, après deux semaines de régime,
    À l’ange qui perd le ciboulot malgré endurance et patience.
    C’est ainsi ; pour être vedette et obtenir son millésime
    Ça demande beaucoup de boulot et s’en mettre plein la conscience.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • Suspendu à la routine

    Suspendu à la routine

    Revêtu de mes habitudes, ma conscience au portemanteau,
    Je m’acquittais de la routine commandée par ma hiérarchie.
    Je suivais avec rectitude les décrets gouvernementaux
    Jusqu’à ce qu’un jour se mutine mon aptitude à l’anarchie.

    Un petit oiseau s’est posé là où je n’avais plus de tête,
    Puis, il s’est mis à chantonner là où je n’avais plus de cœur.
    Alors je me suis opposé à cette marque de la bête
    Qui me forçait à ânonner mon obéissance aux vainqueurs.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’homme qui a vu l’homme qui peint l’homme au chapeau

    L’homme qui a vu l’homme qui peint l’homme au chapeau

    Celui qui peint « l’homme au chapeau », celui qui photographie l’homme,
    Celui qui écrit ce poème, celui ou celle qui le lira,
    Tous sont sous le même capot de ce véhicule autonome
    Qui regroupe l’espèce humaine qui ne sait où la conduira.

    Je suis toi, je suis lui ou elle ; je suis de toutes les parties ;
    Je suis de toutes les époques ; nous sommes « un » finalement.
    Mais hélas l’individuel ne prend pas en contrepartie
    Cette liaison équivoque qui nous unit comme un aimant.

    René Magritte peignant « L’homme au chapeau melon », 1964 par Christian Gibey.

  • La belle et le robot

    La belle et le robot

    N’en déplaise à Adam et Ève, le premier robot fut une femme ;
    Pour créer l’objet sexuel, l’homme a de l’imagination.
    Ainsi les organes qu’il prélève pour lui provoquer ses orgasmes
    Sont basés sur le sensuel tourné vers l’invagination.

    Mais il doit être masochiste car son fantasme virtuel,
    D’une voix plutôt féminine, le guide avec son GPS.
    Alors cessons d’être machistes envers la femme intellectuelle
    Et accordons à nos machines d’être inférieures à nos déesses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Hommes et femmes cybernétiques

    Hommes et femmes cybernétiques

    Si l’homme roule des mécaniques, la femme, devenue pragmatique,
    Jongle avec son automobile, son smartphone et l’ordinateur.
    Ceux qui la pensaient satanique aux pensées mélodramatiques
    Ou stupidement volubile, sont de vieux récriminateurs.

    Pour les hommes, l’ordinateur est féminin :
    Les femmes ont leur logique interne ; Dieu seul sait ce qui les materne…
    Leur mémoire stocke toute erreur qui sort à point, avec horreur.
    Leur langage semble dithyrambique à l’homme monosyllabique.
    Et leurs contrats, bien trop coûteux avec suppléments trop douteux !

    Pour les femmes, l’ordinateur est masculin :
    Pour attirer leur attention, il faut susciter l’intention.
    Ils sont bourrés d’informations mais aucune imagination.
    Censés résoudre les problèmes, ils accumulent les dilemmes
    Et si on avait attendu, on aurait plus d’inattendu.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Joli chant des fleurs

    Joli chant des fleurs

    J’aime la musique des fleurs et leur langage vert-galant,
    Ouïr le chant du rossignol, le bourdonnement d’une abeille.
    La nature, de sa main, effleure mes goûts qui vont se régalant ;
    Inventive tellement tartignole mais reine au-dessus des merveilles.

    Jolies clochettes, jolies trompettes, tous les sons sont dans la nature
    Organisés, enjolivés, magnifiés par le silence.
    Lupins malins qui font trempette et les fées en villégiature
    Imagent et me font saliver l’art dans toute son opulence.

    Tableau de Casey Weldon sur https:supersonicart.compost94072477342casey-weldon-novel-relicamp .

  • Le Comte du Missouri

    Le Comte du Missouri

    Descendant du Roi Mistigri et de la Reine des Souris,
    Cherche-Midi, mon chat vairon, était parti aux Amériques.
    Au départ, un peu amaigri, il devint Comte du Missouri
    Après avoir, nous le verrons, suivi un parcours homérique.

    D’abord il fut fait chevalier par les oiseaux paradisiers
    Et battit les ornithologues à la bataille de Kansas City.
    Il rejoignit les alliés dans le rang des arquebusiers
    Car il était politologue et leur imposa l’amnistie.

    (Photo de Svetlana Melik-Nubarova.
    « Cherche-Midi » mon chat noir n’est pas raciste, heureusement.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Aventure en rouge – 2

    Les chattes rouges jouent les souris et l’une d’elles m’a souri.
    Et comme un rêve inachevé, je suis resté à son chevet.
    J’y suis resté jusqu’au matin, serrés dans ses draps de satin,
    J’y suis resté toute ma vie pour tout recommencer à l’envi.

    J’avais emporté pour bagage tous mes souvenirs d’un autre âge
    Que j’ai abandonnés pour elle afin de vivre dans sa tourelle.
    Nous y avons aménagé assez d’électro-ménager
    Et disposé notre cuisine dans un coin de la mezzanine.

    Je l’ai mariée un lundi comme on dit « opera mundi »
    Car ainsi le monde fonctionne car ainsi l’amour nous actionne.
    Le rouge est resté la couleur qui me rappelle sans douleur
    Qu’il faut sortir de sa coquille et tout quitter pour une fille.

    Tableaux de Viktor Sheleg.

  • Aventure en rouge – 1

    Les chattes rouges jouent les souris pour le bonheur de leurs minets
    Dans certains bouges de Paris quand le couvre-feu a sonné.
    On y rencontre ses houris, Vénus aux portes d’estaminets
    Qui vous ouvrent le paradis pour un peu d’amour passionné.

    Suivez le rouge, suivez le fil, suivez la trace du message
    Qui vous emmènera un soir dans quelques passages secrets.
    Prenez la place dans la file, vous obtiendrez droit au passage
    Mais pour traverser la passoire, vous devrez vous montrer discret.

    À l’arrivée, demandez Paule, c’est notre mère, notre égérie.
    C’est elle qui marie l’amour et lui accorde ses victoires.
    Elle vous met la main sur l’épaule, vous conduit dans la féérie
    Et vous dévoile à contre-jour l’une des plus charmantes histoires.

    Tableaux de Viktor Sheleg.

  • Petit nid d’amour

    Petit nid d’amour

    Tel un joli paradisier qui souhaiterait bâtir son nid,
    La demoiselle tourterelle déjà prépare son lit nuptial.
    Elle a ôté son chemisier, sa jupette et son bikini ;
    Toute nue, extra corporelle, elle a atteint le point crucial.

    Lui, il volète Par-ci, par-là ; pense qu’il va de son honneur
    À visiter toutes les belles ; tant qu’à faire essayer leurs lits.
    Elle, n’est pas Marie-couche-toi-là ; pense à construire son bonheur
    Et calme ses ardeurs rebelles en s’offrant un brin de folie.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Habitations pastorales

    Au printemps, un couple de bardes dans un arbre a bâti son nid
    Afin de vivre en autarcie et enfanter ses galopins.
    Mais chez tous les voisins, ça barde ! Chez eux, le new âge est honni
    L’amour libre, ils s’en sont farci et préfèrent biner leur lopin.

    Et puis l’été vient à propos pousser les murs de la maison.
    Les voisins se sont apaisés ; leurs champs de blé ont bien germé.
    Le temps n’étant pas au repos avec les travaux de saison,
    Les bardes continuent à baiser pour vivre heureux mais enfermés.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Les cubes à souvenirs

    Les cubes à souvenirs

    La quatrième dimension ressemble aux cubes à souvenirs
    Où notre mémoire décharge tout ce qu’elle ne peut contenir.
    Vous pourriez, en demi-pension, y projeter votre avenir
    Sans aucun frais à votre charge, ni supplément à retenir.

    Chacun possèderait sa boîte, chacun ses rêves à accomplir.
    Vous trouveriez votre âme-sœur sans forcer, sans vous affaiblir
    Afin que les sexes s’emboîtent dans des rapports à établir
    Selon que vous soyez chasseur ou simple proie à assouplir.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Utopie sur mer

    Dans ma lointaine adolescence, j’ai fait naufrage de mes rêves
    Qui m’ont fait échouer sur l’île où l’utopie régnait en maître.
    J’y vivais nu de connaissances naturellement sur la grève
    D’une éternité juvénile et tout mon amour à transmettre.

    De l’autre côté du miroir, s’ouvraient des terres innocentes,
    Vierges de toute humanité, heureusement inaccessibles.
    J’avais la clef dans mon tiroir, une clef d’or rajeunissante,
    Qui donne accès illimité vers ces univers impossibles.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Le grand orchestre des Pharaons

    Le grand orchestre des Pharaons

    Ramsès II à l’accordéon et à la balalaïka,
    Le grand orchestre des Pharaons nous réinvente la mazurka.
    Avec des rythmes endiablés, il nous chante sa mélopée ;
    Avec des bourrées ensablées, il nous clame son épopée.

    Les cordes, tel un arc, nous rappellent jadis la bataille de Qadesh
    Avec le piano à bretelles au vent du souvenir des flèches.
    Tout droit échappé des ténèbres pour délivrer les confinés
    Avec une marche funèbre pour envoûter les vaccinés.

    Temple d’Abou Simbel au nord du Lac Nasser.

  • Stratégie sanitaire

    Stratégie sanitaire

    Après trois cent soixante-cinq marches, nous sommes revenus sur nos pas
    Malgré tous les confinements et les couvre-feux de saisons.
    Je ne sais plus quelle démarche, sensée nous éviter le trépas,
    Devrons-nous prendre finalement pour ne pas perdre la raison.

    Le boulevard « vaccination » ressemble plus à une impasse
    Débouchant sur le cimetière qu’à une porte de sortie.
    Les agents de divination nous mentent sur ce qui se passe
    Et l’autorité cachotière pousse mémé dans les orties.

    Illustration de Deligne d’après Escher.

  • Rideau de jour, rideau de nuit

    Rideau de jour, rideau de nuit

    Il reste curieux, l’équinoxe qui masque la moitié du jour
    Avec la moitié de la nuit comme le paravent du temps.
    Le Soleil, dans ce paradoxe, se voile sous un abat-jour
    Quant à la Lune, celle-ci luit dans la pénombre en clignotant.

    Mais cet équilibre ne dure que juste le temps d’un rappel
    Et la lutte pour la lumière recommencera jusqu’au solstice.
    Puis, reprendra la procédure ; l’obscurité fera appel
    Afin de remporter, la première, l’alternance par la justice.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Longue est la route

    Longue est la route

    Lorsque la route se rallonge en multiples prolongations,
    J’en déduis que Dieu, en retard, fignole ma destination.
    Et si le Diable me prolonge encore ses déviations,
    Je prendrai le Guide du Routard contre la procrastination.

    Heureusement j’ai Saint-Christophe attaché au tableau de bord
    Avec le Guide Michelin pour manger en dernier recours.
    Enfin, je lirai quelques strophes contre l’impatience que j’abhorre
    Et les « Lettres de mon moulin » deviendront ma roue de secours.

    Photo de Georgekev.

  • L’américanisation

    L’américanisation

    Grâce à Walt Disney et consort, toutes les histoires du monde
    Sont devenues états-uniennes, d’Aladin jusqu’à Jeanne d’Arc.
    Shakespeare, lui-même, s’en sort, mais marqué d’un accent immonde,
    Dans les chansons californiennes que l’on entend à Central Park.

    La cuisine aussi s’en ressent et l’on voudrait nous faire croire
    Que, sans pancake, un déjeuner est comme un hamburger sans frite.
    Pour l’estomac, il est stressant de voir cette bouffe sans gloire
    Gonfler la tête des jeunes et en faire leur pitance favorite.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Le dieu vivant

    Et ce nouvel homme d’argile, modelé d’une jeune Terre,
    Métamorphosa de la boue une créature vivante.
    On aurait dit qu’un dieu agile venait de naître en solitaire
    Comme animal marchant debout vers une épopée captivante.

    Aussitôt il chercha compagne pour partager ses expériences
    En prélevant un bout de chair qu’il planta dans la terre glaise.
    Le printemps mûrit les campagnes et la femme en luxuriance
    Lui offrit son vœu le plus cher : la descendance qui lui complaise.

    Sculptures de Pablo Hueso.