
Avant que Diane aille chasser, elle secoue son drap de nuit
Dans lequel elle a dormi nue… mais est-ce vraiment important ?
Elle décroche la Lune enchâssée, dont le croissant à peine luit,
Dans son étole soutenue par les bras d’anges en arcs-boutants.
Les jardins encore engourdis boivent ses pas couleur d’aurore,
Les feuillages retiennent l’ombre au bord des branches du matin.
Diane traverse les débris d’un songe éclaté qu’elle ignore
Tandis qu’un dernier astre sombre après l’ultime rêve atteint.
Son arc recueille la lumière au bord des terres du sommeil ;
Un cerf arrivé au matin, fait frissonner toute la plaine.
Sa flèche effleure la poussière, y fait éclore un grand soleil ;
Son pas se perd dans le lointain où l’aube reprend son haleine.
Tableau d’Ernst Fuchs.
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