Le damoiseau bigarré

Le damoiseau bigarré

C’est encore un rêve égaré qui s’est retrouvé isolé
Une fois le soleil levé et le dormeur évaporé
Tel ce damoiseau bigarré que j’ai délaissé, désolé
Et qui va devoir relever tout seul tous nos projets élaborés.

Les clochers en papier frissonnent sous l’oubli des cœurs solitaires
Et le grand visage suspendu recherche un souvenir vivant
Mais les couleurs vibrent et sonnent tout en refusant de se taire
Et repeignent l’aurore attendue d’un coup de pinceau survivant.

Je lui prête un peu de mémoire et lui dessine un air mutin ;
Il fait danser ses cent couleurs répandues sur le paysage.
Et je reprends toute l’histoire pour lui offrir un vrai destin ;
Il abandonne ses douleurs, retrouve enfin son vrai visage.

Tableau d’Anatole Krasnyansky.

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