La Lune par devant, par côté, par derrière

Quand la Lune se renouvelle, elle ne montre que ses fesses
Mais dans le noir, ce n’est pas grave et sa pudeur demeure intacte.
Après trois tours de manivelle, elle daigne revenir à confesse
En affichant l’air le plus brave mais si ténu qu’il se rétracte.

Elle habite les beaux quartiers et se montre nue à la fenêtre ;
La Lune est d’une humeur changeante ; elle ne fait rien comme tout le monde.
Elle est enceinte d’un mec altier qui, par la crainte de lui voir naître
Un luneteau – chose affligeante – l’a plaquée. C’est vraiment immonde !

Puis enfin elle arrive à terme et elle expose sa face entière ;
Un ventre parfaitement rond qui resplendit dans les hauteurs.
La voilà pleine ; son épiderme reflète toute la lumière
Mais son amant, ce fanfaron, n’en réclame pas ses droits d’auteur !

Puis elle maigrit de profil, ne nous montrant plus qu’un quartier ;
Son ventre fond, sa joue se fend ; elle doit assurer ses arrières.
Enfin elle tourne à contrefil pour mieux exhiber son fessier ;
La Lune apparaît par-devant, par les côtés et par-derrière !

Tableaux de Chris Skinner, Stephanie Hans, Robert Eggers et Erté.

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