« Chaque matin, Captain Nemo s’éveille avec les derniers fragments d’un rêve que sa mémoire refuse de retenir.
Pénélopïä tente une autre méthode : puisque son esprit demeure silencieux, elle interroge son corps.
Ses muscles semblent se souvenir du piano, mais son blouson d’aviateur et l’appareil englouti dans la Manche entretiennent encore le mystère de son ancienne vie.
En attendant de recoudre son passé, Pénélopïä lui propose une thérapie capable de lui fabriquer d’excellents souvenirs nouveaux… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« J’ai rêvé de mon ancienne vie… » dit Captain Nemo, « et puis… rien !
Ça me fait ça tous les matins et ça me donne des maux de tête ! »
« Je sais que tu en as envie ! » Dit Pénélopïä au terrien
Nue dans ses beaux draps de satin et comprenant ce qui l’entête.
« Fais-moi confiance et ça reviendra ! Et te forcer ne résout rien ! »
« Je le sais bien ! » acquiesce-t-il, « Mais, à la longue, c’est pénible ! »
« Viens ! Allonge-toi sous les draps, si tu quittes cet air vaurien,
Je te fais un massage subtil qui est un remède infaillible ! »
« Ton corps est vraiment magnifique mais tu étais souvent assis ;
Je le pressens dans tes lombaires et tes fessiers sont ramollis ! »
« Vraiment ? » fait-il, béatifique. « Mon corps serait un ramassis
De tous mes souvenirs pubères ? Tu vas aimer à la folie ! »
« Peut-être plus que tu ne crois, Monsieur le petit libertin !
D’après tes muscles fléchisseurs, tu pourrais bien être pianiste ! »
« C’est le sentiment qui s’accroît ; Altänor en est certain ! »
Répond Nemo, l’air jouisseur sous les mains de la kinésiste.
« Tes avant-bras sont très toniques et tes épaules tombent en avant !
Ce sont là des pathologies liées aux gestes professionnels ! »
Termine-t-elle d’un ton platonique et d’une main sûre dorénavant
Qui connaît sa morphologie d’un autre usage plus passionnel…
« Et pourquoi avais-je un blouson d’aviateur personnalisé ?
Et que faisais-je dans l’avion qui aurait sombré dans la Manche ? »
« Pour le moment nous recousons ta mémoire pénalisée
Et même si nous le savions, celle-ci serait peut-être étanche ! »
« Mais pour tes fessiers ramollis, je connais une thérapie
Que nous devrions pratiquer un peu plus souvent ! » conclut-elle.
« Je te vois venir, ma jolie, avec ta psychothérapie !
Alors allons gymnastiquer et “pratiquer” la bagatelle ! »
Illustration de Ledalïä.
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