La Terre et ses humeurs

La Terre exprime ses humeurs depuis l’aube de la nuit des temps
Bien avant l’homme ou l’animal, végétal ou bien minéral.
Du ciel, on entend les rumeurs affirmer – à ce que l’on prétend –
Que ce ne serait qu’un demi-mal, juste un passage sidéral.

Ses colères font des montagnes, ses soupirs déplacent les mers ;
Ses rêves couvrent les campagnes d’immenses draperies de brume.
Mais lorsque ses chagrins nous gagnent, nous les croyons souvent amers
Pourtant, bien qu’ils nous accompagnent, ce ne sont que des traits de plume.

Elle enfante parfois l’orage, quelquefois un ciel lumineux ;
Les volcans servent de langage aux profondeurs de son royaume.
Nous n’apercevons là qu’un passage dans son sommeil sublimineux
Comme un virus qui met en gage l’insoutenable destin de l’homme.

Pourtant mon cœur est fait d’étoiles, celles-là même de la genèse
Dont les atomes ont vibré quand Dieu a prononcé « Fiat lux ! »
Alors la Terre ne me dévoile qu’un peu du feu de la fournaise
Qui règne au centre pour livrer l’amour de Castor et Pollux.

Tableaux de Bertha Lum.

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