(Suite et fin de « La pension de Mademoiselle Yvette»)

De la pension de Miss Yvette, j’ai conservé le souvenir
D’une dizaine de sirènes assises au pied de mon lit.
Elles faisaient toutes la navette, l’une après l’autre, pour venir
Apprécier la queue sereine qui frétillait à la folie.
D’un mur d’eau elles apparaissaient comme une naissance aquatique
Et me charmaient d’une voix claire et envoûtante tout à la fois.
Et puis elles disparaissaient dans un fondu fantomatique ;
Ce n’était pas pour me déplaire car je croyais rêver, ma foi.
Toutes les nuits du vendredi – date de mon fameux séjour –
Je refais ce rêve imbécile de mes sirènes à la sauvette.
Toujours est-il qu’un mercredi, j’ai reçu au courrier du jour
L’invitation au domicile de qui ? De Mademoiselle Yvette !
Photo de Kevin Briggs.
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