
Je m’enfuis dans le premier rêve qui entre en gare de minuit
Et je cherche un compartiment avec quelques pages gratuites.
J’y écris très vite et sans trêve le premier roman de la nuit
Et je le jette pertinemment pour, demain soir, lire la suite.
Le lendemain je recommence mais je plonge nue dans cette encre
Qui sent une écriture intime mêlée de désirs et de morts.
Et là, bercée par la romance, au beau milieu je jette l’ancre
De ce bateau illégitime que je vole sans moindre remords.
La prochaine fois, foi d’Éôlïäne, j’affrèterai ma propre nef
Pour aller au-delà des mers et au-delà des horizons.
Si j’ai besoin d’un fil d’ariane, j’affrèterai un astronef
Pour franchir l’univers amer et en exploser sa prison !
Tableau d’Éoliane.
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