
Après une agape gourmande partagée avec l’équipage
Qui a offert ses plus dodus et appétissants matelots,
La sirène suisse-allemande préfère alors tourner la page
Avec le ventre bien tendu et va dormir lovée dans l’eau.
Dans sa dérive nonchalante, elle se berce au fil du courant ;
Son corps de nacre se repose après ce festin de géant.
La prédatrice somnolente, dans son sommeil le plus durant,
Rêve d’une nouvelle dose de marins au cœur consentant.
Entre deux eaux, extasiée comme une suissesse bien nourrie,
On dit qu’elle dormirait cent ans mais c’est un conte évidemment.
Car après s’être rassasié, elle remonte le Missouri,
Nil, Danube et le Saint-Laurent, les grands fleuves les plus cléments.
Tableau de Viktor Nizovtsev.
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