Je n’en dormis pas de trois nuits, hanté par ce rêve imbécile
Tandis que Laurelïne pouffait et que Loreleï me consolait.
Je m’en allai tromper l’ennui et noyer l’orgueil indocile
Avec un tord-boyaux surfait et puis lentement somnolais…
Je me retrouvais à la porte du grand enfer paradisiaque.
Je frappai, Lucifer m’ouvrit en me souhaitant la bienvenue.
« Qu’est-ce qu’aujourd’hui tu nous apportes, joli héros aphrodisiaque ? »
Et derrière lui, je découvris cette fois, les LLyrïädes toutes nues…
“ Toutes nues ” serait beaucoup dire ! Elles nagent dans une grande piscine
Et je ne vois juste qu’un sein quand elles prennent leur respiration.
« Elles n’arrêtent pas de prédire que le moindre sein t’hallucine ! »
Me dit Lucifer à dessein sur un air de conspiration…
Il m’introduit dans une arène aux proportions spectaculaires,
YAHVÉ et ÏÄNIMÏÄ trônant et Yanimïä à leurs côtés.
« Prêt à affronter la sirène ? » me dit la voix oraculaire
D’une Éôlïäne plastronnant d’un air de me tarabiscoter…
Le robinet des eaux du ciel s’ouvrit et tout fut submergé
Tandis que m’apparut soudain la plus délicieuse des sirènes,
Comme une Loreleï circonstancielle, droguée à la bourse-des-bergers,
Qui ressemblerait à un boudin, comparée à la petite reine…
Et me revoici chevauchant à cru Éôlïäne indomptable
À la poursuite des licornes échappées de l’Arche de Noé.
Et ma monture me reprochant de serrer son siège éjectable
Qui me projeta sur la corne d’un Rhino au fond du canoë.
Je me réveillai enserrant la bouteille de tord-boyau vide,
Tombé de ma chaise sur le sol retrouvant toute ma raison.
« L’alcool serait un comburant à faire des cauchemars avides
De me faire perdre la boussole, et l’nord dans ma propre maison ! »
Illustration de Ledalïä.
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