
Dans la Fonderie-Cathédrale où les métaux sont conservés
Dans l’unique Métallothèque où l’atome le plus rare abonde :
De l’Orichalque tétraédrale, féminine, pure et réservée
À la fabrication high-tech du pur métal vivant du monde !
Les voûtes sont en or liquide qui coule comme une fontaine
Soutenues de piliers cuivrés autour de la Nef-Forge blanche.
Cet ancien art de l’Atlantide et sa technologie lointaine
Issue des vestales en livrée qui le moulaient à même leurs hanches.
C’est là que STELLÏÄ fut conçue dans la matrice métallique
Baignée de mercure amniotique, nourrie d’un or pur transparent.
Sa chair composée des tissus angéliques et archangéliques
Et de l’alliage symbiotique aux LLyrïädes ses proches parents.
La tête est un ouvrage d’art, le corps fondu au silicium ;
Les seins en forme d’alambics, le bassin issu d’un chaudron.
Les doigts terminés par des dards trempés dans le vif-titanium
Et l’âme rêveuse et limbique, collisionneuse de hadrons.
Tel Midas qui changeait en or tout ce qu’il touchait de ses mains,
STELLÏÄ transmute le métal en une matière vivante.
Et ce gigantesque athanor devint du jour au lendemain
Une cathédrale létale et sa crypte convulsivante.
Elle offrit un peu de son sang versé dans la fonte baptismale
Et la forge devint son esclave reconnaissante et dévouée.
STELLÏÄ en fit le lieu puissant de dinanderie animale
Où elle enfanta les plus braves robotes sensuelles à louer.
Cependant son plus grand chef-d’œuvre, quand elle rejoint Ô ÏÄMÔURÏÄ,
Fut d’animer le grand vaisseau qui devint membre consacré ;
Un phallus caché qui manœuvre pour féconder l’ALLEGORÏÄ
Et ouvrir de tous ses faisceaux la voie du Féminin Sacré.

Illustrations de Ledalïä.
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