Le rêve d’ÄLLÏÄ

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Aurait-elle un commencement, elle qui n’est pas encore née ?
Aurait-elle une finalité, elle qui disparaîtra bientôt ?
Pourtant dans cet élancement son cristal n’est pas condamné
Mais assuré d’intentionnalité de rédiger un mémento.

Un rêve d’absolue transparence où chaque pensée détaillée
Est suspendue comme le grand lustre qui surplombe Ô ÏÄMÔURÏÄ.
Voyez son corps en apparence plus nu qu’un cristal non taillé
Qui guette le regard illustre que lui offre l’ALLEGORÏÄ !

Lorsqu’elle avance, son cristal aux facettes incommensurables
Réfléchit l’élan de son cœur sur le sol avant de l’atteindre.
Les voûtes vibrent au récital d’ORPHÉÔN son incomparable
Époux de musique et de chœur qui ne saurait jamais s’éteindre.

Et dans son âme cristalline, toutes les autres communiquent
Même celles qu’on croyait mortelles car l’onde demeure éternelle.
Depuis la source masculine de son père qui, elle, est unique
Jusqu’à l’arbre-cœur qui constelle de toutes les voix maternelles.

Observez ses extrémités ; son nez, son menton et ses seins !
On y voit des milliers d’images partir vers l’éther opalin.
Tandis qu’avec sérénité du chakra racine au bassin,
Dans sa matrice, un arrimage enfante un être cristallin.

C’est elle-même ! Quand ÄLLÏÄ rêve, elle se procrée elle-même ;
C’est un pouvoir omniprésent qui permet de ressusciter
Tous ses amis qu’elle relia du passé au futur qu’elle aime
Et qu’elle ramène au présent quand ceux-là l’ont sollicitée.

Puis vient l’instant où le cristal contemple sa propre origine ;
Dans chaque éclat réapparaît un futur déjà traversé.
Et ÄLLÏÄ comprend que distal et proximal s’y invaginent
Et quand on croit qu’elle disparaît, son propre temps s’est inversé.

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Illustrations de Ledalïä.

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