Le rêve de Loreleï

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L’ÏÄMÔURÏÄ au commencement était plus vaste que l’océan
Et emplissait tout l’univers autour de son unique reine :
Loreleï, nue, dans son élément, déesse et maîtresse des céans,
Recherchant parmi les flots verts un homme digne d’une sirène.

Ce soir, elle se met à chanter d’une voix claire et créatrice
Qui fait naître des poissons d’argent, des thons et des bans de sardines.
Une inspiration enchantée, particulièrement conceptrice,
Crée un poète partageant son goût pour les jolies ondines.

Mais le poète vient d’ailleurs, il a suivi un courant doux
Et nage en dormant ou l’inverse… rêve en dormant… sinon quoi d’autre ?
Loreleï le réveille l’air railleur, flairant l’éternel guilledou,
Et lui demande sans controverse : « Lequel des deux, rêve de l’autre ? »

« Je rêve de toi depuis longtemps ! » répond le nageur stupéfait.
« Je te cherche au milieu des songes, dans les légendes et dans les contes
En remontant le Rhin chantant, j’en entendu ta voix de fée
– Est-elle vraie ou est-ce un mensonge ? – je suis venu m’en rendre compte.

Loreleï dit : « En réalité si c’est toi qui rêves de moi,
Fais-moi d’une apparence humaine destinée à perpétuer ! »
« Non ! J’aime ta sensualité et ta queue me met en émoi ! »
Répond le poète énergumène : « Je t’aime telle que tu es ! »

Elle le love entre ses seins et, comme pour le remercier,
L’emmène rêver sur la plage en exhibant ses jolies jambes.
« Tu vois ? Sans te faire un dessin les sirènes peuvent bénéficier
Du pouvoir de faire étalage d’auto transformation ingambe ! »

Qui rêve de qui ? On ne sait pas mais Loreleï a eu une fille
Qui chante comme sa maman d’une jolie voix cristalline,
Qui écrit comme son papa et fait la joie de sa famille.
Or elle aura étonnamment une queue mi-poisson, mi-féline…

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Illustrations de Ledalïä.

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