


Pour vivre heureux, vivons cachés et l’eau est pleine de ressources
Pour se voiler dans le courant et les déesses des rivières.
Il faut savoir se rattacher au secret même de la source
Et ne laisser filtrer de nous rien que son infime lumière.
L’homme a laissé sur le rivage un bois creusé pour le voyage,
Deux barques frêles qui attendent quelque passeur de l’au-delà.
Elles transmettent le sillage, comme un silencieux témoignage,
D’une présence qui s’efface en ne laissant aucun éclat.
Car dans l’îlot qui semble clos, au cœur des touffes de verdure,
Un regard double de vigilance guette l’écho de chaque pas.
C’est la pupille de la terre, une vibrante signature,
Qui transmet l’âme du silence à ceux qui ne le verront pas.
Illustrations de Will.
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