« Le Phénix repose au ponton et je retrouve les bras d’Altänor, les sourires de mes sœurs et Fred enfin vivant.
Karl reste parmi nous et Alinéor fête notre retour.
Même Onyx trouve son bonheur… dans son écuelle.
Yavänor, quel beau voyage nous avons fait ! Et quelle joie de rentrer pour le raconter ! »
Amellïä, muse céleste

Je ralentis près de la rive et mets les flotteurs face au vent
Qui produisent alors deux sillages tels deux longues lignes tremblotantes,
Puis je souris, toujours pensive, à notre retour émouvant ;
Yavänor achève le mouillage en jetant une ancre flottante.
Tu prends en main notre amarrage en te penchant vers le ponton ;
Je tiens la corde frémissante et te souris près des roseaux.
Le Phénix dort près du rivage ; nous retrouvons notre maison
Et Lïlïth s’avance, souriante, en emportant le nid d’oiseaux.
Altänor vient à ma rencontre et m’embrasse chaleureusement ;
Les voix se pressent, accueillantes, parmi les doux éclats de rire.
Sa main se pose alors tout contre mon ventre paternellement
Tandis que nos sœurs souriantes ont beaucoup de choses à nous dire.
Soudain Fred paraît sur le seuil et vient se jeter contre moi ;
Je sens ses épaules tremblantes et je retrouve son sourire.
Nous n’avions pas fait notre deuil, ni l’un ni l’autre avec émoi ;
Ses larmes coulent, ruisselantes ; nous sommes là en plein délire.
Karl m’interroge sur les problèmes de la carlingue et des flotteurs ;
Je lui réponds que notre avion a fait une route sereine.
« J’ai pris mes quartiers ici-même pour veiller sur nos deux moteurs ;
Depuis quelques jours nous l’avions décidé avec les sirènes ! »
Alinéor ouvre la fête par un banquet aux mets fumants ;
Les poissons voisinent les sauces et les légumes de saison.
Pour mon retour, la table est prête et nous rapproche en assumant
Une amitié qui se rehausse quand nous rentrons à la maison.
Mais Onyx observe la scène avec un calme souverain ;
Il suit des yeux le nid des merles, installé hors de sa portée.
Lïlïth lui sert dans une écuelle un beau reste de navarin
Et ses grands yeux, comme des perles, montrent qu’il est réconforté.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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