« Au-dessus du Pacifique, je reconnais la mer qui m’a portée et les lumières qui m’invitent à revenir.
Mes attaches voyagent avec moi. L’ÏÄMÔURÏÄ leur donne un même souffle et ta présence, Yavänor, me donne le temps de me confier. »
Amellïä, muse céleste

« Nue ou portée par mon avion, je vois le Pacifique immense ;
Chaque île y devient un foyer dont la lumière me retient.
J’y sens vibrer ma filiation avec la mer de mon enfance
Que je quitte sans m’y noyer pour garder l’amour qui m’y tient.
Lorsque je rentre à la maison, j’écoute les bruits de la vie ;
Je pose mes clefs près du seuil et laisse enfin tomber le jour.
Une voix, même sans raison, suffit à réveiller l’envie
De retrouver un doux accueil au terme de mon long retour.
Altänor connaît mes départs et la fatigue de mes ailes ;
Il sait m’écouter jusqu’au bout quand je raconte mes exploits.
Mais il cherche dans mes regards des vérités plus essentielles
Et me demande tout à coup comment je vais au fond de moi.
Pour Millérion, je veux apprendre à l’écouter sans le juger ;
S’il veut contempler les fourmis, je m’assieds à même la terre.
Je saurai doucement attendre au lieu de vouloir préjuger
Ses rêves d’enfant très fournis sans que les miens veuillent les taire.
Chez mes amies, je veux pouvoir déposer enfin mon armure
Et leur avouer mes soucis sans les cacher à mots couverts.
Elles sauront me recevoir quand mon courage se fissure
Afin d’accueillir mes récits et de m’aimer à découvert.
Avec toi, je baisse la garde et je peux enfin ralentir
Car tu m’écoutes sans impatience et tu m’aides à mieux me comprendre.
Je prends le temps, je te regarde sans rien devoir te garantir
Car tu réveilles ma conscience et ton humour sait me surprendre.
Enfin l’ÏÄMÔURÏÄ me relie à celles qui partagent ma vie ;
Son souffle accompagne mes ailes et me rejoint dans chaque lieu.
Je sens sa force qui m’allie aux autres sans être asservie
Car je suis libre parmi elles, portant leur amour jusqu’aux cieux. »

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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