« Oubliée ! Ils ont osé m’oublier !
Puisque l’ÉchÔ semble avoir rendu tout le monde amnésique, je rappelle que j’ai rencontré ORPHÉÔN en chantant avec lui et que nos deux voix se sont unies bien avant nos âmes.
Qu’il rejoigne six sirènes si cela l’enchante mais son septuor ne durera qu’une mesure ; j’en serai la huitième voix et le Souffle Premier l’accordera en octuor ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Séorïäne et Loïrelïndt ensemble débarquent nues sur le rivage
Et, bien sûr, la sirène astrale produit de l’effet sur les mâles
Qui la saluent car elle ressemble plus ou moins à ce vieux visage
Aperçu dans les ancestrales salles de la piscine thermale.
Arrivée devant les LLyrïädes qui en accusent l’étonnement,
Séorïäne leur raconte l’ÉchÔ et avoue ce qu’elles ignorent
Ce qui suscite une myriade de petits rires peu cléments
Pour Alinéor ex-aequo avec Yavänor et Hyänor.
« Et ORPHÉÔN, bien malgré lui, m’a appris à vocaliser
Pour faire un quatuor de sirènes dont j’ai abusé sans remords ! »
Confie Séorïäne qui produit une attention focalisée
Sur le son de cette “sirène” qui prétend réveiller les morts.
« Mais je ne suis pas ressuscitée ! » prévient Loïrelïndt en souriant ;
« Ce n’est là que mon corps astral désormais matérialisé.
Je n’ai pas la capacité d’un corps physique frétillant
Pour faire un coït magistral avec vos mâles sacralisés ! »
« Tu as retrouvé ta jeunesse mais pas la mesure d’en jouir ! »
Note Lïlïth, toutefois heureuse de retrouver sa vieille amie
Avec les traits d’une finesse qui la ferait s’épanouir
Si elle en était amoureuse du temps de leur hiérogamie.
« Si ton corps astral est capable de cette matérialisation,
Il pourrait devenir physique grâce à son énergie vitale ! »
Dit Yanimïä, trouvant palpable l’ectoplasme en irisation ;
« À cet ÉchÔ tétraphasique, ajoutons d’autres forces vocales ! »
« Bien sûr ! Je peux prêter ma voix ! » dit Loreleï très intéressée ;
« Nous formerions un sextuor à six honorables sirènes ! »
« Je ne vois pas meilleure voie ! » dit alors Loïrelïndt, bouleversée.
« Et avec moi, un septuor ! » dit ORPHÉÔN, l’âme sereine.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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