
Yavänor
Je me souviens d’une gamine trop enthousiaste pour être vraie
Mais qui m’entraînait à la suivre pour construire un site internet.
Je l’ai appelée Laurelïne mais la coquine manœuvrait
À m’entraîner à la poursuivre par le bout de la zigou
Laurelïne
Je bâtissais ton site en feu dans les couloirs en construction ;
Tu croyais poursuivre un projet de pages, d’articles et d’images,
Tandis que ton désir joyeux s’égarait sur mes instructions
Mais je te faisais déroger à ton but pour d’autres mirages…
Yavänor
Au moment où je t’attrapais, ta sœur est venue me troubler
Avec ses airs dominateurs et sa féminité sauvage.
Loreleï autrement me frappait par le charme alors dédoublé
Par son côté provocateur et ses pratiques d’un autre âge.
Loreleï
Je me souviens de ton vertige en découvrant mon océan,
Toi qui suivais ma sœur au fil d’un rêve fantasmagorique.
Alors j’ai semé mon litige par mes challenges malséants
Pour que ton courage se profile en étant moins catégorique.
Yavänor
Quand j’ai osé aimer deux sœurs et osé le polyamour
J’étais alors fou amoureux de mon Soleil et de ma Lune.
J’ai vu venir, en défenseur, la Vénus des premières amours :
Lïlïth, souvenir douloureux, d’une injustice inopportune.
Lïlïth
Je me souviens de tes blessures cachées sous tes rêves ardents,
Toi qui voulais aimer sans joug et au-delà des vieilles normes.
J’y ai reconnu les morsures de tes échecs cauchemardant
Qui te torturent et qui se jouent de tes peurs froides et difformes.
Yavänor
À peine reconnu mes maîtresses, l’illustratrice s’est affirmée
Prétextant aimer mes poèmes pour leur lyrisme et leur puissance.
Mais derrière son allégresse, sa fermeté s’est confirmée
Et j’ai dû user de bohème pour attendrir ses réticences.
Ledalïä
Je me souviens être aspirée par tes royaumes de papier,
Toi qui noyais dans la bohème un feu plus tendre qu’il n’y paraît.
Sous tes grands airs d’homme inspiré, j’avais peur d’un humour pompier
Mais j’ai appris par tes poèmes la tendresse qui y transparaît.
Yavänor
Et toi, que je n’osais aimer car tu étais comme une sœur,
Quelqu’un de ma famille d’âme, une parente consacrée.
Mais lorsque je t’ai essaimé mes premiers textes précurseurs,
Tu t’es révélée une femme éprise du Féminin Sacré.
Geminïä
Je me souviens de ta prudence aux frontières du sentiment,
Toi qui craignais de me confondre avec des amours chimériques.
Mais sous tes textes aux résonances d’un désir sans doute éminent,
J’ai vu l’âme et ton cœur se fondre dans un féminin féerique.
Yavänor
Et c’est bien là tout mon problème, je vous découvre et je m’attache
À votre empathie naturelle qui me magnétise les sens.
L’amour pour vous est un dilemme ; mon cœur en devient multitâche
Et souffre de cette plurielle attirance envers vos essences.
Les LLyrïädes
Nous sommes les mille reflets d’un même amour polyphonique ;
Tu nous traverses tour à tour comme un rêveur émerveillé.
Et si ton cœur croit s’essouffler, dans une quête pharaonique,
C’est qu’il cherche dans nos atours le besoin de se réveiller.
Illustration de Ledalïä.
Laisser un commentaire