Allumez le feu !

Allumez le feu !

Sans doute qu’après l’équinoxe la fraîcheur des nuits se ressent
Et nous incite à allumer des feux de joie un peu partout.
Évidemment le paradoxe est qu’on met à feu et à sang
Les magasins pour les plumer ; les pillards jouent là leur va-tout.

On veut renverser le système en saccageant le boulanger ;
On chante un avenir meilleur sur les décombres des boutiques.
La faim devient le seul emblème de ce qu’il reste à partager
Mais le chômage et la frayeur n’entrent jamais dans les cantiques.

L’aube a découvert la vitrine d’un artisan chocolatier
Qui n’attend plus de beaux discours ni les promesses du roitelet.
Les bras croisés sur sa poitrine, il songe comment le châtier :
La prison en dernier recours ou bien lui mettre un bracelet ?

Tableau de Rómulo Pardo Urías.

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