Dans chaque lune, une mère

Dans chaque lune, une mère

Chaque nuit Madame la Lune visite ses petits-enfants
Nés d’une étoile masculine qui aurait fécondé la Terre.
Les rêveries sont opportunes pour y glisser un triomphant
Lunatique aux ailes cristallines mais que les chats préfèrent taire.

Madame la Lune connaît mieux les sommeils lourds les plus abscons
Et leurs racines qui murmurent sous les couettes de la mémoire.
Elle dépose son halo soyeux dans le creux des rêves féconds
Couvrant les enfants d’une armure d’argent miroitant de sa moire.

Chaque nuit Madame la Lune entre pieds nus dans chaque chambre
Et couvre les dormeurs d’un satin tissé d’air bleu aux reflets verts.
Elle sème à la bonne fortune ses rêveries qui se démembrent
Pour renaître au petit matin dans les jardins de l’univers.

Tableau d’Arlene Graston.

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