
Lorsqu’une vague pond un œuf, une chimère alors éclôt ;
Les cheveux encore mouillés des larmes amères de Neptune.
Cependant dans ce matin neuf, sous un ciel fermé à huis clos,
D’une naissance dépouillée naît une sirène fort opportune.
Elle regarde l’horizon comme on découvre une aventure,
Ignorant tout des continents, des ports, des navires échoués.
Les sirènes ont toujours raison car leurs cœurs sont toujours matures
Pour ne pas croire les boniments des marins les plus dévoués.
La mer lui donne pour berceau les remous bleus de ses cheveux,
Pour vêtement quelques embruns et deux ou trois reflets d’argent,
Puis l’abandonne sur les eaux comme une enfant qui fait le vœu
D’aller goûter à l’homme brun, capitaine, marin ou sergent.
Tableau de Noma.
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