Loreleï d’amour et d’eau revêche

Loreleï d’amour et d’eau revêche

Quant à Loreleï, elle m’énerve
à poser nue des heures entières
Sur son rocher à mi-parcours
du torrent des derniers orages.
Je ne sais ce qu’elle me réserve
quand elle m’appelle à la frontière
De la rive à l’onde qui court
afin de tester mon courage.

« Je ne pose pas sur la pierre
afin de troubler les passants ;
Je veille au seuil des eaux sauvages
où s’égarent les téméraires.
Nul ne peut traverser la mer
sans donner le goût de son sang
Et je regarde leurs visages
crier d’un soupir éphémère.

Tu prétends que je t’importune
en posant sur mon rocher blanc,
Mais tu repasses heure après heure
pour en vérifier ma présence.
Ne me reproche pas la Lune
quand tu regardes mes flots troublants ;
Ce que tu cherches n’est qu’un leurre,
une assurance de complaisance ! »

À ces mots j’ai plongé vers elle,
me suis agrippé au rocher
Et nous sommes partis ensemble
en disant adieu à la terre.
D’une noyade naturelle,
j’aurais pu ainsi m’approcher
Suffisamment pour qu’elle ressemble
à ma traversée pour Cythère.

Tableau de Maddie Phantom.

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