Catégorie : Pamphlets

Petits textes satiriques envers qui vous savez

  • Dites-le avec des fleurs

    Pour manifester ma rancœur envers l’état totalitaire
    Qui parle la langue de bois et me traite comme du bétail,
    J’ose le langage des fleurs pour affronter les militaires
    Afin que s’exprime la voix d’un opprimé dans la piétaille.

    Une couronne mortuaire avec mes regrets éternels
    Pour enterrer ma liberté que je présumais immortelle.
    Je poserai sur son sanctuaire quelques œillets sempiternels
    Pour mes espoirs déconcertés par les magouilles et les cartels.

    « Max l’explorateur » par Guy Bara

  • Labyrinthes

    Le progrès en marche nous apporte un bonheur mérité ;
    Le temps inscrit ses marques sur la planète opprimée.
    La science prolonge la vie et nous allons tous hériter
    D’un patrimoine dépassé et d’un futur déprimé…

    Des papiers que le vent promène,
    Des plastiques que la mer transporte,
    Des canettes que les chemins acheminent,
    Des mousses que les rivières emportent
    Des dioxydes de carbone que le trafic propage,
    Des cris que les villes transmettent,
    Des nitrates que l’agriculture parsème,
    Des particules que l’atmosphère colporte,
    Des virus que le tourisme diffuse,
    Des incendies que les forêts transfèrent,
    Des métaux lourds que les nappes transvasent,
    De la rouille que les abîmes renferment,
    Du pétrole que les plages éparpillent,
    De la mort que la vie répercute.

    Illustration de Daniel Garcia

  • Le Brexit

    Messieurs, tirez donc les premiers mais veuillez filer à l’anglaise
    Par un coït interrompu, brisant d’un coup de Trafalgar !
    L’empire dont vous réclamiez tout l’avantage, ne vous déplaise,
    Retombe en argent corrompu qui va déclencher la bagarre.

    Moi, qui habite la boutonnière, dans les Alpages en boutons,
    Comme vous, j’ai ma tirelire bien à l’abri au coffre-fort.
    Je fais l’Europe buissonnière avec mes cochons, mes moutons
    Mais je vous parie mille livres que vous regretterez notre confort.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Dérapages

    J’ai glissé sur la chrétienté et je me suis cassé la foi ;
    J’ai trébuché sur le bouddhisme et je m’y suis grillé l’esprit ;
    Je me suis rallié à l’islam et j’ai consumé mon essence ;
    J’ai fouillé la mythologie et l’aigle m’a mangé le cœur ;
    J’ai chanté le monde quantique et j’ai chuté dans un trou noir ;
    J’ai fait confiance à la science et je m’y suis brûlé le corps ;
    J’ai subi la force des hommes et je suis devenu ermite ;
    J’ai écouté la voix de Dieu et Jésus crie dans le désert.



    (Sur un mince cristal l’hiver conduit leurs pas
    Le précipice est sous la glace
    Telle est de vos plaisirs la légère surface
    Glissez, mortels, n’appuyez pas.

    « Le Patinage » – Pierre Charles Roy.)

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  • Splendeur de l’apparat, magnificence de la richesse, faste de l’opulence

    Splendeur de l’apparat, magnificence de la richesse, faste de l’opulence

    Au milieu de ses pairs de France, tout le pouvoir est rassemblé
    Entre les mains du petit roi selon la loi démocratique.
    J’ai l’impression qu’il est en transe, peut-être même qu’il m’a semblé
    Que, dans son costume à l’étroit, il paraîtrait technocratique.

    Leurs visages s’affichent en jaune car ils reflètent la nation
    Qui s’insurge contre un palais qui fait abstraction des petits.
    Petits hères de secondes zones, chômeurs en détermination,
    Pauvre émigré sénégalais, tous ceux qui n’ont plus d’appétit.

    Selon les lois de l’univers, il y aurait deux infinis :
    L’infiniment grand du pouvoir et l’infinie morosité.
    Ceux qui ne passeront pas l’hiver, pour qui demain tout sera fini
    Et ceux qui ne cessent de promouvoir toute leur somptuosité.

    Comment en sommes-nous arrivés à ce système pyramidal ?
    La loi de la vie est cruelle : tu manges ou tu seras mangé !
    L’humanité reste rivée à une société féodale ;
    Hier, le sang coulait dans les ruelles et aujourd’hui, rien n’a changé.

    Tableau de Fabienne Barbier