Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Une créature échappée d’entre les deux parties du monde À imprégné la toile vierge et sensible de ma rétine. Comme si le cœur l’avait happée avant qu’une pensée vagabonde Apporte l’image qui converge avec ma mémoire enfantine.
Folle vengeance capricieuse d’un pauvre sorcier pernicieux ! Pauvre princesse gracieuse victime d’un sort malicieux ! Le jour, vit dans un corps de cygne ; la nuit, redevient une femme. Il suffirait, dit-on, d’un signe pour rompre un charme aussi infâme…
L’amour pourrait tout arranger seulement voilà c’est compliqué ! Un prince voudrait bien l’épouser et tuer l’auteur du maléfice. Mais alors rien n’aura changé, le sort restera appliqué Comment l’amour, fort jalousé, échappera-t-il au sacrifice ?
Plusieurs solutions se présentent, choisissez la plus complaisante : L’amour vaincra, le sorcier meurt tout le monde s’en tire de bonne humeur ; Le prince déclare son amour mais elle reste un cygne pour toujours ; Le prince avoue son impuissance, tous deux se noient sans réjouissance.
Il existe effectivement différentes fins à cette légende allemande. « Le lac des cygnes » est un ballet sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
J’ai récupéré le carnet des études zoophoriques De l’imaginaire audacieux du créateur de Peter Pan. Dommage qu’il n’ait incarné aucun des fantasmagoriques Chimères et fantasmes fallacieux comme, par exemple, le Chat-paon.
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L’homme projette sur sa femme tous ses désirs hallucinés Afin de lui montrer qu’il l’aime de ses fantasmes ophtalmiques. La femme fait un retour de flamme si jamais d’autres dulcinées Reçoivent également la même éjaculation orgasmique.
La femme embellit les fantasmes de ces messieurs prépondérants Comme l’objet de leurs désirs en échange d’appointements. Les hommes recherchent l’orgasme comme butin du conquérant Qui met sa force et son plaisir dans le sexe conjointement.
Tout ce que j’ai accumulé tout au long de mes plus beaux rêves Fondra au matin embrumé dans un éclat évanescent. Tout ce que j’ai assimilé tout au long de ma vie si brève Se désagrègera en fumée dans mon fantôme luminescent.
Mais l’accumulation des songes laisse une trace qui s’ajoute Et qui, tous les jours, ensemence le cœur de ce qui le ravit. L’assimilation des mensonges, de la vérité et du doute, Révèle que tout recommence dans le grand cycle de la vie.
Tandis que le monde s’inquiète à propos des épidémies, Je me demande si le silence de Dieu n’est pas révélateur… Bien que la religion n’empiète guère sur notre économie, Je surveille avec vigilance les anges exterminateurs.
Cygne diurne, cygne nocturne, selon les tables solunaires, Se croisent au gré de la marée sous l’œil de la lune qui luit. Le petit prince taciturne pêche dans les eaux lagunaires (lacunaires) Aux vaguelettes chamarrées sous l’œil de la reine de nuit.
Gentil rossignolet sauvage, tu métamorphoses mon cœur Comme si l’eau de la fontaine rigolait d’un vin merveilleux Pareil au guignolet suave, pareil aux plus douces liqueurs Qui donnent l’hypnose soudaine des rêves les plus audacieux.
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Deux cerveaux bien organisés prennent la même direction ; Mais pour compagnons et compagnes, tous les chemins mènent à Rome. Dans notre monde mécanisé les outils de prédilection Font perdre plus de temps qu’on en gagne avec la femme mais surtout l’homme.
Les ruisseaux chantent dans mon village les jours de pluie à point nommés Qui seuls apportent l’abondance des eaux qui abreuvent la terre. Curieusement dans le sillage lorsque je gravis les sommets J’y vois des traces qui se condensent en mousse orange délétère.
Toute la nature se courbe en sens inverse de l’attraction. Les arbres poussent contre le vent, les boues s’écoulent sous la pluie. La force des éléments fourbes contraignent la Terre à changer L’humanité dorénavant sous le progrès de l’oppression.
Heureux les gens à ma fenêtre qui dansent au bord du rivage, Qui font la fête tous ensemble pour célébrer la mi-carême. Heureux tous les enfants à naître qui connaîtront un nouvel âge Privé de tout ce qui ressemble au respect des anciens barèmes.
Heureuses les familles qui passent, de la grand-mère au petit-fils Qui font la fête tous ensemble lors des soirées du ramadan. Heureux tous ces morts qui trépassent et partent en feux d’artifices Libérés de ce qui ressemble à la fin d’un monde décadent.
La première fille qui m’a offert en prime son intimité Reste enregistrée dans l’album de ma collection de fantasmes. Hypnotisé par l’atmosphère, engourdi de timidité, J’ai fait un petit pas pour l’homme mais un pas géant vers l’orgasme.
Que faire quand l’ombre du doute laisse une empreinte sur le visage Qui marque les limitations d’un monde moderne et austère ? Hélas, la peur que l’on redoute et qui noircit le paysage Nuit à la bonne constitution de notre système immunitaire !
Et le repos survint aux champs comme tombé par la faucille Exécutée d’un coup de reins en va-et-vient selon le foin. À coups de serpe se chevauchant jusqu’à ce que la gerbe vacille Et l’on se couche alors, serein, sous le soleil xx de juin.
Ah, qu’il est bon d’avoir semé la fertilité des campagnes Après s’être tant exposé qu’on cherche l’ombre d’un poirier ! Pour une sieste parsemée d’un peu d’amour sur nos compagnes Et de pouvoir se reposer puis, s’endormir sur ses lauriers.
Je l’ai perdue dans les couloirs qui mènent à l’évolution Où les fruits s’étalent aux étals des magasins climatisés. Je l’ai perdue sans le vouloir, grisé de civilisation Qui fait croire au progrès létal du temps désaromatisé.
Au temps où j’habitais Marseille, je m’en allait de bon matin Suivre la course du levant enivré d’embruns doux-amers. J’y faisais ma pêche aux merveilles sur les eaux calmes de satin Que j’attrapais à contrevent parmi les étoiles de mer.
Dans l’atmosphère tamisée de la lumière atténuée, La femme offerte dans la pénombre s’est préparée à recevoir Tous les plaisirs optimisés et les désirs insinués De l’homme qui sortira de l’ombre pour lui donner à concevoir.
La loi des vases communicants s’exerce aussi avec l’amour ; Plus un cœur impatient se penche, plus l’envie en déséquilibre, Dès le matin en paniquant, recherche le prince glamour Afin que le désir s’épanche et retrouve son équilibre.
Toutes les nuits, l’âme s’envole au-dessus des actes manqués Où j’ai échoué par déraison et où je me suis empêtré. Elle observe mon zèle frivole tout au long des chemins flanqués De clôtures et de maisons où je n’ai pas su pénétrer.
Vénus prend l’arc de Cupidon et l’esprit de la chasseresse Lorsqu’elle doit percer, dit-on, les cœurs cerclés de forteresses. Chaque victoire de l’amour qui parachève une aventure, Pour marquer l’acte de bravoure, porte une plume à sa parure.
Quand le sommeil me déshabille petit à petit la conscience, Au dernier vêtement ôté, j’atteins l’âme nue véritable. Par conséquent, je m’éparpille, dans une impudique insouciance, En rêvassant, déculotté, des fantasmes inexplicables.
Les belles amours du passé et d’ailleurs ouvrent une fenêtre Où j’aperçois l’intimité cachée dans les pages d’un livre. J’y joue le témoin compassé envers les héros et les traîtres Dont les intrigues illimitées m’éclairent sur ma raison de vivre.
Tableau « Mujer en oración » de Julio Romero de Torres.
Il reviendra comme un printemps qui fait fleurir les amourettes Et souffle la brise d’amour sur les jeunes filles en fleurs ! Il viendra boire leurs vingt ans, il viendra leur conter fleurette Et sonnera le compte à rebours qui apaisera tous les pleurs.
J’aime ce ton bleu-orangé qui donne aux heures nostalgiques L’aspect d’affiches de voyages ou de tableaux impressionnistes. Un goût exotique étranger qui échappe à toute logique Et qui prépare l’appareillage d’un vol nocturne illusionniste.
Tableau « The nostalgic hour on the Me Nam » de Galileo Chini.
Une montée en altitude, cinq ou six centaines de mètres, M’apporte la vue nostalgique sur mon petit monde local Plongé d’une douce quiétude et moi, qui suis assis sans maître, Semble un naufragé léthargique comme un poisson hors du bocal.
Avec Vénus aux quatre bras et Cupidon aux quatre vents, L’amour bascule en ma maison son venin sans modération. Vive piqûre de cobra, tendre saignement émouvant Brûlent mon cœur et ma raison par la folie de la passion.
Du petit chat de Rabelais au gros matou de Du Bellay, Le félin détient la nature d’inspirer la littérature. Des pleurs du mâle de Baudelaire à la langue de chat de Voltaire, Musset souscrit à la légende envers la chatte de George Sand.
Dans le vitrail de la nature, les reflets flirtent avec les ombres Contrastant la musculature du jeu des peaux claires et sombres. L’amour en lumière s’évoque par les oiseaux à contrechamp Avec un paon sans équivoque chanteur de charme au contre-chant
Entre rêves et réalité, il m’est arrivé d’hésiter À suivre un monde d’idéaux ou tomber désillusionné. Par chance ou par fatalité, par patience et ténacité J’ai échappé aux ces fléaux mais j’en reste contusionné.
Ma vie et mes rêves ont changé dans un monde de transparence Qui croit que la modernité est une réelle évolution. Mais l’état d’esprit inchangé garde son ancienne apparence ; Toujours la même humanité dans ses mêmes inhibitions.
Depuis que j’ai beaucoup lâché et ouvert la cage aux oiseaux, Je suis devenue plus légère et je n’ai plus les pieds sur à Terre. Mes démons ne sont pas fâchés que je m’écarte des réseaux ; Ma folie n’est que passagère et mon voyage solitaire.
Si tu consultes les oracles, tu y verras plusieurs réponses ; Un médium d’apparence humaine, l’autre dans un corps d’animal. L’un te prédira des miracles, l’autre aura une mine absconse ; Ce n’est qu’au bout d’une semaine que tu comprendras, c’est normal.
L’image idéale d’une femme que j’aimerai passionnément Reste gravée comme un dilemme que seul mon futur résoudra. L’empreinte agit comme un sésame qui m’entrouvre opportunément Les portes vers celle qui m’aime et qui, à mon cœur, répondra.
Il s’agit de Lina Cavalieri, chanteuse d’opéra, muse de Piero Fornasetti, peintre Milanais, sculpteur, décorateur d’intérieur, graveur, et créateur de plus de 11000 objets. Il a décliné son visage énigmatique sur différents objets en multiples variations.
vu sur http:nathfaitmain.canalblog.comarchives2014090830546483.html .
La foi transporte les montagnes et la joie transpose le cœur Quand le corps danse, libéré de son esprit déconnecté. Dansons compagnons et compagnes, chantons ensemble tous en chœur Pour cette joie inespérée que nous brûlons de collecter !
La première impression est bonne car elle frappe l’inconscient ; Le cœur saisit les émotions puis, en transmet son sentiment. Comme observateur, je m’abonne à ce qui frappe à bon escient Ce cœur qui fait la promotion de mes futurs pressentiments.
Si avant-hier Elle vivait Dans son enfance, Si hier encore Elle n’était Qu’adolescente, Si aujourd’hui Elle a acquis Un corps de femme, Sa vénusté Me transparaît De tout son charme.
Jeune déesse Qui ne connaît Pas tout encore, Ton corps, lui, sait Tous les secrets De la nature. Le féminin Universel T’a consacrée D’être à la Terre, D’être à la Mère Divinisée.
La lune pose en clef de voûte l’arcade du ciel étoilé Par sa lumière nutritive sur une terre consacrée. Force lunaire qui envoûte quand le mystère est dévoilé De son énergie attractive, œuvre du féminin sacré.
La musique habille le temps avec des touches de couleurs Sur les secondes qui s’écoulent et l’intervalle des silences. Parfois son rythme haletant me fait oublier mes douleurs Et me donne la chair de poule d’une délicate insolence.
Ce mirage indéfinissable d’une existence naturelle Se superpose dans mes rêves avec ses plus belles merveilles. Or je le pense indispensable à mes fantaisies culturelles Même si l’image est trop brève pour m’en souvenir au réveil.
Le présent me regarde l’âme en tournant le dos au passé ; L’avenir impose une ultime destination vers le sacré. Si le temps était une femme, je fermerais mes yeux compassés Pour tâter ses formes intimes et pénétrer dans ses secrets.
Comme un matin d’un nouveau jour, elle renaît de l’inconscience D’où son âme, réfugiée, s’est reconnectée aux étoiles. L’œil qui s’ouvre apprécie toujours d’une lumineuse insouciance La surprise privilégiée de la nuit qui quitte son voile.
Quand je m’approche du présent, toutes mes cellules s’activent Et forment une trame vibrante au diapason de qui je suis. Je sens l’esprit électrisant lutter contre l’âme captive Sous la surface équilibrante de l’eau du temps que je poursuis.
Lorsqu’elle me tourne le dos et relâche son attention Elle me confie sa défense et toute sa fragilité. Elle respire comme un cadeau la paix de sa méditation Et elle retombe en enfance en toute sensibilité.
Elle s’échappe du présent juste pour vivre hors du temps La sensation que la quiétude fait résonner dans tout son être. La paix d’un ange omniprésent raisonne en se répercutant Dans un état de complétude qu’elle seule sait reconnaître.
Dans les mémoires du printemps sont écrits les plus beaux poèmes D’auteurs qui vivent en passagers le temps d’un voyage terrestre. Dans des directions empruntant toutes les routes de bohème Vers des paradis partagés à l’heure de la faune sylvestre.
Les souvenirs du temps qui passe et les couleurs du temps qu’il fait Composent une chorégraphie dont l’œuvre reste en rémanence. Tout ce qui naît, vit et trépasse dans cet univers imparfait Contient la bibliographie par tous ses points de luminance.
Avec le langage des fleurs, les coquelicots parlent un accent Qui leur fait prononcer en rouge les mots relatifs à la joie. Ils déclinent ainsi en couleur les champs d’un bonheur relaxant Qui porte la dernière touche à mon tableau aux mille voix.
Quand l’ange de la nuit paraît, le jour se meurt dans un murmure ; Quelques dernières sentinelles scintillent dans l’opacité. Parfois une étoile apparaît comme nocturne enluminure Sur les ombres sempiternelles qui envahissent la cité.
Point par point l’aurore réveille les vaguelettes ensommeillées endormies Les sommets des mâts s’illuminent de petits faisceaux détournés. Soudain un rayon de soleil perce la voûte émerveillée D’un ciel ravi que s’achemine l’heur d’une nouvelle journée.
L’homme qui ne pouvait mourir donna sa fille à marier Issue de sa mille-et-unième histoire d’amours perpétuelles. Mais il lui fallut parcourir mille autres mondes variés Pour mettre fin à son dilemme et sa damnation rituelle.
Les dinosaures disparus, l’humanité évanouie, La prochaine civilisation trouvera ses nouvelles clefs. Dans un rêve, il m’est apparu que des êtres épanouis Vivaient avec délectation dans nos plastiques recyclés.
Demain promet monts et merveilles à l’enfant qui vit aujourd’hui, Grisé par l’orgueil goguenard d’une impudente technologie. Une fois sonné le réveil du rêve qui m’avait séduit, Me voici en plein cauchemar d’une techno-pathologie.
Illustration de Anders Wenngren ou Mark Burkhardt.