Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde. Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.
À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ; Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires. Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.
Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour, Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament. Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.
Sein noir, sein blanc, bien ressemblant ; sein blanc, sein noir, bonne mémoire. Bras blanc devant, contre le vent ; bras noir derrière, pour la guerrière. Selon le code, aux antipodes, la femme est tendre à qui sait l’entendre Selon le signe, la femme est digne, c’est le tatoo qui vous dit tout.
Un tatouage sur le visage, bien plus joli qu’un maquillage ; Un serpent sur une cheville, le diable se recroqueville ; Un papillon sur le bassin, le charme opère à dessein ; Un cœur aux parties génitales, un coup de la femme fatale.
Malgré sa coiffure d’automne que le printemps ne fleurit pas, Ses deux mamelons qui bourgeonnent lui donnent un air de renaissance. Fasse que l’été déboutonne la belle montrant ses appas Et que l’hiver me pelotonne contre ses seins en turgescence !
Nouvelle mode de saison ; la Terre change sa garde-robe. Adieu manteaux d’hermine blancs et châles en brumes évanouies ! Le dieu-printemps crée sans raison les plus extravagantes robes Dont il va fleurir l’arrière-plan de nos collines épanouies.
Le grand plaisir en garçonnière consiste à offrir un café À une jeune femme dévêtue pour en mêler les deux arômes. L’élixir de la cafetière produit robustesse et effet Lorsque sa bouche a revêtu de sa langue le sexe de l’homme.
Tableau « Valerie and the omani coffee pot » de Ken Howard.
Toujours légère et court vêtue, reposée sur son coussinet, Notre laitière ainsi troussée, n’ose pas tout recommencer. Assez triste et fort abattue, pense à son mari « Poussinet » Qui, pas du tout l’air courroucé, a préféré l’ensemencer.
Ainsi, tant va la cruche à l’eau, le pot-au-lait et la Perrette, Toutes les belles intentions finissent un jour par se briser. Si le mari n’est pas salaud et la femme pas trop simplette Un petit câlin plein d’attentions et tout sera cicatrisé !
Entre l’instant où je m’éveille et le moment où je m’endors L’instant précis où la conscience et l’inconscience changent de rôles, Vit le plaisir qui s’émerveille de vivre sous un soleil d’or, Meurt la peur de la subconscience qui, à l’insu, prend le contrôle.
Tout ce qui naît, qui vit qui meurt, touche mes rêves éphémères. La peur qui grandit, que j’affronte, dont le combat va me nourrir. L’amour qui éclos dans mon cœur dont je deviendrais père ou mère Joie et colère qui se confrontent mais finissent aussi par mourir.
La première âme, liée au corps, bat comme un cheval au galop ; La deuxième âme, libre d’attache, s’envole comme l’oiseau au soleil. Ainsi l’empreinte de la mort libère l’une dans un halo Tandis que l’autre se détache pour regagner le grand sommeil.
Le plus grand signe d’intelligence se révèle lorsque j’ai peur. Peur du danger, peur de mourir, peur de ma dernière seconde. La vie possède l’intransigeance de protéger ce que le cœur Tient à aimer et à chérir ce qu’il a de plus précieux au monde.
Sa beauté vierge réhaussée d’un masque autour de son visage Et ses cheveux de jais coiffés d’une floraison exotique, Mademoiselle a exaucé mon goût pour les beaux paysages ; Moi, qui était tant assoiffé d’azur et de fleurs érotiques.
Seulement voilà ! Elle est pirate, fille du corbeau noir iroquois. Son masque bleu n’est que peinture pour porter un regard amer En évoquant l’or disparate scellés aux coffres zurichois Qu’elle dissimule dans sa ceinture et qu’elle jette à tout va dans la mer.
Les dieux quelquefois misogynes se font de véritables écheveaux Avec les femmes et les juments qui mettent au monde les héros. D’une rencontre sauvagine, Épona, déesse des chevaux, Naquit ainsi se présumant d’un phénomène in utero
Tableau « Épona, déesse des chevaux » de Helena Nelson-Reed.
Heureusement, les jolis masques ne masquent pas les jolis yeux Ni ne camouflent la beauté malgré le nez, malgré la bouche. Finalement, ce que démasque ce joli loup bien capricieux Fait la moue encharibotée qui nous avertit d’un « pas touche ! »
Car l’œil du diable dissimulé au milieu de plumes de paon Surveille les moments intimes d’un fol regard qui épouvante. Mais il peut aussi stimuler l’envie par ces yeux de serpent Qui hypnotisent leur victime avant de la croquer vivante
Je n’ai pas tout compris mais ma jolie voisine M’a, en suisse-allemand, demandé quelque chose Et le diable m’a pris ; au seuil de la cuisine, Je l’ai finalement baisée sur ses joues roses.
Je ne saurai jamais ce qu’elle demandait Car la belle a rougi puis, mes fesses bottées. Elle m’a déclamé que ce qu’elle quémandait N’était qu’une bougie car ses plombs ont sauté.
Dans le temps, à Casablanca, elle peignait des gens de couleur Puis, à Paris, désabusée, elle ne peignit qu’en noir et blanc. Tous les tableaux qu’elle flanqua de cadres assez racoleurs Sont désormais dans un musée, colorisés, c’est affublant !
Si l’amour rend aveugle, la masturbation sourd, J’y perds le sens du goût et celui du toucher. Ainsi dans mon immeuble, je passe un bon séjour Car je n’ai pas beaucoup l’occasion de coucher.
Par quel fichu prétexte faire le premier pas Pour que l’amour m’attrape et que le cœur m’emporte ? J’ai commencé ce texte car je n’y croyais pas Or voici que l’on frappe doucement à ma porte.
Dissimulé dans ses ocelles pour ses femelles, « l’œil du diable » Montre l’oiseau qui fait la roue plus séducteur que le serpent. Sa danse nuptiale ensorcelle, fascination irrémédiable, Et suscite bien des rendez-vous pour l’amour des plumes de paon.
Que sera mon fantôme devenu, une fois fondu dans le décor ? Que restera-t-il de mon passage et l’empreinte de mon apparence ? Longtemps je me suis abstenu de penser où irait mon corps Mais j’ai appris auprès des sages qu’il faut jouer la transparence.
Tant que Jésus est parmi nous, il convient de toucher du bois Pour conjurer le mauvais sort du sacrifice de la croix. Ainsi, se toucher le minou, jouerait un peu le contrepoids Pour Marie qui permit l’essor de la chrétienté qui s’accroît.
Tour le plaisir de la gastronomie lorsque j’ai l’estomac dans les talons Aspire à m’apporter la satiété après une heure ou deux de digestion. Tout de désir d’une belle anatomie d’une femme nue chevauchant l’étalon M’inspire à étendre la société après neuf mois de saine gestation.
Puisqu’une fille naît dans les roses, il vaudrait mieux soigner les fleurs Et pour qu’elles soient toujours belles, les arroser trois fois par jour. Si vous avez le cœur morose durant une averse de pleurs, Prenez vos râteaux et vos pelles pour semer vos graines d’amour.
Que de mystère autour du fait que le plaisir au féminin Se conjugue avec des caresses accordées aux préliminaires ! Car l’amour au plus-que-parfait est une sorte de venin Qui ne souffre d’aucune paresse pour faire jouir sa partenaire.
Tableau d’Ines Honfi sur https:ineshonfi.compagesfeminine-mystery .
Si cette année, les tournesols ont du mal à trouver le nord, Malgré leur célèbre boussole dont la nature les honore, Cela implique une éruption – non pas solaire – plutôt virale – Qui leur fait prendre la rotation du soleil pour une spirale.
Elle m’apparaît brièvement dans le tissu de mes nuitées Entre les plis de mon sommeil et la boutonnière des rêves. J’en suis puni grièvement car, malgré sa continuité, Ce qu’elle me chuchote à l’oreille, disparaît de façon trop brève.
Une fois l’amour rencontré, laissons-le sortir de son cadre, Nous surprendre et nous entraîner vers de nouvelles expériences. Changer de lieux et de contrées puis, le promouvoir chef d’escadre Pour voir sa maison engrenée d’un avenir de luxuriance.
L’éternel féminin, de près, apparaît plus intimidant. Comme si son visage d’ange contenait l’essence divine. Précisément, c’est fait exprès, Dieu l’a placée devant Adam Pour lui permettre des échanges ; du moins, il faut qu’il le devine.
De près, elle a toujours raison, elle est maîtresse en sa maison Elle sait tout, elle voit tout, elle entend tout, elle est partout « Pas d’autre déesse que moi, tu nourriras au fil des mois ! » Quelle aubaine, je le conçois, d’avoir son petit Dieu chez soi.
L’éternel féminin, de loin, c’est comme Dieu dans une église. On ne sait comment lui parler et, encore moins, l’écouter. À proximité son conjoint, ou ses enfants, lui fidélisent L’obligation de pourparlers sous peine d’être débouté.
Peut-être que parler « des femmes » au pluriel fixe des distances Sous peine d’être considérées « épouses », « mères » ou « concubines ». Mais le côté le plus infâme, dans notre moderne existence, C’est de les avoir libérées pour les envoyer à l’usine.
J’aime ces lectures hygiéniques et l’impression de voyager Dans l’irréalité possible qui frappe mon cœur ingénu. Quand ça devient schizophrénique avec des drames présagés Leur réalité impossible m’expose face à l’inconnu.
Qu’aurais-je fais si j’avais su que j’allais être miraculé En arrivant sur l’objectif que je devais outrepasser ? Seulement voilà, j’étais issu d’une érection éjaculée Vers un ovule subjectif dont l’hymen m’a laissé passer.
Je devins l’enfant en bas-âge, pas encore l’âge de raison, Mais je me suis fait à l’usage au fil des mois et des saisons. Là-haut, sur l’escalier du temps, j’entendais les personnes âgées Me dire qu’après être débutant, on finissait tous usagés.
L’âge ingrat tend son fond uni sur des souvenirs rouge-sang Et, du passé, les bleus de l’âme semblent naufragés évanouis. Tout reste à jamais impuni car ces visions d’adolescent Changent de couleur à la flamme du premier amour épanoui.
J’entre moi-même dans mes histoires car elles me sont racontées Par l’intuition, l’âme ou le cœur, ou peut-être un ange gardien. Souvent j’y connais la victoire de m’être moi-même affronté Avec les pires de mes peurs et même la mort, je le crois bien…
Une jour, j’ai bâti sur le sable des châteaux-forts pour ma retraite Ou pour des amis de passage au point d’en être halluciné. Il me paraissait impensable que mon envie me soit soustraite Mais je n’étais que le mirage d’un univers déraciné.
Dans les images en noir et blanc tapies au fond de la mémoire, Je peins souvent des sentiments rouges de sang pour la douleur Pour que ce soit plus ressemblant par rapport à mes idées noires Qui n’acquièrent pas l’assentiment de mon cœur pour d’autre couleur.
Elle se glissa hors des tentures dans une maison présumée Accueillir les retardataires du train de l’amour pour Cythère. Elle venait tenter l’aventure et, pour vous faire un résumé, Attendait un cœur solitaire pour lui proposer l’adultère.
Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevne.
La première fois qu’elle apparut, je ne vis que sa chevelure Qui lançait des reflets moirés aux yeux des mâles conspirateurs. Mais, un fois l’effet disparu, elle sortit à vive allure En abandonnant la soirée à nos regards admirateurs.
Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevner.
Le grand pouvoir des animaux qui ne comprennent le langage, Fait transparaître l’intérieur de notre cœur et nos pensées. Le cheval goûte, à demi-mots, le corps nu et ses avantages ; Le chien ignore la frayeur de notre pudeur offensée.
Vénus a déclaré sa flamme à Mars d’un trait de météore Les comètes ont tissé le voile que les planètes affriolent. La Voie Lactée s’est faite femme, déesse à la crinière d’or, Dans la nuit enivrée d’étoiles et du ballet des lucioles.
Les arbres étirent leurs silhouettes comme une fontaine bleutée Qui fuit le soleil du couchant pour se jeter dans la mer d’ombre. À l’heure où j’entends l’alouette turlutter son chant souffleté Dans le silence effarouchant du crépuscule et sa pénombre.
Après son jeûne initiatique dans le mirage culminant De la fontaine de l’aurore au flux de lumière ondoyante, La magicienne énigmatique s’offrit au soleil dominant Afin que ses rayons dévorent sa chevelure flamboyante.
Enfin, la lumière s’éteint d’une ombre d’insécurité Mais bientôt les yeux s’habituent au premier lumignon qui luit. Des lueurs de cuivre et d’étain annoncent dans l’obscurité L’or et son feu qui restituent le charme de la reine de nuit.
J’ai retrouvé ce vieux phono, sa manivelle, son pavillon Par son aiguille traversé pour un ultime Hara-Kiri. Soixante-dix-huit tours en mono mais gravés en microsillons, De vieux fantômes ont dispersé dans l’air la voix des walkyries.
Tandis que le soleil se couche sur une mer tout feu tout flamme, Le calme de la nuit retombe sur une scène de théâtre. L’amour donne l’eau à la bouche par le baiser doux d’une femme Et voici que mon cœur succombe dans cette atmosphère rougeâtre.
Tandis que le soleil réveille les premières fleurs de printemps, Les jolies filles s’épanouissent dans des appas primesautiers. Pour les garçons, tout est merveille lorsqu’ils dégustent les vingt ans Des baisers qui s’évanouissent sous l’ombre de leurs canotiers.
Tandis que le monde s’agite à l’heure du petit-déjeuner, Je consulte le tigre en moi pour lui annoncer les nouvelles. L’économie a pris du gîte, les actionnaires sont déchaînés Et les finances en émoi prêtes à se faire sauter la cervelle.
Tandis que la forêt s’éveille par quelques rayons indiscrets Qui viennent enflammer les buissons sous l’action de leurs griffes ardentes, Mon petit arbre sort de sa veille pour me délivrer les secrets À propos des premiers frissons d’une journée pétaradante.
Belle qui peins ma vie aux couleurs de tes yeux, Qui délaie au lavis mes baisers précieux, Donne-moi ton sourire coloré de désir Laisse-toi donc rougir par l’appel du plaisir.
La beauté et la grâce de tes jambes en faisceaux Ont laissé de la place à mon propre pinceau. Une amoureuse ardeur fait de moi ton marqueur Et je remplis ton cœur de ma chaude liqueur.
Et je remercie Thoinot Arbeau pour sa chanson « Belle qui tiens ma vie »
Tableau d’Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .
Pour changer d’atmosphère, je fermerai les yeux, La tête dans les nuages, les cheveux dans les nues. Juste me satisfaire du souffle silencieux De la brise suave sur mon corps ingénu.
Sans autre fond sonore que le vent dans les feuilles Qui brasse les ramures comme le bruit des vagues. Que le calme m’honore et mes oreilles veuillent Accepter le murmure de l’âme qui divague !
Aussitôt perdu nos repères, l’amour nous fait tourner la tête ; Le cœur ne va qu’à l’essentiel, surtout si la fille est jolie. On se repose, on récupère, on remet ça, on se répète Et on reste au septième ciel pendant le temps d’une folie.
L’une est vêtue et l’autre nue ; puis, lentement les feuilles volent Et déshabillent la première pour en rhabiller la seconde. Ainsi, ce ballet continu de l’amour et du temps frivoles Ressemble à l’ombre et la lumière qui régissent la vie du monde.