Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Sans doute est-on, dans les églises, censé être proche de Dieu Ainsi que dans les cathédrales, encore plus proches grâce à leurs flèches. Pour peu qu’on y évangélise les mâles miséricordieux Et leurs femmes au voile intégral qui sont encore un peu revêches.
Les chrétiens dans les synagogues et tous les juifs dans les mosquées Et de tous les dieux confondus, qui retrouvera ses petits ? Moi, qui ne suis pas pédagogue, c’est ce que j’aurais provoqué Afin que, d’un malentendu, au moins l’un d’eux ait compati.
Surtout ne faites pas ce geste ! On a frôlé l’Apocalypse La dernière fois qu’un dieu l’a fait et nul ne veut recommencer ! Ce maudit mouvement céleste est responsable d’une éclipse : Le mal qui cache ses bienfaits et le bien masquant ses pensées.
Car après, il a créé l’homme, un grand costaud assez bellâtre À qui il a donné la femme et le sol se mit à trembler… Ensemble ils bâtirent un royaume pour que leurs enfants idolâtrent Les dieux qui se montraient infâmes avec les déesses endiablées.
Mais sur Terre, il y eut un môme aux idées plutôt opiniâtres Qui désira de toute son âme que la mesure était comblée. « Si vis pacem, para bellum » et ce fut le coup de théâtre Quand Prométhée vola la flamme pour la répandre dans l’assemblée.
Si le vampire ne fait plus peur que dans les salles de cinéma, On n’y croit plus et c’est un tort car il paraîtrait qu’ils existent. Contrairement à la stupeur que provoque les anciens schémas : Canines dignes d’alligator et visiblement fantaisistes.
Pas du tout, les nouveaux vampires continuent à boire du sang Mais préparé et collecté par des filières pédophiles. Les trafiquants n’sont pas les pires ; les pires sont les compatissants Qui en consomment, affectés par la terreur gérontophile.
Hélas, passé un certain âge, notre sang est dévalué Et ne vaut que s’il est connu du grand public comme vedette. Tout ça pour dire que l’avantage de rester sous-évalué Me met à l’abri d’inconnues aux dents longues et jeunettes.
Parfois pour lever une meuf, je dois faire tellement d’effort Que Cupidon, pensant bien faire, met les bouchées doubles à son arc. Et neuf cent quatre-vingt-dix-neuf flèches partent, sifflent et perforent Le cœur et tout est à refaire et tout laver avec Saint-Marc…
Effacer les traces de sang, reboucher les trous dans les murs, Rincer les peines et les pleurs et balayer tous les remords. L’amour, lui, l’éternel absent doit se planquer dans son armure Pour parer les couronnes de fleurs qui jonchent ceux qui en sont morts.
Tableau de Tran Nguyen sur https:momentsjournal.comtran-nguyen-surreal-dreamy-paintings-soft-delicate-beautiful .
Il n’y a qu’une combinaison qui puisse déboutonner sa robe Et je n’ai droit qu’à un essai de dix manipulations max. Pour les maths, j’ai l’inclinaison mais ma mémoire se dérobe Et j’ai fait beaucoup trop d’excès de vitesse par contumax.
Hé oui, je suis un vieux de la vieille en déboutonnage de robe La Rubrics-robe me rend perplexe et les filles n’aiment pas les loosers. Or je connaissais à merveille une astuce pourtant très probe Pour déboîter ce complexe amas de carrés abuseurs.
Ça me revient !
Il suffit d’une tape franche au popotin de la donzelle Pour faire voler en éclat tous ses carrelets de couleurs. Soit, le truc astucieux la branche et on part pour la bagatelle, Soit, elle en fait tout un plat et j’vous raconte pas la douleur !
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Les femmes dont la carapace dresse une barrière aux machos Ont le sang bleu quand elle l’écarte devant les hommes qui leur plaisent. Étrangement cela se passe parmi les princes au sang chaud S’ils savent bien jouer aux cartes notamment celle du Père Blaise.
Cet herboriste de Marseille qui aurait fondé la potion Qui rendrait la peau si épaisse qu’elle en bleuît la tendre chair. Oui mais comment une pareille nouvelle devient-elle addiction ? Pardi ! À cause des princesses putatives de l’être cher.
Lorsque l’une m’a fait le coup, ça m’a flatté, je vous l’avoue, Qu’une petite souveraine me trouve mignon à son goût. Ma femme m’aurait tordu le cou si elle savait qu’j’ai rendez-vous Dans la suite dite « des sirènes » où disparaissent les vieux grigous.
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À force de se faire arracher robe et maillot par son cactus Elle a fini par vivre nue dans sa villa avec piscine. Depuis, le cactus rabâché a poussé droit vers les stratus Mais l’habitude est retenue et ses voisins, ça les fascine !
Alors les épouses en colère ont bien tenté de rhabiller La voisine exhibitionniste mais rien à faire, elle est trop forte. Même la police oculaire, je vous en fiche mon billet, Est demeurée protectionniste envers la tenue qu’elle porte.
Or le prix de l’immobilier a grimpé en flèche depuis Même les balcons sont loués à l’heure à l’ombre des glycines. Le maire devenu fou à lier s’est mis à se creuser un puits Officieusement a avoué qu’il allait jusque sous la piscine.
Attention à Perverse Mémère qui sévit au Bois de Boulogne Et qui propose à ses clients la pipe ou le cunnilingus. Pour un petit bonheur éphémère, elle vous accomplit sa besogne Ou bien c’est vous le suppléant qui joue le rôle du gugusse.
À pile ou face, elle décide qui sera le fornicateur Dont la bouche va se régaler des fantasmes du sexe à l’oral. Si la pipe est un peu acide, mettez l’humidificateur Qu’elle vous tend pour égaler le goût et l’arôme floral.
Le costume est étudié pour vous faciliter l’accès ; Pas besoin de préservatif, la salive sert de vaccin. Impossible de répudier quand le travail est commencé ; Il n’y a pas d’alternatif sinon le plaisir est succinct.
« Portrait de Mademoiselle Ruby May, debout » par Leena McCall.
Tout ce qui brille n’est pas d’or mais Anvers brille bien autrement D’une couleur diamantifère réputée dans le monde entier. Méfiez-vous du chaton qui dort sur votre doigt folâtrement Mais qui pourrait faire l’affaire d’un vil aigrefin ferblantier.
J’aime aussi la ville à l’envers quand la nuit ferme son écrin Et que tous les diamants s’endorment en languissant de leurs voleurs Rêvant à ceux qui enlevèrent le Koh-i Nor – mon Dieu, ça craint ! – Pour une carrière hors norme parmi les pires receleurs.
Illustration de Jan Monden sur https:www.saint-raphael.comfrmediathequeboutique1275-affiches-monsieur-z .
Derrière l’ombre est la lumière qui cache un subtil avenir Qu’un simple pion peut distinguer mais ni la Reine ni le Roi. Quelle est la vocation première d’un simple pion sans devenir ? Mourir et se faire dézinguer à l’aube de son chemin de croix.
Derrière la lumière il y a l’ombre qui cache un passé vicelard Qu’un Roi aussi puissant qu’il soit ne veut pas faire remonter. Aussi élevé que soit le nombre de squelettes dans un placard Le simple pion alors sursoit à être une victime éhontée.
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Entre le signe des gémeaux et de la vierge, il me semble Qu’on a oublié les sirènes ainsi que leur constellation, Celle du Capitaine Nemo précisément et qui ressemble À une attitude bien sereine envers la manipulation.
C’est le signe des mentalistes, des faux-voyants, des charlatans Qui vous hypnotisent par la voix et par leur chant d’âge affectif Car nombre de naturalistes l’ont observé en relatant Cette légende qui pourvoit ce comportement sélectif :
Combinaison de tous les signes particulièrement les poissons Qui possèdent cette ouïe discrète et qui savent de faire entendre. Egalement des scorpions dignes de faire leur triste moisson Avec leur queue vive qui sécrète un poison lent pour vous surprendre.
On dit :« Si jeunesse savait et que si vieillesse pouvait » Il n’y aurait plus d’égarement ni de regret à continuer. Les jeunes qu’hier en bavaient n’aurait plus rien à se prouver Et les vieux diraient rarement que leur train-train est routinier.
Devant une fille aguichante, les vieilles ne seraient plus jalouses Et danseraient en minijupe comme Brigitte en salopette. Pour calmer la mémée méchante, un jeune lui tondrait la pelouse Et pour montrer qu’elle n’est pas dupe, lui agiterait les castagnettes.
Échanger quatre de vingt ans contre une de quatre-vingts ans, Évidemment cela demande à y réfléchir quatre fois. Mais une fois dormi cent ans, est-ce que la Belle-au-Bois-Dormant A gardé sa jolie amande fraîche comme elle l’avait autrefois ?
Illustration de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .
Ulla n’est pas une vestale comme les autres racoleuses ; Elle se cache dans les coins les plus obscurs du sanctuaire. Comme ses amours sont létales, elle planque sa flamme baladeuse Et me répond au contrepoint quand je chantonne pour lui plaire.
Alors tout le monde la cherche : « Il manque Ulla ! Il manque Ulla ! » Et tous les prêtres recourir à une battue de tous les diables. Moi, qui lui ai tendu la perche, l’ai enlevée au postulat Du service où il faut mourir pour connaître l’irrémédiable.
Depuis elle brûle chez moi la chandelle par les deux bouts ; Elle dépense, elle consume et dilapide à tout venant. Le dix, avant la fin du mois, la pudeur est déjà taboue Car son corps, à titre posthume, est devenu fort avenant.
Mon lit n’est qu’un foyer ardent sous ses caresses enflammées ; Ma cuisine est trop épicée et le salon un vrai brasier. Mais n’étant pas très regardant sur ses prouesses déclamées, Elle a atteint son odyssée et l’amour l’a euthanasiée.
Illustration de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .
Les poissons c’est comme les chiens ; plus ils sont laids et plus ils plaisent ! Les Mola Mola, les Blobfish, les Blennies et les Gobiidés ! À croire qu’un vilain chirurgien fait comme Dieu avec la glaise Sauf que lui, il se contrefiche d’en faire des œuvres invalidées.
Les chiens ne m’intéressant pas en opposition aux sirènes, J’ai suivi quelques poissons moches qui m’ont conduit à leur maîtresse Et sans faire le moindre faux pas, j’ai alors découvert leur reine. Qui m’a dit : « Viens ! C’est dans la poche ! J’ai tellement envie de caresses ! »
Mais un gymnote m’a foudroyé en me laissant paralysé, Sortant d’une vilaine anémone, un poisson-clown m’a agressé, Après m’avoir bien rudoyé, j’ai dû alors réaliser Que cette satanée démone voulait seulement m’engraisser !
Je fus lardé de toutes part, un poisson-lune dans la bouche, Des algues plantées dans le cul, baigné d’un étrange laitage. Et puis soudain, un salopard de peur que je ne m’effarouche Me dit l’air assez convaincu que c’était là mon bizutage.
Tuez en paix tous les méchants qui ne sont pas du peuple élu Par Saint-Yahvé ou Saint-Allah, fans de Jésus ou Mahomet ! Tuez-les en vous pourléchant de leur sang comme plus-value Faites-nous de beaux mandalas « têtes-de-mort » sur tous les sommets !
À peine deux mille ans écoulés, Dieu reste mal départagé Et, depuis l’heure du croissant, fidèles et infidèles pestent ! On a vu tantôt débouler des fous-de-Dieu nous ravager D’une peur qui va s’accroissant d’avoir choisi le plus funeste.
Aujourd’hui de nouveaux prophètes, saints Yuan, Dollar et Euro Pourtant paradoxalement unissent autant qu’ils nous divisent. Tous les médias sont à la fête pour la grande messe des héros Qui se plantent cordialement dans le dos à coups de devises.
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Ni queue de poisson ni méduse, plutôt laitance de plasma… Une créature extra-terrestre venue d’une planète liquide. Une sirène plutôt obtuse d’une viscosité de magma Procréée de la main senestre du dieu romain Phospholipide !
j’ai pas fini !Elle ne peut nager qu’en surface de peur de voir se diluer Sa substance laiteuse opaline qu’elle entraîne sans enthousiasme. Elle doit faire souvent volte-face à un courant soliflué Et des excrétions coralines qui lui déchire l’ectoplasme.
Mais désormais elle se régale de remonter la pollution jusqu’aux usines qui s’épanchent et jusqu’à nos chères maisonnettes. Nourrie aux matières fécales, elle vient faire ses ablutions En croquant les fesses et les hanches qu’on lui présente sur la lunette.
Sans doute saoule de tristesse, perdue dans un songe éthylique, Elle s’était abandonnée effondrée et désespérée. Mais celles qui voyaient sa détresse en bonnes femmes catholiques N’auraient jamais pu pardonner cette sorcière invétérée.
Le vent lui soulevait la robe en offrant ses parties intimes À la vue de tout un chacun, surtout notamment les bourgeoises Qui en rajoute et qui enrobe chaque occasion illégitime De potins concernant quelqu’un frayant avec cette grivoise.
Ou celui-là qui est parti, ou celui-ci qui la dispute, Cet autre qu’on a vu rôder autour du suppôt de Sodome. Mais elles en ont pris leur parti : ce soir, elles vont lyncher la pute Qui vient trop souvent marauder avec leurs imbéciles d’hommes.
Mais sous la Lune vengeresse, un cri fendit l’air oppressant ; Son fils, aux longs cheveux de jais, surgit brandissant sa colère. Deux mains froides et défenderesses, figèrent l’essaim progressant En brandissant l’arme de jet afin de défendre sa mère.
« Alors la foule horrifiée, figée d’effroi, ploya le front, Le fils, debout, farouche et sombre, tenait sa garde inébranlable. Sous l’ombre lourde et terrassée, nul n’osa plus hausser le ton, Et dans la nuit, loin des décombres, ils fuirent d’un pas redoutable. »
L’histoire n’est pas pour les vaincus mais racontée par les vainqueurs Ainsi que la mythologie qui en est toute ensorcelée. Ulysse en était convaincu, lui, un fameux bourreau des cœurs Qui surprenait dans leur logis les femmes mariées esseulées.
Ainsi lorsqu’il revient en Grèce sans navire et sans compagnons, Il rencontra une princesse qui faisait sa lessive nue. Qu’elle était belle la bougresse avec ses appas si mignons ! Ils connurent ensemble l’allégresse et la passion sans retenue.
Mais la princesse avait joué son rôle dans toute sa perfection Ulysse, suffisamment nigaud, tomba direct dans le panneau. Elle en fit dès lors son jouet ; Ulysse, en totale addiction, Lui chanta tant de madrigaux qu’il finit par être parano.
Je ne sais comment finit l’histoire… Sans doute la princesse lassée L’a laissé repartir à poil, maigrelet, la peau sur les os. Il est évidemment notoire qu’Ulysse plutôt embarrassé Préféra vite mettre les voiles et taire cet intermezzo.
(Tableau de William Macgregor Paxton transformé par Susan Skuse sur https:susanskuseart.com20130130a-dangerous-stranger ; « La peinture originale, jointe ci-dessous, parle d’un incident relativement peu excitant dans l’histoire d’Ulysse, lorsqu’il revient en Grèce sans navire, sans compagnons de navire ou même une longe à appeler le sien. Il rencontre la princesse de l’endroit qui fait la lessive nue, avec ses compagnons (comme vous le faites). Dans ma réinterprétation, les dames sont excitées par un navire qui approche de leur crique idyllique. Je l’imagine plus comme Médée apercevant le navire de Jason, l’Argo, s’approchant de sa ville natale de Colchis, d’où mon titre. »
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Elles ne sont pas mongoliennes bien qu’habitant en Mongolie, Pas plus que péripatéticiennes après mille péripéties ; Ni même de nature éolienne sous les vents de mélancolie, Encore moins pythagoriciennes en attente de prophétie.
On les aperçoit chevauchant en amazone leurs tortues, Bravant les rouleaux qui déferlent sur les villes de l’Adriatique Qu’elles font en se rabibochant avec des rois dont la vertu Est considérée perle fine de la figure priapique.
Plus loin sur les côtes d’Afrique et remontant le Nil fertile, Elles hantent les mythologies qui ont bercé l’Égypte ancienne. Car ces chimères hystériques auraient bâti ces érectiles Monuments d’idéologie pyramidale nécromancienne.
Tout ça ce sont des racontars des faux bruits, intox et sornettes ! Pas plus qu’il y a de diablerie dans une corde de pendu ! D’ailleurs les derniers avatars portent robes de bure et cornettes Et vivent de folâtreries – ou pires – par Satan répandues.
Tableaux de Solongo Mellecker sur https:mymodernmet.commongolian-pop-art-12-pieces .
La fière monture fidèle, joyau de l’hippocamperie Offre sa croupe très avalée à Salmorine la messagère. On annonce à la citadelle l’émissaire de la craberie! Il va leur falloir cavaler, coursier rapide et passagère.
Car les poissons des anémones, ces clowns à robe orange rayée, On déclaré la guerre sainte envers les scalaires bleutés Á cause de la fourbe Desdémone, Reine aux cheveux dépareillés, Qui a traité Cichlidée enceinte de grosse scalaire vergetée.
Dans la Craberie on s’agite, on claque des pinces en cadence, Le Crabe-en-Chef range ses chars, tourteaux et araignées de mer. Et chaque animal ingurgite sa nourriture en abondance Que Desdémone, fait étrange, leur a livrée d’un goût amer…
Et dans les soupes, des huîtres mortes, des bigorneaux décolorés, Soulèvent des bulles méfiantes au fiel d’anchois mal élevé. Le Crabe-en-Chef hume l’eau-forte, et puis pris d’une logorrhée Renverse la marmite liquéfiante au pied de la Reine énervée.
Mais Salmorine entre en trombe, l’hippocampe fourbu, harassé : « Vous avez oublié le lait des vaches scalaires fermières ! » Et Desdémone alors succombe ; elle comprends alors terrassée Que son ennemie s’appelait « Cichlidée la bonne crémière ».
Depuis, la guerre est suspendue, les scalaires vendent des fromages, Et les poissons-clowns font leur beurre tandis que Desdémone enrage. Le Crabe-en-chef s’est pendu, humilié par le dommage Salmorine retourne au labeur… avec des tomes de courage.
Collectionneuse invétérée, la sirène aime ce qui brille ; À chaque raid sur un navire, elle en rapporte des richesses. Après s’être désaltérées du sang des gars de l’escadrille, Qu’elles tuent avant que ne chavire la flotte de l’archiduchesse.
Mais c’est surtout pour attirer les pirates et les flibustiers Dont la cupidité nourrit l’appétit des femmes poissons. Avec leur peau bien étirée, elles tannent de jolis bustiers Et la fortune leur sourit lorsque vient le temps des moissons.
Tout ce qui brille n’est pas d’or et comme elles sont un peu miro, Elles confondent assez souvent or et colliers de pacotille. Des trésors des conquistadors et de l’argent des amiraux Elles n’ont gardé que d’émouvants moulages de bijoux de famille.
Illustration de Lavera.Grace sur https:www.instagram.compCs57styxFEE .
Aïe, la sirène est amoureuse alors qu’elle devait rester neutre Sans laisser voir ses sentiments qui déclenchent d’étranges phénomènes ; Dans une pose langoureuse, d’abord ses ouïes se calfeutrent, Puis sa queue se fend lentement en deux jolies jambes humaines.
Car pour aimer, elle devient femme faute de harpie dévoreuse Quand le marin, beau comme un dieu, cause l’ouverture du cœur. Elle quitte sa nature infâme pour une silhouette désireuse De plaire à l’amant insidieux qui saura être son vainqueur.
Dans le chant de la pleine Lune, elle aiguise l’appât des tétons Qui dardent un regard incendiaire, un sourire en éclats de dents. Prête à croquer la bonne fortune de la chair d’un marin breton Charmé par l’allure minaudière qui lui fait du rentre-dedans.
Sur son embarcation normande, elle se glisse, furtive et brûlante ; Son regard de braise captive l’âme du marin de contrebande. Au goût exhalé de Guérande, elle mêle sa langue virulente, Puis croque la chair attractive de l’organe mâle qui bande.
Mais hélas, contre toute ardeur, une mouette rieuse s’invite, Tranchant la queue d’un coup de bec devant la sirène interdite. Le maudit oiseau chapardeur alors à tire-d’aile évite La gastronome qui, aussi-sec, ne mangera pas à l’heure dite.
Si l’hippocampe est réputé pour la chasse à courre aux touristes, La sirène veut pour sa maison, un compagnon moins impétueux. Neptune l’aurait réfuté pour sa taille miniaturiste Mais la sirène a eu raison par son aspect affectueux.
Il n’a ni trône, ni trident, ni l’éclat des rois des abysses Mais son rire est une bulle d’or dans les creux des flots silencieux. Il danse autour d’elle trépidant, dessinant des promesses lisses, Enfin l’océan les endort dans un soupir délicieux.
Il joue du nez comme d’un tuba, il fait des bulles en palindrome Et croit que les méduses-reines sont des langues de belles-mères. Il drague les sardines de Cuba avec des cigares polychromes Mais n’embrasse que la sirène car c’est sa maîtresse primaire.
Quand vient la nuit, elle prétend qu’il l’aiderait à se recoiffer… Mais tout le monde a bien compris qu’il coiffe juste un peu plus bas. Elle crie : « Oui, mais ça me détend ! Et j’en suis bien trop assoiffée ! » Car le plaisir n’a pas de prix et… c’est la raison du tuba.
Tableau de VladislavPantic sur https:www.deviantart.comvladislavpanticartMerMay-2018-Baby-Dolphin-746614629 .
Sérénade au soleil couchant jouée sur un coquillaphone, Étrange instrument aux ouïes faites d’arêtes et de branchies. Oyez la liturgie plain-chant qui rend tous les marins aphones Et qui deviennent béni-oui-oui, une fois l’ouverture franchie !
Puis, Aubade au soleil levant exécutée d’un air de fête, De tarentelle, de sardane, de villanelle, de fandango, Tout ce que transporte le vent jusqu’aux oreilles stupéfaites Des marins charmés par l’organe qui les invite à un tango.
Enfin récital à midi ; un concerto très envoûtant Qui vous enchante tout un public de jeunes mousses aux vieux loups-de-mer. Mélodie plein de perfidie aux cantabile froufroutant Qui ne laisse aucune réplique à l’auditoire victimaire.
Afin d’humilier davantage les chrétiennes dans les églises, Le Vatican a décidé de nouveaux rites religieux. Les femmes ayant des avantages il est bon qu’on évangélise Leurs corps créés pour coïncider avec l’acte d’amour prestigieux.
Oui, oui, oui, vous avez bien lu ! La fornication est bénie Dans la nef parmi les fidèles scandant des cantiques divins. Dieu nommera les heureux élus ; les hérétiques seront bannis Les moines tiendront la chandelle et les sœurs serviront du vin.
Par la suite les accouchements de feront dans les baptistères ; Les nouveau-nés seront baptisé avant même leurs premiers cris. Il y aura plus d’attouchements faits par les prêtres magistères Qui auront droit d’érotiser les femmes au nom de Jésus Christ.
Et les vitraux n’y verront goutte, tant l’éblouissement sera fort ; La chair deviendra sacrement, l’autel un lit de transgression. Les anges, blêmes, perdront leur route, confondant ciel et corps à corps Et Dieu, du haut du firmament, sera donné sans confession.
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La première fois que j’ai trouvé ce que je n’devais pas savoir, Ils n’ont rien dit alors qu’avant ils m’en menaçaient vertement. Mais j’ai désiré me prouver à moi-même – c’était mon devoir – Et quitte à aller de l’avant, j’ai passé leur consentement.
J’ai su comment faire les bébés et je suis devenue humaine ; J’ai compris que Dieu représente le pouvoir des hommes gloutons. J’ai appris qu’en être imbibé telle une gentille catéchumène C’est comme ainsi dire « présente ! » quand on appelle les moutons.
J’ai découvert que tout le monde ne dis jamais la vérité ; J’ai appris que la vérité dépend de qui est le plus fort. Ce qu’ici est jugé immonde, est vu ailleurs comme mérité Et que ma seule témérité me demande beaucoup trop d’effort.
« J’ai vu que la peur nous enchaîne, et j’ai refusé le carcan, Que ceux qui prêchent la morale sont souvent les pires menteurs. J’ai su que l’ombre se déchaîne quand la vérité prend l’élan, Mais qu’un regard clair se dévoile au feu des esprits scrutateurs. »
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Soudain j’ai cru voir Artémis Sortant d’une chasse aux virus Mais il s’agissait d’Aramisse, Mousquetaire du Saint-Utérus. La Capitaine fine lame Qui découpe au juste milieu, Vêtue d’une simple cape-flamme Et d’une paire de bottes-des-sept-lieues.
Elle est nue – c’est son uniforme – Car s’habiller n’est pas son vice ; Dissimuler toutes ses formes Prend trop de temps à Aramisse. De toutes façons, elle est rapide, Nul n’a le temps d’apercevoir Le cul de la jeune intrépide Sauf celui qui en a le pouvoir.
Mais il est mort, celui qui a vu, Ses fesses sous la redingote ; C’est pour cela qu’en cas d’imprévu, Elle disparaît sous sa capote. Le Roi l’a vu, il n’a rien dit, Ou plutôt juste avec les mains Qui ont tâté ses fesses arrondies Et tout le reste du corps humain.
Il l’aurait nommée Capitaine Mais ne me demandez pas pourquoi ; Lui qui courait la prétentaine Avec tant d’autres en resta coi. Si elle est nue, c’est grâce au Roi Ou plutôt à cause de lui Car il l’appelle – il a le droit – Toutes les heures de la nuit.
(Et du jour aussi mais c’est une autre histoire…)
Tableau de James Montgomery Flagg sur https:arthive.comfrartists12052~James_Montgomery_Flagg
Parfois la Mort Douce en a marre d’être accusée de tous les maux Alors qu’elle atténue le mal, la maladie et la souffrance. Mais on la traite de cauchemar, de diablerie à demi-mots, De vice tordu, animal, voire prédateur à outrance.
On la voit laide, repoussante et d’une odeur nauséabonde Vêtue d’un suaire pour cacher son âme noire à contrecœur. Parfumée d’une eau croupissante, brandissant une faux immonde Pour vous trancher et détacher la tête du corps et du cœur.
C’est ainsi que je la voyais et puis elle m’est apparue Toute belle et toute menue, d’une véritable beauté. Et tandis qu’elle m’octroyait la grâce d’avoir comparu Devant toutes les têtes chenues des dieux, j’ai eu la primauté :
Une mort douce garantie, satisfait sinon remboursé. Je vous écris de l’au-delà car je vais revenir bientôt ; En tant que défunt apprenti, j’ai le droit de me ressourcer Et faire un repas de gala une fois par an à Toronto.
Une femme peut en cacher une autre ; non seulement deux mais même trois Et selon l’âge elle se cache derrière l’enfant, l’ado, la mère. Bien que je me fasse l’apôtre du Féminin Sacré Étroit Je mets en garde les potaches à goûter la pilule amère !
En voiture, Lily la tigresse, ses enfants dans le siège auto Tuera le conducteur distrait qui l’empêchera d’avancer. Après l’amour et les caresses, l’ado traquera in petto Ses rivales qu’elle tue d’un trait qui oseraient la devancer.
La faute en incombe au vagin ; cet œil qui fait loucher les gars Et qui ferait perdre la tête à Monseigneur et tous ses saints. Ainsi que le goût sauvagin, responsable de tous les dégâts Que l’on dénombre après enquêtes qui leur feraient durcir les seins.
La capricornette au printemps retrouve ses bois de vingt ans Et de belles mamelles robustes qui lui assurent ainsi le buste. Boules de graisse et du millet pour les entendre gazouiller Ses petits oiseaux de l’année sur ses branches se pavaner.
Nue comme une idée sauvagine, elle se dresse sur l’herbe aubergine ; Les merles picorent son visage, les mésanges dans le paysage Apportent en catimini des branches pour faire leurs nids Tandis qu’elle glisse entre ses cuisses un petit bâton de réglisse.
Le petit bâton de réglisse faisant bien vite son office, Elle doit écarter les jambes pour bien dégager l’entrejambe Dans lequel une oie voleuse est de plus en plus cajoleuse Jusqu’au son tellement aigu qu’il en trahit son feu au cul.
Elle gémit dans les fougères, laissant choir les dernières barrières ; Des moineaux chient sur ses paupières, déclarant la guerre aux vipères. Sa chevelure est une forêt pleine de galipettes sur la plaine Où s’élancent les bergeronnettes, farceuses, friponnes, et malhonnêtes.
Mais la plaine devient violette et la fille devient volette ; Voici l’heure du capricorne et surtout sa lubrique corne Qu’il vient planter entre les cuisses de la fille afin qu’elle puisse Crier, jouir, s’épanouir et puis enfin s’évanouir.
Sans doute qu’en principe ôtée, la culotte n’est plus nécessaire Et la lame sort du fourreau sans coup férir, à point nommé. Je pense à la déculottée que va donner cette émissaire Qu’elle assénera tel le bourreau victime de sa renommée.
Peut-être qu’elle attend que l’on vienne, peut-être pas… le sang l’ennuie… Elle voulait l’amour, pas la guerre, mais le poignard tranche entre eux deux. Ses seins aspirent, quoi qu’il advienne, à s’évader dès cette nuit Et sa beauté nue désespère les clients bien trop galvaudeux.
Tranche, tranche ! Pleure, sanglote, venge-toi, fais couler le sang ! Le poignard ôté de l’étui doit goûter la chair ennemie. Tue, tue, tue ! Et taille la glotte à même le cou rougissant Qui bouillonne, jaillit et luit ; le corps tombant en anémie.
Mais nul ne sait, dans l’escalier, si c’est l’amour ou bien la haine Qui fit jaillir, d’un sein troublé, l’étincelle au tranchant du jeu. Elle sourit, peut-être absente, ou bien trop lasse de leur peine, Puis s’abandonne, gorge offerte, à l’éclat noir de ce qu’elle veut.
Un soutien gorge dégrafé dans la bouche du cadavre exsangue Comme si l’œuvre était signée Lucifera-les-cuisses-fraîches. On l’entend déjà s’esclaffer en courant nue, tirant la langue Comme si elle était assignée à rire d’une voix revêche.
Les sirènes ont changé de cap — fini les rochers, les naufrages ; Elles gardent les lignes marines avec un compas dans l’œil vif. Elles notent l’attitude des hommes comme on inscrit sur une page Les erreurs de point au sextant d’un capitaine trop naïf.
La queue entre les méridiens, leurs chants flirtent avec l’équateur ; Elles savent que l’amour, parfois, dérive en douce vers les tropiques. Elles dressent des cartes secrètes au rythme des flots médiateurs Dont les flux mal orientés malmènent les mathématiques.
Ne les cherchez plus aux récifs : elles voguent sur fonds numériques Surtout lorsque les cœurs s’égarent dans les amours analogiques. Une main sur la rose des vents, l’autre sur des rêves chimériques, Elles surgissent à contre-voie comme hérésie biologique.
L’habitude des latitudes et la langueur des longitudes Troublent trop souvent le marin qui navigue sur les parallèles. Et puis enfin, de lassitude, son bateau perd de l’amplitude Et le naufrage devient serein quand la sirène l’interpelle.
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La suite serait délectable à raconter mais la censure M’oblige à taire les moments trop intimes avec ma sirène. Pourtant il serait regrettable de taire comment nos cœurs conçurent Leurs amours tout en slalomant, moi mon corps, elle sa queue de reine.
La question du sexe des anges ne se pose pas pour la sirène ; Sa queue s’entrouvre et puis s’adapte à la mienne tout simplement. Dans l’eau, c’est un drôle de mélange ; elle colle sa bouche sereine Sur la mienne et ainsi je capte un souffle amer mais amplement.
Le Kâmasûtra sous les eaux vaut mille fois celui sur Terre Et les positions aquatiques se révèlent plus audacieuses. Sans doute seulement les oiseaux connaissent ce coït salutaire Dans l’atmosphère fantasmatique aux voluptés si délicieuses !
Nos corps glissaient dans l’eau profonde en un ballet d’ombres jumelles, Épousant l’onde et ses secrets dans un vertige originel. Quand vint l’instant où nos deux mondes se fondirent en une étincelle, Je crus saisir l’instant sacré dans son regard incriminel.
Mais l’extase avait un prix sombre, un pacte aux clauses irréelles, Dans ses étreintes sempiternelles, mon souffle en vain chercha le sien. Quand je voulus fuir vers les ombres, sa bouche se fit plus cruelle Et j’eus l’épectase éternelle aux tréfonds des abymes anciens.
Peindre des nus matin et soir et plus selon affinité Fatigue le démon du peintre dont la main ressent des douleurs. Et plusieurs fois elle va surseoir à l’œuvre avec sérénité Après avoir pendu au cintre sa blouse entachée de couleurs.
Lorsque le peintre est une femme, point de modèle ne lui consent ; Elle se peinture le corps et s’étend sur la toile vierge Où elle pratique ce que d’infâmes gens jugent alors indécent Mais qui reflète mieux l’accord de tout l’amour qui la submerge.
La blouse serait inutile ; elle s’en sert juste après la douche Tandis que sèche son empreinte sur le tableau surexposée. Mais ce bout de tissu futile évite les regards farouches Des passants à l’âme restreinte quant à la garce supposée.
Lorsque j’ai rencontré l’artiste, elle m’a sous toutes les coutures Photographié le corps partout et surtout mon intimité. Tous ses tableaux avant-gardistes furent une nouvelle mouture De l’art dont le meilleur atout est sa luxure illimitée.
Tu peux sortir nue, si tu veux, mais n’oublie pas de te couvrir ; Un rhume est si vite arrivé et les tétons sont si sensibles ! Si j’ai le droit de faire un vœu, ce serait de pouvoir t’offrir Un truc pour faire saliver d’envie mon organe extensible.
Tu peux sortir incognito sans crainte pour ta renommée Car l’attirance des appas surpasse le portrait-robot Par les organes génitaux qui parviennent à point nommé À rendre les hommes babas qui trouvent ton charme trop beau.
On se souvient des émotions, du plaisir démultiplié Mais l’image de la première fille n’y est pas toujours rattachée ; Malgré son corps en promotion auquel on a dû se plier, Le visage est parti en vrille noyé de sens amourachés.
Au paradis des femmes nues, je viendrai pour y dénicher Celle que mon cœur a élue par un charme des plus bénins. Et son visage revenu d’entre tous mes portraits fichés Rayonnera dans l’absolu qui est l’Éternel féminin.
« Rideau ! Ça suffit, s’il vous plaît ! Elle peut aller se rhabiller ! On l’a reconnue tout de suite, la petite sirène angélique. Quelle sinécure et quelle plaie que l’entendre ainsi babiller Qu’elle est prétendument en fuite mais aux desseins machiavéliques. »
Ainsi annonçait le speaker devant un public étonné D’apercevoir une ingénue drapée d’un rideau de velours. Il disait ça à contrecœur mais sa voix avait détoné Et surpris la jeune inconnue devant le premier rang balourd.
Mais soudain la petite sirène – car c’était elle, évidemment – Vint et fit tomber le rideau devant l’assemblée médusée Qui, par une ovation sereine, apprécia incidemment L’invite à une libido envers leurs femmes désabusées.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Hélas toujours pas de réponse aux demandes du chat perché Qui passe nuit blanche sur nuit blanche à guetter l’appel de la Lune Qui ne dit pas ce qu’elle pense – sans doute est-ce trop recherché De s’taire avant que n’se déclenche une aurore jugée opportune.
Il fallut attendre vingt ans – soit sept mille trois cent nuits – Avant qu’un émissaire lunaire ne lui réponde au bout du fil. Un prince de quatre-vingt printemps doté d’une barbe inouïe Mais l’image étant lacunaire, personne ne vit son profil.
Lorsqu’enfin la fille se réveille après un sommeil prolongé, Le prince ayant suivi le fil se poste devant la fenêtre. Et si la fille s’émerveille, c’est d’être restée allongée Si longtemps que sa vie défile et qu’elle meurt avant de naître.
Sera pétrifié d’horreur qui ose regarder Dans les yeux la gorgone aux cheveux de serpent. Cependant elle-même doit aussi se garder Des miroirs qui renvoient le mauvais sort frappant.
Alors pour se coiffer, Ô Zeus quelle galère ! Les serpents qui s’emmêlent comme nœuds de vipère. Les brosses inefficaces la mettent en colère Et les peignes impuissants font qu’elle vitupère.
Lorsque vous la croisez, n’ouvrez pas vos grands yeux Proposez-lui plutôt d’ôter ses pellicules. Massez-lui donc la nuque et les serpents soyeux S’aligneront sans trop friser le ridicule.
Le p’tit chien-chien a sa mémère avec son sens de l’à-propos Saura lui apporter de l’aide par son rôle conciliateur. Avec les gêneurs éphémères, il n’y a aucun quiproquo ; Qu’elles soient jeunes, belles ou laides il est déstabilisateur.
Mais il est gaffeur par moment quand il la ficèle de sa laisse, Quand il l’entraîne dans la rivière ou renifle un coup sous sa jupe. Je pourrais écrire un roman de ce qui arrive à ses drôlesses Quand il leur tire la brassière sauf que… peut-être elles ne sont pas dupes…
Celui qui rêve d’Aphrodite, ce n’est pas l’esprit mais le cœur ; Le corps aussi par exigence d’une essentielle bandaison. Quant à l’âme, c’est chose dite : elle sait que l’amour est vainqueur Et la plus belle intelligence c’est aimer plus que de raison.
Par cette fenêtre hygiénique qu’est le rêve, je réconcilie L’âme, le corps, l’esprit, le cœur à ma véritable origine. Animal anthropogénique, j’aime sentir ma chair avilie À éjaculer ma liqueur pour la Vénus que j’imagine.
Jamais de la vie n’oublierai la première fois que j’ai rêvé D’elle sans comprendre vraiment le pourquoi de cette obsession. Et savoir que je publierais cette souvenance préservée Et attirante comme un aimant m’a valu cette indiscrétion.
Vous me croirez si vous voulez, une fois de plus n’est pas coutume Mais j’ai vu l’ange débouler avec moins que rien de costume. De grande taille, j’lui arrivais au niveau du plexus solaire Tandis que ses mains me rivaient de conjectures corollaires.
Il m’a démontré l’avenir d’une humanité multi-gènes ; Nos chromosomes vont devenir, croisés avec d’autres indigènes Suite aux croisements des nations, des peuples, aux mélanges des sangs Multipliés d’émanations, d’étoile, de croix et du croissant.
Hommes et femmes réunis d’un même corps à parité Et d’un système prémuni contre toute précarité. D’ailleurs il nous poussera des ailes comme dans nos rêves légendaires Pour nous déplacer avec zèle car nous seront tous solidaires.
Et comme il était transparent, j’ai vu en lui la vérité ; Étant plus ou moins son parent dont il a sans doute hérité. J’ai vu la petite part de moi, indivisible et immortelle Qui s’accordait avec émoi au son de mon âme éternelle.
N’ayez pas peur car tout est faux notamment le serpent factice ! Le vrai prédateur, c’est la femme qui s’expose comme une victime. Bien sûr, du courage, il en faut ainsi qu’un sens de la justice Mais le traquenard reste infâme et tout à fait illégitime.
Dès que vous vous approcherez pour mettre le serpent en joue, La fille vous attachera pieds et poignets à son rocher. Alors vous vous reprocherez votre candeur qui vous déjoue Et vous condamne comme un rat harponné, la main au crochet.
Puis elle vous déshabillera et vous sucera goulûment, Puis elle vous égratignera de ses ongles en s’y accoutument, Puis elle nous mordillera d’abord les cuisses résolument, Enfin elle vous dégustera le cœur et le foie indûment.
Avant la vie, on ne sait plus ; après la vie, on ne sait pas ; D’un but qui se serait complu des plans de maman et papa. Un passé photographié et que l’on se repasse en boucle ; Un futur chorégraphié dans un réseau plein d’escarboucles
Sous un soleil grenat foncé d’une planète phosphorée, L’âme se serait enfoncée dans un beau paradis doré. Cet avenir hypothétique, comparé au monde réel, S’effondre après le prophétique destin du peuple d’Israël
Que la Bible voudrait nous faire, avec tous ses contes de fées, Admettre afin de satisfaire la peur de la mort échauffée Par des religions qui prétendent nous donner la vie éternelle Alors que leurs dogmes s’attendent à mater notre vie charnelle.
Je vis mon présent comme un onde captée par mon corps récepteur Qui suit un lien qui vagabonde entre des mondes émetteurs. Quand mes batteries fatiguées sonneront l’heure du départ, Mon destin sans cesse intrigué recouvrira sa quote-part.
Tous les midis, c’est spaghettis pour la plupart des sex-symbols Qui en ont par-dessus la tête des pâtes chinoises rapides. Numérotez vos abattis si vous leur proposer un bol De macaronis, coquillettes ou autres nouilles aussi stupides.
Pour les pimbêches, c’est le contraire ; elles en ont plutôt ras le bol ! La faute aux mères trop simplettes qui leur en ont trop fait manger. Cette répulsion arbitraire est même devenue un symbole De la lutte des pâtes complètes sur celles venant de l’étranger.
Marco Polo s’est retourné déjà plusieurs fois dans sa tombe ; Lui qui prit la route de la soie pour rapporter la tradition. Justement c’est d’une fournée de spaghettis à qui il incombe D’en cuire sans cesse chez soi pour célébrer l’expédition.
Le cœur n’est pas vraiment trop mûr en ce qui concerne les garçons, Mis à part pour ôter les jupes afin d’observer en-dessous. Et puis un jour, au pied du mur, celui d’où l’on voit le maçon, Tombe le temps des jeux de dupes dans lesquels l’âme se dissout.
Je n’ai pas autant de poupées que certains grands collectionneurs, Ni les plus belles du marché, ni celles qui m’ont tout refusé. Malgré le cœur entourloupé de chagrins au petit bonheur, Je continue à les chercher sans jamais m’en désabuser.
Primevère avançait de l’est en ouest en suivant le jour ; La lumière lui était vitale, aussi précieuse que l’oxygène. Elle s’élançait d’un pas leste, elle ne s’arrêtait pas toujours Mais continuait son orbitale presqu’éternellement sans gène.
Disons « presqu’éternellement » et il y avait des exceptions Car elle devait se reposer ; elle usait donc du corollaire De l’amour maternellement et notamment la conception ; La jouissance étant supposée remplacer l’énergie solaire.
C’est ainsi qu’elle m’a abordé en me proposant une alliance : Faire l’amour, là, sous la Lune et la voir partir au matin ; En échange, m’était accordé un orgasme dont la résilience Équivaudrait à l’opportune joie des plus hauts sommets atteints.
Elle s’appelait Primevère et, comme une fleur de printemps, S’ouvrit toute nue au soleil dès le premier rayon du jour. Elle m’embrassa d’un air sévère – nous étions tous les deux contents – Et au premier vent qui balaye, elle s’en repartit pour toujours.
Si l’on tait le sexe des anges, en revanche on sait des élus Qu’ils se réincarnent en femmes une fois admis au paradis. Cela paraît au début étrange que les hommes n’aient point de salut Pour ne pas dire même infâme venant d’un dieu de parodie !
Mais ses voies, si impénétrables que personne n’y comprend rien, Débouchent en fait sur l’Éternel Féminin consacré. Les chemins incommensurables arpentés par tous les terriens Trouvent donc leur but maternel dans le divin dessein sacré.
Par quel moyen s’introduit-on dans les vagins qui irradient De sainteté dont la fournaise dépasse l’enfer du plaisir Et donc, comment se reproduit-on quand on est femme au paradis ? Par une parthénogenèse d’un Dieu qui s’appellerait désir !
Mais c’est idiot puisque les âmes ont toutes été réincarnées ! La gestation, l’allaitement et la séduction féminine Dont nous les humains disposâmes devient LE mystère incarné Qui trouvera conjointement SA résolution sibylline.
Photo de Spencer Tunick sur https:www.theguardian.comartanddesigngallery2022sep10the-naked-ambition-of-spencer-tunick-in-pictures .
De ballets roses en reflets vers et de poèmes en opéra, Mes petites femmes ont eu l’honneur des meilleurs rôles récompensés. De tous les coins de l’univers, autant que faire se pourra, Elles apporteront du bonheur par leur nudité compensée.
Je les déshabille souvent mais elles plaisent tout autant Aux hommes qui meurent d’amour devant ces montreuses de charme, Qu’aux femmes dont le cœur émouvant bat la chamade en ballotant Comme bringuebalant d’humour jusqu’à passer du rire aux larmes.
Ainsi la femme est au théâtre la vraie vedette du programme. Pourtant maudite et pire encore car il n’en reste aucun renom. À part divine Cléopâtre et son prestige au kilogramme, On se souvient bien de leurs corps mais on a oublié leurs noms.
Ô femmes nues, belles inconnues, depuis la nuit des temps promises, Je voudrais vivre mille vies pour ne pouvoir penser qu’à vous ! Que votre rôle soit reconnu et votre nudité admise Au rang du bonheur assouvi et de l’extase, je vous l’avoue !
Photo de Spencer Tunick sur https:www.theguardian.comartanddesigngallery2022sep10the-naked-ambition-of-spencer-tunick-in-pictures .
L’employé, doux comme un agneau et le patron, loup aux dents longues ; Récurrent et inévitable scénario du rapport de forces. Mais voici que le tendre agneau, une fois chez lui, sonne le gong Et trouve une victime notable ; ici, son épouse retorse.
Retorse parce qu’hélas à son tour, la brebis montre ses dents de louve Envers la tête blonde innocente, laquelle n’y saurait surseoir Car le bel enfant, sans détour, par ses gènes une colère éprouve Envers la chatte frémissante qui sera tigresse ce soir.
Ainsi la raison du plus fort serait un abus de pouvoir Ou un constat de lâcheté envers un plus faible que soi. Chercher le combat sans effort contre qui ne saurait pourvoir À sa défense n’est adapté qu’à ceux qui pètent dans la soie.
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