Les dinosaures disparus, l’humanité évanouie,
La prochaine civilisation trouvera ses nouvelles clefs.
Dans un rêve, il m’est apparu que des êtres épanouis
Vivaient avec délectation dans nos plastiques recyclés.
Illustration de Filip Hodas.
Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Les dinosaures disparus, l’humanité évanouie,
La prochaine civilisation trouvera ses nouvelles clefs.
Dans un rêve, il m’est apparu que des êtres épanouis
Vivaient avec délectation dans nos plastiques recyclés.
Illustration de Filip Hodas.
Demain promet monts et merveilles à l’enfant qui vit aujourd’hui,
Grisé par l’orgueil goguenard d’une impudente technologie.
Une fois sonné le réveil du rêve qui m’avait séduit,
Me voici en plein cauchemar d’une techno-pathologie.
Illustration de Anders Wenngren ou Mark Burkhardt.
J’aimerai cette femme en fleur qui minaudait tant d’attentions
Que mon cœur faussait la boussole de ma raison désemparée.
J’entends ses rires et ses pleurs, aussitôt que nous commencions
À jouer sous les tournesols à trouver la chatte égarée.
Tableau d’Otar Imerlishvili.
L’amour apparaît invisible comme un fond de romance en blanc.
Ainsi, le cœur peut dessiner une aventure inégalée,
Suffisamment imprévisible pour un coup de foudre troublant ;
Sel viril, sucre efféminé, pour voluptés sucrée-salées.
Tableau d’Andrei Protsouk.
Ô virginité de la mer, si précieuse et si importante,
Pour enfanter l’humanité, tu fus offerte à notre Terre !
Ce sacrifice doux-amer qui produit la manne abondante
Nous frappera d’insanité si nous n’en sommes dignitaires.
« la virginité est précieuse mais elle doit enfanter – sinon elle est comme une terre frappée de stérilité. » Johannes Angelus Silesius.
Tableau de Christina P. Wyatt.
Dans l’eau bleue de mes souvenirs toutes les couleurs se mélangent
Dans le bleu-gris indéfini de résurgences fraternelles.
Je n’ai vu les femmes venir qu’opportunément quand les anges
M’ont extrait la misogynie du formatage paternel.
Tableau d’Otto Müller.
Finalement, ces grands châteaux n’ombragent pas le paysage !
Toutefois, bien qu’un peu profane, j’y aurais ajouté quelques tours.
Après, cerise sur le gâteau, par un vigoureux arrosage,
Dans cette atmosphère diaphane, un peu de verdure alentour.
Photo d’un canyon en Arizona.
Quatre roses font fuir le bourdon, trois roses suffisent pour l’amour.
Une pour toi, une pour moi, une pour l’enfant approuvé.
Et tant pis si c’est un garçon, on lui dira avec humour
Que faute de choux, quel émoi, on a pris ce qu’on a trouvé.
Tableau de Peter Mitchev.
Dans l’œil de la plume de paon tel un miroir intentionné,
J’ai vu ce qu’exprimait son cœur contrairement à son visage.
Bien sûr, son regard de serpent ne cherchait qu’à m’impressionner
Pour éviter à contrecœur de me pencher vers son corsage.
Tableau de Maia Ramishvili.


Le vin, cet aliment de l’âme, ainsi qu’ennemi de l’esprit,
Reste aussi dangereux au corps que les croyances pour le cœur.
Il nous réchauffe de sa flamme lorsqu’il est sagement prescrit
Mais met les hommes en désaccord si on abuse de sa liqueur.
Chaque fois que vous goûterez du vin avec modération,
C’est réellement un message qui vous ressuscitera l’âme.
Mais lorsque vous écouterez la voix de son inspiration
Appréciez en le passage mais gare à son retour de flamme.
Tableau de Hannibale Caracci.
Quand une femme montre ses seins, ce n’est pas elle ; c’est moi qui ai peur.
Peur de sa poitrine effrontée ; peur du pic dans mon pantalon.
Lorsqu’elle brandit à dessein ses tétons devant ma stupeur
Je ferme les yeux pour affronter la douceur de ses mamelons.
Tableau de Maia Ramishvili.
Je l’ai croisée mais sans la voir ; je l’ai rencontrée sans l’entendre ;
Je l’ai aimée mais sans l’avoir ; je l’ai quittée sans la comprendre.
Dommage, ce n’était qu’une image ; misère, elle n’était que chimère.
Un cœur meurtri me dédommage de n’avoir su aimer ma mère.
Tableau de Juliette Belmonte.


Par nos racines ombilicales, coupées le jour de la naissance,
Nous ressemblons aux fleurs du vent qui prolonge nos extrémités.
Je sais des plantes médicales, coquelicots en connaissance,
Qui calment nos peines et nos pleurs juste par leur proximité.
Tableau de Rudolph Carl Gorman.
La peinture généalogique relie toutes nos dimensions
Vers l’infini de la naissance et l’infini des descendants
Qu’il faut rapprocher, c’est logique, d’œuvres de mêmes prétentions
Afin que nous prenions conscience de ce lignage transcendant.
Tableau « sueños y naturaleza » d’Alfredo Arreguín.
J’aime ces anges de lumière qui nous soignent l’âme et le cœur ;
Comme doctoresses acrobates et nous, spectateurs et patients ;
Comme prêtresses infirmières et nous simples enfants de chœur ;
Afin que le cirque combatte notre enthousiasme déficient !
Photo de Matt Odom.
Tandis qu’en haut de son échelle, elle se tortillait du balcon,
Je me risquai d’évaluer le poids de son charme en tutu.
Mais la poupée romanichelle faisait ce geste un peu abscons
Pour éviter de saluer puis, tomber à bride abattue.
Photo de Signe Vilstrup.
J’ai voulu prendre un pseudonyme comme imaginaire acolyte
Mais ce nom de plume m’a pris toute ma personnalité.
Et de peur que ne s’envenime cette situation insolite
J’ai finalement entrepris d’en faire mon originalité.
Tableau d’István Sándorfi.


La pudeur et l’intimité sont emmêlées depuis l’enfance.
Si les moments les plus intimes appartiennent au domaine privé,
La pudeur frôle l’inimitié et peut aller jusqu’à l’offense.
Alors laquelle est légitime, subjectivée ou objectivée ?
La pudeur et l’intimité sont le prix de l’évolution ;
Elles nous rattachent à la bête, ces mammifères qui nous ressemblent.
Par honte, par timidité, nous n’osons pas la solution
De nous asseoir en tête-à-tête et de se mirer nus ensemble.
Tableau d’André Lhote.


Tuer le temps quand je m’ennuie, j’y serais presque bénévole
Or je crois qu’entre les secondes existe un temps pour le bonheur.
Souvent, au milieu de la nuit, quand le temps stoppe son envol,
Juste une pensée vagabonde, de quatre vers, me fait l’honneur.
Tableau d’Alex Rossel Flint.
Parfois le temps qu’il fait s’accorde avec l’humeur du temps qui passe ;
Les sanglots de la dépression font pleuvoir les nuages lourds.
J’embarque et je lâche la corde dans mon navire de l’espace
Pour mesurer la précession des équinoxes au jour le jour.
Tableau de Moran Tennenbaum.
Souvent mon manège de rêves ressemble à une loterie
Dont un inconscient tourniquet crée le hasard de la surprise.
J’y fais des apparitions brèves à poil parmi les moqueries
Et me réveille paniquée de cette grotesque méprise.
Tableau de Gustav Klimt.
L’art ne prétend pas nous décrire la beauté que nous regardons
Mais ce que cache l’apparence des masques en contradictions.
Ainsi m’amusé-je à écrire des vers piquants comme un chardon
Pour mieux dévoiler l’aberrance de belles phrases en réaction.
Mais lorsqu’à son tour l’art abstrait défie l’école académique
Pour s’affranchir de la matière pour des conceptions hors du temps,
Alors je réponds, trait pour trait, d’une poésie alchimique
Qui sur ma muse et sa crinière verse une prose de printemps.
Qui versifie sur la crinière de ma muse un jeune printemps.
Photo de Stefan Gesell.
Être une sœur de la montagne pourrait vous paraître anodin
Si je n’y trouvais la quiétude auprès de mes amis les oiseaux.
Depuis que je bats la campagne dans le devoir du paladin, (avec l’esprit)
Je me ressource en altitude auprès des anges en réseau.
Photo de Julian Herbrig.
Parfois mes rêves représentent le temps que je n’ai su retenir ;
Parfois mes songes me préparent à affronter mes vérités.
Parfois l’intuition déplaisante me contraint à me souvenir
Afin que mon âme répare les bosses et les aspérités.
Tableau de Mark Henson.
L’univers naît d’une spirale qui oscille comme un oxymore :
D’un mot où l’énergie décroît, d’un mot où celle-ci s’étend.
Notre destinée sidérale aspire à la fois vers la mort
Et vers un monde, que je crois, au-delà du vide et du temps.
Tableau de Mark Henson.
Plutôt que m’accabler d’erreurs, de mes échecs et mes malheurs,
J’ai décidé de m’alléger et lâcher prise à la douleur.
J’ai vu alors que mes terreurs n’avaient aucune autre valeur
Que des soucis désagrégés par cet antidote en couleurs.
Photo de Kristina Makeeva.
Je m’en allai allègrement pour traverser la vie entière
Sans autre assurance essentielle qu’une insouciance dans les transferts.
J’aurais dû penser autrement et voyager hors des frontières
Avec un visa pour le ciel sans escale prévue en enfer.
Photo de Kristina Makeeva.
Dans cette forêt de bambous où je m’étais aventurée,
J’imaginais mettre à l’abri toutes mes craintes de la vie.
Mais ces défenses mises bout en bout m’ont isolée et emmurée
Dans une prison assombrie où mes regrets m’ont poursuivie.
Tableau de Mark Henson.
Qui n’a jamais désiré fuir l’activité horizontale
Qui fait ramper l’homme enchaîné comme une machine infernale ?
Qui n’a jamais voulu s’enfuir dans une quête verticale
Sentir l’âme se déchaîner vers sa destinée véritable ?
Tableau de Mark Henson.
Quand elle tombe à la renverse par le talent de son amant,
La danseuse n’est pas en reste de lui en offrir tout son corps.
Point nécessaire qu’ils conversent car ils échangent à tout moment
Des expressions d’amours par gestes qu’ils répètent encore et encore.
Photo de Jim Trotter.
Les aqueducs rallient les hommes à trinquer à l’eau de la terre
En l’apportant dans les fontaines pour en abreuver leurs enfants.
Ce pont romain, par le trinôme de ses niveaux complémentaires,
Nous vient de la science romaine et de son génie triomphant.
Photo du Pont du Gard.


Son instrument à plusieurs cors agit en collaboration
Avec le souffle des bourdons mû par la force pectorale
Du musicien qui prête son corps et toute sa respiration
Pour nous offrir le grand cordon de la musique pastorale.
Tableau d’Alexander Sigov.
« Une seule flèche à la fois ! » Ainsi s’annonce la devise
À laquelle a prêté serment l’archer fidèle à son étude.
L’intime profession de foi guide ses deux mains lorsqu’il vise
Sa cible tout en refermant les deux yeux en toute quiétude.
Tableau de Vladimir Gvozdariki.
Ô vous, multitude d’objets de mon musée particulier !
Chacun me raconte une histoire et s’attache à ma destinée.
Tous représentent un sujet, un épisode singulier,
Une belle rencontre notoire sans aucun doute prédestinée.
Tableau de Boris Shapiro.
Zeus se métamorphose en taureau afin de tromper son épouse ;
Imprudente Europe l’approche, émue, et le chevauche à cru.
Malgré vos ragots immoraux, ils s’accouplent sur la pelouse.
Ne leur en faites point reproche, les dieux sont parfois incongrus.
Tableau d’Alexander Sigov.
Ne croyez pas qu’elle vous ignore si elle passe sans vous voir ;
Vous n’arrivez pas sur sa liste en tête de compétition.
Si votre cote vous minore, elle ne voudra rien savoir
Car elle cherche un spécialiste pour satisfaire ses ambitions
Lorsque je fus handicapé après ma chute dans les montagnes,
J’ai cherché à être embauché pour un travail à temps partiel.
Mais je n’étais qu’un rescapé déchu du pays de cocagne
Et elle n’a pas décoché la moindre flèche concurrentielle circonstancielle.
Tableau de Boris Shapiro.


Nous assistons à des versions qui vont plus vite que le temps ;
Le progrès, à toute vitesse, a démodé le patrimoine.
Dommage pour la conversion de nos paysages d’antan
Qui frise un peu l’impolitesse dont le futur se dédouane.
Tableau « Ponts sur la Seine à Asnières » 1887 de Vincent Van Gogh.
L’homme assimile les couleurs de son monde en évolution.
Aussi bien dans ses chromosomes que dans l’échange des cultures.
Oublions nos vieilles douleurs et unissons nos solutions
Afin que l’avenir de l’homme prenne une apparence mature.
Tableau « Spirit Walker » de Jim Nelson.
Sous l’influence et la couleur de la phénoménologie,
Les expériences essentielles transforment le corps et l’esprit.
Et je ressens comme douleur ce fort passage d’énergie
Qui modifie mon potentiel que je veux quel qu’en soit le prix.
La phénoménologie est une approche philosophique qui explore les expériences de la vie.
Tableau de Julia Klimova.
L’espace et le temps réunis à l’énergie de l’univers
Ont permis la vie généreuse avec amour et cruauté.
La mort restera impunie car elle n’est qu’un fait divers
Sur la nature dévoreuse de cette étrange communauté.
La Terre donne en abondance, elle reprend en représailles.
La raison du déséquilibre n’est pas écrite dans les livres.
Acceptons cette dépendance et célébrons nos épousailles
Avec ce fragile équilibre qui fait notre raison de vivre.
La Pachamama, déesse-Terre-Mère dans la cosmogonie andine, revêt deux personnalités, l’une généreuse et fertile, l’autre vindicative lorsqu’elle ne reçoit pas son dû. Sa relation avec les hommes engendre un équilibre si précaire que quelques actions indiscrètes ou gestes équivoques, quelques manquements que ce soit au protocole peuvent entraîner des représailles.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Notre Terre est malade, tous ses arbres frémissent,
Avec l’air pollué et l’eau pleine d’engrais.
Au cours de mes balades, j’aperçois les prémisses
Qui ont évolué à l’envers du progrès.
Les arbres communiquent comme organes sensibles
Et répandent dans l’air le tanin de leurs feuilles.
Les animaux paniquent et leur mort ostensible
Sonnera la colère d’une planète en deuil.
Tableau de Mark Briscoe.
Dans l’organisme de la ville où les artères se développent,
Des venelles et des ruelles plongent au cœur de la casbah.
Une population servile mêlée d’étrangers interlopes
Anime des passions cruelles épicées d’encens et tabac.
Tableau « La cashba » d’Henri Matisse.
Le temps nous paraît uniforme mais vibre entre deux battements ;
Un instant bleu imperceptible, un instant rouge indiscernable.
Leur association nous transforme selon la force du moment
Et nous devenons susceptibles d’être insensés ou raisonnables.
Tableau de Sophie Wilkins.
Quarante siècles de tulipes contempleraient les terres basses
Si j’en honorais la Hollande au rang des fournisseurs des dieux.
La fleur dont mon cœur s’émancipe, dont mes sentiments se surpassent
Lorsqu’elle fleurit de guirlandes la route vers l’amour radieux.
Photo de Dotz Soh su www.designyoutrust.com201907magical-cityscapes-and-travel-landscapes-by-dotz-soh .
Lorsque l’alchimiste suprême réunit les quatre éléments ;
L’eau dans le creuset de la terre et le feu sacré dans le ciel,
Deux météores, les plus extrêmes, divinisent le firmament
Entre une aube crépusculaire et un coucher concurrentiel.
Photo de Dotz Soh su www.designyoutrust.com201907magical-cityscapes-and-travel-landscapes-by-dotz-soh .


La ville jardin se réveille dans la péninsule malaise
Et, peu à peu, toutes les îles se joignent au flux économique.
Là-bas, au pays des merveilles, aux côtes bordées de falaises,
Le paradis semble en exil dans ces couleurs panoramiques.
Dans la forêt corpusculaire et de la sylve urbanisée,
La densité des habitants s’étend dans l’ombre taciturne.
Et le soleil crépusculaire prévient ce monde organisé
Que la journée n’est qu’au mitan de ses activités nocturnes.
Photos de Dotz Soh su www.designyoutrust.com201907magical-cityscapes-and-travel-landscapes-by-dotz-soh .
Me voici entre deux étapes et je ne peux plus reculer ;
Juste avancer mais sans savoir lorsque cela s’arrêtera.
La seule force qui me retape alors que je suis acculé,
Est d’espérer apercevoir l’espoir qui me rachètera.
Photo d’Orhan Yilmaz.
Cette intimité impudique déguisée par un pseudonyme,
Me permet de faire apparaître tous mes fantasmes en silhouette.
Je stimule ce côté ludique par une femme nue anonyme,
Glissée dans un décor champêtre comme amusante pirouette.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Un élixir de conscience,
Un parfum d’inconscience,
Un alcool spirituel,
Un plaisir conceptuel.
Le charme de la bouteille
Me tient les sens en éveil.
La lutte de l’élixir
Contre le vide à occire.
L’or le dote de couleur
Qui atténue les douleurs,
Et le blues qui fait de l’ombre
Ne disparaît pas, il sombre.
Tableau d’Anna Kostanian.
Comme j’ai de plus en plus de mal d’avoir un regard objectif,
Je suis monté sur le perchoir de l’examen que je poursuis.
Mais l’information minimale ne livre à mon goût subjectif
Qu’un espoir qui pourrait déchoir si je vois vraiment où j’en suis.
Tableau de Laurent Rosset.