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  • La voix du cœur

    La voix du cœur

    Ceux qui le disent avec des fleurs sont ceux qui pensent avec le cœur
    Et leurs mots transportent de joie tous ceux dont l’âme est à l’écoute.
    Ceux qui le disent avec des pleurs sont ceux qui pensent avec rancœur
    Et leurs maux servent de rabat-joie pour faire du mal quoi qu’il en coûte.

    Ainsi que la vague soit bonne ou chargée de flots affligeants,
    Je me laisse autant emporter par le vent sans lui résister.
    Je ne peux ni changer la donne ni changer la pensée des gens
    Mais je peux changer la portée de ma manière d’exister.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La Reine fanée

    La Reine fanée

    Après ses millions de printemps, constituée d’essences vertes,
    Belles-de-jour, belles-de-nuit et de la couleur dans ses mains,
    Dame Nature n’a plus vingt ans mais elle demeure bien alerte
    Avec ses fleurs épanouies dont elle fleurit les chemins.

    Certes, elle se fane en automne et fond dans le froid de l’hiver
    Mais elle dort, elle n’est pas morte, comme le phénix des forêts.
    Après deux saisons monotones, elle reprend un coup de sang vert
    Qui la réveille et la transporte pour de nouvelles noces dorées.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La voie florale

    La voie florale

    Tous les chemins mènent à Rome pour qui ménage sa monture
    Et vous en sentirez l’arôme tout au long de votre aventure
    À condition de savourer chaque moment de son séjour
    Avec le cœur énamouré envers chaque bonheur du jour.

    Si le présent semble immobile, le temps, lui, défile trop vite
    Avec cette course débile autour de laquelle on gravite.
    On court pour amasser l’argent, on court pour sentir la vitesse
    Électriser le cœur des gens qui se consument de tristesse.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Relaxation

    Relaxation

    Quand les enfants deviennent grands, le marchand de sable jouit
    D’une retraite bien méritée sur son nuage sans regret.
    Un bon bouquin, un mazagran, un bon café le réjouit
    Il est heureux en vérité de passer la main au progrès.

    Plus de contes à dormir debout pour les descendants d’aujourd’hui
    Qui s’endorment avec des séries les plus incroyables qui soient.
    Les contes de fées sont tabous car ce mauvais genre produit
    Une dépendance aguerrie envers la confiance en soi.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Les mille-et-une nuits de rêves

    Les mille-et-une nuits de rêves

    Tous les contes à dormir debout de l’habile Shéhérazade
    Prolongeaient sa vie d’un matin jusqu’à la soirée fatidique.
    Si l’on enfile de bout en bout ses nombreuses improvisades,
    On y perd sans doute son latin mais on y gagne en juridique.

    J’aimerais enchaîner mes rêves et mes Reflets-Vers récurrents
    Pour retrouver mes favorites qui disparaissent à l’aurore.
    Rêveries infinies et brèves dépasseraient mes concurrents
    De toutes ces séries démérites dont réseaux en streaming pérorent.

    Tableau de Do Fournier.

  • Le cul entre deux chaises

    Le cul entre deux chaises

    Non seulement inconfortable mais très éreintant pour les fesses,
    Avoir le cul entre deux chaises n’est pas si aisé qu’on le croit.
    Même s’il paraît délectable d’y embrasser, je le confesse,
    Un paon au style Louis XVI et qui fait la roue de surcroît.

    Si pareille situation l’un de ces quatre jours m’échoit,
    J’opterai pour de l’Ikea dont le confort est assuré.
    Je mettrai l’accentuation sur un canapé de mon choix
    Et remplacerai le paon béat par une bouche à savourer.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La jardinière du sixième étage

    La jardinière du sixième étage

    Les belles plantes sous leurs serres aiment se gaver de soleil
    Et se montrent proliférantes quant à l’envie de resplendir.
    La grêle qui tape sur le verre, la poussière que le vent balaye
    Les laissent toutes indifférentes sans les empêcher de grandir.

    Quand une jeune fille en fleur jette un regard par la fenêtre,
    Bien heureux qui l’apercevra et chanceux qui la cueillera.
    Et celui dont la main effleure leur corolle saura reconnaître
    La félicité mais devra l’orner de vingt-quatre carats.

    Je connais une jardinière qui habite au dernier étage
    Dans une mansarde aérée, bien à l’abri des parasites.
    Or les fruits de sa pépinière sont faits d’amour et de laitage
    Dont j’aime me désaltérer quand je viens lui rendre visite.

    Tableau de Johannes Norretranders.

  • Les programmes soporifiques

    Les programmes soporifiques

    Marre des programmes soporifiques débités dès potron-minet
    Qui ne servent qu’à prolonger les nuits d’insomnies redondantes !
    Marre des feuilletons prolifiques qui ne sont jamais terminés
    Et ne cessent de se rallonger après maintes fins confondantes.

    Mais les programmes intelligents étant difficiles à comprendre,
    Le cerveau aime se complaire à zapper des stupidités
    Car on prend les cons pour des gens à force de leur désapprendre
    À voir, au risque de leur déplaire, bêtises et insanités.

    Bien sûr, les soaps d’après-manger sont efficaces pour la sieste
    Surtout quand le poste ronronne après avoir baissé le son.
    Les chats n’y sont pas étrangers car aussitôt ils manifestent
    Cette attitude et s’environnent en boule comme un hérisson.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Marie au cinquième vent

    Marie au cinquième vent

    Trouver bonne chaussure à son pied n’est pas toujours aussi aisé ;
    Et trouver son homme parfait… impossible mais… ce n’est pas français.
    Marie a fait comme il lui sied ; pour ne pas se faire baiser
    Elle a écarté les surfaits et gardé ses référencés.

    Puis elle les a mis à l’épreuve : « Savent-ils faire la cuisine ?
    Mangent-ils bio, équilibré, boivent-ils avec modération ? »
    Un à un, ils ont fait leurs preuves, beaucoup se sont crus à l’usine
    Mais Marie les a calibrés à la qualité des rations.

    Finalement le plus complexe, l’expérimentation finale,
    Fut de tenir le plus longtemps et réjouir au lit, Marie.
    Bains, douche-à-bouche qui se duplexent et s’inscrivent dans les annales,
    Enfin faire l’amour à plein temps toute une vie sans avarie.

    Illustration d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .

  • Marie au cinquième temps

    Marie au cinquième temps

    Marie s’invente désormais sa propre saison pour aimer
    Depuis le trente-deux décembre jusqu’au trente-quatre novembre.
    Chez elle, elle s’habille en été, seins nus – c’est bon pour les tétés –
    Et quand elle sort, pas de culotte , c’est pas pour autant qu’elle grelotte.

    Quelle est sa mode automne-hiver ? Pas autrement qu’en pull-over !
    Printemps-été, robe légère voire une folie passagère ;
    Un décolleté bien plongeant ou un dos nu se prolongeant
    Jusqu’à ce qu’admet la censure sans rien montrer sous la ceinture.

    Lundi est jour de promenades, randonnées, petites balades,
    Puis du mardi au vendredi – comme rien ne la contredit –
    Elle fait la tournée des grands ducs et quand sa fortune est caduc,
    Elle jette samedi et dimanche la cognée, puis après le manche.

    Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .

  • Marie aux quatre vents

    Joli mois de mai pour Marie qui cherche l’amour de sa vie
    Le printemps ravive les cœurs, le fond de l’air est amoureux.
    Tous les animaux s’apparient pourquoi pas elle, à votre avis ?
    En quête du mâle vainqueur, elle court les sentiers langoureux.

    Au mois d’août en pleine chaleur, ses amours vont en pleine ardeur ;
    Un nouvel amant chaque jour, les nuits passent en effervescence.
    Trouver l’étalon de valeur qui ne dure pas qu’un quart d’heure
    Mais l’oiseau rare court toujours ou finit en évanescence.

    Novembre la distrait à peine mais elle reste seule dans son lit
    Car les amours sont monotones et les manteaux trop pudibonds.
    Chercher les mâles à la douzaine, l’aventure tourne à la folie.
    Fichue saison, fichu automne, fichu caractère furibond !

    En février, rien ne va plus ; passé janvier, un peu de pluie ;
    Saint-Valentin, un rendez-vous et Marie va se faire les yeux.
    C’était très bien, ça lui a plu, elle est repartie avec lui
    Et au matin, je vous l’avoue, Marie le trouve merveilleux.

    Illustrations d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .

  • Marie aux quatre temps

    Joli mois de mai pour Marie qui s’éloigne et se met au vert
    Et oublie les soucis divers qui ont fait de l’ombre au soleil.
    Il faut changer de gabarit et recréer son univers,
    Remiser ses habits d’hiver, sortir les crop-tops du sommeil.

    Au mois d’août en pleine chaleur, Marie suit l’aventure en jaune,
    Couleur de l’été en pleins champs, à galoper les jambes nues.
    Chercher à se mettre en valeur et chevaucher en amazone
    Des heures jusqu’au soleil couchant et patienter la nuit venue.

    Novembre la surprend à peine, la rouille n’est que provisoire ;
    Marie recherche le confort et se blottit dans sa maison.
    Bien loin de la folie urbaine et ses mouvements dérisoires,
    Elle se nourrit à grand renfort de fruits et légumes de saison.

    En février, rien ne va plus ; Marie songe à déménager,
    Changer de lieu et changer d’air et connecter d’autres réseaux.
    Tous les dimanches, il a bien plu et les nuages ont présagé
    Une grisaille légendaire et le moral reste à zéro.

    Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .

  • Le paradis artificiel

    Le paradis artificiel

    Le paradis artificiel promis par la télévision
    Sera bientôt réalité pour ceux qui croient ce qu’on leur dit.
    Bien sûr, tout est superficiel, le bonheur n’est qu’une illusion
    Dont on vante la qualité en leur jouant la comédie.

    Bientôt la jeunesse éternelle promise par la médecine
    Sera disponible à portée des portefeuilles bien fournis
    Et la consommation charnelle soumise à la gente assassine
    Qui proposera d’avorter pour cuire les fœtus au fournil.

    Tableau de Mark Bryan sur www.artofmarkbryan.com .

  • Voir Étretat sous la neige

    Voir Étretat sous la neige

    Voir Étretat et puis mourir ne suffit plus pour mon bonheur ;
    Je veux voir son aiguille creuse par tous les temps de la planète.
    Bien sûr, je peux toujours courir pour l’apercevoir de bonne heure
    Sous une couche de poudreuse blanche, immaculée et tristounette.

    Eh bien aujourd’hui c’est possible grâce à la fonte des banquises,
    Au réchauffement climatique et la pollution touristique !
    Tout va bien, restons impassibles et calmons Madame la Marquise
    Car la Manche sera Atlantique d’après la science heuristique.

    L’heuristique est l’art d’inventer, de faire des découvertes ainsi qu’une discipline qui se propose de dégager les règles de la recherche scientifique et de la découverte et plein d’autres choses…

  • La sirène humaine

    Quand la sirène devient humaine pour l’amour d’un beau matelot
    Elle est un peu déboussolée sans sa queue mais avec deux jambes.
    Il faut une bonne semaine avant de se jeter à l’eau
    C’est-à-dire de batifoler gaillarde, alerte et ingambe.

    Encore une fois, elle hésite de quitter l’élément liquide
    En outre, le fond de l’air est frais, d’ailleurs elle en reste sans voix.
    Juste une dernière visite ; déjà l’eau paraît insipide.
    Elle rejoint le monde qui l’effraie comme toujours la première fois.

    Photos de Joel Meyerowitz et Ryan McGinley sur https:www.slate.frgrand-formatjoel-meyerowitz-photographe-oeil-70029 .

  • Les couleurs en ballade

    Le vendredi, elle a le blues, toujours l’ivresse des profondeurs
    Qui lui fait voir soit tout en noir, soit tout en bleu, soit tout en blanc.
    Alors elle enfile sa blouse qui dissimule ses rondeurs
    Et chante tout son désespoir d’un récital des plus troublants.

    Puis du samedi au dimanche, elle se baigne de couleurs
    Pour mieux accueillir la balade des matelots en mal d’amour,
    Lassés de s’astiquer le manche – ce qui provoque cals et douleurs –,
    Qui viennent écouter ses ballades un peu grivoises mais riches d’humour.

    Illustrations de Julie Paschkis sur https:wondrouswovenmagic.wordpress.com20101013wondrous-wednesday-julie-paschkiss-fabrics .

  • Le spectre du sex-appeal

    Le spectre du sex-appeal

    Pour les petits garçons, le père représente un précepte à prendre
    Et la mère un être à aimer mais mystérieux et insondable.
    Les garçons manquent de repères ; les filles difficiles à comprendre
    Et la puberté programmée, une expérience indécidable.

    Sa mécanique hyper complexe, sa psychologie compliquée
    Montre la femme au petit mâle comme une étrange créature.
    Je suis souvent resté perplexe quant à l’érotisme expliqué
    Jusqu’à ce que l’instinct animal m’impose alors sa dictature.

    Sans doute en est-il de nombreux fondamentaux qui nous agitent ;
    Croire au démon ou croire en Dieu, croire à un parti politique,
    Croire aux trous noirs et ténébreux, ça vous échauffe et ça cogite
    Jusqu’à ce qu’un neurone insidieux fasse un court-circuit éclectique.

    « Observez cet étrange tableau : la minutie des détails, le rendu réaliste de la roche, les effets de lumière… Dali nous livre avant tout un beau morceau de peinture. Et une image photo-réaliste qui rend crédible un univers délirant ! Mais il ne faut pas s’y tromper, les toiles de l’artiste, sous leur apparente folie, ont toujours un sens caché. Ici, par exemple, l’enfant en habit de marin n’est autre que Dali lui-même. Il se représente dans une crique méditerranéenne proche de la résidence secondaire familiale, qui existe réellement. Et le monstre composite fait de sacs, de chair, de béquilles et de bandelettes ? C’est un spectre féminin qui renvoie à toutes ses angoisses. Cette forme, qui, de loin, pourrait passer pour un être fantastique aux seins dressés est en fait une créature en décomposition, os apparents. Si le désir est ainsi associé à la mollesse, ce n’est pas un hasard : Dali souffrait de problèmes d’impuissance et avouait volontiers sa phobie du sexe mou. »

    Tableau de Salvador Dali.

  • La lutte des genres

    Dieu nous a menés en bateau dans des cabines séparées
    Sans possibilité d’échange ni même de simple visite.
    Chacun se retrouve pataud avec son sexe accaparé
    Des obligations qui dérangent de la vie qui nous sollicite.

    On naît et on parcourt sa boîte sans cesser de polémiquer
    Sur le mystère qui reste entier quant à celle de l’autre sexe.
    À la puberté tout s’emboîte ; on peut alors communiquer
    Bien que cela mette en chantier des enfants qui rendent perplexes.

    Tableaux de Denis Sarazhin sur https:arcadiacontemporary.comartists47-denis-sarazhinworks#image-5 .

  • La Grande Parade sur fond rouge

    La Grande Parade sur fond rouge

    L’Orchestre des Cœurs Solitaires s’est réinjecté du sang neuf
    Avec globules rouges et blancs qui réveilleraient un macchabée.
    Chaque comédien solidaire, tous les mecs ainsi que les meufs,
    Ont un petit air ressemblant avec un groupe de scarabée.

    Groupe qui ne manque pas de piment, ni poivre noir, ni poivre blanc,
    Ni Sergent Poivre, toujours présent sur un fond rouge psychédélique.
    Musique riche en sentiments, riche en accords les plus troublants
    Par le message omniprésent d’un divin méphistophélique.

    Finies vieilles chansons ringardes, la musique renaît de ses cendres !
    Finies cacophonies pompeuses et leurs mélodies démodées !
    Vive la mode d’avant-garde qui, de janvier jusqu’en décembre,
    Attire les filles pulpeuses qui viendront nous accommoder.

    Tableau de Fernand Léger.

  • Les jardins intérieurs

    Bâtir les villes à la campagne me semblait un rêve utopique
    Où je pensais couler des jours dans une ambiance bucolique.
    J’avais pensé à la montagne mais les sommets trop chaotiques
    M’auraient galvaudé mon séjour d’une manière diabolique.

    C’est un peu ce qu’ils font en Suisse dans les villages aux alentours
    Avec usines qui dénaturent le paysage maladroit.
    Jusqu’à chez moi, autant qu’on puisse y faire abstraction tour à tour
    En espérant que la nature un jour y reprenne ses droits.

    Illustrations de Margherita Paoletti sur https:www.directoryofillustration.comillustration_image_details.aspx?AID=13998&IID=272643 .

  • Les liaisons d’attachement

    Les liaisons d’attachement

    Les liaisons d’attachement sont comme des cordes élastiques
    Qui peuvent souvent s’étirer au risque de se détacher.
    Hélas, des cas d’arrachement ou de ruptures frénétiques
    Endommagent les cœurs déchirés qui ne pourront se rattacher.

    Comme des liens moléculaires, je les imagine en couleurs ;
    Bleues pour les liaisons profondes, rouges lorsqu’elles se font intenses,
    Blanches pour les plus spectaculaires, noires quand elle deviennent douleur,
    Vertes lorsqu’elles se font fécondes et roses en cas de concomitance.

    De quelles couleurs sont les miennes ? De tous les tubes de couleurs
    Que mon épouse barbouilleuse manifeste dans sa peinture.
    D’autres, il paraît, sont daltoniennes, confondant amour et douleur
    Lorsqu’elles se font vadrouilleuses en quête d’autres aventures.

    Tableau de Jonas Burgert sur https:www.jonasburgert.deworksjonas-burgert-works-2015 .

  • Effeuillage & servage

    « Cueillons la femme-fleur sans la laisser faner ;
    Dès le matin éclose, il nous faut la cueillir !
    Épargnons-lui les pleurs d’attendre des années
    Pour obtenir la clause qu’il nous faut l’accueillir ! »

    Ont résonné ces mots quand Dieu donna la femme
    À Adam côtoyé dans l’éden, son enclave,
    De peur que ce chameau, d’une pensée infâme,
    L’enchaîne à son foyer pour une vie d’esclave.

    Tableaux de Jonas Burgert sur https:www.jonasburgert.deworksjonas-burgert-works-2016 .

  • Nostalgie du noir et blanc

    Nostalgie du noir et blanc

    Avec sa palette graphique de seize millions de couleurs,
    Léonard nous aurait scanné et photoshopé la Joconde
    Dans son codex holographique, puis inventorié sans douleur
    Son art, non pas en trente années, mais à peine en quelques secondes.

    Ainsi le progrès va trop vite ; on n’a plus le temps d’attacher
    Ses sentiments au noir et blanc, au sépia et à l’argentique
    Car la technologie évite de pondre une œuvre à l’arrachée,
    De ses mains nues et en tremblant, originelle et authentique.

    Tableaux d’Andrew Salgado sur https:wooarts.comandrew-salgado-gallerynggalleryimageandrew-salgado-paintings-wooarts-01 .

  • L’atout vert de la bélière

    Quand la bélière a le feu vert, elle ouvre et lance le printemps,
    Ce qui lui donne tout son charme tant sa vigueur est inflexible.
    Son atout possède un revers ; elle ne maîtrise pas le temps
    Qui lui fait déposer les armes d’une manière irréversible.

    Mais confiance et ténacité la font revenir tous les ans ;
    Certains la traitent de sorcière, ceux-là ne manquent pas d’humour.
    Je connais sa pugnacité et son mordant omniprésent ;
    Elle est la déesse-bélière initiatrice des amours.

    Tableaux d’Andrew Salgado sur https:wooarts.comandrew-salgado-gallerynggalleryimageandrew-salgado-paintings-wooarts-01 .

  • Éternelle petite fille

    Éternelle petite fille

    Il n’y a pas d’âge pour grandir, il n’y a pas d’âge pour rester jeune,
    Pour tenter de boire l’ondée d’une fine pluie de printemps.
    La vie ne cesse de resplendir à celle qui le matin déjeune
    D’une graminée fécondée par le soleil et l’air du temps.

    S’il faut que jeunesse se passe, il faut que vieillesse s’installe
    Tout en gardant son cœur d’enfant et ses yeux de conquistador.
    Qu’importent le temps et l’espace et leurs secondes qui détalent
    Tant que j’irai philosophant sur la valeur de l’âge d’or.

    Sénilité contre jeunisme sont les mamelles de la peur
    Comme une épée de Damoclès sur la grande horloge de la vie.
    Avec la force de l’eugénisme qui revient à toute vapeur,
    Ce bon vieux Méphistophélès berne les jeunes cons qu’il ravit.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

  • L’enfant-oiseau

    L’enfant-oiseau

    Après la grande mutation des espèces de toutes sortes,
    On ne sut qui avait grandi ou rapetissé sa structure.
    Sans doute une permutation des énergies faibles et fortes
    Que la science avait brandi à l’encontre de la nature.

    Et l’on vit des enfants-pêcheurs parés de plumes magnifiques,
    Éduqués par de grands alcyons pour l’élevage du ver-à-soie.
    On dit que seuls les empêcheurs de tourner en ronds pacifiques
    Fuirent vers la Perfide Albion ou à Pétaouchnok-les-oies.

    Et moi qui vous écrit ces lignes, je suis l’un de ces descendants
    Qui vole au-dessus des mûriers enfourchant sa fière monture.
    J’ai une copine assez maligne avec qui, en indépendants,
    J’ouvrage en tant que couturier et elle dans la haute couture.

    (Illustration d’Ed Binkley sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202101Ed-Binkley-Artwork.html .
    L’alcyon est l’autre nom du martin-pêcheur.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les reptiliennes

    Sans doute avant les Cromagnonnes, nous eûmes des femmes mignonnes ;
    Des créatures fantastiques, chimériques autant qu’esthétiques.
    D’ailleurs le serpent séduisant n’était-il pas si reluisant
    Qu’il a su abuser la femme par un fruit aux pépins infâmes ?

    Les plus belles sont caméléonnes dont les parures polissonnes
    S’adaptent au mieux aux yeux des hommes en imitant leurs chromosomes.
    Elles savent montrer patte blanche, transformer les jours en dimanches
    Et faire l’amour à en mourir pour s’en repaître et s’en nourrir.

    Après les néandertaliennes, sont arrivées les reptiliennes
    Talentueuses pour les langues, les beaux sermons et les harangues
    Qui pénètrent par une oreille pour une course sans pareille
    Qui viendra enflammer les cœurs de leurs héros, de leurs vainqueurs.

    Photos de Flóra Borsi sur https:floraborsi.comprojects .

  • Immersion corps-à-cœur

    Corps astral contre corps physique, esprit vif contre âme inconsciente,
    Comme deux univers imbriqués dont je ne vois que la surface.
    Être parfait mais amnésique dont la pensée omnisciente
    Recherche sa source étriquée au cœur de l’intime interface.

    Mais quand je pense avec les yeux, quand je raisonne avec le cœur,
    Quand je réfléchis dans ma tête et quand mes rêves se profilent,
    Je frôle le côté merveilleux dans cet équilibre moqueur
    Qui me fait croire à une parfaite divinité tirant mes fils.

    Dans le plus profond des sommeils, dans la plus abstraite des morts,
    Je passe de l’autre côté et j’oublie ce monde réel.
    Je retourne au cœur du soleil où s’est forgée mon égrégore
    Que des anges viennent asticoter dans des fantasmes surréels.

    Photos de Local Preacher sur https:www.behance.netgallery81493085INITIALIZATION?tracking_source=digest_recommendations&trackingid=T32PLY3L&mv=email .

  • À l’attention de M. Neptune

    À l’attention de M. Neptune

    Elle s’était prise dans les filets
    De mes rêves imaginés
    Que je lance à la mer obscure
    Afin d’affronter mes nuits blanches.
    Elle avait pris l’entrefilet
    De mes feuillets émarginés
    Pour la balise de Mercure
    Qui, en nouvelle lune, se déclenche.

    Elle s’est retrouvée dans mes vers
    Toute menue, échevelée,
    L’air apeuré entre mes lignes
    Entrelacées, inopportunes.
    Elle a éprouvé un revers
    De fortune, là, tout esseulée.
    Alors, j’ai adressé d’un signe
    Ce poème à Monsieur Neptune.

    Monsieur Neptune, en gentleman,
    A fait tomber d’une étagère
    Un coquillage de circonstance
    Par lequel j’écoute la mer.
    Et la sirène mélomane
    Par la parole messagère
    À vite pris de la distance
    D’une jolie fugue éphémère.

    Illustration de Steve Purcell.

  • Les poissons-femmes

    Femme-poisson ou poisson-femme ? La Nature n’a pas su choisir ;
    Des femmes aux gueules de merlans frits ont émigré aux antipodes.
    Sans doute vous paraissent-elles infâmes et jaugées avec déplaisir
    Mais supposez-les appauvries d’une tête de gastéropode !

    Plus douées pour la reproduction que la sirène à queue de poisson,
    Les marins n’ont pas à les craindre car elles sont végétariennes.
    En revanche pour la séduction, il vaut mieux s’aider de boisson
    Alcoolisée pour les étreindre… à condition qu’on y parvienne.

    Tableaux de Hannah Yata sur beautifulbizarre.net20150108the-beautifully-imperative-world-of-hannah-yata .

  • Vestiges d’adaptation

    Vestiges d’adaptation

    Comme un système d’exploitation qui a connu moultes versions,
    Mon évolution m’a laissé beaucoup de couches successives,
    De mises à jour, de migrations installées avec aversion ;
    Baptême de feu qui a blessé mon corps en traces régressives.

    Quand le fœtus se développe, il revit toutes les étapes ;
    Il naît au stade végétatif, puis passe par la phase animale.
    De phases en phases interlopes, le profil humain se rattrape
    Par l’enfant représentatif de son expansion maximale.

    Alors j’imagine ces couches qui se prolongent vers mon passé ;
    L’origine métamorphosée du nouvel être évolué.
    Du poisson, reptile, oiseau-mouche au mammifère outrepassé,
    Comme bandes anamorphosées insolubles à évaluer.

    Tableau de Jonas Burgert sur https:www.jonasburgert.deworksjonas-burgert-works-2015 .

  • L’homme nouveau

    Ça m’a pris au sortir du lit après une nuit surmenée ;
    J’arborais une belle rayure qui me partageait la figure.
    Coloris lapis-lazuli, un poil métallique sur le nez,
    Avec des reflets bleu-azur qui n’étaient pas de bon augure.

    Mon problème s’est accentué et je suis désormais zébré
    Sur mon visage et sur mes mains, puis sur toutes les parties du corps.
    Je suis un homme infatué de sa vocation célébrée
    D’incarner l’homme de demain, inscrit au Guinness des records.

    Tableaux de Jonas Burgert sur http:improvvisazionipoetiche.blogspot.com201703la-linea-di-piombo-jonas-burgert-al.html .

  • Le grand jeu

    Le grand jeu

    La chance est manipulatrice et le hasard est son complice ;
    Tous les deux usent d’artifices et nous en mettent plein les yeux.
    La bonne aubaine est tentatrice et le destin est un supplice
    Qui nous emmène au sacrifice sur l’autel des coups capricieux.

    La chance est une belle femme qui promet à qui la chevauche
    L’occasion de sortir de l’ombre pour fondre comme neige au soleil.
    Le hasard, lui, se montre infâme en nous révélant une ébauche
    De théorie sur les grands nombres qui nous promet tant de merveilles.

    Mais lorsque le hasard s’éloigne, la chance est une bonne amie
    Qui ne trahit jamais son homme, excepté s’il manque de foi.
    Quant au hasard, Dieu en témoigne, c’est un redoutable ennemi ;
    Un diable que lui-même nomme : « Prince de la mauvaise foi ».

    Tableau de Marcel Nino Pajot.

  • Pauvre Dieu procréateur !

    Dieu créa un monde encagé pour tenter plusieurs expériences
    Qui ont raté tellement de fois qu’il n’a toujours pas tout compris.
    Les dinosaures ont dégagé par sa totale imprévoyance,
    Quant à l’humanité, ma foi, il n’a pas bien fixé son prix.

    Il a essayé de transcrire ses créations dans un grand livre
    Transposé en secondes mains en bible, tarot et kabbale.
    Finalement on peut sourire sur le message qu’il délivre :
    « Ne vous souciez plus de demain, tout ce qu’ j’ai créé vaut que dalle ! »

    Tableaux de René Magritte.

  • Le roi déchu

    Le roi déchu

    Le Roi déchu, le Roi déçu, le Roi fichu, le Roi bossu
    S’en va errer dans les couloirs en recherche d’une concubine.
    La Reine dodue, Reine fessue dans ses appartements cossus
    N’est pas disposée à vouloir se plier à toutes ses combines.

    Que fait le Roi en désarroi ? Il s’en va guerroyer, je crois.
    La Reine noire semble plus verte et plus mûre que sa Reine blanche.
    « Ajustez selles et courroies, cavaliers et chevaux de bois !
    La partie est déjà ouverte et doit se terminer dimanche ! »

    Dimanche soir le Roi vainqueur prendra la Reine de son cœur
    Et depuis la plus haute tour, leurs amours battront des records.
    Mais dès lundi, à contrecœur, luit naît déjà une rancœur
    Et la Reine ferme à double tour sa chambre… et met le Roi dehors.

    Et tout le royaume fourbu… de recommencer au début.

    Tableau de Corneliu Baba.

  • Attention, une femme peut en cacher deux autres !

    Prêtez attention à la femme ! Deux autres y sont souvent cachées.
    Sous le corps, grattez ses rondeurs qui vous révéleront son cœur ;
    Et si, d’une manière infâme, vous voulez vous en détacher,
    Du cœur brisé par la froideur, l’âme exprimera sa rancœur.

    Et si elle est un peu fessue, les deux autres n’en seront pas déçues.

    Chaque fois que vous ôterez une couche de sa peau d’oignon,
    Toutes les larmes de son corps laveront les affronts du cœur
    Qui, se sentant déshonoré, comme s’il avait reçu des gnons,
    Jouera sa fine l’âme encore sans laisser le moindre vainqueur.

    Et si elle choisit un amant… Pourquoi pas deux finalement ?

    Tableaux de René Magritte sur https:dantebea.comcategorypeintures-dessinsrene-magritte .

  • La mandragore – 2

    La mandragore - 2

    Au matin elle était partie car la mandragore est ingambe.
    Moi, je me sentais épuisé et paralysé à la fois
    Comme si en contrepartie j’avais échangé mes deux jambes
    Contre deux troncs amenuisés implantés au plancher de bois.

    Oui. Tel est pris qui croyait prendre ! Je l’ai aimée, elle m’a baisé !
    Elle a dû boire tout mon sang et l’a remplacé par sa sève.
    Je vais peut-être vous surprendre mais je m’en trouve fort apaisé
    Et tout heureux en renonçant à ma pauvre vie qui s’achève.

    N’ayez pas peur je reviendrai, vu que j’en ai pris de la graine !
    Cet été, je porte ses fruits, puis je m’effeuille cet hiver.
    Mais au printemps je deviendrai un vrai poète qui égrène
    Ses vers de ses rimes construits sur les secrets de l’univers.

    Illustration de Philippe Caza.

  • La mandragore – 1

    La mandragore - 1

    Croyant déterrer ma carotte plantée au bout du potager,
    J’ai découvert la mandragore d’une manière inopportune.
    Une petite idée me trotte quant au mystère envisagé
    Et je soupçonne un égrégore tombé depuis la pleine lune.

    Quoi qu’il en soit, elle a grandi car elle s’avère être une femme ;
    Quatre bras pareils à Shiva et une chevelure de saison.
    Quant aux objets qu’elle brandit, à part son nœud coulant infâme,
    Je me suis risqué « à Dieu vat » de tout rentrer à la maison.

    D’un bol en guise de baignoire, je l’ai laissée se reposer
    Et j’ai arrêté de loucher sur l’effet de ses quatre mains.
    Puis au milieu de la nuit noire, elle est montée me proposer
    D’aller ensemble nous coucher mais… je vous en dirai plus demain.

    Tableau de David S. Herrerias.

  • La femme en rouge ouverte

    La femme en rouge ouverte

    Avec sa robe rouge ouverte, je ne savais que trop penser ;
    Étais-je atteint de daltonisme ou simplement de voyeurisme ?
    J’allai donc à la découverte d’un coup d’audace récompensé
    Par une pointe d’optimisme et un soupçon d’ésotérisme.

    « Clac ! » fit-elle d’une main si leste que j’en suis demeuré tout bête
    Mais j’avais pu apercevoir le secret du décolleté.
    Les trente-six étoiles célestes qui tournaient autour de ma tête
    M’ont fait un instant concevoir une femme libre et révoltée.

    Mais comme j’étais perspicace j’ai fait remarquer à la dame
    Qu’une seule claque était bon marché pour deux seins à peine surpris.
    La belle se fit plus loquace, peu à peu nous nous accordâmes
    Et nous nous sommes attachés à en évaluer le prix.

    Tableau d’Isaac Grunewald.

  • Caméléonne jour et nuit

    Caméléonne, au petit jour, commence par un bain d’azur
    Qui des couleurs redonnera selon les caprices du temps.
    S’il pleut, elle pourra toujours revêtir brume de lasure
    Ou au soleil s’adonnera pour bronzer d’un hâle envoûtant.

    Caméléonne, quand vient la nuit, adopte les quatre éléments ;
    De l’air aux membres supérieurs, de la terre aux membres inférieurs,
    Du feu ardent au cœur qui luit à travers ses yeux véhéments
    Et de l’eau fraîche au postérieur pour calmer son for intérieur.

    Tableaux de René Magritte sur https:dantebea.comcategorypeintures-dessinsrene-magritte .

  • Jolie mademoiselle de mai

    Jolie mademoiselle de mai

    Toute l’eau passée sous les ponts a fécondé tant de rivières
    Qu’il naîtra en ce mois de mai tous les coquelicots de rêve.
    Coquelicot un peu fripon, coquelicot un peu sévère,
    Coquelicot plutôt gourmet, coquelicot attrape-rêve.

    Tandis que mai débute à peine juste avant le lever du jour,
    La première fleur, toute jeunette, s’éveille dans l’air transparent.
    Elle sort doucement de sa gaine ses pétales en faisant bonjour
    Au soleil et à sa planète qui l’accueillent en tant que parents.

    Elle s’épanouit à midi, reine des fleurettes des champs,
    Attire tous les papillons qui lui butinent son nectar.
    Et puis le soir, sans comédie, entre chien et loup, au couchant,
    Elle retire son cotillon et s’endort… il est déjà tard.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Coucou ! T’y es ?

    Coucou ! T’y es ?

    En suisse, ils font très bien les choses en ce qui concerne les oiseaux
    Qui servent de garde-manger au chat le plus intelligent.
    Mais les oiseaux plaidant la cause qu’on les prenait pour des zozos,
    En ont marre d’être dérangés par ce matou désobligeant.

    On leur éleva les mangeoires et verrouilla leurs maisonnettes ;
    Le chat passa donc par le toit – on n’avait pas pensé à ça !
    On installa des pataugeoires, des troncs enduits de savonnettes
    Et le chat, au début pantois, finalement y renonça.

    Nous appelons donc « coucoutiers » ces drôles d’arbres défensifs
    Que tous les oiseaux plébiscitent trouvant la méthode adéquate.
    Mais le chat que vous redoutiez passa tout l’hiver, l’air pensif,
    Guettant la manière illicite de réinventer l’ouvre-boîte.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tout pour les vacances

    Tout pour les vacances

    Contre les soucis de la vie et l’esclavage du travail,
    L’être humain moderne se drogue de fêtes et de carnavals.
    On est ensemble, on est ravi, on apprécie les retrouvailles,
    On se suit partout sur les blogues, là en amont, là en aval.

    Trois cent soixante-cinq jours par an, autant de jours d’anniversaires
    Multipliés par habitants dans les villages et les cités,
    Avec les enfants, les parents et les amis toujours sincères
    Et les échos concomitants de musique en intensité.

    Tant pis si tout le week-end nuit et envahit le voisinage
    Et tant pis si les minets râlent quand les toutous aboient gaiement !
    Chantons, dansons toute la nuit, avant d’atteindre le troisième âge
    Car la jeunesse est libérale et populaire, ah oui vraiment !

    Tableau de Natalia Ivanova sur https:m.facebook.comstory.php?story_fbid=pfbid02kWFBXk2YvxtmjBKcPYde9cum75cjCvtypYDj8dsWf4A3NY5TNcWrBBYjHyYySjVRl&id=1436215845 .

  • Courbes et méandres

    Même en Suisse la pollution grimpe au sommets de nos collines
    Et les ruisseaux chargés de pluies arborent des teintes bizarres.
    Suivant les circonvolutions de ces eaux jadis cristallines,
    J’ai recherché, l’esprit instruit, l’origine de chaque mare.

    La vérité n’étant pas droite mais courbée de plusieurs méandres,
    Je me suis souvent égaré et j’ai parfois tourné en rond.
    Jusqu’à ma chute maladroite comme un imbécile au pied-tendre
    Dans des éboulis bigarrés couleur ambre, rouille et marron.

    Mais je ne suis pas géologue et c’est là mon moindre défaut.
    Ce n’est pourtant pas très sourcier de découvrir le pot-aux-roses !
    Mais pas besoin d’être écologue ou d’être un savant comme il faut
    Pour savoir qu’il faut se soucier d’une apocalypse morose.

    Tableaux de Phyllis Shafer sur https:stremmelgallery.comphyllis-shafer-beneath-one-sky .

  • Les eaux moirées

    Les reflets pervers narcissiques n’étant pas ceux que je préfère,
    J’essaie de prévoir l’avenir dans l’image inversée du temps.
    Hélas les pollutions toxiques me montrent une étrange atmosphère
    Qui tendrait à me prévenir d’un poison latent rebutant.

    Alors je m’en vais explorer les flaques et les mares stagnantes
    Où l’eau de pluie a décanté dans la froidure de l’hiver.
    Mais le printemps vient déplorer des odeurs pas très avenantes
    Dans ces endroits désenchantés exempts du moindre fait divers.

    Sans doute les ruisseaux rieurs ruissèleront de beaux présages
    Hélas des flots de mousse orange s’écoulent des dernières pluies.
    Quel est ce démon bousilleur qui gâche les beaux paysages ?
    Flore véritable sporange ou corruption sortant du puits ?

    Tableaux de Phyllis Shafer sur https:stremmelgallery.comphyllis-shafer-beneath-one-sky .

  • Duel complice des sans-soutifs

    Duel complice des sans-soutifs

    Les combattants des sans-culottes redoutent la révolution
    Et qu’on chasse leur roitelet de leur Assemblée Nationale.
    Le Pape en tombe la calotte et leur donnent l’absolution
    Et les médias emboîtent les raisons du plus fort, ça fait mal.

    Courage, il faut bomber le torse, tomber l’ soutif et la chemise,
    Se serrer les coudes ensemble, exhiber ses belles mamelles !
    Et lorsque le combat se corse entre flics et France insoumise,
    L’espérance qui nous rassemble, c’est bien la force de nos femelles.

    Brigitte et Marianne ensemble en ferait une belle paire
    De casseroles sur lesquelles on se taperait bien la coche,
    Puis avec un coup qui ressemble à un quarante-neuf-trois d’expert,
    Lui laisseraient quelques séquelles après plusieurs coups de taloche.

    Tableau de Cate Rangel sur https:www.betweenmirrors.com201208cate-rangel-psychological-mirrors.html#.V3v55bjhDIU .

  • Gauloiseries entre goupils

    Gauloiseries entre goupils

    Un renard roux tout rabougris – petit mais malin comme un singe –
    Accompagné d’un gros plein d’soupe – tombé dans la potion magique –
    Ont tant mis l’occupant aigri à trop se creuser les méninges
    Qu’ils nous ont montré que la coupe est pleine lorsqu’elle vire au tragique.

    Les romains, ces macaronis, menés par le chef des armées
    Furent tournés en ridicule par caricature appâtés.
    Qu’attend-on pour que soient honnis tous ceux qui nous ont alarmés
    Avec des flics qui nous acculent pour mieux nous mettre la pâtée ?

    Les pâtes étant à la casserole ce que le sifflet est au flic,
    Il faudra toute une batterie pour venir à bout des manifs.
    Que Marianne remplisse ce rôle en face de l’ennemi public
    En lui faisant une gâterie suivie d’un bon coup de canif !

    Illustration de René Hausman.

  • La fille de Némo

    La fille de Némo

    Au fond des fosses abyssales vivrait une femme-poisson
    Dont l’origine remonterait à l’aube de la nuit des temps.
    Fruit des légendes colossales dont les poètes font leur moisson
    Mais qui pourtant raconteraient les mêmes faits se répétant.

    On la dit fille de Némo, de la famille de Noé
    Dont l’Arche aurait été léguée par héritages successifs.
    Par gratitude aux animaux qu’il suivait de son canoë,
    Il l’avait alors reléguée dans un bâtiment immersif.

    Et puis Némo eut une fille, née du sein même d’une sirène,
    Qui navigua avec son père vingt ans tout autour de la Terre.
    Elle portait à sa cheville une gourmette marquée « Irène »
    Et avait bâti son repaire dans un abîme solitaire.

    Tableau de Carolyn Laplante sur https:designspartan.compresentationpresentation-digital-painter-carolyn-laplante-aka-snaketoast .

  • Quand la poulpe est pleine

    Comme elle a plusieurs tentacules et qu’elle a su faire ses preuves,
    La sirène s’est faite jardinière dans les algues aux fruits aquatiques.
    Aidée par les animalcules d’un plancton riche à toute épreuve,
    Elle distille de sa pépinière un élixir fantasmatique.

    Et du samedi au dimanche, la sirène et son gros triton
    Trinquent et oublient tous leurs déboires de la sainte semaine écoulée.
    Ils s’étreignent de huit paires de manches, se moquent du qu’en-dira-t-on ;
    Ce qui tend à prouver que boire fait les abysses chamboulées.

    Tableaux de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik .

  • La vue c’est la vie du chat

    La vue c’est la vie du chat

    Mon chat se plait, comme les vaches, à regarder passer les trains ;
    J’l’entends, au train où vont les choses, ronronner en mode vibromasseur.
    Mon gros matou, fier et bravache, se laisse aller avec entrain
    À subir la métamorphose de l’oisif qui devient chasseur.

    En attendant, le chat paresse comme si sa vie en dépendait,
    Allongé devant la fenêtre, accro à s’emberlucoquer,
    Jusqu’à ce qu’enfin apparaisse une proie à vilipender ;
    Petit oiseau qui vient de naître, tombé du nid, prêt à croquer.

    Tableau de Lena Kashigin.