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  • La mort joyeuse

    Le baiser de la mort joyeuse présumait une nouveau départ
    Vers l’autre monde bien visible qui s’ouvrait aux yeux de l’astral.
    Je saisis sa main pourvoyeuse surgie soudain de nulle part
    Pour suivre une imprévisible voie vers l’au-delà magistral.

    Je franchis le fleuve des morts en riant de toute mon âme ;
    J’en fus baptisé d’eau-de-feu brûlante et glaciale à la fois.
    Inconscient comme un matamore qui part, aux couleurs de sa dame,
    Gagner les terres de ses vœux et les acquérir à sa foi.

    À l’arrivée, j’ai retrouvé tous les corps que j’ai habités ;
    Nymphes grossières et séductrices, héros primitifs et vainqueurs.
    Une garde-robe approuvée pour revivre en dualité
    Toutes les amours conductrices vers l’ineffable beauté du cœur.

    Tableaux de Felippo Masi sur https:www.psynft.xyzartistsfelippo-masi .

  • La Justice clairvoyante

    La Justice clairvoyante

    La Justice aveugle, dépassée par la nouvelle société,
    A fait deux trous dans Son bandeau et rangé épée et balance.
    Elle a vu se faire tabasser par des ripoux à satiété
    Des gilets jaunes en commandos devenus notre fer de lance.

    Puis Elle a vu le roitelet se barricader au palais
    Et attendre la nuit tombée afin de promulguer ses lois.
    Puis, impunément dévoiler tout le mépris qu’il déballait
    Contre ceux qui avaient succombé sous ses coups de mauvais aloi.

    La Justice alors a vomi le garde des sceaux tout d’abord,
    Puis le ministre de l’intérieur, commandant des forces de l’ordre.
    Il n’y aura pas de compromis ; tous ceux qui sont du même bord
    Seront bottés au postérieur ; Elle ne veut pas en démordre.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • La censure, mesure d’état

    La censure, mesure d’état

    Si la liberté d’expression est aujourd’hui controversée,
    Sans doute est-ce le résultat d’un excès de communication ;
    On nous soumet à des pressions qui ont pour effet inversé
    De provoquer des vendettas punies d’excommunication.

    Car la nouvelle religion dictée par les gouvernements
    Décrète que la vérité sort de la bouche des médias ;
    Ces nouveaux prêtres sont légion sur tout l’internet qui nous ment
    Par mesure de sécurité et nous fustige dans l’immédiat.

    « Si tu ne penses pas comme moi, c’est donc que tu n’es pas mon frère !
    Si ce que tu dis nous dérange, tais-toi, laisse-nous dans l’ignorance !
    Nous, ce qu’on veut en fin de mois, c’est partir avec nos confrères
    En vacances comme ça nous arrange dans la totale indifférence ! »

    Ainsi pour vivre « comme avant », faisons comme les trois petits singes :
    Ne disons rien, n’écoutons rien, ne regardons pas ce qui fâche.
    Mettons-nous plein de paravents contre ce qui heurte nos méninges ;
    Soyons dociles, épicuriens, soumis sous les coups de cravache !

    Tableau de Christophe Lorain.

  • Sirènes at teatime

    Sirènes at teatime

    À l’heure du thé sur la plage, on rencontre les sirènes anglaises
    Buvant, le petit doigt en l’air, des algues vertes torréfiées.
    On les croise même dans les villages en chaises roulantes, bien à l’aise,
    Dans les tavernes populaires sans qu’on n’en soit horrifié.

    Mais c’est normal car les anglais trouvent logique qu’à cinq heures,
    Que l’on soit humain ou sirène, on boive la boisson royale.
    Ainsi sur leurs fauteuils sanglées, elles s’en vont au petit bonheur
    Se réunir toutes sereines comme sages sujettes loyales.

    En mer, elles sont invitées à monter à bord « at teatime »
    Et partager la collation des britanniques à l’étranger.
    La seule chose à éviter, vu leurs caractères « borderline »,
    C’est faire des prolongations sous peine de se faire manger.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La sirène couturière

    La sirène couturière

    Il est notoire a priori que les sirènes vivant nues
    N’ont nul besoin de vêtements et toutes pièces rapportées.
    Cependant a posteriori, l’une d’elles a été reconnue
    Couturière et également créatrice en prêt-à-porter.

    Bien sûr elles sont handicapées par leurs queues mal appropriées
    Pour se déplacer sur la terre une fois sorties de la mer.
    Elles doivent alors se draper au cas où vous les rencontreriez
    D’une tenue réglementaire pour faire taire les commères.

    Pour la queue, un fourreau doré, sur les épaules un chemisier
    Dont dentelles et guipures abondent sur un décolleté enivrant.
    Toutes les sirènes ont adoré – du moins celles qui sont extasiées –
    Par leur sortie dans le beau monde voire même dans la cour des grands.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La dernière obole – 2

    La dernière obole - 2

    Toutes mes réincarnations depuis la création du monde
    Ont effacé les souvenirs que j’aurais pu accumuler.
    Irrésistible condamnation que cette récurrence immonde
    Qui ne me laisse comme avenir qu’une éternité simulée !

    Pourtant j’ai laissé une trace mais incommensurablement
    Petite logée dans le vide de ma mémoire insignifiante.
    Des zéros qui tracent et retracent dans l’espace inlassablement
    Une antiparticule avide d’une réalité qualifiante.

    Je sens cette antiparticule, j’entends sa voix microscopique,
    Je l’aperçois dans mes nuits blanches et je la touche de l’intérieur.
    Ce témoin qui se véhicule par sa force gyroscopique
    Grandit jusqu’à ce que se déclenche mon véritable être supérieur.

    Illustration d’Ana Miralles.

  • La dernière obole – 1

    L’ange me présenta deux bols presque identiques à l’exception
    Que l’un contenait du poison et l’autre l’élixir de vie.
    J’ai cherché parmi les symboles qui ornaient à la perfection
    Son corps aux charmes à foison quelques indices pour ma survie.

    J’ai bu d’abord celui de droite et puis ensuite celui de gauche ;
    Un élixir de longue vie ne doit-il pas braver la mort ?
    « Tu agis de manière adroite mais ce n’était là qu’une ébauche
    Du chemin qui, sur le parvis, s’ouvre devant toi, matamore ! »

    Après les paroles de l’ange, plongé dans un profond sommeil,
    J’ai vu toute mon existence défiler devant mes yeux clos.
    Après ma mort, ce fut étrange ; je revis l’ange en plein soleil
    Tenant deux bols d’une substance me rappelant mon triste lot…

    Illustration d’Ana Miralles.

  • Tu t’es vue quand tu rêves ?

    Tu t’es vue quand tu rêves ?

    Selon la teneur d’un beau rêve, le corps, étant trop bon public,
    Ouvre ses pores aux phéromones et déploie ses zones érogènes.
    Des mouvements furtifs sans trêve secouent de tremblements obliques
    La poitrine qui s’époumone comme par manque d’oxygène.

    La personne entière s’étire alors à l’appel du désir
    Afin d’accorder l’ouverture, vers l’entrée du temple sensible,
    Aux préliminaires qui attirent le but suprême du plaisir
    Tandis qu’une main s’aventure vers l’orgasme enfin accessible.

    Tableau de Zinaida Yevgenyevna Serebryakova.

  • Indian impudic

    Indian impudic

    C’était au bord du lac Huron que j’ai rencontré ma luronne ;
    Elle s’appelait Peau-de-Chamois ; du moins c’est ce que j’ai compris.
    Elle m’a ôté mon ceinturon, fit monter ma testostérone
    Et se précipita sur moi ; j’avoue j’en fus assez surpris.

    Puis elle m’emmena chez son père qui m’invita à devenir
    Un joyeux luron parodique mais bon, personne n’est parfait.
    C’est depuis ce jour que j’espère garder intact le souvenir
    De ma belle indienne impudique et moi, son puceau stupéfait.

    Tableau de Stan Davis https:kolybanov.livejournal.com28917764.html .

  • Si belle la mort offerte

    Si belle la mort offerte

    Si belle et douce était la mort qui accueillait à bras ouverts
    Tous les héros, les matamores qui se montraient à découvert,
    Remplis d’audace et de courage, au-devant de leurs ennemis
    Débordants de haine et de rage, sans n’avoir ni feint ni blêmi.

    Pour eux, la mort se fait si belle, si attirante et magnanime !
    Si d’autres la trouvent rebelle, les hommes braves sont unanimes ;
    Quand l’heure est venue de mourir, les blessures qu’ils ont souffertes
    Deviennent un feu qui va nourrir le cœur d’une âme-mort offerte.

    Tableau de Charlie Terrell.

  • Bonne récolte !

    Bonne récolte !

    Depuis le début de l’automne, elle parcourt les cimetières
    À la recherche de crânes mûrs pour fêter la mort en beauté.
    Parce que les fleurs sont monotones et la saison guère fruitière,
    Elle préfère les os en saumure lorsqu’ils poussent en charibotée.

    Heureusement la récolte est bonne et les crânes à maturité
    Nous permettront tous de trinquer à la santé des disparus.
    Avec du sang plein les bonbonnes maturées dans l’obscurité,
    La mort pourra se requinquer ä chasser les rats dans les rues.

    Tableau de Victor Prouvé.

  • Laissez-moi mourir !

    Laissez-moi mourir !

    Lorsque j’en serai à la porte, laissez-moi donc quitter ce monde ;
    Mon âme en a assez bavé et mon cœur désire autre chose.
    Tant pis si le diable m’emporte dans ses labyrinthes immondes,
    Je me loverai sous les pavés attendant ma métamorphose.

    Prenez mon cœur, prenez mes yeux, prenez mon foie, prenez mes reins,
    Dispersez mes cendres aux vents qui soufflent avec persistance.
    Éventuellement le contentieux de mon capital utérin
    Aura un corps plus innovant dans une nouvelle existence.

    S’il n’y a rien quelle importance ? Que vaut l’étincelle de vie ?
    Sans doute rien qu’une illusion ; l’Univers a toujours raison.
    S’il existe une omnipotence, j’en examinerai son devis
    Pour ma prochaine diffusion dans une nouvelle saison.

    Illustration de Moi Escudero sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

  • Les liaisons virtuelles

    Les liaisons virtuelles

    Bientôt nous nous projetterons par le biais de notre avatar
    Qui s’invitera à la table d’une copine ou d’un copain.
    En janvier, nous nous souhaiterons bonne année depuis le Qatar
    Ou de n’importe quel lieu souhaitable sans quitter son petit lopin.

    Évidemment pour les câlins, il faudra trouver autre chose ;
    Sans doute, nous nous toucherons par des gants tactiles interlopes.
    D’ailleurs pour les petits malins amateurs de métamorphoses,
    La puce que nous enfilerons entre les jambes sera au top.

    On pourra même de son vivant parler à nos chers disparus
    Que l’on aura numérisés bien sûr dans leurs meilleurs moments.
    Ainsi le stress du survivant sera aidé et secouru
    Par la technique maîtrisée qui déjà n’est plus un roman.

    Photo de Karmanverdi sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

  • Mon arbre génial & logique

    Mon arbre génial & logique

    Que j’aime à remonter les branches de mon arbre généalogique
    Pour, au fil des générations, retrouver son tronc minimal.
    Du moyen-âge aux villes franches, des grottes archéologiques
    Jusqu’à l’infime séparation de l’être humain et l’animal.

    D’ailleurs mon arbre n’en est pas un mais un réseau entrelacé
    De toutes les sources de vies qui ont subi leurs mutations.
    Il n’est point d’ancêtre commun mais tous, depuis le Crétacé,
    Qui se sont ensemble assouvis dans une interfécondation.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Le souvenir en 3D

    Le souvenir en 3D

    L’œil droit rêve-t-il tout pareil à ce que rêve mon œil gauche ?
    Je ne sais pas, évidemment mais je suppose mes yeux,
    Émergeant du même appareil, par deux images qui se chevauchent
    Me font le point incidemment sur la topographie des lieux.

    L’œil gauche aimant les couleurs chaudes et le droit préférant les fraîches,
    L’un rêve aux filles côté cœur et l’autre aux filles côté raison.
    Si la vierge folle m’échaude par son caractère revêche,
    La vierge sage par sa rigueur me ramène vite à la maison.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Comme dans un livre

    Comme dans un livre

    Elle pouvait lire comme dans un livre l’esprit des hommes prévisibles
    Tant leurs histoires se répétaient au fil des mois et des années.
    Tel un synopsis qui délivre la conclusion tellement plausible
    Dès les premiers mots hébétés par un bel amant basané.

    Mais elle n’avait pas de mérite ; elle était rat d’bibliothèque
    Et avait passé sa jeunesse à lire les romans d’aventures
    Où les pauvres héros démérites avec leurs gueules de métèques
    Chaque fois rabâchaient sans finesse toujours la même littérature.

    Photo de Stina Walfridsson.

  • La Terre ronde et féconde

    La Terre ronde et féconde

    Bien que des fous la pensent plate, notre Mère la Terre est ronde
    Et de son ventre sort une source d’eau vive nutritive de vie.
    De ses mamelles parfois éclatent geysers en colonnes fécondes
    Et de sa matrice des ressources qui se multiplient à l’envi.

    Elle est si belle que, de l’espace, les extra-terrestres font la queue
    Pour en admirer les rondeurs de son corps nu sous les nuages.
    Étrangement plus le temps passe et plus son caractère aqueux
    Trace des rides en profondeur comme un élégant tatouage.

    Mais d’autres fous inconséquents exercent leur hégémonie
    Et lui font pleurer des calottes de grosses larmes désenchantées.
    Il est logique par conséquent qu’elle les voue aux gémonies
    Par une apocalypse idiote mais nécessaire pour sa santé.

    Tableau de Shuren sur https:www.artmajeur.comshuren .

  • Bouddha psychédélique érotissima

    Bouddha est grand, surtout sa femme qui pose magnanimement
    Devant le seuil du nirvâna pour cueillir les âmes à sa porte.
    Elle m’a accordé le sésame qui m’ouvrit emphatiquement
    Le cœur de la Sainte Nana, grande patronne des plumes mortes.

    Première fois. Premier frisson. Faire l’amour à une déesse
    Procure des sensations fortes qui vous décuple tous les sens.
    Hier, je j’étais qu’un polisson mais je découvre des prouesses
    Telles que le diable m’emporte si ce n’est de concupiscence.

    J’ai le goût de l’amour sucré, la vision de la volupté,
    L’ouïe de la lascivité, l’odorat de l’accouplement.
    Quant au toucher, ce sens sacré, il est comme électrocuté
    Par la sainte impulsivité qui m’a valu mon sacrement.

    Illustrations de Victor Moscoso sur we-heart.com20150320victor-moscoso-psychedelic-art .

  • Bienvenue dans le Pandémonium !

    Vous me croirez si vous voulez mais je me suis retrouvé nu
    Devant la porte des enfers dans une étrange procession.
    J’ai vu des femmes débouler sur des montures saugrenues
    Je n’ devais pourtant pas m’en faire ; je ne sentais nulle oppression.

    Lorsque les portes furent ouverte, j’entrai dans un parc d’attraction
    Où des queues de gens patientaient pour recevoir mille frissons.
    Ainsi je fis la découverte avec joie et décontraction
    De femmes qui s’impatientaient de délurer les polissons.

    « Poisson d’avril ! » cria Satan, « En fait vous êtes au Paradis !
    J’ai composé un consortium qui unit le bien et le mal ! »
    Ainsi Dieu n’est qu’un charlatan et l’Éden n’est que parodie.
    Entrez dans mon Pandémonium et baisez comme un animal ! »

    Tableaux de Michael Hutter.

  • Quand tombera le masque

    Il est temps de tomber le masque avant qu’il soit incorporé
    Directement dans notre peau comme prochaine mutation.
    Si un gouvernement fantasque se met à nous corroborer
    Quelques comparables propos, ça craint pour sa réputation.

    Mais le ridicule ne tue pas plus que la pire incompétence
    Et je n’attends plus que le pire sans avoir connu le meilleur.
    Si passer de vie à trépas devient la seule pénitence,
    Permettez donc que je conspire et que je m’en aille voir ailleurs.

    Tableaux de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • Celui qui cherche, trouve et découvre sa voie

    Celui qui cherche, trouve et découvre sa voie

    Celui qui cherche la vérité n’est pas forcément à blâmer
    Car il ne peut se contenter d’une information répétée
    Avec toute la sévérité d’un pouvoir qui veut proclamer
    Qu’il faut se médicamenter d’après ce qu’il a décrété.

    Celui qui trouve d’autres infos afin d’éclairer sa lanterne
    N’est pas un traître à son pays même si on n’croit pas ce qu’il dit.
    Ne poussons pas sur l’échafaud l’asocial du monde moderne
    Qui reste encore tout ébahi devant toute cette comédie.

    Celui qui découvre sa voie qui n’est pas celle des braves gens
    N’est ni voleur ni criminel mais un dilettante de naissance.
    Or dès qu’il élève la voix viennent le punir les agents
    Car le péché originel est celui de la connaissance.

    Illustration de Marcos Chin.

  • La sirène adolescente

    La sirène adolescente

    Lorsque deux jolis seins en pomme ornèrent la sirène nubile,
    Je m’engageai à les croquer juste en échange d’un baiser.
    J’étais encore un petit homme et la fille pas trop malhabile
    Car elle s’empressa de truquer le marché pour me déniaiser.

    Nous nous désirions de concert, aujourd’hui mon cœur en soupire ;
    Elle m’a plongé en plein émoi et m’a mis le monde à l’envers.
    Elle m’appelait son petit cancer car elle était pince-sans-rire ;
    D’ailleurs elle en pinçait pour moi lorsque je marchais de travers.

    Lorsque je suis parti en Suisse, elle est restée près de sa mère
    La Méditerranée trop triste de la quitter contre son gré.
    Jalouse autant qu’elle le puisse, j’avalai la pilule amère
    De la sirène égocentriste qui me vit partir sans regret.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Sirène de ma jeunesse

    Sirène de ma jeunesse

    Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la sirène de ma jeunesse
    Était encore un peu timide et n’osait montrer sa poitrine.
    Elle vivait encore chez sa mère – une sirène diaconesse –
    Qui monnayait par temps humide des parapluies dans sa vitrine.

    Son mari était harponneur et partait chasser la baleine
    Sauf qu’en mer Méditerranée elles ne sont pas très nombreuses…
    Mais il mettait un point d’honneur à les poursuivre à perdre haleine
    Jusqu’aux confins où chaque année elles venaient en éclaireuses.

    Quant à ma petite sirène, j’aimais beaucoup la dessiner,
    Colorer ses écailles en rose et lui aquareller les yeux.
    J’offris à ma petite reine ses plus beaux traits hallucinés
    Avec son sourire morose qui lui donnait l’air malicieux.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Au soleil louchant

    Au soleil louchant

    Je me suis toujours demandé quel est le sens approprié
    Pour jouir le plus d’une femme : la vue, l’odorat, le toucher ?
    Or, de vous à moi, répondez : À quel sein faut-il se prier
    Lorsqu’il nous fait – plaisir infâme – irrésistiblement loucher ?

    Si l’ouïe permet de murmurer des « je t’aime » au creux de l’oreille,
    Le goût, lui, procure aux baisers le plaisir des lèvres sucrées.
    En fait, on ne peut mesurer quel est le meilleur appareil
    Qui donne à l’amour embrasé le sens qui lui est consacré.

    La première fille qui m’ouvrit son cœur et son corps en offrande,
    Fit du garçon dépucelé, l’homme nouveau ragaillardi ;
    Le conquérant qui découvrit parmi les richesses les plus grandes,
    Celle dont l’amour fut révélé, trouva la clef du Paradis.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Au soleil levant

    Au soleil levant

    Il y a celles avec qui l’on couche et celles avec qui l’on se lève.
    Devinez celle que préfère… sans doute celle du matin ;
    Celle qui m’embrasse sur la bouche et subrepticement enlève
    Sa chemise afin de refaire l’amour dans nos draps de satin.

    Si j’ai connu beaucoup d’« Aurore », je n’ai connu nulle « Crépuscule »
    Bien que leurs coiffures de cuivre s’apparentent aux plus beaux couchers.
    Le coq chante et la poule pérore aussitôt que l’aube bouscule
    Tous les éveils qui vont s’ensuivre parmi mes rêves effarouchés.

    L’amour nous met en appétit et il faut reprendre des forces ;
    Or un bon petit déjeuner nourrit le feu à la folie.
    « Et si nous faisions un petit ? » Ensemble on redresse le torse,
    On s’enlace, on est déchaîné et on retourne vite au lit.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Éclipse de poitrine

    Éclipse de poitrine

    Quand elle rabat sa chemise et qu’elle éclipse sa poitrine,
    Un clair-obscur gagne ses seins lorsque ses mamelons se couchent.
    Et jusqu’à l’aurore promise où elle rouvrira sa vitrine,
    Je me noierai dans son bassin de rêves aux fantasmes farouches.

    Comme l’arbre qui cache la forêt, la gorge ouverte et découverte
    Occulte le reste du corps par l’aréole et le téton.
    J’ai beau essayer d’explorer ses parties intimes offertes,
    J’y reviens encore et encore comme rivé à un mousqueton.

    Enfin la culotte bleu-nuit plonge sa toison d’or dans l’ombre
    Et puis les jambes à leur tour se glissent dans l’obscurité.
    Maudit soit ce matin qui nuit à nos ébats qui se dénombrent
    Par les étoiles alentour de tous nos orgasmes hérités.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Mes partenaires santé

    À chacun son Petit Génie, son Ange-Gardien, sa Mascotte ;
    Au Cœur, son petit Cupidon qui soigne ses peines d’amour ;
    La Bonne Conscience s’ingénie à panser l’Âme qui l’asticote ;
    Et le Spirituel a le don de confondre Esprit et humour.

    Mais le Corps, lui, veut du concret, de l’assurance, du matériel ;
    Il se cherche un bon partenaire qui l’étudie de l’extérieur.
    Quelqu’un qui se montre discret sur ses organes sensoriels
    Comme ce bon Docteur Portner lorsqu’il guérit ton postérieur.

    Docteur Portner aime les boutons et les furoncles sur tes fesses
    Qu’il prend plaisir à sectionner d’un coup de bistouri magique.
    Il rit toujours, il est glouton d’humeur comique qu’il professe ;
    Humour qui est affectionné pour contourner les peurs tragiques.

    Derrière l’ombre du médecin, son équipe d’anges-gardiennes
    Aux petites mains délicates te trouveront toujours de la veine.
    Celle qui t’accueille à dessein de sa bonne humeur quotidienne
    Et celle qui te tâte et te gâte afin que tes douleurs soient vaines.

    Praxis Team et son équipe à Winterthur-Seen.

  • Pour l’amour d’une jolie tahitienne

    À l’auberge du bout du monde, aux derniers confins de la Terre,
    Tous ceux qui arrivent un jour, y restent et n’en repartent plus
    Car des vahinés furibondes au caractère autoritaire
    Leur offrent un immortel séjour et l’éternité en surplus.

    Sans doute est-ce le paradis des navigateurs solitaires
    Qui cherchent à fuir le quotidien de leurs routines béotiennes.
    Ce serait même une parodie, on trouverait des volontaires
    Cherchant sur le plan méridien l’amour d’une jolie tahitienne.

    Illustration d’Edwin Georgi.

  • Le trouble de l’envie

    Peu à peu ma vision se trouble dans une brume de couleurs
    Qui correspondent à son corps nu qui ne perçoit que le toucher.
    Et comme mes deux mains voient double, elles doivent surmonter la douleur
    De leur myopie biscornue qui les fait peu à peu loucher.

    Enfin au trouble de l’envie, vient le trouble de l’expression ;
    Alors je bégaie de caresses qui ressemblent plus à des secousses.
    Étrangement elle est ravie de ma timide progression
    Et aime tant ma maladresse qu’elle reviendra à ma rescousse.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • La robe sous le bras

    La robe sous le bras

    À propos du sexe en question dont on vante l’éducation
    Dans nos écoles communales qui restera dans les annales,
    Par la fenêtre de ma cuisine J’ai observé chez ma voisine
    Comment se passait sa soirée et pourquoi celle-ci a foiré…

    Elle portait sa robe sous le bras mais il ne la regardait pas ;
    Elle ne portait pas de culotte en espérant qu’il la pelote ;
    Elle tourna autour, ingénue, mais il resta circonvenu ;
    Elle l’attendit dans son lit pour tromper sa mélancolie.

    Finalement elle se leva, on ne sait s’il le releva ;
    Elle partit sa robe sous le bras sans que cela ne l’encombra ;
    Rajustant alors sa culotte, sortit sous la Lune pâlotte
    Et bien que leur amour fût mort, elle n’éprouva aucun remords.

    Illustration d’Edwin Georgi.

  • Les chutes du Rhin

    Les chutes du Rhin

    Bien plus précieux que l’or du Rhin qui prend sa source dans les Grisons,
    J’aime particulièrement ses génies des eaux et des ondes,
    Nymphes des axes sous-marins sis au-dessous des horizons
    Où se perdent régulièrement les jolies vaches-qui-rient blondes.

    Chutes de reins et Walkyries sont à ce point inséparables
    Qu’elles en ont laissé leur marque à tel point que les vaches en meuglent.
    Imaginez celle-qui-rit et plonge d’un incomparable
    Saut que personne ne remarque même pas les touristes aveugles.

    Eh bien venez donc à Tössegg ; la Töss s’y jette dans le Rhin
    Au nord du canton de Zürich où l’on élève la volaille.
    Vous verrez la chose intrinsèque dont se vantent les pèlerins
    Qui viennent admirer l’art lyrique du cul plongeant des Lorelei.

    (Collage de M.K Spaceman ;
    Tössegg sur https:fr.wikipedia.orgwikiVall%C3%A9e_de_la_T%C3%B6ss?wprov=sfti1 .)

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  • À chacun sa proie

    À chacun sa proie

    Le chat attrape la souris, l’homme apprivoise le matou,
    La femme mate son bonhomme et la souris la fait bondir.
    Toutes les parties sont nourries avec de semblables atouts
    Qui font des tête-à-queue en somme et qui ne font que rebondir.

    Quand les chats craindront les souris et les hommes auront peur des chats,
    Les femmes deviendront des chiennes invraisemblables et burlesques.
    Finalement tout est pourri sur cette Terre sans rachat
    Pour s’affranchir des cornéliennes idées plus ou moins ubuesques.

    Aujourd’hui tous les peuples jouent au jeu du chat et la souris
    Et gardent encore la rancœur des escarmouches infligées.
    On a beau tendre l’autre joue, les règles du jeu sont pourries
    Entre victimes et vainqueurs et leurs descendances affligées.

    Tableau de James Mortimer sur https:www.minus37.com20190308british-artist-and-sculptor-james-mortimer .

  • Les moules jardinières aux concombres

    Les moules jardinières aux concombres

    Tous les goûts sont dans la nature et notamment dans la cuisine
    Où chaque aliment se prépare selon diverses traditions.
    De même que la nourriture apprêtée chez votre voisine,
    Chez les indigènes barbares et en voie de disparition.

    Aux antipodes de la Belgique, au large de la Nouvelle Zélande,
    On n’ sert pas d’ frites avec les moules mais des concombres de saison
    Car l’îlotier est allergique aux pommes de terre de Hollande
    Qu’ont pédalé dans la semoule pour on ne sait quelle raison.

    Sans doute un problème de friteuse à l’huile de noix de coco
    Qu’aura donné un indigeste goût de café à la liégeoise.
    Quoi qu’il en soit la visiteuse avec son chapeau rococo
    Devra s’en retourner la veste si jamais elle est bruxelloise.

    Tableau de James Mortimer sur https:www.minus37.com20190308british-artist-and-sculptor-james-mortimer .

  • Les femmes anima

    Sans doute l’attirance animale a dérouté l’imaginaire
    De l’homme qui se représente la femme dans son anima.
    La source infinitésimale dont son cœur est originaire
    Coule d’une eau qui alimente l’amour poussé aux maxima.

    L’âme évolue avec prudence dans l’existence délicate
    Lorsque dans le corps d’une femme naîtra un enfant autonome.
    Il faut se rendre à l’évidence certaines anima candidates
    Ont eu peur d’une vie infâme et se sont incarnées en homme.

    Dans l’intimité protectrice de leur gynécée protégé,
    Lorsque aucun mâle ne les dérange pour des petits démons sucrés,
    Elles se montrent réceptrices envers l’esprit le plus léger
    Qui produit ce mystère étrange comme le féminin sacré.

    (Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161
    Anima : Représentation féminine au sein de l’imaginaire de l’homme.)

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  • Parlez-lui avec des fleurs

    Lundi, des iris pour ses yeux au premier regard sourcilleux
    Pour arroser ses bleus de l’âme de fleurs hissées en oriflamme.
    Pour la nuit, iris indigo accompagnés de madrigaux
    Pour la diriger sur la voie guidée par le son de ma voix.

    Mardi, des pensées à la fête pour lui en mettre plein la tête ;
    Des fleurs de toutes les couleurs pour y délayer ses douleurs.
    Pour la nuit, des pensées nocturnes pour plonger son cœur taciturne
    Dans des rêveries amoureuses sous mes caresses langoureuses.

    Mercredi, jeudi pâquerettes selon comment son cœur s’apprête
    Et pour son esprit émérite, j’effeuillerai sa marguerite.
    Pour la nuit, jolies fleurs des champs aux couleurs du soleil couchant ;
    Bleuets, boutons d’or, pissenlits pour l’apprivoiser dans mon lit.

    Vendredi, samedi, dimanche, des roses mais en robe blanche
    Afin de parfumer son corps de fragrances encore et encore.
    Pour les nuits, roses rouges et noires pour l’accueillir en mon manoir
    Et goûter entre ses pétales son bouton de porte fœtale.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • Les aventures de Manu : Manu s’en va-t’en guerre

    Les aventures de Manu : Manu s’en va-t’en guerre

    Manu veut frapper le Gabon, l’armée aurait dit « à quoi bon ? »
    Manu veut frapper le Niger, Lecornu dit « tu exagères !
    Pourquoi pas le Moyen-Orient, la Syrie, l’Irak et l’Iran ? »
    Manu rétorque « c’est décidé, c’est une putain de bonne idée ! »

    Manu veut combattre les vieux oui mais comment s’y prendre au mieux ?
    Les enrôler dans la légion et provoquer la contagion
    Par des vaccins contaminés qui en feraient des soldats minés
    Au milieu des pauvres opprimés qui, du coup, seraient supprimés ?

    Manu veut déclarer la guerre aux soviétiques mais n’a guère
    De militaires sans souci pour la campagne de Russie
    Alors il prépare un virus afin d’incriminer les russes
    Et un remède draconien pour le président ukrainien.

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  • Les aventures de Manu : Manu sauveur des pauvres

    Les aventures de Manu : Manu sauveur des pauvres

    Il ne faut plus se lamenter de vivre dans la pauvreté ;
    Manu l’a très bien démontré de la manière qu’il affecte.
    Plutôt que médicamenter les gens par leur mièvreté,
    Il s’est mis à les rencontrer mais à l’intérieur d’une secte.

    Nouveau gourou dans l’hémicycle, Manu rassemble ses fidèles,
    Harangue riches et nantis contre le pauvre, leur ennemi.
    Chaussez tous lorgnons et bésicles et lisez son prêche modèle
    Dont il nous gave sans démenti tout en faisant « ami-ami ».

    Lui qui prêchait dans le désert pour le pétrole des Syriens,
    Il a su faire ressentir aux riches son opiniâtreté :
    « On ne gère plus la misère des pauvres et ceux qui ne sont rien
    Mais on va les faire se sentir à l’aise dans la pauvreté- ! »

    Illustration de Duf,

  • Dernières nouvelles de la banquise

    Dernières nouvelles de la banquise

    Depuis que la fonte des glaces se fait sentir sur la banquise,
    Les ours blancs ont dû émigrer vers les latitudes sereines
    Sur des icebergs qui se déplacent dans des températures exquises
    Vers les royaumes dénigrés du grand empire des sirènes.

    Ours et sirènes font bon ménage et se partagent les menus :
    Marins dodus et bien en chair, navigateurs, vieux loups de mer.
    Quand vient le soir, quel apanage de se blottir la queue menue
    Dans la fourrure d’un être cher, même s’il est d’état d’âme amer !

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  • Les sirènes clonées

    Les sirènes clonées

    Les expériences nucléaires pratiquées à Mururoa
    Ont provoqué des mutations chez les sirènes polynésiennes
    Par l’ADN linéaire au chromosome quarante-trois
    Qui s’est cloné en relation avec les déesses tahitiennes.

    Non seulement elles se ressemblent mais leur intellect collectif
    Pense comme pour une seule car leurs cerveaux sont en réseau.
    Sur leur rocher, elles se rassemblent pour renforcer leur objectif :
    Goûter la chair haineuse et veule d’un matelot amoroso.

    Ce que l’une voit, toutes le voient ; ce que l’une entend, toutes l’entendent ;
    Ce que l’une goûte, toutes le goûtent, ce que l’une sent, toutes le sentent.
    Lorsqu’elles unissent leurs voix, leurs cordes vocales se tendent
    Jusqu’aux oreilles à l’écoute des victimes pas si innocentes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ceci n’est pas un arbre à pipes

    Ceci n’est pas un arbre à pipes

    Ce matin-là, nom d’une pipe, neuf bouffardes s’étaient écloses
    Avec une odeur délicieuse de bon tabac blond hollandais,
    Autour de l’unique tulipe, un peu solitaire et morose
    Parmi les pousses malicieuses et fières qui la vilipendaient.

    Lors j’ai vérifié le sachet de semences que j’avais plantées ;
    Je vis que j’avais confondu graines fruitières et tabatières.
    Je ne sais s’il faut le cacher ou, au contraire, le transplanter
    Et en revendre, bien entendu, les boutures de pipes entières.

    Tableau de René Magritte.

  • Le charmeur de ces dames

    Le saxophone – ou sexophone selon comme il est employé –
    Séduit la femme dans une transe appelée « danse du serpent »
    Que jadis la belle Perséphone avait créée et déployée
    Pour remettre en cause à outrance la détention à ses dépens.

    Orphée a joué également de sa musique enchanteresse
    Pour délivrer son Eurydice de l’enfer de son état d’âme.
    Sans saxo mais finalement malgré sa grâce vengeresse
    Initia contre ce préjudice le jeu du charmeur de ces dames.

    Tableaux de Carlos Leon Salazar sur http:carlosleonsalazar.blogspot.com .

  • Tea time… too hot !

    Tea time… too hot !

    J’exècre les cafés, les thés, les chocolats, les infusions,
    Tout ce qui me fait transpirer et qui d’ébullition m’échaude.
    Mais aussitôt que vient l’été et sa chaleur à profusion,
    Ma peine tend à empirer avec toutes ces boissons chaudes.

    Malheureusement la bière fraîche serait néfaste à ma santé
    Et trop de climatisation serait hostile à la planète.
    Il ne me reste que battre en brèche ce besoin suralimenté
    De l’industrialisation mis en frais pour des clopinettes.

    Tableau de Raymond Perry Rogers Nelson.

  • Peut-on fumer après la mort ?

    On peut fumer toute sa vie et même plus, jusqu’à sa mort ;
    Après quand le corps n’est que cendres, il devient la proie aux démons.
    Fumer quand on en a envie et continuer sans remords,
    C’est continuer de descendre vers les métastases aux poumons.

    On ne fume plus, on vapote sa cigarette électronique
    Qui ne produit que vapeur d’eau parfumée à la nicotine.
    Mais l’eau, ça coule et ça clapote vers les golfes océaniques
    Et lentement, grosso modo, la planète se ratatine.

    Première photo de Maya Topcagic sur https:www.themajatopcagic.com et l’autre je ne sais pas.

  • Des ailes et des chaînes

    Des ailes et des chaînes

    Ma mère m’a offert ses racines et mon père m’a donné ses ailes
    Pour utiliser leur réseau afin de m’envoler plus haut.
    Depuis que l’état me vaccine avec excès et trop de zèle,
    J’ai l’impression d’être un oiseau aux pattes prises dans un gluau.

    Liberté et sécurité ne feraient donc pas bon ménage ;
    S’il m’était permis de choisir, j’aspirerais à moins de poids,
    Moins de rigueur, sévérité et par-là moins de surmenage
    Mais on n’ me laisse pas le loisir d’opter pour un sort adéquat.

    Sculpture de John Morris sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

  • L’animadversion

    Il est interdit par la loi de se promener nu chez soi
    Si quelque regard que ce soit furtivement vous aperçoit.
    Mais entre femmes qui le saura puisqu’il n’y a pas d’embarras ?
    Sauf si son homme, ce scélérat, se cache dans le débarras…

    Mais savoir que l’on est matée en faisant le tour du pâté
    De maisons toutes calfatées aux fenêtres casematées,
    Relève d’une perversion à traquer avec subversion
    La pudeur par incorrection et mérite l’animadversion.

    (Illustrations de Vincent Mahé sur https:www.costume3pieces.comtalent10vincent-mahe ;
    l’animadversion est une sorte de censure, de blâme.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • À ceux qui n’ont jamais rien vu !

    À ceux qui n’ont jamais rien vu !

    Plus incrédule que Saint-Thomas qui n’ croyait que ce qu’il voyait,
    Plus sceptique que la science qui ne croit qu’en ses expériences,
    Plus fort que le Dalaï-Lama qui entre deux airs louvoyait,
    Plus aveugle que l’inconscience qui n’y voit que luxuriance,

    Il y a ces hommes phallocrates qui ne voient qu’une femme objet
    Nulle pour assumer la gestion à cause de ses tendances infâmes ;
    Il y a ces fichus bureaucrates qui changent toujours de sujet
    Quand on leur pose la question sur la pertinence des femmes.

    Tableau de Jose Frappa et Phryné est sur https:fr.wikipedia.orgwikiPhryn%C3%A9?wprov=sfti1 .

  • Curiosité douce-amère

    Sachez que la curiosité ne devient un vilain défaut
    Que si l’on se laisse surprendre au moment le plus consternant.
    Malgré toute l’ingéniosité à traquer l’opportune info,
    Méfiez-vous de qui saura prendre une sanction vous concernant.

    Cela dit, qui a bu boira et celui qui a vu voira
    Et puis l’appétit de savoir est ce qui fait marcher le monde !
    Or se rincer l’œil nettoiera l’intellect qui se déploiera
    Afin de n’ pas se faire avoir lorsqu’à poil on verra Raymonde.

    Tableaux de David Dubnitskiy.

  • Le premier café du matin

    Le premier café du matin

    Une heure du matin, mes nuits blanches m’insufflent une petite faim ;
    Deux heures, c’est une petite soif qui me tire du lit conjugal ;
    Trois heures, aujourd’hui c’est dimanche mais cette nuit n’a pas de fin ;
    Quatre heures, je m’lève, je me dessoiffe et je m’fais un p’tit lunch frugal.

    Il est cinq heures, Paris s’éveille et moi je vais me recoucher.
    Il est six heures, c’est enfin l’heure du café noir matutinal
    Et là, tous mes sens s’émerveillent à chaque lampée embouchée
    De ce nectar dont la chaleur serait presque libidinale.

    Illustration d’Andrey Popov.

  • La Lune féminine

    La Lune féminine

    Chaque fois fécondée de Soleil, la Lune enceinte s’arrondit
    Jour après jour et chaque soir montre sa grossesse brillante.
    Après quelques nuits sans sommeil, son croissant dodu s’agrandit
    Et Maman-Lune vient s’asseoir sur un lit d’étoiles filantes.

    Quand l’enfant naît, discrètement la Lune va se reposer
    Dans les confins inexplorés des grandes sagas romancées.
    Elle reviendra timidement et on pourra la supposer
    Encore enceinte et déflorée mais prête à tout recommencer.

    Illustration de Liliya Rodnikova sur https:www.stocksy.comlileinayashowcase?page=1 .

  • Monster Magnets Music

    Issu d’une rave party et ses rythmes psychédéliques,
    Le rêve manqué recommence comme s’il n’avait jamais cessé.
    Voici que conscient parti sur un air méphistophélique,
    Déjà le cœur bat sa romance hypnotique, le corps affaissé.

    Alors l’inconscient se réveille – à moins que ce ne soit son double –
    Et s’empare de toutes les ficelles pour un show de marionnettes.
    L’étrange démon s’émerveille avec un regard qui se trouble
    Sous trop de larmes qui ruissellent par l’effet d’envies malhonnêtes.

    À l’apogée, l’âme s’envole et se reconnecte à ses dieux
    Ou à ses saints, peu lui importe au monde de l’irréalité.
    Toutes les fantaisies convolent avec des caprices odieux
    Afin que le diable l’emporte mais avec sensualité.

    Posters sur https:411posters.comtagmonster-magnet .