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  • Patchwork amoureux

    L’œil droit sur la carte du tendre éclaire un patchwork amoureux
    D’une étoffe tissée par les gènes qui ont dessiné son visage.
    Heureux celui qui sait entendre l’aubade du vent langoureux
    Qui sort des lèvres érogènes pour enchanter son paysage.

    Tandis que l’œil gauche viril devient le soleil conquérant
    Dont le regard monte aux sommets, puis redescend dans les vallées,
    Nulle fossette ne met en péril l’explorateur prépondérant
    Qui saura boire et consommer la source d’amour exhalé.

    Collages de Pete Buttigieg.

  • La danse nuptiale

    À l’instar des paradisiaques, l’éloge de la danse nuptiale
    Revient à qui saura charmer le sexe opposé désiré.
    M’étant pris de multiples claques avec mes rimes provinciales
    Je me dois de savoir m’armer de patience… et bien inspirée.

    Faut-il être maître-chanteur, danseur étoile, charismatique ?
    À la course à la séduction, il faut savoir partir à point.
    Les chauds-lapins, lièvres arpenteurs partent plutôt fantasmatiques
    Et les tortues en déduction s’carapatent malgré l’embonpoint.

    À défaut d’être magnétique, joli garçon, plutôt beau gosse,
    Il ne reste plus que l’argent pour faire l’appoint à l’attirance.
    Sans doute aussi machiavélique, le philtre d’amour se négoce
    Sinon c’est en le partageant que le charme a plus d’assurance.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • L’amour binaire

    L’amour, à l’origine binaire, est devenu plus homogène ;
    La Mère-nature avait pourtant sélectionné la parité
    Mais il devient parfois trinaire et plus s’il n’y a pas de gêne
    Or il n’est jamais dégoûtant malgré toutes ces disparités.

    Alors il faut redéfinir les pôles de la force d’amour ;
    Nord-sud, yin-yang, actif-passif, zéro-un, plus-moins, noir-et-blanc.
    Il y en a à n’en plus finir et si l’amour fait de l’humour,
    Il fera d’un sexe poussif un instrument polyvalent.

    Finalement l’homme et la femme sont ce que Dieu a fait de mieux ;
    Oui mais voilà, nul ne choisit et doit subir son numéro.
    On peut trouver ce choix infâme ; toujours est-il qu’il saute aux yeux
    Que les sexes n’ont pas moisi depuis qu’ils s’affrontent en héros.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • Rien ne sera jamais plus comme avant

    Rien ne sera jamais plus comme avant

    Plus rien ne sera comme avant pourtant c’est ce que voudraient les gens
    Qui veulent traverser les crises serrant les poings, fermant les yeux.
    Mais il faut aller de l’avant et grandir tout en partageant
    Nos expériences durement apprises comme un enseignement précieux.

    Bien sûr, la vie nous handicape et le temps y grave ses marques
    Mais il nous importe de vivre et de savourer l’existence.
    Bien sûr, les accidents décapent ; bien sûr, les bosses se remarquent
    Mais c’est la façon de survivre qui forge notre subsistance.

    Le futur semblait éternel et le passé tellement solide
    Que je n’me suis pas aperçu de l’importance du présent.
    Les instants de plaisirs charnels ont voltigé comme un bolide
    Quant au bon vieux temps mal perçu, je l’utopise omniprésent.

    Tableau de Michel Delacroix.

  • Passé sombre et futur imparfait

    On croit que l’homme, sauf erreur, évolue lorsqu’il se reproduit
    Depuis l’époque des cavernes jusqu’à nos jours sur la planète.
    Il n’en est rien car les horreurs d’hier se répètent aujourd’hui.
    En fait, qu’est-ce que l’homme moderne ? Cro-Magnon avec internet !

    Le passé simple semblait plus clair que son avenir plutôt sombre
    Mais le présent n’a pratiqué que la politique de l’autruche.
    Le temps passe comme un éclair et déjà on rentre dans l’ombre,
    Puis l’on s’endort pour abdiquer, dégonflé comme une baudruche.

    Mais si demain il fera jour et après-demain tout autant,
    Les journées passent et puis s’en vont s’empiler dans la collusion.
    Les riches gagneront toujours, les pauvres toujours mécontents ;
    Quant à nous autres qui l’approuvons, cruelle est la désillusion !

    Tableaux de Michel Delacroix.

  • Planche surnaturelle

    Planche surnaturelle

    Méditation surnaturelle que celle d’une sirène libre ;
    Libre de vivre à satiété avec sa manne faramineuse.
    De son expression corporelle qui lui apporte l’équilibre,
    Elle dort dans une variété d’étoiles de mer lumineuses.

    Quand sur la mer ensanglantée l’azur remonte lentement
    Avec les étoiles en question sur l’avenir de la sirène,
    Elle, après s’être sustentée, s’étend sur l’onde mollement
    Pour, le temps d’une digestion, méditer d’une âme sereine.

    Si les sirènes possèdent une âme, on se demande quel Dieu cruel
    A pu la faire à son image à moins que ce n’ fut essentiel…
    Quoiqu’il en soit, c’est une femme dont le côté spirituel
    Évoque le scénarimage de l’univers existentiel.

    Tableau d’Emily Kell.

  • Planche naturelle

    Elle est nue ; elle fait la planche au large des côtes bretonnes ;
    Moitié sirène ou moitié femme mais entièrement amphibie.
    Contrastant sa peau presque blanche, détone sa bouche gloutonne
    Que les fils de Neptune affament pour cause d’anthropophobie.

    Lorsque l’eau bleue devient verdâtre, elle cherche à assouvir sa faim
    Et guette le marin-pêcheur qui va venir la secourir.
    Il aura beau vouloir combattre, il connaîtra bientôt sa fin
    Et l’autre verra, l’air bêcheur, l’homme sa disgrâce encourir.

    Tableaux d’Emily Ponsonby sur https:www.emilyponsonby.comartworks .

  • À quoi ça cerf d’être mouton ?

    À quoi ça cerf d’être mouton ?

    Dimanche matin dans l’église, j’ai reçu en guise de baptême
    Un troisième œil dont la vision me montrait la réalité :
    D’après une première analyse, j’ai compris comment le système
    De la foi n’est que dérision et est toujours d’actualité.

    Tous les chrétiens sont des moutons guidés par un immense cerf
    Assujetti au provisoire pouvoir du domaine des Dieux
    Dont le but – nous nous en doutons – est de nous convertir en serf
    Pour nous mener à l’illusoire abattoir miséricordieux.

    Vu sur https:hitek.fr4238-images-surrealistes-embarqueront-realite-alternative_10462 .

  • Interpénétration

    Interpénétration

    Dans chaque homme une femme veille – du moins son côté féminin –
    Et dans chaque femme on observe souvent des envies masculines.
    Ainsi quand l’homme se réveille d’un rêve plus ou moins bénin,
    Il s’en souvient et le conserve comme une présence anodine.

    Quant à la femme évidemment, étant la plus intelligente,
    Elle met l’homme dans son cœur lors de leurs tendres conciliabules.
    Mais pour cela, incidemment, elle devient plus exigeante
    Et n’accepte que le vainqueur qui se présente devant l’ovule.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Les chapelles volantes

    Les chapelles volantes

    Il est possible, évidemment, que Dieu existe finalement
    Et qu’Il viendrait – ça vous la coupe – nous espionner dans sa soucoupe.
    Soucoupe en forme de chapelle – assez malin, je vous rappelle –
    Incognito comme il se doit pour nous manier du bout des doigts.

    Ainsi les prêtres et les pasteurs ne s’raient pas que des imposteurs
    Mais des navigateurs discrets – une sorte d’agents secrets –
    Nous surveillant pour nous guider comme des moutons téléguidés
    Vers un paradis virtuel à chacun de leurs rituels.

    Cependant mes frères attention, méfions-nous de leurs intentions
    Quand ils font monter aux garçons l’escalier en colimaçon
    Pour brandir le sexe tendu comme un paradis prétendu
    Parmi les voies impénétrables de leur religion déplorable.

    Vu sur https:hitek.fr4238-images-surrealistes-embarqueront-realite-alternative_10462 .

  • Le combat des reines

    Si les guerrières de l’amour s’allient contre les cavaleurs,
    Elles n’aiment guère partager leur roi avec d’autres amazones.
    Elles n’ont pas le sens de l’humour mais reconnaissent la valeur
    Des coups de foudre passagers avec des filles de seconde zone.

    Vient donc le temps des jalousies, rivalités, sous-entendus,
    Des coups bas, des coups dans le dos et des atteintes inélégantes.
    On s’aime dans les jacuzzi mais au moindre malentendu
    C’est fini pour la libido et on expulse l’intrigante.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • La naufragée des rêves

    Elle avait fui les mauvais rêves, cauchemars et coquecigrues
    Qu’au gré des nuits je parsemais tels des galets imaginaires
    Composés de syllabes brèves, de groupes de mots incongrus
    Avec virgules et guillemets comme balises et luminaires.

    Ainsi guidée, elle est sortie, fruit de mon imagination,
    Juste vêtue d’une tunique négligemment portée en cape.
    Sans doute, épines et orties avaient par élimination
    Produit l’effet catatonique de l’échappée de pied en cap.

    De peur que je ne me rendorme et ne la renvoie dans les limbes,
    Elle me tira hors du lit pour parcourir la Terre entière.
    Depuis nous courons sous les ormes, la tête enveloppée d’un nimbe
    Sous un ciel lapis-lazuli comme deux anges sans frontières.

    Illustration de Gene Szafran.

  • Le combat des rois

    Quand vient le temps de conquérir tous les territoires ennemis,
    Les rois se transforment en loups et leurs adversaires en gibier.
    Dès le début, sans coup férir, ils se font vite amis-amis
    Pour rallier les partis chelous voire les sortir du bourbier.

    Quant au bon peuple, il a le choix : soit il s’assujettit au roi,
    Soit il refuse la soumission et lutte contre l’arriviste.
    Que cette décision m’échoie et me frappe en plein désarroi,
    Je choisirai l’insoumission et rejoindrai les activistes.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • La mort sûre

    La mort sûre

    Le baiser mortel des sirènes s’apparente à une mort sûre
    Lorsqu’au moment de son strip-tease elle ôte sa queue tricotée
    En peau d’écailles de murènes qui révèle alors les blessures
    Qu’ont fait les harpons par bêtise de baleiniers mal empotés.

    Une fois qu’elles ont ôté le bas et exposé leurs cicatrices,
    Le haut est aussi effrayant avec ses crânes aux épaulettes.
    Et après le dernier rabat de la pseudo fornicatrice,
    Vient le coup de foudre veillant à vous trémousser le squelette.

    Dessin de Martin Schurdak à partir d’une photo de Jade A par Gubin.

  • Tantôt bleue et tantôt verte

    Je l’aime lorsqu’elle est turquoise avec des reflets verts et bleus
    Tantôt cyan, tantôt caraïbe, ou n’importe quelle couleur fraîche,
    Selon si son humeur narquoise est assortie au fond sableux
    De la mer sombre qui prohibe les amourettes trop revêches.

    Ses états d’âme assez maussades au matin ne durent qu’un moment ;
    Elle devient plus guillerette de midi jusqu’au crépuscule.
    Après une ultime embrassade, je la quitte rapidement
    Car j’ai peur que ses dents d’aigrette aillent trop loin et m’émasculent.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt, elle, je n’ai pas pu la surprendre ;
    Au contraire, elle a décidé de m’approcher de vive voix.
    Nue, dans une aura phosphorée, je mis un moment à comprendre
    Que je venais d’élucider le mystère de la fée-des-bois.

    Nous avons parlé si longtemps que bientôt se mirent à tomber
    La nuit et elle entre mes bras – magie à nulle autre pareille –
    Pour me garder jusqu’au printemps pensant que j’avais succombé
    Au charmant « abracadabra » formulé au creux de l’oreille.

    Sans trop lui montrer de quel bois je me chauffe, d’un aspect vantard,
    J’ai répliqué qu’une autre fée m’ensorcelait à la maison
    Du genre jalouse qui flamboie lorsque j’arrive très en retard…
    Nonobstant son air stupéfait, j’ai disparu à l’horizon.

    Tableau de Karol Bąk sur http:touchofcolorr.blogspot.com201601karol-bak.html .

  • La femme des bois

    La femme des bois

    La femme des bois n’a pas de corne mais une longue chevelure
    Faite de toison végétale qui la vêt pour tout ornement.
    Hélas, à l’instar des licornes, elle s’enfuit à vive allure
    Si la moindre entrée sociétale menace son environnement.

    Elle vit là où nul ne la voit, se confondant dans les branchages,
    Et participe par sa nature aux activités sylvicoles.
    Parfois le vent porte sa voix qui transmet les meilleurs présages
    Aux poètes en villégiature en manque de veine agricole.

    Évidemment je la rencontre dans mes rêves les plus sylvestres
    Sous l’effet de la pleine Lune et son attraction sororale.
    Ses pensées viennent à l’encontre et je m’en fait le vaguemestre
    Par cette complainte opportune de la poésie pastorale

    Illustration de Sakimichan.

  • Les êtres de la forêt

    Pareils aux animaux sauvages, les petits êtres de la forêt
    Restent discrets et bien cachés car ils se méfient des humains,
    De leurs machines et les ravages qu’ils pratiquent dans les fourrés ;
    Arbres coupés, buissons hachés, écobuages au bout des chemins.

    Eh bien, parfois je les surprends quand je pratique le hors-piste,
    Séduit par un coin qui embaume d’essences et toutes autres substances.
    Ils ont la crainte, je les comprends, d’être accusé comme un lampiste
    D’avoir fricoté avec l’homme et révélé leur existence.

    Mais bientôt nous voilà amis – je vous le jure croix-de-bois –
    Devenus compagnons de souches depuis que l’on s’est rencontré.
    Nous avons les mêmes ennemis : ces pyromanes qui flamboient,
    Vététistes et cavaliers louches qui nous bousillent nos contrées.

    Mes petites rencontres dans la forêt d’Eschenberg derrière chez-moi.

  • L’homme des bois

    Lorsqu’il perd ses bois en Automne, le jeune homme-cerf redevient
    Un humain sans comparaison qui se fond dans l’anonymat.
    Le faune s’en va, monotone, gagner l’abri qui lui convient
    Pour subir la morte saison malgré la rigueur du climat.

    Vous le rencontrez en hiver sans toutefois le reconnaître,
    Ses cicatrices dissimulées sous une cagoule discrète.
    Jamais le moindre fait divers n’a entrouvert une fenêtre
    Sur la légende stipulée à l’aune de la forêt secrète.

    Puis lorsque revient le printemps, deux nouvelles branches s’ajoutent
    Aux jolis bois dont la ramure caractérise sa beauté.
    Il joue de la flûte à plein temps parmi la faune qu’il envoûte
    Et même ceux qui se claquemurent sortent pour s’en aller riboter.

    Il reste discret tout l’été, fuyant la compagnie des hommes,
    Leur préférant les cervidés auxquels il demeure attaché.
    Quand vient le temps de compléter l’héritage de ses chromosomes,
    Il croise son hominidé avec une biche amourachée.

    Illustrations Iris Compiet, Brian Froud et autres illustrateurs.

  • Les dimensions supérieures et inférieures

    Les dimensions supérieures et inférieures

    Heureux ceux qui sont nés nantis d’une fortune familiale,
    Pourvus de lettres de noblesse et assortis d’un beau physique.
    Heureux car ils n’ont ressenti ni la misère déloyale,
    Ni la famine, ni la faiblesse et ni l’issue euthanasique.

    Heureux ceux qui n’ont pas subi le péché de la connaissance
    Et qui peuvent voler les gens pour s’enrichir à leurs dépens.
    Ils peuvent continuer leurs lubies : mentir, jurer avec aisance,
    Adorer le Dieu de l’Argent et tuer les petits rampants.

    Heureux ceux qui vivent aujourd’hui sans se préoccuper de demain,
    Qui vivent au-dessus de leurs moyens sans épargner notre planète.
    Heureux ceux qui vivent des produits qu’ils n’ont faits de leurs propres mains
    Et sont d’honorables citoyens doublés de fieffés malhonnêtes.

    Heureux jusqu’à quand ? C’est plié ! Une fois qu’ils auront consommé
    Et détruit toutes les ressources, les pauvres seront accusés
    De s’être trop multiplié en tous lieux et seront sommés
    De mettre la main à la bourse sous peine d’être récusés.

    Tableau de Daniel Loveday sur https:www.artfinder.comartistdaniel-loveday?epik=dj0yJnU9QXVBOW9faWdJalhBTG5KSU9hc1lPM2Y3T05abjZkZVcmcD0wJm49QjZWYURGcjdWeERvX1FGZ2wxTGVBUSZ0PUFBQUFBR1VpV2VF .

  • Les jours assombris

    À la ville comme à la campagne, il pleut, il fait soleil, il vente
    Et la nature n’est présente que dans les parcs municipaux.
    Les immeubles jouent aux montagnes, certains quartiers vivent d’épouvante
    Et les vacances représentent les impératifs principaux.

    Les samedis soir sur la Terre dans toutes les rues de Paris,
    Conviviaux côté citoyens et oppressifs côté flicaille,
    Résonnent comme salutaires aux adeptes du charivari
    Mais sonnent chez l’Élyséen comme synonyme de racaille.

    À la campagne on fait la fête, on promène son chien, ses enfants.
    On regarde passer ses avions comme avant les vaches et leurs trains.
    On s’estime arrivé au faîte d’un humanisme triomphant
    Et pourtant si nous le savions aurions-nous freiné notre entrain ?

    Les samedis soir sur la lande, à la montagne ou à la mer,
    Resteront toujours romantiques au cœur de la France profonde,
    Loin de Sarko, Manu, Hollande et tous les guignols éphémères
    Qui nous promettent d’authentiques raisons pour que l’on se morfonde.

    Illustrations de Pascal Campion.

  • Trésors des mers

    Trésors des mers

    Finalement quelle que soit l’origine de ses merveilles,
    C’est l’empreinte de la beauté de la vie qui lui est précieuse.
    Et aussitôt qu’elle aperçoit la première vague qui s’éveille,
    Elle fait une charibotée de bijoux aux nacres gracieuses.

    Puis elle trie ses coquillages tel le piano-cocktail de Vian
    Plutôt instrument concepteur de belles couleurs irisées.
    Après un premier nettoyage, elle placera les plus conviant
    Dans son précieux sac collecteur en imprimé porphyrisé.

    Elle en fera bagues et colliers, boucles d’oreilles et pendentifs ;
    Des broches d’étoiles de mer accrochés à ses cheveux d’or.
    Quand le chemin des écoliers revient toujours intempestif,
    Elle garde le goût doux amer du sel incrusté aux trésors.

    Illustration de Briony May Smith sur https:bldgwlf.combriony-may-smith .

  • La sirène contrebandière

    La sirène contrebandière

    Tous les petits trésors des mers, jolis coquillages nacrés,
    Étoiles à cinq, six ou sept branches, bois flottés, bijoux dérisoires,
    Sont développés outremer par les sirènes consacrées
    À l’import-export Outre-Manche mais produits en Côte-d’Ivoire.

    Ainsi les sirènes anglaises nous refourguent à un prix royal
    Tout ce qu’on glane sur les plages et qui provient des colonies.
    Anciennes colonies françaises qui d’un procédé déloyal
    Arrivent en fin de recyclage sur nos côtes… Quelle félonie !

    Méfiez-vous des imitations des sirènes contrebandières
    Qui nous font avaler des pieuvres comme couleuvres sous-marines !
    Mettons-leur des limitations sur leur production stipendiaire
    Et exigeons d’elles la preuve d’ pas être roulés dans la farine !

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • À contrejour

    À contrejour

    Dutronc avait un piège à filles qui faisait « Crac Boum Hu-u-ue ! »
    Le mien est bien plus silencieux et plutôt destiné aux yeux.
    Un rayon vert les déshabille et leur fait du panpan-cucul
    Lorsque le soleil malicieux m’alloue un coup d’œil merveilleux.

    Je crois qu’elles ne sont pas dupes et jouent le jeu impunément ;
    Elles accourent et se bousculent et pas une seule ne se dérobe.
    Elles ne portent rien sous leurs jupes et viennent opportunément
    Une heure avant le crépuscule et ne repartent qu’après l’aube.

    Hélas, je ne suis pas un homme mais le chien de l’imprésario
    Qui accueille chaque starlette qui cherche à postuler un rôle.
    Je ne sais pas si le bonhomme leur fait lire le scénario
    Car je n’entends de la chambrette que des histoires sans paroles.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Costaude la bergère !

    Costaude la bergère !

    J’ai souvent rêvé de compagnes, femmes indiennes assez costaudes,
    Pour me transporter le bison et moi par la même occasion.
    J’en ai cherché dans nos montagnes parmi les bergères rustaudes,
    J’suis même allé dans les Grisons, j’en avais la persuasion.

    J’en ai trouvé un exemplaire au sein d’une distillerie
    Qui vous transportait les tonneaux d’une manière qui décoiffe.
    J’ai bien essayé de lui plaire mais la balaise par moquerie
    M’a pris entre ses jambonneaux et a yodlé jusqu’à plus soif.

    Heureusement les étrangères qui nous arrivent de l’Orient
    Nous font de solides brigandes dont largeur égale hauteur
    Sauf peut-être ma boulangère qui est un brin contrariant
    En c’qui concerne les dividendes qu’elle réclame comme droits d’auteur.

    Tableau de Vladimir Fokanov.

  • La Grande Amanite Royale

    La Grande Amanite Royale

    Le cèpe est roi des champignons mais on ne sait qui est la reine…
    Or je devine sa femelle digne des grandes empoisonneuses.
    J’ai rencontré son compagnon qui m’a décrit sa souveraine
    Comme portant sous ses lamelles les toxines les plus vénéneuses.

    Cette reine maudite se nomme « La Grande Amanite Royale »
    Et tue dans les ronds de sorcières tous ceux qui passent à la ronde.
    En effet sa mine bonhomme est au contraire déloyale
    Puisque ses fragrances outrancières vous assomment telle une fronde.

    Elle a su une fois me confondre malgré toute mon attention ;
    Comme quoi j’ai beau être aguerri, je n’en suis pas moins chicanier.
    Avant que je puisse me morfondre sur ses mortelles intentions,
    Je suis allé à la mairie qui m’a jeté tout mon panier.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Les temples atlantes

    Les temples atlantes

    Il est des temples ridicules dédiés aux dieux les plus comiques ;
    Les anciennes civilisations y ont pas mal contribué.
    Les Atlantes et leurs édicules en auraient légué des cosmiques
    Sauf si nous nous embarrassions de leurs vestiges attribués.

    Imaginez un fils de Dieu, crocodile ou bien lémurien,
    Qui serait né de Jupiter qu’une sirène aurait connu,
    Avec un message insidieux obligeant les épicuriens
    À baiser les filles de la Terre et de se promener tout nu !

    Heureusement les temps modernes ont des dieux on n’ peut plus sérieux
    Qui promettent une vie aux enfers si jamais on n’ croit pas en eux.
    Sans parler des vieilles badernes, barbus fanatiques impérieux
    Qui vous font vite votre affaire d’un bon jihad des plus haineux.

    Tableau de Maura Holden.

  • Danse nuptiale

    Danse nuptiale

    Par quelques verres aphrodisiaques et quelques flirts en camarade,
    On sent l’envie dans les semelles de chasser la mélancolie.
    Comme l’oiseau paradisiaque, l’homme exécute sa parade
    Afin d’attirer sa femelle en souhaitant l’avoir dans son lit.

    Mais la femelle est chasseresse et cherche le meilleur parti
    Pour lui offrir une vie de rêve et lui construire un joli nid.
    Les deux oiseaux donc s’intéressent à donner en contrepartie
    Une illusion forte mais brève pour gagner son panier garni.

    Mais lorsque le couple entre en transe, le virus est inoculé
    Comme une danse de Saint-Guy qui ne s’arrêtera jamais.
    Et s’il la répète à outrance, le voici prêt à copuler
    Dans des positions alanguies mais plus fréquentes désormais.

    Tableau de James R. Eads sur https:dribbble.comjamesreads .

  • Le jardin d’hiver

    Le jardin d’hiver

    Lorsque l’amour entre en hiver pour une période inconnue,
    J’en garde alors ses fleurs séchées empreintes des beaux souvenirs.
    Certainement dans l’univers beaucoup de planètes ont connu
    Des attirances desséchées qu’elles n’ont pas su s’entretenir.

    Quand mon jardin entre en hiver, je me dois de le réchauffer
    Avec multiples attentions surtout les nuits de pleine Lune.
    L’amour d’hier était si vert que mon cœur encore échauffé
    Prodigue ses meilleures intentions à sa plus précieuse fortune.

    Myosotis aux bleus de l’âme, iris soumis aux peurs sauvages,
    Lavandes aux chagrins de Provence, bleuet d’une fin d’innocence.
    Que Cupidon garde la flamme malgré le mortel lessivage
    Pour que Vénus et sa jouvence l’attise encore de connivence !

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Dévoiler ses émotions

    Dévoiler ses émotions

    Pour chasser la mélancolie des musulmanes opprimées
    Réduites à une entrebâillure comme chaste et prude hygiaphone,
    La burqa serait plus jolie en écossais ou imprimé,
    Avec des fleurs ou des rayures, ou toute autre parure bouffonne.

    Le corps n’a que sa nudité et le voile, sa pudicité
    Mais nous pourrions y projeter nos folles rêveries agitées.
    Le nu attire nos fantasme, la burqa défie nos sarcasmes
    Finalement, c’est un écran qui met beaucoup de monde à cran.

    C’est un trou noir dans mes pensées qui me permet sans t’offenser
    De t’entrapercevoir à poil sous l’épaisseur de cette toile.
    Mais il est vrai que l’essentiel dans ton regard confidentiel
    C’est quand il dit « Délivre-moi ; et je me donnerai à toi ! »

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • La véritable amante religieuse

    La véritable amante religieuse

    La vérité sur cette amante n’incombe ni à la religion,
    Ni aux amours dévastatrices, mais à l’habit ample et sans manches
    Qui dissimule d’infamantes élytres dont la contagion
    Fait perdre la tête amatrice de folles amourettes du dimanche.

    Car elle attire hors de l’église le chrétien qui manque de foi
    Et l’invite à se repentir entre ses cuisses homicides.
    Avant que sa proie ne réalise qu’elle lui dévore le foie,
    Il ne peut plus rien ressentir à cause d’excrétions spermicides.

    J’en ai connu des castratrices, des femmes qui n’aiment pas les hommes
    Qui voient le genre féminin comme un esclave érotisé.
    J’ai eu la chance salvatrice de posséder le chromosome
    Qui résiste au fatal venin dont je suis mithridatisé.

    Illustration d’Ed Binkley.

  • La belle verte au final – 2

    La belle verte au final - 2

    J’ai ramené à la maison ma belle verte rencontrée,
    Nourri sa chèvre et son mouton et calmé son air hystérique.
    Pour je ne sais quelle raison j’ai réussi à lui montrer
    Avec quels plaisirs nous goûtons aux amourettes féériques.

    Lorsque je me suis réveillé, elle était habillée de vert
    Et me regardait effarée de ses découvertes ovariennes.
    Mais elle était émerveillée par ce détour dans l’univers
    Qui lui avait fait s’égarer dans une aventure terrienne.

    Je n’ai pas eu droit à trois vœux mais elle me fit l’amour trois fois
    Avant de partir pour toujours et son mouton et sa chevrette.
    Je garde une boucle de ses cheveux que je conserve toutefois
    En souvenir de l’heureux jour où je connus la bergerette.

    (Tableau de Kees van Dongen
    La première version finissait par « où j’ai pris la fée en levrette. » mais j’ai décidé de rester sage.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte au final – 1

    La belle verte au final - 1

    Je ne l’avais pas vu venir avec sa chèvre et son mouton
    Et j’aurais dû me méfier d’une bergère toute nue ;
    Elle portait dans mon souvenir juste un collier sur les tétons
    Et je restai là, stupéfié par cette fille sans retenue.

    Sa peau verte et luminescente faisait penser à un mirage ;
    Je devais sans doute être en train de rêver comme d’habitude.
    Cette vision déliquescente cesserait au prochain virage
    Pensais-je et c’est avec entrain que j’avançais en certitude.

    « Joli damoiseau, aide-moi ! Je suis la fée Belle Lurette
    Et je me suis perdue, je crois ; je n’ai aucun plan sous la main ! »
    Assez surpris, tout en émoi, je lui ai dit qu’une amourette
    Avec un terrien de surcroît la mettrait sur le bon chemin…

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Ma belle planète verte – 2

    Prenons une planète vierge et semons les graines de vie,
    Après quelques millions d’années, observons leur propagation ;
    Mammifères et oiseaux émergent de l’océan, puis ont suivi
    Des chemins bénis ou damnés selon leur force d’adaptation.

    Après plusieurs essais ratés de plusieurs races dominatrices,
    L’homme s’est taillé la part du lion dans la course au pouvoir suprême.
    Mais il est lui-même piraté par sa propre soif destructrice
    Qui fait de lui le trublion apprenti-sorcier de l’extrême.

    Gageons qu’à force de monter et dépasser tous les sommets,
    Il n’aura plus les pieds sur Terre soumis aux antidépresseurs.
    Une fois ces détails surmontés et tous les plaisirs consommés,
    Bye-bye pauvre humain délétère et fais place à ton successeur !

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .

  • Ma belle planète verte – 1

    Le créateur de l’univers n’était qu’un simple jardinier
    Qui, d’un coup de botte précis, envoya valdinguer la Terre
    Avec été, automne, hiver et un renouveau printanier
    Avec comètes qui apprécient d’apporter leurs eaux salutaires.

    Pluies chargées de graines de vie et Soleil rempli d’énergie
    Ont fait progresser toutes sortes d’espèces dans les océans.
    Poissons et oiseaux ont suivi des destinées en synergie
    Avec une planète forte d’un environnement bienséant.

    La vie se nourrissant de vie, les prédateurs ont pris le train
    De la révolution en marche, soi-disant pour l’écologie.
    Et les moutons avec envie se sont jetés d’un même entrain
    Dans l’enclos de leurs patriarches par abus de psychologie.

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .

  • La belle geôlière verte

    La belle geôlière verte

    Gaïa, déesse de la Terre est également notre geôlière ;
    Elle supervise en maîtresse notre gestion de sa planète.
    L’espèce humaine locataire par hérédité singulière
    Allume ses signaux de détresse par violences de plus en plus nettes.

    Dommage car la Mère Nature qui par amour nous soutenait,
    Devra nous contraindre à la place à un régime plus sévère.
    Jusqu’ici les températures régulières nous convenaient
    Mais bientôt canicule et glace seront notre prison de verre.

    Comme Cendrillon à minuit, nous avons perdu le carrosse ;
    Adieu notre prépondérance et ce qui nous était prêté.
    Nous allons découvrir l’ennui d’un jugement plutôt féroce
    Qui nous ôtera la gérance et nous allons le regretter.

    Illustration de Milo Manara.

  • La belle (ou)verte(ure) au sommet

    La belle (ou)verte(ure) au sommet

    À la manière du rat des villes qui passa voir le rat des champs,
    Un chat aux noires prétentions et une chatte blanche comme neige,
    Lors d’une entrevue peu civile et un contexte effarouchant,
    S’approchèrent avec l’intention de se mettre ensemble en manège.

    On dit « ménage » pour les humains, on dit « manège » pour les félins
    Car les matous se tournent autour à grands recours de miaulements.
    Après un rapide examen, la chatte est prise par le malin
    Qui part sans espoir de retour après tous ses enjôlements.

    Il en est de même au G7 ; on parle, on crie, on se dispute.
    L’un l’autre essaient de se baiser et parfois ils montrent les poings.
    Après on partage les recettes, on négocie… ça se discute
    Et quand tout l’monde est apaisé, chacun retourne dans son coin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte – 11

    La belle verte - 11

    Finalement je l’ai suivie et descendu son escalier,
    Les yeux rivés aux jambes fines qui s’allongeaient durant la marche.
    Je peux dire que j’ai poursuivi le vieux rêve d’un fou à lier
    Drogué à un genre morphine qui le lie à sa matriarche.

    Car elle m’a pris pour étalon et je vais l’aimer pour de bon
    Dans son grand palais des abysses quarante jours, quarante nuits.
    Elle m’a ôté mon pantalon et je me sens tout pudibond
    En attendant que je subisse des préliminaires inouïs.

    Heureux comme un poisson dans l’eau, elle a joui en gémissant
    D’un million de voix de sirènes qui m’ont tué sans un remords.
    Moi, je suis au bout du rouleau et je m’éteins en bénissant
    Avec une émotion sereine mes millions de petites morts.

    Reprise de « Les jambes de la sirène » du 16.11.2019.

  • La belle verte – 10

    Tant va de fois la cruche à l’eau qu’à la fin la cruche s’y case.
    Deviendrait-elle pour autant sirène ou ondine et sylphide ?
    Elle me trouble par son halo qui l’enrubanne dans une extase
    Comme un accoutrement flottant autour de ses appas perfides.

    Quand elle abuse de ses charmes et que l’eau devient transparente,
    Mon regard plonge comme attiré envers son magnétisme vert.
    Alors je dépose les armes et je me noie dans l’attirante
    Souricière qu’elle m’a inspirée en écrivant ce Reflets-Vers

    (Photos d’Alex Sher et Elsa Marie Keefe.]

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La belle verte – 9

    La belle verte - 9

    Lorsque je revis l’amazone, c’était aux premiers jours d’automne ;
    Sa chevelure avait roussi et l’humeur s’était radoucie.
    Elle désigna mon sac-à-dos et je lui offris en cadeau
    De partager en camarades fruits secs, tartines et marmelade.

    Puis sa jolie bouche gourmande m’offrit un baiser goût amande
    Tandis que sa main caressait mon désir qui apparaissait.
    Alors on s’est déshabillés et elle s’est mise à babiller
    Des phrases incompréhensibles mais d’une douceur très sensible.

    Je l’ai revue deux ou trois fois alors qu’elle courait dans les bois
    Avec chaque fois l’envie d’apprendre sa langue difficile à comprendre.
    Hélas le seul mot que j’appris fut un « adieu » sans parti pris ;
    Elle partit sans cérémonie rejoindre son Amazonie.

    Photo de Lexi Laine.

  • La belle verte – 8

    Je m’attendais à une biche quand je vis la belle amazone
    À la coiffure vert émeraude assortie à des yeux de jade.
    Elle me jugea d’un air godiche comme un mec de seconde zone
    Un peu dérouté, qui maraude sans chercher à la galéjade.

    Puis elle prit un air farouche et prononça des mots étranges
    Dont l’intention visiblement était de me mettre en déroute.
    De peur qu’elle ne s’effarouche, j’ouvris mon sac-à-dos orange
    Et lui offrit paisiblement de partager mon casse-croûte.

    Heureusement mes provisions n’étaient composées que de fruits,
    De biscuits et de pain d’épices or l’amazone était gourmande.
    Tandis que nous sympathisions, nous entendîmes alors du bruit ;
    Et nonobstant l’instant propice, elle disparut sans réprimande.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La belle verte – 7

    La belle verte - 7

    Heureusement que le chat veille lorsque l’extraterrestre est là
    En train de capturer la femme à trois jambes, ce qui est très rare.
    Pourtant tandis qu’il les surveille, voici qu’il en est chocolat
    Car par derrière l’alien infâme l’a déjà enduite au curare.

    Rassurez-vous, elle n’est pas morte, le martien très professionnel
    A pris sa jambe excédentaire qu’il a rangée dans sa soucoupe,
    Puis laissé un mot sur la porte : « Pardon pour votre émotionnel
    Mais mes maîtres autoritaires m’ont exigé cette découpe ! »

    Elle a gardé quelques séquelles, sa peau est restée toute verte ;
    Une conséquence nosocomiale d’une anesthésie délétère.
    Quant à la partie sur laquelle il reste une cicatrice ouverte,
    C’est l’arrivée cérémoniale d’un nouveau sauveur pour la Terre.

    Tableau de Bambou Gili.

  • La belle verte – 6

    L’appétit sexuel végan réclame de belles plantes vertes,
    Bien filiformes et longilignes, les seins en poires ou bien en pommes.
    Un petit collier élégant sur la poitrine nue offerte
    Et juste une feuille de vigne sur le sexe offert à son homme.

    Nous vivrons d’amour et d’eau fraîche sur lit de salade frisée
    Sur lequel nous pourrons prétendre à la jouissance animale
    Qui respecte d’un égard revêche toute la faune dégrisée
    Venue sur la carte tendre connaître l’extase maximale.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • La belle verte – 5

    La belle verte - 5

    La preuve qu’elle est immortelle, ; elle est toujours verte au printemps !
    L’automne roussit sa tignasse, l’hiver lui fait des cheveux blancs,
    Mais tout l’été elle reste celle qui me fait l’école à plein temps
    Telle qu’au lieu de changer de classe, j’en reste éternel redoublant.

    Car elle est mon institutrice qui me fait l’école buissonnière
    Et qui m’entraîne dans les bosquets pour de belles leçons de chose
    Où j’approfondis sa matrice et le goût de sa bonbonnière
    En lui jouant du bilboquet avec son embrasure rose.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte – 4

    Bien dodues ou bien maigrichonnes, l’amour nous met en appétit
    Et lorsque les amours sont vertes, elles sont bien plus naturelles.
    Bien en chair et un peu cochonnes nous sortiront de l’apathie
    Et offriront la découverte de leurs délices corporelles.

    Plutôt menues pour le menu et leurs amours végétariennes
    Vous feront donc perdre du poids rapidement et pour pas cher.
    Ainsi chaque orgasme obtenu entre les parties ovariennes
    Constituera un contrepoids à la luxuriance de chair.

    Tableaux de Kees van Dongen.

  • La belle verte – 3

    La belle verte - 3

    Qu’elle était verte mon épouse avec ses vallées et ses monts
    Depuis le pic du mamelon jusqu’au mont de Vénus sacré !
    Qu’elle était fraîche sa pelouse que je broutais tel un démon
    Qui descendait dans son vallon jusqu’au petit bouton nacré !

    Qu’elle était verte la mariée que j’ai épousée en septembre
    Assortie à l’herbe des prés dans lesquels nous fîmes l’amour !
    Elle était si contrariée de perdre sa fleur la plus tendre
    Qu’elle s’en est soudain empourprée… et perdit son vert pour toujours.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les belles vertes – #1-#2

    La première belle verte
    Lorsque qu’elle est verte, pas assez mûre, la femme au goût acidulé
    Fond dans la bouche, pas dans la main, d’une saveur de puberté.
    Lorsque pousse un peu de ramure au seuil de son temple adulé,
    Alors commence le chemin des amours folles en liberté.

    La deuxième belle verte
    Sans doute la carte du tendre commence aux débuts de novembre
    Par une forêt vierge en fleur qui mûrit de fruits défendus.
    Et bien heureux qui sait attendre dans l’intimité de sa chambre
    Le premier baiser qui effleure les lèvres du sexe fendu.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Ballerine en peinture

    Ballerine en peinture

    Nue, la ballerine dansait comme une petite souris verte
    Que ces beaux messieurs ont trempé dans un pot de peinture à l’huile.
    Puis tandis que se condensait le liquide qui l’a recouverte,
    Apparut une robe estampée sur ses formes les plus subtiles.

    Mais plus la danseuse sautait et tressautait en soubresauts,
    Plus la matière gélatineuse dévoilait un peu plus son corps.
    Et plus la robe se dépiautait plus n’en restait que le trousseau ;
    Une culotte lumineuse et un soutif du même accord.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ailleurs la mer semble plus verte

    Ailleurs la mer semble plus verte

    Ou bien elle écrivait car elle se sentait seule,
    Ou bien elle était seule parce qu’elle écrivait.
    Elle semblait sur le port toujours faire la gueule
    Car son inspiration sans cesse dérivait.

    Alors elle la suivait d’un regard apathique
    En se posant au mât des voiliers qui passaient
    Et puis elle s’envolait vers une hypothétique
    Île sur l’horizon qui au loin dépassait.

    Un jour elle est partie vers son île déserte ;
    Elle a dû embarquer sur quelque bateau ivre.
    Elle croyait qu’ailleurs la mer semblait plus verte ;
    Ainsi, quoi qu’il en soit, l’espoir fait toujours vivre.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Mon paradis de guimauve

    Comment est régi l’univers au-delà du mur de lumière,
    Là où la matière n’est plus, pas plus que le temps et l’espace ?
    Finis tous les aspects divers dont la science est coutumière
    Et si mon entrée vous a plu, bienvenue dans mon outrespace !

    Ici, la matière est guimauve, l’espace et le temps élastiques ;
    Les arbres sont en sucre d’orge et les montagnes en pain d’épice.
    Toutes les aurores sont mauves et les crépuscules exotiques
    Au goût qui reste dans la gorge durant toute une nuit propice.

    Imaginez-vous réveillés sur une plage acidulée
    Qui parfume votre corps nu d’arômes pour tout vêtement.
    Eh bien soyez émerveillés : ce paradis affabulé
    N’est pas tout à fait biscornu mais utopique, complètement.

    Tableaux 3D de Nerdzilla sur https:nerdzilla.com.brpapel-em-camadas-3d-layered-paper-art .