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  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    Le temps affiche ses humeurs sur l’écran noir du firmament
    Que le soleil projectionniste éclaire de couleurs attachantes.
    Selon la source des rumeurs qui courent encore pertinemment,
    On peut prédire d’impressionnistes lendemains qui chantent ou déchantent.

    Selon le thème du crépuscule, la météo se fait oracle
    Et une aurore de bon augure nous sourira d’un ton plaisant.
    Mais dès que le soleil bascule et qu’il sort de son habitacle,
    Il apparaît ce qu’inaugure l’exposition du temps présent.

    Le temps se rit des habitudes et ses peintures irrationnelles
    Provoquent autant de sensations que de stupeurs et tremblements.
    Flocons de neige en altitude, orages et pluies émotionnelles
    Rendront la représentation fidèle à son tempérament.

    Tableau d’André Derain.

  • Tendres chimères

    J’ai souvent rêvé de chimères, jolies nymphes et belles sirènes
    Mais j’ai toujours su éviter harpies séniles, vielles souris.
    Mais voici qu’une intérimaire serrée dans sa grosse carène
    Est, malgré son obésité, venue remplacer mes houris.

    Accompagnée d’une consœur, une poule bien mal fagotée,
    Elles ont su me dorloter, me couver et me câliner.
    Quant à moi, le mauvais penseur, sexuellement ravigoté,
    Après les avoir pelotées, j’ai cessé de les taquiner.

    Laissez-moi donc vous présenter ma nouvelle muse attitrée ;
    Coquecigrue-la-cajoleuse, inspiratrice assermentée.
    Elle m’a fourni, sans plaisanter, ce joli texte bien titré
    Et mes inepties cavaleuses en s’ront nettement pimentées.

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Coup de foudre au Paradis

    Il n’est pas si facile sur Terre de trouver chaussure à son pied ;
    Trouver son âme-sœur relève d’une cruelle difficulté.
    Découvrir son complémentaire et puis tomber dans un guêpier
    Brise le cœur d’un coup de glaive et tout espoir est occulté.

    Mais au Big-Bang du Paradis, tous les milliards d’âmes détonent
    Dans une explosion de passion, d’amour et de béatitudes.
    Chaque entité ragaillardie s’associe et se pelotonne
    Par l’énergie de compassion qui met fin à la solitude.

    Quand nous prions, masturbons-nous pour atteindre l’état de grâce
    Et nous relier au sacré en joignant nos mains sur le sexe !
    Car du phallus ou du minou, quel est l’organe qui embrasse
    Le plus le chemin consacré à notre salut intrinsexe ?

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Les jeux olympiques à Paris

    Les jeux olympiques à Paris

    Avec tous les conflits mondiaux, des États-Unis à la Chine,
    De la Russie jusqu’à l’Ukraine, d’Israël contre le Hamas ;
    Et j’en oublie les primordiaux ainsi qu’ ceux qui courbent l’échine…
    Bref il est possible qu’on craigne plus d’une défection en masse.

    Ce n’est pas grave car la France n’aura que la télévision
    Pour retransmettre les exploits de sportifs super vaccinés.
    Si jamais l’un d’eux concurrence l’État en autodérision,
    Il finira à Pôle Emploi ou pire sera assassiné.

    Ce ne sont pas les étudiants qui le regretteront le plus
    Puisqu’ils seront évacués pour laisser leurs chambres aux athlètes.
    Les bouquinistes et les mendiants ont eu droit sans qu’ils le voulussent
    De dire à leurs habitués de n’ plus venir faire leurs emplettes.

    Tableau de Joseph Zbukvic.

  • Concocte-moi ton 49,3° !

    Concocte-moi ton 49,3° !

    Ce gouvernement bien huilé par un président inventif
    Ressemble presqu’à s’y méprendre au piano-cocktail de Boris.
    Les ministres ont assimilé comment se rendre intempestifs
    Et les députés ont su prendre les mesures qui nous hérissent.

    Chaque arrêté ministériel, relié au quarante-neuftrois,
    Provoque son cocktail de grèves et son punch de contestations.
    Chaque décret caractériel d’un esprit retors et étroit
    Provoque des abcès qui crèvent les yeux aux manifestations.

    Les spécialités du moment ont déjà dépassé les bornes
    Car les protections sanitaires ont des effets indésirables.
    Or ceux qui démontrent comment le gouvernement nous écorne
    Auront sanctions disciplinaires, à moins d’faire amende honorable.

    Illustration de Gaëtan & Paul Brizzi pour « L’écume des jours » de Boris Vian.

  • La sirène des abysses

    La sirène des abysses

    Au plus profond des abysses dans les ténèbres éternelles
    Comment les sirènes opèrent pour éclairer leurs chaumières ?
    Afin que nul s’estourbisse sur les roches sempiternelles,
    Elles balisent leurs repaires avec des poissons-lumières.

    Ces poissons des profondeurs heureusement vivent à demeure
    Avec la faune abyssale depuis des millions d’années.
    Certains sont un peu frondeurs mais, de crainte qu’ils n’en meurent,
    Elle leur ouvre en grand la salle pour qu’ils puissent ricaner.

    Car ces poissons-lumineux, d’apparence monstrueuse,
    Préfèrent en rire à mourir plutôt que s’en lamenter.
    Rarement volumineux, en foule tumultueuse,
    Ils viennent alors concourir aux soirées ornementées.

    Tableau de Vinhza.

  • La sirène tricheuse

    La sirène tricheuse

    Une sirène qui fait sa mue, qui agit comme le serpent
    Dont les écailles se détachent à chaque changement de saison
    Et dont la queue d’or se transmue en deux gambettes s’extirpant
    D’une vieille peau qui entache le sable devant sa maison.

    Après la voici courant nue, les cheveux volant dans le vent
    Et les seins comme sémaphores qui lancent des signaux glamours,
    Bravant les hommes sans retenue qui deviennent ses poursuivants
    Et qu’elle attire sans métaphore pour les faire mourir d’amour.

    Enfin l’ogresse, car ç’en est une, verra ses jambes recouvrir
    Des écailles toutes nouvelles sur son giron ventripotent.
    C’est selon la phase opportune que j’ai pu ainsi découvrir
    Que quand la Lune se renouvelle, la sirène en fait tout autant.

    Illustration de Briony May Smith.

  • Trop de gommage tue le visage

    Trop de gommage tue le visage

    Elle s’était fait tant de gommages, de maquillages et fonds de teint,
    Qu’elle avait perdu son visage, du moins ses traits avaient déteint.
    On lui proposa de lui peindre une frimousse assez jolie
    Dont la beauté saurait empreindre toute sa figure dépolie.

    Ainsi fut fait pour le lundi, un minois fait pour le travail
    Qu’elle garde jusqu’au vendredi et qui tiendra vaille que vaille.
    Le samedi on fait les courses, elle porte un faciès à crédit
    Et le dimanche, retour aux sources, son vrai visage sans discrédit.

    Photo de Sadie Robinson sur https:fstoppers.compicturesflickr-spotlight-faceless-portraits-5820?epik=dj0yJnU9dGJYUEhoNlE3dWJUUjVodzNoc0s1Z09SeGR1dVhzOVcmcD0wJm49SHJXZWdIb0hfUGs4cnJIVi1VdTIwQSZ0PUFBQUFBR1VXYmw4 .

  • La Reine du jour et l’ange de la nuit

    La Reine du jour et l’ange de la nuit

    Elle aimait l’ange de la nuit qui partait sans se retourner
    Et quittait l’aimable séjour quand l’aube semblait revenir.
    Après elle mourait d’ennui dans l’interminable journée
    Car elle était Reine du jour et devait lui appartenir.

    Elle profita d’une éclipse pour l’attirer en son palais
    Et le garder entre ses murs par une malice insolente.
    Pour lui, ce fut l’apocalypse car le soleil équivalait
    Au terme de son âge mûr et au début d’une mort lente.

    Entre ses bras, il disparut rejoindre les anges déchus
    Coupables de s’être attachés à une créature humaine.
    Lorsque le soleil apparut ce matin-là au terme échu,
    La Reine du jour courut cacher sa peine durant des semaines.

    Tableau de Kinuko Y. Craft sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201403Kinuko-Craft.html?m=1 .

  • La paresse

    La paresse

    Le chat n’est pas plus indolent que l’est une femme au foyer †
    Même si tous deux passent leurs journées à dormir un peu n’importe où.
    L’alanguissement insolent est fait pour nous apitoyer
    Et leur prodiguer des tournées de chatteries un peu partout.

    Si vous trouvez votre femme à poil en rentrant ce soir du boulot,
    Ne cherchez pas l’amant caché si ce n’est son chat allongé.
    Les chattes aiment à rebrousse-poil vous provoquer le ciboulot
    Pour que vous soyez attachés à des caresses prolongées.

    Les deux chasseurs crépusculaires, le chat et la maîtresse-femme,
    Sont hautement qualifiés pour traquer et garder leurs proies.
    Leurs petits culs spectaculaires sont leur arme la plus infâme ;
    Pauvres de nous, sacrifiés envers l’endroit le plus étroit.

    (Gravure sur bois de Félix Valloton
    † Ni misogyne ni féministe, j’aurais pu écrire « homme au foyer » mais l’image a primé.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Jusqu’à ce que j’enlève mes lunettes

    Jusqu’à ce que j’enlève mes lunettes

    Tout allait bien ce matin-là sur la plage de la croisette ;
    Quelques bateaux à l’horizon, le vent soufflant sur les dunettes.
    Bizarrement je me sentais las, je n’étais pas dans mon assiette
    Pour je ne sais quelle raison jusqu’à c’ que j’enlève mes lunettes…

    Un ange déchu dans le ciel me parut assez démentiel ;
    L’homme au poignard ensanglanté venait à peine de le planter ;
    Une main émergeant du sable cherchait de l’aide indispensable ;
    Deux jumeaux avec tentacules en guise de jambes, sans scrupule.

    Lorsque je remis mes lunettes tout était redevenu normal
    Mais qu’est-ce que la réalité sinon l’illusion approuvée
    Par une bande de gens honnêtes qui jugent le paranormal
    Comme une autre éventualité dont l’existence reste à prouver… ?

    Illustration de Jeff Lee Johnson.

  • Il suffit parfois d’un petit coup de vent…

    Il suffit parfois d’un petit coup de vent…

    Parfois juste un petit coup de vent et nous voici de bonne humeur ;
    Une robe qui se soulève, un chapeau qui prend son envol.
    Un jupon qui s’ouvre par devant et qui atteste la rumeur
    Qui prédit que l’arrière révèle un petit derrière frivole.

    Mais pour chasser l’inattendu de la jolie fesse charnue,
    Il faut arpenter les ruelles et guetter la brise grivoise
    Qui entrouvre jupes fendues, chemisiers à col biscornu ;
    La petite saute de vent cruelle dont l’œil et le cœur se pavoisent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’ascension au Paradis – 3

    L’ascension au Paradis - 3

    De mes dernières découvertes,
    J’ai appris que le Paradis
    N’existe pas tout simplement
    Parce que Dieu ne l’a pas prévu.
    En conséquence, reste ouverte
    La question sur la parodie
    Qui appelle au rassemblement
    Les âmes de corps dépourvues.

    J’ai pris alors la liberté
    Et, en retour, l’initiative
    D’aménager une retraite
    Où j’inviterai volontiers
    Ceux qui ont passé leur puberté,
    Qui ont l’âme imaginative
    À presser le pas d’une traite
    En vue de la fin du chantier.

    J’accosterai sur mon navire
    Pour la fameuse traversée
    Du célèbre fleuve de Léthé
    Vers notre ultime destinée.
    Après trois tours de vire-vire
    Et quelques tonneaux renversés,
    Nous arriverons en été
    Dans ma cité prédestinée.

    Tableau de Jonathan Solter sur https:phaneros.lovejonathan-solter-cosmos .

  • Fine Joséphine – 2

    Fine Joséphine

    Croustillante comme une baguette sortie toute dorée du four,
    Fine Joséphine aux jolies miches était fille de boulanger.
    On vit ses affiches de starlette placardées à chaque carrefour
    Aguichant de ses yeux de biche toutes catégories mélangées.

    Les adeptes du Moulin-Rouge ainsi que des Folies Bergères,
    Ont apprécié ses revues qu’encore aujourd’hui on répète :
    « Lorsqu’elle danse et qu’elle bouge son corps dans ses tenues légères,
    Tous veulent avoir une entrevue dans sa loge pour un tête-à-tête ! »

    Joséphine aime s’enivrer de bons vins et surtout du rhum
    Qui lui rappelle les origines de ses ancêtres plein de courage.
    Mais lorsqu’elle vient se livrer pour le plus grand plaisir des hommes,
    Elle fait taire les misogynes… et fait monter les commérages.

    Tableau de Jean-Gabriel Domergue.

  • Cornes d’abondances

    Cornes d’abondances

    Entre les cornes sur la bête et les cornettes sur la tête,
    Elle était sous la dépendance de toutes cornes d’abondance.
    Sans doute était-elle insatiable et ce n’était pas négociable
    À être bien entretenue, pension, étrennes et revenus.

    Hélas le mari belliqueux tirait le diable par la queue
    Et pour faire brûler la chandelle, sa femme se fit infidèle.
    D’où les coiffures en cornettes et déshabillés malhonnêtes
    Pour soutirer les ducatons qu’elle fourrait entre ses tétons.

    Ces jours-là vous verrez la belle sortir agitant son ombrelle
    Pour signifier aux prétendants qu’ils peuvent en profiter pendant
    Le temps qui leur est imparti tant que le marié est parti
    Mais gare à l’amant qui s’attarde si l’autre rentre par mégarde !

    Tableau de Bayram Salamov sur https:valentinna.livejournal.com326369.html?style=mine .

  • Le violoniste rocambolesque

    Le violoniste rocambolesque

    Tandis que j’étais prisonnier de la gardienne de mes rêves,
    Toute une faune assez burlesque a débarqué dans ma cellule.
    Parmi les oiseaux saisonniers, j’eus droit à la prestation brève
    D’un violoniste rocambolesque accompagné de libellules.

    Je ne sais comment il jouait car de sa bouche perlait un sein
    Dont le lait giclait sur les cordes couinant de façon singulière.
    Mais en revanche, je lui vouais toute mon attention à dessein
    Car l’ensemble semait la discorde dans les pensées de ma geôlière.

    Vers six ou sept heures sonnantes, toutes les portes étaient bouclées
    Et j’ai vu au soleil couchant le vent chasser les feuilles mortes.
    Puis j’ai trompé ma surveillante en lui subtilisant ses clefs
    Particulièrement celle des champs que j’avais glissée sous la porte.

    Tableau de Reydel Espinosa Fernandez sur https:www.artmajeur.comreydelespinosa .

  • De ma chambrette

    De ma chambrette

    Lorsque la pluie fait toilettage à la fin d’un jour moribond,
    L’aurore revient l’érafler de ses rayons d’or mordorés.
    Depuis mon quatrième étage, le soleil entre par rebonds
    En me renvoyant les reflets des perspectives colorées.

    Depuis un moment les lumières achèvent de me réveiller
    Par les rais qui courent au plafond pour chasser les ombres chinoises
    Qui agrémentent ma chaumière et que je ris de surveiller
    Comme un oracle qui se morfond avec ses prédictions sournoises.

    Tous les matins de ma fenêtre, je me crée un instantané
    Afin de visualiser le film vu de ma chambrette
    Depuis que j’y ai vu renaître ma vie, moi, pauvre condamné
    À vivre et à réaliser mes nouvelles amours secrètes.

    Car je suis prisonnier à vie de la gardienne de mes rêves
    Qui m’a accueilli en décembre alors que j’étais somnambule.
    Bien sûr, je lui dois ma survie mais je cherche tous les jours sans trêve
    Comment m’échapper de sa chambre en passant par le vestibule †.

    (Tableau de Bayram Salamov sur https:valentinna.livejournal.com326369.html?style=mine
    † Rassurez-vous : finalement j’ai réussi à m’en sortir au petit matin ; Fabienne m’a réveillé en secouant mon oreiller et en criant « Allez debout ! Fais-moi mon petit déjeuner. J’AI FAIM !!!)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les déesses protectrices – 2

    Outre mes déesses du foyer, ma mère, ma femme, ma fille ainée,
    Il y a celles qui m’inspirent tout au long de mon existence.
    Dont une qui m’a envoyé tout ce qui m’aura entraîné
    Pour le meilleur et pour le pire avec une étroite assistance.

    Pour les poèmes, j’ai ma muse qui me souffle l’inspiration
    Direct dans le canal du cœur et qui illumine mon âme.
    Lorsque j’écris, elle s’amuse à piquer ma motivation
    Avec son sourire moqueur mais qui alimente ma flamme.

    Celle qui a le plus de travail, c’est celle qui gère les équipes
    De mes nombreux anges gardiens qui doivent me porter secours.
    Comme je suis, vaille que vaille, du vrai casse-cou, l’archétype,
    Ils ont un rythme circadien de quarante-huit heures par jour.

    Enfin celle que je préfère, c’est ma déesse imprévisible
    Qui fait de chaque jour de ma vie, l’aventure de ma destinée.
    Je l’appelle parfois Lucifère tant elle prépare dans l’invisible
    Une retraite en vis-à-vis d’un paradis prédestiné.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Les déesses protectrices – 1

    Ma première déesse, ma mère, n’était pas très démonstrative ;
    Souvent elle restait de marbre devant mes besoins dispendieux
    Et j’ai connu l’enfance amère privé de mes prérogatives
    Que j’aurais héritées de l’arbre généalogique des dieux.

    Après ma deuxième déesse n’était pas vraiment une mère
    Mais plutôt une grande sœur qui me fit découvrir l’amour.
    Elle m’a initié aux prouesses et leurs sensations éphémères
    Car elle m’a quitté sans douceur, brutalement au petit jour.

    Ma troisième déesse plus mature m’a donné deux très beaux enfants
    Et j’en suis devenu le père presque du jour au lendemain.
    J’ai développé leur nature vers un avenir triomphant
    En respectant chaque repère que je trouvais sur mon chemin.

    La quatrième des déesses était la plus belle, la plus grande ;
    Elle me parut inaccessible comme la plus haute des montagnes.
    Si jamais cela vous intéresse, elle m’a concédé comme offrande
    Son assurance irréversible d’être une éternelle compagne.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Flux et reflux

    Sentez le souffle de son cœur, palpez la coulée de son sang !
    Humez les embruns qu’elle expire, voyez la beauté de son corps !
    Vagues de larmes et de rancœur viennent mourir en annonçant
    Tout ce que la Terre soupire en exprimant ses désaccords.

    Vous régnez sur terre et sur mer, vous primez par la voie des airs,
    Vous défiez les lois de l’espace, de la physique et de la vie.
    Mais vos résultats sont amers et changent les contrées en désert ;
    Il faut bien que jeunesse se passe depuis que l’hiver a suivi !

    Mais sentez lorsqu’elle recule, palpez la force des marées !
    Humez les courants qu’elle inspire, voyez le soleil qui s’éclipse !
    Peu lui importe qu’on la bouscule, la mutation a démarré
    Pour le meilleur et pour le pire, voici venir l’apocalypse.

    Mais n’ayez pas peur de la mort car la Terre ne meurt jamais ;
    Elle mue, elle se transforme et elle enfante à chaque fois
    De nouvelles races matamores qui s’occuperons désormais
    De leur mandat et leurs réformes qu’elle subira encore une fois.

    Jolies Photos parmi https:archzine.frlifestylejolies-photos-prises-au-bord-de-la-mer#google_vignette .

  • Vérité n’est pas liberté

    Quand la Vérité sort du puits, elle veut effacer le mensonge
    Et révéler dans les médias les tenants et aboutissants
    De ceux qui prennent leurs appuis dans les milieux pourris qui songent
    Plutôt à taire dans l’immédiat tous leurs désirs concupiscents.

    Quand la Vérité sort du puits, elle ne plait pas à tout le monde ;
    Certains voudraient la rhabiller et d’autres plutôt la cacher.
    Elle a fait du chemin depuis toutes ces tentatives immondes
    Qui l’ont tant et tant maquillée que sa vertu en est tachée.

    Alors la vérité brandit tant bien que mal toute la lumière
    Mais le résultat paraît flou dans un brouillard d’intolérance.
    Malgré son espoir qui grandit d’être une vérité première,
    C’est la fourberie qui renfloue à force de belligérance.

    La Vérité est retombée et s’est brisée sur le pavé ;
    Fracture ouverte à l’humérus et triple cassure au bassin †.
    Elle aurait failli succomber sinon, histoire de s’aggraver,
    Elle n’était, dans son utérus, fécondée de Dieu et ses saints.

    (1er, 2ème et 4ème Tableaux de Jean-Léon Jérôme et 3ème d’Édouard Debat-Ponsan ;
    † tel fut mon diagnostic lors de ma chute de 15 mètres dans les Calanques de Marseille.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le trésor des sirènes

    Le trésor des sirènes

    Le fond des mers étant jonché de trésors issus des naufrages,
    Les sirènes ont aménagé un intérieur qui réconforte.
    Elles y attendent sans broncher que la tempête fasse son ouvrage
    Et leur envoie d’apanagées décorations de toutes sortes.

    Elles aiment les tapis d’orient et les bijoux d’ors et diamants ;
    Elles se parent de bracelets et de colliers de perles fines.
    Elles gardent en les répertoriant les œuvres d’art qui vont sciemment
    Récompenser les roitelets pour leurs pillages et leurs rapines.

    Elles surveillent les conquistadors et leurs trésors d’Ali Baba
    Qu’ils rapporteront en Espagne après y avoir fait fortune.
    Elles attendent alors la pluie d’or, après un fort coup de tabac,
    Des merveilles qui l’accompagnent pour payer l’écot à Neptune.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Poissons-chats et chiens-de-mer

    Poissons-chats et chiens-de-mer

    Les animaux de compagnie que toute sirène affectionne
    Sont dressés par des éleveurs de poissons-chats et chiens-de-mer.
    Afin que la nymphomanie de leur maîtresse se perfectionne,
    Ils participent avec ferveur à la chasse à courre outremer.

    D’abord les chiens-de-mer en meute traquent les marins aux abois
    Que tous les poissons-chats rabattent vers un emplacement précis.
    Guidée par les cris de l’émeute, la sirène fait feu de tout bois
    Afin de couler les frégates grâce au travail des poissons-scies.

    Les chiens-de-mer auront les os ; les poissons-chats, les aloyaux ;
    Tous laissent le cœur et le foie mis de côté pour la sirène
    Qui alimente le réseau des mille poissons-scies loyaux,
    En nourrissant ces disséqueurs du grand mât et de la carène.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La nuit s’étend

    La nuit s’étend

    La nuit s’étend d’un rayon vert comme une fille qui s’endort
    Sur un lit de voûte céleste avec la Lune en abat-jour.
    Quelques étoiles à découvert, surpiquées sur de grands draps d’or,
    Percent les cieux qui se délestent de tous leurs sacs de sables lourds.

    Vient le moment indispensable de réveiller sa libido
    En attirant sur sa civière comètes et astres divers.
    Enfin, la marchande de sable se met à nager sur le dos
    Car le lit devenu rivière l’entraîne au fond de l’univers.

    Mais la nuit étant insatiable, elle sollicite le dormeur
    Et le réveille d’une idée à lui faire passer la nuit blanche.
    Si sa muse est appréciable et son désir plutôt charmeur,
    L’inspiration est décidée et la création se déclenche.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • L‘ange nue

    Certaines femmes sont des anges ; certains s’en sont déjà douté.
    Or si elles sont hyper pudiques, la cause en revient à leurs ailes
    Dont la présence les dérange lorsqu’elles viennent vous envoûter
    Au lit dans des poses érotiques qu’elles font avec beaucoup de zèle.

    Au fait… comment les repérer parmi toutes les simulatrices ?
    Observez bien leurs aréoles au moment du vendredi saint !
    Bien sûr, il ne faut pas espérer voir l’aura illuminatrice
    Émanant de leurs auréoles mais on peut voir briller leurs seins.

    Alors elles trichent en ne portant ni déshabillés ensorcelants,
    Ni n’importe quoi sur le dos qui trahiraient leurs origines.
    Pour nous, ce n’est pas important ; pour elles, rien n’est plus harcelant
    Que luire, pendant leur libido, du nimbe clair qu’on imagine.

    (Tableaux de Karol Bąk sur http:touchofcolorr.blogspot.com201601karol-bak.html
    Pour rappel, le nimbe est l’auréole des saints représenté sur les tableaux religieux.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Jeux de minous

    Jeux de minous

    Les entrechats entre minous, les entrechattes entre minettes
    Sont des petits jeux qu’on pratique entre un chat, une chatte, une fille.
    Devant les félins choupinous, opérez une moulinette
    Par l’extrémité apathique de votre tresse qui oscille.

    Entre les jambes, entre les cuisses, attirez donc les deux balourds
    En ramenant cheveux au vent devant votre mont de Vénus
    Entraînez-vous afin qu’ils puissent bien faire patte de velours
    Et savourez en salivant le chat-touilleux cunnilingus.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Renversant !

    Au moment où je démarrais sur le chemin des écoliers,
    J’entendis la voix déformée par l’eau et ses mousses visqueuses.
    Je vis la Vouivre des marais avancer nue sans son collier
    Toute menue et désarmée et sans manières belliqueuses.

    Mais dès que je la reconnus, tout autour de moi bascula ;
    Elle m’apparut avec ses armes, prête à bondir sur sa victime.
    Elle m’appela « bel inconnu » et son poison m’inocula
    Par la puissance de son charme et par ses délices intimes.

    Illustration d’Ana Miralles.

  • Bridge over troubled water

    Bridge over troubled water

    Quand Simon & Garfunkel chantent leur pont sur la rivière trouble,
    Je prends ce pont vers l’aventure pour m’y troubler l’âme et le cœur.
    Et tandis que l’esprit s’enchante des frissons dont mon corps redouble,
    J’aperçois Vénus en peinture se baignant nue d’un air moqueur.

    Comme les paroles sont en anglais, j’imagine Lady Godiva
    Juste descendue de cheval se rafraîchir dans le point d’eau.
    Tandis qu’ je lui parle en franglais, elle me répond « À-Dieu-vat !
    Je suis la femme de Perceval et mon époux revient bientôt ! »

    La table ronde des chansons dans ma tête encore caracole
    Et je n’ sais si j’aurais osé profiter ou non de l’invite.
    L’amour dont je suis l’échanson trouble mon cœur de son alcool
    Et vient chaque fois me proposer d’embrasser la belle au plus vite.

    Tableau de Dmitry Oleyn sur https:www.singulart.comfrartistedmitry-oleyn-33426 .

  • Diaboliquemente religieuse

    La fille un peu mélancolique, l’esprit ailleurs et apathique
    Est en réalité chasseuse d’un cavalier à sa mesure.
    Si elle pose un air bucolique, fleur bleue au parfum romantique,
    C’est en parfaite connaisseuse qu’elle drague la Côte-d’Azur.

    Et me voilà pris à son piège, moi qui me suis cru séducteur,
    Elle m’a joué la comédie d’une manière prodigieuse.
    À peine le temps de prendre un siège, j’étais déjà reproducteur
    Des enfants de la Milady qui n’est qu’une mante religieuse.

    Tableaux de Jean-Pierre Cassigneul.

  • Vénus dans sa grotte

    Vénus serait née dans une grotte, dans la terre et non dans la mer ?
    J’avoue que cette histoire me trotte en tête avec un goût amer !
    Pourtant si j’en crois le tableau, cela semble plus une chrysalide
    Pré-équipée d’un grand hublot pour guetter sa ligne sylphide.

    D’un côté, cela paraît logique puisque la Terre est féminine ;
    Sans doute plus écologique que la mer que l’on récrimine
    Tant par Dieu et ses religions qui croient plus à la création
    Et dont les dévots sont légion contre toute autre révélation.

    Tableau de Koloman Moser.

  • Œdipe-moi

    J’ai rêvé d’Ève et du serpent mais… était-ce « elle » finalement ?
    Elle était nue, juste vêtue de bracelets et de colliers.
    Et moi ? Qui étais-je, usurpant le rôle d’Adam, également
    Nu comme un ver, juste un fétu, petit poète épistolier ?

    Soudain le serpent disparut et tous les bijoux éphémères ;
    Juste Ève me fixant des yeux et moi comme un petit-enfant.
    Dans mon rêve, il m’est apparu que j’avais envie de ma mère
    Et comme un Œdipe joyeux, je lui fis l’amour, triomphant.

    Illustrations d’Ana Miralles.

  • Veni Vidi Vici Venise !

    Je n’ai jamais atteint Venise que par les livres d’aventures
    Ou le cinéma du dimanche ou bien les bandes dessinées.
    Je n’ai pas connu d’entremise pour partir en villégiature
    Mais je veux prendre ma revanche sans pour autant me débiner.

    Ainsi, Veni Vidi Vici, je me transporte en train de rêve ;
    Arrivée en gare de Venise par l’Orient-Express, s’il vous plait.
    Mais comme je ne suis pas d’ici, je recherche un guide sans trêve
    Qui j’appellerais bien Denise si ce joli nom vous complait.

    D’ailleurs voici sa tête rousse qui vient d’apparaître sur le quai ;
    Héritière du Céleste-Empire au blason ceint d’une orchidée.
    Suivons les traces de Barberousse dont les exploits ont provoqué
    Les pleurs sur le pont des soupirs dans notre visite guidée !

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Le retour d’Amarilla

    Le retour d’Amarilla

    Depuis que sa disparition m’avait laissé l’âme orpheline,
    Mon cœur s’était cicatrisé de l’absence de ses étreintes.
    Guettant sa réapparition, toutes mes envies masculines
    Ont tant mes yeux électrisés que j’en ai la rétine empreinte.

    Je l’ai trop aimé chaque nuit, je l’ai trop peinte dans mes rêves
    Car l’image est un peu jaunie et s’estompe de ma mémoire.
    Or plus son souvenir me nuit, plus sa réminiscence est brève
    Et met mon cœur à l’agonie comme sous un coup d’assommoir.

    De l’eau a coulé sous les ponts depuis ces dix années passées ;
    J’ai réussi à l’oublier et rencontré d’autres horizons.
    Même si rien ne lui correspond, j’ai sa présence outrepassée
    Par mes poèmes publiés afin d’hâter ma guérison.

    Voici que l’on frappe à ma porte et mes réflexions se dérobent ;
    J’ouvre. Elle est là comme une reine qui cherche son prince charmant.
    Je dis « Que le diable t’emporte ! » mais voici qu’elle ôte sa robe,
    Me prend dans ses bras et m’entraîne dans un instant d’égarement.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • La dernière image avant la fin du monde

    Lorsqu’un évènement conséquent au cours de la journée survient,
    La Terre entière, c’est éloquent, paradoxalement s’en souvient.
    Ce que faisait tel ou tel père au moment de l’impact immonde
    Est retenu comme un repère crucial dans l’Histoire du monde.

    Malgré les recommandations des stations météo locales
    Personne n’a prêté attention aux crues dues aux pluies radicales.
    Toutes les mères besogneuses surprises en pleine activité
    Furent les premières trépigneuses face à l’intempestivité.

    Lorsque les calottes polaires ont fondu inopinément,
    Les établissements scolaires l’ont appris opportunément.
    Les professeurs et les élèves ont eu le temps de constater
    Que la fin du monde relève du genre humain inadapté.

    Photos LUNGENLIGA Garrigosa Studio sur https:www.behance.netgallery70352317Lungenliga-2018 .

  • L’embarcadère pour le rêve

    L’embarcadère pour le rêve ne reconnaît aucun horaire
    Et chaque départ affrété est chaque soir inopiné.
    L’embarcation paraît si brève et la manœuvre si temporaire,
    Qu’on n’a pas l’temps d’interpréter rien d’autre que sa destinée.

    On ne sait quand on est parti mais on sait que c’est pour longtemps
    Et que chaque escale révèle une aventure exceptionnelle
    Car malgré le temps imparti, le songe s’étire dans l’instant
    Et ouvre une porte nouvelle sur une idylle passionnelle.

    Passé l’archipel aux cauchemars qui n’offre que peu d’intérêt,
    Prenez le temps de visiter l’atoll aux sirènes véganes !
    Malgré les poissons zigomars qui vous mettent en garde, atterrés,
    Goûtez la générosité de Viviane sur l’Île Morgane.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • L’art de l’anxiété

    L’art de l’anxiété

    Si je donnais aux sentiments, notamment ceux de la douleur,
    Une expression de mes tourments dans un élan impressionniste
    Représentant le châtiment divin alors mis en couleurs
    Qu’apportent les gouvernements capitalistes et communistes…

    Le rouge en serait dominant comme un oriflamme de guerre
    Qui prime aux chefs-d’œuvres abstraits comme un cocktail sang et vermouth.
    Le style demeure déterminant telles ces peintures de naguère
    Qui représentaient trait pour trait les scènes de chasse aux mammouths.

    La répétition est sinistre lorsqu’elle atteint l’exposition
    Tout entière par un virus au pouvoir de l’argent nourri
    Comme une galerie de ministres, de membres de l’opposition
    Dont l’assemblée fait le chorus autour d’un président pourri.

    Tableau de Sessarego.

  • Laisse autant le vent t’emporter du pont

    Laisse autant le vent t’emporter du pont

    Les conversations sur le temps m’ont toujours paru puériles ;
    On dit que : « Lorsque vient l’orage, rapidement l’on sent des gouttes ! »
    Les politiciens tout autant n’ont que des résultats stériles ;
    On dit que : « Lorsqu’on voit leur rage, fatalement l’on s’en dégoûte ! »

    « Plus on est de fous, plus on rit ! » Cette citation sur les fêtes
    Semble une fantasmagorie qui s’applique aux élus en place :
    Plus il y a de tromperies, plus il y a de grosses têtes,
    Et plus il y a de conneries car plus c’est gros et plus ça passe !

    Constamment ils tournent en rond et se rassurent quand reviennent
    Inflation et augmentations qu’ils ont eux-mêmes provoquées.
    En fin de mandat ils seront blancs comme neige quoiqu’il advienne ;
    Leur meilleure argumentation c’est : « finalement tout est okay ! »

    Illustration de Hergé.

  • Le grand orchestre des sirènes

    Le grand orchestre des sirènes

    Il y a vingt-mille ans aujourd’hui que l’orchestre marin nous charme
    Avec ses cordes et ses bois, ses tambours, ses vents et ses cuivres.
    Beaucoup de sirènes ont produit des spectacles qui tirent une larme
    Aux marins dont le cœur flamboie pour le concert qui va s’ensuivre.

    Les crabes jouent des castagnettes, les anémones font les chœurs,
    Les coquillages tambourinent et les gymnotes se déchargent.
    Le loup de mer prend sa lorgnette et prend la barre du remorqueur
    Vers la musique sous-marine qui semble provenir du large.

    Sous l’harmonie enchanteresse des reprises et des pots-pourris,
    Les hommes à jamais attachés restent fans inconditionnels.
    Les sirènes troubadouresses, après avoir longtemps souri,
    Se feront payer leur cachet lors d’un grand banquet passionnel.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Les sirènes musiciennes

    Les jeunes sirènes n’ont pas l’organe suffisamment développé
    Mais elles compensent en apprenant à bien jouer d’un instrument.
    Avec la musique tsigane qui produit de belles mélopées,
    Elles exécutent de surprenants et superbes accompagnements.

    Comme le jazz et la java, la valse musette est à l’honneur
    Qui chauffe de l’accordéon leurs chansons aux voix aquatiques.
    D’Odessa à Bratislava, les notes au petit bonheur
    Voyagent au fil des odéons jusqu’aux côtes de l’Atlantique.

    Illustrations de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Gaité de fin novembre

    Gaité de fin novembre

    Vive la fête en fin novembre animée des premières neiges
    Et le bouquet final de blanc sur un dégradé de couleurs !
    Ainsi la rouille, l’or et l’ambre sont entraînés dans un manège
    Où la nature sans faux-semblants s’en va mourir dans la douleur.

    Mais la douleur n’est qu’apparence et sous la neige, il y a la vie ;
    Les petits et grands qui hibernent contre la froideur qui leur nuit.
    Malgré les friches et les carences et la famine qui sévit,
    Dans les terriers chacun giberne et voyage au bout de sa nuit.

    Tous les chemins mènent à Rome et fin novembre vers Noël ;
    Les sapins étirent leurs manteaux aux ornements les plus divers.
    Les sentiers exhalent l’arôme pour le rite cérémoniel
    Parmi les êtres élémentaux de Mère Nature en hiver.

    Illustration d’Aleksandra Czudżak.

  • Tristesse de fin novembre

    Tristesse de fin novembre

    Joli Novembre, quand tu commences à revêtir ta robe d’ambre
    Avec tes parures de rouille accordées à tes cheveux d’or,
    Tu nous entrouvres ta romance qui débute dans l’antichambre,
    Puis la porte que tu verrouilles sur la morte saison qui s’endort.

    Après la couleur des amours, de jour en jour tu as changé ;
    Tes caresses deviennent vents et tes baisers virent à l’orage.
    Terminé le temps des mamours, vient le temps de tous les dangers
    Avec froidures ici-devant et, par derrière, les pluies sauvages.

    Novembre serais-tu donc femme avec tes brusques sautes d’humeur ?
    Qu’ils étaient beaux les premiers temps où ta beauté était profonde !
    Ne finis pas sur cette infâme et pourtant tenace rumeur
    Que tu nous quittes pour un printemps austral de l’autre côté du monde.

    Tableau d’Agnes Cecile.

  • In Divina Verita

    In Divina Verita

    La robe d’un bon vin désigne limpidité et transparence.
    Elle évolue au fil du temps et donne des informations
    Sur la qualité de la vigne, du cépage en prépondérance,
    Et tout le cycle débutant jusqu’à totale maturation.

    La robe ambrée pour un vin jaune et pour détendre l’amazone ;
    La robe louche pour un vin trouble, le charme passe du simple au double ;
    Robe perlante et pétillante, la fille devient croustillante ;
    Robe voilée et orangée, un rendez-vous est arrangé.

    Parfum boisé en fût de chêne, les coups de foudre se déchaînent ;
    Arôme et saveur long en bouche, il est temps enfin qu’on se couche ;
    Effluves et fluides chaleureux, l’ivresse d’un amour heureux ;
    Succulence et bouquet charnu, l’une s’ouvre et l’autre s’insinue.

    Épais et bien enveloppé, le sexe devient plus syncopé ;
    Vin généreux et gouleyant, le plaisir va s’émerveillant ;
    Vin velouté, suave et tendre, l’orgasme ne saurait attendre ;
    Vin riche, sec, demi-sec, brut, l’ivresse du rut, du rut, du rut !

    Illustration de Milo Manara.

  • Rendez-vous en bas !

    Rendez-vous en bas !

    L’envolée belle à tire-d’aile, il faut y croire et puis plonger
    Avec les ailes de la foi pour tout parachute essentiel.
    Puis planer comme l’hirondelle, piquer en chute prolongée ;
    Bien sûr, ne pas avoir les foies mais glisser sur un arc-en-ciel.

    Pendant les soixante secondes que durera la chute libre,
    Sentir la caresse de l’air sur sa peau nue surexcitée,
    Embrasser les contours du monde, vivre le parfait équilibre,
    Goûter le frôlement solaire sur les fesses sollicitées.

    Le goût du risque inséparable d’une audace jusqu’au-boutiste,
    Vous fera vivre comme il se doit la plus érotique des chutes,
    Puis saisir la main secourable du marié parachutiste
    Qui vous passe la bague au doigt et vous sangle à son parachute.

    Tableau de Gregory Manchess.

  • Shiva au bain

    Shiva au bain

    Pas facile de nager la brasse quand on a huit bras et huit mains
    À moins de faire l’hélicoptère mais dans l’eau c’ n’est pas très malin.
    Mais Shiva point ne s’embarrasse de ces petits tracas humains ;
    Elle est déesse au caractère bien trempé, même cristallin.

    Par ailleurs elle nage à l’envers comme un’ pieuvre aux huit tentacules ;
    Ce sont ses jambes qui décident où elle dirigera ses fesses.
    Quelquefois tout va de travers – ce qui est normal quand on recule –
    Mais elle garde la tête lucide, même Neptune le confesse !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Comme une bête !

    Comme une bête !

    Hier soir c’était la pleine Lune et je ne sais ce que j’ai fait
    Mais ce matin je gisais nu sur mon lit empreint de sueur.
    Ma mémoire pleine de lacunes peine à rassembler mes méfaits
    Mais voici je suis parvenu à entrevoir une lueur…

    Cette nuit j’étais loup-garou, j’ai repris du poil de la bête,
    Suis parti chasser la femelle dans les endroits les plus huppés.
    Courant sur les chapeaux de roues, je suis monté à leur conquête
    En tâtant ici leurs mamelles et là leurs culs inoccupés.

    J’en ai bouffé de la chair fraîche à coup de crocs, à coups de griffes !
    J’ai honoré autant de biches qui n’étaient que chiennes en chaleur.
    Au début, elles semblaient revêches mais ont adoré l’escogriffe
    Qui savait travailler leurs miches comme une mine de grande valeur.

    Tableau de Tal R.

  • Baiser embrasé

    Baiser embrasé

    C’est bon d’embrasser une fille lorsqu’elle ressemble à Vénus
    Et goûter le suc de sa langue en joignant nos deux interfaces,
    Remonter depuis ses chevilles jusqu’à l’intime terminus
    Où mon désir devient exsangue du sang qui me couvre la face.

    C’est bon d’être un caméléon qui mute aux couleurs de l’amour
    Quand le baiser est si profond qu’il devient acte sexuel.
    Jouer de mon bandonéon soufflant dans sa grotte glamour
    Jusqu’à c’ que, d’un coup de siphon, jaillisse un cocktail sensuel.

    Tableau de Graham Dean.

  • Tranches de vies, d’amour, de mort, etc.

    Tranches de vies, d’amour, de mort, etc.

    Lorsque j’ai rencontré Brigitte, nous tournions une scène d’amour.
    Intimidé par la starlette, j’avais du mal à dire mon texte.
    Il a fallu que j’ingurgite ses sautes d’humeur et d’humour
    Mais quand je fus sur la sellette je n’eus plus besoin de prétexte.

    Lorsque nous avons fait semblant de faire l’amour dans son lit,
    Je n’savais pas comment m’y prendre alors elle m’a galvanisé.
    Quand je l’embrassais en tremblant, elle me faisait des stimuli
    Et, atteignant le bon moment, mon corps était tétanisé.

    Puis vint la séquence du crime ; je devais me jeter sur elle
    Sauvagement et l’étrangler pour enfin la jeter à l’eau.
    Étant entièrement nue en prime, la scène fut surnaturelle
    Car je me sentis épinglé à son regard sous les halos.

    Je n’ai jamais revu Brigitte depuis ma sortie de l’asile
    Mais j’y repense encore heureux d’avoir été son partenaire.
    Je rêve de venir à son gîte, là où mon actrice s’exile
    Pour échapper aux amoureux depuis qu’elle est sexagénaire.

    Illustrations de Sophie Margolin.

  • À son image

    À son image

    Dieu fit la femme à son image ou plutôt celle de sa femme
    Qui posa nue devant les anges émus par ses formes convexes.
    Il fit l’homme pour lui rendre hommage mais pas de la manière infâme
    Qui s’ensuivit dans leurs échanges quant à l’égalité des sexes.

    Mais après Sodome et Gomorrhe et le ravage du déluge,
    Il dut se résoudre à laisser l’homme faire de la femme sa boniche.
    Et pire encore, ce matamore a trouvé comme subterfuge
    De constamment la rabaisser au rang d’une simple potiche.

    Sans doute qu’au lieu de prier Dieu, son fils et le Saint-Esprit,
    Il s’rait bon de le supplier de nous envoyer sa compagne.
    Elle serait plus appropriée pour chasser de l’homme le mépris
    Envers sa femme et publier qu’ensemble ils battent la campagne.

    Sculpture de David Simon.

  • La règle du jeu

    La règle du jeu

    Ni un bon dieu, ni un démon, ni diable, ni ange déchu
    Mais un duo de divinités en train de jouer la partie
    Où interviennent goémons, chevaux de bois, boucs barbichus,
    Et au milieu l’humanité engagée sans contrepartie.

    Dieux ou déesses, on ne sait pas, mais avant tout mauvais joueurs
    Qui trichent en provoquant des guerres et autres désastres sans nom.
    Quand ils passent de vie à trépas, les pions meurent dans la douleur
    De n’être considérés guère rien d’autre que chair à canon.

    Après tout qu’est-ce que le mal sinon la force du vainqueur ?
    Le but de la vie n’est-il pas de manger ou être mangé ?
    Ainsi de l’homme à l’animal, où est le monopole du cœur
    Qui passe de vie à trépas et à travers mille dangers ?

    Tableau de Reydel Espinosa Fernandez sur https:www.artmajeur.comreydelespinosa .

  • Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Parfois des mots passent dans l’air et mon p’tit avion dans la tête
    Capte ces émissions issues sans doute du cœur des étoiles.
    J’écoute les airs populaires venus par le jeu des tempêtes
    Qui se croisent dans le tissu dont je trame et brode ma toile.

    Ma muse inspiratrice nue ainsi que l’imagination
    Filtrent ensemble mes pensées sous la pleine Lune en extérieur,
    Puis précipitent le contenu dans les flots de divination ;
    Ainsi seront récompensées mes perspectives ultérieures.

    Mais il faut le feu de l’image, la lumière d’une belle intention
    Qui me font retrouver le fil de ce qu’elles m’ont distillé.
    Par ce poème, je rends hommage à la subtile intervention
    De ce miracle qui se profile au bout de ma plume stylée.

    Tableau de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .