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  • Alexandre et Bucéphale

    ce soit la monture qui ait choisi son cavalier.
    Quant à ce qui est de pourfendre pour des conquêtes triomphales,
    On dut attendre que mature le conquérant animalier.

    Or comme en attestent les sources, elle a bel et bien existé
    Cette relation singulière, unique dans l’histoire équestre.
    On dit qu’il battait à la course tous ceux qui auraient persisté
    À défier à la régulière n’importe quelle épreuve terrestre.

    Tableau d’Adrien Deggan.

  • Le soir chez les uns et les autres

    Dans nos résidences modernes où nos vies sont superposées,
    Les voisins font partie du lot de la routine quotidienne.
    Lorsque s’éteignent les lanternes, tous vont ensemble se reposer,
    Puis repartiront au boulot tous les matins en file indienne.

    Les postes de télévisions clignotent à toutes les fenêtres ;
    Au moment des informations, soit on complote, soit on sanglote.
    On se soulage en prévision pendant la pub pour son bien-être
    Tandis que fusent les sommations pour économiser la flotte.

    En période de transhumance, les gens ne vivent plus chez eux
    Mais dans le ciel en avion ou sur la route comme d’habitude.
    La continuité des vacances distingue les actifs des oiseux
    Et, comme déjà nous le savions, pour ces derniers… quelle quiétude !

    (Illustration de Pierpaolo Rovero sur http://lambidextre.over-blog.com/2020/03/le-dessin-du-jour-pierpaolo-rovero.html .)

  • La fille aux couteaux

    Aveuglée par une injustice, elle officiait comme partenaire
    À un mexicain basané, lanceur de couteau patenté.
    Craignant une erreur subreptice, fatale ou extraordinaire,
    L’avait la tête enrubannée d’un joli foulard argenté.

    Jusqu’au jour où elle décida de le fixer droit dans les yeux
    Dont le regard, sans faire exprès, sous les feux de la rampe, brilla.
    Hélas, elle l’intimida et lors d’un lancer audacieux
    La fine lame passa si près que l’homme au sombrero cria.

    Pourtant, plus de peur que de mal, elle remit alors son bandeau
    Et le spectacle recommença sans risquer la crise cardiaque.
    Il paraît même que l’animal exigea pour leur libido
    Que la belle au sang chaud pansa ses propres yeux paranoïaques.

    Tableaux de Gill Del-Mace sur https://artandcollectors.com/collections/gill-del-mace-b-1947 .

  • Fata Morgana

    Le verbe « Que la lumière soit ! » à lui seul creva les ténèbres
    Comme un mirage apparaissant dans le néant évanescent.
    N’étant pas là, ça va de soi, personne aujourd’hui ne célèbre
    La première image naissant dans l’univers opalescent.

    Quand la première graine germa pour donner ses fruits à la Terre,
    Personne n’a vu le miracle qui ne faisait que commencer.
    Et lorsque la mer renferma la première faune élémentaire,
    Nul n’a consulté quelque oracle sur l’évolution annoncée.

    Eh bien, Mesdames et Messieurs, il y eut une observatrice
    À chaque étape fondamentale depuis la création du monde.
    Dieu absorbé et minutieux dans son énergie créatrice,
    C’est sa femme, plus sentimentale, qui en filma chaque seconde.

    On l’appelle Fata Morgana mais jamais Dieu n’en parlera ;
    Il jalouse toute allusion à celle qui le désarçonne.
    Si vous voyez cette nana dans le désert du Sahara
    Ce n’sera pas une illusion mais la meuf à Dieu en personne.

    Le deuxième tableau est d’Alex Fitch. Quant aux trois autres, ce sont des images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Cauchemars récurrents

    Je cauchemarde chaque nuit quand mon cerveau fait le bilan
    Des catastrophes journalières épicées d’insécurité.
    J’ai beau recompter mes ennuis comme des moutons jubilants,
    La nuit reste inhospitalière à un sommeil bien mérité.

    J’apprends des nouvelles du monde, la mort d’une foule de gens
    Dont je ne connaîtrais jamais les causes indéterminables ;
    Les mêmes informations immondes toujours à cause de l’argent
    Qui n’entretiendra désormais qu’hélas des guerres interminables.

    Heureusement, souvent je rêve au paradis de mes envies
    Peuplé d’images de bohème dont j’assume être collecteur.
    J’apprécie ces petites trêves auxquelles mon cœur est asservi
    Et j’en nourris tous mes poèmes pour les semer chez mes lecteurs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance.
    Source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Arrête Marianne arrête !

    J’aime bien les résolutions quand elles améliorent ma vie
    Sans perturber mon entourage et quand elles font gagner du temps.
    Je ne donne pas l’absolution à Mariane et ses envies
    D’un luxe qui me décourage et qui me semble fort inquiétant.

    Voici janvier et ses réformes qui vont nous faisander l’année ;
    La hausse des prix régulière et la baisse du pouvoir d’achat.
    Il faudrait qu’elle soit plus conforme à notre vie emboucanée,
    Cette Mariane singulière soumise aux ordres du pacha !

    Mariane arrête de nous passer la corde au cou, elle est usée !
    Mariane arrête de nous piquer avec tes vaccins délétères !
    Mariane arrête de repasser tous les cinq ans à l’Élysée
    Pour nous refaire paniquer de taxations supplémentaires !

    Tableau d’EvyeniaArt sur https://www.artstation.com/evyeniaart .

  • La sirène bleue

    Dans les flots bleus, elle se cache grâce à un curieux mimétisme
    Qui lui fait prendre la couleur de l’atmosphère et du décor.
    Elle se recouvre alors de taches qui suivent un fluide magnétique
    Qui se propage sans douleur progressivement sur tout le corps.

    Lorsqu’elle émerge sur le rivage pour se mêler parmi les hommes
    Elle paraît chic dans un maillot digne des plus grands couturiers.
    Aux moments forts de l’estivage, elle sort souvent en binôme
    Avec un matelot fayot ou un marin aventurier.

    Amateur de Bodybuilding, je les repère facilement
    Et joue à les accompagner pour voir ce qui va se passer.
    Parmi les tours et les buildings, elles parviennent habilement
    À mettre la main au panier des passants dès lors dépassés.

    Bodypainting de Lymari Millot sur https://www.nadyasonika.com/gallery/item/mystique/ .

  • La sirène des temps modernes

    Depuis le siècle des lumières et l’explosion industrielle,
    Les bateaux ont perdu leurs voiles et sont équipés de moteurs.
    Or les sirènes, les premières, ont dû adapter des kyrielles
    De stratagèmes qui dévoilent qu’elles suivent d’ardents promoteurs.

    Ce sont les tours-opérateurs qui affrètent les grandes croisières
    Et qui engagent les sirènes pour en charmer les traversées.
    Par leurs chants rémunérateurs et leur séduction outrancière,
    Les recettes sont bien plus sereines et les pertes moins controversées.

    Ça ne plait pas à tout le monde notamment aux divas, aux stars,
    Aux Castafiores d’opérette, Shellalas, Ginas et Gigis.
    En revanche à chaque seconde une sirène superstar
    Fait vendre dans les supérettes du PQ à son effigie.

    Tableau d’Armand Baltazar sur https://www.kaifineart.com/armandbaltazar .

  • « Pan » dans le cœur !

    Malgré le paon de Cléopâtre mais du fait des pans de sa robe,
    Antoine a trouvé l’ouverture qui pouvait atteindre son cœur.
    Sans couper les cheveux en quatre, il suffisait que se dérobe
    Une intrusion dans la texture pour plonger la main du vainqueur.

    En descendant par la colonne qui mène au bassin des plaisirs,
    Il a parcouru la vallée sacrée de l’académicienne.
    Et plus il tâte, il étalonne le terrain qui mène au désir
    Et plus sa victime affalée de mouiller sa chatte égyptienne.

    Tableau de Joseph Christian Leyendecker.

  • Les cervolistes

    Les cerveaux lents prennent leur temps ; ils sont minutieux et précis.
    Les cerfs-volants des débutants commencent par des formes classiques ;
    Un peu de toile que l’on tend sur des baguettes étrécies
    Qui voleront en disputant les forces d’attraction physiques.

    Après ils deviennent cervolistes comme le faon devient un cerf ;
    Si l’hiver, ils cassent du bois, ils recommenceront au printemps.
    Les filles en sont des spécialistes car elles ont tout le nécessaire :
    Une ligne fine, un petit poids, le cœur léger à chaque instant.

    Tableaux de Catherine Chauloux sur https://catherinechauloux.com/les-peintures/ .

  • L’étoile de mère

    L’étoile de mère

    Chaque année apporte sa vague et le flux des mois qui déferlent
    Et le temps imprègne le sable et son reflux sale ma terre.
    Alors mon cœur part en zigzag parmi les décisions qui perlent
    Entre le plus indispensable et mes folies héréditaires.

    Chaque année apporte son vent et le flux des informations
    Et le temps en humecte l’air et son reflux mouille mon feu.
    Alors mon cœur part au-devant de toutes les transformations
    Que je pense alors nécessaires et que j’appelle de tous mes vœux.

    Chaque année apporte son souffle et le flux des conversations
    Et le temps les dilue dans l’eau et son reflux brûle et m’irise.
    Alors mon cœur pleure et camoufle ses peines en tergiversations
    Jusqu’à ce que tout parte à vau-l’eau dans un ultime lâcher prise.

    Chaque année apporte son sel et le flux des bonnes surprises
    Et le temps attise le feu et son reflux m’aère l’âme.
    Alors tourne le carrousel de toutes mes pensées éprises
    Des expériences que mon cœur veut vivre au présent, tout feu tout flamme.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’expérience alchimique

    Quand l’expérience est réussie, l’alchimiste alors la répète
    Autant de fois que nécessaire jusqu’à l’effet inattendu.
    Puis agir avec minutie et se mouiller la salopette
    Mais avant tout, soyons sincères, avoir de la corde de pendu.

    Il devra des milliers de fois diluer dans l’eau son mélange
    Et le réduire à petit feu, puis enfin tout recommencer.
    Seul l’initié aura la foi et obtiendra la poudre orange
    Qui, conformément à ses vœux, deviendra la pierre annoncée.

    Ainsi la pierre philosophale qui transmute le plomb en or
    Demande des années de pratique et maints échecs à transformer.
    Se creuser autant l’encéphale finit par faire perdre le nord
    Et les apprentis névrotiques s’y verront souvent réformés.

    (Tableau de Kinuko Y. Craft sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2014/03/Kinuko-Craft.html?m=1 .)

  • Sur le thème « mange-moi »

    L’automne m’ouvre l’appétit et je me nourris des couleurs
    De champignons de toutes sortes, cèpes bolets et amanites
    Mais juste en chromothérapie qui ne donne aucune douleur
    Et dont les pieds fessus m’apportent comme une source d’eau bénite.

    L’hiver, leurs galbes se transforment en petites fées des forêts
    Dont le pied évoque leurs jambes et le chapeau leurs jolies robes
    Pleines de lamelles uniformes et de dentelles élaborées
    Pour que leurs petits culs ingambes à ma vue, furtifs, se dérobent.

    Quant aux racines mandragores, carottes, navets et radis,
    Ce sont autant de fées sans têtes perdues pour quelques feux follets.
    Jaillissant comme des égrégores avec une soif de paradis,
    Elles répondent à mes requêtes sans pour autant être affolées.

    Alors je croque à belles dents leurs fesses dodues à souhait
    Car elles vivent alors en moi entre le cœur et la raison.
    Elles me font du bien en dedans et comme elles me sont dévouées,
    Je les conserve durant neuf mois dans le cellier de ma maison.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance.
    Source inconnue. Si l’auteur de ces images reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La nuit des chats oniriques noir & blanc

    Quand de chats tu rêves la nuit en noir et blanc uniquement
    Peu importe alors si le nombre dépasse ton entendement.
    Nonobstant la quantité nuit à un bon endormissement
    Mais sitôt qu’ils sortent de l’ombre, gare à ton désenchantement.

    Car ils vont sauter sur tes songes qu’ils vont prendre pour des souris ;
    Ils vont griffer tes cauchemars afin qu’ils soient plus éprouvants.
    Ils te diront dans un mensonge que tu es nue comme une houri
    Et qu’un lubrique zigomar va se branler en te trouvant.

    Au premier matou onirique, s’il est blanc va le caresser.
    S’il est noir, appelle ton chien, ton cheval ou ton perroquet ;
    Lâche-le sur ce vampirique chat avant qu’il t’ait agressé
    Et aussitôt, mine de rien, disparaîtra ce paltoquet.

    Photo d’Adina Rafaila.

  • Tempête dans un verre d’eau

    La cybernétique excellente créera des femmes sur mesure
    Dessinées sur ordinateur, imprimées en 3D couleur.
    On choisira de succulentes et généreuses créatures
    Damant le pion au Créateur en les accouchant sans douleur.

    Pour les femmes, l’homme enfin parfait sera disponible à souhait,
    Chanteur de charme irrésistible, danseur de tango argentin.
    Elles pourront lui prendre un forfait d’attentions les plus dévouées
    Afin de faire l’impossible : chaque jour la Saint-Valentin.

    Pour les hommes, comme les voitures, il leur faudra de beaux châssis,
    Airbags de série résistants et multiprises érotisées
    Qui montent en température assurant la suprématie
    Du conducteur en l’assistant de positions favorisées.

    La guerre des sexes n’aura pas lieu et les genres seront bien gardés.
    La révolution érotique ? Tempête dans un verre d’eau !
    À trouver le juste milieu, j’ai beau chercher et regarder
    L’avenir sonnera robotique pour nos futures libidos.

    (Montage photo de Jung Won Park sur https://cgfrog.com/incredible-3d-character-designs-and-game-fantasy-art-works-by-jung-won-park/ .)

  • La nuit des chats oniriques en couleur

    Quand de chats tu rêves la nuit en rouge en jaune, en bleu, en vert
    Ou en indigo, c’est bon signe : la couleur est déterminante.
    Si le chat noir et blanc te nuit et te fait rêver de travers,
    Le chat de couleur te désigne une destinée dominante.

    Le chat rouge, symbole du sang, indique une bonne santé ;
    Le chat jaune comme un soleil, de très beaux jours en perspective.
    Le chat vert, emblème puissant, signale une soirée enchantée
    Et le chat bleu, juste au réveil, pointe une surprise affective.

    Mais l’indigo est compliqué, il faut trouver son complément ;
    Le chat violet ou lie-de-vin a plusieurs interprétations.
    Inutile de t’expliquer que la couleur est l’élément
    Qui te rapproche du divin mais aussi des complications.

    Tableau de Daniel Patrick Kessler.

    
    
  • Nouvelle mode Homme/Femme

    Quelle sera la prochaine mode dans ce vingt-et-unième siècle ?
    Des vêtements climatisés ou des corps nus bien maquillés ?
    Pour ceux qui vivent aux antipodes, de jolis tatouages espiègles
    Ou une peau chromatisée sur des motifs bien habillés.

    Le corps durera plus longtemps, les femmes auront toujours vingt ans
    Un bodybuilding pour la plage, un nouveau look pour chaque jour.
    Une robe couleur de printemps qui puisse se porter à plein temps
    Et qui permette l’accouplage par un déshabillé glamour.

    À l’instar du caméléon, se confondre dans le décor,
    Devenir participatif, soucieux de l’environnement
    Ou par liaison de nucléons qui tisseraient sur tout le corps
    Un plasma représentatif de nos propres raisonnements.

    Tableaux de Daniel Loveday sur https://www.artfinder.com/artist/daniel-loveday .

  • L’année nouvelle

    L’année nouvelle

    L’année nouvelle me procure une bourse de découvertes
    Que je vais pouvoir dépenser j’espère le plus adroitement.
    L’année se révèle sinécure avec toutes portes ouvertes
    Lorsque je suis récompensé de ses meilleurs appointements.

    Mais pour cela, pas de mystère. Je dois chevaucher la prudence
    Qui véhicule mes désirs en louvoyant entre les choix
    Délaissant les plus terre-à-terre pour privilégier l’abondance
    Et les plus subtils des plaisirs selon ce que le cœur m’échoit.

    Évidemment tout se complique dans la folie de notre monde
    Qui joue de l’insécurité et jongle avec l’adversité.
    Inutile que je vous explique comment fuir les pièges immondes
    Si ce n’est par témérité, confiance et fidélité.

    Des pièges, il y en aura toujours – toute la vie en est pavée –
    Alors je dois les assumer et en absorber l’expérience,
    Puis continuer au jour le jour mon chemin sans cesse entravé
    Mais sans me laisser consumer par l’afflux de désespérances.

    Tableau de 25kartinok sur https:www.deviantart.com25kartinok .

  • Adieu année ingrate !

    Adieu année ingrate !

    Je ferme la boîte de Pandore que l’année a alimentée
    Avec ses guerres et ses combats, ses crises et ses désolations,
    Les vrais-faux amis qui m’adorent mais ne font que complimenter
    Ce qui me tire par le bas pour leur propre consolation.

    J’arrête de me lamenter sur l’argent et le temps perdu ;
    Mieux vaut repartir de zéro que ressasser mes illusions
    Qui continuent de pimenter et laissent à ma bouche éperdue
    Le résidu du braséro de la flambée des collusions.

    Je fais le vide autour de moi de l’extérieur à l’intérieur
    Comme si j’avais un nouveau cœur qui va consumer mon passé.
    Très lentement sera ce mois où, à chaque degré supérieur,
    Je me poserai en vainqueur de chaque seconde passée.

    Le temps alourdi de remords n’existe plus ; il est passé,
    Emporté par le lâcher prise qui me libère de mes peurs.
    Qu’importe l’approche de la mort, les autres jours seront placés
    Sous une vie pleine de surprises. Plein gaz et à toute vapeur !

    Tableau de 25kartinok sur https:www.deviantart.com25kartinok .

  • Le temps, c’est de l’amour en balance

    Si les saisons révélatrices de la révolution solaire
    Marquent la Terre de couleurs et diverses températures,
    L’horloge mystificatrice dont le temps est protocolaire,
    Semble un passage sans douleur, inconsistant et sans structure.

    Même les religions s’opposent dans la mesure de l’année ;
    Les unes la veulent solaire quand d’autres l’exigent lunaire.
    On dit que Dieu, on le suppose, nous aurait ainsi condamnés
    À affronter avec colère sa dimension imaginaire.

    Ainsi la frontière des ans n’est qu’une conception humaine ;
    Heure d’été, heure d’hiver ne sont que des valeurs abstraites.
    Finalement c’est au présent que l’amour va et se promène
    Et rythme dans notre univers nos heures les plus guillerettes.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak .

  • Un petit tour en féérie pour 2024

    La fin d’année, comme une femme apparaît au bain de minuit
    Et laisse miroiter son corps d’un sex-appeal plein de promesses.
    Abusant d’artifices infâmes pour nous charmer toute une nuit,
    Mirifique et bien plus encore, le nouvel an fait sa grand-messe.

    Non pas des vœux superficiels, des résolutions infidèles,
    Ni de santé enjolivée de bonheur pour faire bon poids,
    En ce bout d’an interstitiel qui disparaît à tire d’aile,
    Qu’est-ce qui pourrait mieux motiver qu’un spirituel je-ne-sais-quoi ?

    Sous le regard impitoyable du temps qui mesure les ans,
    Je vois son sablier qui file fixant son nouveau numéro.
    Douze mois, aussi incroyables soient-ils, vont suivre dès à présent
    Pour un combat qui se profile et dont nous serons les héros.

    Photos de Ryan McGinley sur https:www.doctorojiplatico.com201312ryan-mcginley-body-loud.html .

  • Le chat et la souris

    Le chat et la souris

    Bien sûr, le chat et la souris ou le corbeau et le renard
    Ne sont que des masques trompeurs qu’on utilisera toujours.
    Le chat se déguise en souris et s’approche ainsi goguenard
    Pour paralyser par la peur ceux qui s’ font avoir tous les jours.

    Quand la renarde a le fromage, les corbeaux volent sur les plaines
    À la recherche de la pitance qui leur est ainsi extorquée.
    Et chaque fois qu’ils rendent hommage à ceux qui ont la panse pleine,
    Ils ne font qu’humble pénitence envers qui les a escroqué.

    Méfions-nous du chat qui dort, qui de la chatte ou du minou,
    Qui fait sa patte de velours, qui nous flagorne et nous ravit.
    Certains sont une mine d’or pour nous faire mettre à genoux
    Et nous soulager, vieux balourds, de toute notre énergie de vie.

    Tableau de Jean Bailly sur https:www.i-cac.frartistebailly-jean.html .

  • O tempora, o mores !

    J’avais souvent cette impression que le monde devenait fou
    Et que chaque jour la folie augmentait implacablement.
    Sans doute dû à la pression faite à ceux qui n’ont pas un sou
    Et leur profonde mélancolie sans espoir du moindre changement.

    Puis j’ai compris que les médias, par vocation d’information,
    Nous surchargeaient d’actualités pour, demain, les abandonner.
    Chaque malheur dans l’immédiat devient leur préoccupation
    Sans que l’éventualité de faire un geste soit donnée.

    Puis j’ai compris qu’un monde en crise oblige chacun à se taire ;
    On devient heureux de son sort face à ceux en désavantage.
    La précarité, sans surprise, devient une arme élémentaire
    Maniée par les riches – et consort – pour conserver leurs avantages.

    Quelle époque épique efficace que celle où la sainte science
    Augmente la durée de vie aux dépends de sa qualité.
    Une société perspicace serait celle qui aurait conscience
    D’aider les pauvres sur le parvis à vivre avec humanité.

    (Tableaux de Melissa Mustacchia ;
    « O tempora, o mores » est une locution latine signifiant « Quelle époque ! Quelles mœurs ! ».)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le repaire de Muréna

    Le repaire de Muréna

    De son repaire, Muréna guette le pêcheur imprudent
    Qui vient s’aventurer chez elle guidé par l’âme chasseresse.
    Fidèle fille d’Athéna, elle l’attire lui préludant
    La proie facile d’une demoiselle à porter à son palmarès.

    Mais connaissez-vous la murène, poisson aux dents longues et pointues
    Qui vit dans les trous de rocher mais jamais n’attaque un plongeur ?
    Or dans ces galeries souterraines, il arrive qu’un pêcheur têtu
    Viennent de trop près l’approcher… et la murène mord le nageur. †

    Quand Muréna est dérangée, elle fait usage de ses charmes
    Afin de capter l’intérêt du chasseur qui devient gibier.
    Elle empiège alors l’étranger qui pense qu’elle n’a pas d’arme
    Et lorsqu’il croit l’avoir ferrée… elle l’égorge dans le bourbier.

    (Tableau de Waldemar von Kozak.
    † « Le repaire de la murène » une aventure de Spirou & Fantasio d’après André Franquin.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La Voie Manta

    La Voie Manta

    Comme des oiseaux migrateurs en route pour d’autres pays,
    Les raies mantas s’en vont aussi découvrir des mers plus sereines.
    Qu’il est heureux l’admirateur qui voit sous ses yeux ébahis
    La transhumance qui s’associe à la migration des sirènes !

    Les raies mantas pavent les voies qu’emprunte le flot des sirènes
    Comme une autoroute piscicole pour bolides aux ombres falotes.
    On n’y voit rien ! C’est à la voix qu’elles suivent fidèlement leur Reine
    Ladite Manta qui s’y colle dès qu’elles ont besoin d’un pilote.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le paon de Cléopâtre

    Le paon de Cléopâtre

    Quand il fait chaud en son palais, Cléopâtre est plus dévêtue
    Et se balade les seins nus dans ses jardins entretenus
    Où Marc-Antoine s’est emballé lorsqu’il la vit si peu vêtue
    Et est plusieurs fois revenu suite au coup de foudre advenu.

    Or Cléopâtre avait un paon et l’animal était jaloux
    De ce compétiteur romain qui lui procurait maints courroux.
    Chaque fois que ce chenapan pointait ses longues dents de loup,
    Le paon lui barrait le chemin simplement en faisant la roue.

    Tableau d’Edward Mason Eggleston.

  • Les pans de Cléopâtre

    Les pans de Cléopâtre

    Lorsqu’il fait froid dans son palais, Cléopâtre est drapée de soie
    Et même plutôt deux fois qu’une avec des pans sur les côtés.
    Pourquoi cet étrange ballet qui parfait l’image de soi ?
    Mais pour, sans la moindre lacune, séduire la communauté !

    Bien sûr, les historiens antiques, ont fort négligemment brodé
    Sur cette rencontre mythique entre Antoine et la Cléopâtre.
    Mais quand l’histoire romantique supplante la légende érodée,
    Par cette fable hypothétique, nous sommes tous pliés en quatre.

    Tableau de Kinuko Y. Craft sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201403Kinuko-Craft.html?m=1 .

  • Made in Japan

    Made in Japan

    Histoire de culture & tatouage ou tradition d’un art sacré,
    Affirmation d’identité, voire aussi tabou illégal.
    Le dragon encore, à tout âge, au culte qui lui est consacré
    Traduit ses fans en densité d’un caractère sans égal.

    Du Yakuza à la Geisha, ils vont jusqu’à braver la loi ;
    Quitte à cacher leurs impressions sous des vêtements ordinaires.
    Un corps en peau de galuchat me semble alors de bon aloi
    Pour manifester l’expression de personnes extraordinaires.

    Vu sur https:tattoosboygirl.comjapanese-yakuza-tattoos-with-meanings-and-history .

  • Le cadeau

    Le cadeau

    Pour lui rappeler son pays et ses arbres aux fleurs rougeoyantes,
    Il lui en offrit un arbuste pour lui décorer le salon.
    Le soir, sous ses yeux ébahis, elle se montra émoustillante,
    Entièrement nue, bravant le buste et agitant ses mamelons.

    Mais voilà ! Pour goûter le fruit, il lui fallut encore attendre
    Que le soleil fasse mûrir la fleur qui lui était revêche.
    Mais en bon jardinier instruit, il a pu jouir de sa chair tendre
    En ne cessant de la nourrir d’amour et de beaucoup d’eau fraîche.

    Tableau de Józef Mehoffer.

  • Les deux pommes d’Adamazone

    Les deux pommes d’Adamazone

    Personne n’en a jamais rien su mais Lilith eut sa deuxième chance,
    Fut envoyée en Amérique dans la forêt amazonienne
    Et connu une nouvelle issue en recevant l’intelligence
    Par l’anaconda féérique doté de vision daltonienne.

    Comme il ne savait distinguer les couleurs rougeâtres et verdâtres
    Et qu’il était myope de surcroît, il offrit deux grosses papayes.
    Lilith envoya valdinguer les fruits à la gueule du bellâtre,
    Voilà du moins ce que l’on croit, puis elle en aurait fait ripaille.

    Mais quand Dieu vint la visiter, il se perdit dans le bayou ;
    Lilith ne fut jamais punie pas plus que tous ses compagnons.
    Dieu parut un temps hésiter et déclara que ces voyous
    Seraient à jamais démunis face à l’emprise du pognon

    Photo de Selena Jutton.

  • L’atelier de création

    Tous les avis ont divergé lorsqu’il s’agit de créer l’homme ;
    Certains voulaient un assemblage à partir des bêtes imparfaites,
    D’autres ont préféré gamberger à partir d’un nouveau génome
    Et mettre tous leurs avantages pour créer la femme parfaite.

    Parfaite en tous les points de vue mais il lui fallut un mari.
    On prit le taureau par les cornes et le gorille pour sa force,
    Tout fut, un peu au dépourvu, réglé manu militari
    Et bien que la bible l’écorne ce fut une sacrée entorse.

    Tableaux de Ljubomir Popović.

  • L’esprit de Noël

    Lorsque tu sentiras passer l’esprit de Noël à minuit,
    Ouvre ta plus haute fenêtre et observe dans la pénombre
    Les volutes vertes espacées qui silencieusement dans la nuit
    Frôlent la cité et pénètrent par les interstices dans l’ombre.

    Lorsque l’Étoile du Berger scintillera sur l’horizon,
    Guette le passage des rennes qui viennent du chariot d’or
    Dont les grelots vont asperger d’étincelles les toits des maisons
    Marquant le chemin des étrennes tandis que ton enfant s’endort.

    Tu lui raconteras demain l’esprit de Noël qui revient
    Récompenser celui qui croit que l’Univers est à l’écoute.
    Il est prêt à tendre la main à qui accepte ce qui vient
    Féconder l’âme qui s’accroît d’éternité coûte que coûte.

    Illustration de Casey Robin.

  • La nuit de Noël

    Les nuits de Noël magnétiques qui attiraient comme un aimant
    Toute la magie de l’enfance m’étaient souvent interminables
    À guetter la signalétique des rennes dans le firmament
    Avec toute la magnificence d’un traîneau inimaginable.

    Les années passent et la couleur a changé petit à petit ;
    Au milieu de l’adolescence, les rêves changent peu à peu.
    Les joies, les peurs et les douleurs qui parfois coupent l’appétit
    M’ont apporté la connaissance d’un monde qui fait ce qu’il peut.

    Aujourd’hui l’année va trop vite ; Noël revient bien trop souvent.
    Je vis une répétition de trois cent soixante-cinq retours.
    Retour des ennuis que j’évite, retour des moments émouvantséprouvants,
    Retour des mêmes émotions qui font battre mon compte-tours.

    Tableau de Frederick Cayley Robinson.

  • Paix sur la Terre

    Paix sur la Terre

    Le passé sombre s’obscurcit, le présent lourd s’appesantit
    Et j’ai l’impression que le mal finira par vaincre le bien.
    Mon cœur peu à peu s’endurcit peut-être aussi s’anéantit
    À cause de l’homme-animal et l’esprit au stade amibien.

    Alors je lance des messages comme bouteilles jetées à la mer
    Dans l’océan de l’avenir en quête d’accomplissement.
    Qui sait ? Peut-être serons-nous sages dans un million d’années amères
    Où nous aurons le souvenir quand nous priions propicement.

    Parfois je rêve devenir dieu mais après un temps infini
    Où s’accumulerait chaque vie gagnée au crédit de mon âme.
    Temps éternel et fastidieux, digne d’un embrouillamini
    D’existences inassouvies auxquelles mon être réclame.

    Et même si tout ça c’était vrai, n’ayant pas le mode d’emploi
    Je revendique aux quatre vents et je demande à l’Univers
    Que si mon âme recouvrait sa vraie substance qui se déploie,
    Qu’elle me concède de mon vivant juste de quoi passer l’hiver.

    Illustration de JRSlattum sur https:www.deviantart.comjrslattumgalleryall .

  • Pas de Noël cette année !

    Arrêté un soir de décembre par des bandits bêtes et méchants,
    Il a tremblé de tous ses membres sous les six-coups effarouchant.
    Le Père Noël est attaqué et sa tournée est déjouée ;
    Le Père Noël estomaqué est dépouillé de ses jouets.

    Récidive un soir de janvier, les mêmes malfaiteurs entraînent
    Les trois rois qui sont conviés à abandonner leurs étrennes.
    Volant l’or, l’encens et la myrrhe aux mages en plein désarroi,
    Les quatre lascars leur permirent de partir sans tirer les rois.

    Illustration de Morris.

  • D’eau, de terre, d’air et de feu

    La femme est d’eau fraîche et d’amour et semble même insatiable ;
    Son homme fera ce qu’il peut pour lui faire atteindre l’orgasme.
    Si elle simule avec humour une extase inappréciable,
    Elle échangera la mauvaise queue pour une autre avec enthousiasme.

    La femme est aussi terre-à-terre et prend le taureau par les cornes
    Qui devra bosser sans relâche pour lui construire sa maison.
    Elle en sera propriétaire et si « Lui » dépasse les bornes,
    Elle divorcera de ce lâche souvent à tort ou à raison.

    La femme a l’air dévergondé, femme-enfant toute énamourée ;
    Son compagnon devra la suivre sans se poser trop de questions.
    Pourtant s’il va vagabonder et folâtrer dans les fourrés
    Avec une autre, il va s’ensuivre une flopée de congestions.

    La femme a le feu à la croupe au moment de l’ovulation
    Et l’homme jouera au pompier pour la satisfaire dans son lit.
    Et s’il le faut, toute une troupe conviée à la copulation,
    Afin, tout en prenant son pied, de chasser sa mélancolie.

    Illustrations de Duane Bryers sur https:meladan.livejournal.com516315.html .

  • Un, deux, trois et le clou du spectacle

    Un chat pitre ouvre la revue des folles bergères du pâturage
    Avec sa pelote de laine pour enchaîner les numéros.
    Comme un fil d’Ariane prévu, qui vous guide et vous encourage
    À poursuivre sans perdre haleine les aventures de nos héros.

    Deux chiens qui s’aiment d’amour tendre, robes violette et orangée,
    Vous miment l’histoire incroyable des chiens d’Ulysse et Pénélope.
    Ils parsèment leur carte du tendre d’os à moelle et puis d’os rongés
    Dont ils jalonnent l’inoubliable parcours obscur et interlope.

    Trois jeunes cabots dans le vent, coiffés d’un fruit orchestrateur,
    Entonnent en bouquet final un pot-pourri, bien entendu.
    Le trio s’avance au-devant de la scène face aux spectateurs
    Et saluent d’un original coup de théâtre inattendu.

    Coup de théâtre musical : ce sont leurs puces compositrices
    Lointaines cousines éloignées des scarabées de Liverpool.
    Pour un spectacle dominical, c’est d’une joie inspiratrice
    Dont vous tous pourrez témoigner des chiens géniaux, un peu maboules.

    Tableaux de Daniel Patrick Kessler.

  • Le marginal

    Le marginal

    Chacun voit midi à sa porte et à chacun sa vérité ;
    Le marginal cherche sa voie là où les autres ne vont pas.
    Un tournesol qui se comporte d’une façon déméritée
    Ne se soumet pas à la voix solaire mais à son propre compas.

    Les tournesols naissent égaux, du moins surtout à la naissance,
    Mais perdent leur égalité en grandissant selon la sphère
    Qui favorise leur ego en leur apportant connaissance
    Et surtout par la qualité acquise du sens des affaires.

    Certains essaient d’accaparer et détourner leur habitat ;
    D’autres abusent de leurs semblables et leur font payer l’eau du ciel
    Mais il convient de séparer les marginaux des chefs d’état ;
    Ces derniers sont d’irresponsables lèche-bottes présidentiels.

    Photo trouvée par Jacques Williet sur https:jacqueswilliet.com20180731du-bleu-au-jaune .

  • Autres formes de vérité

    Si vous cherchez la vérité, suivez la route de la foi
    Mais n’attendez pas pour autant trouver la lumière de Dieu.
    Les religions n’ont hérité d’aucune certitude en soi ;
    Sondez-en leurs omnipotents Rabbins, Papes, Imams dispendieux !

    La vérité chez l’animal entre victime et prédateur
    Obéit aux lois de la vie qui se transmettent sans effort ;
    « Manger pour vivre » est minimal, « vivre pour manger » révélateur
    Que tout dépend de la survie de celui qui est le plus fort.

    La vérité entre hommes et femmes reste encore un sujet bancal.
    Depuis sa faute originale, Ève est de honte mâtinée ;
    Fourberie et mensonge infâmes par le cordon ombilical
    Transmis de source vaginale à sa lignée contaminée.

    Mais le prix de la vérité la plus hypocrite revient
    À la devise « Liberté Égalité Fraternité »
    Dont nos mairies ont hérité et paradoxalement advient
    À une Marianne déconcertée d’une l’illusoire modernité.

    Tableaux de Voglio Bene sur https:www.vogliobeneart.comgalerie-de-visuels-voglio-bene .

  • La voix de sa mère

    La voix de sa mère

    Quand la sirène commuta sa jolie queue en jolies jambes,
    Elle conserva le contact avec la reine des abysses.
    Avec deux conques qu’elle permuta en plaçant l’une à l’entrejambe
    Qu’elle dut se coincer avec tact sur la peau tendre du pubis.

    En portant l’autre à son oreille, elle pouvait écouter sa mère
    Comme un cordon ombilical mais à distance et par wifi.
    Les conques, à nulle autre pareille, portaient tellement loin sur la mer
    Qu’aux transmissions subtropicales, c’ fut un véritable défi.

    Pourquoi sur le pubis au juste ? Sans doute que le clitoris
    Devait jouer le rôle d’antenne ou de signal répétiteur.
    On pense aussi que sur le buste perlent deux tétons qui nourrissent
    Et donc amplifient par centaine les appels depuis l’émetteur.

    Tableau de Michael Whelan.

  • La fille des ondes

    La fille au joli nez de cygne aimait autant le poisson cru
    Ainsi sans doute était-ce un signe sinon alors qui l’aurait crue ?
    En tartare, salade ou sushi, en céviche ou en tahitienne,
    Nourriture rêvée pour le chi † et, pour le corps, esthéticienne.

    Elle gagnait sa vie à Marseille à son étal de poissonnière ;
    Quand vous irez, je vous conseille de prendre sa sole meunière
    Qu’elle cuisine sans se faire prier dans sa boutique du panier ††
    Près du vieux port à la criée et ses maraîchers cancaniers.

    (Tableaux d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak
    † le chi ou le qi représente l’énergie vitale
    †† célèbre vieux quartier de Marseille.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Femme-sandwich-nature

    Pas de dessous, pas de soutif, pas de collant, pas de culotte
    Pour la femme-sandwich-nature sans compliment supplémentaire.
    Oui, le vêtement est fautif car il faut que les seins ballotent
    Entre les bois de l’armature pour un confort complémentaire.

    Mais comme elle a gardé son string pour faire taire la censure,
    Les flics n’ont pas pu l’embarquer pour attentat à la pudeur.
    N’empêche que le sponsoring devrait la doter de chaussures
    Pour courir lorsqu’un vent arqué souffle par-dessous avec rudeur.

    Illustration de Terry Dodson.

  • Le bisou bison

    Le bisou bison

    J’embrasse mon chien sur la truffe et mon cheval sur les naseaux ;
    Je fais la bise à mon bison et à ma femme sur la chatte.
    Pour faire taire les tartufes qui me traitent de noms d’oiseaux,
    J’embrasse pour leurs guérisons tous les êtres auxquels je m’attache.

    J’embrasse les femmes sur le cœur et les hommes sur ce qu’ils me donnent ;
    J’étreins les arbres des forêts et tous les couchers de soleil.
    Je suis poète chroniqueur qui se livre et qui s’abandonne
    Aux petits bonheurs honorés dont la Nature l’émerveille.

    Source inconnue.

  • The King-Kong of jazz

    The King-Kong of jazz

    Tandis que le grand singe aphone soufflait fort dans son saxophone
    En marchant parmi les rues sombres comme s’il en chassait les ombres,
    Une jeune fille amnésique, semblant sensible à sa musique,
    Attendait l’air insupporté qu’il passe enfin à sa portée.

    Il atteignit le carrefour bien qu’il fit noir comme dans un four
    Et dégagea une lumière témoignant d’une avant-première.
    Alors la fille mélomane qui était aussi nymphomane
    Jeta alors son dévolu sur la grosse bête poilue.

    Quand la musique s’arrêta, on vit la fille qui s’apprêta
    À escalader la fourrure afin qu’ensemble ils encoururent
    L’amour bestial et musical, horizontal et vertical,
    Dans les positions romantiques des passions les plus authentiques.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • Sexologie des.affecté.e.s

    Sexologie des.affecté.e.s

    Dans les toilettes désaffectées où personne ne vient jamais,
    Elle donne des cours de libido, évidemment illégitimes.
    Mais parmi le sol infecté, ses patients peuvent désormais
    Déverser derrière le rideau leurs préoccupations intimes.

    Prévu comme un confessionnal, les gens ne pourront s’empêcher
    D’avouer échecs et débandades, déceptions et frigidité.
    Face au délire obsidional des pénitents qui ont péché,
    Elle conseille à la dérobade avec force et lucidité.

    Si vous entrez vous confesser, allez à la première porte ;
    Pour les exercices pratiques, allez jusqu’à celle du fond !
    Quant aux amateurs de fessées, allez-vous-en, cela l’insupporte
    Mais pour les pervers narcissiques, ses conseils sont des plus profonds.

    Tableau de Greg Tochinni sur https:desenhaporra.wordpress.comcategorygreg-tochinni .

  • L’ennui au harem

    L’ennui au harem

    Elle domine tout le monde en ce qui concerne l’amour ;
    Elle connaît plus que tout le monde la manipulation des cœurs ;
    Elle couche plus que tout le monde, depuis longtemps, depuis toujours
    Et lors des championnats du monde, elle a terminé grand vainqueur.

    Mais elle s’ennuie finalement, elle n’a plus rien à découvrir ;
    Elle a fréquenté les harems, histoire d’être la favorite.
    Dans les bordels suisse-allemand, elle a fini par recouvrir
    Aux plus cupides des barèmes en effeuillant sa marguerite.

    Alors elle tue ses amants comme une amante religieuse
    Si jamais ils n’innovent pas lors de la deuxième rencontre.
    Je pourrais écrire un roman de ses aventures litigieuses
    Mais voilà, devant ses appas je cède et m’y blottis tout contre.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • Le retour de Vénus

    Le retour de Vénus

    Les liaisons ayant gravi de nouvelles marches d’expression,
    Remplaçons les vieilles badernes et secouons le cocotier !
    Botticelli serait ravi de connaître en réimpression
    Sa Vénus aux amours modernes habillée par Jean-Paul Gaultier.

    Cupidon gay, Vénus lesbienne, l’ensemble frise le délit
    Et complique les relations – on ne saurait le répéter.
    Ou alors, il faudrait qu’advienne un clone de Botticelli
    Qui ferait la révélation d’une déesse LGBT.

    Pour ma part, je reste classique avec une Vénus exotique,
    Femme de couleur de préférence pour des amours enluminées.
    Mais pas de Vénus narcissique, plus snobinarde qu’érotique,
    Qui ne pense qu’à son attirance et ses addicts efféminés.

    Léa T. personnifiant la Vénus de Botticelli.

  • Érotique innocence

    Érotique innocence

    Les adolescentes au lycée, en train de devenir des femmes,
    Me semblaient d’une espèce humaine insatiable à contenter.
    Emmurées dans leurs gynécées et leurs maniérismes infâmes,
    Féministes durant la semaine et les week-ends désenchantées.

    Autant il se dégageait d’elles les fantasmes les plus érotiques,
    Autant le chemin de leur cœur était semé de chausse-trappes.
    Moi, je n’étais qu’une hirondelle guettant son printemps pathétique ;
    Elles, ne cherchaient que leur vainqueur, l’apollon de première frappe.

    Mais voilà j’étais dominé par l’esprit de compétition
    Qui voulait être le plus fort en se montrant compétiteur.
    Il m’a fallu éliminer le nœud de cette inhibition
    Brisant au prix d’un grand effort mes préjugés inhibiteurs.

    Illustration d’Audrey Kawasaki sur https:www.graffeur-paris.comartistesla-talentueuse-audrey-kawasaki .

  • Mycé l’homme & Amanita sa femme

    Mycé, l’homme, habite en forêt chez ses parents de bonne souche
    Qui l’ont élevé au niveau des arbres aux plus hautes branches.
    Les deux oreilles perforées et le regard un peu farouche
    Ont fait de lui le Marivaux des amourettes du dimanche.

    Amanita le rencontra plusieurs fois au cours de l’automne
    Avec ses copines agréées, sournoises, bêcheuses, idiotes, immondes.
    Aisément elle lui démontra comment fuir sa vie monotone
    Pour ensemble aller procréer les plus beaux champignons du monde.

    Sources Marga Prieto Art sur https:www.deviantart.commargaprieto .

  • Le rêve du chat

    Le rêve du chat

    À quoi rêve le chat qui dort pendant ces instants éphémères ?
    Aquarelles aux poissons dorés, portrait du Roi Souris Premier ?
    Marche-t-il dans les limbes d’or à la recherche de sa mère
    Et ses mamelles douces adorées à peloter sous le sommier ?

    En fait, il rêve sur la colline et sous les nuages qui passent
    En forme de gros poissons blancs en guettant l’instant favorable ;
    Bondissant du sol trampoline, il capture sa proie dans l’espace
    Qui cherche un salut en tremblant dans une fuite mémorable.

    Il rêve aux oiseaux insouciants en train de chanter sur leur branche
    Tandis qu’il fait glisser son ombre ; personne ne le voit venir.
    Surgissant vif et impatient, il fauche d’une coupe franche
    Deux ou trois moineaux dont le nombre nourrira ses beaux souvenirs.

    Tableau de Claude Meow.