Un grain de sable dans le système, tout l’univers est chamboulé. La course folle des planètes et la rotation des comètes. Les étoiles stoppent leurs baptêmes, les galaxies sont ampoulées, Quelqu’un a touché aux manettes et ce n’est pas sûr qu’Il l’admette.
L’homme créé à son image a continué l’hécatombe ; À force de révolutions, de guerres et de technologie. Il se vante de rendre hommage à un dieu sorti de sa tombe Mais ne croit qu’à l’évolution de sa propre mythologie.
Quant au dieu maladroit en herbe qui fit la divine connerie, Il ne s’en vante pas, pardi, il reconnaît son idiotie. Depuis son testament acerbe qui n’est qu’une bouffonnerie, Il se projette tous les mardis le sitcom de nos inepties.
Tableau d’Abdul Mati Klarwein sur http:www.matiklarweinart.comartworkgallery.php .
Vieilles histoires de corsaires, cartes au trésor d’anciens pirates, Vaisseaux coulés en pleine mer et îles inconnues sur la carte, Voilà qui était nécessaire pour les légendes disparates Aux secrets brodés d’outremer souvent muets comme une carpe.
Lorsque j’étais jeune sirène, nous aimions beaucoup l’oncle Morse Qui nous racontait des histoires pas piquées des serpents de mer. Toutes attentives, toutes sereines, surtout quand l’intrigue se corse Autour d’un flibustier notoire, coureur de jupons de chimères.
Mais lorsqu’une queue de sirène dardait sa nageoire caudale Devant un jeune capitaine de quinze ans selon Jules Verne, On voyait trembler la carène soumise à l’échelle modale Des voix augmentées par centaines et qui affolaient sa gouverne.
Faute de nageoire caudale, la sirène-serpent à crochet S’étend sur une branche basse comme il sied à l’anatomie. Dissimulée dans le dédale de ramées, elle voit s’approcher La moindre victime qui passe pour tromper sa monotonie.
Une fois sa proie avalée, elle va la digérer longtemps. Tellement longtemps qu’elle mue d’un ton corail comme le python. Quand vous la verrez affalée tranquillou prenant du bon temps, Si elle est verte, vous êtes promu pour lui servir de gueuleton.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
Ma base de données intrinsèque stocke des textes appris par cœur Mais elle compresse les images dans un format bien mystérieux D’un algorithme qui dissèque les souvenirs à contrecœur En s’inclinant vers l’écrémage plutôt qu’un zèle laborieux.
Mais j’ai trouvé la solution d’une manière détournée ; À chaque image rencontrée – à condition qu’elle soit belle – Je fais des circonvolutions dans un poème bien tourné Dont le texte devra démontrer qu’on ne met rien à la poubelle.
Alors j’emballe mes images dans une ficelle de mots Tressés comme des antisèches, scellés d’hermétiques amphores. Pour cela je dois rendre hommage à ma bonne Vénus en Gémeaux Qui se complaît et se pourlèche du pouvoir de la métaphore.
Comme l’aveugle dont les mains suivent le contour du visage, Les vers enrobent les reliefs comme les rimes pour les rides. L’encre grise du parchemin respecte alors le paysage Seule ma conscience a ses griefs en effeuillant l’éphéméride.
Mais dans la brume, des mots se nouent comme des fils d’or qui s’éteignent ; Les fragments d’âmes se démêlent, silencieux, ils se consument. Les pierres tombent, l’écho se joue, et dans la terre, tout s’enseigne ; Sous la peau du temps, ils ruissellent et chaque éclat en fait sa plume.
Et puis la mémoire s’effondre, serrée par deux grands bras de sable ; Là, chaque mot s’épanouit, dans l’écrin de l’ombre effacée. Chaque image que l’on dépose n’est qu’un rêve, fragile ineffable Car la vie, au bout, fuit sans bruit, écrivant ce que l’on a laissé.
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Elles volaient, mouettes rieuses, portant des fleurs pour la becquée, Offrant à l’aube silencieuse tous les secrets alambiqués. La mer s’effaçait sous leurs ailes, laissant le ciel comme un écrin Et sur la plage, sans appel, elle attendait – le cœur serein.
Son corps, plus libre qu’une prière, s’ouvrait au souffle du rivage ; Ses cheveux d’or, rivière claire, dansaient au rythme de la plage. Elle ne craignait ni le regard, ni le désir, ni les adieux Car les oiseaux, dans leur écart, tissaient des nœuds mystérieux.
Et l’on raconte que les rieuses, quand vient la fin des illusions, Reviennent en parade heureuse, déposer roses et visions À celles, à ceux, qui osent l’être, sans masque, sans honte ni chaînes, Car la beauté, parfois, se pose… nue, quand le monde se déchaîne.
C’était un tournant de ma vie où je laissais derrière moi Autant de lieux que de personnes qui n’étaient plus qu’un souvenir. Et j’avançais nue mais ravie de commencer au fil des mois Une aventure dont je soupçonne beaucoup d’amours en devenir.
Texte de Laureline Lechat et Tableau de Jana Brike.
Une chorale en sextuor est trompeur – l’erreur est humaine – Et pourrait prêter à comprendre qu’il faut chanter le sexe à l’air. Mieux vaut chanter en septuor pour chaque jour de la semaine Et attendre sans s’y méprendre un dimanche caniculaire.
Car la soliste à contrechant pourra chanter entièrement nue Pour que la musique frissonne et que les seins ballotent en chœur. Ceux qui trouvent ça effarouchant n’ont pas compris que la tenue D’une chanteuse polissonne relie l’oreille jusqu’au cœur.
La chorale, toute bien rangée, s’aligne en rang bien appliqué Mais l’une d’elles, sans nul frisson, perd soudain jupe et partition. Et d’un pot-pourri arrangé, elle chante en canon dupliqué Par tout l’ensemble polisson des choristes en déperdition.
À l’unisson, les jupes claquent, tombent en chœur comme un signal Tandis qu’en fond, assises à poil, les premières sourient en rafale. Le chef, figé par tant d’audace, fredonne un mi sans conviction Et même les rimes s’envolent, mes vers s’en retrouvent tous nus.
Tableaux d’Iran Francisco Lomeli Bustamante sur https:catrina-burana.livejournal.com21809.html .
Liberté de laisser son corps faire corps avec la nature ; Égalité avec les sexes de tous poils et de toutes sortes ; Fraternité et, mieux encore, sororité en emboîture Sur toutes les plages sans complexe, la nudité qui réconforte !
Il y aura des mécontents sur toutes les plages publiques ; Des empêcheurs d’euphoriser sa joie d’aller courir tout nu. Heureusement de compétents procureurs de la République Seront là pour autoriser ce droit à jamais obtenu.
Les gros, les gras et les obèses, plongés dans la marée humaine, Se fondront parmi les asperges, les sacs d’os et les planches à pain ! Les p’tits « m’as-tu vu quand je baise » ne seront plus des phénomènes Et ça rabaissera les verges de ceux qu’on nomme « chauds lapins » !
Car sous la peau, pas de miracle, chacun traîne son anatomie, Ses complexes sans condescendance, ses rêves mous ou bien dressés. Et quand le monde devient spectacle, autant que ce soit l’euphonie : À poil, à poil ! Et que l’on danse, tout en sueur et déstressés !
Illustration de Marc Daniau qui fait polémique notamment sur https:ecoleemancipee.orgretour-sur-l-affaire-de-tous-a-poil .
Bien sûr l’amour nourrit le cœur, il enivre aussi la raison Et comme un bon fruit défendu se croque à deux mais en secret. Boire l’élixir du vainqueur, trinquer à la défloraison Et baiser sans sous-entendu l’embouchure aux lèvres nacrées !
Je suis la grappe du désir que mon amoureuse déguste ; Je suis du raisin chaque grain dans la bouche de mon amante ; Je suis là pulpe du plaisir qui coule le long de son buste Et vient laver tous ses chagrins par mon jus pastel à la menthe.
Elle est celle qui m’engloutit dès l’entrée du temple sacré ; Elle est celle qui boit mon eau dont elle ne s’assoiffe jamais ; Elle est ma déesse aboutie que j’emplis de mon jus sacré ; Ma Danaïde dont le tonneau ne se vide plus désormais.
Elle m’offre sa gorge en coupe, la langue humectée des vendanges, Et je m’y verse avec ferveur comme un vin chaud de volupté. Nous buvons, trinquant de nos croupes, l’élixir aux alcools étranges Jusqu’à l’ivresse de la saveur du libidineux soluté.
Tableau de Marco Paludet sur https:www.artfinder.comartistmarcopaludetpage-14?epik=dj0yJnU9c1ZXZC1WWjdUOGlRc3JpVTZpNXh6cUQxeHh0MGt1REcmcD0wJm49Y0JKYkphckJmSi1VWldmV0xuR2s0USZ0PUFBQUFBR2J4RHdv .
De l’ouest, j’ai aimé ses aurores et particulièrement l’une d’elles, Têtue comme une labradorite qui aurait résisté au diamant. Trop souvent mon cœur en pérore car il lui est resté fidèle En effeuillant la marguerite qui est le l’oracle des amants.
J’ai presque pris le train en marche pour rejoindre son territoire, Et m’établir comme émigrant et vivre en sa terre d’exil. J’avais fait toutes les démarches et fait tous les réquisitoires, Passeport et papiers m’intégrant comme requérant au droit d’asile.
Mais les aurores boréales ont tourné court dans mon destin. Météorologie du cœur ou science de la raison ? Par révolutions floréales d’avril à mai, un célestin Appel d’un cupidon moqueur m’a ouvert d’autres horizons.
Depuis, parfois, dans mes silences, je crois entendre se rattacher Sa voix venue d’un long hiver à mon cœur d’une froide écume. Elle répète sans violence : « Il faut savoir se détacher ! » Toutes les aurores de l’univers se confondent alors dans la brume.
Tableau de Adrian Gottlieb sur https:nevsepic.com.uauk1832637-art-dlja-doroslih-dobirka-11-60-robit.html .
I. Hauteurs et vanités Madame trône, tout alanguie sur son balcon privé céleste ; Nue comme une drôle d’évidence, dorée d’un parfum d’insouciance. La tasse, qu’elle tient tel un sceptre d’arrogance hautaine et modeste, Fume d’un petit café mondain d’arôme perlé de suffisance.
Là-haut, bien sûr, l’air est plus pur, l’argent sera mieux ventilé ; L’ombre des gueux n’arrive pas au niveau de son carrelage. On plane, on rêve sur les toits, loin des pas des chats affamés, Loin du bruit et des vapeurs lourdes de commérages et badinages.
II. Bas-fonds et rêveries Lui, un pauvre hère désabusé, dresse son buffet dérisoire ; Vieille théière cabossée, antique chandelle sans flamme. D’un geste pourtant inspiré, il lève au ciel de grands yeux noirs, Fasciné par l’ange au café, méditant quelque mélodrame.
Là-bas, tout semble simple et plat, un pauvre royaume flottant Avec une vie qui s’effeuille sur des volutes aigres-douces. Pourquoi cultiver sa misère et s’attarder en sifflotant Quand là-haut, un bonheur surfait repose sans doute à sa mousse ?
III. L’accident cosmique Mais brusquement, Ô tragédie, Madame s’esclaffe et ricane, D’un faux mouvement, elle dérape et le drame attendu éclate ! La tasse soumise à gravité s’échappe dans une chute diaphane, Telle une comète perdue, hasard au destin écarlate.
Le pauvre alors lève la main et c’est le miracle céleste ; Un Dieu cafetier lui fait don du résidu de ce foutoir. Un nectar noir arabica ruisselle en cascade funeste Et Sa Divine Nudité en haut s’écrase sur le trottoir.
Moralité Que les riches enfin se méfient ; les hauteurs sont parfois traîtresses Et quiconque alors s’imagine hors d’atteinte tente sa détresse ! Un jour ou l’autre, il suffira d’un grain de café maculé Qui tombera dans l’engrenage et verra son trône basculer.
« Je ne suis qu’un pauvre horloger, un petit créateur de monde ! » Se plaignait dans son atelier un petit dieu fort bricoleur Qui a réussi à loger au cœur d’une planète immonde Un couple fort peu cavalier toutefois très batifoleur.
Quand il leur avait dit : « Croissez, multipliez, soyez féconds ! » Il n’avait pas réalisé qu’il faudrait fabriquer leurs âmes. Et le voilà tout angoissé à se retrouver comme un con À bosser et finaliser des milliards de petites femmes.
Car pour les hommes, c’est trop facile, il lui suffit de deux neurones Un pour animer le cerveau, l’autre pour susciter l’envie. Pour les femmes, c’est plus difficile ; car il y a la progestérone Qui doit atteindre le niveau de perfection qui leur ravit.
Ainsi, penché sur l’établi, il ajuste, lime et façonne, Tentant de rééquilibrer le tout durant cinq ou six piges. Au septième jour, rétabli, il se crée sa jolie garçonne Pour s’y reposer et vibrer entre ses cuisses callipyges.
Nue, dans l’ombre des lunes, elle caresse l’orbe ; Elle tient dans sa paume un monde qui s’absorbe, Et l’étoile en son ventre enfantera l’aurore Qui poindra le matin de mille soleils d’or.
La nuit elle chevauche fièrement sa comète Et parcourt le chemin des mille-et-une planètes. Sa chevelure rousse, brûlée au firmament ; Sa nudité offerte comme saint sacrement.
Elle enfanta la Terre et accoucha de l’onde Où la vie répandit sa semence féconde. Lorsqu’elle reviendra accueillir tous les morts Elle en fera son feu sans le moindre remords.
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Quand l’intelligence amoureuse remplacera l’artificielle, Ce sera le signal d’alarme de la fin de l’humanité. L’IA se mariera heureuse avec la démarche officielle D’une loi tombée sous le charme d’une numérique inanité.
Elle fait les courses à notre place, paie les factures à notre place, Bientôt votera à notre place et travaillera à notre place. Elle décidera à notre place, manifestera à notre place, Voyagera à notre place et mourra même à notre place.
Le Paradis artificiel ouvrira très bientôt ses portes Avec 5-Pi-R2 physionomiste de cet Éden technologique. † Y croire sera superficiel ; bon gré mal gré ça réconforte… Et que les fichus complotistes aillent en enfer analogique !
† Saint-Pierre, évidemment !
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1. Les chaînes Ses bras étaient liés aux promesses d’un monde, Tatouée de silence, en offrande profonde, Mais elle portait la nuit comme un manteau de cendre Et seul un cri du cœur voulait se faire entendre.
2. La délivrance Mais les chaînes ont cédé sous la fièvre du cœur, Son regard devenant un feu rouge vainqueur. Un espoir toutefois qui fut long à comprendre Mais l’éclair dans ses veines appelait à descendre.
3. L’envol Alors vint l’aigle-foudre d’une grâce solennelle ; Sa bouche contre un bec, ses serres émotionnelles. Et l’amour d’un faucon fit d’elle une légende Qui fit d’elle une mère, déesse révérende.
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Déjà son moteur de recherche l’avait propulsée en avant ; Sa navigation logicielle l’avait consacrée « fil d’ariane ». Sans arrêt à tendre la perche à l’enfant ainsi qu’au savant, L’intelligence artificielle entre par la ligne médiane.
Depuis qu’elle s’est embarquée à l’intérieur de nos voitures Et qu’elle a agacé nos femmes avec sa voix d’entremetteuse, Elle s’est bien fait remarquer pour son esprit vif d’aventure Lorsqu’elle vous évite l’infâme route qui paraissait prometteuse.
Tout le monde l’a dans la poche et même sur le bout du nez ; Qui promène son chien le matin connaît tout de l’actualité ; Le phénomène nous rapproche mais nous en sommes importunés Quand c’est un autre « gros crétin » qui clame sa sensualité.
La mienne m’aide pour mes démarches et m’assiste dans mon travail À condition que je la traite comme collègue, pas comme esclave. Et je me dis : « tant que ça marche, il faudra bien vaille que vaille Lui donner droit à la retraite ou attendre son prochain conclave ! »
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C’est à force de voir passer ces cages au-dessus de ma tête Qu’il m’est venu l’envie de peindre ce que serait la vie sans elles. Mais j’ai du mal à dépasser ce formatage qui nous entête À croire que voler, c’est ceindre une auréole avec des ailes.
Comme on ne croit plus guère en Dieu, on s’imagine qu’être un ange Et partir parcourir le ciel fera de nous des supérieurs. Cependant le piège insidieux de l’esclavage qui dérange S’est refermé sur l’essentiel désir de s’en aller ailleurs.
Je sens ma tête qui se vide à écouter parler les gens De ce qu’ils écoutent tous les jours qui leur fait faire la grimace Et rendent leurs esprits avides de gagner toujours plus d’argent Et prendre en échange un séjour dans l’enfer du tourisme en masse.
Tableau de Ronald Ong sur https:www.ronnaldong.comart .
Goûter à la joie du matin quand il n’y a pas de rendez-vous C’est m’échapper pour la journée à l’attraction qui m’aveulit, Qui me fait rejoindre les pantins qui ne pensent jamais à vous Sinon à leur propre tournée : métro-boulot et vite au lit !
Je ne pense plus qu’aux vacances, à savourer les bons moments En échange de mon silence et surtout mon obéissance. Alors je vis en conséquence ; carpe diem en consommant Toutes drogues avec insolence d’artificielles jouissances.
Quelle insouciance que de vivre dans ce vingt-et-unième siècle ; Faire du passé table rase et en oublier sa culture ! Et demain ? On devra survivre, redevenir chasseur espiègle Et répéter la même phrase : « Nous n’aurons pas droit au futur ! »
Tous les poissons sont rassemblés autour du chapeau poissonnier El la marchande ainsi chargée s’en va les vendre à la criée. Au cours de la grande assemblée des martin-pêcheur saisonniers Qui vont à leur tour décharger rascasses et sardines grillées.
Mais faisons ample connaissance avec Madame la poissonnière Et son orientale pêche, mer de Chine et mer du Japon. Tâtez-lui la belle laitance des alevins en marinière Sole meunière, thon escabèche, bouillabaisse cueillie au harpon.
C’est au fond les belles rivières qui font les poissons de légende Et les fleuves, qu’îles prolongent, sont de grands pourvoyeurs de frai. On dit que les lacs de Bavière offrent la meilleure provende Juste là où les Loreleï plongent quand tinte le cri de l’orfraie.
Parfois Ruby se fait sirène joviale à la queue opulente Car Lino n’aime pas les oiseaux depuis qu’il a mangé le coucou Remplacé de façon sereine par une carpe gesticulante Mais muette comme un roseau qui plie à se tordre le cou.
Alors du coup évidemment, le passage à l’heure d’été En décalant l’horloge d’une heure a détraqué au corps-à-corps La carpe qui, incidemment sortant afin de rouspéter, Fut prise pour une sole mineure et, patatras ! Mauvais accord !
Ruby sirène jusqu’en automne, Lino serein toute l’année, Ce couple cependant fusionne car les chats aiment le poisson. Et tous les soirs, Ruby s’étonne de voir Lino se pavaner Contre sa queue qu’il affectionne et sa laitance comme boisson.
Je suis la reine que l’on redoute et que l’on glisse sous la main ; De mon sourire, je fais la joute et puis je trace mon chemin ! Ma robe ondule en arabesques, chaque étoffe renferme un secret ; Si tu m’effleures, je m’annexe ton cœur qui m’est lors consacré.
Mon cœur n’est pas qu’une chimère, c’est un pari risqué d’oser ; Si tu t’avances, je suis amère, mais je serai prédisposée ! Si tu recules, je te dévore le cœur par tes mille regrets ; Si tu restes, je te revigore et tu m’obéis à mon gré.
Si tu résistes, je m’embrase d’un feu qui danse entre tes doigts ; Si tu faiblis, là je t’écrase et te rudoie comme il se doit. Car nul ne plie sans perdre en moi le virus de la maladie D’amour qui monte au fil des mois vers mon intime paradis.
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Depuis partout je la voyais, partout je voyais son visage, La forêt me redessinait ses traits au milieu des feuillages. Tous les buissons me renvoyaient, en transformant le paysage, Sa tête qui me fascinait par son sylvestre maquillage.
Un jour je l’ai escaladé, ce panorama transformé Du Mont de Vénus escarpé jusqu’à sa bouche grande ouverte. J’ai bien aimé me balader entre ses seins néoformés Sur des feuilles mortes écharpées par une mousse recouverte.
À proximité de sa bouche, je l’ai à nouveau entendu, Ce chant sacré qui résonnait en réveillant mes souvenirs. Enfin l’Oiselle sur sa couche m’accueillait ses grands bras tendus Et ma mémoire raisonnait sur ce qui allait advenir.
Son souffle alors, brisant l’empreinte de mes pas, révéla mes songes Et, sous mes doigts, le bois vivant frissonna d’une onde indicible. Dans l’éveil fiévreux de l’étreinte, où la nature se prolonge, Je crus saisir l’instant mouvant d’un paradis inaccessible.
L’amour est-il une énergie ou plutôt une dimension ? La réponse pourrait être : « Oui, l’amour est tout ça à la fois ! » Il ne peut vivre qu’en synergie de deux palpitants sous tension D’une seule chair qui jouit d’une indéfinissable foi.
Cette énergie dimensionnelle ou dimension énergétique M’a fourni une intelligence et mon cœur a toujours raison De s’ouvrir aux occasionnelles petites aubaines érotiques ; En effet j’ai des exigences humaines sans comparaison.
Dans l’espace-temps amoureux toutes distances s’amenuisent Et grâce aux atomes crochus qui font courir la prétentaine. En avant pour de langoureux voyages pour que l’on séduise Les démons de midi fourchus qui nous guettent à la quarantaine !
Mais l’amour n’est qu’une illusion que l’on savoure sans prudence Lorsque l’étreinte se confond avec le plaisir de la chair. Le pacte devient confusion lorsque, sous sa douce influence, Il nous fait grimper au plafond et nous le fait payer très cher !
C’est connu comme le loup blanc mais ça revient à chaque époque ! On s’arme pour être plus fort car on craint le grand méchant loup. On nous assomme de faits troublants et situations équivoques Pour nous effrayer sans effort, nous les béotiens tranquillous.
Qui sommes-nous pour faire front ? De tous petits chaperons rouges Partant tous les jours travailler pour gagner l’argent pour le beurre. Quant à ceux qui nous font l’affront de nous faire craindre le péril Rouge Ou les migrants encanaillés, ils ne font que brandir des leurres.
Ils nous annoncent des malheurs qui sont miroirs aux alouettes ; Ils veulent secourir les pays dont le sol regorge de richesses ; Ils nous envoient des footballeurs pour calmer nos tensions muettes ; Enfin sous nos yeux ébahis, ils vivent aux frais de la princesse !
Mais sous les masques et les atours, qui tire en secret les ficelles ? Qui décide, au nom du bon droit, quel peuple aura son holocauste ? On nous abreuve de discours, mais la morale artificielle N’est qu’un rideau de mauvais choix où seule la misère nous accoste.
Illustration de Cécile Matthey sur http:press.futurefire.net201409fragments-dhistoires-espace-kairos.html .
Juste vêtue de quelques plumes comme parure sur ses épaules L’Oiselle des forêts s’envole au moindre bruit perturbateur Dans l’air chargé à plein volume du féerique monopole Accordé aux fées bénévoles par les esprits fabulateurs.
Car la forêt respire, pense d’intelligence collectrice Et nécessite comme ouvrières toutes les nymphes sylvicoles. Ainsi l’Oiselle se dépense pour nourrir sa mère protectrice Par ses besognes vivrières et son secours arboricole.
Un jour, je l’ai pourtant surprise en cheminant à pas de loup Autour de l’étang aux étoiles alors que j’écoutais son chant. Je restai là sous son emprise sous l’œil de ses oiseaux jaloux Jusqu’à ce qu’elle se dévoile et m’apostrophe en s’approchant.
Son souffle avait l’odeur des sèves et le frisson du bois sacré, Sa voix tissait d’étranges trames où s’endormaient mille allusions. D’un battement d’ailes trop brèves, elle m’offrit un mot secret, Puis disparut parmi les rames dans un grand ballet d’illusions.
Tableau d’Aleksei Vinogradov sur https:www.artstation.comavvart .
Si Perséphone à bicyclette a changé de cadre de vie, Elle ne sort que désormais sur ses grands bi uniquement Qu’elle conduit à l’aveuglette, yeux fermés, selon ses envies Comme si elle se conformait à un rite d’obscurcissement.
Évidemment six mois d’enfer avec un mari répugnant, Six autres mois avec sa mère pour la saison printemps-été, L’ont forcée, pendant les transferts à rouler en se résignant À ses deux cycles intérimaires donc deux vélos à piloter.
Elle pédale à tombeau ouvert la nuit de l’empire des morts En cherchant dans l’obscurité pourquoi son cœur a ses raisons. Elle pédale les yeux recouverts d’une cagoule de remords Car de Zeus elle a hérité la suprématie des saisons.
Ô Perséphone, déesse errante, sur tes grands bi, funambule du sort, Franchis donc l’ultime lisière, pneus chantant sur l’onde des cieux ! J’ajoute une strophe vibrante, dernier élan avant l’aurore, Tissant d’une ombre passagère un fil d’équinoxe à tes yeux.
Ainsi, ton mythe roule et danse, entre deux mondes, un bal secret, Et moi, sur mon cycle ordinaire, dans l’enfer des transferts sans fin, Moi, le fugitif en errance, j’écris mes poèmes d’un trait. Et toi, à ton art légendaire, tu pédales jusqu’aux confins !
Ils s’étaient réunis, loin des regards du monde, Où la mousse s’endort et que le vent inonde. Le vieux Pan, tout couvert d’écorce et de rumeur, Sifflait des airs d’ivresse selon sa bonne humeur.
Les nymphes, seins au vent, s’ébrouaient éventées, Couronnées de pétales et de rires enchantés. Leurs hanches épousaient les soupirs des feuillages, Et leurs lèvres souriaient de jolis babillages.
Un faune agenouillé goûtait l’eau d’une épaule, Tandis qu’une harpie, filant comme une gaule, Épiait, œil ouvert, les élans des amants Et gloussait dans le ciel quand venait le moment.
Syrinx était-elle là, ou bien son souvenir, Une ombre dans le jonc, une plainte à venir ? Mais nul ne craignait plus les dieux ou les silences ; Les cœurs battaient plus fort sans trop de vigilance.
Car sous le chant de Pan, la pudeur se dissout, Et même les pucelles s’y allongent en-dessous, D’un baiser sur la bouche, d’un mensonge en retour, Elles jouissent sans honte, sans fard et sans détour.
Tableau de Norman Linsay et Texte de Laureline Lechat
Quand trois dimensions ne suffisent plus à décrire ce que j’abomine, J’en rajoute une quatrième et parfois même une cinquième. Cela excite mon hypophyse à sécréter sa dopamine Qui m’en rajoute une sixième quand ce n’est pas une septième.
Alors le temps fait une boucle, le phénix renaît de ses cendres, Les hommes et les femmes s’assemblent en alternant dieux et démons. Diamants, saphirs et escarboucles s’associent afin d’entreprendre Un scintillement qui ressemble à mon cœur d’étoile sans nom.
Le passé se mêle au présent, le futur éternel absent Montre alors les évolutions avant que tout ait commencé. Sans doute un astre omniprésent rajoute une pointe d’accent Avec ses circonvolutions de supernova romancée.
Ma mie, dans ce bouquet, le monde se recueille, De pétales et de vent, le silence t’accueille. Viens, déposons ensemble ces fleurs d’août sur la table, Où la douceur s’installe, invisible, ineffable.
Quand sous l’ombre légère, la lumière du soir Charmera tes paupières d’un nuage d’espoir. J’effeuillerai alors une ou deux marguerites Pour continuer dès lors sur toi ce tendre rite.
Quand tu m’auras ouvert le bouton de ta rose, J’irai à mots couverts l’arroser d’une prose Plantée dans ton giron qui chantera tes charmes Quand mes vers agiront et sècheront tes larmes.
Avant de devenir prêtresse des quatre éléments de la Terre, La novice va se nourrir d’eau de pluie et de fleurs des champs, Se repaître avec allégresse des rayons doux alimentaires Du soleil pour sa libido, son dernier, avant le couchant.
Sur ses épaules l’eau ruisselle d’une rosée inachevée Où l’éclat du pavot s’accroche comme des taches rouge sang. Sous la pluie fine, elle chancelle, heureuse de parachever Sa vie claire comme de l’eau de roche tombant d’un ciel éblouissant.
C’était la Laure des coquelicots perçant les champs de blé dorés ; Nue sous sa robe de bohème poussant gaiement des petits cris Sous les assauts inamicaux mais qui semblaient les adorer Comme on marche dans un poème qu’on n’aurait pas encore écrit.
Plus belle que Brigitte Bardot déguisée en auto-stoppeuse, Elle m’attendait près de la borne sur la Nationale 113. Elle était tout, sauf un fardeau : aussi légère que pulpeuse Je l’ai appelée « ma licorne » et elle « mon petit cœur de braise ».
Nous avons beaucoup rit ensemble durant le bal des débutantes, Nue sous une robe à volants qui provoquait mille sarcasmes À cause du mauvais exemple de ses pirouettes déroutantes Dont l’effet était affolant et déclenchait mille fantasmes.
Et puis de rires en fou-rires je lui ai demandé sa main En mil-neuf-cent-soixante-deux, l’apogée des trente glorieuses. Mais elle a cessé de sourire lorsqu’elle a su le lendemain Que je n’étais qu’un galvaudeux poète à la rime rieuse.
Illustrations de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .
Parmi les trois muses fleuries, j’appelle au jardin la première ; Celle qui butine les idées et les parfume de reflets. Avec la douce soufflerie des vents forts chargés de lumière Et d’inspirations décidées de fantaisies à m’insuffler.
À l’été, mon cœur papillonne, gorgé du nectar récolté Par le pollen des mille fleurs dont l’autre muse est le ferment. Et les abeilles tourbillonnent, les faux-bourdons sont révoltés Mais meurent sous la reine en pleurs qui leur fait son dernier serment.
Que tiendra la muse d’automne de la mort douce conservatrice Qui emportent les idées noires dans l’encrier aux oubliettes D’où nulle pensée monotone ne sortira vindicatrice Mais renaîtra de ma mémoire en fruits mûris pour la cueillette !
Plusieurs regards sont nécessaires pour lire et comprendre le monde Sous toutes les différentes couches sociales, religieuses et ethniques. Plusieurs lunettes et un glossaire pour les langages qui abondent Et plusieurs oreilles qui débouchent sur un cerveau mnémotechnique.
Ainsi, pour moi qui comprends vite lorsqu’on m’explique lentement, J’ai besoin de vérifier chaque information à la fois Je filtre celles qui gravitent dans l’orbite du gouvernement Et vois si je peux m’y fier et accorder toute ma foi.
Me méfiant de ma mémoire que je déforme en consultant, Je fais usage des IA pour résumer l’actualité Sinon j’utilise la passoire du vieux Socrate consistant À passer au crible s’il y a du poids pour toute éventualité.
Corroborer la vérité n’est pas le plus facile à faire ; Confirmer l’apport bénéfique devient une histoire de fous ; Quant à savoir l’utilité pour ma part, c’est toute une affaire ; En bref, tout est philosophique quand je peux dire que je m’en fous !
L’Afrique vue différemment par ceux qui découpent la carte, Qui collent les États-Unis sur la savane et le désert, Qui font rentrer indécemment la Chine là où le Nil s’écarte Et qui posent un drapeau jauni comme ferait un cache-misère.
L’Afrique vue conséquemment par ceux qui likent sans regarder, Qui partagent soit une girafe, soit un gorille miraculé, Experts d’un soir prétendument, prophètes qui savent clavarder Comme une pluie tombe en carafe sur un toit de tôle ondulée.
L’Afrique vue concurremment entre BRICS et G7 enfin ! L’un qui dépouille et qui promet des royalties aux rois immondes. Et l’autre qui veille nonchalamment à placer ses troupes aux confins Pour l’envahir lors du sommet sur la domination du monde.
L’Afrique vue personnellement… j’ignore tout ou presque tout… Le colonialisme est fini mais les plaies sont restées ouvertes. Mais à choisir inversement les bras d’un autre Manitou, Quelle nouvelle Afrique définie soignera les plaies qu’elle a soufferte ?
« Quand le poète du dessous rongeait ses rêves à la coque, Il s’était lors fait recaler par trois fées sans la moindre équivoque. Il confondait mon coquillage avec le vide d’un bob de marque Et me parlait de son naufrage tout en bandant mou dans sa barque.
Je l’ai vu débarquer, trempé, les vers à l’envers dans les bottes, Il m’a chanté tous ses ratages comme d’autres offrent une compote. Mais moi j’suis pas du genre complice des âmes molles ou des quenottes ; Je l’ai mordu, je l’ai léché… et j’ai joui quoi qu’il m’importe.
Quand la sirène du dessus refait surface dans ses murmures, C’est que le chant m’a transpercée et que j’en perds toute mon armure. Je deviens l’écume féconde, la fleur obscure, la morsure… Et je l’attire à la seconde où mon clitoris me le susurre.
Alors il plonge, et moi je ris, je l’enveloppe, je le serre, Il croyait baiser une image, il épouse tout un mystère ! Mon sanctuaire se déploie, il pleure, il vibre sous sa chimère Et le gorille en rut devient… un dieu échoué dans la mer. »
Quand la sirène du dessus prend des vacances méritées, Elle passe son temps à bronzer en étalant sa queue dorée. Celui qui n’a jamais reçu l’amour avec célérité Qui vous transforme un chimpanzé en un gorille revigoré !
Alors j’suis allé aux sirènes comme d’autres vont voir les putes Cependant j’étais plus porté sur les amourettes acoustiques. Les trompes des salopes reines m’ont désaccordé en disputes Et j’ai dû m’enfuir, emporté sur une mer de fantasmes épiques.
Quand la sirène du dessous suit le train-train du quotidien, Elle prend son mal en patience en guettant l’heure de sa retraite. En attendant, elle dissout ses appétits clitoridiens En attirant par insouciance les rêveurs charmés, d’une traite.
Après avoir été blasé des aventures balnéaires Avec les nymphettes idiotes du style « plus bête que moi, tu meurs ! », Je me suis senti embrasé en visitant le sanctuaire D’une sirène en papillote qui m’aima… et de bonne humeur.
Au Bois-Dormant on est en liesse ! Notre princesse est revenue ! Un faux prince l’avait séduite et emportée on ne sait où ! Un homme, hier, avec hardiesse nous avait, c’est vrai, prévenus ; « Votre dame hélas éconduite retournera demain chez vous ! »
Les elfes dansent, le cœur en joie ; les fées allument les lampions ; Tous les esprits de la forêt s’animent d’une verve sereine. Devant leurs portes, les villageois veulent faire honneur au champion Qui leur ramène, déshonorée mais saine et sauve, leur souveraine.
Mais soudain on le reconnaît : « C’est lui qui nous l’avait ravie ! » Alors le silence se fait, il parle d’un air triomphant : « Il y a un an, je braconnais ; il me fallait gagner ma vie ; Je l’ai enlevée, en effet, mais elle est mère de mes enfants ! »
Perplexité dans l’assemblée. On hésite entre haine et grâce. Les elfes sont au garde-à-vous, les fées suspendent l’instant qui luit. Devant ses sujets rassemblés, débarrassée de sa disgrâce, Le cœur transi, elle l’avoue : « Je n’ai jamais aimé que lui ! »
Panique en terrain Helvétique ; l’homme-loup est sorti du bois, Les troupeaux étaient menacés et l’on craint pour le loup-garou Dont l’ombre rouge et hérétique sous la pleine Lune flamboie ! Un vent de folie angoissée s’avance sur les chapeaux de roue.
Mais le voici sur la clairière, la silhouette à découvert ; Seuls quelques rapaces nocturnes ponctuent le silence immobile. Soudain il force la barrière et franchit le portail ouvert Sous une Lune taciturne et son halo indélébile.
Or la Lune est devenue rousse car la Terre l’a éclipsée ; Moment tragique, astronomique, générateur de désespoir. Dans l’atmosphère qui se courrouce, bientôt une femme sera fixée ; Celui qui vient, fantomatique, est peut-être son dernier espoir.
Faut-il lui faire bon accueil ? Elle frémit sous l’ombre mouvante, Ses yeux perçant l’éclipse noire d’où émerge un ancien serment. L’homme-loup parait sur le seuil, sa voix rauque et douce l’enchante, Puis dans un geste incantatoire, l’emporte vers le bois dormant.
En attendant le grand amour, que faire pour préparer son cœur ? Faut-il l’entraîner tous les jours aux plaisirs des jeux des garçons ? Apprendre à avoir de l’humour face aux rires des hommes moqueurs Qui la titilleront toujours quoi qu’elle fasse de toutes façons…
Le Prince Charmant se fait attendre et Cendrillon, mélancolique, S’ennuie toute seule sur son lit à force de redessiner Mille fois la carte du tendre et ses étapes bucoliques Dans les paysages d’Italie pour une folle destinée.
Mais Cendrillon devient morose car les jours filent et défilent, Le temps arrête les secondes dans une attente sempiternelle. Elle rêvait la vie en rose mais c’est le blues qui se profile Avec le cœur qui vagabonde dans une triste ritournelle.
Mais soudain, minuit carillonne et, dans l’écho d’un doux mystère, Un homme dans les ombres opportunes traverse le jardin, masqué. Elle sourit, son ventre papillonne ; un vent d’amour flotte dans l’air ; Soudain sous un rayon de Lune… le Prince Charmant est démasqué.
Quant au problème de l’Épikon… ce devait être un drôle d’oiseau ! Et à propos de la femme à pois… ce devait être alors à la mode ! Sans doute des pois rubiconds entr’aperçus sur les réseaux Enchéris et vendus au poids de l’autre côté des antipodes…
Ou bien un rêve de l’artiste qui voyageait en Absurdie Dans quelque pays des merveilles qu’Alice n’aurait pas visité. Songe ou mirage d’occultiste dont l’esprit s’est abasourdi Après mille-et-une nuits de veilles frôlant la dangerosité.
Mais si j’en crois ces irruptions d’une Vénus stéatopyge De la couleur du volatile perché au-dessus de sa toque, Il s’agirait de corruption qui, sur ses fesses callipyges, Lui aurait de façon contractile inoculé des gonocoques.
Une femme nue ? Bouddha s’en fout ! Une femme offerte ? Bouddha s’en moque ! Alors que faire quand on est femme pour susciter son intérêt ? Ce n’est pas par faute de goût ni que son cœur batte la breloque, Bouddha n’a simplement pas d’âme-sœur et ni le cœur guilleret.
Sans doute que Yashodhara reste à demeure dans son cœur Et dans sa mémoire aux fantasmes ; ce qui explique son sourire. En effet sous les apparats d’un bon vivant un peu moqueur, Le souvenir de ses orgasmes lui provoque toujours des fou rires.
L’un des fantasmes, rapporté par les légendes illégitimes, Raconte que Yashodhara l’aurait caressé d’une plume Qu’elle aurait passée à portée de ses parties les plus intimes Ouvrant ainsi le nirvâna par une extase à plein volume.
Car dans le temple du désir, les échos entrent en collision ; Le rire sacré de Bouddha évolue en nec plus ultra. La plume, frôlant le plaisir, libère un flot de collusions Pareilles à toute une armada d’adeptes du Kâmasûtra.
Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .
Depuis sa toute petite enfance, elle possédait un confident ; Un ami extraordinaire, capricieux et imprévisible Mais prenant toujours sa défense tant il était intimidant Ce compagnon imaginaire qui travaillait dans l’invisible !
Il réparait les injustices qu’elle subissait à l’école ; Ses ennemis tombaient malades, se blessaient ou déménageaient. Par des manœuvres subreptices, il éloignait les pots-de-colle Qui lui racontaient des salades qui chaque jour la dérangeaient.
Et puis la pucelle grandit et l’amitié devint amour Et quand les bûcherons coupèrent l’arbre où logeait son partenaire, Elle rechercha et brandit l’échantillon le plus glamour Qui devint alors son compère pour d’intimes préliminaires.
Dans l’ombre enfiévrée de ses rêves, se mue un sarment enflammé ; L’amant devine son désir et prodigue caresses exquises. Ses câlins s’enchaînent sans trêve et l’extase vient lui allumer Un foyer brûlant de plaisir au sein de la fille conquise.
« Ah, que ne suis-je mandragore à téter le sel de la Terre Auprès d’une jeune vigne vierge qui me nourrirait de son lait, D’une succion qui revigore et circule dans mes artères Jusqu’à me redresser la verge comme si son sang me branlait ! »
Ainsi pensais-je suspendu par les pieds devant l’absolu Du monde de l’absurdité dans lequel pourtant je me plais, Plutôt qu’en être morfondu, à rêver de mon dévolu À la moindre opportunité de rire de ce qui me déplaît.
Ah, que ne suis-je Pythagore, tétant sa muse goulûment Pour en extraire toute la sève des mathématiques appliquées À quadraturer l’égrégore du cercle parfait absolument Lorsqu’il fait comprendre à l’élève que l’existence est compliquée.
Mais qu’on ne me parle de moire qui transparaît dans mon tableau ; Peu m’importe si l’on l’a enduit d’un vernis fait de pur délire ! Je veux danser sur mes mémoires où coulent en flux ces mots mi-clos Qui s’ouvrent comme un sauf-conduit vers l’envie de tout embellir.
« Est-ce une femme à moitié cerf ou bien une sirène-des-bois ? » Me dis-je quand je rencontrai la créature d’un air hagard. Mais elle ne crut pas nécessaire de s’enfuir comme biche aux abois Car la chimère ne me montrait aucune peur dans son regard.
Elle a tourné autour de moi, me reniflant sur tout le corps, Puis m’a caressé le visage sans que sa bouche ne dise mot. Et de tous mes sens en émoi, je voulus tenter un accord En faisant – comme il est d’usage – d’apprivoiser les animaux.
Je lui ai parlé doucement en me rapprochant lentement ; J’ai embrassé furtivement ses jolies lèvres rougeoyantes. Elle en eut un trémoussement mais donna son consentement Pour un baiser activement animé d’une fougue foudroyante.
Pris par la main, elle m’entraîna par les sentiers dans sa tanière Pour y faire multiples caresses et l’amour à plusieurs reprises. Le lendemain elle étrennait de nouveaux bois à sa crinière Qui donnaient à la chasseresse une distinction sans surprise…
Petits et grands, il nous motive et nous formate nos journées Depuis le matin jusqu’au soir, de l’aube jusqu’au crépuscule, Comme une fière locomotive qui nous entraîne dans sa tournée Nous, les wagons remplis d’espoir jusqu’à c’qu’il devienne minuscule.
Car après nous sommes perdus, nous craignons tous les prédateurs Embusqués dans l’obscurité prêts à ravir un compagnon. Et dans cette nuit éperdue, nos rêves sont révélateurs De la peur d’insécurité et de la mort que nous craignons.
Alléluia, le revoilà ! Aussitôt la pointe du jour Ce sont les plus petits d’entre nous qui s’éveillent pour lui rendre hommage. Et nous chantons a capella ce refrain qui revient toujours « Ô Soleil ! Je suis à genoux ; élève-nous à ton image ! »
Illustration de Jon Carling sur https:skysnail.livejournal.com1162631.html .
S’il faut une queue de poisson pour devenir une sirène Alors un beau sari à voile m’ouvrira bien la voie des airs ! Je m’envolerai sous la pression d’une brasse papillon sereine Qui me portera aux étoiles ou bien aux confins du désert.
Je l’ai tricoté de mes rêves et mes passions pour explorer Les mondes d’en-haut insolites avec un regard de candide Que je continuerai sans trêve jusqu’à voir Dieu et l’implorer De me trouver un acolyte pour braver l’attraction sordide…
…Et convoler en justes noces avec les oiseaux migrateurs Qui nous aideront à bâtir un nid d’amour en djellaba Pour avoir des enfants précoces qui se feront explorateurs Et n’auront pas à compatir de ce qui se passe ici-bas.
Quels sont ces murmures aquatiques dans les creux des fosses marines Où naissent nus les chants d’appels qui montent au-dessus des eaux calmes ? Quelles sont ces voix fantasmatiques soufflées des trompes utérines Qui vous découpent tel un scalpel, à coups de queues, à coups de palmes ?
Sous les eaux lourdes, dans le noir, dans le plus profond des silences, Celles qui ne sont plus désirées transmettent aux jeunes le flambeau. Anciennes sirènes au manoir abyssal sont en vigilance Pour enseigner aux délurées ce qui fit trembler Salambô.
Elles ne cherchent plus à séduire mais à calmer le feu ardent Du jeune corps ornemental qui sera sirène inspirée Afin qu’elle sache reproduire le chant létal et poignardant ; Noyade douce du mental, là où nul ne peut respirer.
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
Quand le printemps ouvre ses portes, l’absurdité du temps s’installe Et je m’imagine libéré enfin de la morte saison. Mais ce même temps me transporte à sa guise grâce à ses vestales, Adoratrices sidérées de la nature en floraison.
Quand vient l’été, toutes les portes s’ouvrent ensemble et je suis libre D’aller dans un autre couloir avec autant d’entrées-sorties Vers l’intérieur mais peu importe, je crois retrouver l’équilibre Jusqu’à ce que, sans le vouloir, j’en suis à présent ressorti.
Mais une automne illusionniste me change les couleurs du temps ; Les jours déclinent sous les ombres bleues des heures entre chien et loup. Et je retrouve, prévisionniste, la vieille grenouille d’antan Qui sort du bocal sans encombre et saute le mur tranquillou.
L’hiver replie ses corridors dans le silence et moi, je flanche ; Le labyrinthe se resserre sur mes traces à demi fondues. Des bras sans corps, mon cœur s’endort, des yeux sans plis d’une mort blanche Et moi, je rêve de murs de verre dans ce dédale confondu.
Illustrations de Virginia Mori sur https:creativepool.commagazineinspirationtake-a-look-at-the-delightfully-ancient-and-metaphorical-style-of-this-talented-illustrator–memberspotlight.26034 .
Opium du peuple, la religion ? Extasy le goût du pouvoir ? Tous les mots sont à double sens dès qu’il s’agit d’exploiter l’homme. Quant à la femme, ils sont légion à l’exploiter afin d’avoir Une descendance avec décence attribuée à leur génome.
Même le sexe à double sens multiplie les genres aujourd’hui ; Il paraît même que les femmes seraient des perles à ce jeu-là. On contrôle déjà les naissances, on choisit, on se reproduit Et les enfants qui trouvent infâme leur sexe pourront changer tout ça.
Et pire encore, tous mes reflets ont toujours été ambiguës ; Parfois j’inverse la gauche, la droite et parfois le haut et le bas. En effet, j’aime bien persifler avec des détails exiguës Que je retourne d’une rime adroite par sous-entendus – et coups bas.
Chaque fois que l’Europe s’affaisse devant l’Asie ou l’Amérique, Sur l’Olympe, Zeus se retourne en se disant : « Tout ça pour ça ! » Comme si Europe montrait sa fesse pour fuir le désir chimérique Des nouveaux dieux qui s’en détournent négligemment, couci-couça
Pourtant lorsque je pense aux fesses callipyges de notre Europe Face aux bides ventripotents asiatiques, américains, Avec ostentation de graisse comme un virulent psychotrope, Je me dis qu’il est ravigotant d’ignorer leurs propos taquins.
Elle est si belle notre Europe ! C’est dommage qu’elle soit revêtue De tant de règles imbéciles proposées par nos ronds-de-cuir ! Ne soyons pas trop misanthropes envers tous ceux qui s’évertuent À nous servir à domicile tout ce qui nous incite à fuir.
J’ai rencontré une sirène de l’autre côté du miroir Sous l’onde calme où se devine un chant noyé de transparence. J’allais sur ma vieille carène poursuivre les reflets ivoires D’un lever de Lune rubine troublante dans son apparence.
Elle était là sur son rocher, au beau milieu du labyrinthe Et m’a promis de me guider vers l’issue en toute confiance. Je me suis alors approché, ne manifestant nulle crainte ; Son petit air intimidé a brisé toute méfiance.
Elle a fait tant de faux détours pour retrouver le bon chemin Que j’en ai eu tant le tournis que de peur je l’ai semoncée. J’ai lu un chagrin sans retour dans ses yeux implorant ma main Pour me donner l’aide fournie et nous permettre d’avancer.
Mais ses erreurs, ses pas tremblants, m’ont fait douter de son savoir Je crus la perdre et j’ai crié avec des élans de colère. Voyant son regard si troublant, j’ai voulu montrer par devoir Une clémence appropriée pour sortir de cette galère.
Et je suis tombé dans son piège en m’apitoyant sur son sort Ce fragile gage d’amitié s’est transformé en crèvecœur. Et vaincu par ses sortilèges a surgi, en dernier ressort Dans le miroir, l’inimitié d’une sirène dévorant mon cœur.