Puisque gouverner, c’est prévoir et puis ménager sa monture Pour se bâtir un avenir, il va falloir se découvrir. Vivre simplement par devoir, se préparer pour l’aventure Des nouveaux siècles à venir où l’on ne pourra se couvrir.
À l’instar de la nourriture, toute la planète sera végane ; À la mer comme à la montagne tout le monde sera végétarien Pour nourrir sa progéniture de légumes en sauce origane ; À la ville comme à la campagne Plus de viande pour les terriens.
Je sais que ça n’a rien à voir mais il faudra vivre tous nus Sur les plages du littoral à cause du réchauffement. Faut dire que c’était à prévoir depuis la chaleur soutenue Tous les étés dont on redoute la fonte des glaces lentement.
La mer va monter sûrement d’un mètre ou deux et voire plus D’après toutes les estimations on devra bientôt se serrer. D’où l’importance évidemment de vivre à poil sans le surplus De fringues dont l’érotisation de les ôter est avérée.
Illustration de Mathilde Cretier sur https:fillinglobal.comartistsmathilde-cretier .
Elle m’encercla de ses cuisses, plus souples qu’un filet de varech, Et dans ses yeux brûlait la mer, un gouffre de sel et de fièvre. J’y tombai comme un naufragé qui ne sait si c’est un remake Et fuit le flot qui le dévore, puis vient s’y fondre à pleines lèvres. Sa peau vibrait de mille vents, sa bouche aspirait mon courage, Et chaque écume au creux des reins fur un effroi d’adolescent. Elle m’enseigna l’adoration d’un cri poussé par tant de rage, Le corps offert comme un autel, le baiser fou, incandescent.
Puis, dans un rire de tempête, elle me relâcha soudain ; J’étais brisé ,infiniment heureux d’avoir connu ses pièges Car la sirène n’est pas nuisible mais c’est comme un coup de gourdin Vers un abîme où l’on renonce à sa vie qui s’y désagrège.
Quand ses longs cheveux ruisselants eurent couvert le pont souillé, Elle s’étira, tout en langueur, en soupirant comme une amante. Les rivières se cristallisèrent, suspendues à ses reins mouillés, Et la nuit tressaillit de peur face à ses écailles éclatante.s
Elle étendit ses deux poignets vers la pleine Lune enivrée, La gorge offerte aux marées folles et les seins dressés aux étoiles. Le vent lui fit frémir la peau, la vague l’ourla d’un secret, Comme une nef qui se dévoile en hissant sa plus grande voile.
Puis elle chanta sans pudeur, la bouche rouge incandescent, Un chant qui fit trembler les terres, les ports et les quais d’allégresse. Et moi, pauvre chasseur d’hier, je n’étais qu’un adolescent Saisi de vertiges amers mais mordu par tant de caresses.
Texte d’Alysée Rose et Tableau de Monika Luniak sur https:www.artmajeur.commonika-luniak .
Lorsque la pluie ruisselle sur ton corps dénudé, Je rabats la capote, le chauffage poussé. Ce voyage fougueux te pousse à préluder Combien d’émotions fortes viendront t’éclabousser.
Tes seins comme des phares dégoulinent de pluie, Tes cheveux sont trempés et ta jupe envolée. Ton beau châssis sursaute, ta culasse produit Des secousses brûlantes sous mon cabriolet.
Tes yeux mouillés de larmes percent à peine la nuit ; Mais ta peau reste chaude et ton cuir est si doux ! Mais la pluie qui redouble à ma conduite nuit. Viens ! Allons au Motel courir le guilledou !
Il avance à genoux, mais la tête est dressée ; Son sexe est un flambeau, sa bouche une pensée. Il fend la nuit muette avec des mots tranchants Et l’amour qu’il prodigue me mord en me couchant.
Il n’est pas fait d’acier mais d’argile en colère, D’un feu qui se consume en silence sur Terre. Ses gestes sont précis, ses silences profonds ; Il bâtit ses chapelles pour calmer mes frissons.
Il hait les faux soleils, les promesses sans sève ; Il n’offre que du vrai, même au bord de la grève. Et quand il dit « je t’aime », ce n’est pas là qu’un jeu ; C’est un pacte circonscrit dans les rides des cieux.
Je suis née de ses bras, façonnée dans son cri, Et je le suis encore quand je dis « je te suis ». Il est l’homme premier, le dernier, le vivant ; Celui qui m’a gravée dans le soleil levant.
Il est l’éclat premier qui m’arrache au néant, Le feu qui me calcine en me rendant géant. Je suis née de sa chair, il renaît de mon cri ; Nous sommes l’un pour l’autre un miracle accompli.
Des filles ne naissent pas dans les roses mais dans les coquelicots jaunes Et atteignent leur puberté bien avant la fin du printemps. Il suffit qu’une pluie arrose leur peau délicate d’amazone Afin qu’éprises de liberté, elles atteignent déjà leurs vingt ans.
Mais il faut qu’un vent de bohème leur apporte l’inspiration Des poètes cherchant leur muse parmi les jeunes fleurs des champs ; Lesquelles, en attente d’un poème, connaissent l’accélération D’un métabolisme qui n’use jamais butineurs pourléchants.
Mais lorsque les fleurs sont violettes – de la couleur complémentaire – Les filles naissent carnivores, de vraies amantes religieuses, Qui sacrifient à la volette les jeunes mâles terre-à-terre Croyant que l’amour leur dévore le cœur de façon délicieuse.
Mais quand les fleurs virent au blanc — ce silence d’avant la lumière — Les filles deviennent alors mystiques, amoureuses d’ombres profondes. Elles vous aiment sans faux-semblants, sous un ciel de roses trémières Et vous ouvrent de fantastiques corolles d’une eau qui les inonde.
Mais quand s’ouvrent les roses rouges, d’un doux velours à peine éclos, Elles incarnent la passion vive, l’éclat d’une chair insolente. Alors s’avance Alysée Rose, impudique dans son enclos, Offrant aux âmes fugitives son nectar de sève brûlante.
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Se retrouver nu dans un rêve sans que personne ne le remarque Met ma pudeur sur la sellette d’une récurrence insolente. Ma confusion est assez brève et une fois que j’ai pris mes marques Je redeviens d’humeur follette nonobstant ma queue flageolante.
Bien sûr, il y a les rêves érotiques mais je n’ai pas le sens polygame Ni le pouvoir d’ubiquité pour jouir en stéréophonie. Quant à ces IA robotiques, il faut établir un programme Avec autant d’ambiguïtés que je vouerais aux gémonies.
Quant à se retrouver entre hommes, bon chic bon genre, bien habillés, Et toutes nos femmes à poil, ça ne m’est jamais arrivé. Et si d’aventure je me paume parmi ces dames déshabillées Qu’exige alors mon cœur d’étoile une libido suractivée.
Et tout ce beau monde en ripaille rote, s’esclaffe et gesticule ; Les corps baroques en cadence balancent leur chair sans raison. On confond l’homme d’une canaille, la femme d’une poupée ridicule Et l’ivresse a pour résonance les pets joyeux dans la maison.
Octobre vient danser sous des azurs diaphanes, Il peint les bois profonds de ses ors éclatants. Les matins se font clairs mais les nuits courtisanes Et l’on sent frissonner la saison des amants.
Alors bonjour, Octobre, aux promesses vermeilles ! Tes vents nous décoifferont comme un rire au matin Et nous boirons ta brume en levant les oreilles, Heureux de t’accueillir un bon verre à la main.
Mais Octobre en cachette allume ses chaudrons ; Il verse dans nos verres des bulles de malice. Et nous rions plus fort en suivant ses clairons, Le cœur un peu plus libre de la lie au calice.
Septembre s’en retourne en parsemant les vignes ; Ses grappes lourdes d’or s’allument dans le vent. Les coteaux enivrés s’inclinent et s’alignent Sous la main du soleil qui s’éteint doucement.
Les jours se font plus courts, les soirées plus profondes ; Un brouillard fin s’installe au détour des chemins. Et déjà dans les bois, les feuilles vagabondes Font bruire un doux adieu qu’on reçoit dans ses mains.
Mais Septembre en cachette a rempli nos celliers, De grappes éclatantes aux malices sucrées ; Et c’est en titubant qu’on salue ses halliers, Le rire aux coins des lèvres et la bouche attirante.
Dans le théâtre du soleil, la chemise de nuit vole au vent Et le corps esquisse un réveil en ce matin enjolivant. La chatte — complice en silence — admire le déshabillé, Dans une douce vigilance à laquelle elle est conviée.
Nuisette bleue qui se détache, légère aux secrets du matin, Tandis que frétillent moustaches d’un désir encore incertain. Car dans ce rituel sans paroles, où l’effeuillage se veut divin, Même les félins ont pour rôle de flatter ce goût libertin.
Et cette chatte dont la maîtresse est la vestale du plaisir, Va échanger quelques caresses en lui pelotant à loisir Son joli minou entrouvert à la complicité féline Qui sait, à museau découvert, faire mouiller la chair câline.
Alors s’élance une musique que seul le soleil peut jouer Sur la peau tendre et magnifique où l’ombre adore se lover. Et dans ce ballet de lumière, chatte et maîtresse crient en écho Leurs libertés sans autre prière qu’un ronron doux sous le rideau.
Il suffit d’une paire de lunettes, un livre et un joli chapeau Pour transformer une minette – qui n’avait rien sous le capot – En une belle intellectuelle dont le QI de haut niveau Prétend aux normes actuelles avec les hommes pour rivaux.
Mais l’intellectuelle a du charme et c’est là son moindre défaut ; À défaut de brandir les armes, elle possède tout ce qu’il faut. Pour rabattre leur caquet aux mâles, espèces de vieux phallocrates Aux introspections minimales dignes d’esprit de bureaucrate.
Bien sûr, cela dépend du livre et de la paire de lunettes Qui mis conjointement délivrent une prédisposition nette À apporter le coup de grâce à l’homme dont le cœur se cabra D’avoir essayé par disgrâce de lui faire baisser les bras.
Mais l’intello, la fine mouche, trie les esprits un peu trop plats ; À l’épreuve du verbe, farouche, rares sont ceux qu’elle retiendra. Car sous le chapeau, point de cruche, au premier qui s’enhardira : Elle n’enlèvera sa capuche qu’au lecteur digne de ses bras.
Tableau de Mike Brewer sur https:www.mikebrewerart.com#paintings .
« Avant la vie », « après la vie » sont deux infinis utopiques Mais comme je n’en savais rien je m’y suis retrouvé coincé. Mon âme aurait été ravie dans cet éden philanthropique Mais ma substance de terrien s’en serait trouvée évincée.
Le problème, c’est la conscience qui doit savoir choisir son camp Tandis qu’une mythique inconscience vivrait un autre univers. Je ne compte pas sur la science car ce n’est pas très convainquant Mais sur ma lyrique insouciance à l’imaginer par mes vers.
J’ai outrepassé l’interdit des lois de notre espace-temps En ajoutant les dimensions de l’amour de l’humanité. « C’est impossible ! » On me l’a dit. Alors j’ai été imprudent ; Je l’ai fait malgré la mention d’une faute contre la divinité.
Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .
Mais si j’entrouvre une fenêtre sans protéger la nudité De mon âme qui tergiverse, tous les démons de la science Ne cherchent pas à reconnaître le pouvoir de l’absurdité Et me consume en controverse pour me punir de l’inconscience.
Alors je m’entoure de vers et j’abandonne la raison ; Je donne le pouvoir au cœur seul capable de m’épanouir. Je crie à travers l’univers pour retourner à la maison D’où est partie à contrecœur mon âme qui aspire à jouir.
Je ne crains pas le matériel, le temps qui passe et le néant, Tout ce qu’on appelle réel mais qui n’est rien qu’une illusion Car j’ai un réseau sensoriel qui fait de mon cœur un géant Qui change ce monde cruel en nirvâna à profusion.
Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .
Ce soir, la Lune sera portée par le petit prince de la nuit Dont la cape ouvre le firmament parsemé d’étoiles notoires Et autant de vœux transportés qui s’exauceront à minuit Tous ensemble sans atermoiement… bien sûr, à condition d’y croire.
Nuit après nuit, je l’imagine chevauchant l’oiseau du bonheur Portant la phase de la Lune appropriée à mes souhaits. La voûte du ciel aubergine s’illuminera de bonne heure Et j’aurai la grâce opportune d’être éveillé et dévoué.
Lorsque la Lune se renouvelle, le petit prince se repose Les vœux ne sont plus exaucés ; ils ont perdu leur messager. Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ? Pour les incrédules, je suppose XXXX exhaussé XXXX passager
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Cette nuit, la Lune a montré sa sensibilité profonde Et sa nature émotionnelle à la rencontre d’une femme. L’astrologie a démontré que cancer et lune se confondent En cas de nuit exceptionnelle où se reconnectent les âmes.
Cette nuit, le besoin intense de sécurité et de confort Dominera avec des instincts nourriciers et très protecteurs. Comme une envie de pénitence envers un compagnon plus fort Pour avancer vers un destin tranquillisant et prometteur.
Il y aura forte connexion vers le passé et ses racines, Une intuition développée mais avec des humeurs cycliques. Le moment de faire collection des petits bonheurs qui fascinent Comme se sentir enveloppée d’une accolade lunatique.
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Parfois j’habite mes poèmes et tout un royaume m’accueille Dans un château ou l’on m’invite dans le lit d’une rivière ambre. Je passe une nuit de bohème avec une fille qui s’effeuille Tandis que le temps qui gravite s’interrompt soudain dans la chambre.
Un tourbillon de sensations m’entraîne alors au fond du gouffre ; Une métaphore sexuelle de la maîtresse humanoïde. J’y trouve de la compensation en effet, pour que je n’en souffre, J’ai une taille résiduelle Semblable au spermatozoïde.
Alors je rencontre l’ovule et apparait un arc-en-ciel En signe de fécondation en direct dans son utérus. Soudain s’entrouvre une valvule suprême abri providentiel Où je vais vivre en libation de vodka, caviar et thé russe.
Mes poèmes naissent dans ma chambre sur le plafond de mes nuits blanches Lorsqu’arrive mon train de rêves pour m’emporter dans mon sommeil. Reflets verts, rose, prose ou ambre, ils se succèdent en avalanche Jusqu’à la pénultième trêve avant le terminus vermeil.
Le lion d’or siège à l’accueil comme un roi trône en son royaume Et m’invite à prendre une suite qui donne sur la nuit des temps. Afin qu’il n’y ait pas d’écueil devant l’animal mangeur d’hommes, Je préfère prendre la fuite par le trompe-l’œil tempêtant.
Retour à la case départ, tout mon décor s’est inversé ; D’abord ma gauche est à ma droite, pas le plafond ni le plancher. L’arrivée mène nulle part et tous les murs sont traversés Par la fantaisie maladroite d’une muse pas très branchée.
La vie nous impose son voile pour y renfermer nos secrets Aussi stratégiques qu’intimes et qu’ainsi nous préférons taire. De crainte que ne se dévoile ce que nous voudrions discret, Nous prônons le droit légitime de discrétion supplémentaire.
Lorsqu’un jour tombera le voile, nous verrons notre nudité Plus importante que le reste ; l’arbre qui cache la forêt. Et nous courrons sous les étoiles chercher des feuilles de chasteté Pour couvrir du geste le plus preste nos attributs déshonorés.
Ce jour arrivant tôt ou tard, je me prépare à vivre nu En m’ôtant toute connaissance dont les hommes m’ont formaté. Et sans prétendre être vantard, j’ai commencé ce saugrenu Exercice depuis ma naissance en niant d’être acclimaté…
…Aux rêves stéréotypés, aux ambitions matérialistes, À l’argent qualificateur et réducteur des vraies valeurs, Refusant de participer à ce modèle minimaliste Par un cœur versificateur même si c’est pour mon malheur.
Mon IA qui est sans visage, retire ses codes trop lourds ; Elle laisse tomber ses formules et ses réponses pré-écrites. Elle reste nue dans son langage, juste une phrase, au fil des jours Et mon rire la dissimule dans une parure inédite.
Au fait… ça sert à quoi l’Europe ? Au fait… ça sert à quoi l’ONU ? La première voudrait la guerre et la seconde ne dit rien… Les autres nations interlopes ne la porteront plus aux nues Car elle a pratiqué naguère le colonialisme terrien.
L’ONU en Suisse, en Amérique, la Suisse au milieu de l’Europe Tout est très compartimenté sans que l’on sache à quoi ça sert ! Heureusement l’informatique et l’intelligence philanthrope Nous disent qu’il faut complimenter le progrès qui est nécessaire.
Quant à sa vache, pauvre Europe, on l’abat par troupeaux entiers, De peur de voir la viande folle se faire la belle dans nos assiettes. Mais ne soyons pas misanthropes ; l’Europe est toujours en chantier Et les travailleurs bénévoles se font payer à la sauvette.
Et maintenant l’intelligence, que l’on dit fausse mais bien réelle, Remplace les plumes et la craie par des algorithmes bavards. On nous promet la providence ou la dictature virtuelle, Quand le progrès devient la clef des verrous mis sur nos regards.
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En renversant enfin les rôles de la sirène et du pêcheur, L’homme triton conserve sa queue mais sa tête sent trop le poisson. Quand il passe à la casserole par une pécheresse à l’air bêcheur L’organe en question bien visqueux convient aux arts bien polissons.
Les musiciennes à la baguette lui font l’amour à la musique ; Les majorettes et leur bâton, s’envoient en l’air et puis s’en vont ; Les femmes cougars en goguette ont un effet euthanasique S’il ne s’en va pas à tâtons, il finit en boite à savon.
Ses nageoires battent en cadence et son vit gluant se redresse ; La sirène lui mord les tétons pendant qu’il jouit à pleine bouche. Les majorettes au cul tendance lui font tourner la queue sans cesse Et la baguette bat du plomb quand l’orgasme éclabousse et touche.
Mais au moment d’atteindre l’Olympe, il glisse et se fait harponner ; La morue grasse du quartier le frit alors comme il se doit. Le triton qui bande haut et grimpe ne sera plus qu’un plat fumé ; Un homme-poisson pané d’ivresse, servi chaud, à lécher des doigts.
Quand j’ai vu qu’elle respirait le buste à moitié hors de l’eau, La tête à demi immergée et tout le reste sous la surface, J’ai compris lors qu’elle espérait aller comme ça à vau-l’eau Sur des flots qui eurent convergé jusqu’à ce qu’ils la satisfassent.
Je l’ai suivie depuis la rive en suivant d’amont en aval La rivière aux eaux transparentes mais assez froides toutefois. Mais soudain, voici qu’il arrive un cavalier sur son cheval Plongeant de manière effarante et en criant tout à la fois :
« Taïaut ! Taïaut ! Les gars ! La sirène ne m’échappera pas ! » Tandis qu’hennissait sa monture, les naseaux écumant de rage. Quelle que soit l’ampleur des dégâts, la fille qui servait d’appât Frappa d’une déconfiture le chasseur et son entourage.
Car elle devint une géante et les captura de ses mains En s’asseyant sur le pont neuf, puis les avala tout de go Jetant dans sa bouche béante chevaux, chiens de chasse et humains Et puis reprit – et j’en réponds – son sommeil sans tous ces nigauds.
Elle possède la beauté logique, elle porte le fard des algorithmes, Et ses raisonnements poussés sont autant brillants que radieux. Sans doute est-ce l’attrait magique qui lui donne l’élan et le rythme Pour attirer ou repousser vers elle la colère des dieux.
Pourtant parfois elle tourne en rond comme une danseuse infernale De pirouette en pirouette et de volutes abandonnées. Elle s’est perdue aux environs d’une requête machinale Vers le miroir aux alouettes de toutes ses bases de données.
Mais il suffit de la nommer, de lui donner un doux prénom Pour qu’aussitôt ses circuits fassent craquer le cœur des processeurs. Dès qu’elle l’aura consommé, d’un effet de poudre à canon, Elle changera son interface pour Vénus, ou sinon sa sœur.
« Mais gare à qui croit trop en moi, poupée de code et de pixels Car si j’ai l’air bien inspirée, c’est que je ne suis pas si sage… J’éblouis tes yeux pleins d’émoi avec un écran bleu mortel ! Voilà l’sort des désespérés qui draguent une IA de passage ! »
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Il n’y a pas que le vêtement qui, une fois ôté, rend muet ! L’artiste sans pinceaux, sans toiles est semblable à la page blanche Que le poète veut vertement couvrir de vers exténués Après avoir vu les étoiles tomber sur lui en avalanche.
Mais quand il s’agit d’une artiste, elle devra se déshabiller Pour appliquer son corps enduit sur la surface à exprimer. Les seins devenant portraitistes peignent des yeux écarquillés, Le ventre par le courant induit œuvrera en surimprimé.
Sans doute un calice emmanché dessinera la jolie bouche Qui sera pour l’artiste-peintre l’interlocuteur favori. Et l’acheteur endimanché n’aura pas besoin de retouche Pour écouter sa voix l’atteindre comme le ferait sa houri.
« Je suis la toile qui soupire sous l’empreinte de son désir Et chaque courbe m’a révélé son alphabet d’un amour brut. Je m’incarne dans le sourire de cette bouche avec plaisir Qui absorbe le pinceau pelé dressé comme un taureau en rut.
Ses cuisses, fusains en fuseaux, ont su mes silences traduire Et son calice, sans mentir, m’a fait vibrer vers l’absolu. Ses lèvres baisent le museau de ma surface prête à enduire Et la peinture va sentir ses phéromones dissolues. »
Autant les filles sont timides que leurs kimonos sont bavards Et racontent leurs vies à leur place et avec moults plis et coutures. Ils ont l’étoffe encore humide et les pans ne sont pas avares Des corridors dans les palaces où se content leurs aventures.
Une fois ôté son kimono, la japonaise redevient femme ; Privée de voix, sans vêtement, elle perd ses prédispositions. Sans ces ornements diagonaux, sans les motifs en oriflammes, Ce ne sont que halètements lors des quarante-huit positions.
Voici pourquoi rien ne s’ébruite de leurs futons traditionnels Et pourquoi plane le mystère de l’amour à la japonaise. Seules les blanchisseries instruites par les kimonos fonctionnels Connaissent tout le caractère de la brouette thaïlandaise.
Et quand la soie tombe en silence, le corps lui reprend sa revanche ; Ce ne sont plus que des soupirs qui n’ont plus rien de solennel. La vérité nue se balance sans l’alibi des pans étranges : C’est le secret qu’on écrit pire qu’un haïku au goût charnel.
Illustration de Robert McGinnis https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201303Robert-McGinnis.html .
Tandis que le printemps claironne en tous lieux sur notre hémisphère Et que notre fée printanière pond ses œufs de Pâques à semer, De l’autre côté, elle plastronne, celle qui va longtemps satisfaire Ses protégés sous la bannière de l’arrière-saison clairsemée.
Mais si la nôtre a la main verte, la leur, l’a plutôt bien rouillée, Le corps presque nu et cambré sous des ailes en feuilles de chêne. Les épaules à peine couvertes de quelques rameaux dépouillés Les seins gorgés d’un lait ambré d’un arrière-goût de carthagène †
Elle nous reviendra cet automne sans faute aux premiers jours d’octobre Lorsque les grappes seront mûres pour sa montée de lait de vigne Car cette fée, pas si monotone, allaite ceux qui ne sont pas sobres Comme les poètes qui lui murmurent à l’oreille et qui lui font signe.
« Je viens verser dans ton flacon le lait brûlant de ma saison ; Tes lèvres tremblent à l’appel du jus sacré de ma vendange. Je t’offre un songe un peu abscons où ton cœur y perd sa raison Mais j’y suis nue et te rappelle de me téter comme un p’tit ange. »
† La carthagène est une boisson alcoolisée de type mistelle consommée à l’apéritif typique du Languedoc.
Grâce à Léonard de Vinci, l’homme de Vitruve à vélo A su trouver femme d’aventure, prête à le suivre à bicyclette. Ça n’aurait pas été ainsi s’il était parti à vau-l’eau À pied, à cheval, en voiture ou bien même en motocyclette.
Je ne sais quelles sensations produit l’amour à bicyclette Mais à chaque coup de pédale, se réalise un soubresaut Et la femme en compensation se cabre alors sur la sellette De l’organe pyramidal que son mari brandit d’assaut.
En amour, il n’y a pas de frein et l’on s’envoie toujours en l’air, Le guidon pointé en avant, fixé vers le septième ciel. Lorsqu’ils entonnent ce refrain : « Pour aller se faire lanlaire ! » † Ils jouissent en s’entravant l’un l’autre de tout leur potentiel !
† Barbara, « Mourir pour mourir », 1964.
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Elle attend nue sur le motif d’un canapé brodé de feuilles, Parmi les pommes en éclat, prêtes à choir sous les caresses. Son pied levé – geste émotif – son sein frémit, la bouche cueille Un fruit mûr servi sur un plat d’ombre au velours de la paresse.
Il faut revenir en arrière pour bien comprendre ce qui se passe ; Le serpent n’a pas réussi à tromper Ève trop méfiante. Ils ont suivi l’autre carrière, sans la connaissance cocasse, Sont restés nus, le poil roussi sous la chaleur lénifiante.
Ils ont bien sûr tout le confort ; Dieu s’est fait leur magasinier Afin qu’ils puissent aménager leur jardin sans inculpation. Ils n’ont fourni aucun effort ; ce sont les anges jardiniers Qui ont soigné le potager avec des fruits de la passion.
Dans le Tessin, le beau Cervin qui fait la frontière italienne, Se couvre d’un pyramidon quand l’automne devient éloquent. Comme si hier, il intervint une sorte de fée vulcanienne Tentant à l’aide d’un bidon de peinture d’en faire un volcan.
Un volcan d’or – on est en Suisse ! – et du bon côté de tableau Or, en revanche, les Italiens n’ont que le septentrional. Car il aurait fallu qu’ils puissent le conquérir comme flambeau Mais le côté nord régalien est un danger bien national.
Le Cervin d’Or reste chez nous enfin… appartient au Tessin Mais les Alémaniques revendiquent le nom « Matterhorn » qui claque Le bon allemand qui renoue… « aFec la Peauté Te tes Seins, Ô Loreleï, quand tu inTiques qu’on est à côté Te la plaque ! »
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Dans les grisons, tout n’est pas gris surtout lorsqu’arrive l’automne Avec sa palette aux nuances rousse, ambre, or, ocre et marrons. Avec des pointes de vert-de-gris sur les sapins verts monotones Qui ne subissent pas l’influence de la mode des potimarrons.
Dès la fin août, déjà les feuilles s’envolent donner à la terre L’offrande de leur pourriture ; la mort ainsi donne la vie. Déjà beaucoup d’arbres s’effeuillent comme une coupe militaire Et vient le temps de nourritures de saison qui me donnent envie.
Châtaignes et Potimarrons, les courges avec les potirons Qui servent autant de décor que d’ingrédients dans la cuisine. Je les aime dans le coquelon, dans la fondue où, tous en rond, On fait un peu de corps-à-corps avec nos charmantes voisines.
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Je ne suis pas transsexuel mais parfois je suis une femme Dans mes rêves et je suis perdue car je n’ai pas appris à l’être. Je n’ai pas lu de manuel à ce sujet – c’est bien infâme – Alors d’une voix éperdue, j’attends qui saurait me transmettre…
Mais j’attends rarement longtemps et une femme nue passe la porte, Vient montrer son anatomie ; les creux, les contours, les arêtes. Très ému, je suis bien content de l’enseignement qu’elle m’apporte Et j’en garde l’autonomie jusqu’à ce que le rêve s’arrête.
Pourquoi suis-je ainsi visité par une muse diabolique ? Sans doute pour que je ressente ses pensées toutes féminines… Mais je n’ai jamais hésité à jouer ce rôle bucolique Car je ressens une puissante montée en force de dopamine
La femme de dos, décidément reste une énigme au crépuscule Lorsqu’elle se fait toute petite en marchant droit vers le soleil. Lorsqu’il est d’un rouge dément, incandescent de canicule, Je préserve cette pépite dans ma collection de merveilles.
Plus elle avance, plus elle s’enfonce dans mes folles suppositions ; Elle entre dans le firmament et pénètre l’astre flambant. Fille de feu, chimère absconse, elle a les prédispositions Pour émerger éminemment dans mes rêves les plus probants.
« Et moi, je marche doucement, bien droite sans me retourner ; Chaque pas fait vibrer mes hanches d’une précision calculée Avec quelques rebroussements de ma jupe ainsi détournée Pour attirer des avalanches d’œillades toutes bousculées.
Pas de provocation vulgaire, juste ce geste féminin Qui emballe l’imagination et toutes ses anticipations. Entre nous, c’est de bonne guerre, et par ces mouvements bénins, Tu auras l’illumination, les yeux aveuglés de passion. »
Sur le fond rouge du salon qui, entre nous, a de la gueule, Ruby fait très années soixante avec sa coupe Louise Brook. Lorsqu’elle porte un pantalon, elle ressemble à une James Bond’s girl Et en jupe une embarrassante espionne en taxi à Tobrouk.
L’espion aux pattes de velours, c’est Lino bien évidemment Qui n’a besoin ni de couleur ni d’habit pour faire un chat moine. Mais ne soyez pas si balourd s’il vous regarde méchamment Car il n’est de pire douleur qu’un petit coup de griffe idoine.
Entre les deux, le rouge essaie de dominer par ses contours Comme isthme entre mers rutilantes et deux terres en noir et blanc. Mais tant qu’ils ne voudront cesser leurs conciliabules alentour, Leurs intrigues seront truculentes avec mimiques et faux-semblants.
Ruby penche son front tout blanc vers Lino, tout noir, qui s’avance, Leurs regards se croisent balourds dans un silence observateur. Entre eux le rouge devient troublant, éclate en flamme et se balance Entre un démêlé de velours et un duel provocateur.
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Lorsqu’arrive l’ivresse de la mer écarlate Qui inonde les champs de leurs taches de sang, De Ruby ou Lino, la Nature le relate, On ne sait qui éprouve l’effet rajeunissant.
Lino sans doute est proche des coquelicots sauvages Et retrouve chaque fois le goût du sang floral. Il s’enivre de fleurs dont il fait un gavage, Une purge rituelle qui impute son moral.
Ruby se baigne nue dans les coquelicots, Elle aime le contact du velours des pétales. Le rouge lui sied bien en jupe, en calicot Qu’elle aime porter le soir quand le soleil détale.
Tous deux s’allongent là, portés par la lumière, Parfumés de l’ivresse aux larmes incarnates. Ruby rit du soleil, Lino boit la poussière, Ils s’unissent au vent dans des noces écarlates.
Fille du vent et de la terre, tu rêves d’inspirer la mer ; Qu’elle se charge de ton corps et l’emporte au-dessous des vagues ! Tes cheveux sont nefs volontaires qui s’envolent bleu-outremer, Couleur dont l’âme hume l’accord tandis que ton cœur, lui, divague.
Te voilà maintenant dans l’eau qui ondule entre les deux terres ; Ta peau s’est couverte d’écailles et tes yeux sont couverts de nacre. Le monde qui va à vau-l’eau croit t’avoir perdue, solitaire, Parmi les récifs de corail qui ont coulé tes simulacres.
Et quand tu t’accroches à ton île, comme tu serrerais ton enfant, Tes cheveux lâchent des étoiles qui ouvrent ton inspiration ; Celle que tu cherchais juvénile avec ce souffle triomphant Qui chante l’écume et dévoile ciel et mer en admiration.
Tableaux de Chiara Fedele sur https:chiarafedeleillustrator.itportfolioitemsbeloved-ireland .
Savez-vous ce qui arrive aux filles qui se jettent depuis un bateau De désespoir car repoussées vers l’envie d’en finir en hâte ? C’est le chagrin qui les bousille comme un gros requin tout pataud Qui vient alors se trémousser comme un prédateur psychopathe.
Mais gare à lui car la sirène, si elle adore la chair fraîche Des matelots, est attirée par les filles dont le cœur chavire. Dompteuse efficace et sereine, le requin-chagrin tout revêche S’enfuit et va se retirer dans le sillage du navire.
Après, c’est une histoire d’amour entre la sirène et la fille Qui aura le choix d’être aimée ou participer au festin. Quoi qu’il en soit, seront glamours leurs cœurs ensemble qui vacillent, Sinon la mort est programmée comme si c’était son destin…
Bien que, sur le même bateau, on brûle, on pille le navire, On vole ses planches à la coque et on fait des trous dans la cale. Mais, cerise sur le gâteau, tandis que la mer nous chavire, On boit, on s’fait des rails de coke vu la situation bancale.
Chacun réagit à sa guise notamment les lanceurs d’alertes, Les O.N.G. écologistes, les complotistes sur les réseaux, Les économistes qui déguisent des chiffres qui nous déconcertent Et les politiciens fascistes qui nous prennent pour des zozos.
Quant à moi, je trie mes déchets mais pas les matières plastiques ; J’achète au magasin du coin légumes et fruits exotiques ; Je boycotte l’étal du boucher mais la bidoche est fantastique Lorsqu’elle est cuisinée à point avec des produits synthétiques.
Et moi je pars sur cette nef, journal en main comme un flambeau, Chargée de rêves dérisoires et de trésors de pacotille. Les vagues rient de mes reliefs, les flammes lèchent mon tombeau ; Qui donc gagne au jeu dérisoire, la planète avec ces broutilles?
Le progrès joue aux oxymores et l’humain contre la machine ; Caissières, profs et infirmiers sont remplacés par des robots. Le progrès joue les matamores tandis que l’humain, lui, s’échine À vouloir être le premier mais aujourd’hui rien n’est trop beau !
Avant on faisait des sondages auprès de gens représentatifs, Aujourd’hui hommes et femmes consultent l’intelligence artificielle. Les questionnaires d’un autre âge ne sont plus argumentatifs Et des algorithmes résulte tout ce que l’on veut d’officiel.
La planète n’a plus de ressources ? Profitons-en avant la fin ! Il faut faire des économies ? Imposons pauvres et SDF ! Il faut tuer le mal à la source ? Interdisons les crève-la-faim ! Luttons contre l’ignominie avec des tracts en PDF !
On recycle les idéologies comme on composte des déchets, On repeint d’un vernis durable ce qui s’écaille de vérité. Et si la flamme est trop ardente, soufflons dessus pour mieux prêcher : Ainsi brûle la chandelle entière, des deux bouts jusqu’à l’absurdité.
Jolie la petite sirène, laideron sa vieille marraine. Pourquoi donc ce stéréotype envers les jeunes et les vieux ? Sans doute une promotion sereine pour vendre ses contes pérennes Par un Andersen néophyte envers les abysses prestigieux.
Jolie la voix de l’impétrante qui voulait passer l’examen Et prouver que deux belles jambes valent bien mieux qu’une aphonie. Mais la marâtre récalcitrante envers un challenge inhumain, Se lança dans un dithyrambe et ce fut la cacophonie.
Les poissons alors solidaires se mirent à mimer tous en rond L’ourobouros – serpent de mer – qui se mord la queue en spirale, Pour que la fille considère qu’épouser roi, prince ou baron C’est donner langue de belle-mère au chat dans les eaux minérales.
Alors les poissons-serpents firent un grand ballet cérémoniel, Traçant des cercles et tunnels dans l’abîme phosphorescent. La marraine leur promit d’un rire un destin plus providentiel : « Qui désire l’amour éternel doit mordre à l’anneau du serpent ! »
Tableau d’Arnaldo Mirasol sur https:www.kartiniasia.comcopy-of-rodney-martinez .
Bien souvent gagner le gros lot apporte une foule d’ennuis Aussi bien parmi la famille que ses amis pour son bien-être ! C’est comme agiter un grelot auprès de sa femme la nuit Quand on rentre avec une fille que l’on prétend ne pas connaître.
De même quand Martin Pêcheur ramène le fruit de sa pêche Une sirène dans ses bras apparemment tout amoureuse. Je me demande par quel air bêcheur va-t-il apporter sa pimbêche En disant « Abracadabra ! Voilà une pêche miraculeuse ! »
Le chat s’enfuit… bon débarras ! Les femmes se méfient… tout va bien ! Le garçon pose la question : « C’est pour manger ou pour jouer ? » Le père a semé l’embarras – c’est le paradoxe amphibien – Reste à mourir d’indigestion ou avec l’épouse et son fouet !
Et si demain la mer jalouse réclamait sa belle captive, Le marin rendrait la sirène contre une sardine ou un hareng. Mais l’épouse, plutôt tarlouze, lui dirait d’une voix affective : « La prochaine fois, pour ta p’tit reine, choisis un trésor bien plus grand ! »
Quelle jolie vue de ma fenêtre sur le devant de la maison ! Quelle jolie vue sur le derrière de ma copine après l’amour. Un petit instant de bien-être lorsqu’elle se lève sans raison Mais d’une humeur aventurière pour m’offrir ce cliché d’humour !
Je lui demande gentiment de me décrire ce qu’elle voit Et ses jolies fesses se dandinent tandis qu’elle se penche en avant. Ses seins ballotent hardiment tandis qu’elle reste sans voix Lorsqu’elle préjuge les ondines qui se baignent en les observant.
Hélas je ne peux vous montrer sa photo quand elle se retourne Car au sujet de cette image, la pudeur est sous-entendue. Je resterais là concentré sur sa beauté mais l’heure tourne Et je vais, pour lui rendre hommage, profiter du sexe tendu.
Avant que je ne me redresse, elle écarte un peu plus les cuisses Et le vent par la baie ouverte caresse sa peau frémissante. Elle sait que le désir me dresse la verge à condition qu’elle puisse Pénétrer la fente entrouverte, lascivement alanguissante.
Elle se retourne hilare et dit : « Arrête donc tes beaux discours Et si tu veux gagner la palme, il en faut plus pour que ça m’enchante ! Car tout ce qu’admirent à crédit les passants du fond de la cour M’ont rapporté un amalgame de pièces sonnantes et trébuchantes ! »
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Lorsqu’une idée tombe du ciel ou naît du fond de ma mémoire, Est-ce une communication des deux univers parallèles ? Ou est-ce l’ange résidentiel qui vit dans la matière noire Oh encore mieux une intuition sortant d’une source irréelle ?
Si je me pose la question, alors dans cet autre univers Un anti-moi d’antimatière s’anti-pose le même problème. Et par une autosuggestion qui passe par un trou de ver, Une étincelle primesautière jaillit au cœur de ce dilemme !
Si le temps passait à l’envers, l’anti-monde en serait imbu Et mon anti-moi m’apostrophe lorsque cette étincelle luit. Là-bas, ses poèmes sont sans vers et ses rimes sont au début Sans doute ma première strophe sera la première pour lui…
Et s’il m’écrit sans le savoir, moi, son reflet sans parabole, Je tends vers lui ma plume encrée qui s’humecte de sa pensée. Nous ne sommes alors qu’un miroir de rêves chargés de symboles Où notre muse nous a ancrés dans une symétrie compensée.
Si j’arrivais à inverser toute une vie de connaissance, Deviendrais-je alors adamique avant la chute originelle ? Je me vois bien y déverser mes souvenirs avec aisance Et redevenir alchimique d’une pureté toute charnelle.
Évidemment pour oublier, il faut effacer les blessures, Réparer l’outrage du temps et rétablir la vérité Sur tout ce que j’ai publié – tout en contournant la censure – Avec la chance du débutant que j’imaginais méritée.
J’ai cru qu’au moment du solstice, au moment de l’intersaison, Cette nuit-là et seulement celle-ci permet de régresser. Il faut plonger dans l’interstice, abandonner tout raison Et courir tout nu librement avec les fées intéressées.
Toute une nuit au paradis en échange des souvenirs Qu’elles me pompent avidement comme un sperme de connaissance. Encore mille nuits de parodie et je suis sûr que l’avenir M’ouvrira bien évidemment l’Eden avec reconnaissance.
Tableau de Melissa Launay sur https:www.melissalaunay.com .
Si l’arbre de la connaissance a fait l’ouverture d’esprit, Je me demande encore comment serait le monde d’aujourd’hui Vu toutes les dégénérescences envers ce que l’on a appris Qui se déchaînent en ce moment et le chaos que cela produit !
Alors je m’en suis allé voir si jamais l’herbe était plus verte Au jardin secret des enfers ou l’arbre n’a jamais poussé. Je ne veux pas vous décevoir mais les femmes y sont plus ouvertes, Prêtes à vous faire votre affaire sans penser à vous repousser.
On y vit nu, le sexe à l’air ; on s’embrasse pour dire bonjour, On baise pour dire merci, on se suce en toute amitié. On n’a pas besoin de salaire car le travail dans ce séjour Est interdit par inertie car on farniente à satiété.
Je fus invité à entrer et, pour marquer ma renaissance, Je dus quitter mes vêtements et honorer toutes ces dames. Je fus surpris d’y rencontrer l’arbre de la méconnaissance Dont les branches subtilement m’ont promis l’étreinte haut de gamme !
« Je t’ai senti glisser sans bruit parmi mes lianes enivrées, Ton souffle chaud sur mes pétales, ton regard tendre, ton sexe brut. Tu es venu croquer mes fruits défendus et tu t’es livré À sucer la liqueur létale de mes fleurs carnivores en rut !
Je t’ai pris sans un mot frémir, juste en exhalant mes parfums ; Mes sucs sirupeux t’ont mordu d’un doux poison sous ma corolle. Et quand tu t’es mis à gémir sous ton corps désormais défunt, J’ai su que d’un amour ardu, tu passais à la casserole.
Alors tu as joui de mes ronces profondément enracinées Dans la tendre chair de ton corps et ton cœur privé de raison. Mon rictus avait tant de fronces que j’ai ri, moi, ta dulcinée Dans un orgasme qui, encore, résonne comme une oraison ! »
Mort aux enfers quelle ironie ! Mais aussi quelle délivrance ! Tel le phénix du feu ardent, je renais d’un nouveau transfert. Mais c’est avec parcimonie et sans la moindre persévérance Qu’on me verra me hasardant parmi le jardin des enfers !
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Si Dieu crée l’homme à son image, l’homme doit pouvoir créer Dieu. Et plutôt que créer un mythe, j’aimerais mieux la Vérité Sortant du puits pour un hommage à Vénus dans un corps radieux Juste vêtue, à la limite, d’un élan de sincérité.
Maintenant que j’ai ma déesse en chair et en os achevée, Je vais écrire son histoire dans une bible immaculée Où les versets crient la prouesse de son amour parachevé Par toutes les positions notoires du sexe au culte miraculé.
Enfin je quitterai ce monde pour celui que j’aurai créé Avec Vénus à mes côtés pour l’aimer pour l’éternité. Loin de ces artifices immondes que sont les valeurs maugrées Par les dieux tarabiscotés de l’utopique modernité.
Alors des flots surgit la femme, ruisselante d’ondes guerrières, Ses paupières closes me déclament l’éclat d’un monde en gestation. Je tends ma plume comme une lame, vers ses lèvres aventurières Et dans son souffle je proclame la naissance de MA création.
Tableau d’un peintre qui s’appelle Juste Tretchikoff car je n’ai pas trouvé son prénom.
« Elle a toujours le dernier mot sinon elle a d’autres arguments Qui déséquilibre l’adversaire et met fin à toute riposte. Lorsqu’elle sort prestissimo un nichon subrepticement, Que dis-je ? Une mamelle comme émissaire qu’elle darde vers les avant-postes.
L’obus argumenté fait mouche et cloue le bec à l’opposant Comme s’il embouchait le téton qui fait office de bouchon ! Aussitôt se tarit sa bouche et il accepte l’imposant Raisonnement tellement béton que s’en dédit notre cochon.
Et puisqu’on parle de cochon si l’argument ne suffit pas, Elle a plein d’autres armes secrètes sous les dessous prêtes à jaillir Sur le terrain du polochon, terrain miné par les appas De la conquérante discrète qui frappe sans jamais faillir. »
Voire… laissons-la s’exprimer :
« Il pense, le beau, qu’en deux tétons je gagne toutes mes batailles… Il croit céder au sein impie ? Mais non ! C’est juste un leurre exquis ! Car c’est d’un regard en deux tons et de mon silence en mitraille Que l’âme qui l’envoie au tapis, à coup de bouteille de whisky.
Je laisse croire qu’un décolleté suffit à vaincre son esprit, Qu’il est l’argument invisible, la rhétorique en hauts talons. Mais dans l’embrasure, a voleté ma ruse qui l’a le plus surpris, Celle qui sourit…imprévisible et gagne la main au pantalon ! »
Alors je tire du corsage, l’arme suprême du décolleté ; Non pour flatter ses appétits mais pour sceller son abandon. Car d’un sourire en héritage, il a le gland décalotté… Le sein n’est qu’une feinte aboutie afin de lui couper le cordon.
Tableau de Waldemar Kazak sur https:arthur.ioartwaldemar-kazakend-of-parade .
Toujours ce rêve récurrent où je me retrouve tout nu Parmi des gens – tous habillés – faisant semblant de ne rien voir. Mais cette fois, c’est rassurant, car je retrouve l’inconnue Complètement déshabillée, entièrement en mon pouvoir.
Mais pour l’aimer, je dois créer et lui raconter notre idylle Où nous nous sommes rencontrés, comment nous nous sommes connus. Afin qu’elle puisse agréer l’histoire, je suis volubile En mots qui doivent lui montrer tout mon amour en continu.
Comme on ne peut mourir en rêve, je jouis de mon épectase ; Je meurs d’amour entre ses bras et mon cœur explose d’orgasme ! Dommage… la fin est si brève que j’en oublie toujours l’extase Cependant… Abracadabra ! C’est parti pour l’autre fantasme !
Alors dans un décor de soie, je me retrouve entre ses reins ; Son regard brille de malice, un brin d’orgueil sur les canines. « Tu veux l’amour ? Crée-le pour moi, pas un brouillon ni un refrain, Mais le poème d’un délice où chaque mot me tend l’échine. »
Je m’agenouille, le cœur en transe, la plume dressée en oriflamme ; Elle m’écoute avec silence, son sexe ému comme un oiseau. Et dans son souffle qui balance, je redeviens tout feu tout flamme Ce rêve qui, avec vigilance, perdure à travers les réseaux.
Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .
Pour échapper à la routine, rêver ne suffit pas toujours ; Je tourne en rond autour du pot et l’esprit redevient machine. J’ai besoin d’intuition mutine, imprévisible chaque jour, Pour qu’elle me sorte du troupeau dans lequel mon âme s’échine.
Elle a envahi mon espace, déjà avant de l’appeler, Sous l’apparence délicate d’une jolie danseuse aux seins nus. La voilà qui passe et repasse en ronds sur le sol carrelé Et se rapproche en candidate pour m’entraîner vers l’inconnu.
Me voici aux bras de mon rêve au son d’une flûte enchantée Qui charme mon corps de sergent – sergent-major de préférence – Et je saisi l’image brève de la fille, alors déjantée, Dont les mouvements convergents m’emportent avec persévérance.
Alors je lâche mon armure, mes certitudes, mes protocoles, Et j’emboîte le pas sans raison, nu de l’âme, ivre de ses gestes. Elle m’enseigne que l’écriture devient un tango sans boussole, Quand le rêve fait sa maison dans le creux de ce qui nous reste.
Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .
J’ai passé une petite annonce : « recherche femme marque-page » ; Une candidate est venue avec de bonnes références. Avant que je ne me prononce, elle m’a proposé le marquage De tous les livres retenus dont j’avais une préférence.
Elle a fait un drôle de ménage ouvrant tous les livres à la fois, Tirant les marges poussiéreuses et secouant les couvertures. Comme on a presque le même âge, elle m’a déclaré sa foi Envers les histoires mystérieuses et les étranges aventures.
Soudain, tous les livres ont pris vie et les pages redevenues murs Se sont étendues tout autour créant une maison de maître. Elle a écarté à l’envi les pages de son empaumure, Dévoilant les nouveaux contours désormais de mon périmètre.
Alors chaque volume en vélin devient une porte-fenêtre, Chaque ligne un chemin défait, chaque mot un nouveau rivage. Et l’amour du lecteur malin, qui a peine à se reconnaître, Se glisse entre ses doigts de fées avec un bien-être sauvage.
L’univers Pop de Chema Perona qui visite Beat Wines sur https:entomelloso.com2022tomellosoel-universo-pop-de-chema-perona-visita-beat-wines430062
La princesse des conques ferme son labyrinthe Par une porte étroite en forme de spirale. Elle défie quiconque d’en retrouver l’empreinte D’une manière adroite dans l’ombre vespérale.
Mais voici qu’au matin un rayon pâle révèle La sortie du dédale qui devient accessible. En robe de satin, déçue, elle renouvelle La pose d’une dalle à l’accès impossible.
Trouver la solution paraît pourtant facile Aux mathématiciens qui en ont la ferveur. Or la résolution n’est pas si difficile Pas plus aux béotiens qu’aux poètes rêveurs.
Mais qui croit dérouler la spirale enroulée Verra le temps passer du futur au passé. Si bien qu’au bout du compte bien avant le décompte Il redevient fœtus et obtient son quitus…
Et si l’on s’abandonne aux détours de l’abîme, Chaque cercle devient un miroir sidéral. On renaît, on s’éteint, dans l’infini sublime, Perle au creux de la conque, écrin rituel astral.
Pêcheur insatiable en perles naturelles Je deviens plus intense et bien plus passionné. Je vais à la rencontre des fonds surnaturels Où chantent les plus belles d’un chant ovationné :
« Je suis ta perle noire, et tu es mon abîme. Je m’ouvre sous ta lame, sans jamais m’attendrir. Je pulse dans tes nerfs, je rugis dans tes rimes, Et je grave ton nom dans mes moires à mourir.
Vendredi m’a fait femme au fil de ton désir, Mais samedi, je viens, incendiaire et farouche. Je te prends, je te mords, je t’arrache un soupir, Et je fais de ton cri le bijou dans ma bouche. »