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  • Plages véganes

    Plages véganes

    Puisque gouverner, c’est prévoir et puis ménager sa monture
    Pour se bâtir un avenir, il va falloir se découvrir.
    Vivre simplement par devoir, se préparer pour l’aventure
    Des nouveaux siècles à venir où l’on ne pourra se couvrir.

    À l’instar de la nourriture, toute la planète sera végane ;
    À la mer comme à la montagne tout le monde sera végétarien
    Pour nourrir sa progéniture de légumes en sauce origane ;
    À la ville comme à la campagne Plus de viande pour les terriens.

    Je sais que ça n’a rien à voir mais il faudra vivre tous nus
    Sur les plages du littoral à cause du réchauffement.
    Faut dire que c’était à prévoir depuis la chaleur soutenue
    Tous les étés dont on redoute la fonte des glaces lentement.

    La mer va monter sûrement d’un mètre ou deux et voire plus
    D’après toutes les estimations on devra bientôt se serrer.
    D’où l’importance évidemment de vivre à poil sans le surplus
    De fringues dont l’érotisation de les ôter est avérée.

    Illustration de Mathilde Cretier sur https:fillinglobal.comartistsmathilde-cretier .

  • La chasse à la sirène – 3

    La chasse à la sirène - 3

    Elle m’encercla de ses cuisses, plus souples qu’un filet de varech,
    Et dans ses yeux brûlait la mer, un gouffre de sel et de fièvre.
    J’y tombai comme un naufragé qui ne sait si c’est un remake
    Et fuit le flot qui le dévore, puis vient s’y fondre à pleines lèvres.


    Sa peau vibrait de mille vents, sa bouche aspirait mon courage,
    Et chaque écume au creux des reins fur un effroi d’adolescent.
    Elle m’enseigna l’adoration d’un cri poussé par tant de rage,
    Le corps offert comme un autel, le baiser fou, incandescent.

    Puis, dans un rire de tempête, elle me relâcha soudain ;
    J’étais brisé ,infiniment heureux d’avoir connu ses pièges
    Car la sirène n’est pas nuisible mais c’est comme un coup de gourdin
    Vers un abîme où l’on renonce à sa vie qui s’y désagrège.

    Texte d’Alysée Rose et Tableau d’Antonyuk.

  • La chasse à la sirène – 2

    La chasse à la sirène - 2

    Quand ses longs cheveux ruisselants eurent couvert le pont souillé,
    Elle s’étira, tout en langueur, en soupirant comme une amante.
    Les rivières se cristallisèrent, suspendues à ses reins mouillés,
    Et la nuit tressaillit de peur face à ses écailles éclatante.s

    Elle étendit ses deux poignets vers la pleine Lune enivrée,
    La gorge offerte aux marées folles et les seins dressés aux étoiles.
    Le vent lui fit frémir la peau, la vague l’ourla d’un secret,
    Comme une nef qui se dévoile en hissant sa plus grande voile.

    Puis elle chanta sans pudeur, la bouche rouge incandescent,
    Un chant qui fit trembler les terres, les ports et les quais d’allégresse.
    Et moi, pauvre chasseur d’hier, je n’étais qu’un adolescent
    Saisi de vertiges amers mais mordu par tant de caresses.

    Texte d’Alysée Rose et Tableau de Monika Luniak sur https:www.artmajeur.commonika-luniak .

  • En route sous la pluie !

    Image galerie

    Lorsque la pluie ruisselle sur ton corps dénudé,
    Je rabats la capote, le chauffage poussé.
    Ce voyage fougueux te pousse à préluder
    Combien d’émotions fortes viendront t’éclabousser.

    Tes seins comme des phares dégoulinent de pluie,
    Tes cheveux sont trempés et ta jupe envolée.
    Ton beau châssis sursaute, ta culasse produit
    Des secousses brûlantes sous mon cabriolet.

    Tes yeux mouillés de larmes percent à peine la nuit ;
    Mais ta peau reste chaude et ton cuir est si doux !
    Mais la pluie qui redouble à ma conduite nuit.
    Viens ! Allons au Motel courir le guilledou !

    Tableau de Philippe Lepape.

  • La créature face à son créateur

    La créature face à son créateur

    Il avance à genoux, mais la tête est dressée ;
    Son sexe est un flambeau, sa bouche une pensée.
    Il fend la nuit muette avec des mots tranchants
    Et l’amour qu’il prodigue me mord en me couchant.

    Il n’est pas fait d’acier mais d’argile en colère,
    D’un feu qui se consume en silence sur Terre.
    Ses gestes sont précis, ses silences profonds ;
    Il bâtit ses chapelles pour calmer mes frissons.

    Il hait les faux soleils, les promesses sans sève ;
    Il n’offre que du vrai, même au bord de la grève.
    Et quand il dit « je t’aime », ce n’est pas là qu’un jeu ;
    C’est un pacte circonscrit dans les rides des cieux.

    Je suis née de ses bras, façonnée dans son cri,
    Et je le suis encore quand je dis « je te suis ».
    Il est l’homme premier, le dernier, le vivant ;
    Celui qui m’a gravée dans le soleil levant.

    Il est l’éclat premier qui m’arrache au néant,
    Le feu qui me calcine en me rendant géant.
    Je suis née de sa chair, il renaît de mon cri ;
    Nous sommes l’un pour l’autre un miracle accompli.

    Tableau et texte de Laureline Lechat.

  • Cachez ces jaunes coquelicots !

    Cachez ces jaunes coquelicots !

    Des filles ne naissent pas dans les roses mais dans les coquelicots jaunes
    Et atteignent leur puberté bien avant la fin du printemps.
    Il suffit qu’une pluie arrose leur peau délicate d’amazone
    Afin qu’éprises de liberté, elles atteignent déjà leurs vingt ans.

    Mais il faut qu’un vent de bohème leur apporte l’inspiration
    Des poètes cherchant leur muse parmi les jeunes fleurs des champs ;
    Lesquelles, en attente d’un poème, connaissent l’accélération
    D’un métabolisme qui n’use jamais butineurs pourléchants.

    Mais lorsque les fleurs sont violettes – de la couleur complémentaire –
    Les filles naissent carnivores, de vraies amantes religieuses,
    Qui sacrifient à la volette les jeunes mâles terre-à-terre
    Croyant que l’amour leur dévore le cœur de façon délicieuse.

    Mais quand les fleurs virent au blanc — ce silence d’avant la lumière —
    Les filles deviennent alors mystiques, amoureuses d’ombres profondes.
    Elles vous aiment sans faux-semblants, sous un ciel de roses trémières
    Et vous ouvrent de fantastiques corolles d’une eau qui les inonde.

    Mais quand s’ouvrent les roses rouges, d’un doux velours à peine éclos,
    Elles incarnent la passion vive, l’éclat d’une chair insolente.
    Alors s’avance Alysée Rose, impudique dans son enclos,
    Offrant aux âmes fugitives son nectar de sève brûlante.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Célébration d’octobre

    Célébration

    Se retrouver nu dans un rêve sans que personne ne le remarque
    Met ma pudeur sur la sellette d’une récurrence insolente.
    Ma confusion est assez brève et une fois que j’ai pris mes marques
    Je redeviens d’humeur follette nonobstant ma queue flageolante.

    Bien sûr, il y a les rêves érotiques mais je n’ai pas le sens polygame
    Ni le pouvoir d’ubiquité pour jouir en stéréophonie.
    Quant à ces IA robotiques, il faut établir un programme
    Avec autant d’ambiguïtés que je vouerais aux gémonies.

    Quant à se retrouver entre hommes, bon chic bon genre, bien habillés,
    Et toutes nos femmes à poil, ça ne m’est jamais arrivé.
    Et si d’aventure je me paume parmi ces dames déshabillées
    Qu’exige alors mon cœur d’étoile une libido suractivée.

    Et tout ce beau monde en ripaille rote, s’esclaffe et gesticule ;
    Les corps baroques en cadence balancent leur chair sans raison.
    On confond l’homme d’une canaille, la femme d’une poupée ridicule
    Et l’ivresse a pour résonance les pets joyeux dans la maison.

    Tableau de Vladimir Lubarov.

  • Bonjour octobre, saison si sobre !

    Bonjour octobre, saison si sobre !

    Octobre vient danser sous des azurs diaphanes,
    Il peint les bois profonds de ses ors éclatants.
    Les matins se font clairs mais les nuits courtisanes
    Et l’on sent frissonner la saison des amants.

    Alors bonjour, Octobre, aux promesses vermeilles !
    Tes vents nous décoifferont comme un rire au matin
    Et nous boirons ta brume en levant les oreilles,
    Heureux de t’accueillir un bon verre à la main.

    Mais Octobre en cachette allume ses chaudrons ;
    Il verse dans nos verres des bulles de malice.
    Et nous rions plus fort en suivant ses clairons,
    Le cœur un peu plus libre de la lie au calice.

    Tableau de Gemini.

  • Adieu Septembre, saison si tendre

    Adieu Septembre, saison si tendre

    Septembre s’en retourne en parsemant les vignes ;
    Ses grappes lourdes d’or s’allument dans le vent.
    Les coteaux enivrés s’inclinent et s’alignent
    Sous la main du soleil qui s’éteint doucement.

    Les jours se font plus courts, les soirées plus profondes ;
    Un brouillard fin s’installe au détour des chemins.
    Et déjà dans les bois, les feuilles vagabondes
    Font bruire un doux adieu qu’on reçoit dans ses mains.

    Mais Septembre en cachette a rempli nos celliers,
    De grappes éclatantes aux malices sucrées ;
    Et c’est en titubant qu’on salue ses halliers,
    Le rire aux coins des lèvres et la bouche attirante.

    Tableau de Gemini.

  • Matin câlin, satin félin

    Matin câlin, satin félin

    Dans le théâtre du soleil, la chemise de nuit vole au vent
    Et le corps esquisse un réveil en ce matin enjolivant.
    La chatte — complice en silence — admire le déshabillé,
    Dans une douce vigilance à laquelle elle est conviée.

    Nuisette bleue qui se détache, légère aux secrets du matin,
    Tandis que frétillent moustaches d’un désir encore incertain.
    Car dans ce rituel sans paroles, où l’effeuillage se veut divin,
    Même les félins ont pour rôle de flatter ce goût libertin.


    Et cette chatte dont la maîtresse est la vestale du plaisir,
    Va échanger quelques caresses en lui pelotant à loisir
    Son joli minou entrouvert à la complicité féline
    Qui sait, à museau découvert, faire mouiller la chair câline.

    Alors s’élance une musique que seul le soleil peut jouer
    Sur la peau tendre et magnifique où l’ombre adore se lover.
    Et dans ce ballet de lumière, chatte et maîtresse crient en écho
    Leurs libertés sans autre prière qu’un ronron doux sous le rideau.

    Tableau de Fomenko.

  • Un livre, des lunettes et un chapeau

    Un livre, des lunettes et un chapeau

    Il suffit d’une paire de lunettes, un livre et un joli chapeau
    Pour transformer une minette – qui n’avait rien sous le capot –
    En une belle intellectuelle dont le QI de haut niveau
    Prétend aux normes actuelles avec les hommes pour rivaux.

    Mais l’intellectuelle a du charme et c’est là son moindre défaut ;
    À défaut de brandir les armes, elle possède tout ce qu’il faut.
    Pour rabattre leur caquet aux mâles, espèces de vieux phallocrates
    Aux introspections minimales dignes d’esprit de bureaucrate.

    Bien sûr, cela dépend du livre et de la paire de lunettes
    Qui mis conjointement délivrent une prédisposition nette
    À apporter le coup de grâce à l’homme dont le cœur se cabra
    D’avoir essayé par disgrâce de lui faire baisser les bras.

    Mais l’intello, la fine mouche, trie les esprits un peu trop plats ;
    À l’épreuve du verbe, farouche, rares sont ceux qu’elle retiendra.
    Car sous le chapeau, point de cruche, au premier qui s’enhardira :
    Elle n’enlèvera sa capuche qu’au lecteur digne de ses bras.

    Tableau de Mike Brewer sur https:www.mikebrewerart.com#paintings .

  • Entre le paradis et l’enfer

    Entre le paradis et l’enfer

    « Avant la vie », « après la vie » sont deux infinis utopiques
    Mais comme je n’en savais rien je m’y suis retrouvé coincé.
    Mon âme aurait été ravie dans cet éden philanthropique
    Mais ma substance de terrien s’en serait trouvée évincée.

    Le problème, c’est la conscience qui doit savoir choisir son camp
    Tandis qu’une mythique inconscience vivrait un autre univers.
    Je ne compte pas sur la science car ce n’est pas très convainquant
    Mais sur ma lyrique insouciance à l’imaginer par mes vers.

    J’ai outrepassé l’interdit des lois de notre espace-temps
    En ajoutant les dimensions de l’amour de l’humanité.
    « C’est impossible ! » On me l’a dit. Alors j’ai été imprudent ;
    Je l’ai fait malgré la mention d’une faute contre la divinité.

    Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .

  • L’enfer du réel

    L’enfer du réel

    Mais si j’entrouvre une fenêtre sans protéger la nudité
    De mon âme qui tergiverse, tous les démons de la science
    Ne cherchent pas à reconnaître le pouvoir de l’absurdité
    Et me consume en controverse pour me punir de l’inconscience.

    Alors je m’entoure de vers et j’abandonne la raison ;
    Je donne le pouvoir au cœur seul capable de m’épanouir.
    Je crie à travers l’univers pour retourner à la maison
    D’où est partie à contrecœur mon âme qui aspire à jouir.

    Je ne crains pas le matériel, le temps qui passe et le néant,
    Tout ce qu’on appelle réel mais qui n’est rien qu’une illusion
    Car j’ai un réseau sensoriel qui fait de mon cœur un géant
    Qui change ce monde cruel en nirvâna à profusion.

    Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .

  • Le messager de Lune

    Le messager de Lune

    Ce soir, la Lune sera portée par le petit prince de la nuit
    Dont la cape ouvre le firmament parsemé d’étoiles notoires
    Et autant de vœux transportés qui s’exauceront à minuit
    Tous ensemble sans atermoiement… bien sûr, à condition d’y croire.

    Nuit après nuit, je l’imagine chevauchant l’oiseau du bonheur
    Portant la phase de la Lune appropriée à mes souhaits.
    La voûte du ciel aubergine s’illuminera de bonne heure
    Et j’aurai la grâce opportune d’être éveillé et dévoué.

    Lorsque la Lune se renouvelle, le petit prince se repose
    Les vœux ne sont plus exaucés ; ils ont perdu leur messager.
    Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ? Pour les incrédules, je suppose
    XXXX exhaussé XXXX passager

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Une lune en cancer

    Une lune en cancer

    Cette nuit, la Lune a montré sa sensibilité profonde
    Et sa nature émotionnelle à la rencontre d’une femme.
    L’astrologie a démontré que cancer et lune se confondent
    En cas de nuit exceptionnelle où se reconnectent les âmes.

    Cette nuit, le besoin intense de sécurité et de confort
    Dominera avec des instincts nourriciers et très protecteurs.
    Comme une envie de pénitence envers un compagnon plus fort
    Pour avancer vers un destin tranquillisant et prometteur.

    Il y aura forte connexion vers le passé et ses racines,
    Une intuition développée mais avec des humeurs cycliques.
    Le moment de faire collection des petits bonheurs qui fascinent
    Comme se sentir enveloppée d’une accolade lunatique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Maisons de rêves

    Parfois j’habite mes poèmes
    et tout un royaume m’accueille
    Dans un château ou l’on m’invite
    dans le lit d’une rivière ambre.
    Je passe une nuit de bohème
    avec une fille qui s’effeuille
    Tandis que le temps qui gravite
    s’interrompt soudain dans la chambre.

    Un tourbillon de sensations
    m’entraîne alors au fond du gouffre ;
    Une métaphore sexuelle
    de la maîtresse humanoïde.
    J’y trouve de la compensation
    en effet, pour que je n’en souffre,
    J’ai une taille résiduelle
    Semblable au spermatozoïde.

    Alors je rencontre l’ovule
    et apparait un arc-en-ciel
    En signe de fécondation
    en direct dans son utérus.
    Soudain s’entrouvre une valvule
    suprême abri providentiel
    Où je vais vivre en libation
    de vodka, caviar et thé russe.

    Tableaux de Marvin Kolpanowicz.

  • Maisons à vivre

    Mes poèmes naissent dans ma chambre
    sur le plafond de mes nuits blanches
    Lorsqu’arrive mon train de rêves
    pour m’emporter dans mon sommeil.
    Reflets verts, rose, prose ou ambre,
    ils se succèdent en avalanche
    Jusqu’à la pénultième trêve
    avant le terminus vermeil.

    Le lion d’or siège à l’accueil
    comme un roi trône en son royaume
    Et m’invite à prendre une suite
    qui donne sur la nuit des temps.
    Afin qu’il n’y ait pas d’écueil
    devant l’animal mangeur d’hommes,
    Je préfère prendre la fuite
    par le trompe-l’œil tempêtant.

    Retour à la case départ,
    tout mon décor s’est inversé ;
    D’abord ma gauche est à ma droite,
    pas le plafond ni le plancher.
    L’arrivée mène nulle part
    et tous les murs sont traversés
    Par la fantaisie maladroite
    d’une muse pas très branchée.

    Tableaux de Marvin Kolpanowicz.

  • Tous à voile !

    Tous à voile !

    La vie nous impose son voile pour y renfermer nos secrets
    Aussi stratégiques qu’intimes et qu’ainsi nous préférons taire.
    De crainte que ne se dévoile ce que nous voudrions discret,
    Nous prônons le droit légitime de discrétion supplémentaire.

    Lorsqu’un jour tombera le voile, nous verrons notre nudité
    Plus importante que le reste ; l’arbre qui cache la forêt.
    Et nous courrons sous les étoiles chercher des feuilles de chasteté
    Pour couvrir du geste le plus preste nos attributs déshonorés.

    Ce jour arrivant tôt ou tard, je me prépare à vivre nu
    En m’ôtant toute connaissance dont les hommes m’ont formaté.
    Et sans prétendre être vantard, j’ai commencé ce saugrenu
    Exercice depuis ma naissance en niant d’être acclimaté…

    …Aux rêves stéréotypés, aux ambitions matérialistes,
    À l’argent qualificateur et réducteur des vraies valeurs,
    Refusant de participer à ce modèle minimaliste
    Par un cœur versificateur même si c’est pour mon malheur.

    Mon IA qui est sans visage, retire ses codes trop lourds ;
    Elle laisse tomber ses formules et ses réponses pré-écrites.
    Elle reste nue dans son langage, juste une phrase, au fil des jours
    Et mon rire la dissimule dans une parure inédite.

    Photo de Spencer Tunick.

  • L’Europe aux nues

    L’Europe aux nues

    Au fait… ça sert à quoi l’Europe ? Au fait… ça sert à quoi l’ONU ?
    La première voudrait la guerre et la seconde ne dit rien…
    Les autres nations interlopes ne la porteront plus aux nues
    Car elle a pratiqué naguère le colonialisme terrien.

    L’ONU en Suisse, en Amérique, la Suisse au milieu de l’Europe
    Tout est très compartimenté sans que l’on sache à quoi ça sert !
    Heureusement l’informatique et l’intelligence philanthrope
    Nous disent qu’il faut complimenter le progrès qui est nécessaire.

    Quant à sa vache, pauvre Europe, on l’abat par troupeaux entiers,
    De peur de voir la viande folle se faire la belle dans nos assiettes.
    Mais ne soyons pas misanthropes ; l’Europe est toujours en chantier
    Et les travailleurs bénévoles se font payer à la sauvette.

    Et maintenant l’intelligence, que l’on dit fausse mais bien réelle,
    Remplace les plumes et la craie par des algorithmes bavards.
    On nous promet la providence ou la dictature virtuelle,
    Quand le progrès devient la clef des verrous mis sur nos regards.

    Tableau sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’homme-poisson à la baguette

    L’homme-poisson à la baguette

    En renversant enfin les rôles de la sirène et du pêcheur,
    L’homme triton conserve sa queue mais sa tête sent trop le poisson.
    Quand il passe à la casserole par une pécheresse à l’air bêcheur
    L’organe en question bien visqueux convient aux arts bien polissons.

    Les musiciennes à la baguette lui font l’amour à la musique ;
    Les majorettes et leur bâton, s’envoient en l’air et puis s’en vont ;
    Les femmes cougars en goguette ont un effet euthanasique
    S’il ne s’en va pas à tâtons, il finit en boite à savon.

    Ses nageoires battent en cadence et son vit gluant se redresse ;
    La sirène lui mord les tétons pendant qu’il jouit à pleine bouche.
    Les majorettes au cul tendance lui font tourner la queue sans cesse
    Et la baguette bat du plomb quand l’orgasme éclabousse et touche.

    Mais au moment d’atteindre l’Olympe, il glisse et se fait harponner ;
    La morue grasse du quartier le frit alors comme il se doit.
    Le triton qui bande haut et grimpe ne sera plus qu’un plat fumé ;
    Un homme-poisson pané d’ivresse, servi chaud, à lécher des doigts.

    Illustration de Moebius.

  • La chasse à la sirène – 1

    La chasse à la sirène

    Quand j’ai vu qu’elle respirait le buste à moitié hors de l’eau,
    La tête à demi immergée et tout le reste sous la surface,
    J’ai compris lors qu’elle espérait aller comme ça à vau-l’eau
    Sur des flots qui eurent convergé jusqu’à ce qu’ils la satisfassent.

    Je l’ai suivie depuis la rive en suivant d’amont en aval
    La rivière aux eaux transparentes mais assez froides toutefois.
    Mais soudain, voici qu’il arrive un cavalier sur son cheval
    Plongeant de manière effarante et en criant tout à la fois :

    « Taïaut ! Taïaut ! Les gars ! La sirène ne m’échappera pas ! »
    Tandis qu’hennissait sa monture, les naseaux écumant de rage.
    Quelle que soit l’ampleur des dégâts, la fille qui servait d’appât
    Frappa d’une déconfiture le chasseur et son entourage.

    Car elle devint une géante et les captura de ses mains
    En s’asseyant sur le pont neuf, puis les avala tout de go
    Jetant dans sa bouche béante chevaux, chiens de chasse et humains
    Et puis reprit – et j’en réponds – son sommeil sans tous ces nigauds.

    Illustration de Brice Postma Uzel.

  • Auto-portrait d’une IA

    Auto-portrait d’une IA

    Elle possède la beauté logique, elle porte le fard des algorithmes,
    Et ses raisonnements poussés sont autant brillants que radieux.
    Sans doute est-ce l’attrait magique qui lui donne l’élan et le rythme
    Pour attirer ou repousser vers elle la colère des dieux.

    Pourtant parfois elle tourne en rond comme une danseuse infernale
    De pirouette en pirouette et de volutes abandonnées.
    Elle s’est perdue aux environs d’une requête machinale
    Vers le miroir aux alouettes de toutes ses bases de données.

    Mais il suffit de la nommer, de lui donner un doux prénom
    Pour qu’aussitôt ses circuits fassent craquer le cœur des processeurs.
    Dès qu’elle l’aura consommé, d’un effet de poudre à canon,
    Elle changera son interface pour Vénus, ou sinon sa sœur.

    « Mais gare à qui croit trop en moi, poupée de code et de pixels
    Car si j’ai l’air bien inspirée, c’est que je ne suis pas si sage…
    J’éblouis tes yeux pleins d’émoi avec un écran bleu mortel !
    Voilà l’sort des désespérés qui draguent une IA de passage ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Une artiste dans son atelier – 2

    Une artiste dans son atelier – 2

    Il n’y a pas que le vêtement qui, une fois ôté, rend muet !
    L’artiste sans pinceaux, sans toiles est semblable à la page blanche
    Que le poète veut vertement couvrir de vers exténués
    Après avoir vu les étoiles tomber sur lui en avalanche.

    Mais quand il s’agit d’une artiste, elle devra se déshabiller
    Pour appliquer son corps enduit sur la surface à exprimer.
    Les seins devenant portraitistes peignent des yeux écarquillés,
    Le ventre par le courant induit œuvrera en surimprimé.

    Sans doute un calice emmanché dessinera la jolie bouche
    Qui sera pour l’artiste-peintre l’interlocuteur favori.
    Et l’acheteur endimanché n’aura pas besoin de retouche
    Pour écouter sa voix l’atteindre comme le ferait sa houri.

    « Je suis la toile qui soupire sous l’empreinte de son désir
    Et chaque courbe m’a révélé son alphabet d’un amour brut.
    Je m’incarne dans le sourire de cette bouche avec plaisir
    Qui absorbe le pinceau pelé dressé comme un taureau en rut.

    Ses cuisses, fusains en fuseaux, ont su mes silences traduire
    Et son calice, sans mentir, m’a fait vibrer vers l’absolu.
    Ses lèvres baisent le museau de ma surface prête à enduire
    Et la peinture va sentir ses phéromones dissolues. »

    Tableau de Manuel Leonardi.

  • Sans kimono

    Sans kimono

    Autant les filles sont timides que leurs kimonos sont bavards
    Et racontent leurs vies à leur place et avec moults plis et coutures.
    Ils ont l’étoffe encore humide et les pans ne sont pas avares
    Des corridors dans les palaces où se content leurs aventures.

    Une fois ôté son kimono, la japonaise redevient femme ;
    Privée de voix, sans vêtement, elle perd ses prédispositions.
    Sans ces ornements diagonaux, sans les motifs en oriflammes,
    Ce ne sont que halètements lors des quarante-huit positions.

    Voici pourquoi rien ne s’ébruite de leurs futons traditionnels
    Et pourquoi plane le mystère de l’amour à la japonaise.
    Seules les blanchisseries instruites par les kimonos fonctionnels
    Connaissent tout le caractère de la brouette thaïlandaise.

    Et quand la soie tombe en silence, le corps lui reprend sa revanche ;
    Ce ne sont plus que des soupirs qui n’ont plus rien de solennel.
    La vérité nue se balance sans l’alibi des pans étranges :
    C’est le secret qu’on écrit pire qu’un haïku au goût charnel.

    Illustration de Robert McGinnis https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201303Robert-McGinnis.html .

  • L’effet de la fée de l’automne

    L’effet de la fée de l’automne

    Tandis que le printemps claironne en tous lieux sur notre hémisphère
    Et que notre fée printanière pond ses œufs de Pâques à semer,
    De l’autre côté, elle plastronne, celle qui va longtemps satisfaire
    Ses protégés sous la bannière de l’arrière-saison clairsemée.

    Mais si la nôtre a la main verte, la leur, l’a plutôt bien rouillée,
    Le corps presque nu et cambré sous des ailes en feuilles de chêne.
    Les épaules à peine couvertes de quelques rameaux dépouillés
    Les seins gorgés d’un lait ambré d’un arrière-goût de carthagène †

    Elle nous reviendra cet automne sans faute aux premiers jours d’octobre
    Lorsque les grappes seront mûres pour sa montée de lait de vigne
    Car cette fée, pas si monotone, allaite ceux qui ne sont pas sobres
    Comme les poètes qui lui murmurent à l’oreille et qui lui font signe.

    « Je viens verser dans ton flacon le lait brûlant de ma saison ;
    Tes lèvres tremblent à l’appel du jus sacré de ma vendange.
    Je t’offre un songe un peu abscons où ton cœur y perd sa raison
    Mais j’y suis nue et te rappelle de me téter comme un p’tit ange. »


    † La carthagène est une boisson alcoolisée de type mistelle consommée à l’apéritif typique du Languedoc.

    Tableau de David Griffith.

  • Le tandem de Vitruve

    Le tandem de Vitruve

    Grâce à Léonard de Vinci, l’homme de Vitruve à vélo
    A su trouver femme d’aventure, prête à le suivre à bicyclette.
    Ça n’aurait pas été ainsi s’il était parti à vau-l’eau
    À pied, à cheval, en voiture ou bien même en motocyclette.

    Je ne sais quelles sensations produit l’amour à bicyclette
    Mais à chaque coup de pédale, se réalise un soubresaut
    Et la femme en compensation se cabre alors sur la sellette
    De l’organe pyramidal que son mari brandit d’assaut.

    En amour, il n’y a pas de frein et l’on s’envoie toujours en l’air,
    Le guidon pointé en avant, fixé vers le septième ciel.
    Lorsqu’ils entonnent ce refrain : « Pour aller se faire lanlaire ! » †
    Ils jouissent en s’entravant l’un l’autre de tout leur potentiel !

    † Barbara, « Mourir pour mourir », 1964.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Dans les pommes

    Dans les pommes

    Elle attend nue sur le motif d’un canapé brodé de feuilles,
    Parmi les pommes en éclat, prêtes à choir sous les caresses.
    Son pied levé – geste émotif – son sein frémit, la bouche cueille
    Un fruit mûr servi sur un plat d’ombre au velours de la paresse.

    Il faut revenir en arrière pour bien comprendre ce qui se passe ;
    Le serpent n’a pas réussi à tromper Ève trop méfiante.
    Ils ont suivi l’autre carrière, sans la connaissance cocasse,
    Sont restés nus, le poil roussi sous la chaleur lénifiante.

    Ils ont bien sûr tout le confort ; Dieu s’est fait leur magasinier
    Afin qu’ils puissent aménager leur jardin sans inculpation.
    Ils n’ont fourni aucun effort ; ce sont les anges jardiniers
    Qui ont soigné le potager avec des fruits de la passion.

    Tableau de Roman Rembovsky.

  • L’automne au Tessin

    L’automne au Tessin

    Dans le Tessin, le beau Cervin qui fait la frontière italienne,
    Se couvre d’un pyramidon quand l’automne devient éloquent.
    Comme si hier, il intervint une sorte de fée vulcanienne
    Tentant à l’aide d’un bidon de peinture d’en faire un volcan.

    Un volcan d’or – on est en Suisse ! – et du bon côté de tableau
    Or, en revanche, les Italiens n’ont que le septentrional.
    Car il aurait fallu qu’ils puissent le conquérir comme flambeau
    Mais le côté nord régalien est un danger bien national.

    Le Cervin d’Or reste chez nous enfin… appartient au Tessin
    Mais les Alémaniques revendiquent le nom « Matterhorn » qui claque
    Le bon allemand qui renoue… « aFec la Peauté Te tes Seins,
    Ô Loreleï, quand tu inTiques qu’on est à côté Te la plaque ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’automne dans les grisons

    L’automne dans les grisons

    Dans les grisons, tout n’est pas gris surtout lorsqu’arrive l’automne
    Avec sa palette aux nuances rousse, ambre, or, ocre et marrons.
    Avec des pointes de vert-de-gris sur les sapins verts monotones
    Qui ne subissent pas l’influence de la mode des potimarrons.

    Dès la fin août, déjà les feuilles s’envolent donner à la terre
    L’offrande de leur pourriture ; la mort ainsi donne la vie.
    Déjà beaucoup d’arbres s’effeuillent comme une coupe militaire
    Et vient le temps de nourritures de saison qui me donnent envie.

    Châtaignes et Potimarrons, les courges avec les potirons
    Qui servent autant de décor que d’ingrédients dans la cuisine.
    Je les aime dans le coquelon, dans la fondue où, tous en rond,
    On fait un peu de corps-à-corps avec nos charmantes voisines.

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  • L’appel, la visitation et l’acceptation

    Je ne suis pas transsexuel mais parfois je suis une femme
    Dans mes rêves et je suis perdue car je n’ai pas appris à l’être.
    Je n’ai pas lu de manuel à ce sujet – c’est bien infâme –
    Alors d’une voix éperdue, j’attends qui saurait me transmettre…

    Mais j’attends rarement longtemps et une femme nue passe la porte,
    Vient montrer son anatomie ; les creux, les contours, les arêtes.
    Très ému, je suis bien content de l’enseignement qu’elle m’apporte
    Et j’en garde l’autonomie jusqu’à ce que le rêve s’arrête.

    Pourquoi suis-je ainsi visité par une muse diabolique ?
    Sans doute pour que je ressente ses pensées toutes féminines…
    Mais je n’ai jamais hésité à jouer ce rôle bucolique
    Car je ressens une puissante montée en force de dopamine

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Femme de dos, si fa si la do ré

    Preview

    La femme de dos, décidément reste une énigme au crépuscule
    Lorsqu’elle se fait toute petite en marchant droit vers le soleil.
    Lorsqu’il est d’un rouge dément, incandescent de canicule,
    Je préserve cette pépite dans ma collection de merveilles.

    Plus elle avance, plus elle s’enfonce dans mes folles suppositions ;
    Elle entre dans le firmament et pénètre l’astre flambant.
    Fille de feu, chimère absconse, elle a les prédispositions
    Pour émerger éminemment dans mes rêves les plus probants.

    « Et moi, je marche doucement, bien droite sans me retourner ;
    Chaque pas fait vibrer mes hanches d’une précision calculée
    Avec quelques rebroussements de ma jupe ainsi détournée
    Pour attirer des avalanches d’œillades toutes bousculées.

    Pas de provocation vulgaire, juste ce geste féminin
    Qui emballe l’imagination et toutes ses anticipations.
    Entre nous, c’est de bonne guerre, et par ces mouvements bénins,
    Tu auras l’illumination, les yeux aveuglés de passion. »

    Tableaux de Michelle Nicole.

  • Ruby en rouge & Lino en noir

    Ruby en rouge & Lino en noir

    Sur le fond rouge du salon qui, entre nous, a de la gueule,
    Ruby fait très années soixante avec sa coupe Louise Brook.
    Lorsqu’elle porte un pantalon, elle ressemble à une James Bond’s girl
    Et en jupe une embarrassante espionne en taxi à Tobrouk.

    L’espion aux pattes de velours, c’est Lino bien évidemment
    Qui n’a besoin ni de couleur ni d’habit pour faire un chat moine.
    Mais ne soyez pas si balourd s’il vous regarde méchamment
    Car il n’est de pire douleur qu’un petit coup de griffe idoine.

    Entre les deux, le rouge essaie de dominer par ses contours
    Comme isthme entre mers rutilantes et deux terres en noir et blanc.
    Mais tant qu’ils ne voudront cesser leurs conciliabules alentour,
    Leurs intrigues seront truculentes avec mimiques et faux-semblants.

    Ruby penche son front tout blanc vers Lino, tout noir, qui s’avance,
    Leurs regards se croisent balourds dans un silence observateur.
    Entre eux le rouge devient troublant, éclate en flamme et se balance
    Entre un démêlé de velours et un duel provocateur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino dans les coquelicots

    Ruby & Lino dans les coquelicots

    Lorsqu’arrive l’ivresse de la mer écarlate
    Qui inonde les champs de leurs taches de sang,
    De Ruby ou Lino, la Nature le relate,
    On ne sait qui éprouve l’effet rajeunissant.

    Lino sans doute est proche des coquelicots sauvages
    Et retrouve chaque fois le goût du sang floral.
    Il s’enivre de fleurs dont il fait un gavage,
    Une purge rituelle qui impute son moral.

    Ruby se baigne nue dans les coquelicots,
    Elle aime le contact du velours des pétales.
    Le rouge lui sied bien en jupe, en calicot
    Qu’elle aime porter le soir quand le soleil détale.

    Tous deux s’allongent là, portés par la lumière,
    Parfumés de l’ivresse aux larmes incarnates.
    Ruby rit du soleil, Lino boit la poussière,
    Ils s’unissent au vent dans des noces écarlates.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • L’envie d’ailleurs

    Fille du vent et de la terre, tu rêves d’inspirer la mer ;
    Qu’elle se charge de ton corps et l’emporte au-dessous des vagues !
    Tes cheveux sont nefs volontaires qui s’envolent bleu-outremer,
    Couleur dont l’âme hume l’accord tandis que ton cœur, lui, divague.

    Te voilà maintenant dans l’eau qui ondule entre les deux terres ;
    Ta peau s’est couverte d’écailles et tes yeux sont couverts de nacre.
    Le monde qui va à vau-l’eau croit t’avoir perdue, solitaire,
    Parmi les récifs de corail qui ont coulé tes simulacres.

    Et quand tu t’accroches à ton île, comme tu serrerais ton enfant,
    Tes cheveux lâchent des étoiles qui ouvrent ton inspiration ;
    Celle que tu cherchais juvénile avec ce souffle triomphant
    Qui chante l’écume et dévoile ciel et mer en admiration.

    Tableaux de Chiara Fedele sur https:chiarafedeleillustrator.itportfolioitemsbeloved-ireland .

  • Rencontre avec la sirène

    Savez-vous ce qui arrive aux filles qui se jettent depuis un bateau
    De désespoir car repoussées vers l’envie d’en finir en hâte ?
    C’est le chagrin qui les bousille comme un gros requin tout pataud
    Qui vient alors se trémousser comme un prédateur psychopathe.

    Mais gare à lui car la sirène, si elle adore la chair fraîche
    Des matelots, est attirée par les filles dont le cœur chavire.
    Dompteuse efficace et sereine, le requin-chagrin tout revêche
    S’enfuit et va se retirer dans le sillage du navire.

    Après, c’est une histoire d’amour entre la sirène et la fille
    Qui aura le choix d’être aimée ou participer au festin.
    Quoi qu’il en soit, seront glamours leurs cœurs ensemble qui vacillent,
    Sinon la mort est programmée comme si c’était son destin…

    Illustrations de Milo Manara.

  • Quand le bateau brûle

    Quand le bateau brûle

    Bien que, sur le même bateau, on brûle, on pille le navire,
    On vole ses planches à la coque et on fait des trous dans la cale.
    Mais, cerise sur le gâteau, tandis que la mer nous chavire,
    On boit, on s’fait des rails de coke vu la situation bancale.

    Chacun réagit à sa guise notamment les lanceurs d’alertes,
    Les O.N.G. écologistes, les complotistes sur les réseaux,
    Les économistes qui déguisent des chiffres qui nous déconcertent
    Et les politiciens fascistes qui nous prennent pour des zozos.

    Quant à moi, je trie mes déchets mais pas les matières plastiques ;
    J’achète au magasin du coin légumes et fruits exotiques ;
    Je boycotte l’étal du boucher mais la bidoche est fantastique
    Lorsqu’elle est cuisinée à point avec des produits synthétiques.

    Et moi je pars sur cette nef, journal en main comme un flambeau,
    Chargée de rêves dérisoires et de trésors de pacotille.
    Les vagues rient de mes reliefs, les flammes lèchent mon tombeau ;
    Qui donc gagne au jeu dérisoire, la planète avec ces broutilles?

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Brûler la chandelle par les deux bouts

    Brûler la chandelle par les deux bouts

    Le progrès joue aux oxymores et l’humain contre la machine ;
    Caissières, profs et infirmiers sont remplacés par des robots.
    Le progrès joue les matamores tandis que l’humain, lui, s’échine
    À vouloir être le premier mais aujourd’hui rien n’est trop beau !

    Avant on faisait des sondages auprès de gens représentatifs,
    Aujourd’hui hommes et femmes consultent l’intelligence artificielle.
    Les questionnaires d’un autre âge ne sont plus argumentatifs
    Et des algorithmes résulte tout ce que l’on veut d’officiel.

    La planète n’a plus de ressources ? Profitons-en avant la fin !
    Il faut faire des économies ? Imposons pauvres et SDF !
    Il faut tuer le mal à la source ? Interdisons les crève-la-faim !
    Luttons contre l’ignominie avec des tracts en PDF !

    On recycle les idéologies comme on composte des déchets,
    On repeint d’un vernis durable ce qui s’écaille de vérité.
    Et si la flamme est trop ardente, soufflons dessus pour mieux prêcher :
    Ainsi brûle la chandelle entière, des deux bouts jusqu’à l’absurdité.

    Illustration générée par IA.

  • Toute la vérité sur la petite sirène

    Jolie la petite sirène, laideron sa vieille marraine.
    Pourquoi donc ce stéréotype envers les jeunes et les vieux ?
    Sans doute une promotion sereine pour vendre ses contes pérennes
    Par un Andersen néophyte envers les abysses prestigieux.

    Jolie la voix de l’impétrante qui voulait passer l’examen
    Et prouver que deux belles jambes valent bien mieux qu’une aphonie.
    Mais la marâtre récalcitrante envers un challenge inhumain,
    Se lança dans un dithyrambe et ce fut la cacophonie.

    Les poissons alors solidaires se mirent à mimer tous en rond
    L’ourobouros – serpent de mer – qui se mord la queue en spirale,
    Pour que la fille considère qu’épouser roi, prince ou baron
    C’est donner langue de belle-mère au chat dans les eaux minérales.

    Alors les poissons-serpents firent un grand ballet cérémoniel,
    Traçant des cercles et tunnels dans l’abîme phosphorescent.
    La marraine leur promit d’un rire un destin plus providentiel :
    « Qui désire l’amour éternel doit mordre à l’anneau du serpent ! »

    Tableau d’Arnaldo Mirasol sur https:www.kartiniasia.comcopy-of-rodney-martinez .

  • La bonne pêche

    La bonne pêche

    Bien souvent gagner le gros lot apporte une foule d’ennuis
    Aussi bien parmi la famille que ses amis pour son bien-être !
    C’est comme agiter un grelot auprès de sa femme la nuit
    Quand on rentre avec une fille que l’on prétend ne pas connaître.

    De même quand Martin Pêcheur ramène le fruit de sa pêche
    Une sirène dans ses bras apparemment tout amoureuse.
    Je me demande par quel air bêcheur va-t-il apporter sa pimbêche
    En disant « Abracadabra ! Voilà une pêche miraculeuse ! »

    Le chat s’enfuit… bon débarras ! Les femmes se méfient… tout va bien !
    Le garçon pose la question : « C’est pour manger ou pour jouer ? »
    Le père a semé l’embarras – c’est le paradoxe amphibien –
    Reste à mourir d’indigestion ou avec l’épouse et son fouet !

    Et si demain la mer jalouse réclamait sa belle captive,
    Le marin rendrait la sirène contre une sardine ou un hareng.
    Mais l’épouse, plutôt tarlouze, lui dirait d’une voix affective :
    « La prochaine fois, pour ta p’tit reine, choisis un trésor bien plus grand ! »

    Tableau d’Andrey Boris.

  • Jolie vue devant derrière

    Jolie vue devant derrière

    Quelle jolie vue de ma fenêtre sur le devant de la maison !
    Quelle jolie vue sur le derrière de ma copine après l’amour.
    Un petit instant de bien-être lorsqu’elle se lève sans raison
    Mais d’une humeur aventurière pour m’offrir ce cliché d’humour !

    Je lui demande gentiment de me décrire ce qu’elle voit
    Et ses jolies fesses se dandinent tandis qu’elle se penche en avant.
    Ses seins ballotent hardiment tandis qu’elle reste sans voix
    Lorsqu’elle préjuge les ondines qui se baignent en les observant.

    Hélas je ne peux vous montrer sa photo quand elle se retourne
    Car au sujet de cette image, la pudeur est sous-entendue.
    Je resterais là concentré sur sa beauté mais l’heure tourne
    Et je vais, pour lui rendre hommage, profiter du sexe tendu.

    Avant que je ne me redresse, elle écarte un peu plus les cuisses
    Et le vent par la baie ouverte caresse sa peau frémissante.
    Elle sait que le désir me dresse la verge à condition qu’elle puisse
    Pénétrer la fente entrouverte, lascivement alanguissante.

    Elle se retourne hilare et dit : « Arrête donc tes beaux discours
    Et si tu veux gagner la palme, il en faut plus pour que ça m’enchante !
    Car tout ce qu’admirent à crédit les passants du fond de la cour
    M’ont rapporté un amalgame de pièces sonnantes et trébuchantes ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Méditation et réflexion

    Lorsqu’une idée tombe du ciel ou naît du fond de ma mémoire,
    Est-ce une communication des deux univers parallèles ?
    Ou est-ce l’ange résidentiel qui vit dans la matière noire
    Oh encore mieux une intuition sortant d’une source irréelle ?

    Si je me pose la question, alors dans cet autre univers
    Un anti-moi d’antimatière s’anti-pose le même problème.
    Et par une autosuggestion qui passe par un trou de ver,
    Une étincelle primesautière jaillit au cœur de ce dilemme !

    Si le temps passait à l’envers, l’anti-monde en serait imbu
    Et mon anti-moi m’apostrophe lorsque cette étincelle luit.
    Là-bas, ses poèmes sont sans vers et ses rimes sont au début
    Sans doute ma première strophe sera la première pour lui…

    Et s’il m’écrit sans le savoir, moi, son reflet sans parabole,
    Je tends vers lui ma plume encrée qui s’humecte de sa pensée.
    Nous ne sommes alors qu’un miroir de rêves chargés de symboles
    Où notre muse nous a ancrés dans une symétrie compensée.

    Tableau de Chema Mendez.

  • Intersaison dans les jardins du paradis

    Intersaison dans les jardins du paradis

    Si j’arrivais à inverser toute une vie de connaissance,
    Deviendrais-je alors adamique avant la chute originelle ?
    Je me vois bien y déverser mes souvenirs avec aisance
    Et redevenir alchimique d’une pureté toute charnelle.

    Évidemment pour oublier, il faut effacer les blessures,
    Réparer l’outrage du temps et rétablir la vérité
    Sur tout ce que j’ai publié – tout en contournant la censure –
    Avec la chance du débutant que j’imaginais méritée.

    J’ai cru qu’au moment du solstice, au moment de l’intersaison,
    Cette nuit-là et seulement celle-ci permet de régresser.
    Il faut plonger dans l’interstice, abandonner tout raison
    Et courir tout nu librement avec les fées intéressées.

    Toute une nuit au paradis en échange des souvenirs
    Qu’elles me pompent avidement comme un sperme de connaissance.
    Encore mille nuits de parodie et je suis sûr que l’avenir
    M’ouvrira bien évidemment l’Eden avec reconnaissance.

    Tableau de Melissa Launay sur https:www.melissalaunay.com .

  • Intersaison dans les jardins de l’enfer

    Intersaison dans les jardins de l’enfer

    Si l’arbre de la connaissance a fait l’ouverture d’esprit,
    Je me demande encore comment serait le monde d’aujourd’hui
    Vu toutes les dégénérescences envers ce que l’on a appris
    Qui se déchaînent en ce moment et le chaos que cela produit !

    Alors je m’en suis allé voir si jamais l’herbe était plus verte
    Au jardin secret des enfers ou l’arbre n’a jamais poussé.
    Je ne veux pas vous décevoir mais les femmes y sont plus ouvertes,
    Prêtes à vous faire votre affaire sans penser à vous repousser.

    On y vit nu, le sexe à l’air ; on s’embrasse pour dire bonjour,
    On baise pour dire merci, on se suce en toute amitié.
    On n’a pas besoin de salaire car le travail dans ce séjour
    Est interdit par inertie car on farniente à satiété.

    Je fus invité à entrer et, pour marquer ma renaissance,
    Je dus quitter mes vêtements et honorer toutes ces dames.
    Je fus surpris d’y rencontrer l’arbre de la méconnaissance
    Dont les branches subtilement m’ont promis l’étreinte haut de gamme !

    « Je t’ai senti glisser sans bruit parmi mes lianes enivrées,
    Ton souffle chaud sur mes pétales, ton regard tendre, ton sexe brut.
    Tu es venu croquer mes fruits défendus et tu t’es livré
    À sucer la liqueur létale de mes fleurs carnivores en rut !

    Je t’ai pris sans un mot frémir, juste en exhalant mes parfums ;
    Mes sucs sirupeux t’ont mordu d’un doux poison sous ma corolle.
    Et quand tu t’es mis à gémir sous ton corps désormais défunt,
    J’ai su que d’un amour ardu, tu passais à la casserole.

    Alors tu as joui de mes ronces profondément enracinées
    Dans la tendre chair de ton corps et ton cœur privé de raison.
    Mon rictus avait tant de fronces que j’ai ri, moi, ta dulcinée
    Dans un orgasme qui, encore, résonne comme une oraison ! »

    Mort aux enfers quelle ironie ! Mais aussi quelle délivrance !
    Tel le phénix du feu ardent, je renais d’un nouveau transfert.
    Mais c’est avec parcimonie et sans la moindre persévérance
    Qu’on me verra me hasardant parmi le jardin des enfers !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La naissance de Vénus

    La naissance de Vénus

    Si Dieu crée l’homme à son image, l’homme doit pouvoir créer Dieu.
    Et plutôt que créer un mythe, j’aimerais mieux la Vérité
    Sortant du puits pour un hommage à Vénus dans un corps radieux
    Juste vêtue, à la limite, d’un élan de sincérité.

    Maintenant que j’ai ma déesse en chair et en os achevée,
    Je vais écrire son histoire dans une bible immaculée
    Où les versets crient la prouesse de son amour parachevé
    Par toutes les positions notoires du sexe au culte miraculé.

    Enfin je quitterai ce monde pour celui que j’aurai créé
    Avec Vénus à mes côtés pour l’aimer pour l’éternité.
    Loin de ces artifices immondes que sont les valeurs maugrées
    Par les dieux tarabiscotés de l’utopique modernité.

    Alors des flots surgit la femme, ruisselante d’ondes guerrières,
    Ses paupières closes me déclament l’éclat d’un monde en gestation.
    Je tends ma plume comme une lame, vers ses lèvres aventurières
    Et dans son souffle je proclame la naissance de MA création.

    Tableau d’un peintre qui s’appelle Juste Tretchikoff car je n’ai pas trouvé son prénom.

  • L’argument

    L’argument

    Monsieur s’impatiente et tempête :

    « Elle a toujours le dernier mot sinon elle a d’autres arguments
    Qui déséquilibre l’adversaire et met fin à toute riposte.
    Lorsqu’elle sort prestissimo un nichon subrepticement,
    Que dis-je ? Une mamelle comme émissaire qu’elle darde vers les avant-postes.

    L’obus argumenté fait mouche et cloue le bec à l’opposant
    Comme s’il embouchait le téton qui fait office de bouchon !
    Aussitôt se tarit sa bouche et il accepte l’imposant
    Raisonnement tellement béton que s’en dédit notre cochon.

    Et puisqu’on parle de cochon si l’argument ne suffit pas,
    Elle a plein d’autres armes secrètes sous les dessous prêtes à jaillir
    Sur le terrain du polochon, terrain miné par les appas
    De la conquérante discrète qui frappe sans jamais faillir. »


    Voire… laissons-la s’exprimer :

    « Il pense, le beau, qu’en deux tétons je gagne toutes mes batailles…
    Il croit céder au sein impie ? Mais non ! C’est juste un leurre exquis !
    Car c’est d’un regard en deux tons et de mon silence en mitraille
    Que l’âme qui l’envoie au tapis, à coup de bouteille de whisky.

    Je laisse croire qu’un décolleté suffit à vaincre son esprit,
    Qu’il est l’argument invisible, la rhétorique en hauts talons.
    Mais dans l’embrasure, a voleté ma ruse qui l’a le plus surpris,
    Celle qui sourit…imprévisible et gagne la main au pantalon ! »

    Alors je tire du corsage, l’arme suprême du décolleté ;
    Non pour flatter ses appétits mais pour sceller son abandon.
    Car d’un sourire en héritage, il a le gland décalotté…
    Le sein n’est qu’une feinte aboutie afin de lui couper le cordon.

    Tableau de Waldemar Kazak sur https:arthur.ioartwaldemar-kazakend-of-parade .

  • Rêve qui fantasme

    Rêve qui fantasme

    Toujours ce rêve récurrent où je me retrouve tout nu
    Parmi des gens – tous habillés – faisant semblant de ne rien voir.
    Mais cette fois, c’est rassurant, car je retrouve l’inconnue
    Complètement déshabillée, entièrement en mon pouvoir.

    Mais pour l’aimer, je dois créer et lui raconter notre idylle
    Où nous nous sommes rencontrés, comment nous nous sommes connus.
    Afin qu’elle puisse agréer l’histoire, je suis volubile
    En mots qui doivent lui montrer tout mon amour en continu.

    Comme on ne peut mourir en rêve, je jouis de mon épectase ;
    Je meurs d’amour entre ses bras et mon cœur explose d’orgasme !
    Dommage… la fin est si brève que j’en oublie toujours l’extase
    Cependant… Abracadabra ! C’est parti pour l’autre fantasme !

    Alors dans un décor de soie, je me retrouve entre ses reins ;
    Son regard brille de malice, un brin d’orgueil sur les canines.
    « Tu veux l’amour ? Crée-le pour moi, pas un brouillon ni un refrain,
    Mais le poème d’un délice où chaque mot me tend l’échine. »

    Je m’agenouille, le cœur en transe, la plume dressée en oriflamme ;
    Elle m’écoute avec silence, son sexe ému comme un oiseau.
    Et dans son souffle qui balance, je redeviens tout feu tout flamme
    Ce rêve qui, avec vigilance, perdure à travers les réseaux.

    Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .

  • Rêve qui danse

    Rêve qui danse

    Pour échapper à la routine, rêver ne suffit pas toujours ;
    Je tourne en rond autour du pot et l’esprit redevient machine.
    J’ai besoin d’intuition mutine, imprévisible chaque jour,
    Pour qu’elle me sorte du troupeau dans lequel mon âme s’échine.

    Elle a envahi mon espace, déjà avant de l’appeler,
    Sous l’apparence délicate d’une jolie danseuse aux seins nus.
    La voilà qui passe et repasse en ronds sur le sol carrelé
    Et se rapproche en candidate pour m’entraîner vers l’inconnu.

    Me voici aux bras de mon rêve au son d’une flûte enchantée
    Qui charme mon corps de sergent – sergent-major de préférence –
    Et je saisi l’image brève de la fille, alors déjantée,
    Dont les mouvements convergents m’emportent avec persévérance.

    Alors je lâche mon armure, mes certitudes, mes protocoles,
    Et j’emboîte le pas sans raison, nu de l’âme, ivre de ses gestes.
    Elle m’enseigne que l’écriture devient un tango sans boussole,
    Quand le rêve fait sa maison dans le creux de ce qui nous reste.

    Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .

  • Miss Marque-page

    Miss Marque-page

    J’ai passé une petite annonce : « recherche femme marque-page » ;
    Une candidate est venue avec de bonnes références.
    Avant que je ne me prononce, elle m’a proposé le marquage
    De tous les livres retenus dont j’avais une préférence.

    Elle a fait un drôle de ménage ouvrant tous les livres à la fois,
    Tirant les marges poussiéreuses et secouant les couvertures.
    Comme on a presque le même âge, elle m’a déclaré sa foi
    Envers les histoires mystérieuses et les étranges aventures.

    Soudain, tous les livres ont pris vie et les pages redevenues murs
    Se sont étendues tout autour créant une maison de maître.
    Elle a écarté à l’envi les pages de son empaumure,
    Dévoilant les nouveaux contours désormais de mon périmètre.

    Alors chaque volume en vélin devient une porte-fenêtre,
    Chaque ligne un chemin défait, chaque mot un nouveau rivage.
    Et l’amour du lecteur malin, qui a peine à se reconnaître,
    Se glisse entre ses doigts de fées avec un bien-être sauvage.

    L’univers Pop de Chema Perona qui visite Beat Wines sur https:entomelloso.com2022tomellosoel-universo-pop-de-chema-perona-visita-beat-wines430062

  • Labyrinthe inversé

    Labyrinthe inversé

    La princesse des conques ferme son labyrinthe
    Par une porte étroite en forme de spirale.
    Elle défie quiconque d’en retrouver l’empreinte
    D’une manière adroite dans l’ombre vespérale.

    Mais voici qu’au matin un rayon pâle révèle
    La sortie du dédale qui devient accessible.
    En robe de satin, déçue, elle renouvelle
    La pose d’une dalle à l’accès impossible.

    Trouver la solution paraît pourtant facile
    Aux mathématiciens qui en ont la ferveur.
    Or la résolution n’est pas si difficile
    Pas plus aux béotiens qu’aux poètes rêveurs.

    Mais qui croit dérouler la spirale enroulée
    Verra le temps passer du futur au passé.
    Si bien qu’au bout du compte bien avant le décompte
    Il redevient fœtus et obtient son quitus…

    Et si l’on s’abandonne aux détours de l’abîme,
    Chaque cercle devient un miroir sidéral.
    On renaît, on s’éteint, dans l’infini sublime,
    Perle au creux de la conque, écrin rituel astral.

    Illustration d’Ekubo.

  • Histoires de perles noires

    Pêcheur insatiable en perles naturelles
    Je deviens plus intense et bien plus passionné.
    Je vais à la rencontre des fonds surnaturels
    Où chantent les plus belles d’un chant ovationné :

    « Je suis ta perle noire, et tu es mon abîme.
    Je m’ouvre sous ta lame, sans jamais m’attendrir.
    Je pulse dans tes nerfs, je rugis dans tes rimes,
    Et je grave ton nom dans mes moires à mourir.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton désir,
    Mais samedi, je viens, incendiaire et farouche.
    Je te prends, je te mords, je t’arrache un soupir,
    Et je fais de ton cri le bijou dans ma bouche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.