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  • Ève inoxydable

    Ève inoxydable

    Au début, Dieu créa la femme : Ève en acier inoxydable,
    Un châssis carrossé d’enfer à la froidure du métal,
    Dotée d’une bouche multi-lames ainsi que d’un sexe insondable.
    Mais elle plut tant à Lucifer que Dieu se dit : « C’était fatal ! »

    Comme il avait gardé le moule, Adam lui proposa d’en faire
    Une autre biodégradable à la garantie limitée.
    Ainsi fut fait. Pour que ça roule et que ce soit une bonne affaire,
    La nouvelle Ève fut consommable en quantités délimitées.

    Tableau de Shane Gehlert.

  • Nourrir d’amour

    Nourrir d’amour

    Quand on se nourrira d’amour, la femme sera consommée,
    Présentée dans un emballage qui s’ouvrira par un strip-tease.
    Et si les hommes ont de l’humour, ils en feront la renommée
    En déclarant le déballage : « La mise en bouche qui érotise ».

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  • Chacun voit midi à sa porte

    Chacun voit midi à sa porte

    Chacun voit midi à sa porte et projette un sens du bonheur
    Sur la toile vierge de son âme qui cherche le meilleur chemin.
    La vérité , peu nous importe ! N’écoutons pas les sermonneurs
    Mais suivons la petite flamme qui nous éclairera demain.

    Malgré l’ampleur de nos limites à outrepasser les frontières
    Des philosophies reconnues pour enfermer toute hardiesse,
    Faisons toute abstraction des mythes dont résonne la Terre entière,
    Ouvrons nos cœurs à l’inconnu et outrepassons la vieillesse.

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  • La sein-sûre

    La sein-sûre

    S’il faut dissimuler ce sein que la censure ne saurait voir,
    Alors j’effacerai la honte d’être un animal-étalon.
    Et si ce sein n’est qu’un dessin, il est alors de mon devoir
    D’avoir une réaction prompte en estompant le mamelon.

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  • Charmes d’antan

    Lilly, reine aux folies-bergères, dansait nue ou tout habillée
    Selon l’humeur de sa revue ainsi que le cachet promis.
    Mais ça dérangeait les mégères car leurs maris en babillaient
    Lorsqu’ils commettaient la bévue d’en parler une fois endormis.

    Mimi dansait au cabaret et finissait par un strip-tease
    Qui faisait rêver les messieurs et rendait jalouses leurs compagnes.
    Mais un jour elle s’est barrée en excitant la convoitise
    D’un berger plutôt facétieux qui la perdit dans la montagne.

    Nana faisait du cinéma qui n’était même pas parlant
    Car rien ne sert à discourir lorsqu’on est carrossée à point.
    Elle sortit de l’anonymat par sa beauté et son talent
    Qui vit naître, grandir et mourir beaucoup d’amour et de conjoints.

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  • Visages de charme

    Innocente aux yeux menthe-à-l’eau aussi clairs que la vérité,
    Lorsqu’elle se fait évidente et qu’un seul regard me suffit,
    Il disparaît dans un halo toute forme de sévérité
    Qui la rend si intimidante que ma confiance s’intensifie.

    Mais lorsqu’elle devient mystérieuse en plongeant mes yeux dans ses yeux,
    Elle prend la forme d’un oracle qui me projette l’avenir.
    Elle peut m’apparaître audacieuse quand son regard est sourcilleux
    Et j’avoue que seul un miracle en éteindra le souvenir.

    Mais quand elle regarde à côté, vers une envie affriolante,
    Je n’ose pas me demander quel stratagème elle fomente.
    J’en profite pour la bécoter d’une conduite provocante
    Afin de faire, pour m’amender, fondre le cœur de mon amante.

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  • Cœur de pierre

    Cœur de pierre

    Écoute-la, tomber la pluie, embrasse l’amante du temps ;
    Écoute-le, souffler le vent, évanouis-toi dans l’espace ;
    Écoute-le, chanter le feu, embrase-toi de sa chaleur ;
    Écoute-le, ce cœur de pierre, bats-toi pour le sang de la terre.

    Dessin de Moebius.

  • L’aventure

    J’ai parcouru la connaissance autant que je pouvais apprendre,
    J’ai exploré les univers aussi loin que je pouvais voir,
    J’ai consommé de la puissance autant que je pouvais en prendre,
    J’ai traversé bien des hivers enfermé dans ma tour d’ivoire.

    Il me reste encore à apprendre ce qui échappe à ma raison,
    Il me reste encore à entendre ce qui chante dans le silence,
    Il me reste encore à comprendre ce qui réduit mon horizon,
    Il me reste encore à attendre que s’ouvre mon intelligence.

    Dessins de Moebius.

  • En toute nubilité

    En toute nubilité

    Les trois petites impudiques, jeunes filles à peine nubiles,
    Avaient adopté l’habitude de s’aller baigner toutes nues.
    Mariant cette image ludique avec ma plume volubile,
    Je vous offre la béatitude de l’innocence soutenue.

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  • Le souvenir de la licorne

    Le souvenir de la licorne

    Avec une rose des vents improvisée par une fleur,
    L’homme a renoncé au tricorne remplacé par une couronne.
    Vieux chevalier dorénavant, souvent une émotion l’affleure :
    Le souvenir de la licorne dont l’apparition fanfaronne.

    Tableau de Didier Delamonica.

  • A toast for Switzerland

    A toast for Switzerland

    Tous ces hymnes qu’on baragouine pour le pays, à Dieu ne plaise,
    Nous invitent à déboucher de bonnes bouteilles à boire.
    À chacun son « God Save the Queen » et à chacun sa « Marseillaise »
    Et quand la trompe est embouchée, il faut l’entendre pour le croire.

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  • La suissesse aussi

    La suissesse aussi

    En robe rouge à la croix blanche, Madame Suisse est à la fête
    Et sait réunir dans sa langue tous les beaux mâles du canton.
    Qu’elle soit romande ou romanche, transalpine, germaine ou helvète
    Elle nous perd dans ses virelangues mais c’est pour le qu’en-dira-t-on.

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  • L’illumination

    L’illumination

    Lorsqu’elle ôte sa culotte qui glisse sur ses talons
    Et qu’elle appelle le mâle en agitant les mamelles,
    Au vu des seins qui ballottent, je deviens son étalon
    Et lui mets mon animal dans son organe femelle.

    Tableau de … merci-à-qui-me-le-dira.

  • « Je suis une part de tout ce que j’ai lu »

    « Je suis une part de tout ce que j’ai lu »

    Un jour l’esprit disait au cœur : « Je suis une part de ce que j’ai lu,
    De tous ces livres qui me ressemblent car j’en ai bâti ma raison. »
    Le cœur répondît, l’air moqueur : « Je trouve cela farfelu !
    Car lorsqu’ils sont rangés ensemble, ils s’empoussièrent dans ta maison. »

    « Titre » de Theodore Roosevelt.

  • Tournés, niqués

    Tournés, niqués

    Dieu aurait mis l’homme sur Terre afin qu’il subisse une épreuve
    Pour tester son obéissance à refuser la connaissance.
    Levons le voile du mystère : tout est bidon, j’en ai la preuve !
    Pour le résoudre à l’impuissance, Dieu a falsifié la science.

    Ainsi tournez, hommes et femmes, envoyez-vous aussi en l’air,
    Le pragmatisme misérable n’est au progrès que parodie !
    Il fallait rejeter l’infâme machination avec colère
    Et traiter Dieu d’indésirable en lui fermant le paradis.

    Montage photo de Huseyin Sahin.

  • Nous avons besoin de vous !

    Nous avons besoin de vous !

    On a besoin de volontaires pour servir de chair à canon
    À toutes les bouches à nourrir des hauts gradés de la nation.
    Arrêtez donc vos commentaires, n’écoutez pas vos compagnons
    Et préparez-vous à mourir, c’est votre prédestination.

    On fera de vous des héros, du moins les meilleurs d’entre vous ;
    Les autres se débrouilleront pour subsister, pauvre ballots.
    S’ils ont le moral à zéro, c’est fait exprès, je vous l’avoue,
    Car jamais ils n’hésiteront, dès lors, à se jeter à l’eau.

    À force de télévision, de pizzas et de surgelés,
    De voyages organisés et de tourisme démesuré,
    On a obscurcit la vision des spectateurs décervelés
    Parfaitement galvanisés à croire au bonheur azuré.

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  • La Vénus indienne

    La Vénus indienne

    Quand elle vous décoche sa flèche qui vous perce direct au cœur,
    Ça sent la piqûre d’amour comme un venin inoculé.
    Puis, vous voyez cette pimbêche tremper sa plume dans la liqueur
    Qui s’écoule pour vous prescrire qu’ensemble vous devez copuler.

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  • La soif

    La soif

    Soif de vivre ou soif de mourir, chacun son verre et sa liqueur !
    Soif de vaincre ou soif de convaincre, chacun voit midi à sa porte !
    Ma vie se passe à me nourrir d’amour pour le plaisir du cœur
    Et le temps ne cesse de feindre tous les mirages qu’il m’apporte.

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  • Le pan

    Le pan

    Le vêtement, bel entoilage, contient le plus beau des cadeaux
    Quand il laisse échapper le bras, la jambe, le sein ou la cuisse.
    Plus beau sera cet emballage, plus beau sera l’Eldorado
    Lorsqu’un pan vous dévoilera le raccourci vers l’entrecuisse.

    Photo de Grégory Auroy.

  • De mémoire d’éléphant

    De mémoire d’éléphant

    Dans les mémoires d’éléphants, s’enroulent tous les souvenirs
    Dans la spirale évanescente dont on oublie les origines.
    Mais demain nos petits-enfants, qui ne croient qu’en leur avenir,
    La trouveront embarrassante quant aux secrets qu’ils s’imaginent.

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  • Curiosité

    Curiosité

    Quand Curiosité vint au monde, elle n’y jeta qu’un bref coup d’œil
    Puis repartit furtivement dans le ventre de sa maman.
    Finalement, dans la seconde, comme on lui faisait bon accueil,
    Elle ressortit timidement pour ne rien louper du moment.

    Tableau de Fatima Tomaeva.

  • Du côté de Sarah Moon

    Du côté de Sarah Moon

    La femme est-elle une illusion ou bien crée-t-elle une collusion ?
    Peut-être bien qu’elle correspond en tout point à ce que l’homme attend ?
    Quand l’artiste atteint la vision et qu’il l’absorbe à profusion,
    Il est, et je vous en répond, doté d’un génie éclatant.

    Portrait de Sarah Moon – alias Marielle Warin – mannequin et photographe – par Irene Liebler.

  • Les femmes de Sarah Moon – 2

    Alors la question qui se pose concerne la transposition
    Qu’une femme ainsi développe sur sa pellicule du cœur.
    Est-ce une image qui se dépose ou une autre composition ?
    Est-ce qu’il s’agit de l’enveloppe ou du fond du cœur du vainqueur ?

    La femme voit des dimensions qui échappent à son compagnon.
    Lui, il s’arrête à une image, elle perçoit toute la profondeur.
    L’un, sensible aux mensurations, l’autre pas seulement au pognon
    Mais au courage qui se dégage de son esprit de commandeur.

    Mais pour voir en tétravision, les deux regards s’interpénètrent
    Et la femme adresse un message qui renvoie le reflet des âmes.
    Ainsi l’amour fait provision, au moment où il la pénètre,
    De ce qui fait l’apprentissage du destin de l’homme et la femme.

    Photos de Sarah Moon.

  • Les femmes de Sarah Moon – 1

    La première image qui frappe le cœur de l’homme profondément
    Lorsqu’il découvre la beauté du féminin qui se dévoile
    (Tel un Dieu surgit d’une trappe qui brillerait intensément),
    C’est de se sentir ligoté par ce qui créa les étoiles.

    Lorsqu’il perçoit la nudité et les courbes de sa compagne,
    Il sent un désir magnétique dont il ne pourra s’échapper.
    Il vaincra sa timidité, il soulèvera les montagnes,
    Pour découvrir cette pathétique passion qui vient de le happer.

    La persistance rétinienne du cœur demeure la plus forte
    Et l’image de l’être aimé y reste gravée à jamais.
    Cette femme qu’il a fait sienne et qui lui a ouvert la porte
    De toute son âme animée, soude leurs chairs amalgamées.

    Photos de Sarah Moon.

  • La contre-chat-ception

    La contre-chat-ception

    Nous ne ferons plus de bébés, ma femme et moi, c’est ter-minet !
    Nous ne ferons plus de câlins, c’est la dure loi des félins !
    Et si l’on veut se caresser, le chat s’en viendra paresser
    Juste entre nos corps frissonnés qu’il se mettra à griffonner.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’évocation de la sirène

    L’évocation de la sirène

    Ils ont tous quitté leurs carènes et, ce matin, sont rassemblés
    Pour l’enterrement d’une sirène à laquelle ils veulent ressembler.
    Alors les coquillages évoquent leurs souvenirs en partageant,
    D’une accolade de leurs coques, ses cheveux et sa queue d’argent.

    Merci à Frédéric Maillard pour la photo.

  • Les feux de l’amour

    Les feux de l’amour

    À l’heure où la chaleur culmine et court-circuite ma raison,
    Le cœur émancipé divague et sonne à grands coups de tambour.
    Tandis que le ciel s’illumine d’oiseaux et de fleurs de saison,
    Paraît, dans une nouvelle vague, la femme des feux de l’amour.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • S’aimer à Paris

    S’aimer à Paris

    Pour s’envoyer vite fait en l’air, la Tour Eiffel est réputée !
    Prenez pour le septième ciel, le Sacré-Cœur via Montparnasse !
    Faites l’amour triangulaire, au bordel chez les députés !
    À l’Élysée, c’est officiel, vous serez baisés sous la menace.

    Aux invalides, les militaires vous ont niqués et culbutés
    Criant, à l’ordre présidentiel, haro sur les gilets jaunasses.
    Le feu au cul du presbytère de Notre-Dame a débuté
    D’un coup de foudre artificiel et, du coup, tout le monde s’embrasse !

    Tableau de Talantbek Chekirov.

  • À la recherche des couleurs

    À la recherche des couleurs

    Le cœur choisit son âme-sœur et l’âme choisit sa couleur.
    Ainsi l’esprit guide le corps pour rechercher d’autres valeurs.
    Parfois tout se passe en douceur, parfois le temps d’une douleur,
    Et puis tout recommence encore en mêlant bonheur et malheur.

    Mais le jour où le cœur écoute l’écho du vent qui vient d’ailleurs,
    Mais le jour où l’âme aperçoit cet au-delà de l’horizon,
    L’esprit sent les petites gouttes d’un nouveau grain ravitailleur
    Qui donne au corps un feu de joie, prémices d’une guérison.

    Et soudain les couleurs s’accordent, primaires et complémentaires.
    Le rouge brûlant du baiser qui disperse les bleus de l’âme.
    Ce lien qui vibre comme une corde entre deux pôles élémentaires
    Tinte d’un accord apaisé autour de l’homme et de sa femme.

    La couleur ouvre les frontières et offre au cœur cette vision
    De l’amour luisant de la teinte qui fait chanter les anges en chœur.
    Mais si tu sculptes la matière, si tu peins selon l’intuition,
    L’ultime couleur est atteinte : celle qui brille dans ton cœur.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La mode à rayures

    La mode à rayures

    Plutôt que cacher sa vertu sous un bouclier de tissu,
    On pourrait tisser la lumière avec des ombres et des rayures
    De cœurs d’étoiles éperdus, de trous noirs dont ils sont issus,
    Fermés par une boutonnière qui s’ouvrirait sur l’embrasure.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Liquéfaction et Sublimation en Délire

    Liquéfaction et Sublimation en Délire

    Quand la chaleur devient torride, mes perceptions se liquéfient,
    Mes couleurs fondent et se mélangent dans ma mémoire évaporée.
    Mes concrétisations arides se subliment et me stupéfient
    D’hallucinantes girafes orange et d’oiseaux bleus d’Hyperborée.

    Je ne sais pas vous mais à partir de 28° la matière grise fond, les neurones bouillent et les pensées s’évaporent ; c’est la sublimation qui transforme l’état solide directement à l’état gazeux.

  • L’éclipse de lune

    L’éclipse de lune

    Lorsque la lune fut éclipsée, à quoi rêvèrent les souris
    Croyant au fromage savoureux qu’elle trouveraient au paradis ?
    Et les poètes complexés qui couraient après leurs houris,
    Écriront-ils des vers langoureux sans la plume que Pierrot leur tendit ?

    Eclipse de lune du 16 Juillet 2019, photo de Mathieu Rivrin – www.mathieurivrin.com

  • Le préservatif

    Le préservatif

    Le vin avec modération, l’amour avec préservatif,
    Dans notre monde d’aujourd’hui, le cœur s’allie à la raison.
    Mais comme trop de pondération se révèle trop rébarbatif,
    Buvez au sexe qui vous séduit jusqu’à l’ivresse à la maison.

    Tableau de Daniel Del Orfano.

  • Cueilleurs d’étoiles

    Cueilleurs d’étoiles

    J’avais commencé à compter les étoiles des constellations ;
    J’étais enfant et l’infini demeurait loin de ma portée.
    Je m’amusais à raconter que j’en ferai la collection
    Pour qu’une fois celle-ci finie, je puisse m’y téléporter.

    http:letheatredemoncerveau.blogspot.com201309pascal-campion-decouvrir.html?m=1

    Dessin de Pascal Campion.

  • C’est le chien

    C’est le chien

    Sortir son chien est nécessaire et important pour se connaître
    Comme une carte de visite permet de rencontrer des gens.
    J’aime à croire que ces émissaires que je vois passer à ma fenêtre
    Rendent les hommes parasites et le chien plus intelligent.

    Tableau d’Isaac Maimon.

  • La haime

    La haime

    Quand l’amour se transforme en haine par le miroir de l’existence,
    L’échange n’est pas réversible au cours de la bourse du cœur.
    Ainsi, les amours incertaines qui n’ont aucune persistance
    Dans des aventures impossibles sont l’apanage des truqueurs.

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  • La vampire

    Quand la vampire m’avoue qu’elle m’aime, est-ce mon cœur ou bien mon sang
    Dont elle a tant besoin d’amour qu’elle s’en lèche les babines ?
    Si elle en pince pour moi-même, dois-je avoir peur en m’enfonçant
    Profondément au petit jour dans ses petites lèvres sanguines ?

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  • Sous les vagues

    Sous les vagues

    Entre deux eaux, entre les ondes, je redeviens l’homme-poisson
    Loin de ces paquebots immondes qui viennent troubler ma boisson.
    Je n’ai besoin pour subsister que de l’amour de ma sirène
    Et de la mer pour exister, le cœur en paix, l’âme sereine.

    Ça ne sert à rien de pleurer sinon pour resaler la mer ;
    L’appât du fric insinuera la justification des déchets.
    Ça ne sert à rien de se leurrer en croyant que l’homme est amer ;
    Le pragmatisme continuera à de l’amour nous assécher.

    http:letheatredemoncerveau.blogspot.com201309pascal-campion-decouvrir.html?m=1

    Dessin de Pascal Campion.

  • Sous les étoiles

    Sous les étoiles

    Toutes les étoiles appartiennent à celui qui les aperçoit ;
    La propriété d’exister donne l’univers pour famille.
    Bien sûr, il faut que j’entretienne ce que de la vie je reçois ;
    Je n’ai pas besoin d’insister pour que les mots d’amour fourmillent.

    http:letheatredemoncerveau.blogspot.com201309pascal-campion-decouvrir.html?m=1

    Dessin de Pascal Campion.

  • Les femmes en vers – 2

    Les jolies femmes dénudées, lorsque c’est la première fois,
    Allument un feu d’artifice et le cœur connaît son sursaut.
    Et si l’instant est préludé d’un strip-tease qui laisse sans voix,
    L’émotion vit au bénéfice de la surprise du puceau.

    Les femmes qui se déshabillent bouleversent les dimensions ;
    Le temps s’arrête brusquement et tout l’espace est occupé.
    Et si, en plus, elles babillent quelques mots tendres sans rétention,
    C’est Dieu, lui-même, fantasquement qui apparaît en découpé.

    Lorsque la femme se rhabille en escamotant à dessein
    La petite culotte en soie qu’elle vous offre en souvenir,
    Le feu reprend comme escarbille, la main se glisse sous les seins
    Et ça repart ! Quoi qu’il en soit, ça fait miroiter l’avenir.

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  • Les femmes en vers – 1

    Les jeunes femmes en bambou, aux jambes comme pousses tendres,
    Vouent à l’amour cet exotique petit goût qui fond sur la langue.
    À peine un baiser sur l’embout de leurs lèvres alloue sans attendre
    Un petit arôme érotique rehaussé d’un parfum de mangue.

    Les jeunes femmes qui s’effeuillent, aux jambes infiniment longues,
    Offrent un plaisir anatomique qui veut ressusciter l’amour.
    Et tant pis pour le portefeuille si leurs silhouettes oblongues
    Entraînent frais astronomiques car plus c’est cher, plus c’est glamour !

    Les jeunes femmes dont la robe s’entrouvre bien furtivement,
    Provoquent un désir romantique qui invite à la découverte
    De leurs dessous qui se dérobent quand la main vient bien vivement
    Tâter la valeur authentique de leurs virginités offertes.

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  • La tour de Babel-Oued

    Puisque Dieu passe à la retraite tandis que la science domine,
    L’homme n’a plus peur de construire de hautes tours vers les étoiles.
    La langue française se maltraite, l’anglais et l’arabe culminent ;
    À force de s’autodétruire, nos traditions mettront les voiles.

    Dessin d’Athanasius Kircher.

  • Le cycle lunaire

    Le cycle lunaire

    Si nous mesurions notre temps selon les quatre lunaisons,
    Alors treize mois de vingt-huit jours feraient l’année, à un jour près.
    Les femmes seraient tout autant réglées sous la combinaison
    Du cycle sacré de l’amour dont l’homme connaîtrait les apprêts.

    Tableau de Alice Haibara. 13 x 28 = 364 ; + 1 = 365.

  • Diane aux-bons-pieds

    Diane aux-bons-pieds

    Berthe aux-grands-pieds eut une fille moins renommée que Charlemagne
    Qu’on appelait Diane aux-bons-pieds car elle avait les pattes agiles.
    Nul n’arrivait à sa cheville au tir à l’arc, on en témoigne,
    Et renversée sur son trépied, elle tirait les pigeons d’argile.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Rêves absurdes

    Rêves absurdes

    Lorsque je rêve à l’intérieur de l’absurdité de mes songes,
    C’est comme si la réalité était entièrement retournée.
    J’y joue des rôles inférieurs, tout nu ou vêtu de mensonge,
    Et la moindre éventualité de ma vie y est détournée.

    Dessin de Remedios Varo.

  • Étonnez-moi !

    Étonnez-moi !

    Étonnez-moi pour me séduire, provoquez-moi, soyez direct !
    Je fonds lorsque je suis surprise et j’abandonne toute résistance.
    Je saurais bien vous reconduire si vous cessez d’être correct
    Mais s’il n’y a pas de méprise, j’embellirai votre existence.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Poussée de joie

    Poussée de joie

    Plonger dans la béatitude subit la poussée d’Archimède
    Et effectue une poussée de bas en haut en pleine joie.
    Adoptez donc cette habitude qui reste le meilleur remède
    Contre les amours repoussées et remet le cœur en émoi.

    Tableau de Becky Kinkead.

  • Bleu avenir

    Bleu avenir

    Les bleus de l’âme donnent au corps cette trace indéfinissable
    Qui raconte toute l’histoire de mes désirs inachevés.
    Faut-il recommencer encore une aventure indispensable ?
    Peut-être bien qu’il est notoire que mes vœux soient parachevés.

    Tableau de Ute Hadam.

  • Rouge cerise

    Rouge cerise

    Rouge cerise sur les lèvres, qui apprécient l’embrasement
    D’un cœur ardent où se consument ses désirs envers son amant,
    Montre la chaleur de la fièvre qui a vaincu pavoisement
    Toute résistance et qui assume le choix bientôt d’être maman.

    Photo « Woman in red » de Coby Whitmore.

  • Au secours !

    Au secours !

    Quand dans les ruelles primaires court sa couleur complémentaire,
    Que voulez-vous donc qu’il advienne quand le cœur vit comme un larron ?
    Baiser volé, amours chimères, en couple ou en célibataire
    Pourvu que les rencontres viennent d’un air joyeux et fanfaron.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.