Pour trois sous de philosophie, je me confie à mon toutou Plutôt que mon chat cartésien qui se montre trop indépendant. Seul mon chien sait mettre à profit soit mes atouts, soit rien du tout, Selon sa queue qui va-et-vient et parle à mon corps défendant.
Dans les couloirs de sa maison, Madame se fait une raison. Son existence se dépeint parmi ses murs de papiers-peints Qui l’hypnotisent jusqu’à loucher le soir dans sa chambre à coucher Où tout doucement elle s’endort dans un décor en feuilles d’or.
Dans le salon de sa maison, Madame s’habille de saison. Pas de robes horribles à pois – elle n’est pas fille de joie – Mais des robes à motifs à fleurs – contre les soucis et les pleurs – Tant que ça tombe en pâmoison avec la couleur des cloisons.
Si tout va bien, demain encore, elle se fondra dans le décor Pour une vie en transparence et paisible en toute apparence. À moins qu’un beau prince charmant réveille la belle-au-bois-dormant, L’emporte dans son château de sable se fondre dans l’indéfinissable.
Allons faire un tour à vélo avant que tout vire à vau-l’eau ! Abandonnons à la rivière nos habitudes routinières ! Petit poisson deviendra grand dans l’océan en émigrant ; Madame changera de décor avec son chat, s’il est d’accord.
Le poisson délocalisé, la peur s’est volatilisée. Quelques fleurs rouges dans le bocal ont dynamisé le local. Le chat n’est plus sollicité par une pêche d’authenticité. Une fois tout le monde d’accord, Madame se fond dans le décor.
Chacun dans son petit local, Petit poisson dans son bocal, Petit chaton dans sa maison, Madame, à tort ou à raison, Ne trouvent pas grand-chose à dire, mangent, digèrent, boivent et respirent, Vivent dans leur petit monde clos, tournent en rond dans leur enclos.
La vie s’écoule tous les jours, tic-tac, dans la salle de séjour, La petite famille s’ennuie jusqu’à ce que tombe la nuit. Madame surveille avec ardeur le poisson à chaque quart d’heure, Le chaton de se pourlécher en attendant de le pêcher
Le bocal sur la cheminée semble hors de portée au minet Mais le chat est déjà là-haut en train de semer le chaos. Madame le met dans son giron, aussitôt le chat fanfaron Vient, soi-disant pour un câlin l’œil guilleret mais l’air malin.
Puisque le coronavirus évolue comme une poupée russe Après Pâques et la trinité, et bien plus si affinités, Les Pères Noël mécanisés songent à se réorganiser Pour une meilleure distribution mais moyennant rétribution.
L’école des Pères Noël à Santa Claus University dans le Colorado.
Au grand championnat des échecs, j’y verrais le gouvernement Jouer au fou, faire des tours pour nous attirer dans l’arène. C’est la vérité intrinsèque du roi poussé au confinement ; Une révolution sans détour pour finalement bourrer la reine.
Photo du Championnat du monde d’échecs avec Anatoly Karpov qui se livre à une démonstration.
Nous n’avions besoin de personne pour vivre ensemble et solidaires Mais ce n’était pas sécurisant pour ceux qui veulent nous dominer. La carte sim du téléphone, la puce de la carte bancaire, N’ seront bientôt plus suffisants pour qu’ils puissent nous embobiner.
Qu’est-ce qui se dit dans notre dos chez les personnes haut placées ? Complotent-ils pour leur survie aux dépends de nos intérêts ? Ont-ils conduit des commandos pour nous forcer à effacer Notre volonté asservie à plier et obtempérer ?
Photo de David Bowie, Chris Taylor, Brian May, Roger Taylor, Princess Diana, Prince Charles et Bob Geldof au Live Aid Concert Wembley Stadium.
Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ? Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message : « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »
Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière. Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.
La clef du bonheur, quand on est un homme, C’est trouver la femme qui ne change pas. Fidèle à l’honneur, hissée au podium, Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.
La clef du bonheur, quand on est une femme, C’est trouver un homme que l’on peut changer. Fortifier son cœur, affiner son âme, Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.
Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion. Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.
Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours, M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême ! Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.
Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles. Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail : Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »
Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande. L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement. Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.
Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire. Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.
Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon, Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent. Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.
Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes. Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.
Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés, Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil
Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines Si vive et communicative, elle sera mille fois maman Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen
Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents, Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons. Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.
Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux, Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée, Elle offrit, nue, ses chromosomes à cet amant si radieux.
Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux, Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.
Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières, Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets. Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière, Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.
Le songe d’une nuit d’été dans un palanquin de nature Bercé par la brise du vent, bordé par la voûte céleste, Offre un écrin à satiété à tous les désirs d’aventure Tant que le rêve est captivant et que se prolonge la sieste.
D’initiatrice à initiée, se transmet l’illumination D’un salut au soleil levant ou au départ d’un crépuscule. Ainsi les rayons nourriciers remplissent le cœur d’humiliation Par ces points du jour émouvants aussi géants que minuscules.
Tableau « Contentement » – 1927 de Maxfield Parrish.
Ami, entends-tu les rumeurs tandis que tu es confiné ? Ami, que se passe-t-il dehors quand tu regardes à l’intérieur ? Ami, es-tu de bonne humeur si tu sais que tout est combiné ? Ami, la boîte de Pandore s’est répandue à l’extérieur.
En six mois, le coronavirus n’aurait pas fait autant de morts Que la moyenne de décès observés dans une journée. Pas plus de victime non plus – ce n’est pas un nouveaux record – Que les grippes qui ont progressé depuis les dernières années.
Tandis que le confinement tombe comme un drôle de printemps, L’humanité découvre alors la vie en paradis fermé. On pousse le raffinement de dormir enfin pour cent ans Et on rêve en Technicolor jusqu’à plus soif, c’est confirmé.
En marge du confinement, il est en retard, ce printemps ! J’aurai attendu plus d’un mois pour voir ses premières couleurs. L’hiver s’est dit : « Finalement, je vais durer un peu plus longtemps ! » C’est ce qui s’est passé chez moi dans la grisaille et la douleur.
Chères abeilles et libellules, chers kangourous et plantigrades, Chères espèces disparues, chers martyrs d’extermination ! On vous prépare vos cellules loin de vos terres rétrogrades Dès que vous aurez comparu devant nos déterminations.
Un ruban de sable et d’azur pour se remémorer la mer ; Des rubans de toutes natures pour calmer ses chagrins d’amour ; Enfin, pour faire bonne mesure, mais cousus de façon sommaire, Quelques boutons qui, d’aventure, avaient connu de meilleurs jours.
Elle l’appelait son « Chapeau Semaine » car elle l’avait raccommodé En cousant lundi et mardi puis, faufilé jusqu’au dimanche. Si jamais un énergumène essayait de l’incommoder, En trois coups de ciseaux, pardi, elle s’en accaparait les manches.
Ce pouvoir transcendant qu’ont les chats de gouttière, Dans leur regard si tendre est une arme fatale. Le martyr prétendant qui croyait avant-hier Ne pas s’laisser surprendre n’est qu’un sentimental.
Or tous leurs descendants ont franchi la chatière Pour nous en faire entendre le profond récital. Aussi, en l’entendant miauler dans l’écoutière Nous le laissons prétendre qu’il est son capital.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Que s’est-il passé dans son boudoir fermé à clef de l’intérieur ? Nous avons entendu un cri, suivi de lents gémissements ; Un parfum de tulipe noire suintait sur les murs extérieurs ; Mais voici ce qui fut écrit sur cet étrange événement :
« Elle apparut sur l’accoudoir levant ses membres supérieurs, Tremblante comme un souriceau qui aurait aperçu le chat. Une échancrure de son peignoir nous dévoilait un postérieur Qui ouvrit, dans un soubresaut, la robe qui se détacha. »
Elle a tellement voyagé aux quatre coins de l’univers Qu’elle en a planté des repères sur les étoiles diffractées Comme l’itinéraire treillagé d’un colporteur en faits divers Qui reviendrait voir ses compères établis sur la Voie Lactée.
Je ne savais rien sur ces femmes originaires du Dauphiné Sinon qu’elles habitaient l’immeuble sis rue de la Chaussée-d’Antin. Dans un appartement infâme où elles vivaient confinées Quasiment nues entre les meubles en attendant leur Valentin.
Hélas, personne n’a eu droit au poisson d’avril rituel, Et à Pâques, je vous en réponds, ni hôtes, ni repas, ni boisson ! Quand on aura remis à l’endroit nos usages habituels, L’eau aura coulé sous les ponts mais qu’adviendra-t-il des poissons ?
Tableau de Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .
Prêts pour la visioconférence en direct et en stéréo ? Posez vos écrans, vos tablettes juste devant votre couvert ; Saluez avec déférence votre invité en vidéo ; Enfin, la famille est complète et tout le monde reste couvert.
Bonne nouvelle aux confinées : le lapin de Pâques visite Tout le temps de la lunaison les jeunes vierges émancipées. Dans neufs mois seront confirmés tous les nouveau-nés ovocytes Issus des œufs en couvaison lors d’une ponte anticipée.
Fi des villages qui se ressemblent et des cités conventionnelles ! Vivent les ruelles étroites et les quartiers bariolés ! J’aime les lieux où se rassemblent les gens pluridimensionnelles J’aime les maisons maladroites aux escaliers dégringolés.
J’aime les histoires sans fin des querelles entre voisins Un jour, ça va puis, on se fâche ; on s’aime, on se réconcilie. Parfois, on arrive aux confins d’une bagarre entre cousins, Et ça continue sans relâche au nom de la xénophilie.
Demain, on voudrait tout changer, uniformiser les maisons Construire un monde sans douleur et refouler les indigènes. Moi, je préfère mélanger – peut-être à tort ou à raison – Les goûts de toutes les couleurs dans des villes hétérogènes.
Toutes ces ruelles intimes se perdent dans l’immensité De la ville aux mille visages, mille origines et milles vies. Aux fenêtres, barrières ultimes, apparaît la diversité D’autres coutumes, d’autres usages, d’autres désirs, d’autres envies.
Le voyageur autour du monde cherche de nouveaux paysages Tandis que j’arpente les rues à la recherche du temps perdu. Comme Proust, mes pensées s’inondent au cours de mes apprentissages De souvenances disparues et de migrations éperdues.
Ici, on parle mille langues et là, on prie pour d’autres dieux ; Un puzzle de communautés, une mosaïque de traditions. Ainsi le monde nous harangue à être miséricordieux Et accepter sa primauté par ses valeurs en coalition.
Quand le serpent inocula le virus de la connaissance, Leur mise en invalidité ferma la porte au Paradis. Après ce triste postulat, Adam s’occupa de semences Pour recouvrir leur nudité sans que ça leur coûte un radis.
Le photographe un peu fantasque fera sortir le p’tit oiseau Sur la campagne environnée avec un tissu de mensonges. Incognito derrière son masque, le Petit Prince fait beau museau Avec le Renard couronné qui mime un monarque qui songe.
Il était bien sein-cœur trois quart, quand nous nous sommes embrassés Précisément à l’heure cuisse, les jambes assez enchevêtrées. Ses fesses ont fait le grand écart et mon aiguille s’est empressée Entre montagnes et vallées suisses, tous les sens interpénétrés.
Photo d’Erwin Olaf – floutée pour éviter la censure Facebook.
La planète Coronavirus nous a envoyés ses aliens Non seulement assimilés, mais parfaitement intégrés. Pour que les premiers apparussent à l’ère néandertalienne, Ils ont dû se dissimuler parmi les tribus émigrées.
On appelait « les années folles », l’insouciance avant la guerre, La simplicité combinée avec le siècle des lumières. Tandis qu’aujourd’hui batifolent les humains dont l’instinct grégaire Les pousse à vivre confinés entre quatre murs de poussière.
Mon héritage paternel comme une loupe grossissante ; La marguerite à effeuiller qui lui a fait aimer ma mère, Quelques mots tendres et éternels sur quatre pages jaunissantes De son vieux carnet à feuillets pour ses voyages éphémères.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
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Chaque musicien dans sa niche, qui son piano, sa clarinette, Qui son violon ou sa guitare, qui son tambour ou sa trompette, Qui son nourrisson qui pleurniche, qui son minet ou sa minette Porte à croire qu’il n’est pas si tard pour jouer la musique en fête.
L’encyclopédie naturelle de l’héritage de ma mère : Quelques fleurs séchées des montagnes entre les pages d’un carnet ; Des esquisses et des aquarelles de météores éphémères ; Des crépuscules sur la campagne aux tonalités incarnées.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Tandis que de gros bâtiments, bien cloisonnés, bien empilés, Transportent autour de la Terre, les containers entrechoqués, Profitons du confinement qui nous permet de compiler Tout l’éventail et l’inventaire de ce que nous avons stocké.
Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.
Je n’ai de nouvelles du monde que par les yeux des opprimés Que masquent le regard partial de ceux qui se croient supérieurs. Désormais mon cœur vagabonde là où désire s’exprimer La sincérité impartiale envers les êtres dits inférieurs.
Tandis que le raffinement de l’art de vivre et des loisirs Expose les corps au soleil des nantis stéréotypés, Je repense au confinement et cette impression de moisir En rêvassant en plein sommeil à des vacances anticipées.
Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.
Quand l’amour affrète un voyage, ses passagers perdent la tête Et leur sens de l’observation n’a même plus droit au couplet. Les fantasmes et ses foudroyages tonnent leurs plus grandes tempêtes Et l’instinct de conservation leur donne envie de s’accoupler.
Hommes et femmes, contre leur gré, pour éviter un mal immonde, Souvent agissent à contrecœur et même à leur corps défendant. Car il est fou et dénigré celui qui croit changer le monde Même s’il y met tout son cœur et même à son sang répandant.
Dans mes retraites imposées dans une chambre d’hôpital Ou assigné à la maison, j’ouvre ma porte imaginaire. J’y vis des mythes transposés selon mon espace vital Car il n’y a aucune raison que ce ne soit extraordinaire.