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  • Gare au gorille !

    Monsieur prétendait que sa femme étrennait un nouvel amant
    À la voir rire en son manoir, tant glousser que ses seins en bougent.
    Pourtant rien ne semblait infâme dans le personnel du moment :
    La cuisinière vêtue de noir et le chauffeur en manteau rouge.

    Madame voyait la vie en rose et montrait de belles couleurs
    Quand elle partait en promenade chez une présumée Daisy.
    Elle quittait la vie morose de son château plein de douleurs
    Pour une vive fanfaronnade avec un’ touche de fantaisie.

    Le chauffeur, un gorille blanc, appartenait à la chapelle
    Des primates érotomanes, le genre qui ne plait qu’aux dames.
    Car le singe, sans faux-semblants, donnait des orgasmes à la pelle
    À sa maîtresse nymphomane en roulant sur le macadam.

    Tableaux de Caroline Christen.

  • Les chapitres au long cours

    Les romans fleuves jettent à la mer toutes les larmes accumulées
    Par les tempêtes de colères et par les pluies de calomnies.
    Et sur cet océan amer, je vois des vaisseaux pulluler
    Au gré des vents épistolaires soufflant dans mes nuits d’insomnies.

    Depuis le début de ce mois d’octobre, je dors la première partie de la nuit puis, dans un demi-sommeil éveillé, je fais des voyages extraordinaires sur des terres ou dans des espaces inconnus où je vois défiler toute ma vie comme des vagues de souvenirs mais je découvre également des mondes fantastiques, poussé par des vents de reconnaissance.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • L’expression

    Ne croyez pas que je fantasme sur un Éternel Féminin
    Mais son modèle reste imprimé dans mes rêves les plus secrets.
    J’y découvre aussi quelques orgasmes qui me fait cracher mon venin
    Que je n’ai plus qu’à exprimer sans la moindre ombre d’un regret.

    Sous les tropiques, l’abondance de nourriture a fait évoluer l’oiseau en paradisier qui transforme l’énergie qu’il mettait à se nourrir en parade sexuelle pour attirer sa femelle.
    La même évolution métamorphose l’homme en artiste qui s’exprime pour capter son public. Et la femme ? Elle est pareille mais ce n’est pas pareil quant à l’appareil.

    Tableau de Juliette Belmonte.

  • La plupart…

    La plupart…

    Je n’ai pas parlé aux champignons ;
    La plupart sont mortels.
    J’ai écouté la quiétude ;
    La plupart de la forêt regorge de vie.

    (Dans la forêt d’Eschenberg, j’ai cheminé sans problème mais j’ai buté sur « la plupart »…

    Le verbe s’accorde toujours, en genre comme en nombre, avec le complément de « la plupart » :

    La plupart des robes ont été vendues.
    La plupart du temps est consacré à la lecture.

    S’il n’y a pas de complément, le verbe se met au masculin pluriel :

    La plupart se sont excusés.
    La plupart refusent de changer de poste.

    Source : https:www.projet-voltaire.frregles-orthographela-plupart-est-ou-la-plupart-sont )

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • sans titre)

    sans titre)

    Aujourd’hui pas de mot.
    Ce matin, je suis parti dans la forêt.
    J’ai entendu le silence et je l’ai écouté.
    L’automne m’a répondu.

    Ce matin dans la forêt d’Eschenberg.

  • Miss Octobre Joli-Cœur

    Miss Octobre Joli-Cœur

    Enfin, Miss Joli-Cœur arrive pour s’installer trente-et-un jours
    Dans le grand palais de l’automne pour une nouvelle saison.
    Adieu Septembre à la dérive, bonjour Octobre au bon séjour
    Et que les teintes monotones s’envolent loin de nos maisons.

    Illustration de Janice Sung.

  • La voie vers l’abstraction

    La voie vers l’abstraction

    Naviguer entre ciel et Terre, entre ces deux mondes parallèles
    Et parvenir à l’infini pour échapper à l’attraction
    Comme un voyage en solitaire où l’aventure donne des ailes
    Et nous ouvre en catimini l’issue de secours vers l’abstraction.

    Photo de Phil Koch.

  • Miss Septembre pas si tendre

    Miss Septembre pas si tendre

    Mademoiselle de Septembre n’aime pas trop céder la place
    À cette pimbêche d’Octobre qui lui ravit sa primauté.
    Mais elle doit quitter la chambre et laisser les clefs du palace
    Avant midi malgré l’opprobre de son masque de cruauté.

    Illustration de Janice Sung.

  • Le mousse du mercredi

    Le mousse du mercredi

    Le mercredi, première plage ; pour le mousse, premier volume.
    Au pied du livre de la mer, des milliards de vagues racontent
    Tous les bateaux, les équipages, les uniformes et les costumes,
    Sur fond du décor outremer d’où s’écoulent les plus beaux contes.

    Tableau de Pawel Kuczynski.

  • Rêves emportés par le vent

    Rêves emportés par le vent

    Dans toutes ces feuilles volantes, l’automne écrit ses beaux romans
    Que je lis en suivant le vent comme un feuilleton de saison.
    J’en dévore les belles amantes, nues sur leurs limbes en slalomant
    Entre les souffles se poursuivant depuis le seuil de ma maison.

    Tableau de Sandro Del-Prete.

  • Sous l’horloge cosmique

    Sous l’horloge cosmique

    Vue du dessous, la grande horloge impressionne nos petits instants
    Qui durent le temps d’un soupir et nos vies, juste un battement.
    Parfois en rêve, je déroge à la mécanique du temps
    Quand l’ange passe s’assoupir dans ma main, délicatement.

    Plafond de la salle de musique de la Villa Stuck à Munich peint par Franz von Stuck.

  • Échec à la mort !

    Échec à la mort !

    Quand la vie joue contre la mort, la partie joue sur deux terrains
    Le vivant voit le côté blanc ; personne ne revient du côté noir.
    On perd une pièce avec remords, on perd un œil, on perd un rein ;
    On gagne sa vie mais en tremblant jusqu’au mat, tel un assommoir.

    Tableau de Sandro Del-Prete.

  • Je perds la tête

    Je perds la tête

    Je prends ma tête entre les mains et je la perds dans la tourmente ;
    Plus le temps passe et plus les gens agissent comme des fous à lier.
    Mais j’ai compris sur le chemin en cette époque désarmante
    Que je suis trop intransigeant dans un monde inhospitalier.

    Lorsque la Terre tourne trop vite, je m’affole et deviens nerveux ;
    Je suis comme cette grenouille qu’on plonge dans de l’eau bouillante.
    Je préfère ainsi car j’évite de me faire cuire à petit feu,
    Agonisant, mourant de trouille sous une oppression malveillante.

    Tableau de Maggie Taylor.

  • Entre deux eaux

    Entre deux eaux

    Sur la frontière du sommeil entre conscience et inconscience,
    Les rêves portent loin sur l’eau de cette hypnotique quiétude.
    Et dans ces moments sans soleil mes intuitions donnent naissance
    À des images dans un halo d’une inconcevable mansuétude.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Au pis-aller, les pissenlits

    Pissenlit dent-de-lion de jaune inflorescence,
    Tu es la fleur véritable, l’égale du soleil.
    Sous le signe du lion, tu dardes d’effervescence
    Tes spores charitables qu’un coup de vent balaye.

    Là, Pissenlit gracile aux couleurs brun-rougeâtre,
    Tu sèmes de tes graines toute ta descendance.
    Ton envolée facile sous l’automne douceâtre
    Annonce l’année prochaine des fils en abondance.

    Tableaux d’Alla Tsank.

  • Au clair de ma plume

    Depuis que j’ai prêté ma plume à ma voisine de palier,
    Je vois la Lune s’inverser à moins que ce ne soit mon cœur.
    Car il a pris tant de volume qu’il déborde dans l’escalier
    De tout l’amour qu’il a versé en lisant ses mots chroniqueurs.

    Dès le premier quartier de lune, elle m’écrit ses mots d’amour
    Autour de son croissant d’argent à l’encre noire de la nuit.
    Je lis ses rimes opportunes dès mon réveil, au petit jour
    Et je m’en vais les partageant avec l’auditoire qui me suit.

    Au dernier quartier de la Lune, elle s’envole quelques jours
    Pour s’en aller broyer du noir aux sources de son encrier.
    Et je tempère mon infortune tout le temps que dure son séjour
    En surveillant de mon manoir la date du calendrier.

    Tableaux de Duy Huynh sur https:www.liveinternet.ruusers4237948post287544410 .

  • Chasse-Lune

    Premier quartier, Minet s’éveille et son environnement surveille
    Si les souris dans les nuages croient que la lune est un fromage.
    Quand monte le premier croissant, tranche de Gouda grimaçant,
    Paraît le leurre scélérat et le matou chasser les rats.

    Dernier Quartier, Minet s’endort sous la lune au beau croissant d’or.
    Mais les souris ont tout mangé du fromage à croûte orangée.
    La peste soit de ces voleuses qui ne sont que des enjôleuses !
    Alors dans la nuit, il s’éclipse et fait ses adieux d’une ellipse.

    À chaque quartier savoureux, notre Minet est amoureux ;
    C’est arrivé, c’est très récent, d’une chatte aux yeux phosphorescents.
    Leurs queues se sont entrelacées, leurs museaux se sont embrassés
    Et demain, sous la pleine lune, ils s’aimeront dans les callunes.

    Tableaux de Raphaël Vavasseur.

  • Le vague à l’âme

    Le vague à l’âme

    Lorsque le papillon, d’une aile, brasse l’air de son vague à l’âme,
    La planète en transmet les ondes qui deviendront fronts de tempêtes.
    Ma contribution personnelle en accueille le retour de flamme
    Comm’ cinquième élément d’un monde où chacun n’en fait qu’à sa tête.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Derrière la fonte des glaces

    Derrière la fonte des glaces

    Derrière la fonte des glaces, s’ouvre la porte de l’exode
    Et l’ours hésite sur le seuil à abandonner sa banquise.
    Tous les curieux qui se déplacent pour regarder chaque épisode
    N’en porteront jamais le deuil puisque la planète est conquise.

    Tableau d’Akira Kusaka.

  • La femme-poisson

    La femme-poisson

    Une sirène avec deux jambes et une tête de poisson-chat…
    La réciproque est-elle admise dans les échos référendaires ?
    La créature, bien plus ingambe, ferait bien mieux ses entrechats
    Mais l’incertitude est permise quant à son charme légendaire

    Tableau de Maggie Taylor.

  • Échecs aux poissons

    Échecs aux poissons

    Le vendredi, jour du poisson, la reine devient la sirène,
    les requins-marteaux épouvantent les hippocampes à fond la caisse
    Autour des tours colimaçons où s’acheminent les murènes,
    Jusqu’à la cuisson émouvante du roi des mers en bouillabaisse.

    Tableau de Maggie Taylor.

  • La Balance de l’automne

    La Balance de l’automne

    Soudain la Vierge de l’été devient Balance de l’automne
    Et la nature s’harmonise à sa nouvelle garde-robe.
    La rouille vient se refléter dans les ramures monotones
    Des arbres qui se synchronisent et dont les feuilles se dérobent.

    Tableau de Alla Tsank.

  • L’aube de l’intuition

    L’aube de l’intuition

    Comme le soleil en apparence qui tourne autour de la planète,
    Ce petit oiseau, qu’est mon âme, s’oriente en opposition.
    Mais il m’atteste l’assurance que ma progression reste nette
    Tandis que j’écoute la flamme que me chuchote l’intuition.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Phénix bleu

    Phénix bleu

    J’avais rêvé d’un phénix bleu que ne renaîtrait pas du feu
    Mais d’une source d’ondes pures et féminine par nature.
    Au berceau bordé de nuages, juste revêtue d’un plumage
    Et dont le cri résonne encore quand j’entends battre son cœur d’or.

    Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

  • La jokeuse vertueuse

    La jokeuse vertueuse

    Comme un blason de liberté taillé d’une hache de guerre
    Qui lui divise le visage des quatre vertus cardinales :
    Deux yeux de force et de fierté, un goût de justice à la lèvre,
    Les larmes au prix de la prudence mêlées d’un sang de tempérance.

    Photo d’Irina Darina.

  • Rouge dansant

    Rouge dansant

    Mes yeux avaient envie de boire le parfum d’un bouquet d’encens,
    Rouge comme une idée récurrente, rouge comme un ciel de soir d’été.
    Et voici qu’à force d’y croire, m’est venu un chemin dansant
    M’ouvrant la vision rassurante d’un ravissement répété.

    Photo de Khánh Phan.

  • Antilope

    Antilope

    À l’origine, elle était « pour » puis, s’est révélée « antilope » ;
    L’amour a produit ses ravages dans les eaux bleutées de ses yeux.
    Et la vie a repris son cours mais son cœur, dans son enveloppe,
    S’est refermé sur le rivage d’une mer de désirs périlleux.

    Tableau d’Andrey Remnev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201707Andrey-Remnev.html .

  • Petit soldat de bois

    Petit soldat de bois

    Si le petit soldat de bois n’a point de trou au côté droit,
    Il arbore la fleur au fusil devant la petite Suzie.
    N’ayez pas peur, il n’est pas mort ; il fait semblant, le matamore !
    Car il attend le doux baiser qui pourra son cœur apaiser.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • En robe de vierge

    En robe de vierge

    Elle avait pris cette habitude d’aller se baigner toute nue,
    Juste vêtue, fallait l’oser, de pétales de roses illimités.
    Elle n’avait aucune inquiétude à rencontrer des inconnus
    Car des épines étaient posées pour garder son intimité.

    Tableau de Jana Brike.

  • Parfum de poème

    Parfum de poème

    Les vers n’exhalent une fragrance qu’entre les lignes de bonne grâce ;
    Parfum sauvage, odeur musquée, aux rimes riches et salutaires ;
    Essence à forte pénétrance quand elles se croisent et qu’elles s’embrassent ;
    Parfois l’onguent reste embusqué pour surprendre un vers solitaire.

    Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

  • Le grand livre de la fleur

    Le grand livre de la fleur

    La fleur, glissée entre les pages, m’a raconté son aventure.
    Comment une petite graine peut croître en sa mère la Terre,
    Comment un subtil arrosage lui développe sa verdure,
    Comment la chaleur souveraine du soleil l’honore d’un père.

    Texte d’après un poème de Dianne Cikusa et un tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

  • …Des fleurs dans les filles

    …Elles étaient six le lendemain, effet de parthénogenèse,
    Et moi, hôte de trois jumelles bien difficiles à distinguer.
    D’abord ce fut un jeu de mains pour tâter leur morphogenèse
    Entre douze cuisses et mamelles par mes caresses prodiguées.

    Quand elles se tenaient deux par deux, bizarrement mon cœur battait
    Doublement, de plus en plus fort car j’en tremblais de tous mes membres.
    Il aurait été hasardeux d’en rire et point me débattais
    Lorsqu’elles prirent sans effort possession des murs de ma chambre.

    À mon réveil, elles ornaient les murs de la tapisserie
    Parmi les fleurs de la saison de cet été d’Apollinaire.
    Depuis, sans trop me flagorner, mais sans trop de jacasserie,
    Je fais visiter ma maison à des femmes extraordinaires.

    Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .

  • Des filles dans les fleurs…

    Parmi la montagne de fleurs reçues à mon anniversaire,
    Certaines, qui n’étaient qu’en bouton, ont eu l’honneur d’un joli vase.
    Bien arrosées de tous mes pleurs et larmes d’une joie sincère,
    Posées sous le regard glouton d’un matou qui guettait l’occase.

    Dans la nuit j’entendis un bruit… suivi de la fuite éperdue
    Du chat qui aurait vu Satan et qui en craignait pour sa vie.
    Mon joli vase était détruit, les jolies fleurs étaient perdues
    Mais les fruits mûris juste à temps, là, découverts sur le parvis.

    Trois jolies filles étaient écloses, parées de fleurs aux mamelons,
    Des seins joliment couronnés, des feuilles partout sur le corps.
    Moi-même, redoutais qu’explosent mes envies dans mon pantalon
    Alors, je leur ai boutonné mes chemises et mes justaucorps…

    Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .

  • Le marchand de nuages

    Le marchand de nuages

    Comme je n’avais plus confiance en la météo nationale,
    J’ai acquis par correspondance des nuages à élever soi-même.
    J’ai acheté sans méfiance un climat multirégional
    Que le marchand, sans impudence, m’a aménagé sans problème.

    Mais les nuages étaient anglais avec des moissons de saison ;
    Le soleil bradé des tropiques, les vents des tonnerres brestois.
    Depuis que les pluies ont cinglé aux quatre coins de ma maison,
    Le temps devient misanthropique et moi, j’émigre sur mon toit.

    Tableau de Marcin Kolpanowicz.

  • Pardonnez-moi de vous manger !

    Pardonnez-moi de vous manger !

    Les petites souris s’en vont recommander
    De l’aide au chat gourmand qui paraît bon apôtre ;
    Celui qui leur sourit pour les réprimander
    Mettra fin au tourment en croquant l’une et l’autre.

    Illustration de Pawel Kuczynski.

  • Ma destinée

    Ma destinée

    Elle me présenta cinq cartes, cinq possibilités de naître ;
    Homme, femme ou un animal : un chat, un chien, un éléphant.
    Je lui demandai qu’elle écarte celles dont je devais me démettre ;
    Il resta la carte du mâle dans le corps d’un petit enfant.

    Tableau de Chie Yoshii sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160610chie-yoshii .

  • La cinquième saison

    La cinquième saison

    Ainsi l’amour s’épanouit quand vient la cinquième saison ;
    Comme une rose sur le cœur qui vit pour ne jamais mourir.
    Mais si le jour s’évanouit et la nuit tombe sans raison,
    Vient l’oiseau bleu, merle moqueur, pour la charmer et la nourrir.

    Tableau de Chie Yoshii sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160610chie-yoshii .

  • Le vers terminus

    Le vers terminus

    Rien ne sert de voler et crever les nuages
    Si je n’ sais atterrir sans casse et sans dommage.
    La poésie m’entraîne sur des vols inconnus
    Mais ce que j’y découvre m’est alors reconnu.

    Quand vous lisez mes vers, la casquette en arrière,
    Je ne rime jamais plus haut que mon derrière.
    Et le plus difficile d’un vol en solitaire
    Reste bien de finir les deux pieds sur la Terre.

    Photo par West Michigan Aviation Enthusiasts.

  • La reine à carreaux

    La reine à carreaux

    Lorsque le roi donne un banquet, la reine se tient à carreau ;
    Mais aussitôt qu’il part en guerre, elle retrouve son amant.
    S’il les surprend, c’est le bouquet ! Ils iront derrière les barreaux
    Mais comme cela n’arrive guère, ils en profitent évidemment.

    Tableau de Michael Cheval.

  • S.O.S. inspiration

    S.O.S. inspiration

    Boum ! Quand l’inspiration s’éteint et que le courant s’est perdu,
    Tous les morceaux éparpillés semblent impossibles à réunir.
    Alors je laisse le destin dériver ma course éperdue
    Avec les yeux écarquillés sur les surprises d’avenir.

    Photo de Natacha Einat.

  • La reine de cœur épique

    La reine de cœur épique

    La reine de cœur donne la réplique à tous ses problèmes d’amour ;
    Elle découvre sa poitrine en ouvrant sa combinaison.
    Le roi – quelle mouche le pique ? – envoie ses chevaux et ses tours
    Que ses deux évêques endoctrinent, pour rester seuls à la maison.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Messagerie pas très express ?

    Messagerie pas très express ?

    Quand la messagère des prières me semble gaspiller son temps
    Et prendre tout à la légère, délaissant le plus important,
    D’une minutie d’horlogère, elle doit agir à contretemps
    Pour réaliser la carrière qui m’offrira tout mon content.

    Tableau de Michael Cheval.

  • La ronde des Échecs

    La ronde des Échecs

    Savoir manipuler les gens revient à jouer aux échecs
    En faisant s’affronter les pions à ceux qui voudraient être roi.
    En mise en jeu, beaucoup d’argent, des titres et des carnets de chèques,
    Et pour finir, juste un champion à qui l’on accorde l’octroi.

    Tableau de Michael Cheval et les échecs dans l’art sont sur http:systemecolle.free.frtextesLa%20peintureLa%20peinture.htm .

  • Échecs à la ronde

    Échecs à la ronde

    Contrairement à la marelle qui vous emmène au paradis,
    Aux échecs, fatidiquement, un roi se retrouve en enfer.
    Grâce au recours d’une passerelle qui ne lui coûte pas un radis,
    Sa reine saura logiquement comment opérer son transfert.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Derrière le miroir de l’âme -2

    Derrière le miroir de l’âme -2

    Dans une autre dimension, hors du temps et de l’espace,
    Hors du réseau de matière qui représente mon corps,
    J’échappe à la détention, mon âme retrouve sa place
    Vers l’étoile tout entière d’où sonne le divin accord.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Derrière le miroir de l’âme – 1

    Derrière le miroir de l’âme - 1

    Aussitôt que je m’endors, ou quand le divin m’enivre,
    L’esprit s’échappe un moment et le cœur rejoint mon âme.
    J’y vois comme un ballon d’or qui s’ouvrirait comme un livre
    Qui transcrirait le roman de l’ad vitam æternam.

    Tableau de Naoto Hattori.

  • Carton doux carton

    M’as-tu vu dans mon carton, m’as-tu vu dans ma maison ?
    Je ne sais ce qui m’attire, je ne sais ce qui m’inspire !
    J’y plonge mes ripatons, sans motif et sans raison,
    Au risque de compatir à l’épître d’un chat qui expire.

    M’as-tu vu quand je t’observe dans ma cabane à l’affût ?
    M’as-tu vu quand je m’y cache pour me soustraire à tes yeux ?
    Plus je sors de ma réserve et plus je fais du raffut,
    Plus, au carton, je m’attache à ses quatre coins moelleux !

    Tableaux de Natalia Leonova et Ruskin Spear.

  • Les mains rouges de l’utopie

    Aurions-nous du sang sur les mains comme on voudrait nous faire croire ?
    Comme on voudrait nous le faire entendre, comme un péché originel ?
    Faut-il encore que demain les tensions continuent à croître
    Et même aller jusqu’à prétendre que nous sommes tous des criminels ?

    L’homme a mis l’homme en esclavage et s’est enrichi de sa chair ;
    Ainsi, depuis l’antiquité, le pauvre donne sa vie au riche.
    La guerre poursuit ses ravages au prix du sang de plus en plus cher ;
    Le pouvoir et l’iniquité ont mis l’humanité en friche.

    Aujourd’hui, on dit « place aux jeunes », on dit aussi « plus jamais ça ! »
    Mais dès demain ça recommence ; la haine grandit tous les jours.
    Je dirais bien « faisons le jeûne de nos querelles d’ici-bas… »
    Mais on ne se fait plus confiance, on préfère la guerre à l’amour…

    Tableaux de Pier Toffoletti.

  • L’art du bain

    Dans les secrets les mieux gardés parmi les choses impénétrables,
    Il en est où, pour y entrer, vous devez montrer patte blanche.
    Et vous ne pourrez regarder ces confidences vénérables
    Qu’à condition de démontrer que vous êtes de la même branche.

    Eh oui, l’art du bain féminin n’est réservé qu’au gynécée
    Et l’intrus qui aurait osé y pénétrer, serait chassé.
    Et même s’il paraît bénin de réussir à s’y immiscer,
    Vous risqueriez d’être exposé aux quolibets et pourchassé.

    Ainsi je dois me contenter d’imaginer ces nudités
    À l’aide de tableaux de maîtres peuplés de rêves et de fantasmes.
    Mais si un jour vous consentez à m’offrir l’opportunité,
    Devant vos beautés, d’apparaître, j’en sens déjà monter l’orgasme.

    Tableaux de William Russell Flint.

  • La réhabilitation

    La réhabilitation

    Toutes les femmes et tous les hommes pourraient saluer le soleil
    Et dessiner sur une plage l’arbre de leurs vies établies,
    Comme la revanche de la pomme sur la connaissance en éveil
    Qui relierait, au nouvel âge, Adam et Ève rétablis.

    Photo de Olhodagua.