Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Hieronymus


    Exit le jardin des délices, ils ont dû sortir de leur bulle
    Et affronter, le cul à l’air, tous les dangers de la nature.
    Ils se sont couverts de pelisses et ont opté, sans préambule,
    D’oublier les impopulaires sanctions des saintes écritures.

    Mais aujourd’hui, rien ne va plus ! Dieu est interdit de séjour.
    Le sexe est devenu tabou et la reproduction infâme.
    Toutefois il n’est pas exclu que l’être humain parvienne un jour
    À un avenir qui tienne debout mais sans les hommes et sans les femmes.

    Extrait du tableau Hieronymus de Jérôme Bosch et revu par Tim Walker

  • Le cerf blanc morose

    Au pays des biches moroses, les cerfs sont blancs évidemment
    Mais quand celles-ci sont aux abois, ceux-là ne les entendent pas.
    On leur peint les sabots en rose afin que les sourdingues amants
    Leur fassent des signes avec les bois et puissent devenir papas.

    Il faudrait bien trouver la cause à une telle absurdité ;
    Les éleveurs perdent patience et tout le cheptel diminue.
    Qu’est-ce qui provoque leur psychose et entraîne leur surdité ?
    Sans doute qu’ils ont pris conscience de leur friande déconvenue…

    Tableaux de Daria Petrilli

  • La clef du cœur

    Lorsque vient le temps des secrets, la pudeur devient primordiale
    Et le cœur, sur sa défensive, exige la fidélité.
    Seul, un petit oiseau s’agrée des communications cordiales
    Par son allure inoffensive et sa célèbre intégrité.

    Bien sûr ! C’est l’oiseau messager, qui distribue les confidences
    Selon si la clef qui s’agréée correspond à l’expéditeur.
    Si les petits flirts passagers cherchent encore leurs correspondances,
    Ils ont beau faire de simagrées, ils ne seront point créditeurs.

    À chaque amour, chaque alliance, une combinaison éprouvée
    Dont seul l’amant et seule l’amante peuvent s’affranchir comme un tampon.
    Hélas il y a des défaillances et il aurait été prouvé
    Que des fausses clefs infamantes circuleraient sous les jupons.

    Tableau de Daria Petrilli

  • Le fol amour à Paris

    Décidément la Tour Phallique attire encore les amoureux
    Du mois de mars au Champ-de-Mars jusqu’aux confins automne-hiver.
    Le feu au cul des basiliques laisse Cupidon langoureux
    Décochant ses flèches éparses en les lorgnant d’un œil sévère.

    Après tout la Dame de Fer peut s’imposer en chaperon
    Puisqu’elle veille sur Paris et tous les couples illégitimes
    Qui vraiment n’ont pas à s’en faire car Elle bénit ces fanfarons
    Qui viennent tromper les maris et les épouses légitimes.

    Remercions Monsieur Eiffel d’avoir posé ce baromètre
    Qui note le temps des amours et les passions dans les chaumières.
    Car il suffit d’une étincelle pour faire monter le thermomètre
    Des coups de foudre au petit jour sur Paris, la ville lumière.

    Tableaux d’Andrei Protsouk

  • Aquatic love – 3

    Depuis les lacs verts de Bavière jusqu’enfin le Lac de Constance,
    Nous suivrons la route du tendre en naviguant sur ses cours d’eau.
    Nous remonterons les rivières jusqu’à leurs sources en circonstance
    Pour faire fondre sans attendre l’éclat de notre libido.

    La Suisse, côté allemand, nous y boirons dans ton calice
    Les eaux-de-vie alémaniques vives comme tes cuisses fraîches.
    Nous irons dans le Lac Léman nager lorsque le soir pâlissent
    Les chaînes de montagnes titaniques qui l’abreuvent de torrents revêches.

    En descendant par l’Italie, du Piémont à la Vénétie,
    Nous prendrons les lacs romantiques aux coups de foudre surannés.
    Et quand sonnera l’hallali de nos douces péripéties,
    Nous vivrons d’amours authentiques dans la mer Méditerranée.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti

  • Le patient Zorro

    Savez-vous porter le masque à la mode de chez nous ?
    On le porte sur la bouche, bien remonté sur le nez.
    Mais ne soyez pas fantasques et ne portez pas un loup
    Qui vous donnerait l’air farouche parmi les gens confinés.

    Mais en cas de pénurie, quand nous manquerons de tout,
    Vous pourrez voler aux riches leurs biens et tout leur argent.
    Vous vengerez l’incurie du gouvernement ripoux
    En rendant tous les bakchiches à toutes les petites gens.

    Tableaux de Daria Petrilli

  • Le magasin des suicides

    Venez goûter dans nos boutiques la joie d’ôter l’envie de vivre ;
    À consommer ou à offrir mais à déguster lentement.
    Cercueils cirés à l’encaustique, cordes à pendu qui vous délivrent
    De votre angoisse de mourir pour vivre plus rapidement.

    Apportez à vos belles-mères un flacon de bouillon d’onze heures,
    La cigarette du condamné et l’ultime verre de rhum.
    Le temps d’aimer si éphémère permet la mort dont la valeur
    N’attend point le nombre d’années pour faire souffrir son bonhomme.

    Photo de Paul Kurucz

  • Mosaïques – 2

    Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme à volonté !
    La matière sait recombiner ses atomes et son énergie.
    Quant à la question consacrée au salut de l’âme escompté,
    Dieu nous a tous embobinés dans l’espace-temps en synergie.

    Je suis noyé en mosaïques dans tous les humains de la Terre
    Je suis vous et vous êtes moi dans une création d’illusions.
    Et l’incarnation prosaïque dont je ne suis que locataire
    Sonne le bail en fin de mois sans garantir de conclusion.

    Nous voulons tous la même chose ; vivre et survivre après la mort
    Et nous voudrions que de flot d’âmes ait une raison d’exister.
    Sans doute la métamorphose ne laissera aucun remords…
    En attendant, Messieurs, Mesdames, vivez, mourrez sans insister !

    …mourrez dans la perplexité !
    …mourrez devant l’adversité !

    Tableaux de Natalia Shatrova

  • Mosaïques – 1

    Dans le désordre naturel de l’expression de l’existence,
    La beauté apparait au cœur de ce qui cache le mystère.
    J’y cherche l’ordre surnaturel d’un Dieu ou bien de sa présence
    Comme si j’étais chroniqueur de la vérité de la Terre.

    Tout ce qui s’emboite en accord avec les lois de l’esthétique
    Semble avoir été désiré par quelque artiste fantastique.
    J’aspire à trouver le raccord afin d’en percer l’authentique
    Secret des dieux pour soutirer tout l’enseignement scolastique.

    Une fois que tout est en ordre, rien ne va plus, tout est faussé !
    Je n’ai fait que mettre des noms sans rien comprendre à leur essence.
    Tant pis si je dois en démordre car ma quête, loin d’être exaucée,
    M’aura entrouvert un chaînon pour éveiller ma connaissance.

    Tableaux de Natalia Shatrova

  • Le secret des pyramides

    Le secret des pyramides

    Si je devais faire le bilan de deux années de pandémies,
    Je devrais soulever un couvercle bien empesé par les médias
    Pour découvrir l’horripilant complot d’un état ennemi
    Dont les membres appartiennent au cercle qui nous effraie dans l’immédiat.

    Celui qui se hisse au sommet en défenseur de l’humanité
    Et plonge le peuple dans l’ombre pour le protéger des virus,
    Celui-là devra assumer le titre de criminalité
    Lorsque l’on comptera le nombre des victimes d’adénovirus.

    Au sommet de la pyramide, seule la pointe restant visible,
    Il nous faudra tout démonter pour en découvrir la machine.
    Aux collaborateurs timides et leurs exécutants nuisibles
    Leur seront alors décomptés leurs accointances avec la Chine.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201612Rafal-Olbinski.html .

  • Autant en emporte le chat en coup de vent

    Autant en emporte le chat en coup de vent

    Terminer l’année en beauté ? Pourquoi pas seule avec mon chat
    Qui n’a jamais contaminé quoi que ce soit dans la maison !
    À part mes meubles rabotés ainsi que mes derniers achats
    Bousillés par l’affreux minet juste pour jouer, sans raison…

    Au menu, foie gras de souris et toast de saumon en pâtée
    Et pour moi juste une bouteille de champagne millésimé.
    À minuit chacun se sourit avant de se carapater
    Chez la pharmacienne de veille car le foie était périmé.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201612Rafal-Olbinski.html .

  • Mémoires d’une crocheteuse

    Mémoires d’une crocheteuse

    Je préfère vivre du crochet que vivre au crochet de quelqu’un
    Car ainsi, de fil en aiguille, les mailles seront mieux gardées.
    Maille que maille, j’ai approché les bourses de tout un chacun
    En n’y piochant qu’une peccadille s’il n’y a pas trop regardé.

    Maille à l’endroit, maille à revers, je couds, je file et puis, j’embrouille
    Et je crochète à l’infini à contrefil, sans faux-semblants.
    Ma vie se repasse à l’envers à froid ou à la pattemouille
    Et qu’est-ce qu’on dit quand j’ai fini ? « Tout ça c’est cousu de fil blanc ! »

    Sculpture au crochet de Yulia Ustinova.

  • Mélusine

    Mélusine

    Celui qui n’a jamais péché, jamais menti, jamais volé,
    Jamais blasphémé ni trahi, jamais convoité sa voisine,
    Celui-là sera repêché, celui-là sera consolé
    De n’avoir été envahi par les délices de Mélusine.

    Car Mélusine n’est pas méchante ; elle nous ment pour notre bien,
    Elle nous trahi pour notre cœur, elle nous pousse à l’œuvre de chair,
    Elle nous occis de mort violente par des subterfuges macrombiens
    Pour son élite et ses vainqueurs ou bien ses victimes, peuchère !

    (Mélusine est une Fée ayant une queue de serpent quand elle se baigne.
    Illustration de Charles Santore.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ainsi fond, fond, fond ! – 4

    Ainsi fond, fond, fond

    Au nom du soldat inconnu dont la flamme est entretenue
    Et de la minute de silence pour l’honorer en vigilance,
    Un dernier iceberg inconnu sera lui aussi reconnu
    Comme témoin d’une banquise entièrement fondue, sans surprise.

    Nous construirons un mausolée, juste un iceberg isolé
    Pour les pingouins et les ours blancs en souvenir de ces troublants
    Couchers de soleil comparus sur les espèces disparues
    Dans l’élan de l’évolution jusqu’à totale involution.

    Photo de Mazzatello.

  • Selon d’où provient la lumière

    Selon d’où provient la lumière

    La place de l’observateur donne le sens à sa raison
    Qui certifie que sa vision se fonde sur la vérité.
    Pourtant un autre spectateur, sous d’autres lieux d’autres saisons,
    Prendra une autre décision pour autant de sincérité.

    S’ils se révèlent antagonistes, ils défendront chacun leurs lois
    Et finiront en dissensions à coups de vaines révolutions.
    Mais s’ils se veulent opportunistes et regroupent ensemble leurs voies,
    Ils verront d’autres dimensions soutenir leur évolution.

    Toutes les idées qu’on se fait sur Dieu, les hommes ou la science
    Ne sont qu’une image observée selon d’où provient la lumière.
    Et nous serions tous stupéfaits si nous ouvrions notre conscience
    À accepter sans réserver tous les avis et leurs contraires.

    Tableau d’Ewa Świtala.

  • Constellations

    Constellations

    Quand j’ai rencontré Andromède au club de sauna finlandais,
    Elle m’enseigna l’archi-connue pratique de la flagellation
    Mais sans savoir que ce remède bien appliqué sous-entendait
    L’apparition sur son dos nu d’un amas de constellations.

    Je me rappelle chaque étoile et chaque signe du zodiaque
    Qui excitaient la demoiselle soumise aux branches de bouleau.
    J’imaginais peindre une toile impressionniste-paranoïaque
    À m’en faire perdre la cervelle et me creuser le ciboulot.

    Z

    Photo de Marta Bevacqua.

  • Végétativement vôtre

    À peine descendu de l’arbre, le singe se mit à penser
    Et se mit debout afin de voir ce qu’il devrait anticiper.
    Sa guenon est restée de marbre devant le prix à dépenser
    Pour : lui, être un homme du devoir et elle, une femme émancipée.

    Elle a pris l’taureau par les cornes et les bourses du citoyen
    Pour l’inciter à marcotter et reproduire ses gamètes
    Mais comme ils ont œuvré sans borne – la fin justifie les moyens –
    La Nature encharibotée pourrit sur toute la planète.

    Tableaux de Daria Petrilli.

  • Ils sont fous, ces helvètes !

    Ils sont fous, ces helvètes !

    Il faut croire que les « bucherons » riment avec les « joyeux lurons »
    Par leurs buches animalières et leurs sculptures familières.
    J’aime découvrir avec amour combien s’expriment avec humour
    Ces compagnons dont le devoir se révèle un super‐pouvoir.

    Tantôt un cerf, tantôt un loup m’apostrophent au coin d’un chemin ;
    Tantôt farfadet ou lutin dont il ne manque que la voix ;
    Tantôt chouette, tantôt hibou, toujours prêts d’un signe de la main
    Pour me proposer, l’air mutin, d’embrasser la reine des bois.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Révolution végétale

    La révolution végétale était prévue depuis longtemps
    Car nous en sentions les prémices dans les boyaux et l’ossature
    Pour vaincre nos lésions létales grâces aux remèdes remontant
    Au temps jadis où Artémis régnait sur toute la nature.

    J’en appelle à mon intestin – qui est mon deuxième cerveau –
    À mon estomac et sa flore ainsi qu’à mon arbre de vie.
    Embellissez-moi le destin, sortez-moi de cet écheveau
    Dont les labos et leur folklore mettent en danger notre survie !

    Photos de Lucas Dawson.

  • Ne prends pas froid !

    Ne prends pas froid !

    Couvre-toi bien, ne prends pas froid, fais attention, prends garde à toi !
    Ainsi nos parents nous couvaient dans un monde plein de dangers.
    Nous redoutions avec effroi le ciel nous tomber sur les toits,
    Pauvres gaulois qui ne pouvaient pas souvent trouver à manger.

    Aujourd’hui le réchauffement s’ajoute à la malpropreté ;
    La société sécurisée nous contrôle exagérément ;
    Notre croissance a faussement multiplié la pauvreté ;
    La liberté pressurisée nous manque désespérément.

    Photo d’Eva Milkonskaya.

  • Assemblages en vers et en prose

    Nous sommes les pièces d’un puzzle aux connexions déterminées
    Et qui réclament à l’âme-sœur des assemblages incomparables.
    Lorsque je me retrouve seul, je pense à l’œuvre terminée
    Dont j’imagine en connaisseur la destinée inénarrable.

    Peut-être que chaque partie contient l’évocation du Tout
    Inscrite dans une dimension que je ne peux voir par moi-même.
    J’aimerais en contrepartie posséder un passe-partout
    Qui m’agréerait l’appréhension de Dieu sans le moindre dilemme.

    Photos d’Oprisco et Anna Devis & Daniel Rueda.

  • Saint-Étienne en herbe

    Avant d’emboucher sa trompette, Saint-Étienne fut apprenti
    Et chaque fête des lumières l’occupait toute l’année durant
    Car il faisait faire trempette aux meilleures lanternes pressenties
    Pour déterminer les premières à briller d’un feu fulgurant.

    Plus de douze ans d’apprentissage et Saint-Étienne remporta
    Le grand concours de la Saint-Jean à l’aide de feux d’artifices.
    Et Dieu, le jour du vernissage, en récompense, lui apporta
    Une belle trompette en argent avec son titre de novice.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • Le duo Saint-Étienne

    Personne ne les a entendus tant ça chantait dans les chaumières
    Entre les vieux chants de Noël et les karaokés modernes.
    Minuit était trop attendu pour parader dans la lumière
    En tonitruant les rituels « Mon beau sapin » sous les lanternes.

    Sans doute, ceux qui restaient dehors à se réchauffer aux étoiles
    Ont apprécié le concerto donné par le duo Saint-Étienne
    Qui scandait comme un météore et qui ronronnait comme un poêle.
    Ceux-là ont, subito presto, obtenu la grâce chrétienne.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • Aquatic love – 2

    Là, dans le bleu des mers du sud, j’écrirai de toute ma verge
    Tout un océan de poèmes à l’encre vierge de ma chair.
    Un petit quatrain en prélude afin que mon cœur y converge
    Pour rimer sa vie de bohème avec son désir le plus cher.

    Sonnet sur le coup de midi pour réveiller mes appétits
    Et plonger ma bouche gourmande dans l’eau de tes lèvres mouillées.
    Ballade d’un après-midi pour sortir de mon apathie
    Et revenir à ta demande dans ton lit pour t’y léchouiller.

    Des stances à la tombée du jour, un rondeau à la nuit venue,
    Une ode à la Lune gibbeuse, une élégie aux souvenirs.
    Pour bien terminer le séjour, un bain de minuit bienvenu
    Pour noyer ma prose verbeuse dans un amour plein d’avenir.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti.

  • Aquatic love – 1

    Redevenir comme des enfants baignés dans leur mère amniotique
    Et goûter son corps de sirène entre deux eaux chaudes et salées.
    Sentir le mâle triomphant monter d’un orgueil symbiotique
    Afin de pénétrer sa reine de son sceptre et s’en régaler.

    Renaître après la jouissance, revivre après la petite mort,
    Émerger la tête hors de l’eau pour embrasser la vie entière,
    Réveiller la toute-puissance pour s’abandonner sans remords
    À traverser l’étroit goulot et s’affranchir de ses frontières.

    Passer toute une nuit d’amour à monter au septième ciel
    Vers la Mer de Sérénité où passer sa Lune de miel.
    Trembler encore au petit jour d’un soubresaut superficiel
    Qui quête sans obscénité un mariage cérémoniel.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti.

  • Le Noël des sirènes

    Marie s’était faite sirène et Joseph s’était fait triton
    Quand Dieu créa les océans et qu’il vit que tout était bon.
    À l’époque la Mer était reine parmi tous ses sujets planctons
    Et Neptune siégeait céans auprès des poissons pudibonds.

    Jésus est né dans une conque entre les deux lamantins gris,
    Béni par les rois de la plage qui suivaient l’étoile de mer.
    L’histoire s’est perdue et oncques on n’a gardé le moindre écrit
    Sur ce que l’enfant fit à l’âge auquel il a quitté sa mère.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • La veille de Noël de la sirène

    Les Noëls d’ici et d’ailleurs diffèrent selon les pays
    Et même le Père Noël change de couleur et de nom.
    Or, dans les royaumes écailleurs parmi les poissons ébahis,
    Les sirènes ont des rituels dont peu connaissent le renom.

    Avec le plancton médusé de briller ainsi dans la crèche,
    Les alevins jouent les bergers et la friture, les moutons.
    Les poissons-clowns bien amusés virevoltent ensemble dans l’eau fraîche
    Et, sous l’anémone immergée, évitent les requins gloutons.

    Neptune arrive minuit sonnante avec coquillages et tritons
    Et toutes les sirènes entonnent leurs chants sacrés si mélodieux
    Sous les abysses impressionnantes illuminées des mirlitons
    Des gymnotes qui gueuletonnent d’éclairs et caprices des dieux.

    Et puis, l’on s’offre des cadeaux mirobolants et inutiles ;
    Un pantalon pour la sirène ou n’importe quoi d’inadéquat ;
    Pour les méduses, un beau radeau ; pour Neptune, un trident futile ;
    Et l’on fait la fête foraine sur les hippocampes de bois.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • La peinture à la grenouille

    La peinture à la grenouille

    Comme elle ne prédit plus le temps, la grenouille vit avec son temps
    Elle a, ses droits à la retraite, fait pour valoir ce que de droit.
    Peinture à l’huile ? C’était tentant ! Peinture l’eau ? Cela s’entend !
    Peinture réaliste ou abstraite ? Que convient-il à son endroit ?

    Apparemment les vieux réflexes survivent aux peintres du dimanche ;
    Si les jours les plus orageux apportent plus d’inspiration,
    La sécheresse décomplexe la hantise de la page blanche.
    Qu’il soit brillant ou ombrageux, l’esthète art fait l’admiration.

    Illustration de Miles Aldridge.

  • Grenouilleries

    Tôt ou têtard, les batraciens qui font la pluie et le beau temps
    Cesseront de donner leur avis sur les vents qui vont de concert.
    Même le crapaud pharmacien lui aussi suspendra d’autan
    Son venin, élixir de vie, contre le fléau du cancer.

    Que leur prend-il à ces rainettes qui rendent échelle et tablier ?
    Elles sont réfugiées climatiques des lieux où jamais il n’a plu !
    On n’a d’yeux que pour internet et les grenouilles sont oubliées ;
    La météo problématique dès lors ne les concerne plus.

    Illustrations de Miles Aldridge.

  • Trois petites guenons

    Trois petites guenons

    Ne rien penser quand je me coiffe, trop penser mon cerveau s’assoiffe ;
    Ne rien dire quand je mets du rouge, ainsi pas besoin que j’me bouge ;
    Ne rien entendre lorsque j’accroche mes boucles d’oreilles et ma broche ;
    Toujours vérifier mes arrières si on mate mon petit derrière !

    À l’inverse des trois petits singes, il faut se tordre les méninges ;
    Ne rien penser pour que l’on pense à pas lorgner sur les dépenses ;
    Ne rien dire et rien écouter, comme ça plus moyen de douter ;
    Et mieux vaut une cervelle vide qu’une meuf frigide et impavide.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les erreurs de Neptune

    Si le chef d’œuvre qu’est la sirène a exigé mille ratages
    C’est que Neptune fréquemment sur le métier remit l’ouvrage.
    Femme-poisson, tu es la reine à condition que ton visage
    Ne soit pas inconséquemment poisson-clown ou saumon sauvage !

    Si la pieuvre a huit tentacules, ce sont les jambes récupérées
    Lorsque Neptune a réussi quatre sirènes irréprochables
    Qu’il désosse et désarticule pour un résultat espéré
    Sinon ce dieu sans minutie les déclare inutilisables.

    Tableaux de Guim Tio et Jody Wegner.

  • Quand les baleines voleront

    Quand les baleines voleront

    Quand les baleines voleront au-dessus des terres inondées,
    Rares seront les privilégiés qui pourront les accompagner.
    Bien calé sur leurs ailerons, sans que j’en sois réprimandé,
    Je serai l’humain réfugié, unique exemplaire épargné.

    Je parcourrai les océans à la recherche de mes amis
    Qui auront reçu mon message tout juste avant le cataclysme.
    L’humanité réduite à néant ne connaîtra plus d’ennemi
    Mais franchement était-il sage de pousser l’existentialisme ?

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Les taureaux bleus

    Entre les rayons infrarouges et les rayons ultraviolets,
    Les couleurs jouent dans la lumière par des actions avant-courrières.
    Lorsque le taureau bleu voit rouge ou que son espace est violé,
    Mieux vaut se retrouver derrière le bon côté de la barrière.

    Mais trop de bleus sur le taureau lui donne hélas le goût du sang
    Chargé de peur et de toxines qu’absorberont ses prédateurs.
    Le sang sur les mains des bourreaux ne les rendront pas plus puissants
    Mais drogués à l’hémoglobine dont s’abreuvent ses adulateurs.

    Sculptures Raku d’Albert Langlois sur http:albertlanglois-sculpteur.blogspot.com200710ceci-est-le-texte-prsentant-la-partie.html .

  • Par le petit trou du souffleur

    Si la curiosité est un vilain défaut,
    L’exploration pourtant reste une noble cause.
    Et la pilosité, mes amis, loin s’en faut,
    Reste un mystère autant touffu qu’il en impose.

    Tous les moyens sont bons à l’homme scientifique
    Pour chercher la toison d’or. Ô tant désirée !
    J’ai touché le pompon le plus honorifique
    En perçant les cloisons et les planchers cirés.

    Ainsi la toison bleue, fruit de ma prospection,
    M’est apparue au bout de sueur et tant d’émoi.
    Madame Barbe-Bleue, en gage d’affection
    Se tenait, là, debout, juste au-dessus de moi.

    Photo de Miles Aldridge.

  • L’amante vénéneuse

    L’amante vénéneuse

    On ne meurt qu’une fois mais d’amour plus souvent
    Et les filles rouquines sont souvent vénéneuses.
    Quand je vais dans les bois qui jouxtent le couvent
    J’en croise de ces coquines aux lèvres venimeuses !

    Les amantes religieuses sont d’un ordre spécial
    Qui accorde aux vivants le pardon sans remords.
    En tenue prestigieuse de l’habit paroissial,
    Elles tuent leurs amants d’une petite mort.

    Mais mithridatisé de trop d’amours déçues,
    Je suis un dur à cuire au détail et au poids ;
    Même aromatisée et la croupe fessue,
    Ne me laisse séduire par une nonne à pois.

    Photo de Kleid und Hülle.

  • Alienophobie

    Alienophobie

    J’ai longtemps cru dans mon enfance qu’une invasion d’extraterrestres
    Atterrirait fortuitement aux alentours de ma maison
    Ils auraient bravé nos défenses et mis la Terre sous séquestre
    Pour se servir gratuitement de nos ressources sans raison.

    Et puis, un jour elle est venue, apparemment humanoïde,
    Deux antennes, deux yeux globuleux et une carapace verte.
    Pourtant ma peur s’est abstenue de redouter l’insectoïde
    Et j’ai connu un fabuleux attrait pour cette découverte.

    Je l’ai aimée ma sauterelle un peu, beaucoup, passionnément
    Avec ses écailles épaisses et ses élytres semi-ouverts.
    Mais mon amante surnaturelle est repartie conformément
    À la règle de son espèce pour pondre mille petits œufs verts.

    Illustration d’Aldo Di Gennaro.

  • La morsure de la mort sûre

    La morsure de la mort sûre

    Attiré par l’œil du cyclone d’une fille en pleine tempête,
    Je me suis senti soutenu et emporté par sa morsure.
    Je fus réveillé par six clones qui jouaient à coup de trompette
    L’accueil cordial de bienvenue aux lauréats de la mort sûre.

    Ainsi fauché d’une main leste par la faux d’une femme fatale,
    Je fus heureux d’en éprouver tout le plaisir d’un estivant.
    Mais je lui pardonne son geste après la rencontre létale
    Et j’ai signé et approuvé ce rêve idiot mais captivant.

    Tableau d’Eva Gamayun.

  • Le Regard Papillon

    Le Regard Papillon

    Les papillons semblent sortir de son regard myosotis
    Comme chevaliers de lumière chargés de garder leur captive.
    Si certains s’en vont s’assortir à son visage et s’y blottissent,
    D’autres évoquent une bannière superbe et significative.

    Des rêves idiots, j’ai l’habitude sans pour autant être blasé
    Mais quand j’avise des papillons s’échapper d’une fille en larmes,
    Je change aussitôt d’attitude dès que je les vois pavoiser
    En agitant leurs pavillons comme s’ils voulaient sonner l’alarme.

    Alors je brandis mes couleurs, couleurs de feu, couleurs de sang,
    Et me présente en Prince Rouge, prêt à délivrer sa princesse.
    Le combat dure non sans douleur mais les papillons impuissants
    Résistent au début et puis, bougent quand leur résistance s’affaisse.

    Puis, le rêve devient violet car nous avons uni nos chairs
    Pour le meilleur et pour le pire dans tous les coloris violines.
    Nos enfants forment un triolet, Mauve, Prune et Pourpre qui nous sont chers
    Dont l’aurore au matin m’inspire par ses couleurs sur les collines.

    Tableau d’Eva Gamayun.

  • Le goût de l’amour

    Le goût de l’amour

    L’amour comme un sixième sens enrobe le cœur versatile,
    Douche le corps de sa fraîcheur et galvanise tous les nerfs.
    L’étincelle enflamme l’essence des bouleversements volatiles
    Qui explosent d’un feu déclencheur ardent et révolutionnaire.

    Amours physiques ou platoniques, passionnées ou épistolaires,
    Toutes font flèches de tout bois au Cupidon insatiable
    Qui chasse l’amour laconique qu’il juge peu protocolaire
    Pour faire en sorte qu’il flamboie d’un coup de foudre indispensable.

    Photo de Juliana Ohneberg.

  • La chanson de Richard Strauss

    La chanson de Richard Strauss

    L’enfance escalade l’octave sur la portée de la musique
    D’une comptine guillerette souvent absurde et délurée.
    Les sabots deviennent des claves jouant de la pataphysique
    Dans l’imaginaire d’opérette d’où le sérieux est épuré.

    Là, sur le beau Danube bleu à la recherche de l’or du Rhin,
    Nous partions chasser les sirènes avec un violon comme appeau.
    Nous marchions sur les bancs sableux, dans les grottes et les souterrains
    Jusqu’à rentrer l’âme sereine chargés d’un trophée de crapauds.

    Illustration d’Alexandra Huard sur http:alexandrahuard.blogspot.com201202la-chanson-de-richard-strauss.html .

  • Voir avec son quatrième œil

    Tout est pêché par le regard pareil à la pêche au lancer ;
    L’œil se projette sur la piste de l’image subtile et sauvage.
    Et le cœur, à tous les égards, envoie le message élancé
    Vers le cerveau psychanalyste spécialisé dans l’archivage.

    Si le regard est mosaïque et décortique la vision,
    Il ne verra que l’essentiel de ce qu’il souhaite analyser.
    Mais ces résultats prosaïques finissent par faire division
    Sur des détails non-essentiels à ce qu’il fallait finaliser.

    Si le regard est mécanique et se limite à la raison,
    Il ne verra que la fonction qui fait l’organe et évolue.
    Mais ces résultats laconiques souffrent de la comparaison
    Avec ce qui fait la jonction de l’inconnu irrésolu.

    Et le regard matérialiste de la société actuelle
    Ne cherche que les bénéfices quelle qu’en soit la consommation.
    Plus il sera capitaliste, plus la nature sera cruelle
    En faisant un feu d’artifice de sa planète en crémation.

    Tableaux de René Magritte, Wandson Lisboa, Geoffroy Amelot & Adam Lister.

  • Tablomaton

    Dans l’arrière-salle d’un musée, je découvris une machine
    Dont les photos d’identité étaient vantées impressionnistes.
    Un peu curieuse et amusée, je m’installai, dressai l’échine
    Et affrontai l’intensité de l’œil du maître-machiniste.

    Ainsi scannée, numérisée, l’intimité mise au carré,
    Je posai sur le tabouret ma véritable académie
    Et tout mon corps éthérisé, soumis aux couleurs bigarrées,
    Se détendit pour savourer sa vraie cubiste anatomie.

    Depuis, je me vois autrement sous le regard de Picasso,
    Les bleus de l’âme décolorés sous le couvert de la manœuvre.
    J’ai changé mon encadrement et enlevé tous les tasseaux
    Pour un espace amélioré où je vis ma vie de chef-d’œuvre.

    Tableau de Pablo Picasso et Photos de Lujian Zeta Zee & Martin Steinthaler.

  • Pomme éternelle

    Nous sommes tous interpellés par la vie et ses deux visages ;
    Faut-il se faire vacciner ou se méfier d’un complot ?
    Cette pomme si dure à peler a démarqué un balisage
    Où les perdants assassinés vivront parqués dans un enclos

    Le virus, ce fruit défendu, serait-il la reconnaissance
    Afin qu’un ordre rétablisse les privilèges d’un Empire ?
    Tout était donc sous-entendu dans l’air depuis notre naissance
    Afin que chacun soit complice en laissant faire sans rien dire.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Le cul entre deux chaises

    Le cul entre deux chaises

    Vaccinés ou être guéris juste pour faire comme avant ;
    Croire en tout ce que l’on nous dit pour mieux rejoindre le troupeau.
    Le monde s’est trop aguerri à trop écouter ses savants
    Qui, à force de pandémies, mettent nos nerfs à fleur de peau.

    Avoir le cul entre deux chaises, la position est équivoque ;
    Courir deux lièvres à la fois, le vaudeville est difficile.
    Vérités ou simples hypothèses font des situations loufoques
    Qui, en éprouvant notre foi, nous rend plus forts ou imbéciles.

    Tableau de Louboutin.

  • L’œil assoiffé

    L’œil assoiffé

    La chasse est ouverte la nuit dans cette nature sauvage
    Où manger ou être mangé reste la règle conflictuelle.
    Les prédateurs sortent à minuit pour mieux perpétrer leurs ravages
    Et entretenir le danger de la vie aveugle et cruelle.

    Les nuits suivant la pleine Lune, en phase d’obscurité complète,
    Entre le coucher du soleil et l’imminent lever de Lune,
    Leurs pauvres victimes opportunes déconcertées à l’aveuglette
    Tombent sous la griffe qui balaye et fauche à la bonne fortune.

    Les attaques de lions sur les humains sont plus fréquentes pendant les nuits qui suivent la pleine lune : les prédateurs profitent de la phase d’obscurité complète entre le coucher du Soleil et le lever de la Lune pour surprendre leurs victimes.

    Photo de Tony Crocetta.

  • La chasse aux météores

    La chasse aux météores

    Heureusement, les météores apportent leurs touches artistiques
    Et impressionnent les paysages comme fidèles innovateurs
    Qui jouent des lumières au-dehors avec des cieux dualistiques
    Comme des signes qui présagent des lendemains rénovateurs.

    L’émission du soleil couchant explose toujours l’audimat
    Avec l’aurore également pour les pionniers, les lève-tôt ;
    Le voile de neige effarouchant qui dépose l’anonymat
    Sur les bois dans l’étalement des collines et des coteaux.

    Tableau d’Orhan Kilic.

  • Des rituels pour échapper aux rituels

    Des rituels pour échapper aux rituels

    Puis, un beau jour, tout se répète ; les jours se suivent et se ressemblent
    Et, chaque jour, se superposent les mêmes heures de chaque instant.
    La vie, sans tambour ni trompette, n’est plus qu’un rythme qui rassemble
    Un cérémonial, je suppose, vers un avenir attristant.

    Pour chasser la monotonie, je m’invente des rituels ;
    Les repas pris à heures fixes, la promenade du matin
    Qui devient la cérémonie des rendez-vous habituels
    Avec les collisions prolixes du cerveau qui perd son latin.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Cuisines des quatre saisons

    Cuisines des quatre saisons

    Parmi les cuisines exotiques, les cuisines de tous les pays,
    Toutes les saisons contribuent à la gastronomie moderne ;
    Légumes cuits au froid arctique ou sous la cendre de Pompéi
    Réunissent tous les attributs de l’homme de goût qui s’y prosterne.

    Comme je suis ce que je mange, je bannirai de mon office
    Les nourritures industrielles et celles qui viennent du bout du monde
    Car tous ces étranges mélanges de génétiques maléfices
    Nous apportent déjà des kyrielles d’allergies et de troubles immondes.

    Photos de Shinichi Sasaki.

  • Pourquoi l’Empereur est-il tout nu ?

    Pourquoi l’Empereur est-il tout nu ?

    Plus gros, le tissu de mensonge, plus grand l’habit de comédie.
    Plus on veut façonner la peur, plus on en coudra de boutons.
    Alors je m’imagine en songe comme une sorte de parodie
    Où les gens frappés de stupeur deviennent doux comme des moutons.

    Plus rien après n’est ridicule et l’absurde devient quotidien ;
    On nous oblige à nous masquer, on nous contraint à l’étiquette.
    La résistance capitule et l’on croit les politiciens
    Qui nous leurrent sans se démasquer et nous font fumer la moquette.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .

  • Le banquet des dieux

    Le banquet des dieux

    Bien sûr, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger
    Mais c’est le propre de la vie qui me pousse à tant consommer.
    En effet « manger » me délivre de la disette et des dangers
    Qui menaceraient ma survie si je n’mange pas à point nommé.

    Manger, ce plaisir délicieux, mérite d’être multiplié
    Avec invités et convives si possible sans modération.
    Mais ne soyons pas malicieux car il faudra bien se plier
    À demeurer sur le qui-vive et agir en pondération.

    Hélas, le paradis des gueuletons souffre du nombre d’invités
    Répartis autour de la Terre et qui s’apprêtent à converger.
    Le nombre croissant de rejetons étant absurde d’éviter,
    Il nous faudrait mettre sous serre toutes les terres émergées.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .