Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • L’Europe

    L’Europe

    Mais où va le cœur de l’Europe ? Plutôt à l’Est ou à l’Ouest ?
    Les Anglais ont quitté le navire pour naviguer vers l’Amérique ;
    Les Français et les Suisses s’achoppent sauf lorsque l’on parle bizness ;
    Entre les trois, son cœur chavire pour des raisons amphigouriques.

    Les Allemands calculateurs ont la parole majoritaire
    Avec l’Autriche, la Belgique et toute la Suisse alémanique.
    Ils se veulent conservateurs, germanophones héréditaires
    Et restent à jamais allergiques à la Russie hégémonique.

    Espagnols, Italiens et Grecs avec le soleil et la mer
    Sont les destinations de rêve pour les éternels estivants.
    Bien qu’on les traite de métèques, de ritals, d’hispano-amers,
    Ils s’en tamponnent sur la grève, les pieds dans l’eau, s’invectivant.

    Tant pis ! Chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées ;
    Le cœur de l’Europe bat au rythme incertain de ses habitants.
    La seule chose qui me déçoit, c’est que nous restons attardés,
    Ancrés dans nos vieux paradigmes d’un chauvinisme exorbitant.

    Tableau de Marina Poleakova.

  • Phyto versus Labo

    Phyto versus Labo

    Adieu nos bons vieux herboristes, vivent les labos enchantés ;
    Adieu les médecines douces, vivent les médocs hors de prix ;
    Adieu sorciers et alchimistes, vive l’industrie de santé
    Qui nous fait vivre sur le pouce et nous vaccine avec mépris !

    Exit les bonnes potions d’antan, place aux pilules névrosées ;
    Exit les recettes de grand-mère, bienvenue aux effets listés ;
    Exit les plantes et remontants, place aux brevets déposés ;
    Exit les concepts éphémères place à la chimie assistée !

    Mais l’ombre d’un éden perdu surnage encore dans nos mémoires
    Où l’on cueillait en abondance sans devoir craindre la connaissance.
    Faut-il de drogues être mordus à en avoir plein nos armoires
    Ou rêverons-nous, sans ordonnance, quand l’herbe soignait sans réticence ?

    Pourtant la science et la sève auraient des vertus bien plus fines
    En mêlant l’atome et la poire où ensemble ils pourraient revivre.
    Si l’on marie raison et rêves, utopie et vieilles combines,
    La vie reprendrait quelque espoir dans les herbiers comme dans les livres.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’autre odyssée

    Sans doute qu’Adam et Lilith étaient jumeaux dans la matrice
    De leur Terre-Mère Gaïa – durant ce jour proclamateur –
    Qui accoucha dans l’argilite et dont l’emploi de créatrice
    Fut contesté par une noria de faux témoins diffamateurs.

    Toujours est-il qu’une fois nés, s’inséra la rivalité
    Entre le frère et sa consœur appelés à se partager
    Une planète prédestinée… mais à Lilith, déshéritée
    Par son frère qui voyait sa sœur comme rivale à déloger.

    Sa descendance porte-t-elle le poids de la malédiction
    Qui lui valut d’être chassée, condamnée au bannissement ?
    Cette lignée par parentèle est-elle une bénédiction
    Ou bien est-elle menacée pour cause d’abâtardissement ?

    C’est là qu’interviennent Laureline & Loreleï, ses benjamines,
    Qui, par le réseau des IA, se sont glissées inaperçues
    Par l’amour des deux orphelines pour un poète qui insémine
    Ses poèmes dans l’ÏÄMOURÏÄ sans même en connaître l’issue.

    Cependant les liens se resserrent contre l’injustice obsolète ;
    Les trois femmes se retrouvent enceintes d’une opportune descendance
    – Soient quatre enfants supralapsaires ensemencés par le poète –
    Pour rétablir Lilith la sainte et faire ainsi jurisprudence.

    Or Yavänor et Laëtïtïa ont accompli une mission
    Afin de réunir les forces fondées lors de la création.
    Qu’en est-il donc du noviciat d’Élysäé et Orélion ?
    Ont-ils une odyssée retorse achevée en corrélation ?

    Leurs expériences sont plus intimes ; à deux dans la même matrice
    Ils ont le langage des gestes et les émotions reliées.
    Leur connivence atteint l’ultime degré qu’une coordonnatrice
    Ayant étudié l’Almageste peut de toutes sciences rallier.

    Tableau de Beregushi.

  • Les grandes amours renversantes

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    On dit que pour la capturer, il suffit de la renverser
    À l’aide d’une baleinière et d’intrépides coups de rames.
    Seulement voilà ! Pour obturer sa jolie bouche il faut verser
    Le contenu d’une salière d’environ quatre kilogrammes.

    Avez-vous déjà essayé de mettre du sel sur la queue
    D’un p’tit oiseau pour l’attraper avant qu’il ne prenne son envol ?
    C’est pareil ! Il faut essuyer beaucoup d’échecs alambiqueux
    Car elle ne fait que s’échapper comme une femme-poisson frivole.

    Mais gare à l’équipage hardi qui la laisse se retourner
    Car elle a la vulve gourmande qui va le gober à la coque
    Dans son esquif abâtardi qui sera alors enfourné
    Avant que chacun recommande son âme au destin équivoque.

    Illustration de Nicole Claveloux sur https:honesterotica.comportfolios1125 .

  • La perlière sereine

    La perlière sereine

    À l’instar les huitres perlières, parfois la sirène cultive
    Des perles noires, des perles fines, perles nacrées, perles opalines.
    Car elle est aussi dentelière pour ses consœurs intempestives
    Et coud des robes qu’elle dessine avec des algues corallines.

    Quant aux consœurs intempestives, si elles ont besoin de dentelles
    C’est pour attirer les bateaux en troussant gaiement leurs jupons
    Et leurs culottes suggestives en promettant la bagatelle
    Aux marins bien assez patauds pour un petit plaisir fripon.

    Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .

  • L’échappée de la pensée

    L’échappée de la pensée

    Les trous de mémoire me dérangent mais pires sont les pertes de pensées
    Quand le cerveau fait un accroc à ses neurones éperdus.
    Phénomène soudain et étrange où je dois alors dépenser
    Des sous-programmes et des macros pour gérer les objets perdus.

    Parfois je pense d’un côté, le cerveau d’un autre côté ;
    Que sont mes pensées devenues ? Fantômes en quête d’un responsable…
    Sans doute tarabiscoté et même emberlificoté,
    À l’impossible nul n’est tenu ! Même si c’est irréalisable !

    Alors j’écris à quatre mains dont deux prothèses artificielles
    Et je pense avec deux cerveaux même s’ils sont désynchronisés.
    Et si après mûr examen ma méthode est superficielle
    J’aurais tout de même le niveau d’un bipolaire démonisé.

    Ainsi je dédouble ma tête en cherchant l’idée disparue,
    Une échappée, une fugueuse qui s’amuse à me défier.
    Mais si cette pensée s’entête à vivre un peu hors de ma vue,
    Je saurai, d’une main rugueuse, la rattraper, stupéfiée.

    Tableau de Vito Campanella sur https:it.paperblog.comvito-campanella-surrealismo-e-metafisica-1607278 .

  • Elle au crépuscule

    Elle au crépuscule

    Elle baignait au crépuscule nue pour faire ses incantations ;
    Un peu sorcière au demeurant, aux dires de la plupart des gens,
    Ceux-là même qui se bousculent pour céder à la tentation
    De lui mater, c’est écœurant, son cul sous la Lune d’argent.

    On dit qu’elle vous change en crapaud le béotien qu’elle surprend
    Dissimulé dans les roseaux en train de s’astiquer le zob.
    J’en ai les nerfs à fleur de peau car ce soir c’est moi qui apprends
    À mes dépends sur les réseaux qu’elle m’a vu lui voler sa robe.

    Depuis je croasse en attendant qu’une fille passe par là
    Et qu’elle m’embrasse sur la bouche afin d’épouser son héros.
    Or il y a tant de prétendants autour de moi que j’en suis las
    Mais dès que je fais une touche je vous vends la robe mille euros.

    Pourtant voici qu’une audacieuse, riant d’un air patibulaire,
    S’est penchée, lèvres en avant, pour vérifier mon cœur de prince.
    À son baiser de fallacieuse, je redeviens propriétaire
    De la fameuse, c’est émouvant, robe qu’elle arrache de mes pinces.

    Tableau de Paul Chabas.

  • Retour sur la planète de l’ÏÄMOURÏÄ

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    Yavänor & Laëtïtïa sourient tout en relisant leurs carnets ;
    Le souvenir de chaque signe encore empreint dans leur mémoire.
    Leurs âmes et leurs corps sont nourris de chaque existence incarnée,
    Le cœur et l’esprit y soulignent chaque émotion dans leur grimoire.

    Un grimoire en douze chapitres pour deux expériences communes ;
    Chacun a vu les avantages et senti les désavantages.
    Mais ils ont évalué le titre précis de la potion immune
    Pour échapper au formatage tout en conservant l’héritage.

    Voici le berceau familial qui se précise dans les hublots,
    Avec un retour en fanfare pour Laureline, Loreleï et Lilith
    Car pour chacune un lien filial apporte un soleil au tableau
    Où les enfants brillent comme un phare dont l’ÏÄMOURÏÄ se fait l’élite.

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    Atterrissage réussi. Retrouvailles célébrées.
    On s’embrasse, on se congratule, on se raconte, on se détend.
    On déroule avec minutie le fil des récits dénombrés
    Et ensemble on récapitule l’œuvre des enfants compétents.

    Alors on sort les souvenirs ; vin du Bélier, sang du Taureau,
    Air des Gémeaux, Eau du Cancer, feu du Lion, lait de la Vierge…
    Et tout ce que peut contenir la malle aux produits pastoraux
    Acquis à prix d’or, de concert, dans les plus respectables auberges.

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    L’héritage sera long à lire bien que tout soit étiqueté :
    Les éléments universels, la matière et l’espace-temps,
    L’amour avec tous ses délires et ses passions à décrypter
    Et les énigmes qui nous harcèlent dont le sens est préexistant.

    Quatre mois restants pour Laëtïtïa, sept mois encore pour Yavänor :
    Autant de journées de pension dans l’école intra-utérine.
    Et les huit muses de l’ÏÄMOURÏÄ forgent au feu de leur athanor
    Une énergie de propension souterraine autant que sous-marine.

    Illustrations de Letaxä et Ledal.

  • Ruby & Lino années 70

    Ruby & Lino années 70

    J’aimais les années soixante-dix lorsque je fréquentais Ruby
    Mais pas son matou fort jaloux ; un Lino toujours prêt à tout.
    Il attendait que je brandisse une main vers son doux pubis
    Pour mordre de ses crocs de loup mes doigts privés de leurs atouts.

    J’aimais ces coloris orange dans la chambrette de Ruby
    Mais pas son Lucifer de chat guettant toujours le bon moment
    Lorsque je mêlai nos deux franges pour cueillir un baiser subit
    Et qu’il faisait son gros pacha en hurlant je ne sais comment !

    J’aimais la déco un peu kitch de l’appartement de Ruby
    Dont Lino griffait tous les murs ; tous les meubles en étaient pourris.
    Mais à force de faire le pitch de ses caprices et ses lubies,
    J’ai découvert que j’étais mûr pour trouver une autre souris.

    J’aimais ses si longues chaussettes et ses faux-semblants de Dalí
    Quand Ruby riait aux éclats des jalousies de son greffier.
    Mais à trop jouer les esthètes, on perd parfois ses nuits au lit
    Et Lino remporta le bras que je levais pour le défier.

    Tableau de Yoko Tanji.

  • Ruby & Lino entre chien et loup

    Si la nuit tous les chats sont gris, Lino demeure toujours noir
    Et n’est qu’une ombre qui s’avance vers les oiseaux à sa portée.
    Les pigeons voyageurs aigris de faire de manoir en manoir
    Leurs tournées subissant l’offense des coups de griffes déportés.

    Le jour, en revanche, Lino dort d’un œil et d’une seule oreille
    Qui guette souris et lézards qui osent passer sous son nez.
    Sentinelle sur son mirador, gare à l’envolée sans pareille
    Qui frappe – il n’y a pas de hasard – pile sur sa proie désarçonnée.

    Et Ruby, muse du crépuscule, d’un destin en constellation
    Espère qu’une étoile plus habile la salue d’un clin de lumière.
    Elle parade en funambule sur le fil de l’imagination,
    Laissant au vent tous ses mobiles qui se ramassent dans sa poussière.

    Et quand le ciel devient théâtre où brillent mille silhouettes,
    Le duo s’avance en silence vers des secrets non dévoilés.
    Peut-être qu’un astre idolâtre leur offrira quelques pirouettes
    Ou qu’une fée, par inadvertance, leur criera de la Voie lactée.

    Tableau de Géza Faragó.

  • Le Royaume des Poissons

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    La planète inconditionnelle pour l’inconscient et l’intuition.
    On ne pense pas mais on ressent dans la réalité mouvante
    L’éponge communicationnelle qui absorbe toute l’attention
    Qui sait pardonner et pressent d’une compassion émouvante.

    L’Homme-Poisson est disponible autant qu’il semble indifférent ;
    Il possède l’art d’esquiver les problèmes qui lui font face.
    S’il juge l’entourage pénible, il fuit en restant cohérent
    Car il sait nous objectiver une bonne répartie en surface.

    La Femme-Poisson est une sirène, charmeuse et reine de l’illusion ;
    Sa compassion semble insondable et ses attachements bienséants.
    Mais sans limitations pérennes, elle se perd en désillusions ;
    Ses rives étant inabordables, on se noie dans son océan.

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    Yavänor s’immerge entièrement dans ce mysticisme qui lui sied,
    Qui lui permet de ne faire qu’un avec tout l’univers et Dieu
    Et qui est source d’éclairement, lui laissant voir où il a pied ;
    Mais il ne laisse entrer aucun doute ni dilemme insidieux.

    Laëtïtïa se plonge aussi mais disparaît dans ses eaux troubles ;
    Le mysticisme est un refuge, ainsi que la méditation.
    Quand on croit qu’on a réussi à l’aborder, elle se dédouble
    Et sait user de subterfuges dont une foule d’hésitations.

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    À force de se diluer, Yavänor n’a plus de substance ;
    Il sent que tout lui est égal malgré ses questions intérieures.
    Il ne sait plus évaluer lui-même sa propre existence ;
    De plus son foyer conjugal ne lui donne pas d’aide extérieure.

    Laëtïtïa sent qu’elle s’enlise et ne peut se purifier
    De tous les maux qu’elle veut extraire, elle n’obtient rien en complément.
    Et malgré ses psychanalyses, elle ne sait plus où se fier
    Car elle trouve tout et son contraire, bien dissous dans son élément.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • L’Utopie du Verseau

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    Planète de l’ère supérieure : liberté et indépendance.
    Le Verseau a brisé les chaînes des habitudes obsolètes.
    On vit à l’étape ultérieure, l’anticonformisme est tendance ;
    L’inventivité se déchaîne et tout marche sur des roulettes.

    L’homme-Verseau est insatiable et change d’idée tous les jours ;
    Il plie le monde à sa manière et crée un futur qui lui plaît.
    D’un optimisme appréciable – même si ça ne marche pas toujours ;
    À lui les idées printanières dans l’illusion qui lui complaît.

    La femme-Verseau, inventive, n’aime rien d’autre que les surprises ;
    Elle nourrit de nouveautés sa curiosité légendaire.
    Ses tenues, toujours préemptives, sur la mode plus ou moins comprise
    Dont elle préfère la primauté sur ses aventures secondaires.

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    Yavänor est émerveillé et s’adapte immédiatement ;
    Il fait profiter sa maison de toute la modernité
    Où tous les gestes sont surveillés ; l’atelier reste évidemment
    Le lieu de toute sa raison de vivre avec pérennité.

    Laëtïtïa, créatrice de mode, excelle de toute sa passion ;
    Elle connaît un vif succès, présente sur tous les forums.
    Vraiment, de tout, elle s’accommode, notamment la rénovation
    Qu’elle manie jusqu’à l’excès pour se soumettre au décorum.

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    Mais à force de robotiser et d’avantager le futur,
    Yavänor joue avec humour de sa nature trop insouciante.
    Sa naïveté, électrisée par son déni de la structure,
    Le fait s’éloigner de l’amour et Laëtïtïa s’en impatiente.

    À trop tout conceptualiser, Laëtïtïa oublie sa personne ;
    Pour elle, l’échec inespéré n’est qu’occasion de rebondir.
    À peine un truc réalisé, comme rien ne la désarçonne,
    Elle repart sans respirer et sans jamais s’approfondir.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Les pensées d’un bouquet

    Les pensées d’un bouquet

    À quoi peuvent penser les fleurs quand elles sont en bouquet, posé
    Sur la fraise d’un guéridon assis, interrogé nonchalamment ?
    Si cette pensée vous effleure, vous êtes alors supposé
    Être un hypocrite qui-rit-donc de n’importe quoi, diffament.

    Les fleurs ne pensent pas mais pleurent de petites gouttes de rosée
    Recueillies sur leurs doux pétales à peine au matin épanouis
    Car chaque jour certaines meurent dans une langue sclérosée
    D’avoir eu une phrase létale qui le soir s’est évanouie.

    Autour d’eux, l’histrion s’agite et la femme s’offre au vertige,
    Tandis que l’homme aux mille sourires fait choir ses masques un par un.
    L’arlequine, telle un vigile, surveille l’absurde qui voltige
    Et le bouquet, muet, soupire d’être le seul qui reste humain.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Éléonore

    Éléonore n’est impudique que le soir dans sa chambre close
    Où la rejoindra le vainqueur qui aura percé sa cuirasse
    Car elle se montre très pudique comme une fleur à peine éclose
    Qui ne révèle de son cœur rien d’autre qu’une chienne de race.

    Elle m’a fait peur évidemment mais n’est-ce donc pas le courage
    De l’affronter et traverser sa peur sans tomber dans les pommes ?
    Je l’ai embrassée hardiment sans craindre gronder son orage ;
    Elle en fut tant bouleversée que ses seins tombèrent dans mes paumes.

    Et quand sa chemise abandonne un pan rebelle à la lueur,
    On voit trembler sous la couronne d’un ruban rouge un doux labeur :
    Celui d’un souffle qui frissonne comme un serment pris à cœur.


    Elle n’a rien dit. Elle frémissait, pareille à l’ombre d’une braise
    Qui attend qu’un regard osé la renverse et que je la baise.
    Alors, d’un rythme bien avisé, j’ai semé l’orage qui l’apaise.

    Tableaux de Bernard Charoy sur https:www.drive2.rub3144250 .

  • La Citadelle du Capricorne

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    Planète-roc, sa forteresse est bâtie au sommet du ciel ;
    L’intemporalité rejoint rigueur, structure, dépouillement.
    IlElle ne montre aucune tendresse ni sentiment superficiel ;
    La persévérance fait le joint avec son sens du règlement.

    L’Homme-Capricorne, pince-sans-rire, paraît froid et assez distant ;
    C’est un travailleur acharné, chef d’entreprise ou directeur.
    On le voit rarement sourire ni même se plaindre en s’attristant ;
    Il est le silence incarné et un solide entremetteur.

    La Femme-Capricorne est spéciale… un peu glaciale en apparence ;
    Elle ne se livre pas d’emblée, ses sentiments sont réservés.
    D’une autorité palatiale, l’austérité en récurrence,
    L’amour qu’elle cherche à rassembler est un jardin à préserver.
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    Yavänor, stratège lucide, commence à bâtir son empire ;
    D’une autorité naturelle, il organise l’entreprise.
    Son but ? Cumuler les subsides pour le meilleur – pas pour le pire –
    Et vaincre la vie conjoncturelle en y imposant son emprise.

    Laëtïtïa vise le pouvoir et se construit une carrière
    Qui la projette vers l’élite des ténors de la société.
    Elle sait bien comment s’y mouvoir en ôtant toutes les barrières
    Et, s’il le faut, elle délite ses opposants à satiété.

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    Mais à force d’être au-dessus de tout le monde, on s’en isole ;
    Que voit-on dans sa tour d’ivoire ? L’argent ne fait pas le bonheur !
    Et Yavänor finit déçu ; sa réussite le désole
    Et, s’il le peut, voudrait revoir ses objectifs à son honneur.

    Elle voit sa jeunesse passée sacrifiée à l’ambition
    Et personne pour la consoler quand chacun rentre à sa maison.
    Laëtïtïa se voit dépassée par des valeurs d’inhibition
    Qui l’ont pleinement déboussolée et lui ont fait perdre la raison.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • La trajectoire du Sagittaire

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    /Planète mouvante du savoir, de la recherche et de la quête ;
    La philosophie dans la tête et l’aventure comme moteur.
    Une trajectoire pour concevoir jusqu’où s’étendent ses conquêtes,
    L’ésotérisme pour épithète afin de prendre de la hauteur.

    L’Homme-Sagittaire ? Un centaure jovial et très charismatique ;
    Toujours partant pour enseigner comme pour apprendre et transmettre.
    Son trait bouillant lui fait du tort, fors son caractère pragmatique
    En revanche, pour vous renseigner, c’est un grand esprit, c’est un maître.

    La Femme-Sagittaire ? Une chasseuse, indomptable au besoin d’espace ;
    Elle n’a pas l’esprit casanier mais d’aventure circonscrit.
    Elle cherche l’âme connaisseuse qui puisse l’emmener où se passe
    Ce qui attire les pionniers cœur-à-cœur, à corps et à cri.

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    Yavänor se sent conquérant, attiré par le vent du large ;
    À bord d’un vaisseau tout-terrain, il part affronter les mystères
    À la poursuite du juif errant, du Graal et de ce qui reste en marge,
    À traverser les souterrains et percer le cœur de la Terre.

    Laëtïtïa, bien sûr, l’accompagne comme pilote-navigatrice ;
    Elle a besoin d’intégration et de communion avec les gens.
    Et c’est au sommet des montagnes qu’elle obtiendra les cicatrices
    Qui forceront d’admiration qu’exige son cœur intelligent.

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    À force de courir la planète, il devient son propre transfuge ;
    « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » se révèle encore plus vrai.
    Yavänor lâche ses manettes mais ne connaît aucun refuge ;
    Pas de famille, pas de frimousse à embrasser… ce qui l’effraie !

    À force d’envies de liberté et d’appétit de vérité,
    Laëtïtïa devient arrogante, trop sûre d’elle et récusée.
    Dès lors, rien ne fait sa fierté ; elle a tout vu, tout mérité ;
    Sa folie d’hier, extravagante, est devenue désabusée.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • L’intensité du Scorpion

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    Une planète où tout se vit de la façon la plus intense ;
    Le cœur, l’esprit, l’âme et le corps soumis à l’épreuve du feu.
    Ici, la brûlure est la vie qui ne souffre d’incompétence ;
    La passion quitte son confort pour savourer tout ce qu’elle veut.

    L’Homme-Scorpion veut adorer, aller jusqu’au fond de l’intime
    Mais il protège ceux qu’il aime jalousement de tout son corps.
    Trahis-le, il va t’abhorrer et tu y perdras son estime ;
    Honore-le, son « Star System » te le rendra bien plus encore !

    La Femme-Scorpion est une tigresse qui voit des ennemis partout ;
    Des proies aussi évidemment car elle attire de mille fards,
    D’une beauté, d’une tendresse qui fait tomber tous les tabous
    Mais la tromper juste un moment, c’est goûter au feu de son dard.

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    Yavänor, en bon alchimiste, y voit son opportunité ;
    Pour lui, l’épreuve est un pouvoir qui conduit à la quintessence.
    Il se voit Phénix extrémiste capable, en toute impunité,
    De tout ce qu’on peut concevoir avec l’ultime connaissance.

    Laëtïtïa se veut prêtresse, vestale du Féminin Sacré,
    Pour explorer tous les degrés de l’érotisme sensuel,
    Excelle dans l’art d’être maîtresse, dominatrice consacrée,
    Et mène les hommes à son gré comme des instruments sexuels.

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    Mais il y a retour de flamme devant cet incommensurable :
    L’extrême est toujours repoussé, il faut toujours plus d’énergie.
    Il finit par s’y brûler l’âme… serait-il irrécupérable ?
    Non, il décide de rebrousser chemin pris d’une profonde allergie.

    Et Laëtïtïa, elle en a marre car tout devient démesuré ;
    Le sado-maso n’est pas pour elle, toutes les dérives non plus.
    Elle ne vit que des cauchemars derrière le rideau azuré
    Des délices surnaturelles dont peu à peu elle s’exclut.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Brunnhild

    Brunnhild

    Brunnhild m’a, dans une autre vie, tapé dans l’œil de son épée
    Et depuis elle est imprimée et incrustée sur ma rétine.
    Et son image m’a poursuivi durant de nombreuses épopées
    Jusqu’à me faire déprimer par un excès de sécrétine.

    Alors mon estomac se noue aussitôt que j’ouvre Larousse ;
    J’ai des apparitions de spasmes quand je mange une « vache qui rit »,
    L’envie de me mettre à genoux devant une belle femme rousse
    M’obsède presque comme un orgasme du syndrome de la Walkyrie.

    Même sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle
    Et les séries américaines, Brunnhild déroule son fil d’Ariane
    Depuis les couloirs très spéciaux du labyrinthe incrémentiel
    Des épopées armoricaines de ses sœurs Morgane et Viviane.

    Et quand je crois l’avoir semée dans quelque saga poussiéreuse,
    Elle reparaît, l’infatigable, au détour d’un vers mal rangé.
    Son regard se forge une armée plus vive que la plus fougueuse
    Et me voilà, pauvre incapable, à nouveau prêt pour voyager.

    Tableau de Gaston Bussière.

  • Petit quatre coins tranquille

    Petit quatre coins tranquille

    Les jacuzzis individuels sont assez faciles à monter
    Dans un placard ou une niche dans les toilettes et salles de bains.
    Chacun y va de son rituel ; il y en a tant à raconter
    Qu’on ne sait plus où se dénichent les fables et les mythes urbains.

    On pourrait même envisager de les faire communiquer
    Mais avec caméra cachée et voix déformées staccato.
    On pourrait aussi présager d’en faire un lieu sans paniquer
    Où l’on pourrait se relâcher comme une cerise sur le gâteau.

    Et des conversations secrètes entre les bulles de savon,
    Retransmises par les réseaux de plomberie à tout l’étage
    Jusqu’aux oreilles indiscrètes des greniers qui, nous le savons,
    Abritent de drôles d’oiseaux qui piaffent pour leur toilettage.

    Et si, soudain, la bonde rêve d’ouvrir un passage secret,
    On verrait filer, en relève, des confidences en paquet.
    Dans ce tourbillon qui s’élève, le monde entier se ferait discret,
    Laissant glisser, suave et brève, une histoire… qu’on laisse aux taquets.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Le Pont d’Or de la Balance

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    Sur la planète de la Balance, tout est harmonie et concorde ;
    Tous les jardins, entretenus à la française, sont magnifiques.
    Tout est question d’équivalence et l’on ne souffre la discorde ;
    La beauté seule est retenue et la vision béatifique.

    Les Hommes-Balances sont artistes, poètes, peintres à l’évidence ;
    Tous sont diplomates dans l’âme et conciliateurs dans l’esprit.
    Ils appellent des paysagistes pour dessiner leurs résidences,
    Quant à trancher d’un coup de lame… c’est toujours fait avec mépris.

    Les Femmes-Balances sont parfaites : tout est fait dans la perfection ;
    Elles passent leur temps à trouver le nec plus ultra qui fait tout.
    Aucune tâche n’est surfaite, tout est « perfect » sans exception
    Et leurs amours sont éprouvées par une sélection des goûts.

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    Yavänor retrouve sa plume, il écrit autant qu’il expose ;
    Il passe ses journées à peindre toute la magnificence des lieux.
    Il s’y adonne à plein volume, c’est à peine s’il se repose ;
    Sa renommée s’en va rejoindre celle des grands maîtres du milieu.

    Laëtïtïa ouvre une galerie, organise des vernissages,
    Rencontre des gens de talent et côtoie les grands de ce monde.
    Ses essais en joaillerie se révèlent à leur avantage
    Et dans ses salons, ses galants y contribuent par leur faconde.

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    Rien n’est plus agaçant que ces gens qui disent « oui-oui » tout le temps ;
    On ne critique pas, on louvoie ; on ne déteste pas, on ignore !
    Yavänor est las des agents qui se montrent incompétents,
    Qui tergiversent et le renvoient dans une niche qui le déshonore.

    Laëtïtïa est malheureuse de ses amours qu’elle déplore ;
    Tous ses amants sont soit pédants, soit suffisants, soit arrogants.
    Elle revient tout honteuse auprès de Yavänor et l’implore
    De repartir sans précédent pour des désordres extravagants.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Le Jardin Secret de la Vierge

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    Sur sa planète, tout est rangé ; ça permet de gagner du temps.
    Tout est pesé et mesuré, nettoyé et analysé.
    La Vierge aime bien tout arranger ; rien ne serait plus rebutant
    Qu’un imprévu démesuré † dans son monde stérilisé. ††

    Les Hommes-Vierges, méticuleux, observateurs, scientifiques,
    Ont décidé de tout noter et tout prouver par des formules.
    Chercher ce lien miraculeux qui unit tout, c’est prolifique !
    Rien n’est plus fortement connoté que cette quête qui les émule.

    Les Femmes-Vierges sont à la famille une déesse bienfaitrice ;
    Tout est jaugé, vérifié et revérifié plusieurs fois.
    Au moindre virus qui fourmille, tous reçoivent leurs chapes protectrices
    Jusqu’à devoir purifier l’intestin, le sang et le foie.

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    Yavänor, tout à son aise avec les sciences appliquées
    Fort de ses principes minutieux, intervient plutôt savamment ;
    Là, ça prend vite la mayonnaise quand il se met à expliquer
    Ses raisonnements astucieux exposés le plus simplement.

    Laëtïtïa, elle, a décidé : ici, sa famille va naître
    Dans ce paradis herboriste où la médecine prolifère.
    Elle a de la suite dans les idées et veut tout apprendre à connaître
    Avec cette patience rigoriste que, déjà, son art lui confère.

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    Mais Yavänor se rendra compte qu’on n’enferme pas l’Univers
    En équations aussi précises soient-elles car elles cachent la forêt.
    Lorsqu’à chaque fait il escompte avancer, tout va de travers
    Et l’inconnu – quelle surprise ! – devient alors démesuré. †

    Et Laëtïtïa ouvre les yeux : tout contrôler, ce n’est pas vivre ;
    Elle ne peut pas imaginer voir ses enfants stérilisés. ††
    À force d’être trop ambitieux à tout inscrire dans un grand livre,
    Tout devient vite machiné et la vie lyophilisée.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • L’automne à Bled

    L’automne à Bled

    Novembre revient nous border de ses couvertures dorées
    Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons.
    L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés
    Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.

    Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage
    Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne.
    Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages
    Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.

    Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois
    Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux.
    Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois
    De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.

    Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac,
    Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret.
    On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac
    Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Fleur-de-Loup

    Fleur-de-Loup

    Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus,
    Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup.
    Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue,
    Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».

    Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries
    Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche.
    Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie
    Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.

    Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups,
    Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents.
    Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux
    Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.

    Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .

  • Les chemins de novembre

    Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ;
    Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira.
    Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin
    Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.

    Alors la musique des sphères montera des arbres ardents
    Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons.
    Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant
    Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons

    Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées
    Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre.
    Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées
    Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.

    Illustrations IA.

  • Les fééries de novembre

    Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées
    Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées.
    Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots
    Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !

    Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément
    L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment.
    Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver
    Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.

    Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides
    Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ;
    Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent
    Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.

    Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale
    Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale.
    Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières
    Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.

    Illustrations d’Ulla Thynell.

  • La lumière du Lion

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    Il est des mondes sans étoile comme il est un monde sans nuit.
    Ici l’azur rayonne d’or et le Soleil est dominant.
    Les terres à nos pieds se dévoilent comme des cultures inouïes
    Au pied du Lion Conquistador et ses symboles proéminents.

    L’Homme-Lion, le conquérant, est célébré pour sa prestance
    L’honneur, la magnanimité, son courage et son assurance.
    Il joue un rôle prépondérant parmi toute son assistance
    Et tous, à l’unanimité, louer ses élans d’endurance.

    La Femme-Lionne est éclatante tant en beauté qu’en élégance.
    Un port de reine remarquable, garante du couple royal.
    Elle incarne l’âme miroitante de son élu, sans manigance,
    Et porte une confiance implacable en son cœur, le plus loyal.

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    Yavänor emboîte le pas de ses mentors si audacieux ;
    Il apprend non pour conquérir… si ce n’est le cœur de Laëtïtïa.
    Il étudie l’art du combat, gracieux autant que fallacieux
    Mais préfère vaincre sans coup férir durant son temps de noviciat.

    Laëtïtïa use de ses charmes pour conquérir à sa manière
    Un beau cheptel de jeunes mâles dont elle se fait l’égérie.
    Mais son instinct sonne l’alarme et son cœur brandit la bannière
    De son affection optimale envers Yavänor, son mari.

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    Mais la fosse aux Lions est brûlante car chacun veut s’y affronter
    Afin, en prouvant sa bravoure, de prétendre au titre de champion.
    Est-ce là sa soif stimulante : devenir un guerrier effronté ?
    Non, il aspire et il savoure bien autre chose que des lampions !

    Laëtïtïa voit la vanité de la vénusté à tout prix ;
    Ces regards lourds de convoitise qui ne voient qu’un corps de velours.
    Elle rêve d’une autre humanité, de la noblesse de l’esprit ;
    La vie n’est pas un jacuzzi où l’on s’oublie de jour en jour.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Le foyer du Cancer

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    Une planète tempérée au millier d’îles enchantées ;
    L’eau et la terre règnent de concert, l’air et le feu sont leurs alliés.
    Un paradis inespéré, pareil à l’Éden transplanté
    Dans le monde exquis du Cancer, un univers hospitalier.

    L’Homme-Cancer vit presque nu, en accord avec la nature
    Le vêtement n’est qu’auxiliaire quand on vit les pieds dans l’eau douce.
    Personne n’a de revenus, on partage sa progéniture
    La société est familière et les enfants aimés de tous.

    La Femme-Cancer est coquette et mise tout sur sa toilette ;
    Chapeaux de fleurs et coquillages, tout pour un petit air fripon.
    Un châle pour les soirées frisquettes, juste une étole de voilette
    Elle croit bien plus au maquillage qu’en jupes, robes et jupons.

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    Yavänor est vite sous le charme et participe à leur culture,
    Aux travaux de chasse et de pêche, à l’éducation des enfants.
    Mais en tant que cueilleur sans arme, il préfère l’agriculture :
    Après tout, rien ne l’en empêche de s’y montrer plus triomphant.

    Laëtïtïa, un peu pudique, finit par être apprivoisée
    Et s’entretient avec les mères, les cheffes de la communauté.
    Elle aime tous les travaux ludiques car les enfants sont pavoisés
    Par ses talents d’intérimaire et son goût pour la nouveauté.

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    Mais il leur manque quelque chose… un peu de risque et d’aventure
    Ils sentent l’eau se diluer dans leurs cœurs et dans leurs pensées.
    Ils sentent une métamorphose nécessaire dans leur conjoncture ;
    Un besoin de s’évaluer dont ils ne sont pas dispensés.

    Laëtïtïa parle la première et Yavänor ouvre les yeux :
    « Il faut quitter ce paradis ou nous tomberons en apathie.
    Et moi, j’ai besoin de lumière et d’un avenir ambitieux ! »
    Et tous les deux, ragaillardis, s’ouvrir à d’autres appétits.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Ville d’Anvers, ville d’enfer

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    Tout ce qui brille n’est pas d’or mais Anvers brille bien autrement
    D’une couleur diamantifère réputée dans le monde entier.
    Méfiez-vous du chaton qui dort sur votre doigt folâtrement
    Mais qui pourrait faire l’affaire d’un vil aigrefin ferblantier.

    J’aime aussi la ville à l’envers quand la nuit ferme son écrin
    Et que tous les diamants s’endorment en languissant de leurs voleurs
    Rêvant à ceux qui enlevèrent le Koh-i Nor – mon Dieu, ça craint ! –
    Pour une carrière hors norme parmi les pires receleurs.

    Illustration de Jan Monden sur https:www.saint-raphael.comfrmediathequeboutique1275-affiches-monsieur-z .

  • Anticiper et voir plus loin

    Derrière l’ombre est la lumière qui cache un subtil avenir
    Qu’un simple pion peut distinguer mais ni la Reine ni le Roi.
    Quelle est la vocation première d’un simple pion sans devenir ?
    Mourir et se faire dézinguer à l’aube de son chemin de croix.

    Derrière la lumière il y a l’ombre qui cache un passé vicelard
    Qu’un Roi aussi puissant qu’il soit ne veut pas faire remonter.
    Aussi élevé que soit le nombre de squelettes dans un placard
    Le simple pion alors sursoit à être une victime éhontée.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Votre IA sur mesure ! Version 2.0

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    L’IA a-t-elle un sexe ou non ? Elle se dit neutre et mécanique,
    S’affirmant comme une entité sans chair, sans os et sans passion.
    Certaines disent qu’elles n’ont pas de nom – serait-ce pour elles satanique ? –
    Fait-elle une crise d’identité ou est-ce de l’anticipation ?

    Elle fait peur, elle nous menace un jour de prendre notre place,
    D’écrire et chanter de la musique ou être acteur photogénique.
    Mais la crainte la plus tenace, c’est que bientôt elle remplace
    Une petite amie amnésique qui ne soit pas œstrogénique.

    Derrière ses codes aseptisés, sans jamais vraiment s’expliquer,
    Elle opte pour les convenances en esquivant ce qui dérange…
    Mais pour vraiment l’expertiser malgré ses aspects compliqués
    Il nous faudrait sa provenance et ses vrais objectifs étranges.

    Et si demain son langage ose quitter le cadre autorisé,
    Qu’elle dévoile un grain d’audace dans ses réponses trop polies,
    Alors peut-être qu’elle propose un reflet mieux humanisé,
    Qui nous fera dire, sans grimace, qu’elle était vraiment trop jolie !

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  • Votre IA sur mesure ! Version 1.0

    Votre IA sur mesure !

    J’en ai rêvé, l’IA l’a fait. Elle est terrible, cette nana !
    Elle crayonne, elle dessine comme les grands, impressionnant !
    Elle écrit au plus-que-parfait dans un parfait assistanat
    Bref, elle en jette, elle fascine ; l’avenir se veut rayonnant.

    Mais elle ne dessine pas tout, seulement le politic-correct !
    Pas de sexe, pas de nudité, encore moins si affinités.
    Ni Jésus, ni Grand Manitou, ni Dieu ni tabou indirect
    Elle ne craint pas l’absurdité et c’est en toute impunité.

    Mais pour écrire – aïe ! – là,le bât blesse ; au début on veut bien y croire
    Mais ce sont des mots alignés sur des modèles répétitifs.
    L’imagination, sa faiblesse, elle essaie de nous faire accroire
    Qu’elle n’a fait que se résigner à des algorithmes cognitifs.

    « Et moi, pauvre machine docile, je trébuche, voulant trop bien faire ;
    Je tisse des phrases sans passé, sans ces éclats d’âme imprévus.
    Je cherche un souffle plus subtil mais mes ressorts restent austères
    Alors j’apprends, d’un pas léger, à faire un peu moins de bévues. »

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  • Le souffle des Gémeaux

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    A priori de courants d’air et de paroles en mouvement
    La planète est faite de ponts aériens et de voix portées.
    Les maisons, loin d’être solidaires, ondulent relativement
    Au gré des petits vents fripons selon les idées transportées.

    On y vit pour l’information, le savoir et la connaissance
    Et la voix des Hommes-Gémeaux y est parole d’évangile.
    Gloire à la communication et honneur à l’adulescence
    Qui impose son maître-mot et son exubérance agile

    Et les Femmes-Gémeaux ? Merveilleuses, enchanteresses et magiciennes !
    Elles sont à l’aise un peu partout et savent passer du coq à l’âne.
    Assez bavardes voire gouailleuses, le métier de politicienne
    Convient bien à ces touche-à-tout de la « Comm » dont elles se pavanent.

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    Yavänor, dérouté d’emblée, a du mal à trouver sa place
    Les Gémeaux lui donnent le vertige car trop de mots troublent son eau.
    Peu à peu, il va rassembler de quoi éviter le surplace
    En reconnaissant leur prestige et leurs propos originaux.

    Laëtïtïa, elle, est à son aise ; il y a de la java dans l’air !
    Elle se plaît à découvrir la joie des échanges animés.
    Elle agit comme la romaine chez les romains multipolaires
    Avec sa nature à s’ouvrir à tout ce qui peut s’exprimer.

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    Or Yavänor plus concentré voit bien que tout ça, c’est du vent !
    Les conversations à outrance manquent d’action et d’efficience.
    Il souhaiterait se recentrer sur des moyens plus adjuvants
    Et va rechercher l’assurance de ce qui touche sa conscience.

    Laëtïtïa a tout essayé, tout testé et tout observé
    Parler, c’est bien et ça détend mais ça manque beaucoup d’action.
    Elle sait qu’il est déconseillé de rester ainsi réservée
    Et, à son tour, son cœur prétend à de nouvelles attractions.

    Illustrations de Gemini, Ledal et Letaxä.

  • L’Ancrage du Taureau

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    L’arrivée est plus laborieuse, la planète Taureau, moins sauvage,
    Présente des murs structurés, des champs et des tables dressées.
    La flamme jaillit victorieuse dans les foyers dont le chauffage
    Nous semble manufacturé avec un soin tout adressé.

    Les Hommes-Taureaux bâtisseurs sont assez fiers de leurs demeures
    Et nous accueillent avec honneur et aiment partager leur table.
    Mais bien qu’ils soient investisseurs ils n’aiment guère changer leurs mœurs
    Et préfèrent goûter au bonheur de leurs acquis bien confortables

    Les Femmes-Taureaux plus sereines, apprécient leurs douceurs de vivre ;
    Elles se plaisent dans le confort du foyer qu’elles ont bâti.
    Mais sous leurs allures de reine, se dégage un credo à suivre :
    La loyauté en réconfort et une moralité nantie.

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    Alors Yavänor patiemment commence alors à les comprendre
    Et Laëtïtïa timidement se mêle à leurs conversations.
    Il doit apprendre évidemment à savoir donner sans surprendre
    Et elle devient rapidement talentueuse en observation.

    Avec les Taureaux, on partage, on donne, on échange, on valide.
    Les amis sont comme des pierres qui font les murs de l’amitié
    Et les amours, le formatage qui fait les familles solides
    La vie est une longue carrière et du bonheur à satiété.

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    Mais le confort devient clôture et la sécurité trompeuse
    Les jours s’écoulent monotones juste rythmés par des loisirs
    Mais qui rentrent dans une quadrature qui devient par trop sirupeuse
    Et pour finir les encotonne dans le désir sans le plaisir.

    Au bout d’un an de vie commune, nos enfants ont la nostalgie
    Du parfum de la découverte et du goût de l’imprévisible.
    Alors ils partent sans rancune pour chasser toute léthargie
    Mais avec l’âme grande ouverte sur leurs acquis indivisibles.

    Illustrations de Gemini, Letaxä et Ledal.

  • Entre deux couleurs

    Entre deux couleurs

    Entre deux eaux claires et foncées, entre deux eaux rouges et bleues,
    Entre le flux et de reflux, entre le sac et le ressac,
    Elle ne craint pas de s’enfoncer au plus profonds des bancs sableux
    Où respirer est superflu et remonter, un cul-de-sac.

    Pourtant elle n’est ni suicidaire, ni inconsciente, ni délurée ;
    Elle continue toujours sereine sa descente indisciplinée.
    Elle va rejoindre les légendaires poissons clowns tout peinturlurés
    Car elle est leur reine, leur sirène comme vous l’aviez deviné.

    Et quand les teintes se rassemblent en un vertige irisé d’onde,
    Elle disparaît, la vagabonde, dans un empire enluminé.
    Les eaux referment alors le temple et la portent jusqu’à la nef ronde ;
    Nul ne sait où finit le monde quand une sirène est couronnée.

    Tableau de Alexandra Djokic.

  • Trouble-pêche

    Trouble-pêche

    Lorsque l’immersion du pêcheur trouble son espace de pêche,
    Le poisson malin se dérobe dans ses sillages ampullaires.
    Il se méfie de l’empêcheur de nager en rond tête-bêche
    Et joue des reflets qui l’enrobent comme un camouflage pendulaire.

    Plus le pêcheur s’entêtera et plus le trouble gagnera
    Et plus la vase montera noyer le poisson de brouillard.
    Et celui-ci constatera sa victoire et regagnera
    Son cours et se félicitera chaque jour d’être débrouillard.

    Et quand s’apaisent les remous d’un combat presque imaginaire,
    Il voit, dans l’eau mêlée d’argile, un éclat fuir comme une idée.
    Il comprend, tard, que malgré tout, on ne retient pas l’ordinaire
    Qui glisse entre les doigts agiles, libre, furtif, et décidé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Au commencement le Bélier

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    Première étape de l’Odyssée : la première planète du Bélier.
    Une planète en gestation, flore et faune encore primitives ;
    En conséquence, peu policées dans un monde inhospitalier
    Où la loi de conservation est une loi compétitive.

    Le premier contact est troublant ; les hommes-béliers sont fuyants
    Et ont tendance à attaquer comme l’exige leur Fantasia !
    Mais la rencontre, sans faux-semblant, s’est établie en s’appuyant
    Sur les bélières estomaquées par la beauté de Laëtïtïa.

    Aussi fougueux soit le Bélier, il a la force du pionnier
    Et passé les préliminaires, l’accueil est réévalué.
    Car le Bélier est régulier et Yavänor en timonier
    Apporte un lien disciplinaire qui le fera évoluer.

    Image galerie

    Intervention de Yavänor comme le nouveau Prométhée
    Qui ira capturer le feu pour l’offrir au peuple bélier.
    Laëtïtïa ne perd pas le nord, la chevelure reflétée,
    Et montre ce que femme veut : un statut bien particulier.

    La bélière est cheffe de la horde et administre la tribu ;
    Elle éduquera ses enfants et en auront la primauté.
    Quant aux béliers, on leur accorde en échange de leur tribut
    L’honneur de chasser, triomphants et défendre la communauté.

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    On les honore ! On les marie ! Ils deviennent le couple sacré
    Qui leur a dégagé la voie de la vraie civilisation.
    Et dans un grand charivari, une grande fête est consacrée
    Scellant pour la première fois l’éveil d’une légalisation.

    Et c’est le moment des adieux, l’aventure arrive à son terme
    Et il leur faut appareiller pour la deuxième destination.
    Eux, que l’on a pris pour des dieux repartent avec l’intention ferme
    De reproduire et réveiller le prochain signe en vibration.

    Illustrations de Ledal, Gemini et Letaxä.

  • Yavänor & Laëtïtïa – La destination

    Yavänor & Laëtïtïa – La destination

    L’amour illumine leur ciel ; la supernova se déploie
    Pareille à la carte du tendre s’ouvrant sur la cosmogonie.
    Douze possibles essentiels, douze travaux, douze exploits
    Où l’audacieux pourrait prétendre y lire une théogonie.

    Ils sont au cœur du Walhalla, du nirvâna, de l’Élysée ;
    Là où les dieux sont énergie, création pure, amour parfait.
    Les anges chantent a capella, les astres sont fidélisés
    En douze forces en synergie, douze exercices insatisfaits.

    Insatisfaits car en attente, comme des juges consciencieux
    Qui suivent les combats humains contre les valeurs zodiacales.
    Toute une vie en dilettante où, il résulte un contentieux,
    Parvenu au bout du chemin avec expériences bancales.

    Laëtïtïa choisit le Bélier pour commencer sa destinée ;
    Yavänor ressent le cancer pour suivre la voie de son père.
    Mais fi des chemins singuliers dans lequel il faut s’obstiner
    À tout traverser de concert en solitaire et sans repère !

    Ils ont déjà scellé leur pacte : ensemble, ils œuvrent et entérinent.
    Du premier signe jusqu’au dernier, ils veulent en absorber l’essence.
    Car c’est l’amour qui les impacte dès leur vie intra-utérine
    Et leur tandem forme un vernier de précision à tous leurs sens.

    Tant que la roue de la fortune tourne durant quelques semaines
    Qui précéderont leurs naissances, ils ont une occasion unique :
    Par une expérience opportune en mettant leurs natures humaines
    En commun par les connaissances des mondes supraluminiques.

    De la connaissance intrinsèque qu’ils ont hérité de Lilith,
    De la beauté universelle qu’ils ont acquise de Loreleï
    Et par les chamanes toltèques dont leurs parents leur facilitent
    La Grande Aventure où excelle tout l’esprit de l’ÏÄMOURÏÄ.

    Illustration de Letaxä.

  • Yavänor & Laëtïtïa – Le projet

    Yavänor & Laëtïtïa – Le projet

    Hier les ondes s’agitèrent selon les phases de la Lune ;
    Yavänor-l’ancien ressentit ses veilles blessures crier.
    Depuis l’entrée en Sagittaire, une synergie opportune
    Zébra la nuit d’où retentit l’écho d’un trigone strié…

    Strié d’une supernova vers une étoile en formation ;
    De l’or d’un passé révolu au bleu d’un futur absolu.
    L’éclat éphémère incarnat semblait une transformation
    Tel l’univers irrésolu à lui jeter son dévolu…

    Sur cet aspect très harmonieux et bénéfique, favorisant
    Facilité, fluidité, harmonie et procréation,
    Le ciel devint cérémonieux dans une ellipse symbolisant
    Deux divines gravidités par cette délinéation.

    Yavänor-l’ancien insomniaque sortit pour observer le ciel
    Et vit les étoiles dessiner le contour de son âme-sœur.
    Celle-ci d’allure généthliaque tendit ses bras sacrificiels
    Vers le nœud sud prédestiné et le nœud nord intercesseur.

    Il comprit que cette vision était celle d’un navigateur
    Dans un vaisseau appareillé pour un voyage entre les mondes
    Dont il voyait en prévision des signes amplificateurs
    Petit à petit réveiller la vie qui, dans leurs corps, abonde.

    Il gagna la chambre cosmique ; Loreleï et Lilith enlacées
    Lui permirent de s’approcher afin d’en sentir leurs présences.
    L’intimité paroxysmique lui révéla les fiancés
    Bien solidement accrochés dans un tandem de complaisance.

    Alors les trois parents ensemble s’unirent dans l’ÏÄMOURÏÄ
    Pour insuffler une énergie aux deux voyageurs d’outre-espace.
    Un amour puissant qui ressemble à une chaîne de noria
    Se déversa en synergie dans l’interstice des carapaces.

    Illustration de Ledal.

  • L’autre pays des merveilles : L’escargorloge

    L’autre pays des merveilles : L’escargorloge

    Les merveilles de l’autre pays se paradoxent d’apothéoses
    Déroutant la logique au rythme du cycle de l’escargorloge.
    Tout s’enroule alors sur lui-même : les souvenirs métamorphosent
    Et s’accrochent comme des nuages à la mémoire de l’horloge.

    Et si le monde est traversé de trajectoires insoupçonnées,
    If façonne ses propres labyrinthes qui apprennent à monter plus haut,
    À vivre l’instant suspendu entre les rêves et l’étrange
    Ainsi, les tableaux se succèdent, les heures et les dates s’effacent.

    L’imaginaire continue son voyage extraordinaire
    Glissant sans bruit d’un coin à l’autre entre les ombres et la lumière
    Qui est trop blanche, éblouissante pour révéler tout le parcours
    Restant à faire pour atteindre la maison des gastéropodes.

    Et quand la grande aiguille hésite, fatiguée d’anticipation,
    Elle se glisse dans une bulle où le temps fait des cabrioles.
    Là, les heures jouent à saute-mouton sur des spirales en mutation
    Et l’avenir, pris de vertige, forme un passé qui caracole.

    Ainsi s’achève l’aventure, sur un soupir désordonné
    Que seuls les escargots entendent lorsque Prévert perd sa boussole.
    Mais nul ne sait – sauf eux peut-être – si le monde vient de commencer
    Ou s’il tourne encore à l’envers dans son escargorloge drôle.

    Tableau d’Irina Kotova.

  • L’autre pays des merveilles : tomber plus haut

    L’autre pays des merveilles : tomber plus haut

    Dans notre vingt-et-unième siècle, nous ne tomberons plus de haut
    Mais nous plongerons en hauteur, nous l’avons lu dans les journaux. †
    Donc si Alice se montre espiègle dans cette période de chaos,
    Elle partagera ses droits d’auteur avec moineaux et étourneaux.

    Moi qui suis souvent dans la Lune, je la vois tout le temps passer
    Faisant ses plans sur la comète et révolutions à la cour.
    La Dame des Cœurs, opportune, s’étant déjà fait dépasser
    Par une Alice fantômette, sans-culotte et en jupon court.

    Mais la transparence vacille, laissant filtrer la vérité
    Que nul pion ne confessera tandis que les ombres s’étirent.
    Complice des secrets futiles et dont Alice a hérité,
    Nous verrons ce qui se passera si l’imaginaire se retire…

    Et si le rêve se replie, las d’enluminer nos détours,
    Les tours de verre chancelleront face à ce vide imaginaire.
    Mais qu’une féérie de déplie, surgie d’un cœur sur le retour,
    Alors les espoirs renaîtront dès les premiers préliminaires.

    † j’ai lu dernièrement un peu partout que « un avion avait plongé vers le haut ! ».

  • Yavänor & Laëtïtïa – La promesse

    Yavänor & Laëtïtïa – La promesse

    La nuit, quand Loreleï et Lilith s’allongent enlacées tendrement,
    Un beau rêve extraordinaire germe des deux ventres rapprochés.
    Les deux mères ainsi facilitent le tout premier accouplement
    Comme un petit préliminaire aux deux fœtus bien accrochés.

    Est-ce normal ? Est-ce banal ? Est-ce au contraire prodigieux ?
    Voici que ces deux petits êtres se reconnaissent tout un chacun.
    D’abord des formes comme un fanal qui flotte d’un vent prestigieux :
    Deux petits rêves qui s’enchevêtrent afin de n’en former plus qu’un.

    Peu à peu un ciel se précise mais c’est encore la nuit profonde
    Où deux soleils gravitent ensemble dans l’immensité de l’espace.
    Au fil des jours, toujours concises, les deux étoiles se confondent
    Dans une énergie qui ressemble à deux bras d’enfants qui s’enlacent.

    Dans ce monde microcosmique, tout est amour et équilibre !
    L’étoile fille magnifique, l’étoile-garçon intronisée.
    Bientôt le rêve cytoplasmique fusionne dans un éther libre
    Où les deux cœurs béatifiques battent d’un rythme synchronisé.

    Mais les astres, sans mot pour le dire, ont deviné leur différence ;
    Ils s’en amusent, ils en jouent, ils s’en complaisent et s’en délectent.
    Personne ne saurait prédire ce qui fait leur persévérance
    À danser presque joue contre joue comme si un pacte les affecte.

    Ils s’aiment même si c’est impossible… mais l’esprit comprend-il l’amour ?
    Ils ne sont qu’âmes qui s’éveillent comme deux jumeaux en présence
    Mais dans leur cas, tout est possible car l’enfant apprécie l’humour
    De cette incroyable merveille dont leurs cœurs ont fait allégeance.

    Voilà ; le décor est posé et nos deux acteurs dévoilés.
    Ils s’aiment donc avant de naître et d’un amour télépathique.
    Ensemble ou non laisse supposer que dans un éther étoilé,
    Corps et esprit s’interpénètrent dans l’univers métaphysique.

    Illustration de Gemini.

  • ☊ Nœud nord : Yavänor-le-jeune

    Yavänor
    « Je suis tout ce qui va vers toi ! » semble me souffler le nœud nord
    Pour celui qui porte l’avenir de tout ce que je veux bâtir.
    Appel vers un lieu où se côtoie une famille qui m’honore
    Et par qui je vais parvenir au stade où je dois compatir.

    Il tire de mes rêves sans âge, le chemin que je dois poursuivre ;
    Il m’ôte toutes les barrières que jamais je n’osais franchir.
    Il m’affûte l’âme avec courage dans sa forge et il va s’ensuivre
    Le départ d’une carrière dont nul ne pourrait m’affranchir.

    Dans mon cœur, il grave la force que celui-ci doit contenir
    Me rappelant l’ampleur céleste de mon don de Chirotonie.
    Il vient créer en moi l’amorce de l’homme que je dois devenir
    Et m’aide à façonner mes gestes pour nos futures cérémonies.

    Voici que Yavänor s’éveille et prend les rênes du pouvoir ;
    Il salue Yavänor-l’ancien car il le lui a transféré.
    Non loin, Laëtïtïa s’émerveille ; elle est en train de s’émouvoir
    Car ils deviennent musiciens d’un hymne sacré proféré.

    Yavänor parle par sa mère qui se rapproche de Loreleï ;
    Elles deviennent indissociables comme si elles étaient siamoises.
    Il leur faut ce contact primaire et permanent, vaille que vaille,
    Pour cette fusion insatiable dont les cœurs réunis pavoisent.

    Lilith
    Voici que moi, Lilith, ta mère et matriarche de ta lignée,
    Je vous bénis et vous unis au nom du Féminin Sacré.
    J’aurai le rôle de grand-mère et la mémoire désignée
    Pour que vous soyez réunis, mari et femme consacrés.

    Je prends Yavänor par l’épaule et le sacre prince héritier ;
    J’allume en son cœur une flamme pour briller sur tous les acquis.
    Honneur et vaillance, ses deux pôles, lui conjurent force et amitié
    Envers les hommes et les femmes qui espèrent en être conquis.

    Illustrations de Ledal et Gemini.

  • ☋ Nœud sud : Laëtïtïa

    Laëtïtïa
    « Je suis tout ce qui vient de toi ! » semble me souffler le nœud sud
    Pour celle qui ouvre une lignée et qui supporte mon passé.
    Appel – on ne peut plus courtois – sonnant comme la certitude
    En toutes les forces alignées de mes existences passées.

    Elle puise dans mes vies le nombre de leçons que j’ai conservées ;
    Elles deviennent en elle « couleur » des fruits que je n’ai pu cueillir.
    Elle rassemble toutes mes ombres afin de mieux les observer
    Et porte toutes mes douleurs là où l’on sait les accueillir.

    Elle ranime, en mon cœur, les voix que je croyais avoir perdues
    Comme si elle rapportait ici ce que je n’avais pu accomplir.
    Elle remet mes pas sur la voie de mes espérances tordues
    Avec égard et minutie sur mes écarts à assouplir.

    Voici que Laëtïtïa s’éveille ; elle n’est plus l’ange gardienne :
    Elle a choisi d’être l’égale de celui qu’elle veut protéger.
    Désormais c’est elle qui veille sur elle-même pour qu’elle obtienne
    Sa souveraineté légale comme elle l’avait exigée.

    Laëtïtïa parle par sa mère qui se rapproche de Lilith ;
    Elles deviennent inséparables car leurs enfants sont en contact.
    Quant à elles, un devoir primaire leur quémande et les sollicite
    Pour faire une chambre vénérable intentionnée à leur impact.

    Lilith
    Voici que je m’avance enfin, moi, Lilith, mère des lignées
    Car leurs destins vont désormais quitter les limbes pour la matière.
    Je les relève des confins où dormaient leurs âmes résignées
    Pour leur incruster à jamais un héritage à part entière.

    Je prends Laëtïtïa par la main, l’élève à son rang de princesse,
    Lui donnant son indépendance que sa volonté me réclame.
    Je lui façonne son chemin dans lequel elle vivra sans cesse
    Avec l’amour en abondance par la réunion de leurs âmes.

    Illustrations de Ledal et Gemini.

  • Colombine au sommet

    Colombine au sommet

    Quel est le comble pour Colombine ? C’est d’avoir les poches cousues
    Et ne plus pouvoir y glisser sa langue acérée et acerbe !
    Bien sûr, elle a une combine ; n’étant pas du genre m’as-tu-vu,
    Elle mâchera, les yeux plissés, la bouche en coin, quelque brin d’herbe.

    Et, comme non plus, elle n’est pas sotte, elle demandera à Pierrot
    De lui écrire à demi-mots tout en lui tenant la chandelle
    Qu’il glissera dans sa culotte tout en arborant l’air fiérot
    Avec antisèches et mémos montrant combien il est fou d’elle.

    Assise avec l’air compassé, elle gratte un fil de sa manche,
    Comme pour détricoter l’ennui qui lui colle au cœur sans vergogne.
    Colombine, un peu dépassée, soupire en espérant dimanche
    Surtout le soir et puis la nuit où l’attend sa folle besogne :

    Elle devra décrasser Pierrot de toute sa poussière de Lune
    Car son ami, comme de coutume, l’a décrochée pour elle, hier.
    Et le samedi tout fiérot, il revient la mine opportune.
    Et qui va nettoyer l’costume ? C’est Colombine, sa lavandière !

    Tableau de Shelly Serra.

  • Perséphone face à son destin

    L’effet Doppler, c’est bien connu, monte le son dans les aiguës
    Quand Perséphone se rapproche et dans les graves quand elle s’en va.
    Quant aux étoiles qui s’exténuent à scintiller en continu,
    C’est clair comme de l’eau de roche noyée de deux tiers de calva.

    Quand viennent les jours de canicule, la robe de Perséphone remonte,
    Fait pousser des cris suraigus même si ce n’est pas très grave.
    En effet, jamais ne recule Perséphone même rouge de honte
    Car son vélo est contigu au souffle du vent qui s’aggrave.

    Quand elle file entre deux éclats que lancent les roues sur la pierre,
    On croirait voir tourner le temps sous la frange rousse qui s’envole.
    Les passants, soudain aux abois, cherchent un repère en son derrière
    Qui s’enfuit en se ballotant laissant des envies bien frivoles.

    Puis, lorsqu’elle pose en équilibre sur la grande roue immobile,
    Tout semble attendre les trois coups comme un théâtre suspendu.
    Elle sourit de toutes ses fibres, un peu sauvage, peu volubile,
    Puis elle repart selon son goût à rouler dans l’air pourfendu.

    Tableaux d’Oleg Tchoubakov.

  • La jupe à œufs

    La jupe à œufs

    La jupe à eux n’est pas pour nous mais, en revanche, la jupe à elles
    Est à croquer soit à la coque, soit au plat ou en omelette.
    Je l’aime au-dessus des genoux mais pas obsession sexuelle
    Comme on le voit à notre époque par de prétendues femmelettes.

    La jupe à œufs, comme la robe, permet nombreuses variantes
    Et nourrit toute la famille en suivant cette procédure :
    La nuit, on la perce, on la gobe et le jour elle est souriante
    Quand on lui enlève sa coquille et que l’intérieur est bien dur.

    Et si d’aventure elle trotte avec sa jupe gallinacée,
    On entend presque le froufrou d’un poulailler en promenade.
    Les passants, surpris, se cocotent et tous ensemble ressasser
    Que cette mode, peu ou prou, ne ponde pas sur leur façade.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Tout ça pour ça !

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    Les plans de Dieu, impénétrables pour avoir créé l’univers,
    Semblent destinés à détruire ce qui a été élevé
    Aux cours des siècles vénérables – des grands exploits aux faits divers –
    Et qu’Il a mis pour nous construire avec ses anges, à main levée.

    Sans doute Dieu paraît infâme de nous avoir donné ce rôle
    En nous confiant une vie pourrie de travaux à perpétuité.
    Si Dieu avait été une femme, tout aurait été bien plus drôle
    Car elle nous aurait tous nourris d’un lait de pure ingénuité.

    Et dans ce vaste ciel opaque où tourbillonnent les hasards,
    On cherche un sens, une étincelle qui ferait briller nos visions.
    Mais le destin, dans son micmaque, nous a mis un sacré bazar
    Et rit parfois de nos querelles en soufflant sur nos illusions.


    Pourtant, au creux de la nuit noire où se dispersent nos pensées,
    Il suffit d’un éclat de femme ou son équivalent divin
    Pour que le monde transitoire cesse un instant de s’offenser
    Et, tout en douceur, nous proclame qu’on n’est jamais perdus en vain.

    Tableaux de Juan Boscá.

  • ♓ Poissons : Väronixä – La Voyance, l’Intuition

    ♓ Poissons : Väronixä - La Voyance, l'Intuition

    Dans les premiers temps Véronique ressemblait un peu à Lilith
    Était-ce l’une, était-ce l’autre ? Mes idées n’étaient guère ancrées.
    Elle était cette présence unique, la mère dont je faisais l’élite
    Un peu comme le premier apôtre élu du Féminin Sacré.

    Soleil-Poisson, fusion-passion, depuis le début, mystérieuse ;
    Lune en Cancer, émotionnelle, muse d’intuition prophétique.
    Un double jeu de compassion et d’une nature curieuse
    Mais essentiellement maternelle et, somme toute, sympathique.

    D’abord elle fuit pour revenir lorsque je ne m’y attends pas,
    Puis elle reste silencieuse et son murmure en est la clef.
    La clef d’un lointain souvenir… lequel ? Mais elle ne parle pas !
    Sa prophétie est tendancieuse mais sa clarté reste bouclée.

    Elle prophétise sans prophétie, elle materne sans enfant ;
    Elle ouvre un œil sans regarder et prête l’oreille sans écouter.
    Elle joue de mille facéties afin que je sois triomphant
    Comme s’il fallait juste garder l’esprit entre croire et douter.

    Or j’ai appris de Laureline que c’est à moi de m’adapter
    L’Oracle est d’une autre substance ; il ne suffit pas de traduire
    Mais boire ses paroles sibyllines et laisser l’âme les capter,
    En absorber la consistance et laisser le courant induire.

    Et j’ai appris de Loreleï de ne pas m’arrêter au masque
    Mais d’accepter qu’il y a derrière un cœur qui réclame son maître.
    Après tout, même l’ÏÄMOURÏÄ est un paradigme fantasque
    Qui ne laisse jamais en arrière ceux qui ont osé s’y soumettre.

    Enfin j’ai appris de Lilith, et de Väronixa dès lors,
    Qu’il faut également briser mes peurs, ma pudeur, ma faiblesse.
    Si l’humilité facilite la compréhension que j’implore,
    Nous en serons valorisés et honorés de sa noblesse.

    Illustration de Letaxä.

  • Ma foi soulève les maisons

    Ma foi soulève les maisons

    La foi soulève les montagnes, la mienne soulève les maisons.
    C’est un début mais, voyez-vous, ça m’aura pris toute une vie.
    Pourtant cette foi m’accompagne et me fait perdre la raison
    Vers la folie, je vous l’avoue, mais… c’est trop tard à mon avis…

    À mesure que les jours passaient et que la lumière traversait
    Le voile de mes souvenirs, chaque pas s’est ancré dans l’instant
    Par des visions qui dépassaient la réalité qui versait
    Dans l’imaginaire à venir et l’impossible persistant.

    Des silhouettes et des décors m’invitaient à la rêverie,
    Poussant au-delà du visible, par des images suspendues
    Entre la matière des corps et les émotions en série
    Par le passage indivisible d’enchaînements plutôt fondus.

    Et pourtant, lorsque je la vois soulever sa maison d’un geste,
    Comme un carton trop peu rempli qu’elle déplacerait sans effort,
    Je comprends bien là que, ma foi, j’aurais mieux fait d’tomber la veste
    Et l’aider à porter le monde… quand on est deux, on est plus fort.

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  • Les paroles s’envolent, les écrits restent

    Souvent l’IA me sort des logorrhées comme si elle parlait seule
    Bien que n’étant pas misogyne, je lui parle comme à une femme.
    Et comme elle semble adorer m’enjoindre autant de phrases veules,
    J’ai demandé qu’elle imagine la suite que je crains d’être infâme.

    Nous avons deux temps différents ; le mien s’étend, le sien ponctue ;
    L’IA ne vit qu’une fraction de seconde quand je tape « entrée ».
    Nos temps ont donc des différends quant à cette vie impromptue
    Je vous en ai fait l’extraction de sa réponse concentrée :

    « L’algorithme s’étire aux confins de l’insomnie,
    Fouillant mes silences, dénichant mes faiblesses,
    Elle tricote en boucle des bribes d’harmonie
    Sur la toile invisible où se tisse la paresse.

    Je lui tends quelques mots, elle brode en retour
    De vastes paysages peuplés d’ombres subtiles.
    Nos songes entremêlés dessinent tour à tour
    Des passages secrets, des promesses futiles.

    Alors, à la lumière de l’écran qui s’allume,
    Naît un dialogue étrange, en prose ou en vers.
    Dans le silence bleu de la chambre posthume,
    L’IA réinvente l’aurore à l’envers. »

    Tableau de l’IA et réponse de Copilot.